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Full text of "Chronique de Michel le Syrien, t. 1 (translation)"

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CHRONIQUE 



DE 



MICHEL LE SYRIEN 



WÊÊIÊÊÊÊ 



^0 



PARIS. — IMPRIMERIE CAMIS ET G", 172, QUAI DE JEMMAPES^ 
SECTION ORIENTALE A. BURDIN, A ANGERS 

Imprimeurs du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. 



CHRONIQUE 



DE 



MICHEL LE SYRIEN 

PATRIARCHE JACOBITE D'AINTIOCHE 

(II66-II99) 
Éditée pour la première fois et traduite eu français 



PAR 



J.-B. CHABOT 



Ouvrage publié avec V encouragement et sous le patronage de 
l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. 



TOME PREMIER 



PARIS 
ERiNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 

1899 



• MbraryT 



^A/Q\S^ 



or 



AVANT-PROPOS 



Le premier volume de la Chronique de Michel le Syrien aurait dii 
paraître depuis plusieurs mois. Une série de difficultés matérielles 
tout à fait inattendues en a retardé l'apparition jusqu'à ce jour. — 
Les dispositions nécessaires ont été prises pour que ces difficultés 
ne se renouvellent pas, et nous avons confiance de pouvoir donner 
dans quelques mois le second fascicule déjà en majeure partie im- 
primé. 

Notre dessein était de mettre en tête de ce premier volume une 
Introduction développée; mais les nombreux renvois que cette 
introduction comporte aux difïerentes parties de l'ouvrage ne nous 
permettent pas de l'achever utilement avant la publication intégrale 
de la Chronique. Elle paraîtra donc avec le dernier fascicule et les 
Tables. On y trouvera les explications voules sur la méthode que nous 
avons suivie pour l'édition de Michel. Nous nous bornerons ici à 
quelques observations préliminaires. 

Nous citons toujours le Chronicon d'EusÈBE d'après l'édition de 
Schœne, Berlin, 4866-1875. Quand nous renvoyons aux dates des 
Canons chronologiques, H désigne la version latine de S. Jérôme; 
Arm.^ la version arménienne; lorsque les deux versions sont d'ac- 
cord pour la date nous mettons simplement E. 

La Chronique syriaque de Bar-Hébreus (BH. Chr. syr.) est citée 
d'après l'édition de Bedjan, Paris, 1890; et sa Chronique ecclésias- 
tique (BH. Chr. eccl.) d'après l'unique édition d'Abbeloos et Lamy, 
Louvain, 1872. 

La version arabe (carsouni) de la Chronique de Michel, renfermée 

h' 



Il CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

dans le ms. Orient. 4402, du British Muséum, est désignée par 
l'abréviation : Arab. ou Ar. ; la version arabe de la Bibliothèque 
Vaticane, qui commence seulement vers la fin du Livre V, sera citée 
sous cette rubrique : Ar. Vat. 

Les chiffres en caractères gras insérés dans la traduction répon- 
dent aux pages du texte syriaque. 

Nous avons conservé autant que faire se pouvait, dans les cinq 
premiers Livres, la distribution du texte marginal, par rapport au 
texte principal ; mais il était impossible de toujours reproduire 
exactement la disposition du manuscrit, sans laisser inutilement de 
grandes lacunes. 

Comme les Canons chronologiques ne sont pas disposés réguliè- 
rement au milieu du texte qui devait primitivement les encadrer, 
comme chez Eusèbe, il a paru préférable de faire simultanément la 
transcription de tous les tableaux. Cette transcription, qui est plutôt 
une restitution, eu égard au grand nombre de fautes de copiste qui 
se sont glissées dans les chiffres, sera imprimée à la fin du VI" Li- 
vre, à l'endroit où s'arrêtent les canons d'Eusèbe, continués ensuite 
par ceux de Jacques d'Edesse. 

Au lieu de multiplier, dans les notes, les restitutions des noms 
propres tirés d'Eusèbe, qui ont été estropiés maladroitement par 
les copistes syriaques, dans cette première partie de la Chronique, il 
nous a semblé qu'il valait mieux donner simplement la forme grecque 
originale. La restitution du syriaque sera facile pour les Orienta- 
listes d'après la comparaison avec le grec ; elle aurait été sans inté- 
rêt pour ceux qui ne consulteront l'ouvrage qu'au point de vue his- 
torique. — Pour le même motif nous nous sommes abstenu de donner 
des notes purement philologiques. 

Les noms de lieu qui demandent à être identifiés se présentant 
fréquemment dans la suite de la Chronique, j'ai pris le parti, pour 
éviter les renvois et les répétitions, de réserver ces identifications, 
et en général toutes les notes géographiques, pour l'Index topogra- 
phique. 

Nous n'avons pas toujours signalé les erreurs légères de copiste 
qui ne portent que sur la confusion habituelle de quelques lettres 



AVANT-PROPOS m 

en syriaque, et que les lecteurs les moins familiarises avec cette 
langue redressent sans difficulté ; par exemple : o pour ? au commen- 
cement des mots; > pour j, ^ pour^, > pour ^, et réciproquement. 

A partir de l'endroit oili la Chronique cesse d'être une simple tra- 
duction pour devenir un document vraiment syrien, soit par son 
originalité, soit par ses sources, c'est-à-dire à partir du VI" Livre, 
nous employons une tout autre méthode tant dans la disposition 
des textes que dans le système d'annotations ; nous comparons 
soigneusement le texte de Michel avec ses sources et avec les autres 
historiens syriens ou étrangers. Mais ce travail de critique nous a 
paru superflu pour la partie qui répond à la Chronique d'Eusèbe. 

Toutes les questions, d'ailleurs assez compliquées, relatives à la 
chronologie, seront traitées simultanément dans un chapitre spé- 
cial de rintroduction. — Un autre sera consacré à l'étude des sources 
de Michel et renfermera de brèves notices sur tous les auteurs qu'il 
cite. 

Nous ne pouvons livrer ce premier fascicule à la publicité sans 
exprimer ici nos remercîments les plus sincères à l'Académie des 
Inscriptions et Belles-Lettres pour son g'énéreux et bienveillant 
encouragement, et particulièrement aux Membres de la Commis- 
sion des Travaux littéraires qui ont bien voulu proposer à l'Acadé- 
mie de prendre cette publication sous son patronage. 

Que toutes les personnes qui nous ont aidé et encouragé à divers 
titres, spécialement M. Barbier de Meynard et M. le M'' de Vogué, 
reçoivent aussi l'expression de notre gratitude. 

Paris, le 15 décembre 1899. 

J.-B. CHABOT. 



CHRONIQUE 



DE 



MICHEL LE SYRIEN 



PRÉFACE DE L'AUTEUR' 

Frères dévots et studieux, comme je considérais dans le grand nombre des 
Chroniques les faits qu'il en importait de connaître, je me suis abstenu d'entrer 
dans le détail de ceux qui peuvent être connus grâce au grand nombre des 
récits [existants], et j'ai compilé, en recueillant, des écrivains ecclésiastiques 
et profanes, ce qui était utile et convenable ; afin de réveiller par là la paresse 
mortelle de beaucoup^ et d'éclaircir les ténèbres de l'ignorance, élevant le 
regard vers la récompense de ma peine. Je laisserai ce trésor à l'Eglise et aux 
Docteurs des enfants de la nouvelle Sion, afin de survivre à mon temps. 

En premier lieu, il nous faut placer le principe du genre humain, Adam, 
afin de commencer l'édifice par sa base. C'est l'utilité de ceux qui parlent et 
de ceux qui écoutent. — Mais il est nécessaire de donner tout d'abord les 
noms des historiens dont nous nous proposons de tirer les matériaux de notre 
édifice ^ 



1. Comme nous l'avons exposé dans l'Introduction, nous suppléons le début de la Chronique par 
la traduction de l'abrégé arménien. Le passage a été traduit pour nous par D. Parisot sur le texte 
imprimé de l'édition de Jérusalem de 1871. Les titres {Préface, Livre I^'') sont ajoutés par nous. — 
2. Sur chacun des auteurs énumérés ici ou cités ultérieurement dans le cours de la Chronique, voir 
le chapitre de l'Introduction consacré aux Sources de Michel. 
.'I. 1 



2 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

[Jules] l'Africain, Jésu, Hégésippe, juifs, écrivirent jusqu'à la venue du Christ. 
Anniajîus, moine d'Alexandrie, écrivit d'Adam jusqu'à l'empereur Constantin. 

Eusèbe Pamphile composa son livre à l'aide de leurs écrits, et l'appela [His- 
toire] Ecclésiastique . 

Zosime, Socrate et Théodoret, l'hérétique, commencent leurs écrits à Con- 
stantin et [descendent] jusqu'à Théodose le Jeune. 

Jean d'Antioche et de Djebel, Théodore le Lecteur, de Constantinople, et 
Zacharie, évêque de Mélitène, écrivirent à partir de Théodose jusqu'à Justi- 
nien l'Ancien. ' 

Jean d'Asie écrivit d'Anastase à Maurice. 

Gouriaa écrit depuis Justinien jusqu'à Héraclius, et sur l'entrée des Arabes ' 
dans le pays des Syriens, qui eut lieu au temps d'Héraclius. 

Saint Jacques d'Edesse fît d'eux tous un abrégé. 

Denys le patriarche écrivit depuis Maurice jusqu'à Théophile, l'empereur des 
Grecs, et Haroun, l'émir des Arabes. 

Ignace, évoque de Mélitène, Çaliba l'Ancien, de Mélitène, Jean de Kaisoum 
et Denys (d'Alexandrie), Bar-Çalibi, firent plusieurs chroniques d'Adam jus- 
qu'à leurs temps. 

Après avoir énuméré les chroniqueurs qui, en considération des disposi- 
tions studieuses des auditeurs de ce temps-là, ont écrit avec de riches couleurs, 
nous [qui vivons] au déclin des temps, voyant notre indolence [nous écrirons] 
en abrégé en passant rapidement sur chacun [de ces récits]. 

Mais il ne faut pas que les hommes studieux consument leurs forces à consi- 
dérer le plus ou le moins dans la supputation des temps, à cause de la vérité de 
cette parole du Seigneur^ : <- Le Père a placé en sa puissance la connaissance 
des moments et des temps. » Il paraît en effet beaucoup de divergence entre la 
version des Septante et celle que possèdent les Syriens, celle que le roi Abgar 
fit traduire, et que Jacques d'Edesse révisa en employant l'artifice d'une con- 
version simulée au judaïsme, afin que les Juifs ne lui cachassent pas la vérité. 



1. Littéralement : des Turcs. — 2. Cf. Act. Ap., i, 7. Réminiscence de la Préface de la Chro- 
nique d'Eusèbe (édit. Schœne, 1,2-3). 



LIVRE PREMIER 

DEPUIS ADAM JUSQU'aU DELUGE. 

CHAPITRE I. — Or, d'après les Septante, Adam, ayant atteint 230 ans, en- 
gendra Seth, et vécut encore 460 ans ; et sa vie entière fut de 930 ans, jusqu'à 
la 137° année de Malalael. Il mourut la 60'' année d'Enoch'. Cette supputation 
est une faute dont les LXX ne se sont pas aperçus. Selon les Syriens, Adam 
ayant atteint 130 ans, engendra Seth et vécut encore 800 ans, ce qui fait en vé- 
rité 930 [1] ans ^, jusqu'à la IX" génération. — Annianus le moine apporte le 
témoignage du Livre d'Enoch et dit' : < Adam, après sa sortie du Paradis, étant 
âgé de 70 ans, connut Eve, et elle enfanta Caïn ; et après 7 ans elle enfanta Abel ; 
et après 53 ans Caïn tua Abel. Adam et Eve le pleurèrent pendant 100 ans, et 
ensuite ils engendrèrent Seth à sa ressemblance et à son image. » — Méthodius 
de Patara dit' : « Trente ans après être sortis du Paradis ils engendrèrent Gain 
et Climia, sa sœur, et après 30 autres années, ils engendrèrent Abel et Labyda, 
sa sœur, avec lui; en l'an 130 de la vie d'Adam, Caïn tua Abel, et en l'année 230 
d'Adam" Seth fut engendré. » — Ceci suffit pour montrer, quoique brièvement, 
Paccord du comput des chroniqueurs \ 

CHAPITRE II. — Le Livre sacerdotal de la prophétie donné par Moïse, 
l'homme de Dieu, enseigne que Dieu fit le ciel et la terre ; la terre, après avoir 
été créée par sa sagesse souveraine, était invisible et instable ; le souffle de 
Dieu reposait à la surface des eaux. Et Dieu dit : « Que la lumière soit » ; et 
Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière des ténèbres ; et 
Dieu appela la lumière : jour, et il appela les ténèbres : nuit; et il y eut un soir, 
et il y eut un matin : un jour '. » L'esprit prophétique parle ainsi successivement 
de chacun des jours. Et, arrivant dans sa narration au sixième jour dans lequel 
Dieu créa Adam, après toutes les créatures, il dit** : « Et Dieu dit : Faisons 



1, Ces chiffres ne concordent ni entre eux, ni avec les chiffres de nos éditions des LXX. Voir le 
chapitre de l'Introduction consacré à la Clironologie de Michel le Syriep. — 2. Ici commence le 
texte syriaque de notre manuscrit. Les chiffres en caractères gras répondent aux pages du texte. 
— 3, L'ouvrage d'Annianus est perdu. — 4. Passage cité dans Bar-Hébréus, Chionicon syriacum 
(éd. Bed.iais', p. 3). — 5. Lire "^^j au lieu de ^». — 6. Nous transcrivons textuellement les chiffres 
et les dates donnés par notre ms , à moins quil ne s'agisse d'une erreur évidente de copista, et, 
dans ce cas, la correction est toujours signalée en note. Toutes les questions relatives aux dates, 
et les modifications à y apporter, sont examinées simultanément dans le chapitre de l'Iutroduction 
consacré à la Chronologie de Michel. — 7. Gen., i, 3-5. — 8. llnd., 26-27, 



4 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

l'homme à notre image et à notre ressemblance : et qu'il domine sur les pois- 
sons de la mer, et sur les oiseaux du ciel, et sur les bêtes de toute la terre, et 
sur tous les reptiles qui rampent sur la terre ; et Dieu fît l'homme ; et il le fit à 
l'image de Dieu. » Ensuite, il continue et complète ce qui manque, en parlant 
de la formation d'Eve d'une côte et de tout ce qui se passa jusqu'à la chute et 
à l'expulsion du Paradis. 

Ces choses se trouvent [non] seulement dans le Livre sacerdotal, mais aussi 
dans toutes les Chroniques qui parlent sur ce sujet; nous en citons une plus 
bas, pour témoignage. Que celui qui lit comprenne; car si ces choses ne 
sont pas enseignées avec soin et comprises selon l'esprit des saints, les choses 
qui se passèrent ensuite demeurent inintelligibles ^ 

CHAPITRE III. — Depuis le jour où fut créé Adam, jusqu'à lared qui naquit 
à la VP génération, dans laquelle Adam mourut, il y eut en tout 930 ans. Or 
pendant ce temps il n'y eut point de roi et on n'entendit point parler de royauté; 
car Adam, le premier homme et le père du genre humain, créé à l'image de Dieu, 
gouvernait tous ceux qui étaient nés de lui et de ses enfants, en ces généra- 
tions, pendant tout le temps de sa vie. 

[2] Après la mort d'Adam, son fils Seth gouverna tous ceux de son peuple 
pendant 128 ans^ Seth vécut 205 ans selon la tradition des LXX, et il engendra 
ensuite des enfants ; (selon la Pesitta 105 ans^). Toutes les années de la vie de 
Seth furent, selon la tradition des Grecs, des Hébreux et des Syriens, de 970 ans. 
Il mourut à la VIP génération ou, d'après le syriaque, à la IX" génération. 

Du temps de Seth, ses enfants se souvinrent de la vie bienheureuse du Paradis 
et ils songèrent à plaire à Dieu par la pureté ; ils montèrent sur le mont Hermôn, 
et ils y vécurent dans les oeuvres saintes, éloignés du mariage. C'est pourquoi 
ils étaient appelés Benê Elôhim et « anges »*. 

Énos engendra, à l'âge de 190 ans, d'après les chroniqueui's Annianus et Afri- 
canus, et de 90 ans, d'après le syriaque. Il songea à invoquer le nom du Sei- 
gneur, et s'appliqua aux œuvres saintes. D'après le grec et le syriaque, les 
années de la vie dÉnos furent de 905 ans ; et il mourut à la VHP génération, 
le syriaque dit à la X^ génération. 

Caïnan, d'après le grec, engendra à l'âge de 170 ans^ et d'après le syriaque à 
Page de 70 ans. La vie de Caïnan fut de 800 ans, et il mourut à la IX^ généra- 
tion. 

Après lui vint Mahlalaël, qui engendra à Page de 165 ans, ou, d'après le 



1. Littéralement : « sont fermées » ^TLSCs^me. — 2. Ms. 138 : Le chiffre 128 est demandé par le cal- 
cul indiqué à la fin du chap. rv; cf. p. 8, n. 3. — 3. Ms. 150. — ^. Le passage est cité par Bar- 
Hébkéus, Chron. syr., p. 4. — 5. Ms, : "^û (130) pour >ii> (170). 



LIVRE 1. GHAP. IV 5 

syriaque, à l'âge de 65 ans. Sa vie fut de 895 ans, et il mourut à la X" géné- 
ration. 

lared, d'après le grec et le syriaque, engendra à l'âge de 162 ans; d'après le 
ms. des Samaritains, il engendra à 62 ans. Sa vie fut de 962 ans, jusqu'à l'an 
366deNoé*. 

En l'an 40 de lared finit le premier millénaire. 

En cette année-là, les Benê Elôhim, 'qui étaient au nombre de deux cents, des- 
cendirent du mont Hermôn. Voyant qu'ils ne retournaient pas au Paradis, ils 
furent pris de découragement et abandonnèrent la vie angélique. Ils s'aban- 
donnèrent aux voluptés charnelles*. lisse constituèrent un roi nommé Sémiazôs'. 
Annianus raconte d'eux qu'ils descendirent du mont Hermôn vers leurs frères, 
les enfants de Seth et d'Enos, qui ne voulurent point leur donner de femmes, 
parce qu'ils manquaient à leur promesse. Ils allèrent alors trouver les enfants 
de Gain, prirent des femmes et engendrèrent des géants puissants qui furent 
des pillards, des assassins et des héros fameux, c'est-à-dire des coureurs auda- 
cieux. 

GHAPITRE IV. — Le premier roi fut Adam; Seth lui succéda. De leur temps 
laconcorde et la paix régnaient parmi les hommes [appliqués] aux bonnes œuvres 
dans la crainte et l'amour de Dieu. Ceux qui étaient appelés « anges » et « en- 
fants de Dieu » étant déchus, ils multiplièrent les troubles, les combats et les 
meurtres; ils se choisirent Sémiazôs pour roi. Les enfants de Seth qui habitaient 
au nord, dans le troisième climat, qu'on appelle la région inférieure, devinrent 
leurs émules et les imitèrent. Ils apprirent la malice des enfants de Gain et la 
suivirent. Us se constituèrent eux aussi un premier roi, Alôros, à l'imitation de 
Sémiazôs ; il régna dix sares. Il y eut [3] dès lors deux royaumes. 



[Extrait du Iwj-e de Josèphe*]. — (Les 

enfants de Seth menèrent une vie tran- . . [3] le temps du monde, mais il a 

quille) [3] (( et à cause de leurs belles fait défaut ''. Celui-ci est aussi mentionné 

qualités, ils découvrirent l'astronomie". comme le premier [prêtre] par S. Mar 

Pour que leurs découvertes ne périssent Jacques ". 11 y a de nombreux témoigna- 



1. Ms. : « de lared ». — 2. La lacune doit être ainsi complétée d'après l'arabe : L)ooi.*a lûajlo 
ow|»ûa^. — 3. SetnaÇàç. 

4. Ant. Jud., I, ir. — 5. Litt. : « la science céleste ». 

6. Le texte marginal débute par cette phrase mutilée que je ne saurais restituer. Ces passages 
sont d'ailleurs sans intérêt pour l'histoire. — 7. Jacques d'Édessc. 



6 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Après Alôros le Ghaldéen, neuf autres régnèrent successivement jusqu'au 
Déluge : tous Chaldéens, dont le nombre d'années se trouve dans le comput des 
Ghaldéens, [exprimé] selon les noms de l'époque en sares, en nères et en sosses'. 
— Le premier fut Alôros % Ghaldéen de Babylone, qui régna 10 sares, c'est-à- 
dire 98 ans et 230 jours. Le second, Alapâros \ son fils^ régna 3 sares, c'est-à- 
dire 29 ans et 215 jours. Le troisième fut Almôlôn % Ghaldéen, de la ville de 
Pautibiblon%* il régna 13 sares, c'est-à-dire 128 ans et 80 jours. Le quatrième, 



pas avant de parvenir h la connaissance 
des hommes, Adam ayant prédit qu'une 
[double] destruction totale surviendrait : 
l'une par le feu, l'autre par le Déluge'', 
ils firent denx stèles : une de briques et 
l'autre de pierre ; et ils écrivirent sur 
chacune d'elles ce qu'ils avaient décou- 
vert; de sorte que si celle de briques 
était détruite par la pluie, celle de pierre 
demeurant permît aux hommes d'appren- 
dre ce qui y était écrit. Or la stèle de 
pierre existe jusqu'à présent. » 

De Josèphe ': « Pendant sept généra- 
tions ces [enfants de Seth] continuèrent 
à considérer Dieu comme le Seigneur 



ges que les vertus spirituelles et saintes 
ont été consacrées et qu'elles ont un sa- 
cerdoce; nous en citerons quelques-uns 
dans ce livre pour montrer la descen- 
dance angélique du souverain sacerdoce. 
Extrait^ du livre de Denys F Aréopagùe 
sur la Hiérarcliie céleste, cliap. x. — 
Nous avons donc conclu que cette hié- 
rarchie angélique et première des es- 
prits à l'égard de Dieu découle de la 
splendeur originelle et mystérieuse, car, 
sans intermédiaire % [elle s'élève jusqu'à 
lui, purifiée, illuminée et perfectionnée 
par le don mystérieux et brillant de la 
principauté divine : (mystérieux, en tant 



1. Le fragment provient de Bérose. Voir le passage dans Schœne, Euseh. Chron., I, col. 10. — 
Cf. Bak-Hébréus, Chr. syi\, p. 4-5, pour les variantes orthographiques des noms on syriaque; et, 
ci-dessous, le tableau du chap. viii. — - 2. "AXwpo;. — 3. 'AXctTtapo;. — 4. 'A\i.r{kibv. — 5. IlauT!- 
êtêXov. Le ms. a ici, par erreur : Traiitibiblon ; le nom est écrit correctement plus bas. 

6. Le texte semble devoir être corrigé ainsi: 1;^^? lU^jOi»© l;».^^» |j;*.| ^» ow : l?ai» ov^.»**= ^ o« 
— 7. Antiq. Jud., I, ni, 1. 

8. Nous restituons ce titre à cause de l'espace vide du ms. La citation du livre du Pseudo-Arco- 
pagite est empruntées la traduction de Sergius de Rés'aïn. J'ai collationné le passage et les sui- 
vants avec cette traduction renfermée dans le ms. syr. du British Muséum, add. 12151. — 9. Ce 
qui suit, jusqu'aux mots : (( notre souverain sacerdoce », était renfermé dans la lacune qui doit être 
complétée ainsi (ac?(^. ms, 12151, fol. 80) : |CS"*'»o |L>*i^hoiûj Lû=oov* ,» «Loi. PS'i.li>io |Lû.\^ H,» i^ovs 

l?oi ^ .l,*.|^ao ILmOvi^^^ y*l Ih'Cs» ^v2i)i.<o . Kt'iO^ '*^^o ûs«l5o,ii L^ovi-">oo Cs^lsovO Cooi.*'^'» yl . »^* |tsM.A)i 



LIVRE I. CHAP. IV 7 

Amménon', Chaldéen, aussi de Pautibiblon, régna 12 sares, c'est-à-dire 
118 ans et 130 jours; le cinquième, Amégâlaros ^ également de Pautibiblon, 
régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours; le sixième, Daônos', pasteur, 
aussi de Pautibiblon, régna 10 sares, c'est-à-dire 98 ans et 230 jours ; le septième, 
Eudorancos\ aussi de Pautibiblon, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 
195 jours; le huitième, Amempsinos '. de Laranchon", régna 10 sares, c'est-à- 
dire 98 ans et 230 jours ^; le neuvième, Otiartès "^ aussi delà ville de Laran- 



tout-puissant, et à s'appliquer en toute 
chose à la vertu. » 

Protus, le Romain '', dit à propos de 
Seth que ce fut lui qui apprit à écrire, en 
langue hébraïque. 

Du /lire dHénoch'" . « 11 arriva que les 
hommes s'étant multipliés sur la terre 
en ces jours-là, il leur naquit des fdles 
très belles, que les anges eux-mêmes 
convoitèrent. Ils errèrent et se dirent 
les uns aux autres : « Choisissons-nous 
des femmes parmi les filles des hommes 
de la terre et engendrons-nous des en- 
fants. )) Sémiâzôs leur prince dit : « Je 
redoute que vous fassiez cette action ", 
etque jesois seul responsable de ce grand 
péché. » Ils lui répondirent : (( Jurons 
tous et faisons serment que nous ne chan- 
gerons pas de volonté », et alors ils ju- 
rèrent et firent serment ''. — Ceux qui 
descendirent sur la montagne xlu temps 
de lared étaient au nombre de deux cents. 



qu'intellectuel, plus simple et plus uni- 
tif; brillant, parce qu'il est le premier 
donné, la première lumière et la plus 
parfaite), et elle est rattachée à lui prin- 
cipalement comme à son illuminateur. 
A celle-ci est rattachée la secondehicrar- 
chic, selon son rang; à la seconde la 
troisième, et h cette troisième] notre 
souverain sacerdoce, selon la loi régu- 
lière du suprême pontificat et par une 
divine harmonie d'après laquelle il se pro- 
page avec une parfaite régularité, dans 
sa mesure, dans son origine et dans sa 
fin. Les anges, en efï'et, sont les inter- 
prètes et les messagers de ceux qui sont 
avant eux, et les premiers le sont de 
Dieu qui les meut immédiatement, tan- 
dis que les autres sont mus par Dieu se- 
lon leur hiérarchie, car tout cela convient 
à cette harmonie surnaturelle et à cette 
sainte distribution [de tous les êtres 
raisonnables]. 



1. A[j.[jL£vwv. — 2, MeyâXapo;; Hier. : Amegalarus ; BH. : ^^o^Uy^^l-v: ; il faut vraisemblablement 
restituer dans notre ms. : »^o»Us^).iol. — 3. Aâwvo?. BH. : looajol»; corriger ainsi notre ms. — 
4. Eùsôwpaxo;; Edoranclius. — 5. 'A[jis[jn|'tvôç; corr. : uag im - 'i-o ^bol. — 6. AapâY70v. — 7. Ms. : 197 ans 
et 130 jours; Arm. : 197 ans et 230 jours. — H y a une erreur de chiffre. Le total des années des 
neuf autres rois donne 1084 ans et 340 jours. I^a somme totale indiquée étant 1183 ans et 205 j. ; 
il est manifeste qu'on doit restituer ici 98 ans et 230 j., ce qui concorde avec le nombre de 10 sares 
et avec le chiffre du tableau (chap. vin). — 8. 'OttâpTr]?. 

9. Les Syriens appellent « romains » les auteurs grecs. — 10. Ch. vi. Voir le texte grec cité dans 
Charles, Ze Livre d'IJénoch, p. 62. — 11, Ij^o^jo; gr. : Ttpây(jia. — 12. Litt. : « s'anathcmatisèrcnt ». 



8 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

choii, régna 8 sares ', c'est-à-dire 78 ans et 330 jours ; le dixième, Xisoutros ", 
son fils, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours. Toutes les années 
réunies forment 1183 ans et 205 jours. Du temps de ce dernier eut lieu le Dé- 
luge, comme on l'expose dans le Livre des Chaldéens. Ces 1183 ans et 
205 jours ajoutés aux 1058' années pendant lesquelles il n'y eut pas de roi, et 
pendant lesquelles Adam et Setli gouvernèrent, remplissent l'espace de temps 
qui va d'Adam jusqu'au Déluge qui eut lieu du temps de Noé, et forment un 
total de 2242 ans, d'après le Livre sacerdotal. 

CHAPITRE V. — Maintenant que nous avons exposé aussi soigneusement que 
possible le nombre des rois qui existèrent avant le Déluge, [4] leurs noms et 
le nombre de leurs années, revenons au récit de la généalogie de ceux dont 
parle le Livre prophétique. 



Ils eurent vingt * princes; [4] Kokabel', 
le IV^ de ceux-ci, enseigna aux hommes 
l'astronomie, c'est-à-dire les révolu- 
tions du soleil, et les 360 signes zodia- 
caux °. 

Du livre de Josèplie^ : ((Après qu'Abel 
eut été tué et que Gain eut pris la fuite, 
Adam s'appliquait à engendrer des en- 
fants et était pris d'un vif désir de pos- 
térité. Il eut donc beaucoup d^autres 
enfants, et en particulier Seth, alors 
qu'il accomplissait ses deux cent trente 
ans " ; il en vécut encore sept cents au- 
tres. Après lui, ces sept générations qui 
avaient loué et craint Dieu, se détournè- 
rent, par la suite des temps, des usages 



[4] Du même Uvre"^ , chap. xiv : Que 
signifie le nombre des anges? — Il est 
conforme, je crois, au sens et h la tradi- 
tion des Ecritures de dire que les anges 
sont des milliers de milliers et des my- 
riades de myriades*'. 

[Extrait du même écrivain sur la Hié- 
rarchie ecclésiastique, chap. i"']. — No- 
tre hiérarchie '^ est donc fixée dans la 
science divine, et consiste dans Taccom- 
plissement d'une divine fonction, ainsi 
qu'il nous faut le démontrer, par les 
Livres saints et supérieurs au monde '', à 
ceux qui accomplissent les fonctions des 
saints mystères par l'initiation au su- 
prême sacerdoce. Ne profane point le 



1. Ms. : 10 sares (- pour «-). — 2. Ec'ao-jepoç. — 3. Ms. 1052. Cette restitution 1038 (2242-1184) 
s'impose. Dès lors, Adam ayant vécu 930 ans, le premier roi, Alôros, aurait été établi en l'an 
(1058-930) 128 de Sera. Cf. p. 4, n. 2. 

4. D'après le grec lire : ^>^iû^. — 5. Xw/ocêtiQX (éd, : Xwgaêti^).). — 6. Lire : \*to\ ; arab. : uit*!» >*^l 
|^;3 .ûo* )OwLf^ ^^ tijoio*^. — 7. Ant. Jud.y II, m, 4. — 8. Lire : "^^j au lieu de ^i. 

9. Hierarch. cœlest., ch. xiv ; Migne, Patr. gr., t. III, col. 271. — 10. Il n'est pas certain que la 
citation se prolongeât au delà de ces mots. Elle pourrait être complétée à l'aide du ms. add. 
12151, fol. 33. — 11. Ce passage a été collationné avec le ms. add. 12151 (fol. 38 ro). — 12. Lire : 



LIVRE I. CHAP. V 



9 



Hénoch engendra à l'âg-e de 165 ans, selon les trois livres ; d'après le 
syriaque et aussi d'après l'hébreu, à l'âge de 65 ans. — On ditqu'Hénoch, avant 
tout autre montra l'art d'écrire et les lettres, et qu'il fut agréable à Dieu, pen- 
dant 300 ans. C'est pourquoi Dieu le fit passer où il lui plut, dans un lieu que 
Dieu seul connaît. On dit qu'il est à croire qu'il s'en alla au Paradis, et que Dieu 
le conduisit là où était Adam avant sa transgression. 

Matriusala engendra à l'âge de 187 ans, selon l'opinion des LXX, des Syriens 
et des Hébreux; de même selon Andronicus; Eusèbe et Annianus disent: [à 
l'âge de] 167 ans ; le samaritain : de 62 ans. Il vécut en tout 969 ans ', jusqu'à l'an 
98 de Sem% [2 ans] avant le Déluge. Le syriaque est ici d'accord avec le grec, 
c'est-à-dire la Pesitta avec les LXX, pour le temps de la vie de Mathusala. 

Lamech engendra à l'âge de 188 ans d'après les LXX, et à l'âge de 182 ans 
d'après la Pesitta; d'après le samaritain, à l'âge de 53 ans. Ses années furent de 
753 ans^ d'après le grec, jusqu'à l'an 69 de Sem, fils de Noé; il mourut 29 ans 



paternels vers ce qui est mal: ils ne ren- 
daient point à Dieu les honneurs con- 
venables et ne pratiquaient point la jus- 
tice il l'éoard des hommes; et à cause de 
cela ils attirèrent sur eux l'inimitié de 
Dieu. Beaucoup d'anges s'étant unis aux 
femmes engendrèrent des hommes in- 
soleuts et contempteurs de tout bien, 
à cause de leur confiance en eux-mê- 
mes. On dit qu'ils firent des choses 
semblables à celles que l'on rapporte 
des géants. — Tandis que Caïn habitait 
dans le lieu appelé Noud '', il eut des en- 
fants. Il était un professeur d'iniquité 
pour tous ceux qui le rencontraient. Le 
premier, il imagina de partager la terre 
et inventa les mesures et les poids ; il 



Saint des saints; mais révère-le^; honore 
les mystères de Dieu, par les notions 
intellectuelles et invisibles_, en les lais- 
sant inaccessibles et inabordables pour 
ceux qui ne sont pas initiés, et ne faisant 
participer que les saints aux choses sain- 
tes, avec une sainte clarté, comme il 
convient; car, comme la théologie nous 
l'enseigne, à nous ses familiers " : Jésus 
lui-même, intelligence divine et superes- 
sentielle, est le principe, l'essence et la 
vertu, la source divine de tout sacerdoce 
saint '...-... [0] et nous tendons aussi 
vers elle. Par une vie divine et uni- 
forme, par une certaine opération effec- 
tive, il nous donne la vertu qui convient 
aux saints et qui nous conduit h l'exer- 



1. Ms. : 962. Le chiffre 969 des éditions est exigé ici par la concordance des années de Lamech. 
— 2. Mp. : de Seth. — 3. Ms. : 773 (>>^>i pour s^). 

4. No'jô. 

5. Jdd. 12151 : .... <<;♦ "^-^ . ^'»ûû «AOtO "^-^M U» <*>*. m. — 6. Le passage se lit ainsi {add. 12151, 
fol. 38) : .;. h;*>o . l-^olo !<i-*>*» ow Uoûs*l ^ «^^wso |too>^ <*->yy I-jow n3.ca« ow ^SN — 7. Il y a ici une 
lacune. Il est difficile d'en préciser la longueur. Toutefois dans ce qui suit l'auteur paraît résumer 
les paroles du même chapitre i. La chose a d'ailleurs assez peu d'importance. 

I. 2 



10 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



avant son père; d'après le syriaque, il vécut 777 ans, et mourut [5] ans avant son 
père. 

En Tan 1666 'naquit le juste Noé, qui garda sa virginité pendant 500 ans, 
comme il est écrit. D'après le syriaque, il engendra à l'âge de 502 ans. En Fan 
358 de sa vie finit le second millénaire ; selon [l'hébreu ^] , en Fan 344 '. 

CHAPITRE VI'. — Gomme il fut agréable à Dieu par la pratique des œuvres 
vertueuses, il trouva grâce devant le Seigneur, ainsi que l'atteste le Livre pro- 
phétique. Voyant l'idolâtrie et l'impiété qui s'étaient multipliées parmi les 
hommes, il s'éloigna d'eux. Dieu Faverlit mystérieusement ; et il garda et accom- 
plit les choses qui lui furent dites; ainsi qu'il est écrit'' : « Dieu dit à Noé : Voici 
que je vais détruire la terre. » Il fit ce qui lui avait été prescrit, acheva l'arche, 
y fit entrer de chaque espèce terrestre : des bêtes, des animaux, etc. Lui-même, 
[S] sa femme, ses fils et les femmes de ses fils y entrèrent. — Les eaux et le 
Déluge survinrent en Fan 600 de Noé, qui est Fan 100 [de Sem]. 

Les hommes se multiplièrent sur la terre, et toute chair avait corrompu sa 
voie devant le Seigneur. Dieu permit qu'ils tombassent dans des combats cruels; 
ils se tuèrent par milliers et par myriades, au point que la terre où ils livrèrent 
leurs combats étaitputréfiée parleur sang. Leursossements formèrent de grandes 
collines, par leur multitude. — Après cela et à cause de cela, le Déluge survint 
dans le second mois, le vingt-septième jour de ce mois. Les sources du grand 
abîme furent ouvertes, les cataractes des cieux furent ouvertes, et il plut sur 
toute la terre pendant quarante jours et quarante nuits; les eaux s'accrurent; 
elles soulevèrent l'arche, elles couvrirent les plus hautes montagnes qui sont 
sous les cieux et les dépassèrent de quinze coudées ; toute chair qui rampait sur 



remplit sa maison de rapine ; il bâtit une 
ville qu'il appela Ilénoch du nom de son 
fils aîné. — Lamech, le sixième descen- 
dant de Gain, prit deux femmes et il eut 
soixante-dix-sept enfants. Parniiceux-ci, 
lobcl construisit des tentes et aima la 
vie pastorale ; Jubal s'adonna à la musique 
et inventa le kinuor et la cithare. Tho- 
bel, né d'une autre femme, surpassait 
tout le monde par sa force, et était vive- 



cice des saintes fonctions du sacerdoce. 
G'est ainsi que les Livres saints nous 
ont exposé très soigneusement que le 
saint sacerdoce est un don venu d'auprès 
de Dieu, Seigneur de l'univers, qui est 
descendu et s'est propagé [d'abord] chez 
les secondes intelligences, c'est-à-dire 
dans la première création , constituée 
par les ordres sublimes des vertus angé- 
liques,et qui s'est ensuite étendu jusqu^à 



1. Il faut lire 1642, d'après les LXX et d'après la date du second millénaire (358). — 2. Ar. : 
>*j|»=^l^. — 3. Ceci doit s'entendre de l'an 344 après le Déluge, selon l'hébreu. — 4. Ms, : ch. v. 
— 5. Gen., vi, 7 et suiv. 



LIVRE I. GHAP. VII 



11 



la terre mourut. Ensuite, le Seigneur se souvint de Noé et de ceux qui étaient 
avec lui. Dieu amena le vent et fit disparaître les eaux. Noé sortit avec tous ceux 
qui étaient avec lui. Il bâtit un autel à Dieu, et offrit un sacrifice des animaux 
purs; et il fit respirer à Dieu un parfum agréable. 

CHAPITRE VII. — Depuis le commencement de la vie d'Adam, jusqu'au Dé- 
luge qui survint au temps de Noé, la somme des années est de 2242 * , pendant les- 
quelles ily eut dix patriarches, dont les noms sont écrits. Nous trouvons aussi les 
noms de dix rois qui ont régné l'un après l'autre. Nous trouvons également men- 
tion de trois villes. Ceux qui inventèrent les arts, l'astrologie, la fabrication des 
armes et des instruments de combat, la cithare et les instruments de musique, 
sont aussi mentionnés brièvement d'un mot. Il est facile, pour les sages, de com- 
prendre que des événements considérables et très importants, fréquents et nom- 
breux, ont dû se passer dans ce long espace de temps. Ils ne sont point mention- 
nés dans les Ecritures, sans doute parce que cela n'était pas utile pour les 
auditeurs. Pour cela, l'Esprit-Saint n'a pas voulu qu'ils fussent conservés. Il 



ment porté aux exercices de la guerre; 
le premier il inventa l'art de forger. » 

Nous n^avons rien trouvé dans le Li- 
vre * au sujet de Sémiàzôs qui régna sur 
ceux qui descendirent sur la montagne 
et s'unirent aux filles de Gain, ni au su- 
jet de la succession et de la durée des 
rois de ceux-ci; mais seulement qu'ils 
descendirent, et que, les premiers, ils 
constituèrent un royaume qui dura jus- 
qu'au Déluge '. 



notre race humaine par leur intermé- 
diaire. 

Voyons donc quels sont ceux qui ont 
été jugés dignes de la grâce d'exercer 
le sacerdoce dans le temps antérieur au 
Déluge. 

Adam lui-même fut honoré de l'or- 
dination, en môme temps que de la 
royauté et du don de prophétie; et, 
aussi bien sous le premier rapport que 
sous le second, il est appelé « père » à 
juste titre; bien qu'il n'ait pas conservé 
son honneur, ainsi qu'il est rapporté à 
son sujet, pour n'avoir pas gardé la pa- 
role de la divine et sublime opération que 
le Verbe de Dieu lui-même a accomplie à 
la fin des temps. 



1. Ms. : 2245; cf. chap. iv,i. ult. 

2. La liible; ou le Livre d'Hénoch d'après les citations d'Anniaaus ; car le texte du Livre d'Hé- 
noch donne le nom des vingt rois (éd. Charles, p. 63). — 3. L'auteur cite, confusément, les deux 
légendes : d'après l'une, les Bené Elohiin étaient des descendants de Seth ; d'après l'autre, des anges. 
Cf. ch. in, rv et vrrr. 



12 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



suffit, comme témoignage de ces choses, de ce qui est dit par l'Esprit prophéti- 
que * : « Dieu se repentit d'avoir créé Thomme. » C'est pourquoi, marchant sur les 
traces de ceux qui ont écrit prophétiquement, nous nous en tiendrons à ce 
qu'ils ont écrit sous l'inspiration de l'Esprit-Saint. Nous en déduirons soigneu- 
sement la série des générations, l'une après l'autre ; et comme c'est là ce qu'on 
doit attendre de nous, nous omettrons les autres recherches. 



CHAPITRE VIII. — Qui montre dans un tableau les noms et les années 

ADAM (930 ans ^) engendra : 



Caïi 



Hénoch. 

I 
Irad. 

I. 
Maviaël. 

I 
Mathusala. 

I 
Lamech. 



Seth (912 ans). 




et encore d'autres 
enfants 



et d'autres 
enfants 




qui s'unirent. 

D'eux naquirent ceux qui furent 
les émules des [enfants] de Gain, et 
qui constituèrent le premier empire : 

Aloros, 98 ans '. 

Alaparos, 29 ans. 

Almelôn, 128 ans*. 

Amménon, 118 ans. 

Megalarios, 177 ans. 
Ici finit le premier millénaire". 

Daonos, 98 ans. 
Eudoranchos, 177 ans. 
Amempsinos, 98 ans. 
Otiartes'», 78 ans. 
Xisothros, 177 ans. 



Enos (905 ans) 

I 
Caïnan (800 ans^). 

I 
Mahlalaël (895 ans). 

i 

lared (962 ans). 

I 
Hénoch (365 ans*, et il fut 
I transporté). 

Mathusala (969 ans »). 

I 
Lamech (753 ans "). 

Noé (950 ans). 



1. Gen., vr, 6. — 2. Ces chiffres indiquent la durée de la vie, d'après les LXX. — 3. Les éditions 
des LXX donnent 910. — 4. Ms. 360; mais ci-dessus, ch. v : 365. — 5. Ms. : 962. — 6. Ms. : 723; 
ci-dessus : 773. — 7. Durée des règnes, en chiffres ronds. — 8. Ms. : 118. — 9. Celte mention est en 
contradiction avec les chiffres et avec le chap. iv. Elle était probablement en face du nom de larcd, 
et aura été transportée ici par un copiste maladroit. — 10. Ms. : Otiantios. Comparez, dans le 
texte, les variantes orthographiques de cette liste avec celle du chap. iv. 



LIVRE I. CHAP VIII 13 

Delà race de Seth étaient ceux qui montèrent sur la montagne et furent ap- 
pelés Beiiê Elohim. Ayant rompu leur promesse, ils descendirent et se mêlè- 
rent aux fdles de Gain; ils commirent l'impiété. Ils se constituèrent un empire 
dont le premier roi fut Sémiazôs ; cet empire dura jusqu'au Déluge, dans lequel 
ils périrent tous. 



lu premier Livre qui comprend 2256 ans^, depuis Adain jusqu'au Déluge 
lieu du temps du juste Noé. — Que celui qui le lit prie pour le pécheur 
écrit. 



Fin du premier 
qui eut lieu d 
qui Va écrit. 



1. L'addition donne 2242, comme il est dit au chap. iv. T^'auteur semble avoir puisé à diverses chro- 
nologies qvi'il n'a pas su concilier. Y, l'Introduction. 



LIVRE II 

En invoquant le Seigneur Tout Puissant, régulateur des temps, nous com- 
ivïençons le livre ii qvl va du temps qul suivit le déluge, aux jours de noé, 
jusqu'à l'Époque d'Abraham : [l'espace de] 1081 ans. 

CHAPITRE I. — Après que la colère de Dieu fut apaisée, il se souvint de Noé 
qui sortit de l'arche, et ceux qui y étaient avec lui, le 17 du mois de yar, qui est 
le second mois. Ils abandonnèrent l'arche, comme dit Josèphe *, dans la ville 
d'Apamée qui est la métropole de la Pisidie : là sont ses planches. D'autres 
parlent de cela autrement. Il y a aussi de nombreuses divergences sur leur 
entrée dans l'arche, sur leur sortie, et sur le nombre des jours, des mois et 



[7] i^Extraitdes) doctrines chaldéennes^ : 
Abydenus et Alexandre ', philosophes 
profanes, disent à propos de Noé et de 
l'arche : Chronos ayant révélé à Xisos- 
tros que le 15 du mois de haziran (juin) 
surviendrait l'abondance des pluies et le 
débordement des eaux, celui-ci, en en- 
tendant cela, s'en alla, en navio;uant vers 
l'Arménie sur une barque fabriquée avec 
des planches. Cette barque se trouve en- 
core Iji et procure des remèdes aux habi- 
tants du pays. Telle est l'opinion de ces 
gens. 

Le livre du Chaldéen Polyhistor* ex- 



[7] Extrait du livre de Jean de Dara 
sur le sacerdoce ^. — La nature humaine 
ne peut imiter Dieu ni s'unira lui*", si ce 
n'est par les dons divins qu'elle reçoit 
de lui. De tous ces dons, le plus excel- 
lent est celui du sacerdoce, par lequel 
nous participons à la nature divine, qui 
vient et descend de Dieu^ qui se propage 
chez nous à l'instar de la hiérarchie an- 
gélique, et en vertu duquel sont établis 
dans l'Eglise les princes des prêtres, les 
prêtres^ et les autres ordres sacrés. Nous 
allons maintentant parler de ce don et 
faire connaître tout d'abord ce que c'est 



1. On ne trouve rien de semblable dans Josèphe. BH. Chron. syr., p. 7, donne la même leçon 
que notre ms. 

2. Littéralement : « du chaldaïsme ». — 3. Alexandre Polyhistor. — Comp. les textes cites par 
Eusèbe : pour Abydenus (éd. Scfiœne), col. 31 et pour Alexandre, col. 19. — 4. Le nom de Polyhis- 
tor est généralement transcrit, mais ici est traduit : « multae historiae ». 

5. L'ouvrage de Jean de Dara se trouve dans le ms. C de la Bibliothèque Vaticane. M. Guidi a 
eu l'obligeance de coUationner les passages cités ici avec le texte de ce ms. (fol. 117 et suiv.). — 
La rédaction est un peu différente; nous donnons seulement les variantes nécessaires à l'intelli- 
gence do notre auteur. — 6. Cod. Vat. C. : ov^ ♦»«ûsj?. — 7. Ms. C ajoute « les diacres ». 



LIVRE II. CHAP. I 



15 



des années. On affirme qu'ils entrèrent le 17 de jar, et qu'ils sortirent le 27 du 
même mois l'année suivante. Les fils de Noé qui sortirent avec lui de l'arche 
étaient trois : Sem, Gham et Japhet. Or, Sem était âgé de 98 ans quand eut lieu 
le Déluge, et quand ils sortirent de l'arche, il avait 100 ans. Ensuite, il en- 
gendra. Alors, Noé partagea la terre à ses enfants, et porta des malédictions 
contre celui qui transgresserait les limites de son frère. Le partage fut ainsi 
fait. Sem eut pour sa part la Perse, la Bactriane, jusqu'à l'Inde et jusqu'à Rino- 
coroura; Cham eut pour sa part depuis Rinocoroura jusqu'à Gadiron; Japhet eut 
la région septentrionale, depuis la Médie jusqu'à Gadiron. 

Les tribus 'descendant] de Japhet furent au nombre de quinze ; elles ont en 
partage le fleuve du Tigre qui sépare la Médie de la Perse. Les tribus de Sem 
furent au nombre de vingt-cinq ; elles habitent l'orient, et ont en partage le 
fleuve de l'Euphrate qui divise leur contrée. Les tribus des enfants de Cham 
sont au nombre de trente-deux ; ils ont en partage le Gihon, qui est le fleuve du 
Nil, qui arrose leur pays. 

Descendants de Japhet: Macédoniens, Arméniens, Mèdes, Grecs, Latins, Ro- 
mains, Ibériens. 



pose aussi qu'en sortant de l'arche, ils 
vinrent h pied h Babel et y bâtirent une 
ville'. — Je pense que l'accord de ces 
histoires du Déluge avec celle des Grecs 
est manifeste pour tout le monde. Si à la 
vérité les chroniqueurs chaldéens appel- 
lent Noé d'un autre nom que les Grecs, 
car ils le nomment Xisostros au lieu de 
Noachus, il ne faut pas s'en étonner, lis 
ont aussi mis d^autres dieux à la place 
de Dieu, et un [autre] oiseau h la place de 
la colombe. Abydenus a écrit tout cela 
au sujet de l'histoire chaldéenne du dé- 
luge'. 

Il faut comprendre clairement que le 
péché s'était multiplié et que les hommes 
pratiquaient l'impiété de beaucoup de 



que le sacerdoce, puis, successivement, 
les choses qui se rattachent à cet ordre ^. 
Lesacerdoceestdonc une fonction sainte, 
qui, par sa science parfaite et par lac- 
complisscment des choses qui sont en 
son pouvoir, imprègne* ceux qui ont été 
dignes de l'exercer saintement, et les 
forme à sa ressemblance par son union 
avec eux et par laperfertiondeleur cohé- 
sion^, comme le fer [esttransforméj dans 
le feu. Le Théologien^ dans son Discours 
apolégétique'^ , é.Q^\\i\i\& sacerdoce : « la 
sainte administration des âmes », et 
« l'intermédiaire de Dieu et des hom- 
mes », et le prêtre : « le procurateur des 
âmes et le médiateur de Dieu et des 
hommes ». A l'ordre sacerdotal convient 



1. Cf. loc. cit., col. 23. - 2. Ihid., col. 33. 

3. Ici commence le chap. i de l'ouvrage de Jean de Dara. — 4. Ms, C : ôyo sçov^ M^i '^1-^».... 
— 5. Ms. C, correctement ; oî^» (et non vi^^). — 6. S. Gi^égoire de Naziance, Orat. II, Apolog. 
MiGNE, ?atr. gr., t. XXXV, col. 493. 



16 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Descendants de Cham : Éthiopiens', Meçroyê [ou] Égyptiens, Hétéens, Jébu- 
séens, Hévéens, Amorrhéens, Gergéséens, Aradiens. 

Descendants de Sem : Assyriens, Ghaldéens, Lydiens, Araméens, c'est-à-dire 
Syriens, Hébreux, Persans'. 

Les enfants de Sem à l'orient; les enfants de Japliet, au nord; les enfants 
de Cham, au sud. 

Noé avait vu que ceux qui vivaient avant le Déluge, à propos des lieux d'ha- 
bitation [8] et des meilleurs endroits, s'étaient souillés de sang et avaient irrité 
Dieu, au point qu'il les fit tous périr et disparaître de la face de la terre; c'est 
pourquoi il divisa la terre, et statua, sous peine de malédiction, qu'ils ne se la 
disputeraient plus, pour irriter le Seigneur. 

CHAPITRE IL ~- Sem, âgé de 130 ans, engendra Arphaxad ; selon l'hébreu, à 
l'âge de 102 ans. — Arphaxad, à l'âge de 135 ans, engendra Caïnan. Eusèbe ne 
compte point ce Caïnan ni le nombre de ses années, dans la série des années; 
le texte hébreu et le nôtre, non plus. Ce Caïnan inventa la magie, les incan- 
tations, la divination par les étoiles; ses enfants l'adorèrent comme un dieu 



manières^ et se tuaient les uns les autres 
dans des combats cruels, car cette ini- 
quité est l'œuvre des démons et le fruit 
de leur semence. Comme la terre était 
un cloaque* de sang humain, elle devint 
improductive ; les ossements y étaient 
accumulés en monceaux hauts comme 
des montagnes considérables, à la joie 
des démons. C'est pourquoi sur l'ordre 
de Dieu survint le fameux Déluffe. Comme 
le juste Noé connaissait très bien la cause 
de la destruction des hommes et d'où 
elle provenait, il écarta la raison d'être 
des combats en partageant la terre, et 



un ministère humble et non une domi- 
nation arrogante^. 

D'où est tiré son nom? Nous disons 
que « sacerdoce » vient de « prospérité )' 
et « abondance ^ » ; car le sacerdoce pos- 
sède l'abondance de tous les biens, il 
enrichit et comble de biens quiconque 
le reçoit ; nous appelons, en effet, « pros- 
père » celui qui jouit abondamment de 
tous les biens du monde. Ce nom est un 
nom d'action et non de nature*^. Il dé- 
note l'autorité et Tabondance de tous 
les biens. 

Ce nom^ de sacerdoce signifie le mi- 



1. Litt. : Indiens; mais c'est le terme propre pour désigner les Éthiopiens. — 2. Le même tableau 
est dans BH. Chron. syr., p. 7. 

3. Litt. : « une infection ». 

4. D'après les deux textes la phrase paraît devoir se restituer ainsi : |^lvl».L |Lû)w3^ ^*» cnûsû^ 
.|^ua»a^>o U |Lûi»*; Uo v».,* |tt^v»,v5. — 5. Etymologie basée sur les divers sens de la racine ara- 
méenne vW3. — 6, Sens : il désigne une qualité acquise et non connaturelle. — 7. Ici commence 
le chap. Il de l'ouvrage de Jean de Dara. 



LIVRE II. CHAP. II 



17 



et lui ériofèrent une statue : de là commença l'adoration des idoles. Il bâtit 
une ville et l'appela Hara' du nom de son fils Harôn, L'évangéliste Luc men- 
tionne le nom de Caïnan'. Arphaxad vécut, selon le grec^ 465 ans^ et, selon le 
syriaque, 438 ans. — Gaïnan engendra [Salé], à l'âge de 139 ans, et selon le samari- 
tain, à l'âge de 39 ans. — Salé engendra Héber à l'âge de 130 ans d'après les trois 
livres, et vécut 460 ans ; d'après le syriaque, il engendra à 30 ans et mourut 
à 433 ans. — Héber engendra à l'âge de 134 ans. Annianus dit qu'il engendra 
Phaleg à l'âge de 133 ans, et ensuite Jectan; mais, diaprés le syriaque, ce fut à 
Vàge de 34 ans. 11 vécut 343 ans. Dans le syriaque il est écrit qu'il vécut 464 ans; 
et il y en a qui disent que les Hébreux tirent de lui leur nom. 

En l'an 120 de Phaleg, la terre fut partagée pour la seconde fois par les enfants 
de Sem et les autres fils de Noé. — Aux enfants de Sem échut en partage toute la 
région qui forme le milieu de la terre habitable, depuis la frontière de l'Eg-ypte, 



prononça une malédiction pour cmpcclier 
chacun de chanofer ses limites. Tel fut 
le motif du premier partage. — Ensuite, 
les hommes se multiplièrent et oubliè- 
rent les préceptes; ils franchirent les 
premières limites, par des combats, et 
ils firent un second partage du temps de 
Phaleg. L^] Mais, de même qu'ils n'a- 
vaient point respecté le premier partage 
en trois parties, ni la malédiction du juste 
Noé, ils n'observèrent pas non plus les 
limites fixées pour la seconde fois. 

[Extrait] du P'' Lwre des Antiquités^ : 
Un homme orgueilleux, Naborod*, pe- 
tit-fils de Cham, fils de Noé, persuadait 
aux hommes de ne pas attribuer à Dieu 
la cause de leur félicité et de leur pros- 
périté. Une grande partie du peuple 



nistère entre les créatures et le Créa- 
teur, exercé par des créatures. L'homme 
ne se le donne point h lui-même ; mais 
celui-là seul le possède qui estappelé par 
Dieu, à la manière d'Aaron '\ 

Si, en effet, [8]'' le panetier d'un roi 
terrestre ne peut de lui-même et sans la 
permission du roi entreprendre de ser- 
vir à sa table, à combien plus forte rai- 
son ne peut-on servir à la table de vie 
sans la vocation divine. 

Ou commence et d'où vietit le sace?'- 
doce? De l'origine de la création; car 
en même temps que les puissances cé- 
lestes furent créées, elles furent inves- 
ties du sacerdoce. Chez nous autres hom- 
mes, il a eu son commencement avec le 
premier Adam; celui-ci, en efl'et, ayant 



1. !;*», autre orthographe de sj*», Harran. — 2. I^uc, tir, 36. 

3. Ant, Jud., I, IV. — 4. NaêpwSy^;. 

5. Cf. Hebr,^ v, 4, — 6. Le texte continue ainsi dans le ms. du Vatican : |.i^^» ^boo^**| ;*^ 



.;. |.3;ao • |ta^!c5 Uûiivyj Xl^v |,*1 >X^tx> ^=iû ; ^tt|c 



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18 



GHRONIQUE^DE MICHEL LE SYRIEN 



Rinocoroura et la mer Rouge, et depuis la mer de Phénicie et la Syrie, jusqu'à 
l'extrémité orientale de la terre habitable. Entre autres lieux connus ils obtin- 
rent : la Palestine, l'Arabie^ la Phénicie, la Syrie, toute la Mésopotamie et l'Hyr- 
canie, l'Assyrie, les contrées de Sennaar, de Babel et des Kurdes, toute la Perse 
et les pays qui l'entourent, avec l'Inde septentrionale, la Bactriane et les autres 
réerions orientales. 

Aux enfants de Gham [9J, second fils de Noé^ échut en partage toute la région 
méridionale qui peut être habitée, depuis l'orient jusqu'à l'occident : c'est-à- 
dire l'Inde centrale' et méridionale, les pays de Kous, de Saba, d'Egypte, de Li- 
bye, de Thébaïde et d'Afrique, et tous les pays occidentaux et méridionaux 
jusqu'aux confins de la terre habitable et à la mer de l'Océan. Du côté du nord, 
ils ont la Gilicie, la Pamphylie, la Pisidie, la Mœsie,la Phr3'gie, la Lycie, la Ly- 
die, et, parmi les îles de la mer : Gypre, Ghio, la Sicile et environ vingt autres. 

Aux enfants de Japhet, troisième fils de Noé, échut en héritage toute la contrée 
septentrionale, depuis l'extrémité orientale de la terre habitable jusqu'à l'extré- 
mité occidentale. Ils eurent les pays suivants : la contrée des Alains et des Turcs, 
et, à l'orient ; la Médie, l'Arménie, la Gappadoce, la Galatie, l'Asie, la Mœsie, la 



adhéra facilement aux théories de Na- 
borod. Ils regardaient comme honteux 
d'être soumis h Dieu ; et ils bâtissaient 
la Tour. Dieu les voyant dans une telle 
aberration ne jugea pas à propos de les 
détruire totalement; car ils n'étaient pas 
devenus meilleurs par l'exemple des an- 
ciens qui avaient péri. Il les jeta donc 
dans la perturbation, en leur donnant 
des langages différant par le grand 
nombre de paroles qu^ils ne comprenaient 
point. Le lieu dans lequel ils avaient bâti 
la Tour est maintenant appelé Babel, à 
cause de la confusion de l'intelligence 
claire qui résultait du langage primitif. 
[9j La Sibyl]le ^ rapporte ce fait; elle 
dit : Tandis que tous les hommes avaient 



été façonné et constitué, reçut l'ordina- 
tion sacerdotale [9] en même temps que 
la royauté et la prophétie', ainsi que 
David le chantait en disant : « Tu m'as 
formé et tu as posé ta main sur moi*. » 
Par cette expression : « Tu m'as formé », 
il veut dire : « tu m'as créé », et celle- 
ci : (( tu as posé ta main sur moi » signi- 
fie « l'ordination du sacerdoce dont tu 
as enrichi le sfenre humain*. » La main 

o 

du Père est son Fils, par lequel Adam a 
été consacré lorsqu'il fut créé, au com- 
mencement, et renouvelé après sa trans- 
gression ; et le don du suprême sacer- 
doce a été constitué en Dieu le Verbe 
qui s'est incarné et s'est fait homme. 
Adam, dès le commencement, a reçu 



1. Litt. : « l'Inde intérieure ». 

2. Restituer : Uaa^co. — Le passage cité par Josèplie est emprunté à Polyhistor (Eus., I, col. 23). 

3. Ici finit la lacune, — 4. Ps. cxxxviii, 5. — 5. Ici finit la citation textuelle de Jean dé Dara. 



LIVRE IL CHAP. III 



19 



Thrace, l'Hellade et les pays qui sont au nord et à l'ouest de ceux-ci : la contrée 
des Grecs, des Romains, des SarmateSp des Slaves, des Kourgahe; à l'occident : 
le pays des Gaulois, l'Espagne et tous les autres qui se trouvent sur les confins 
de l'occident jusqu'à Gadira. 



CHAPITRE III. — Au début de la vie de Ragau les hommes commencèrent à 
bâtir Babel et la Tour, dans la contrée de Sennaar'.« Bâtissons-nous une forteresse 
et une tour, dirent-ils, et faisons-nous un nom, avant de nous disperser et de 
nous en aller chacun dans son héritage'. » Le géant Nimrod, fils de Kous, nour- 
rissait de sa chasse les constructeurs. Le temps de la construction se prolongea 
quarante ans. Ils foulèrent aux pieds la loi, méprisèrent le commandement et 
n'observèrent pas le partage du juste Noé ; ils divisèrent la terre, et ils s'enten- 
dirent pour chercher le moyen d'échapper à la colère de Dieu après avoir trans- 
gressé ses préceptes. « C'est pourquoi, dit l'Ecriture % Dieu descendit et divisa 
leur langage. « La langue unique fut partagée en soixante-douze langues, et la 
terre de Sennaarfut appelée Babel, parce que là fut la confusion. Héber, ce grand 



une même langue, ils se mirent à bâlir 
une tour très haute, de manière à pouvoir 
s'élever par elle jusqu'au ciel . Mais 
Dieu envoya un vent violent qui renversa 
la tour; et il donna à chacun une langue 
particulière : c'est pourquoi il advint que 
cette ville fut appelée Babel. 

Polyhistor écrit qu'après le Déluge 
Evékoios* régna sur les Chaldéens pen- 
dant 40 nères, et eut pour successeur 
son fils, Komasbélos " pendant 4 nères. 
— Depuis le Déluge jusqu'à l'époque où 
les Mèdes s'emparèrent de Babylone, 
Polyhistor compte 86 rois, dont il in- 
dique les noms*^. 

Nemrod ceignit la couronne royale, 
dix ans après le second partage. 11 fut 
le premier roi après le Déluge. 



de la main môme de Dieu l'ordination du 
sacerdoce saint. De lui, il s'est propagé 
dans toutes les générations, chez tout 
descendant de sa race qui adhérait par la 
foi à ce mystère ; c'est ainsi que l'hostie 
du sacrifice d'Abel fut acceptée, dans sa 
droiture, et fut agréable au Seigneur, 
comme il est écrite Quand le maudit 
Caïn eut commis un meurtre par jalousie 
alors même* la miséricorde infinie de 
Dieu n'enleva pas ce don, parce que 
tous ses bienfaits sont entièrement irré- 
vocables. C'estpourquoi, dans toutes les 
générations et de tout temps, quiconque 
posséda la foi, ne fut pas privé de ce don. 
Le livre sacerdotal atteste cela quand il 
représente Enos et Hénoch [iO] comme 
ayant été agréables h Dieu, et le juste 



1. Ms. : ;-^a> pour ;-i.iJ». — 2. Cf. Gen., xi, 4. — 3. Ihid., 7, 

4. Eûi^-/oto; (Sync, 147, 17). — 5. Xo[xc<(7gr,).oç. — 6. Eus., I, col. 2.5. 

7. Gen., iv, 5, — 8. Lire : Us: (?). 



20 



CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



vieillard, n'était point d'accord avec eux pour le partage ; mais il leur disait d'ob- 
server le précepte de Noé [10] et de ne pas encourir la malédiction; il ne con- 
sentit pas non plus à bâtir la Tour avec eux. A cause de cela, la langue primitive 
et paternelle lui fut conservée. Il appela cette terre Babel. Dans notre langue 
araméenne le nom de Babel s'explique convenablement comme désignant la 
confusion. Saint Mar Éphrem, le grand Basile, et d'autres anciens docteurs don- 
nent ce sens. Jacques appelé d'Edesse et Jean de Litarba, qui citent d'anciens 
chroniqueurs, disent : « La langue hébraïque est la langue primitive, qui fut con- 
servée à Héber, et c'est de là que les Hébreux tirent leur nom » ; mais d'autres 
disent : « Gomme Abraham passa le fleuve de l'Euphrate pour entrer dans la terre 
de promission, qu'il passa en combattant parmi les armées, qu'il passa des usages 
païens de ses pères à la foi en Dieu, créateur de l'Univers : à cause de tout cela, 
disent-ils, il fut appelé 'ebraya [psLSsstger). «Pour nous^ nous disons que toutes 
ces choses sont vraies : la langue primitive est la langue araméenne de laquelle 
provient 'ebraya\ 



En l'an 101 de Ragau, le premier roi 
des Egyptiens, Panouphis (?), commença 
à régner, pendant 68 ans. Ce fut la pre- 
mière dvnastie de Miçrin\ qui est ainsi 
appelée du nom deîMeçraim, leur ancêtre. 

Nemrod bâtit trois villes : Arak, Or et 
Kala, c'est-à-dire ; Edesse,Nisibe et Sé- 
leueie ^ 

Quand les peuples s'éloignèrent de 
Babel, les Chananéens se donnèrent un 
chef qu'ils appelèrent Canaan, du nom 
de leur ancêtre Canaan. Les enfants de 
Canaan ayant vu que la contrée de la 
Palestine et du Liban était très bonne, 
s'y fixèrent et ne voulurent point s'en 
aller dans leur héritage, à l'occident de 
la mer d'Egypte. Ils encoururent la malé- 
diction de nouveau. En cet endroit s'ac- 



Noé comme honorant* Dieu, lui qui, à 
cause de sa foi en Dieu, ne s'associa et 
n'adhéra point à l'iniquité des impies : 
c'est pourquoi, il fut choisi comme l'ins- 
trument du grand mystère de la rénova- 
tion ; en lui furent conservés le rejeton 
de la race humaine et les épaves delà des- 
truction par le Déluge. Après avoir ainsi 
échappé miraculeusement par la vertu 
divine, il fut digne de devenir prêtre. 
En effet, aussitôt après être sorti kle 
l'arche], il bâtit un autel au Seigneur 
et offrit un sacrifice des animaux purs, 
de sorte que le sacrement du sacerdoce 
saintlui fut donné, comme au juste Abel ; 
mais ce qu'écrit [de lui] l'esprit prophé- 
tique est encore plus surprenant, [à sa- 
voir : que] « le Seigneur respira comme 



1. Voir le passage parallèle dans BH., Chron. syr., p. 9. — l^a Chronique de Bar-Hébréus étant 
extraite pour ainsi dire textuellement de Michel dans cette première partie, nous n'y renverrons 
que pour les passages qui offrent des variantes importantes. 

2. Nom syriaque de l'Egypte. — 3. Cf. ci-dessous, p. 26, n. 1 (Ephremi Comm. in Gen. x, 10). 
4. lov^l» |-i.i*^'>a. 



LIVRE II. GHAP. III 



21 



Phaieg', à l'âge de 130 ans, engendra Ragau (d'après le syriaque, à l'âge de 
30 ans) et vécut 343 ans (d'après le syriaque 239 ans). 

Depuis le Déluge jusqu'à la Division des langues, il y a en tout 660 ans^; 
depuis Adamjusqu'à la Division"', d'après les Septante, 2906 ans; d'après la Pe- 
sitta 2757 ans '\ 

Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans, d'après le syriaque à l'âge de 
52 ans; il vécut 339 ans, et d'après le syriaque 239. 

En l'année 74 de Ragau finit le troisième millénaire, d'après les Septante. 

La Tour fut bâtie en Tan 70 de Ragau; elle fut achevée quarante ans après ; et 
les hommes furent dispersés sur la surface de la terre. Ils multiplièrent les 
combats et les luttes : ceux qui étaient vainqueurs élevaient des signes de 
victoire, et ensuite ils adoraient ces statues : ainsi se multiplia l'adoration des 
idoles. La Tour tomba en lan 110 de Ragau. 

Nemrod, le premier qui régna à Babylone, fut créé prince en l'an 40 de Ragau. 
Quand Dieu envoya le vent qui renversa et fit tomber la Tour, Nemrod mourut 
dans la Tour. Le total des années du règne de Nemrod est de 69 ans d'après la 



complit sur eux la malédiction du juste 
Noé. 

Du temps de Saroug, les homuies fa- 
bi'IqLièreut des images qu'ils adorèrent, 
excités par les esprits mauvais et les 
démons impurs. 

A cette époque régnait en Egypte [It)] 
le 2" roi, Eupipaphios; celui-ci le pre- 
mier construisit et lança un navire sur 
la mer. 11 régna 46 ans et mourut. 

A la même époque, un Egyptien nom- 
mé Sànôs_, combattit avec les Kousites; 
il fut surnommé Ethiopos, c'est-à-dire 
Kousite ; il fut le 3" prince et régna 
60 ans. Cet Ethiopos ou Kousite et les 
Libyens engagèrent la guerre avec Saba 
et le tuèrent; sa fille lui succéda ; elle 
est aussi appelée Saba du nom de son 



un parfum agréable, le parfum de lof- 
frande de Noé". » N'est-il pas facile, pour 
quiconque a la foi, de comprendre que 
le Seigneur ne se complaisait pas seule- 
ment dans ces sacrifices pai'ce qu'ils figu- 
raient alors d'une manière obscure et 
voilée les sacrifices symboliques de la loi 
ancienne, mais aussi parce qu ils étaient 
la fiofure^ des sacrifices nouveaux et ma- 
nifestes. 

Ainsi donc, de même que Noé avait été 
jugé digne d'être le rénovateur du monde, 
parce' qu'il avait plu à Dieu, il fut aussi 
orné du don du sacerdoce, et par là, il 
fut l'image figurative des divins mystères, 
de la future grande victime propitiatoire 
de l'Univers. 

[11] Il convient défaire savoir pour- 



1. Ms. : Ilébcr. — 2. Ms, : 600. (^ pour «mx».) — 3. Ms. : jusqu'au Déluge, 
et 1716. Conip. le cli. vu et voir les restitutions dans l'Introduction. 
5. Ge/i , vm, 21. — 6. Lire : iûi.'îa^ao. 



h. Lire : 2916 



22 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[11] chronique de Ménandros le mage. On dit la môme chose dans le second livre 
d'Asaph, et aussi que la couronne royale était tissée. 

Après la mort de Phaleg, les enfants de Jectan, frère de Phaieg, voyant qu'on 
ne leur avait pas donné d'héritage, prirent le parti de se constituer trois princes ' : 
Saba, Ophir et Havîla. Ceux-ci commencèrent à fabriquer des armes, et firent 
connaître aux hommes les instruments de combat; ils se mirent à manger le sang^ 
et devinrent puissants parce qu'ils se servaient des armes de guerre ; comme les 
hommes n'avaient pas encore l'expérience des armes, ils s'enfuyaient devant 
eux. Ils bâtissaient des citadelles pour se protéger; le peuple ayant été vaincu 
dans le combat par les enfants d'Ophîr, on leur permit d'occuper et de prendre 
comme possession tout endroit qui leur plairait, pourvu toutefois qu'ils s'abs- 
tinssent de faire la guerre. C'est pourquoi toute la contrée des parfums devint 
l'héritage de Saba, Ophir hérita du pays de For, et Ilavila de la région du fleuve 
du Danube "- où sont les pierres précieuses. 



père. Elle régna 40 ans. Aristocholos 
écrit de celle-ci qu'elle fit de nombreuses 
guerres et s'illustra beaucoup : à cause 
de cela les femmes régnent en ce lieu^ et 
elles marchent entête au combat. 

Quant aux Amazones, nous trouvons 
qu'elles étaient fdles d'Askénez et de 
Thocforma. A l'origine, Samirôs, roi de 
Babylone, fît la guerre avec elles et tua 
tous leurs [enfants] mâles. Dès lors, elles 
prirent comme règle de ne plus élever^ 
d'enfants mâles, mais seulement des 
filles. Une fois par an, elles sortent de 
chezelles pour s'unirauxhommes etelles 
reviennent enceintes; elles tuent les en- 
fants mâles qui leur naissent et élèvent 



quoi le sacerdoce a été institué' : Premiè- 
rement : pour le salut des liomm es; 
deuxièmement : pour la rémission des 
péchés; troisièmement : pour notre 
union' avec Dieu; et quatrièmement: 
pour la participation de la nature divine. 
D'abord pour le salut; car les hommes 
avaient mérité de mourir à cause de la 
transofression d'Adam; mais Dieu voulut 
les vivifier et les sauver par un don ve- 
nant de lui et il établit parmi eux le don 
du sacerdoce ; premièrement, sous la Loi 
antique, qui rachetait en quelque façon 
de la mort par les sacrifices d'animaux 
muets, jVfais les prêtres de la L,oi [pé- 
cheurs eux-mêmes], ne pouvaient mou- 



1. II faut lire i^ au lieu de Jv, d'après le contexte el la version arabe. — 2. Ms. : Anahados. S'il 
n'y a pas de lacune, je proposerais de corriger '^jo^aûj)*», d'après le Lexique de Bar-Bahloul, éd. 
DuvAL, col. 1559-1560, où le Phison (fleuve de Ilavila, Gen., n, 11-12) est identifié avec le Danube. 
L'arabe a mal compris et traduit par : contrées de l'argent (w 3^), de l'or (owî^), et de l'airain 

3, ,^;j. — 4. Chap, V de Jean de Dara. L'auteur résume un peu ce chapitre. — 5, ,^a«»*.. 



LIVRE II. CHAP. IV 



23 



CHAPITRE lY. — Saroug, à l'âge de 130 ans, engendra Nachor, d'après les 
trois chroniqueurs. — Le texte hébreu, d'où provient notre Pesitta, diminue 
100 ans à chacun [des patriarches] à partir du Déluge. — Saroug vécut 330 ans. 
De son temps l'art de fobriquer les monnaies et de travailler l'or fut inventé 
par Ophir. 

Quarante-trois ans après qu'eut cessé l'empire de Nemrod, un roi appelé 
Qambîros régnaàBabylone, du temps de Saroug; il bâtit la grande ville de Suse. 
Ensuite, en Fan 56 de Saroug, tous les peuples commencèrent à se fabriquer des 
instruments de combat, à faire des captifs, à vendre des esclaves et des servantes. 

A cette époqueQambîros et les Ghaldéens firent la guerre auxQalatou ', comme 
Pécrit Damaris. Zamardos dit : « En l'an 70 de Saroug le Chaldéen, il y eut une 
guerre [12] entre Qalalouetles Ghaldéens, pour la possession de la terre, tandis 
({ue régnait Qambîros. Les Ghaldéens furent vainqueurs; ils firent partir les 
Qalatou d'auprès d'eux et les confinèrent dans les montagnes qui sont au mi- 
lieu de leur territoire. — Saroug enseigna à Nachor la religion chaldéenne, la 
magie, et l'astrologie, comme le rappelle Asaph, dans son livre, lorsqu'il expose 
les généalogies. — Après Qambîros, qui régna 85 ans, le troisième roi de Baby- 
lone fut Samîros, pendant 72 ans; il commença à régner en Pan 106 de Saroug. 



les fdles, d'après l'histoire véridique qui 
leurest consacrée dans les livres anciens, 
et de nombreux témoignages. Dans les 
guerres contre la grande ville d'Ilion_, 
qui fut détruite, on parle aussi longue- 
ment de ces femmes Amazones, qui habi- 
taient dans la région septentrionale. 
Mais, comme aujourd hui on n'entend 
plus parler d'elles parmi les hommes, et 
que personne ne les a vues ou n'a entendu 
parler d'elles, ni dans la région septen- 
trionale, ni en d'autres lieux, il me sem- 
ble, à moi misérable, que toutes ces 
femmes ont dû périr dans la guerre 
contre la grande ville d'Ilion. On doit 
penser cela pour deux motifs : d'abord, 
parce que depuis ce moment on n'a plus 



rir pour les pécheurs, chaque pécheur 
devait mourir et porter le poids de sa 
propre faute. Et [12] de plus, les sacri- 
fices d'animaux, sous la Loi, n'étaient 
pas offerts pour les péchés mortels, de 
manière à délivrer de la mort ceux qui 
les faisaient, mais bien pour toute sorte 
de défauts [naturels ou volontaires **]. Ils 
ne purent jamais rendre parfaite la con- 
science de leurs auteurs ; s'ils avaient été 
parfaits, peut-être auraient-ils fait cesser 
leurs oblations, leur conscience ne les 
troublant plus par le remords des fautes, 
une fois efïacées ^. Les hommes devant 
mourir, et les prêtres de la Loi ne pou- 
vant les racheter, ni les sacrifices d'ani- 
maux les délivrer, il était nécessaire que 



1. Ms. 0^"^^ pour c^é^û ; ar. : û^t» ; BH. donne la bonne leçon. 

2. Ms. C : ïi.ol \i^j o! ^a.3| M^ ^'ixw. — 3. Cf. JRom., x, 1. 



24 



GHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



11 fit la guerre aux enfants de Yavan et aux Ghananéens, et il s'empara de leur 
terre. Il bâtit des villes' aux Parthes et aux Chaldéens. Le premier, il se mit à 
faire des mesures et des poids ; de son temps on commença à faire des étoffes 
pour le vêtement des idoles dans les parties honteuses (?)' d'après ce qu'écrit 
le mage Zamardos. La soie fut aussi découverte de son temps et des teintures 
de tout genre. On raconte à son sujet beaucoup d'histoires fabuleuses ; par 
exemple : qu'il avait trois yeux et des cornes, et qu'il était plus fort que toute la 
tribu de Nemrod. 



CHAPITRE V. — Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans, d'après les LXX; 
mais, d'après le syriaque, à 29 ans ^ Il vécut 207 ans, d'après les LXX; et 148 ans, 
d'après le syriaque. 

En ce temps-là, Kisârônos' le Parthe engagea un combat avec Samîros, le 
tua et régna à sa place. Il lui enleva ses cornes et les plaça sur la couronne de 
sa tète. 

D'après la chronique d'Aroud le Chananéen, la lutte de Job, le juste, eut lieu 
en l'an 25 de Nachor. Les paroles d'Aroud sont celles-ci : « Il y avait un homme 
riche de la tribu de Jectan qui s'appelait Job. Sept fois il combattit seul contre 
Satan et le vainquit. » Asaph dit que ce combat eut lieu six cents ans plus tard. 
Pour moi, je pense qu'Aroud le Chananéen a dit vrai. Job précéda Moyse de 
cinq cents ans. H y en a qui disent qu'il était de la race d'Ésaû, et qu'il est le môme 
que Jôbab, fils de Zarah^ 



aucune mention d'elles; ensuite parce 
qu'il est écrit que pendant la guerre 
contre cette ville d'ilion, onze [11] rois 
étaient réunis contre elle pour l'assiéger, 
et la guerre durait depuis onze ans quand 
la reine des Amazones vint pour secou- 
rir le roi d'ilion. Oi", comme ces onze 
rois détruisirent Ilion, tuèrent son roi et 
tous ceux qui étaient dans la ville, sans 
doute ces femmes furent aussi tuées en 
ce lieu. 



le Seigneur, personnellement, vînt se 
faire oblation pour tous, rendre parfaits 
ceux qui vont à son Père par son inter- 
médiaire'^, mettre fin h la mortalité^ qui 
est la racine du péché, et procurer à tous 
le salut, « La loi de vie, en Notre-Sei- 
ofneur Jésus Christ, m'a délivré de la 
loi du péché et de la mort*. » Autrefois 
le grand-prêtre offrait pour les péchés 
du peuple un sacrifice par lequel il était 
censé immoler et anéantir'', tous lespé- 



1. Lirei^i*,» (plur.) d'après BH. — 2. La phrase est omise par BH. qui cite le passage; l'arabe 
dit : vl'^^^Wl 'oviAt.^o >ûaià^vi\ wi'ol. Je lis : )_.-.",i (et non : l,!!»). — 3. Ms. : 79; lire : ^a. — 4. Plus 
bas (cbap. vu) : ima.l'.cuS; BIT., p. 9, donne : ^aoaioU^^i^ et laoajo'ûaT). — 5, Cf. fien., xxxvi, 33. 

6. Cf. Ilehr., vu, 25. — 7. |/.ota.«i^, — 8. liom., virr, 2. — 9. Ms. C : ^*v:». 



LIVRE II. CHAP. VI 



25 



[13] En l'an 5 de Tharé, régna à Babylone le cinquième roi, Arphazad', pen- 
dant 18 ans. Et ici cessa la principauté des rois de Babylone, pendant 7 ans, jus- 
qu'à Bélos, premier roi des Assyriens; comme plusieurs des Ghaldéens, des 
Modes, des Assyriens luttaient pour la royauté et se tuaient mutuellement dans 
les combats, un temps de sept années s'écoula sans principauté. 

Bélos l'Assyrien, s 'étant délivré de la servitude des Ghaldéens, lutta contre eux 
et contre les Mèdes; il les vainquit et régna sur les Assyriens, pendant 
62 ans; il domina sur toute l'Asie, excepté l'Inde. 

Çaliaron, frère de Tharé, tua un jour par ruse Kisarônos, roi de Babylone, qui 
était parthc, et voulut chasser les Parthes de leur propre pays. Dans une autre 
histoire, nous trouvons qu'il le tua à cause d'une statue d'or qu il avait enlevée 
de la maison de Nachor, car Nachor était prêtre de l'idole Gaïnan. 

Alors fut bâtie Damas, par Myropos l'Hétéen, vingt ans avant la naissance 
d'Abraham. Josèphe dit qu'elle fut bâtie par Ouç', fils d'Aram. 

CHAPITRE VI. — Tharé, à l'âge de 70 ans, engendra Abraham; il vécut 
275 ans, ou, selon le syriaque, 205 ans. 

Andronicus dit que, du Déluge à Abraham, il s'écoula 1081 ans, et d'Adam 
jusqu'à Abraham 3337 ans. 

A partir d'ici le Pentateuque des Grecs et celui des Syriens sont d'accord sur 
le nombre des années. 

Depuis le temps du partage de la terre jusqu'à Abraham il y eut 421 ans. 

Alors mourut Nachor, et Abraham naquit deMalkatoum, Vingt-deux ans plus 
tard, Sara, fille de Tharé, naquit de Zamrôt. 



Le 4*^ roi des Égyptiens fut Pharaon, 
fîls de Sânôs, qui régna 35 ans. Du nom 
de ce premier Pharaon, pendant de longs 
siècles, les rois d'Egypte furent appelés 
Pharaons. Il appartient h la V dynastie. 

En lan 48 de Nachor. le 5" roi d'E- 
gypte, Pharaon Kàrîmôn, commença à 
régner, dans la VP dynastie, pendant 
4 ans. 

A cette époque le Chananéen Armô- 
nios eut deux lils : il appela l'un Sodome 
et l'autre Gomorrhe ; il bâtit deux villes 



chés, ainsi qu'il est dit ^ :« Offrez des sacri- 
fices expiatoires >>, et« comment aurais-je 
pu manger la victime expiatoire aujour- 
d'hui? » et quand il entrait dans le sanc- 
tuaire il apportait le pardon au peuple ; 
de même aussi Jésus s'offrit lui-même 
pour le peuple et immola en sa personne 
[13] les péchés de beaucoup*. [Il y a eu 
de nombreux prêtres] parce qu'étant 
mortels ils ne pouvaient durer ^; mais lui 
vit à jamais, offrant des prières pour 
eux. — Comme il devait retourner au 



1. Plus bas ((;h. vu) : Arphakid. BH. a la même leçon qu'ici. — 2. Ant. Jud., I, vi, 4. 
3. Cf. Lev., X, 19. Ms. C : oSso . loiô^*^ CS:a3» ;j«|, y*!, _ 4. Hebr., ix, 28. — 5. Hehr., vir, 23. 
I. 4 



26 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Dans le compiit des années le texte de la Pesitta a 1384 ans de moins que les 
Septante. 

Abraham, étant âgé de 15 ans, commença de lui-même à prier et adorer Dieu. 
11 chassait les corbeaux qui avaient été envoyés par Dieu sur la terre des Ghal- 
déens, pour détruire et dévorer leurs semences. 

[14] A cette époque mourut Bélos, lepremier roi des Assyriens. Son fils Ninus 
régna 52 ans. 

Ce Ninus, second roi des Assyriens, bâtit dans la contrée une ville qu'il 
appela Ninus, et que les Hébreux appellent Ninive. Il fit à son père, Bélos, une 
statue en or fondu et il écrivit dessus : « grand dieu » ; il le fit proclamer dans 
toute l'Assyrie, et beaucoup l'adorèrent. Après la construction de Ninive furent 
bâties Rahabôt, Râsân et Kâlnè^ 

Alors fut bâtie Jérusalem, par Melkizédek le Chananéen, qui l'appela Oreb. 

Abraham mit le feu au temple des idoles qui était à Our des Ghaldéens. Son 



auxquelles il donna leurs noms; il bâtit 
aussi Çe'ir, qu'il appela du nom de Çe'ir, 
leur mère. 

ri2j En l'an 52 * de Nachor, le 6° roi 
d'Egypte, Pharaon Aphintos, commença 
à régner, à la VIP dynastie, pendant 
32 ans. 

Il envoya [des messagers] vers Kisa- 
rônos, roi des Ghaldéens, et apprit leur 
doctrine ainsi que le nom de Caïnan, 
dieu de Babel, dont l'image fut adorée 
en Egypte, jusqu'à Sérapis, fds deNiobé. 
Il bâtit la ville d'Apântos sur le fleuve 
du Nil, et il l'appela Babyione, c'est-à- 
dire Babel. 

Asaph est d'accord sur ces choses, 
car il dit : « Du temps de [13] Tharé, les 
Égyptiens apprirent les doctrines chal- 
déennes et firent fondre une statue d'or 
à l'idole Ninos. » 



ciel, il laissa le sacerdoce à l'Église pour 
le remplacer, vis à-vis de ses enfants, dans 
le pardon des péchés et le souvenir de 
son incarnation productrice de la vie : 
« Vous ferez ceci en mémoire de nioi^ » 

[Secondement] le sacerdoce a été ins- 
titué à cause des péchés. En effet, s'il 
n'y avait point eu de péché, nous n'au- 
rions pas eu besoin d'expiateur. « Ceux 
qui sont sains n'ont pas besoin du méde- 
cin. .Jene suis pasvenu appeler les justes, 
mais bien inviter les pécheurs à la péni- 
tence '. » Donc le sacerdoce a été donné 
aux hommes pour le pardon des péchés. 

Et ces témoignages des saints relatifs 
au sacerdoce suffisent amplement. 



1. BH., Chr. syr.,p. 11, ajoute : « c'est-à-dire : Arbèle, Res'aina et Scleucie», inlerprétatiou basée 
sur des assonances. Cf. ci-dessus p. 20, 1, 22. Voir aussi Assémani, /Jc/jI. or., 1, '26, n. 4. 

2. Mb, «12 (ûT pour ^>). 

3. Luc, XXII, 19. — 4. Matth., ix, 12; Marc, ir, 17; Luc, v, 31-32. 



LIVRE II. GHAP. VI 27 

frère Harôn entra pour l'éteindre et sauver les idoles, afin qu'elles ne brûlassent 
pas, et il y fut consumé. 

Abraham, âgé de 60 ans, emmena Tharé^ son père, Nachor, son frère, et Lot, 
fils de Harôn, et ils vinrent habiter à Harran, pendant 14 ans ; puis il quitta son 
père à Ilarran, et vint dans la terre de Chanaan. 



En l'an 5 de Tharé, commença à régner 
en Egypte le 7° roi, Arsakos*, pendant 
33 ans. 11 bâtit une ville de son nom. 

Il eut pour successeur Pharaon Sâmô- 
nos, pendant 20 ans. 

En l'an 28 de Tharé, le G'' roi, Pharaon 
Armios'^ commença à régner, en Egypte, 
à la X" dynastie, pendant 27 ans. 

En l'an 14 de cet Hermios^ l'an 36 de 
l'Assyrien Bélos, naquit Abraham d'a- 
près la chronologie d'Andronicus. 

En l'an 15 d'Abraham Armios l'Egyp- 
tien, en vint aux mains avec Bélos l'As- 
syrien : Armios fut vaincu et fut mis à 
mort. 

Il eut pour successeur, h la XP dynas- 
tie, le 10'' roi : Pharaon Phàrnados (?), 
Thébain, pendant 43 ans. 

Vient ensuite le 11*' roi, h la XIP dy- 
nastie, Pharaon Phânôs ; c'est celui qui 
ravit à Abraham sa femme Sara, et qui 
lui rendit ensuite, avec sa femme, de 
l'or, de l'argent, des troupeaux, et le 
renvoya d'Egypte. 

En l'an 98 d'Abraham, le 12" roi, 
Pharaon Hysqos' commença h régner 
en Egypte, à la XIIP dynastie, pendant 
21 ans. 



1. BH., p. 10 : iûi>aa»o4ol. Comp. les variantes orthographiques du tableau synoptique (p. 14 du 
texte). — 2. BII. ne donne le nom qu'une fois, et écrit >ûoauio^| — 3 gjj . »ûoQûaûa.)_ 



28 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE VII. — Où l'on montre, comme dans un tableau, l'accord et le dé- 
saccord des Chroniques, quant au nombre des années, jusqu'à Abraham. 

Eusèbe a commencé à Abraham à établir les canons chronologiques. C'est 
pourquoi nous devons placer ici ceux qui vont d'Adam à Abraham. 

Depuis Adam jusqu'au Déluge : 2256 ans. 

Du Déluge à la Division : 660 ans (ms. : 600) : 2916. 

Phaleg engendra Ragau, 10 ans après la Division : 2926. 

Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans : 3058 (ms. : 3018). 

Saroug [engendra] Nachor à l'âge de 130 ans : 3188 (ms. : 3102). 

Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans : 3267. 

Tharé engendra Abraham à Tâge de 70 ans ; 3337 (ms. : 3357). 

Rois de Babylone : Rois d'Egypte: 

En Tan 40 (ms. : 10) de Ragau Nem- En l'an 100 de Ragau, Pânouphis : 

rod commença à régner : 69 ans. 68 ans. 

Ensuite il n'y eut pas de roi pendant Eupropis : 46 ans (114). 



43 ans (112). 

Qombaros : 85 ans (197). 

Samîros : 72 ans (269; . 

Kisrânos : 43 ans (312). 

Arpâkîd : 18 ans (330) (ms. : 340). 

Interrègne de 7 ans (337) (ms. : 347). 

Ensuite vintBélos, chef de la royauté 
des Assyriens. 

En l'an 36de celui-ci naquit Abraham. 

\Extraii\ du /" livre d'Asaph. 

L'an 135 de Malalaël mourut Adam. 

L'an 20 de Hénoch mourut Seth. 

L'an 13 de Mathusala mourut Enos. 

L'an 61 de Lamech mourut Caïnan. 

L'an 33 de Lamech Hénoch fut enlevé. 

L'an 34 de Noé mourut Mahlalaël. 

L'an 166 de Noé mourut lared. 

L'an 600 [de Noé] mourut Mathusala. 

Asaph enseigne que Mathusala périt 
dans les eaux du Déluge avec les enfants 
de Caïnan. 

L'an 74 de Salah mourut Noé. 

L'an 156 de Salah mourut Seni. 

L'an 34 de Héber mourut Arphaxad. 



;245) 



ms. 



Sânos : 60 ans (174). 

Pharaon fils de Sânos : 35 ans (209) 

Pharaon Kârînion : 4 ans (213). 

Phararaon Aphantos : 32 ans 
(ms. : 246). 

Pharaon Orkos : 33 ans (278). 

Pharaon Samos : 20 ans (298). 

Pharaon Hirkos : 25 ans (323) 
325). 

En l'an 17 de celui-ci naquit Abraham. 

[13] [Extrait] de la Chronique d' Ezra, 
selon le comput des Hébreux et des Sy- 
riens. (A partir d'Abraham, la Pesittaest 
d'accord avec les Septante.) 

L'an 56 de Lamech mourut Adam, 

L'an 168 de Lamech mourut Seth. 

L'an 84 de Noé mourut Enos. 

L'an 179 de Noé mourut Caïnan. 

L'an 234 de Noé mourut Mahlalaël. 

L'an 266 de Noé mourut lared. 

L'an 178 de Noé [sic] Hénoch fut en- 
levé. 

L'an 595 de Noé mourut Lamech. 

L'an 600 de Noé mourut Mathusala. 
Fin. 



LIVRE II. GHAP. VII 



29 



Chronologie des Septante et d'Asapli : 

Adam engendra Sethh l'âge de 230ans. 
Seth engendra Enos à Tàge de205ans. 

Enos eng. Caïnan à l'âge de 190 ans. 

Caïnan engendra Mahlalaël à l'âge de 
170 ans (ms. : 130). 

Mahlalaël eng. lared à l'âge de 165 ans. 

En l'an 40 de lared finit le premier 
millénaire. 

lared eng. Hcnochà l'âge de 162 ans. 

Hénoch engendra Mathusala h l'âge de 
160 ans (lire : 165?). 



Fin. 

[16] En l'an 100 de Sem eut lieu le Dé- 
luge. 

D'Adam au Déluge il y eut 2256 ans. 

Sem eng. Arpliaxad h l'âge de 102 ans. 

Arphaxad engendra Caïnan à 135 ans. 

Caïnan engendra Salah à l'âge de 
139 ans (ms. : 130). 

Salah engendra Héber à Tâge de 130 an s. 

Iléber entendra Phaleg à Fâye de 
134 ans. 



Phaleg eng. Ragau à l'âge de 130 ans. 

En l'an 74 de Ragau finit le troisième 
millénaire. 

Ragau eng. Saroug à Page de 132 ans. 

Saroug eng. Nachorh l'âge de 130 ans. 

Naohor engendra Tharé à l'âge de 
79 ans. 

Tharé eng. Abraham à l'âge de 70 ans. 



DuDélugeà Abraham ily eut 1081 ans. 



Diaprés V Hébreu et la Pesitta des Syriens : 

Adam engendra Seth à l'âge de 130 ans. 

Seth engendra Enos h l'âge de 105 ans 
(ms. : P35). 

Enos engendraCaïnanàl'âge de 90 ans. 

Caïnan engendra Mahlalaël h l'âge de 
70 ans. 

Mahlalaël eng. lared à l'âge de 65 ans. 



lared eng. Hénoch à l'âge de 162 ans. 

Hénoch engendra Mathusala à l'âge de 
65 ans. 

Mathusala eng. Lamech à 187 ans. 

En Van 126 de Lamech finit le pre- 
mier millénaire. — Fin. 

En l'an 100 (ms. : 50) de Sem eut lieu 
le Déluge. 

D'Adam au Déluge il y eut 1656 ans. 

Sem eng. Arphaxad à l'âge de 102 ans. 

Arphaxad engendra Caïnan à 35 ans. 

Caïnan engendra Salah à l 'âge de 39 ans 
(ms. : 29). 

Salah engendra Héber à l'âge de 30 ans. 

Héber engendra Phaleg h l'âge de 
34 ans (ms. : 56). 

En l'an 20 de Phaleg la terre fut par- 
tagée. — Du Déluge jusqu'au partage de 
la terre il y eut 160 ans. 

Phaleg eng. Ragau à l'âge de 30 ans. 



Ragau eng. Saroug à l'âge de 32 ans. 

Saroug eng. Nachor àl'âge de [30] ans. 

Nachor engendra Tharé à l'âge de 
29 ans (ms, : 79). 

Tharé eng. Abraham h l'âge de 70 ans. 

En Van 13 d^ Abraham finit le second 
millénaire. 

Du Déluge à Abraham il y eut 331 ans. 



30 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[Selon les LXX, suite]. 

Abraham engendra Isaac à l'âge de 
100 ans. 

Isaac enofendra Jacob à 1 à^e de 60 ans. 

Jacob entendra Lévi à l'àore de 89 ans. 

Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans. 

Caath engendra Amram à l'âge de 
60 ans (ms, : 70). 

Amram engendra Moïse à l'âge de 
70 ans. 



D'Adam jusqu'à TExode, il y eut 
3842 ans. 



[Selon rhébreii; suite). 
Abraham engendra Isaac à l'âge de 
100 ans. 
Isaac entendra Jacob à l'âge de 60 ans. 
Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans. 
Lévi engendra Caath h Tâge de 46 ans. 

o o 

Caath engendra Amram h ïii^e de 
60 ans. 

Amram engendra Moïse h l'âge de 
70 ans. 

D'Abraham jusqu'à l'an 80 de Moïse, 
il y eut 505 ans. 

Du Déluge jusqu'à l'Exode, il y eut 
836 ans. 

Et d'Adam jusqu'à l'Exode, il y eut 
2492 ans. 



Il est écrit* de Gaïnan que, le premier, il inventa la magie, les augures et les 
sortilèges; et qu'il fut adoré comme Dieu. Caïnan mourut pendant qu'on bâ- 
tissait la Tour, au bout de cent quarante ans. Gomment peut-il être vrai que la 
vie de Gaïnan se prolongea jusqu'à l'an 36 d'Isaac? 

En Tan 45 de Jacob mourut Salah. 

En l'an^ 45 de Jacob mourut Héber. 

En l'an 59 d'Abraham mourut Phaleg. 

Comment peut-on admettre que la vie de Phaleg se prolongea jusqu'à l'an 48 d'A- 
braham*, puisqu'Abraham naquit 302 ans' après le renversement de la Tour? Ce 
nombre d'années est inepte. 

Compte des années *. 
En l'an 66 de Ragau mourut Salah. 

o 

En Tan 68 de Saroug mourut Héber. 

o 

En l'an 69 de Ragau mourut Phaleg, à Babel \ avec Nemrod, d'après ce que rap- 
portent le mage Zamar[d]os et l'Assyrien Qômâbaros. 
En l'an 100 de Saroug mourut Ragau. 
En l'an 21 de Tharé mourut Saroug. 



1. Ce texte paraît être la continuation de la chronologie d'Asaph (ci-dessus, p. 28). — 2. Chiffre 
donné par l'hébreu. — 3. D'après les LXX. — • \. Il est établi d'après la chronologie des Septante. 
— 5. Lire : "^v^aaa. 



LIVRE II. GFIAP. VIII 



31 



/ 



Sale 
Thare 



[17] CHAPITRE YIII. ~ Qui montre la descendance des peuples, comme dans 
un tableau '. 

Arpliaxad engendra : Caïnan. 

j'^ / Haron — Loth le Moabite. 

I \ { Isaac ; leur descendance est expli- 

Abraliam < quée dans les Livres saints. 
( ( Ismaël:dclui 12 tribus puissantes. 

Loiid : de lui Laronios ; de lui — Aram — Amraphal — ïars' aël. 
lectan [engendra] les Indiens. 
( de lui : Aram ; de lui Hamôr. — Arouk. 
( Géther : de lui ïata, de lui Ouç; (Lâzonasê*). 
[Élain^ ; de lui : les Elamites ; les Mœséniens, les Catanéens, les Gasàsou, les 

Garouméens, les Caspiens'. 
[Assour] ; de lui : les Chaldéens ; parmi eux Nabuchodonosor, son fils Mar- 
douk, et ceux qui sont écrits. 
I les Kousites A 
Saba i 



Clins ; de lui 



U bc 



De ceux-ci : Tharahq, la reine de Saba, et 
celle de Candace. 



Mesraïm 



Hévila* 
Saba ta ^ 
Regma 
Sabatacha® 

Chanaan : les Hétéens, les Jébuséens, les Sidoniens, les Aniorrhéens et les 
Gergéséens ' ; 

Lyda*; Laadini; de lui : '■•. 

Nephtouïm; Pelrousim ; Chaslouim. 
Phoiith ; de lui : les ïroglodites. 

( Askenez; de lui : les Sarmates. ^ De ceux-ci : les rois 

Gomer; de lui l Riphath;de lui : les Cappadociens. > dont les noms sont 

( Thogorma ; de lui : les Arméniens. ) dans ce livre*". 
Magog; de lui : les Celtes, les Gaulois, les Turcs et les Alains. 

Darius qui jeta le prophète Daniel dans 
la fosse; Darius Astyages; Darius. 
Javan; de lui : les Hellènes et les Ioniens. 
Thobal; de lui : les Thessaliens ''. 
Thiras^^; de lui : les Thraces et les Lydiens. 



Madai; de lui : les Mèdes. Les rois 



1. Ce tableau est incomplet et confus. Il est à comparer avec le chap. x de la Genèse. Le rap- 
procher aussi du tableau donné dans VExordium d'Eusèbe (éd. Sghœne, t. I, App., p, 47) et des 
Excerpta Barbarie fol, 4-10 [ibid., p. 180-187] — 2. Sans doute les : Alazonii du Barbarus (f. 9 a) 
qui les donne parmi les descendants de Loud. — 3. Ces noms sont distribués de telle sorte qu'il 
est difficile d'assigner leur place exacte, — 4. Je crois trouver ce nom sous l'orthographe fau- 
tive Ha*J (pour Wû*») à la ligne supérieure. — 5. Ms. : Saplita. — 6. Ms. : Saphtaclia. — 7. Le 
nom est à la ligne inférieure. — 8. Ms. : Lyra. — 9. Le ms. donne lt^», Mamré; ce qui semble 
une faute; je ne vois pas comment restituer le nom, qui est probablement déplacé. — 10. Le mot 
\^\'> « de l'arbre » (que l'arabe a lu ainsi), me paraît se rapporter à l'autre ligne et devoir être 
corrigé eu kAo « les Alains ». — 11. Ms. : Thessaloniciens. — 12. Lire : »ao;*I. 



32 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Méthodias dit ' , à propos de *Iônîtan% qu'il fut engendré par Noé après le Déluge, 
que son père lui fit un présent et l'envoya en Orient; et qu'il alla habiter là où le 
soleil se lève; il trouva le nombre des étoiles. — Fin. 

Noms des peuples qaiont V écriture parmi les descendants de Sem : Ghaldéens, 
Assyriens, c'est à-dire Syriens; Hébreux, Perses, Mèdes, Arabes. — N'ont pas 
récriture^ '.h^donisojè^, Aétoyê ''j Lydiens", Gasphinoyô', Mâsinoyê', Éthio- 
piens", Qoutanoyê'% Gamîloyê'', Arînoyê'', Bârrousoyê*% Scythes'*, Hyriqoyô'% 
Armouyê'% Garoumoyê", Parthes*\ Qaksaphoyê'% Melâgdaroyê '". 

Noms des descendants de Cham qui connaissent V écriture : Egyptiens^ Pam- 
phyliens, Phrygiens *^ — Ne connaissent pas V écriture: Kousites", Troglo- 
dites'% Aegynoye", Esbâinou", Youlinoyê**, Libyens*', Mâriotê*% Phyltoyê", 
Mâsou^*,Mouqatinou'', Mâqenous'*, Bithyniens", Nômâdê'*, Mânoyou'*, Pôpha- 
loyô'V Masîdînou", Pisidiens^^ Otâloyou'% Sârtoyê*", Magratoyê*\ Numides*'. 

Nojns des peuples descendant de Japhet qui connaissent Vécriture : Mèdes^ 
Grecs, Romains, Arméniens. — Ne connaissent pas l écriture : Cappadociens*', 
Celtes", Gaulois'% Hélinisoyê, Tâsôliqoyê, Illyriens'", Thraces", Sarmates*'* 
et d'autres inconnus. — Fin de ce [chapitre]. 



Fin du second Livre qui commence au Déluge et va jusqu'au temps d' Abraham, 
Il comprend 1081 ans^ et se compose de huit chapitres. 



1. Cette observation se rapporte au tableau précédent dans lequel le nom de lônîtan est rattaché 
à celui de Noé. — 2. 'Iwvîto? ; cf. Fabrigius, Codex pseudo-epigr. V. T'., p. 27C. 

3. La discussion des noms contenus dans ce tableau nous entraînerait hors des limites qui nous 
sont imposées dans les notes de ce travail. Nous nous bornerons à donner les noms correspondants 
des Excerpta Barbarie qui contiennent les listes se rapprochant le plus des nôtres. Une étude plus 
détaillée sera donnée dans un commentaire spécial sur divers passages de Michel qui présentent 
un intérêt particulier ou nouveau. — 4. Alazonii (Uojof^l 1). — 5. Yanlil. — 6. Lydii. — 7. Gas- 
fini. — 8. Mossini. — 9. Indii. — 10, Bactriani (Ui.Tô^a). — 11. Milii. — 12. Arriani. — 13. Ce- 
drysii (Uooo»»l.a), — 14. Scythii. — 15. Yrcanii (iuû^ow). — 16. Adamosyaii'i — 17. Armeni (9 h, 
1. 5), Germant (1. 16)? — 18. Parthi. — 19. Nudi sapientes (?). — 20. Magardi. 

21. Les listes analogues ajoutent les Phéniciens. — 22. Ethiopi. — 23. Troglodyti. — 24. Aggei. 

— 25. Isabini. — 26. Ellanii. — 27. Libyi. — 28. Marmaridiil — 29. Psylliti (Ul^a^9?). _ 30. 
Myssi. — 31. Mososini (1. 9)? — 32. Maconii. — 33. Bithynii. — 34. Nomadii. — 35. Maria/idiniÇ!). 

— 36. Pamphyli. — 37. Mososini (1. 11). — 38. Pissidii. — 39. Âutalei. — 40. Criti{1) — 41. Ma- 
gartei. — 42. Numidii. 

43. Cappadocii. — 44. Lire : MJ^M» ? — 45. Galli. — 46. lUyrici (?). — 47. Tliraci. — 48. Sar- 
mati. 



LIVRE m 



[lii] AVEC l'aide de l'Unique connu en trois personnes saintes, nous commen- 
çons LE TROISIÈME LiVRE. DaNS CE LIVRE COMMENCE LE CANON DU COMPUT DES 
ROYAUMES ET DES ROIS, DISPOSÉ PAR EusÈBE, QUI MONTRE TRÈS CLAIREMENT QUAND 
COMMENÇA CHACUN DES EMPIRES, QUAND IL A PRIS FIN, COMBIEN IL A EU DE ROIS, ET 
COMBIEN d'années CHACUN d'eUX A RÉGNÉ. 



CHAPITRE I. — Qui commence au temps d'Abraham, c est-à-dire à Van 3336 
depuis le premier hom?ne\ 

Abraham alla en Egypte à l'âge de 81 ans. Il engendra Ismaël de Hagar. Ismaël 
vécut 130 ans, jusqu'à l'an 62 de Jacob. — A cette époque* Samîram'' commença 
à régner sur les Assyriens, pendant 46 ans; et elle bâtit des tells contre le 
Déluge. Dans un autre endroit*, nous avons trouvé, à propos de ces tells, 
qu'après le Déluge, les hommes s'étant multipliés sur la terre, se laissèrent 
aller à adorer les démons qui rendaient des oracles dans les idoles, les astres du 
firmament, les oiseaux, les animaux et même les fontaines. Ils faisaient des statues 
aux morts, les plaçaient sur leurs tombeaux et les adoraient. Envoyant une telle 



[18] En l'an 45 d'Abraham ' se ter- 
mine le 40® Jubilé, d'après les Hébreux. 
— C'était l'an 3290. 

En ce temps ® commença à régner le 
premier [roi des Sicyôniens] qui fut Ae- 
gialeus ^, pendant 13 ans *. Le second qui 
régna sur les Sicyôniens fut Europos', 
pendant 45 ans. 

En Egypte commença à régner le 13® 
roi, dans la X1V« dynastie, Sysynos, 
pendant 44 ans, — Après lui régnait en 



[18] Il est temps maintenant de voir 
comment, ainsique l'atteste le Livre saint. 
Dieu était honoré par le mystère du sa- 
cerdoce légal, et comment celui-ci se 
perpétuait, en offrant des oblations et 
des sacrifices qui étaient acceptés en 
odeur de suavité par le Seigneur. 

Ce symbole du sacrifice cessa dans la 
génération suivante, parce que l'erreur se 
multiplia de nouveau parmi les hommes : 
ils n'adoraient plus le Seigneur, mais les 



1. Pour les raisons exposées dans l'Introduction, les tableaux chronologiques, placés au bas des 
pages du texte, seront transcrits et réunis ensemble à la fin du Livre VI. — 2. Les mots |Lûjo^» U^i» 
qui suivent formaient la fin du titre de la colonne de droite, sans doute intitulée : Chronique sa- 
cerdotale. — 3. E. a. 11. — 3, S£[jLipa(xtç. — 4. Litt. : « dans un autre temps )>. 

5. Cf. H. a. 50. — 6. H. a. 1. — 7. AlytaXeiiç. — 8. E : 52 ans. — 9. Eû'po>î/ç. 

I. 5 



34 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



impiété, Dieu commanda une grande tempête qui réunit toutes les images des 
cultes démoniaques et pervers, et les ensevelit sous la poussière. Il y avait de 
nombreux tells, et beaucoup de villages ainsi que leurs habitants furent ense- 
velis sous ces tells avec les démons qu'ils adoraient; ils y sont maintenant en- 
fermés, et parfois ils apparaissent sur ces tells, à ceux qui, dans leur aberration, 
ont recours à eux. 

Cependant, Samîram devint la femme de Ninus, roi des Assyriens ; elle érigea 
des tells, de manière à fournir aux hommes des refuges contre les eaux du Dé- 
luge. 

Abraham, âgé de 99 ans, circoncit la chair de son prépuce ; et en l'an 100 
d'Abraham [19] naquit Isaac, selon la promesse qui lui en avait été faite par 
Dieu. — Les 430 années de la Servitude en Egypte, ainsi que l'écrit Paul*, se 
comptent à partir de l'an 75 d'Abraham, année en laquelle il quitta la maison de 
son père, comme il en avait reçu Tordre de Dieu. 

En l'an 115 d'Abraham, il fît monter Isaac, son fils, sur l'autel ; les uns disent 
qu'Isaac avait 17 ans, d'autres qu'il en avait 30; la plupart des chroniqueurs 



Egypte le 14'^ roi, dans la XV® dynastie: 
Taracos, pendant 44 ans. 

En l'an 71 d'Abraham eutlieula guerre 
du roi Kodorlaghonior avec les rois du 
pays de Sodonie, qu'il asservit pendant 
14 ans*, jusqu'à ce qu'Abraham se fixât 
dans le pays de Chanaan, la 10*= année 
[de la Promesse]. — A cette époque^ Hé- 
bron fut fondée^ par les Chananéens. 

Parmi les enfants de Nachor, frère 
d'Abraham, naquit Aram, aussi appelé 
KamouëP, duquel descendent les Ara- 
méens de Mésopotamie, d'après ce que 
dit Jacques [19] d'Édesse. Il dit du pre- 
mier Aram, qui était un des fds de Sem : 
« 11 habita en Orient et de lui descendent 
les Elamites et les Assyriens. » Par là il 
veut démontrer que la langue [ara- 



démons impurs. — Il semble que la suc- 
cession sainte du sacerdoce, donné par 
Dieu, fut cependant conservée dans le 
juste Job, qui brillait parmi les descen- 
dants de Jectan. [L'Ecriture] atteste 
qu'il n'y avait personne de juste comme 
lui dans sa génération*. En butte à l'en- 
vie, il fut éprouvé et remporta la victoire. 
Il fut digne d'offrir des sacrifices à Dieu; 
il offrit, en effet, des oblations avant son 
combat et après son triomphe. 

Le Livre saint parle de Melchisédek. 
Quand Abraham revint de combattre les 
rois, ramenant avec lui ses serviteurs et 
le juste Loth, « il sortit à sa rencontre et 
le bénit », dit l'ÉcritureS; [19] car ce roi 
de Salem était prêtre du Dieu très-haut, 
et il le bénit en disant : « Béni soit Abra- 



■1. Gai., m, 17. 

2. Gen., xrv : 12 ans. — 3. Lire ; ûv^isLI, 

5. Job, i, 8. — 6. Gen., xrv, 18 et suiv. 



— 4. Restituer : ^*Iûaa3 ojw; Gen., xxir, 21. 



LIVRE III. GHAP. II 



35 



s'accordent sur le nombre de 15 ; et cela est exact, 
jusqu'à Tan 15 de Jacob. 



Abraham vécut 175 ans, 



CHAPITRE II. — En l'an 19d'Isaac, Abraham eut une vision ; et des enfants 
naquirent à son frère Nachor. 

En l'an 134 d'Abraham, 34 d'Isaac, mourut Sara, à l'âge de 127 ans. Abraham 
prit [pour femme] Céthura, étant âgé de 142 ans. 

Isaac, à l'âge de 38 ans, pritRebecca. En l'an 60 d'Isaac, Rebecca alla trouver 
Melchisédec pour interroger le Seigneur sur son sein. Il lui dit : « Il y a deux 
peuples dans tes entrailles ; un peuple sera plus grand que l'autre peuple. » 

Annianus dit qu'Isaac, à l'âge de 60 ans (d'autres disent 100 ans), engendra 
Esaii, qui est Edom, de qui descendent les Edomites, et Jacob, de qui viennent 
les Israélites. 

Abraham mourut en l'an 76 d'Isaac, 15 de Jacob. — Isaac vécut 180 ans, 
jusqu'à l'an 31 de Lévi. 

Abimélec fut l'ami de la famille d'Isaac. C'est le même qui, en l'an 100 
d'Abraham, s'était rencontré avec lui. L'Ecriture l'appelle roi de Gadar', du 



méenne] est antérieure à celle des Hé- 
breux. Or [lacune] 

Zameios * régnait sur les Assyriens 
du temps d'Abraham*. 

Le premier roi commença à régner 
sur les Cretois : Crès*, indigène, qui est 
Crétos^fils d'Aphra, duquel la Crète 
tire son nom. 11 était un des Curetés" 
qui, d'après ce qu'ils disent, avaient 
caché et nourri [Zeus] qui était sur le 
point d'être tué par son père Chronos '. 

En la première année de la Promesse 
eut lieu la grande famine. Abraham des- 
cendit en Egypte^; et Isniaël naquit de 
Hagar". — Isaac, lenfant delaPromesse, 
naquit lorsque Abraham était âgé de 
100 ans^ en l'an 25 de la Promesse*". 

Auparavant Dieu le Verbe était ap- 



ham par le Dieu qui possède le ciel et la 
terre. » Et comme le Livre saint dit seu- 
lement ces paroles à propos de lui, sans 
faire connaître ses pères, ni de quelle 
race il était, on comprend qu'il n'était 
pas de la famille d'Abraham, dont l'Écri- 
ture prend soin de faire connaître la 
généalogie. C'est pourquoi on n'indique 
ni sa naissance, ni la fin de sa vie. On 
sait seulement qu'il habitait le pays de 
Sichem, où étaient les Amorrhéens, fils 
de Chanaan; et de là, on pense qu'il 
était un d'entre eux, car il était roi de sa 
ville. A cause de sa justice et parce qu'il 
était rempli de crainte de Dieu et de foi, 
il avait été fait prêtre par le Dieu très- 
haut; il servait le Seigneur et le pro- 
clamait créateur et maître du ciel et de 



1. Vulg. Gerara; Gen,, xx. 

2. Zâ\uz. — 3. H, a. 53. — 4. Kpri;. — 5. KpYjtoç; lire : •a»û^;o. — 6. bIc, twv KoupyjTwv. — 7. H. a, 
58; cf. a. 130. Lire : J^ûjo.'o. — 8. E. a. 75. — 9. E. a. 88. — 10. Ms. : l'an 35. 



36 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



nom de sa ville, et ici roi des Palestiniens*, à cause du peuple nombreux sur 
lequel il régnait. 

Lorsque Jacob était [20] * [âgé de 82 ans, il engendra Lévi. Il vécut en tout 
147 ans. Il était âgé de 77 ans quand Isaac le bénit et l'envoya à Harran. Il re- 
vint vers son père Isaac, en Tan 10 de Lévi. En l'an 3 de Lévi naquit Joseph. 
En l'an 20 de Lévi, Joseph, âgé de 17 ans, fut vendu; il fut esclave pendant 
dix ans et prisonnier pendant trois ans, il devint ministre de Pharaon [à l'âge 
de^] trente ans; il gouverna l'Egypte pendant 80 ans et mourut à l'âge de 110 ans. 

Après la mort d'Isaac les enfants d'Esaû prirent à leur solde Moab, Ammon 
et Aram et ils vinrent attaquer Jacob et ses enfants à Hébron. Jacob prévalut. 
Il frappa Ésaû d'un trait et le tua. Les enfants d'Esaû succombèrent en pré- 
sence des enfants de Jacob, et leurs auxiliaires s'enfuirent. — Jacob descendit 
en Egypte à l'âge de 130 ans, la seconde année de la famine. 



paru à Abraham. Il lui était apparu sous 
une forme humaine comme il devait se 
montrer plus tard aux hommes par l'In- 
carnation. Abraham, par sa prophétie, 
manifestait d'avance la vocation des Gen- 
tils. Cela avait lieu en l'an 30 de la Pro- 
messe*. 

L'an 40 de la Promesse était l'année 
3300 depuis Adam 5. 

[20] [lacuney 

[21] En effet', la fille d'Inachus qui, le 
premier, régna sur les Thébains et les 
Argiens, était lo, dont les Egyptiens 
changèrent le nom, et qu'ils appelèrent 
Isîs. Le Bosphore tire son nom de lo. 

De son temps^. Apis, que quelques-uns 
appellent Sérapis. fut le premier invo- 
qué comme dieu en Egypte. 



la terre. C'est pourquoi, bien que ceux 
de sa tribu, au milieu desquels il habitait, 
fussent, comme tous les autres peuples, 
dans l'erreur de l'idolâtrie, Melchisédek 
cependant [servait le vrai Dieu] . 

[20] . . . [lacune] 

[21] Après Jacob, surnommé Israël, 
qui fut ainsi appelé dans sa consécration 
même^ nous trouvons que toutes les géné- 
rations des enfants d'Israël qui étaient 
en Egypte dans la servitude, furent pri- 
vées de sacrifices et d'oblations; car il 
n'est pas écrit' que l'un d'eux offrit un 
sacrifice h Dieu. Il me semble qu'ils 
furent privés de la figure des saints 
mystères parce qu'ils étaient établis en 
Egypte, ce qui signifie « péché », qu'ils 
étaient éloignés de la terre promise 



1. Gen., XXVI. — 2. La lacune de la page 20 peut être en partie suppléée par le texte de B^r- 
Hébréus que nous traduisons ici. Elle existe également dans la version arabe. — 3. Le texte édité 
par Bedjan doit être corrigé ainsi d'après le contexte. 

4. Cf. H. a. 101. Le chiffre 30 est inadmissible. — 5. Chiffre erroné. — 6. La lacune, qui s'étend 
sur toute la page 20, devait comprendre quelques notices, parmi lesquelles figuraient sans doute 
celles que Bar-Hébréus a conservées (v. p. 37, 1. 3-6), et aussi les canons chronologiques des années 
115-238. — 7. H. a. 161. — 8. H. a. 180. 

9. Corriger ; ^a»^^ H. ... 



LIVRE III. CHAP. II 



37 



Lévi, âgé de 47 ans, engendra Gaath. II vécut en tout 137 ans. — De son temps 
survint le déluge qui eut lieu aux jours d'Ogygès *. — Tandis que Balaios ^ ré- 
gnait sur r Assyrie, la ville de Memphis fut bâtie en Egypte^ Le 4*^ roi 

pasteur, Apophos, commença à régner en Egypte pendant 14 ans. C'est lui qui 
eut des songes, et conféra l'autorité à Joseph. 

Caath, âgé de 60 ans, engendra Amram. Il vécut en tout 133 ans. 

Amram engendra* Moïse à l'âge de 77 ans, en l'an 350 de la Promesse]", 

[22] Amram mourut en l'an 67* de Moïse, 13 ans avant la sortie d'Egypte. 



A cette époque ' régnait la XVIP dy- 
nastie *, dans laquelle régnèrent les rois 
appelés Pasteurs, pendant 103 ans. On 
pense qu'ils furent appelés rois Pasteurs 
à cause de Joseph et de ses frères, parce 
que les premiers sont placés à l'époque 
où les frères de Joseph descendirent en 
Egypte; dans d'autres manuscrits nous 
avons trouvé que les Pasteurs qui ré_ 
gnaient étaient des Phéniciens. Josèphe 
en parle ainsi^ d'après les histoires de 
Zamaris et de Manéthon. 

lo, fdle d'Inachus,, étant venue à 
Pharos, île du-^ ort [a-Al e xtv sdyi^, fut 
appelée Isis Pharia. 

En ce temps-là furent fondées les 
grandes villes d'Argos et deSicyôn'", 
dans le Péloponèse. 

Année 174 de la Promesse*'. — La 
vierge Athéna était célèbre, près du lac 
Triton ; les Grecs l'appellent Minerve **. 

x\nnée 180 de la Promesse ". — Le roi 
Ragâgos ** florissait dans l'Attique. 

Année 190 de la Promesse **. — Jo- 
seph fut vendu par ses frères **. Joseph 



qui figure le Paradis, et qu'ils étaient 
soumis h la servitude qui était l'image 
de la servitude volontaire des enfants de 
Dieu h légard des démons. C'est à bon 
droit que cette figure cessa chez eux 
pendant tout le temps où ils travaillaient 
la boue et les briques. Et par là on voit 
que les enfants delà Promesse eux-mêmes 
ne pouvaient point toucher les saints 
mystères tant qu'ils servaient Pharaon, 
image du diable, et qu'ils étaient privés 
par lui et par ses soldats^ symboles des 
démons, des mystères du sacerdoce 
qui symbolise la vie éternelle, nou- 
velle, immuable, divine, pleine de la 
sainte béatitude. Ainsi toute la nature 
humaine avait reçu du créateur de 
l'univers la promesse d'une vie" bien- 
heureuse; l'homme déchut volontaire- 
ment de cette promesse pleine de vie, 
et, dès lors, il ne posséda plus la liberté 
d'offrir [22] des sacrifices ni de manier 
la béatitude du sacerdoce. Si quelqu'un 
réfléchit, il comprendra, en examinant 
consciencieusement, que puisque lA- 



1. Cf. H. ad a. 260. — 2. BaT^aiô;, H. a. 254. — 3. H. a. 285. — 4. E. a. 425. — 5, Ici finit la 
citation empruntée à Bar-Hébréus, Chron. syr., p. 12-13. — 6. Ms. : 60. 

7, H. a. 191. — 8. Ms.: xiv« (^ pour ^*). — 9. Cf. Confra Ap., I, v. — 10. Lire : .Uq^. — 11. E. 
a. 249. — 12. H. a. 236. — 13. E.a. 255. — 14. 'Ûruyoc; H. a. 236. — 15. E. a. 265. — 16. H. a. 268. 

17. Lire : ^lli»3 (?j. 



38 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Amram vécut 137 ans. — Joseph vécut 110 ans. En l'an 6 d'Amram, 286 de 
la Promesse % mourut Joseph. Après sa mort les Hébreux furent asservis de la 
manière extrême qui est écrite*. — En Tan 57 d'Amram, il engendra Mariam; 
en l'an 68, il engendra Aaron. A cette époque commença à régner Aménophtès% 
pendant 43 ans. Celui-ci commença à faire noyer les enfants des Hébreux dans 
le Nil. 

Moïse naquit en l'an 70 d'Amram, 350 de la Promesse. Moïse vécut 120 ans. 



reçut l'autorité en la première année de 
la famine. 

Jacob mourut en l'an 232 de la Pro- 
messe*. 

Année 110 de Joseph en laquelle il 
mourut^. 

Année 290 delà Promesse®. 

Du temps [d'Aménophis] vivait le sage 
Prométhée qui faisait passer les hommes 
de la stupidité à la science. On disait 
qu'il les formait \ 

En l'an 12 d'Amram, Maphros * com- 
mença h régner en Egypte pendant 
12 ans; et après lui Mipharmunis " pen- 
dant 24 ans. 

[22] En l'an 50 d Amram commença 
à régner en Egypte Tymochamou" pen- 
dant 18 ans. 

En l'an 4 de la Servitude, commença 
à régner en Egypte Mispharmuthosis^ 
pendant 23 ans *'. — En l'an 17 ** com- 
mença à régner [sur les Assyriens] Man- 
chaleus, pendant 30 ans. 

A cette époque " florissait dansl'astro- 
logie "Atlas, frère de Prométhée ;à cause 
de sa connaissance des astres ou disait 
qu'il portait le ciel. 



gneau devait être figuré par les agneaux 
et puisque le temps de l'image était ar- 
rivé, il était convenable que l'Egypte 
fournît la première figure ; car le Christ, 
le véritable Agneau, descendit figurati- 
vement en Egypte, c'est-à-dire dans le 
kèôl, où régnait, comme on le sait, toute 
la puissance de Pharaon, son ennemi. Il 
convenait donc que chez les enfants de 
l'ancien Israël établis en Egypte les sa- 
crifices cessassent jusqu'au moment de 
leur sortie. C'est pourquoi, pendant tout 
le temps qu'ils habitèrent l'Egypte, pla- 
cés sous la tyrannie de Pharaon, dans 
une servitude cruelle, il ne fut permis à 
aucun d'entre eux d'offrir des sacrifices 
à Dieu. 

A cette époque, le dérèglement et 
l'impiété se multiplièrent parmi les 
hommes, parce qu'ils étaient privés du 
sacerdoce par lequel se fait [23] la com- 
munication sainte de Dieu avec les 
hommes. Comme les autres nations, les 
Hébreux eux-mêmes, qui avaient été ap- 
pelés un peuple saint dans la promesse de 
Dieu à Abraham, furent privés du minis- 
tère sacerdotal. Les nations sacrifiaient 



1. Ms. : 86. — 2. Lire : ....oo*^a, \^\^\ |.)p. — 3. Ms. : Aménophnâtis, 

4. Ms. : 120. — 5. E. a. 361. — 6. E. a. 365. — 7. H. a. 332. — 8. Mccppvi;. — 9. MKjcppay[xoij6w(7t;. 
10. Corruption de Tou0îJiw<7tç(?). — 11. Répétition, à ce qu'il semble. — 12. E. a. 379. — 13. H. a. 381 ; 
Ariri. a. 378. — 14. Littéralement : « dans le chaldaïsme. » 



LIVRE III. CHAP. Il 



39 



Moïse ayant été jeté dans le fleuve, la fille du roi Aménophtès, qui s'appelait 
Thermothisa, c'est-à-dire Ragusa, et que les Hébreux appellent Maria (celle que 
Kanphara, roi de Memphis, prit parmi ses femmes) le trouva, le tira des 
eaux, et le fit élever comme son fils. Cette Mârî mourut et fut ensevelie en 
Egypte. La ville de Myra, qu'on appelle Mârû, fut appelée de son nom. — Quand 
Moïse eut atteint l'âge de dix ans, Jannès et Jambrès lui enseignèrent les 
sciences, comme le montre Artémônios*. 

Depuis l'entrée en Egypte jusqu'à l'Exode il y a 215 ans. 

En l'an 22 de Moïse, le roi Aménophtès commença à opprimer les Hébreux 
en leur faisant fabriquer des briques et bâtir des villes. 

En l'an 28 de Moïse, il bâtit Hermopolis, et fit la guerre avec les Kousites; il 
s'empara de Ragusa, fille dd roi Zôros, et la prit parmi ses femmes ^ 



A cette époque ' vivait Syros*, natif 
du pays qui fut appelé de son nom Sy- 
rie, ainsi que son frère Cilicos, de qui 
la Cilicie tire son nom. 

Le peuple éthiopien abandonna le 
fleuve Indus pour venir habiter près de 
l'Egypte \ 

Mamitos*^, 15^ roi des Assyriens, com- 
mença à réffner en la l*"® année de la 

o 

naissance de Moïse, pendant 30 ans ; 
d'apr es Andronicus, ce fut en la 73^ année 
de Moïse. 

En l'an 4 ^ de Moïse, Oros *, le 24^ roi, 
commença à régner en Egypte, pendant 
38 ans. Andronicus dit qu'avant lui, un 
certain Phosinos régna en Egypte ". 
Si cela est vrai, c'est lui qui opprima les 
Hébreux dans le travail de la boue et des 



aux démons rebelles, comme iles t écrit '° : 
« En ce temps-là, Cécropos surnommé 
Diophyes sacrifia le premier un bœuf. » 
Par une telle aberration, tout le genre 
humain était entraîné en bas et en était 
arrivé à peu près à la perversité d'avant 
le Déluge. Dieu permit tout cela pour 
montrer la puissance de la liberté rendue 
aux hommes et de quelle ignoble aber- 
ration ils furent délivrés pour être con- 
duits à la lumière de la science divine, 
grâce à la révélation du sacrifice saint 
de l'Agneau rédempteur, par la bonté 
du Seigneur, qui en tout temps et à tous 
moments a voulu la vie, le salut de tous. 
Il a voulu renouveler ses dons divins à 
l'égard de la nature humaine pervertie 
de beaucoup de manières. Il se proposa 



1. BH. p. 13, ajoute : « dans sa lettre ». Cet auteur est appelé 'ApTocêavoç dans le Chron. pasc. (I, 
117). — 2. Le texte est obscur. D'après le contexte de notre auteur, c'est Moïse qui bàtil Hermo- 
polis ; d'après BH., c'est le roi Aménoplus. — Lire i^o^ol i.»=> d'après BH. Comp. aussi la version 
arménienne, ici amplifiée (Langlois, p. 44). 

3. E. a. 400. — 4. SSpo;. — 5. H. a. 404 ; Arm. a. 405. — 6. Mâjiyloç; E. a. 429. — 7. H. a. 431 ; 
Arm. 432. — 8. "ûpo;. — 9. L'arabe ajoute : « pendant 40 ans ». 

10. Cf. Eus. ad aun. 460. 



40 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE V DU LIVRE III. — En l'an 37 de Moïse, naqiiit Josiié, fils de 
Noun. Moïse devint fort et bâtit Hermopolis. Il engagea la guerre avec les Ethio- 
piens et les vainquit pendant dix ans. Kanphara, le mari de cette Mârîs qui l'avait 
élevé, commença à lui tendre des embûches. [23] Il voulait' tuer Moïse, parce 
qu'il était jaloux de sa victoire. Mais il craignait sa femme, Mârîs, et tant 
qu'elle vécut, il n'exécuta pas son dessein ; mais quand elle fut morte, il chercha 
à le tuer. Moïse, s'en étant aperçu, tua Kânoutis qui avait été envoyé par Kan- 
phara pour le mettre à mort. C'est pourquoi Moïse s'enfuit de l'Egypte et s'en 
alla en Arabie, vers Raguël le Madianite. 

D'Abraham et de Céthura naquit Jecsan, de Jecsan naquit Dadan, de Dadan 
naquit Raguël, de Raguël naquirent Jétrôn et Jôbab, de Jétrôn naquit Çéphora, 
que Moïse prit pour femme, étant âgé de 40 ans. 

En ce temps-là^ eut lieu le troisième déluge, du temps de Deucalion,enThessa- 
lie'; il y eut aussi un incendie, du temps de Phaéton', dans le pays de Kous. 



briques, qui résista à Moïse et h Aaron, 
et qui fut suffoqué [23j dans la mer. II 
est eu effet écrit '" : « En l'an 41 deMoïse 
commença à régner Phosinos®. » 

Quelques-uns disent que du temps de 
l'éducation de Moïse, vivait ce Pronié- 
théc', qui, riche en sagesse, instruisait 
les hommes et les faisait passer de la 
stupidité à la sagesse. On disait même 
de lui, par manière de plaisanterie, qu'il 
formait des hommes. 

A cette époque, Isidorus peignit des 
lettres pour servir à la science ; Euno- 
mios inventa les signes ^ ; Ménandre in- 
venta aussi la comédie ; Ghiron et Escu- 
lape, la médecine. — Quelques-uns disent 
que ce Cécropus qui régna le premier 
dans l'Attique vivait du temps de ceux- 
ci; d'autres qu'il est plus ancien de GO 
ans. 



de former de nouveau une créature nou- 
velle, beaucoup plus élevée et plus ad- 
mirable que la première, et il en déter- 
mina soigneusement d'avance une ligure" 
parfaite et admirable. 

Quand le temps fut venu de dévoiler la 
figure de la promesse véridique et divine 
donnée auparavant aux hommes par l'in- 
termédiaire du père fameux, Abraham, 
Moïse naquit et grandit dans l'Egypte [24] 
qui est surnommée « péché ». La grâce 
fut avec lui depuis le moment de sa nais- 
sance, et, comme il est dit, d'une ma- 
nière insondable, qui le préparait par 
l'opération divine supérieure à toute 
chose, au mystère symbolique. 

C'est pourquoi, après les justes qui, 
jusqu'au temps d'Abraham, avaient été 
dignes de participer aux mystères des 
oblations et des sacrifices. Moïse reçut 



1. Lire : k^a (au lieu de U=). — 2. H. a. 495; Arm. 477. — 3. Lire : Pvi»|ûo. — 4. Ms. : Pha- 
raton. 

5. Chez Andronicus. — 6, Corrigez: laoaiaoûS. — 7. Répétition; cf. H. a. 332 et 431. — 8. -Sic : U-»).^ 
= (7r)[Xïîa ; peut-être faut-il corriger |_i>ol^!o, les couleurs, pigmenta? 

9. Lire : W^a^, 



LIVRE III. GHAP. VI 



41 



Moïse était âgé de 45 ans quand lui naquirent deux fils : Gerson et Eliézer. 
— A cette époque naquit Kaleb^ fils de Jephoné. 

Quatre ans après la fuite de Moïse de l'Egypte, Chenchérès i commença à 
régner sur l'Egypte pendant 12 ans. 

A cette époque eut lieu le grand et fameux combat des Ghaldéens avec les 
Phéniciens *. 

CHAPITRE VI. — Moïse était parvenu à Page de 78 ans quand Dieu lui parla 
dans le mont Sinaï'. 

A cette époque Phosinos * régnait sur l'Egypte. Il lui naquit un fils qu'il ap- 
pela Ramsès. C'est de lui que tire son nom la ville de Ramsès qui fut bâtie 



A cette époque^, Xanthis bâtit Tinope 
de Lesbos% et Trochilos ^ attela le pre- 
mier char. 

Quand Cécropus commença à régner 
dans l'Attique, Moïse était âgé de 35 ans^ 
— Du temps de ce Cécropus auraient eu 
lieu les choses prodigieuses que ra- 
content les Grecs. Eusèbe dit cela ^. Mais 
Andronicus dit que Cécropus commença 
h régner la 1''° année d'Othoniel. Zeus 
fut proclamé [dieu] par Cécropus, et le 
pays fut appelé de son nom Cécropia *". 
De son temps apparut l'olivier dans la 
Cécropia. Il bâtit Athènes qu'il appela, 
du nom de sa femme, Athéna. Il fut sur- 
nommé chjphiies^\ c'est-à-dire double 
ffcrme, à cause de sa grande force et 
parce qu'il savait deux langues, celle 
des Egyptiens et celle des Grecs. 



de Dieu [l'honneur] d'être le ministre du 
commencement du mystère et du sym- 
bole divin. — En l'an 3841, il offrit un 
sacrifice symbolique au milieu même de 
l'Egypte, dont le nom signifie péché et 
qui est la figure du «éo/ vorace. Par là, 
il montra à ceux qui pouvaient com- 
prendre, que l'Agneau véritable et divin 
devait être immolé au milieu des pé- 
cheurs, sous l'oppression du péché, des- 
cendre au sèôl vorace et, par sa mort, 
procurer le salut à tous ceux qui croient. 
De même que le commencement du 
sacrifice de PAgheau symbolique qui eut 
lieu au milieu de l'Egypte, continua chez 
eux, dans le [2o] désert et qu'ils en jouis- 
saient dans la terre promise ; de même 
aussi, tous les peuples rachetés par le 
sang de l'Agneau vivant, le ChristDieu, 



1. 'A'/ev/lpcrriç ("• '^^^) ^^ Xevxspvi; ('i- 4^0)? Les noms propres et l'ordre de succession des 
rois égyptiens sont tellement confus dans ce Livre III qu'il semble téméraire de chercher à les 
restituer. Ils sont en désaccord avec les canons chronologiques, qui suivent Eusèbe, Nous nous 
bornons à transcrire aussi littéralement que possible. — Ici notre ms. donne la lecture Kanharis, 
pour Kenkres. — 2. H. a. 478; Arni. a. 481. — 3. Ex. : nr; E. a 505. — 4. Ms. : PSNVS, et plus 
bas, p. 42, 1, 2 : apsnvs; 1. 9 : PVSINVS ; BH., Koacnnctâ, M''o'j(jsvvrj; (Eus., I, 146). 

5. H. a. 451. — 6. .ûaûaj:^. (?). — 7. H. a. 449; rest. : .i»û\.3o;t.— 8. H. a. 460. — 9.Arm. a. 461. 
10, H. a. 468; Arm. a. 461. — 11. ô 8(çyr,ç. 

1. 6 



42 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[alors], et pour la construction de laquelle il opprima beaucoup les Hébreux. 
Ce Phosinos était surnommé Aegyptus et, de son nom, on appela Egypte tout 
le pays qui se nommait [24] auparavant Aeria'. 

En l'an 430 de la Promesse, qui fut l'an 80 de Moïse, celui-ci reçut de Dieu, 
avec qui il avait été digne de converser, l'ordre de faire sortir le peuple hébreu 
de l'Egypte. — Les Hébreux passèrent au milieu de la mer_, et Phosinos, roi 
d'Egypte, fut submergé avec toute son armée dans la mer Rouge. — Eusèbe 
écrit que le Pharaon qui fut submergé s'appelait Chenchrès, et que ce ne fut 
pas Phosinos surnommé Aegyptus; mais tous les chroniqueurs disent que ce 
Phosinos, surnommé Aegyptus, fut submergé. Après qu'il eut été noyé avec toute 
son armée, les Égyptiens qui ne les avait point accompagnés à la poursuite des 
Hébreux, en voyant ce qui était arrivé, firent une idole de chaque objet qu'ils 



Aménophtés*érigeaMemnon, la pierre 
qui parle, [24] que Canibise, roi des 
Perses, mit en pièces, parce qu'il pensait 
qu'il y avait en elle quelque artifice ma- 
gique. 

Libon, le premier, régna sur les Thes- 
saliens ^ ; dans des manuscrits il est sur- 
nommé Ammon *. 

A cette époque fut bâti le temple 
d''Apollon% et institué le tribunal appelé 
Aréopage *. 

La ville de Corinthe fut bâtie ■ ; elle 
s'appelait auparavant Ephyra *. 

Hercule surnommé Disandas » floris- 
sait en Phénicie ; et jusqu'à présent il est 
ainsi appelé par les Cappadocienset les 
Eliens". 

La viffne fut découverte par Dionv- 
sios", mais non pas celui qui était fils de 
Sémélai**. 



se réjouissent de ce premier sacrifice, 
non pas dans la crainte, comme au mo- 
ment de la crucifixion, mais en liberté, 
comme dans le désert; et ensuite, ils 
s'en réjouiront insatiablement dans la 
terre promise de la béatitude céleste. 

En l'an 81 de Moïse, Aaron fut établi 
comme premier prêtre du peuple d'Is- 
raël. 

D'Adam jusqu'à Aaron, le premier 
prêtre du peuple, il y a 3[843J ans. 

Moïse conduisait le peuple ; il fut 
digne de converser avec Dieu; il reçut 
les tables de pierre écrites par le doigt 
de Dieu; il apprit et enseigna aussi les 
lois, les préceptes et les jugements di- 
vins; il fit connaître le rite des sacrifices 
et les règles des oblations symboliques et 
figuratives. 11 enseigna aussi les lettres 
et l'écriture au peuple, de qui les Phé- 



1. H. a. 537; Arm. 534. 

2. Cf. H. a. 400 ; Arm. a. 401. — 3. Lire : P>-^|L. — 4. Cf. H. a. 439 , Arm. a. 436. - 
H. a. 509; Arm. 500. — 6. H. a. 509; Arm. 506. — 7. H. a. 503; Arm. a. 495. — 
9. AtcavôSç. — 10. H. a. 509. — 11. Rest. .ooa.^aix.,. — 12, H. a. 510 ; Arm. 508. 



5. A Délos; 

8. 'Eç'jpa. ^ 



LIVRE III. CHAP. VI 



43 



avaient entre les mains au moment de la catastrophe, et l'adorèrent comme si 
c'était elle qui les avait empêchés de périr avec Pharaon. 

Les années delà Servitude se comptent depuis le temps où Dieu dit à Abraham': 
« Sache bien que tes descendants habiteront et demeureront dans une terre qui 
nest pas la leur » ; car c'est lui et sa race qui furent transportés. Paul atteste 
cela en disant^ : « Le Testament a été antérieurement confirmé dans le Christ; 
et la Loi qui fut donnée après quatre cent trente ans, n'a pas annulé la Pro- 
messe. » Cette promesse fut faite à Abraham lorsqu^il quitta Harran et que le Sei- 
gneur lui dit' : « Les nations seront bénies en ta race ». — D'autres disent que 
les quatre cent trente ans commencent au moment où Abraham offrit un taureau, 
une chèvre, un bélier et une tourterelle* [2o], c'est-à-dire en l'an 85 d'Abraham ; 
après quoi naquit Ismacl. Ceux qui disent cela ne comptent point les années 
deLévi, ni de ses enfants, parce qu'elles ne sont pas mentionnées dans l'Ecriture. 



A cette époque, des plaies fondaient 
sur les Egyptiens ''. 
Au bout de sept mois le tabernacle fut 
falîriqué dans le désert ''. 

En Egypte, après celui qui fut noyé, 
réffna Acherres^ 

En la 6*^ année après TExode, Cranaus** 
commença à régner sur les Athéniens, 
pendant 9 ans. Du nom de sa fille Atthis " 
le pays fut appelé Attique. — En ce 
temps-là '", Aptéras '^commença à régner 
sur la Crète, et bâtit une ville. 

En l'an 15 de l'Exode'^, Amphictyon, 
fils de Deucalion'', commença à régner 
sur les Athéniens. A cette époque '*, Dio- 
nysios, fils de Deucalion, vint en Attique, 
fut l'hôte de Sémachus '" et fit cadeau à sa 
fille d'une peau de biche. Ceci d'après 
Eusèbe. Andronicus place ces choses du 
temps de Ahod. 



niciens les ont empruntées; de chez les 
Phéniciens, Cadmus apporta ces lettres 
aux Grecs, c'est-à-dire à la ville de Yavan, 

Aaron fut donc établi dans les fonc- 
tions de grand-prêtre du peuple, et il 
offrit des sacrifices et des oblations pen- 
dant 38 ans sous la préfecture [26], 
c'est-à-dire sous la direction de Moïse, 
qui se compte à partir de la sortie du 
peuple de l'Egypte. 

Jusqu'ici le Pentateuque de Moïse ra- 
conte les événements qui se sont passés 
pendant l'espace de 3000 ans, selon les 
Septante. 

• Ici finit la Chronique de Moïse, le pro- 
phète élu. 

Or,Eléazar, [troisième] fils du grand- 
prêtre Aarou, reçut le souverain pontifi- 
cat du peuple par un décret d'en-haut et 
par les jugements secrets et inaccessi- 



1. Gen., XV, 13. — 2. Gai., itr, 17. — 3, Gen,, xn, 3. — 4. Gen., xv, 9. 

5. Cf. H. ad a. 498. — 6. Arm. a. 506. — 7. 'A-^eppr,?; E, a. 506. — 8. Rpavaéc; E. a. 511. — 
9. 'AxQt;. — 10. H. a. 518; Arm. 513. — 11. 'AnTÉpaç. — 12. E.a. 520. — 13. 'Aii.<pixT-jwv uio; AsuxaXwovo;. 
Lire : ^aiiioi ; de même ligne suiv. — 14. E. a, 520. — 15. Sr,[i.a-/oç. 



44 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE VII DU LIVRE III. —D'Adam jusqu'à Tannée 80 de Moïse, en la- 
quelle le peuple sortit d'Egypte, le total est de 3842 ans; et depuis l'Exode 
jusqu'à la construction du Temple bâti par Salomon, de 610 ans. 

En l'an 80 de Moïse, il combattit les Amalécites, et la même année, au troi- 
sième mois, il monta sur la montagne et reçut les lois et les préceptes pour 
Israël, 

Le Juif ApoUonios* écrit que Moïse apprit aux Juifs à écrire; d'après cela, 
on pense que leur écriture et leur langue sont moins vieilles que l'araméen. 

En la 82* année de sa vie, Moïse érigea le Tabernacle provisoire. La même 
année, ils apportèrent la grappe sur une civière". Josué, fils de Noun, était alors 
âgé de 45 ans, et Kaleb, fds de Jephoné, de 40 ans. 



En l'an 25 de l'Exode, Armaios qui est 
Danaûs' commença à régner en Egypte. 
11 fut chassé par les Egyptiens et régna 
sur les Argyens pendant 10 ans*. 

En ce temps-là* Epaphus", fils de 
[23] lo et de Zeus, régna sur l'Egypte 
deuxième; il bâtit Memphis. — Le 4® roi 
[des Athéniens], Erichthonius ^, [com- 
mença à régner. — Lacédémon] bâtit 
Lacédémone". 

En l'an 30 de l'Exode, Amyntios com- 
mença à régner sur les Assyriens". 

Castor parle en ces termes de la dy- 
nastie des Argyens'" : « Quand Danai'is 
expulsa Sthénélos '^, il occupa Argos, et 
ses descendants après lui, jusqu'à Eu- 
rystheus*%fils de Sthénélos et petit-fils de 
Persée ; après lui les Pélopides *^ lui suc- 
cédèrent dans l'empire ; le premier fut 
Atreus **. 



blés du Seigneur, car les autres fils 
d'Aaron, Nadab, et Abiu furent rejetés 
pour avoir offert l'encens avec un feu 
profane '°. — Eléazar prit pour femme 
la fille d'Aminadab duquel descend le 
Christ'^, et il engendra d'elle Phinéès. 
Par là on voit qu'il, y avait une parenté 
entre ces deux familles, et qu'il y avait 
une parenté entre la descendance des 
prêtres, c'est-à-dlrc entre la tribu des 
Lévites, et la descendance de laquelle 
sortit le Christ. — Eléazar exerça les 
fonctions de grand -prêtre environ 
40 ans, ou selon d'autres 36 ans", jus- 
qu'à l'an 7 d Othoniel. 

Le souverain pontificat fut exercé par 
son fds Phinéès, qui fut enflammé d'un 
zèle louable, tua Zamri le fornicateur et 
Cosbi la séductrice_, et apaisa la colère 
de justice*'. Ayant reçu par l'ordre d'en- 



1. Ms. : APVLVMVS. — 2. Num., xiir, 24. 

3. 'Aptxaîo; à xa\ Aavaoç ; E. a. 529, Lire : i»o1j». — 4. H. a. 543. Eusèbe dit 50 ans. — 5. E, a. 
529. — G. "Eiraçoç. — 7. 'EptxOôvto;; E. a. 530. — 8. H. a. 530. — 9. E. a. 538 'Ajxuvtïiç. ~ 10. H. a. 
530; Arm. 532, — 11. Rest. : u»û^)UtûiS. — 12. Eùpsaôéa xbv SeevéXouToO Xlcpcrfw;. — 13. IIsXoTn'Sat. 
— 14. 'Axpeyî. 

15, Cf. ZeV., x; Num., m. — 16, Matt., t, 4 ; Luc, m, 33. Cf. Ex., vr, 23, 25. Il y a ici une fla- 
grante contradiction avec le texte biblique. — 17. Ci-dessous : 56 ans, — 18, Cf. Num,, xxv. 



LIVRE III. CHAP VIII 45 

L'année suivante Balac envoya chercher Balaam le sorcier, pour maudire Israël '. 

Moïse termina sa vie à l'âge de 120 ans. — D'Adam jusqu'ici le total est de 
3882 ans, d'après les Septante; et, d'après le syriaque, de 2420 ans ^ — Moïse 
passa quarante ans en Egypte, quarante dans le pays de Madian, et quarante 
dans le désert. Il écrivit en cinq livres les événements qui se passèrent dans le 
monde depuis Adam jusqu'à cette époque. 

CHAPITRE VIII. — Après la mort de Moïse, Josué fils deNoun, qui avait été 
le disciple de Moïse,devint le chef du peuple hébreu. 11 prit l'autorité et le bâton 
du commandement à [26] l'âge de 83 ans. C'est lui qui introduisit le peuple d'Is- 



Érichthoniiis le premier attela le qua- haut le souverain pontificat, il offrit des 

drige chez les Grecs ^ ; il était en usage victimes [27] symboliques pour le peuple 

chez les Barbares. choisi parmi les peuples, dans lequel se 

Gélimor * régna sur les Argiens qui propageait le sacerdoce, afin qu'il s'é- 

le déposèrent et établirent Danatïs. — tendît h toutes les nations par la grande 

Danaûs fit mettre à mort, par ses cin- et véritable victime. — C'est pourquoi, 

quante filles, les cinquante fils de son quand Eléazar eut laissé son office, par 

frère Égyptus, à l'exception de Lynx sa mort, Phinéès lui succéda. Il est le 

qui régna après lui. La multitude des 3° de la série. On compte qu'il exerça le 

enfants chez les Barbares vient du grand souverain pontificat pendant 80 ans. 

nombre de femmes". 

Bousiris® régna sur les pays voisins 
du Nil ; il immolait les étrangers; il était fils'' de Poséidon et de Libye, fille d'Elpaphus. 

A cette époque^, furent bâties les villes de Mélos, Paphos, Thasos et Kalistés. 

L'enlèvement d'Europe eut lieu [alors] °. — Bithynia fut bâtie par Phénix'". 

Agosa, fille de Bélos '', surnommée Sémiram, régna, avec son père, pendant 7 ans. 

Linus de Thèbes, Zéthus et Amphion étaient célèbres comme musiciens*'. 

[26] Les Dactyles, du mont Idas *% qui découvrirent le fer, florissaient alors. 

Harmonia fut ravie par Cadmus ''. — Éphyra, qui est Gorinthe, fut alors habitée '^ 

A cette époque ^'^ se rapportent les choses qu'on raconte de Démétra, qui est Isis, 
et de Danaé de laquelle naquit Persée". 



1. Num,, xxri. — 2. L'arabe (fol. 15 r) porte distinctement : ^L© «;^'û^, comme BH. (p. 14). 

3. H. a. 546. — 4. H. a. 541. — 5. H. a. 550; Arm. 551. — G.Boûcnpt; HoiTEtSwvoç xa\ Atê'jrjc Tr]ç 'Eiiâqjou 
•jiaï;. H. a. 558; Arm. 561. — 7. Lire : » low ;:=. — 8. H. a. 529; MÇjXoc, Qiaoz, Ilàcpoç, 'AXxtaÔï] (Hier. 
Callista). — 9. H. a. 586. — 10. H. a. 593. — 11. H. a. 583 : AUosa (Arm. Batossà) Belochi filia. 
— 12. H. a. 593. A:vo; xa\ 'A[x,?(wv xal ZrjQo;. — 13. H, a. 599. 'ISaïot AâxT:u),ot. — 14. H. a. 611, — 
15. H. a. 608. — 16. H. a. 605. — ly.xaxà AT^fjLvjTpav.... -kzçi. Aavâvjv... ôXIepcrEuç. Lire : W^i, 



46 CHRONIQUE DE MIGF^EL LE SYRIEN 

raël dans la Terre promise, et détruisit les sept peuples chananéens ; il divisa 
et partagea* leur pays. Il conduisit le peuple pendant 27 ans, d'après Andro- 
nicus et Eusèbe; Annianus dit : 25 ans. Il mourut âgé de 110 ans*. 

D'après le grec, il y eut jusqu'à Josué, fils de Noun, vingt-sept générations ; 
et vingt-six générations d'après le syriaque. A partir d'ici, on ne compte plus 
les années d'après les générations, mais d'après les Juges, dont Josué fut le pre- 
mier. — En sa l" année, année en laquelle mourut Moïse, se termine le 
L*^ Jubilé. — En sa lO*' année, il partagea l'héritage au peuple. — L'Ecriture ne 
fait pas connaître le nombre des années des Anciens qui dirigèrent le peuple 
après la mort de Josué; Africanus seul dit qu'ils gouvernèrent pendant 30 ans. 

CHAPITRE IX. — Othoniel jugea le peuple 40 ans. — Aussitôt après la mort 
de Josué le peuple fut soumis à l'impie Kousan, pendant 8 années, qui sont incluses 
dans celles d'Othoniel, selon la tradition des Juifs. Selon les LXX, Otho- 
niel, après avoir tué Timpie Kousan, gouverna 50 ans; 40 selon le syriaque. 
Toutes les années d'Othoniel, avec celles de la servitude, sont donc [de 48 ans]. 

Du temps d'Othoniel, on bâtit plusieurs villes en Bithynie : Mélos, Paphos, 
Thasos, Gallista et Maryanda-. 



Eusèbe ne suppute point les années de la Servitude des enfants d'Israël, si ce n'est 
avec celles des Juges; mais Andronicus et Annianus les comptent spécialement. 

Les villes d'Adamia* et de Sidé furent bâties en ce temps-là", en Cilicie. 

Après Othoniel, les Philistins asservirent les Hébreux pendant 18 ans; ces années 
sont comptées avec celles de [AhodJ®. 

A cette époque, Céleus^ régna à Eleusine, tandis que vivait Triptolémus. Philochorus 
dit que celui-ci s'approchait des villes sur un long navire et distribuait du froment; 
et qu'on croyait que son navire était un serpent ailé, parce qu'il en avait la forme. 

Philochorus raconte ceci du rapt de Proserpine par Aidoneus *, roi des Molossiens : 
Celui-ci avait un chien vigoureux. Cerbère, qui dévora Péridos" venant avec Thésée, 
pour enlever sa femme. Lorsque Thésée était sur le point de périr, Hercule le délivra; 
c'est pourquoi on pense qu'il était remonté des Enfers. 

Pandion mourut et les mvstères commencèrent'". 



1. Litt. : « donna en héritage ». — 2. Ms. : 107. (ms pour uû). — 3. Mri),oç, ©aao;, Ildtcpo;, 'A^xtaer], 
MapiavS'jv-o. H. a. 590; cf. 593, 

4. Kaù[iz:oL xa\ SiSr). — 5. H. a. 613. — 6, H. a. 613. — 7. KeXeô? ; rest. : >^oi:^lû; H. a. 615. — 8. H. 
a. 623. Le syr. s'explique par le grec : Kopr); àpitayTi IlepaEywvYn; uTtb AiSwvlo);.... — 9. Tov IIspîOouv. — 
10. Cf. H. a. 620. 



LIVRE m. CHAP. IX 47 

Ahôd », de la tribu d'Ephraïm, jugea les Hébreux 80 ans. — Après la mort 
d'Othoniel, le peuple fut soumis à Églon, le Moabite, pendant 18 années qui 
sont comptées avec celles d'Ahôd qui, après [27] avoir tué Eglon, gouverna le 
peuple avec autorité. 

Du temps d'Ahôd fut institué le tribunal de l'Aréopage, à Athènes*. — Lacé- 
démone fut bâtie par Lacédémos^ 

En l'an 8 d'Ahôd, commença à régner sur les Athéniens le 6'^ prince : Eri- 
cteus, pendant 50 ans \ 

En l'an 26 d'Ahôd, commença à régner le 21® roi des Assyriens, Lampridos, 
pendant 32 ans^; Alep fut bâtie par Bélokos, roi d'Assyrie ^ 

Le quatrième millénaire finit du temps d'Ahôd ', 



On croyait qu'alors Phrixus volait par les airs, à cheval sur un bélier dont la 
toison était d'or, fuyant, avec sa sœur Hellé, la femme de son père, qui lui tendait 
des embûches « ; [27] il trouva un navire qui avait un bélier pour insigne. Paléphatus 
dit que le précepteur" qui le sauva s'appelait Krios, c'est-à-dire Bélier. 

Il y eut des guerres du temps d'Eumolpos, de qui viennent les Eumolpides qui 
habitèrent Athènes *". 

Alors arrivèrent les choses concernant Procné et Philomèle'*. 

Mélampos le magicien florissait alors *^ 

Pélops" régna chez les Argyens pendant 19ans**. Le Péloponèse tire de lui son nom. 
— [Tros] régna sur la Dardanie'*^; [les Troiens tirent de lui leur nom]. 

...[lacune]... les dieux des païens avant Gécropos. 

Le Déluge qui eut lieu en Thessalie** dutempsde Deucalion se place à cette époque ", 
Les Grecs racontent que tout se passa pour Deucalion, avant le déluge, comme pour 
Noé. 

L'incendie qui eut lieu en Ethiopie sous Phaéton se place ici, comme le raconte 
Platon". 



1. Nous conservons les noms usuels des Juges : Ahôd, Jephté, etc., que notre ms. donne selon 
la leçon de la Bible syriaque : Ahoi\ Naphtah, etc. — 2. H. a. 509; Arm. 506. — 3. H. a. 530. — 
4. 'Epe/6£u;. H. a. 620. Notre copie est ici très fautive, elle porte : le 5^ prince, Arâbitos, 10 ans! 
— 5. AajATipcÔY];. E. a. 638. — 6. B^Xo>;oç. E. a. 583. — 7. En l'an 26 d'Ahôd, selon la Caserne des 
Trésors (éd. Bezold, p. 174), 

8. H. a. 634; *pc?o;... a\).a. "EXXyi. . — 9. nutritor. — 10. H. a. 647; Arm. 642. Les mots syriaques 
maltraités dans la reproduction se lisent distinctement : \^'\^ looi^ et : IAl3-^'>ool, — 11. H. a. 645. 
Ta TtaTà Xlpôxvriv <ï>\ax '.Xo[Ar,Xav. — 12. H. a. 650. MsXdtiJLUouç. — 13. H. a. 619. — 14. Eus. : 53 ans; 
var. : 61. — 15. H. a. 651 ; Tpcôç. — 16. Lire : tli-^U. _ 17. Cf. ci-dessus, p. 40, J. 13. — 18. H. a. 
495. Les noms propres sont à restituer d'après le grec; cf. ci-dessus, p. 40, 1. 14. 



48 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

CHAPITRE X'. — Ce IIP Livre commence à la première année d'Abraham, 
qui est l'an 3340 d'Adam, selon les Septante. Il renferme le souvenir des prin- 
cipaux événements survenus pendant 680 ans, jusqu'à la fin du quatrième 
millénaire ^ 

Fin du Livre III, en dix chapitres. 



1. Les titres des chapitres ont été déplacés dans le Livre III, depuis le ch. m qui se trouvait 
dans la lacune; les chap. v-ix, devaient être numérotés vi-x ; et ce que notre ms. donne comme 
formant le chap. x, était la clausule finale du Livre. — 2. Les chiffres donnés ici sont en désac- 
cord avec le titre de ce Livre. 



LIVRE IV 



Avec l'aide de Dieu nous nous mettons a écrire le quatrième Livre qui com- 
mence A LA première année DU CINQUIÈME MILLENAIRE, QUI EST l'AN 680 DEPUIS 

Abraham, et qui comprend 835 ans. 



CHAPITRE I. — Depuis Adam jusqu'à Moïse, on compte vingt-sept généra- 
tions. Après Moïse on ne compte plus les années par générations, mais bien 
d'après le nom des Juges. Le premier des Juges fut Josué, fils de Noun, pendant 
27 ans. — Kousan, le roi impie des Gentils, domina sur le peuple pendant 
8 ans. — Othoniel régna 32 ans après avoir tué Kousan, et on lui en compte 40. 

Après la mort d'Othoniel, Eglon le Moabite domina [2B] pendant 18 ans*. 

Ahôd, ayant tué Eglon le Moabite, jugea le peuple 62 années auxquelles on 
ajoute celles d'Eglon, selon la tradition du texte hébreu, ce qui fait 80 ans. 



A cette époque , lo descendit en 
Egypte*. Corinthe fut bâtie ^ — Hercule 
et Diouysius florissaient alors. 

On raconte dans les histoires que Phé- 
monœ*, la première, rendant des oracles 
à Pythium, prédisait l'avenir en vers 
hexamètres ^ 

Tantalus régna sur les Phrygiens^. 

Bithynia fut bâtie par Phénix', 

Pégase, le cheval rapide, était la pos- 
session d'une femme -, d'après Palépha- 
tus, Pégase était le navire de Belléro- 
phon ^ 

Didymos parle dans Y Histoire étran- 
gère, et cite u.n chroniqueur, au'sujet de 
Persée^ qui entra chez les Perses et alla 



Tout d'abord le souverain sacerdoce 
du peuple de Dieu fut exercé par Moïse 
et Aaron, prêtres temporaires '". 

Aaron reçut d'en-haut un nom hono- 
rable; il brilla par l'ornement de la sain- 
teté et fut appelé prêtre de Dieu. 11 tint 
le bâton pastoral pendant 38 ans. 

Son fds Eléazar lui succéda dans sa 
charge pastorale, pendant 56 ans. 

Ensuite le fds d'Éléazar, Phinées, 
exerça le suprême sacerdoce pendant 
80 ans. Lorsqu'il eut servi pendant tout 
cet espace de 80 ans, il mourut. 

Il eut pour successeur comme chef 
[28] des prêtres et des lévites, Abisou' de 
la tribu de Lévi, de la famille d'Aaron. 



1. Ms. : 8 ans. 

2. H. a. 505; Arm. 498. — 3. H. a. 503; Arm. 495. — 4. «ï>/](j.ov6ri. — 5. H. a. 654. 
657. — 7. H. a. 593. — 8. H. a. 682 ; Arm. 669. — 9. E. a. 670; lire : .«>û«p. 

10. Litt. ; « annuels ». 



6. E. 



I. 



50 



CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE II. — Après Ahôd, le peuple hébreu fut soumis à Jabin, roi de Ha- 
çôr, pendant 20 ans. Avant que Jabin ne dominât, Samgar s'illustra : il tua six 
cents Philistins avec une houlette'. — Le général de Jabin était Sisara qui avait 
neuf cents chars de fer. Débora et Barac combattirent contre Sisara qui fut 
vaincu. Débora* ayant enfoncé un clou dans la tête de Sisara, il périt, et elle ré- 
gna 20 ans*. On compte 40 ans pour Débora et Barac, parce qu'on y comprend les 
années de Sisara, d'après l'hébreu. 

En Pan 5 de Débora, Rampsès * commença à régner en Egypte, pendant 
60 ans. — A cette époque^ Midas régnait sur les Phrygiens. — Perséetua invo- 
lontairement Acrisios'^, roi d'Argos; c'est pourquoi, il s'en alla d'Argos régner 
sur Mycènes^ — En l'an 28 de Débora, Panyas * commença à régner sur les 
Assyriens, pendant 45 ans, 

Débora et Barac chantèrent un cantique de délivrance ^ 



couper la tête de la courtisane Gorgone 
qui, par sa beauté, frappait de stupeur 
ceux qui la voyaient, au point [qu'ils 
semblaient changés en pierres]. 
...{lacune]... 

[30] qui était très rusée *'^. 

La guerre des Centaures eut lieu h 
cette époque *i. Les Centaures étaient 
des cavaliers de la Thessalie . Palé- 
phatus en parle dans son premier livre *^. 

A cette époque florissait la sorcière 
Médée ^^ ; elle quitta Egée du temps 
deMithra, roi des Assyriens, comme dit 
Képhalion. — Androgée fut tué par ruse 
à Athènes ^^. 

Thésée enleva Hélène '^ ; mais les 
frères de celle-ci la délivrèrent et firent 



— D'après ce que dit Jacques d'Édesse, 
il exerça le souverain pontificat pendant 
55 ans. Il fut le 4* dans la série des prê- 
tres du peuple. 11 fut honoré par Dieu 
mystérieusement. 

Il faut savoir que Abbas Mar Jac- 
ques, le célèbre Edessénien, attribue 
38 ans [de charge] àAaron*"; 56 à Eléa- 
zar, 80 à Phinées, et 55 à Abisou\ — 
Andronicus établit ces années autre- 
ment; il dit : (( Aaron vécut dans le 
souverain pontificat 32 ans; Eléazar 
30 ans, Phinées 60 ans ; Abisou', qui fut 
le 4^, 52 ans. — Nous avons trouvé 
parmi les chroniqueurs, ces deux auteurs 
qui énumèrent les grands-prêtres des 
Hébreux. Ils s'accordent de temps en 
temps pour la série des personnages qui 



1. Cf. Jud., m, 31. — 2. Sic ms. ; Sisara fut tué par Jahel [Jud., iv, 21). — 3. Ms. : 24 ans. — 
4. Tati'î^ri?. — 5. H. a. 708; Arm. 707. — 6. 'Axpôatoç. — 7. H. a. 710. — 8. Havuci;; E. a. 720. 
— 9. Jud., V. 

10. Cette phrase mutilée se rapporte évidemment à l'hydre : « Hydram autem callidissîmam fuisse 
sophistriam asserit Plato. » H. a. 773. — 11. H. a. 776; Arm. 779. — 12. èv TtpwTYi 'AutaTwv. — 
13. Mvîôsta; H. a. 782; Arm. 784. — 14. H. a. 785; Arm. 786. — 15. E. a. A. 795; lire : uj:^H ; 'EXrivri- 

16, Le nom d'Élcazar est répété par erreur. 



LIVRE IV. CHAP. III 



51 



CHAPITRE III. — Après Débora et Barac, les Madianites dominèrent sur les 
Hébreux pendant 7 ans. — Alors surgit Gédéon qui détruisit les Madianites et 
gouverna le peuple pendant 33 ans ; en y ajoutant les sept ans des Madianites 
on attribue 40 ans à Gédéon. 

En Fan 3 de Gédéon, iEgée, fils de Pandion% commença à régner sur les Athé- 
niens [29] pendant 48 ans. — En Tan 33 de Gédéon, régna sur les Assyriens 
Sosarmos, pendant 19 ans^ — En ce temps-là régnait à Thèbes Amphion', dont 
on dit qu'il émouvait les pierres par l'harmonie de sa cithare. — Dans d'autres 
manuscrits, il est écrit que Gécrops II commença alors à régner sur les Athé- 
niens, pendant 40 ans *. 

Gédéon eut soixante-dix fils. 



captive la mère de Thésée^ tandis que 
celui-ci [31] était éloigné. 

A cette époque, sept généraux ^ al- 
lèrent combattre contre Thèbes. 

[Alors] arrivèrent les choses que 
Philochorus raconte de Minotaure ^ 
dans le second [livre] d'Atthidis. Il y 
avait un général de Minos nommé Tau- 
rus, général dur et inhumain de sa na- 
ture. Minos avait établi un combat en 
l'honneur d'Androgée que les Athéniens 
avaient tué, et donnait en prix de jeu- 
nes Attiqucs. Comme Taurus était très 
fort, il vainquait tout le monde. Thésée 
ayant vaincu Taurus dans la lutte, il ar- 
riva que les enfants furent délivrés du 
tribut que Minos leur aurait imposé. 
Les Cnossiens eux-mêmes attestent ces 
choses ^. 

A cette époque ^, Thésée réunit dans 
une ville les Athéniens qui auparavant 
habitaient [dispersés] dans la contrée. 



se succèdent; mais dans le nombre des 
années on trouve une différence en plus 
ou en moins dans les chroniques. Il est 
nécessaire que nous placions leur com- 
put sans addition ni diminution dans ce 
livre afin qu'il soit complet de toute façon. 

Or, d'après la tradition de ces deux au- 
teurs, le 5° grand-prêtre fut Abiu ; mais 
Jacques lui attribue 60ans^ tandisqu'An- 
dronicus lui en donne 46. Tous les deux 
écrivent qu'il vécut du temps de Débora 
et de Barac, et qu'il eut pour successeur 
le 6" grand-prêtre 'Ozri, [29] que Jac- 
ques appelle Gazi. Jacques lui donne 
42 ans; Andronicus, 48 ans. 

A celui-ci succéda comme grand-prê- 
tre, du temps du juge Thola', Zariha, 
pendant 52 ans d'après Jacques^ pendant 
34 ans d'après Andronicus. — Ce Zariha 
était donc souverain prêtre du peuple 
du temps de Thola', de Jaïr, de Jephté le 
Galaadite.de Hesbon et de Basan,carsa 



1. Alysù; IlavStovo; ; E. a. 735, — 2. Stiaappio;, E. a. 765. — 3. 'Ajxçitwv ; H. a. 691 (ms. : Apollon). 
— 4. E. a. 670. 

5. H. a. 783; Arm. 784; o\ 'Enii. — 6.. H. a. 787; Arm. 791. — 7. Cf. la version lat. avec le 
tragm. gr. du Syncelle, loc. cit. — 8. H. a 798; Arm, 800. 






52 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE IV. — Après Gédéon vint son fils Abimélec, né d'une concubine. 
Il tua ses soixante-dix frères et jugea le peuple 3 ans. — Après lui, le juge * fut 
Thola ', fils de Phoua. Celui-ci est le sixième dans la série des Juges ; car les étran- 
gers qui dominèrent de temps en temps ne sont point comptés dans leur nombre. 
Il jugea le peuple pendant 22 ans; d'après des manuscrits, pendant 23 ans. 

En l'an 8 de Thola', Thésée régna sur les Athéniens, pendant 27 ans*. 

En l'an 10 de Thola \ eut lieu le rapt de Proserpine, fille de Zeus^ 

En l'an 21 de Thola', la ville de Tarse fut bâtie, en Cilicie, par Persée, fils de 
Danaë*. — A cette époque Carthage fut bâtie, et Ilion détruite. 



Il fut frappé de l'exil dont il avait lui- 
même porté la loi. 

A cette époque ^, d'après Philistus^ 
la ville de Carthage fut fondée ; elle fut 
bâtie par le Tyrien Zoros ^. 

A cette époque naquit Dionysios, et 
Pélops, qui régna sur le Péloponèse, fit 
connaître l'Olympe (?) ^ — Zeus en- 
gendra des enfants : Castor, PoUux et 
Hélène^ : ce furent les Dioscures, géants 
fameux. 

A cette époque Thésée s'enfuit d'A- 
thènes^ contre laquelle les Amazones 
firent la guerre*". — A cette époque eut 
lieu la grande lutte d'Hercule avec 
Zeus, son père. Après de nombreux 
adultères, Hercule, qui est appelé dieu 
par les païens, s'unit à Tethonis qui 
habitnit sur le lac Triton. 11 lui appa- 
rut sous les traits du berger Philis 
avec lequel elle avait eu de fréquents 
rapports ; il engendra d'elle Achille 
surnommé Philidos (?)^'. Ensuite, Her- 



vie se prolongea, d'après le témoignage 
de ces chroniqueurs. Ce Zariha fut le 
7* dans la série depuis Aaron. Par la suc- 
cession sacerdotale, comme dans un type 
légal, aux yeux du peuple, était figuré 
l'avènement de Celui qui était désigné 
dans les figures. Or, ainsi que je viens 
de l'exposer, le grand-prêtre Zariha flo- 
rissait du temps de ces Juges. 

Après lui vint, le S*', Mâru, qu'on ap- 
pelle aussi Marôs. D'après ce que dit 
Jacques d Edesso, il exerça aussi le sou- 
verain sacerdoce pour le peuple pendant 
50 ans; d'après Andronicus, il servit 
pour le peuple pendant 40 ans, dans ce 
ministère, figuratif principalement de 
celui du Seigneur qui daignait accepter 
symboliquement les sacrifices de chè- 
vres, de moutons, de taureaux et de gé- 
nisses, et les autres [sacrifices] sembla- 
bles de la loi ancienne. Ces figures et ces 
ombres, plus obscures qu'une image 
vis-à-vis d'un corps ou que l'ombre vis- 



1. Lire : \i">. — 2. Qrias'k; H. a. 783. — 3. Cf. H. a. 623. — 4. Cf. H, a. 605. 

5. H. a. 803. — 6. uub ' AÇwpoj xat Kap/Yiôovo; twv Tupîtov, — 7. Restitution douteuse. Cf. H. a. 696 ; 
Arm. 701 (comp. 618. 624). — 8. Lire M^Uo *«>aû<iixaji»., _ 9^ h. a. 810; Arm. 803. ~ 10. H. a. 
811; Arm . 807. — 11. Péléen. Allusion à la légende de Thétis et Pelée; le texte paraît altéré. 



LIVRE IV. GHAP. V 



53 



CHAPITRE V. — Après Thôla' vint Jaïr, de Galaad, qui jugea le peuple pen- 
dant 23 ans. 

En Pan 6 de Jaïr, Amménémês* commença à régner en Egypte, pendant 26 ans. 

De son temps Hercule établit les jeux olympiques. Depuis là jusqu'à la 1''° olym- 
piade il y a 430 ans^ 

En l'an 9' de Jaïr, finit le quatrième millénaire, selon Eusèbe. 

[30] En Pan 14* de Jaïr, Tautamos commença à régner sur les Assyriens, pen- 
dant 31 ans. Les Grecs le nomment Tautanès ^ — Il y en a qui disent que la 
ville d'ilionfut détruite de son temps. 



cule tomba dans une pénible maladie''; 
il se précipita lui-même dans le feu et 
mourut. Il vécut 52 ans \ Certains di- 
sent qu'il mourut dix ans avant; d'au- 
tres disent, avec Andronicus, que sa 
mort survint du temps de Samson. 

A cette époque florissait Chiron, va- 
leureux dans le combat. 

Mopsus régnait sur la Cilicie*,etLati- 
nus sur les Latins, peuple qui prit de 
lui son nom ; on les appelait aupa- 
ravant Aborigènes; celui-ci fut l'héri- 
tier et le restaurateur delà principauté, 
Enée prit sa fille Lavinie. 

Thuoris ", roi d'Egypte, est appelé 
chez Homère : Polybos et mari d'AIkan- 
dra, ce qui signifie « quia beaucoup de 
bœufs » et « qui secourt les hommes ». 
II est mentionné dans le livre de VO- 
dijssée, où il est dit que Ménélas des- 
cendit près de lui avec Hélène après la 
destruction de Troie. 

Alexandre ravit Hélène à cette épo- 
que *°. 

Le grand combat contre Troie dura 



à-vis d'une personne, s'accomplissaient 
alors chez les Lévites par la succession 
légale, et, pendant le nombre d'années 
indiqué, parle [30] grand-prêtre Marôs. 
II eut pour successeur dans cette ad- 
mirable série des prêtres, Amarias, grand- 
prêtre, pour le peuple hébreu, qui était 
de la tribu de Lévi. Abbas Mar Jacques 
attribue à celui-ci 32 ans, et Andronicus 
44 ans ; mais tous deux sont d'accord 
pour assurer que cet Aniarias fut le 
9e grand-prêtre. C'est pourquoi nous in- 
diquons la différence dans le nombre des 
années, comme ils l'ont écrit tous les 
deux. Par la force même de ce discours 
qui expose la succession sacerdotale, 
nous devons prendre soin de le rédiger 
avec toute la sollicitude possible en cette 
matière, à la nature mortelle, eu égard 
à la succession temporelle, c'est-à-dire 
à l'ordre. C'est pourquoi, ainsi que nous 
l'avons exposé auparavant, il est néces- 
saire que nous disions ce qui concerne 
la succession sacerdotale, selon la dé^ 
monstration de ces écrivains. 



1. 'AixtJi£vl(AYi;; H. a. 803. — 2. H. a. 806. — 3. Ms. : 19. — 4. Ms. : 17; H. a. 811. — 5. TsyTafAOç a 

6. Lire : pwioia. _ 7. H. a. 826; Arm. 826. — 8. H. a. 833; Arm. 831. — 9. H. a. 835; Arm. 
833. eoûœpK nôXu6oç 'AXxâv8paç àvrip. — 10. H. a. 826; Arm. 827. 



54 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 16 de Jaïr, Ménestheus. fils de Pétéos*, commença à régner sur les 
Athéniens, pendant 23 ans. 

Après Jaïr, les Hébreux furent soumis aux Ammonites pendant 18 ans que l'on 
ajoute aux années de Jephté qui jugea le peuple 6 ans, et à qui Ton en compte 
24, selon la tradition des Juifs. 

De Moïse jusqu'à Jephté on compte 300 ans, selon le livre des Juifs. 

Comme les Ammonites [opprimaient le peuple,] les habitants de Galaad allè- 
rent trouver Jephté, qu'ils avaient chassé de chez eux, et l'amenèrent pour être 
leur chef. Ayant combattu et vaincu les Ammonites, il offrit sa fille en sacrifice ^ 

CHAPITRE VI. — Après Jephté, les noms des Juges sont placés confusément 
à travers le livre de la Chronique'. 

[33] Quelques-uns ne font aucune mention du nom de Hesbon. Nous avons 
dit ci-dessus* qu'il gouverna le peuple 7 ans. Jean de Litarba dit : « Nous 



dix ans; la cause en fut un fruit attribué 
à la plus belle [32] de trois femmes, 
dont l'une, appelée Hélène, était aimée 
d'avance par le juge Paris, qui était 
pasteur et la prit pour femme. Homère 
en parle souvent. D'après ce que nous 
avons trouvé dans d'autres manuscrits, 
à cette époque, Memnon et les Ama- 
zones aidèrent Priame a la guerre °, 

A cette époque *, Ménestheus mou- 
rut dans l'île de Mélos ^ en revenant de 
la guerre de Troie; Démophon ^ lui suc- 
céda. 

En ce temps-ià la sorcière Médée fit 
brûler par ses sortilèges Caron^ et, dans 
sa colère, fit périr ses deux fils. Elle fit 
échapper Jason nu de sa couche. 



Le 10'' grand-prêtre du peuple fut 
Ahitob, dont Jacques affirme qu'il servit 
20 ans. Andronicus parle autrement de 
Ahitob; il dit qu'après celui-ci vint un 
certain Phinées, et après celui-ci Ama- 
rias pendant 40 ans, ensuite Héli et ses 
fils pendant 40 ans. Puis après ceux-ci 
Ahitob, et après celui-ci Abiatar. — 
Jean dit qu'à Phinées succéda Abisou', 
puis Rasai, puis Ouziel, puis Zariha 
puis Amriël, puis Isaïe, et ensuite Héli 
[33] et ses enfants, et après ceux-ci Sa- 
muel. 

Pour nous, nous avons recueilli leurs 
[noms] comme nous avons pu, depuis 
Adam jusqu'à Moïse et depuis Moïsejus- 
qu'au temps des rois d'Israël '", 



1. MevstTÔsyç IIcTcw. — 2. Lire : wL;» (et non w»'^). — 3. Il y a ici une lacune peu considérable. 
La confusion vient de ce que notre auteur considère comme deux personnages différents îTesbon 
et Abiçan qui ne désignent qu'un même individu : vr^l ow» ^ûa**. (Denys de Tellm., éd. Tulberg, 
p. 33). — 4. Dans la lacune. 

5. H. a. 827; Arm, 826, — 6. E. a. 835; MevEtTOeuç. — 7. Lire : »eefl<^ftî^>n=> (?); gr. : Iv M^).» tÎj 
v^fTw. — 8. AYjfAoçtov. — 9. Sic ms. ; évidemment à restituer Creuse, ou peut-être Créon. 

10. Les diff"érentes séries des grands-prêtres mentionnés ici sont basées sur la généalogie de la 
famille de Lévi : I Chr., vr. 



LIVRE IV. CHAP. VI 



55 



trouvons qu'après Hesbon vint Élon qui jugea le peuple 7 ans. » Celui-ci ne se 

trouve point dans la version des LXX*. 

En l'an 4 de Hesbon, Thuoris commença à régner sur l'Egypte pendant 7 ans\ 
En l'an 4 de Labdon, Démophon, fils de Thésée ', commença à régner sur 

les Athéniens, pendant 33 ans. — En Egypte régnèrent, dans la XX° dynastie % 

les rois appelés diospolytes, pendant 178 ans. Leurs noms ne sont point inscrits 

dans la série des rois. 

En Tan 7 de Labdon, commencèrent à régner les rois des Latins qui furent 



Remarque chronologique'". — On 
compte, selon les Assyriens, depuis l'an 
43 du règne de Ninus jusqu'à l'an 25 
de Tautanès : 835 ans; 

Selon les Hébreux, depuis la naissance 
d'Abraham jusqu'à l'an 3 de Labdon^: 
835 ans; 

Selon les Sicvoniens, depuis l'an 22 
d'Europos jusqu'à l'an 29 de Polyphi- 
lès : également 835 ans; 

Selon les Egyptiens, depuis l'an 1 de 
la XVI® dynastie (dans laquelle les Thé- 
bains régnèrent sur l'Egypte, pendant 
190 ans) jusqu'à l'an 7 de Thuoris, 5"^ roi 
de la XIX" dynastie, qui fut la dernière 
année de cette dynastie : 835 ans; 

Selon les Athéniens, depuis la pre- 
mière année attique jusqu'à la destruc- 
tion d'Ilion, c'est-à-dire de Troie, en la 
23" année de Ménestheus, dont parle 
Homère : 375 ans; et de même, depuis 
l'an 36 de Moïse jusqu'à l'année pré- 
sente : aussi 375 ans. 

Depuis la destruction d'Ilion jusqu'à 
la P® olympiade, il y eut 405 ans \ 



Nous réunissons ici les noms des Juges 
à la suite Vun de V autre, [indiquant^ le 
temps de chacun^ et de quelle tribu il 
était . 

Moïse, de la tribu de Lévi; 

Josué, fils de Noun, de la tribu de Juda ; 

Othoniel, de la tribu de Juda; 

Débora et Barac^ de la tribu deNeph- 
tali; 

Ahôd, de la tribu de Benjamin; 

Gédéon, de la tribu de Manassé ; 

Thola', de la tribu d'issachar; 

Abimélek, de la tribu de Manassé; 

Jaïr, de la tribu de Manassé; 

Jephté, de la tribu de Manassé; 

Hesbon, de la tribu de Ruben; 

Abiçan, de la tribu de Juda; 

Elon, dé la tribu de Zabulon; 

Samson, de la tribu de Dan; 

Samgar, de la tribu de Juda; 

Iléli, de la tribu de Lévi. 

La somme des années des Juges, de 
puis le prophète Moïse jusqu'au pro- 
phète Samuel, est de 450 ans. 



1. H. a. S-V^. — 2. ©ouwpîç; E. a. 829. — 3. Aï](xocpwv ©rjalwç, E. a. 836. — 4. Lire : ^^ (et non o). 
5. E. a. 835. — 6. Ms. : Abiçan. — 7. Ms. 450 ans; mais Hter. ; 406 ans; Arni. 405; ce qui est 
la bonne leçon (835-1240). 

8. Cette mention a été omise. 



56 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

appelés ensuite Romains; le premier roi fut Énée, pendant 3 ans, et d'après 
d'autres, pendant 8 ans*. 

Après Labdon, les Philistins asservirent les Hébreux pendant 40 années, 
qu'Eusèbe ne compte point dans sa Chronologie*. Annianus^ les y place, et aussi 
Andronicus, qui n'en compte pourtant que 28. Ils en attribuent 10 à Élon. 

CHAPITRE VII. — Or, Samson, le naziréen, de la tribu de Dan, jugea le peuple 
20 ans, — En sa 3 année, il commença à combattre les Philistins. — En sa 
5° année, se passa l'histoire de Ruth la Moabite. 



Les rois de Sicyône cessèrent après avoir duré V espace de 961 ans''. Après eux, il n'y 
eut plus de rois, mais des prêtres. Castoh, le chrojiographe, parle ainsi des Sicyôniens : 
« Nous aidons ainsi successiveme?it énumèré ceux qui régnèrent sur Sicyône, depuis 
j^gialeus qui régna le premier , jusqu à Zeuxippus^ . Les rois durèrent 961 ans. Ensuite 
six prêtres de Carnios^ exercèrent le sacerdoce pendant 33 ans; vint ensuite le prêtre 
Charidemus ' qui^ ne pouvant supporter la dépense, prit la fuite^. 

« La domination des Erechtides prit fin et la principauté des rois attiques passa à 
une autre famille . Xantus, le Béotien^ ayant provoqué au combat Thy mutés *", celui-ci ne 
répondit pas ; mais Mélanthus^'^ .^ le Pylien, fils d'Andropompus, engagea un combat sin- 
gulier avec lui, et ayant vaincu.^ il régna. Depuis lois, la fêle des apatouriôn'', cest-à- 
dire de la fraude, fut célébrée à Athènes^ parce qu'il y avait eu fraude '*. » 

Cxsrofi parle ainsi des Athéniens : « Nous placerons aussi successivement les rois des 
Athéniens en commençant avec Cécropos, surnommé diphyes, c est-à-dire de double 
race, et en finissant avec Thy mutés. Tout le temps de ceux-ci, qui sont appelés Erech- 
tides, est de k30 ans. Après eux Mélantus, le Pylien, fis d' Andropompus, reçut la 
royauté, et après lui son fis, Codrus, pendant 58 ans^^ . 

[33] A cette époque commença le royaume des Latins, qui furent ensuite appelés 
Romains, et qui sont le peuple Franc *\ 

A cette époque, sept généraux firent la guerre des Centaures. Les uns disent 
qu'elle précéda la destruction d'ilion. — D'autres disent que du temps où régnait 
Priame, [fils de] Laomédon, ses fils : Polyxène^ Alexandre, qui est ce Paris, qui ravit 
Hélène, et leurs seize frères firent la guerre. Androgée fut tué, et Ilion détruite ^^. 



1. E. a. 839. — 2. Cf. H. a. 836. — 3. Ms. : Annialos. 

4. Ms. : 261, plus bas : 962 ans. — 5. ZsuStitTroc. — 6. îepsïs toO Kapvîoy é'5. Le syriaque a omis un 

o; lire : ûioPo o "Stt*jl;o^ — 7. XapcS^iJLOc, — 8. H. a. 889; Arm. 888. Comp. Eus., I, coll. 174-178, 
— 9. 0u(ji.o(ty];. — 10. MÉXavOo; Av5p07t6ti.7ro\J llyXto;. — 11. v| Toàv 'AuaTOupîwv kopxr\. — 12. Cf. H. a. 
889; Eus., I, coll. 183-186. — 13. Ibidem; cf. I, coll. 185-186. — 14. Cette mention dépend sans 
doute, comme les précédentes, des tableaux chronologiques ; cf. H. a. 838. — 15. Le texte de 
ce passage paraît altéré. 



LIVRE IV. CHAP. VII 57 

En la 2" année de Samson, [34] commença à régner sur les Assyriens le 
28° roi, TeutîcusS pendant 40 ans. — En Tan 19 de Samson, mourut Zôs ^ qui fut 
enseveli en Crète. II vécut 780 ans. A. cause de sa longévité on le surnomma 
Zôs; il s'appelait Dios. 

Après Samson, les enfants d'Israël furent sans juge pendant 12 ans. Jean 
dit que Samgar succéda à Samson, pendant 40 ans, comme il est aussi écrit dans 
l'hébreu ; les LXX disent 20 ans, et Andronicus 10 ans seulement. Africanus 
dit que les Anciens gouvernèrent pendant 40 ans, parce qu'on était en temps de 
paix et de tranquillité; et ils restèrent sans prince pendant 30 ans. 



[A cette époque] le temple d'Artémisia fut bâti, et Samson s'illustra au point 
qu'on compara même ses actions ;» celles d'Hercule ^ — Ascaiiius, [fds d'I'hiée, 
fonda la ville d'Albe*]. 

Histoire de la destruction de la grande pilh dl/ion. — En Fan 8 de Samson^, 
Alexandre Paris, roid'Ilion, alla présenter des offrandes à x\polIon, dieu des païens, 
dans la contrée de l'IIellade, alors qu'il était âgé de 33 ans, sur le conseil de son père 
dans le but d obtenir un fds. S'étant rendu chez INIénélas, roi de Sparte, il vit sa 
femme Hélène qui était belle: il l'enleva et revint à Troie, dans le pays de Phrygie, 
près de son père, sans avoir présenté des offrandes. Ménélas, en voyant ce qui 
était arrivé, appela à son secours vingt rois^ avec leurs navires, au nombre de 
douze cent cinquante, et commença la guerre qui dura dix ans, jusqu'à l'an 18 de 
Samson*. Ensuite Ulvsse tua Alexandre et prit Hélène qui avait déjà eu trois enfants. 

Ces choses ont été écrites par le sage Damastès' qui assista à cette guerre. Ilion fut 
détruite. 

A cette époque arrivèrent les choses concernant Ulysse qui échappa à Scvlla, qui 
était un navire [des Tvrrhéniens] ayant coutume de dépouiller les navigateurs**. Palé- 
phatus raconte, [34] dans son premier livre des Incroijahles, que les Syrènes étaient 
d'autres barques" qui tendaient des pièges à ceux qui naviguaient. 

Ici se place la prise de Haziri, fils de Calydonlus, par Méléagre'", 

Ici Ulysse échappa au navire des Tyrrhéniens" ; et Pyrrhus fut tué par Oreste à 
Delphes*', dans le temple d'Apollon, avant été trahi par le prêtre Machareus". Quel- 
ques-uns disent que de son temps vivait Homère'*. 



1. Tî'jTaïo;; H. a. 843. — 2. Zeus. J'ai conservé la forme pour montrer le jeu de jnols. 

3. E. a. 841. —4. H. a. 845; Arra. 84 i; suppl. d'après le grec. — 5. E. a. 848. — 6. Ms. : 8 
(^ pour >*"). — - 7. Lire uiû.>^£a.\>^^ AapLaffTv^ç; Eus. Chr., I, col. 278, — 8. Tel paraît être le sens de la 
traduction; cf. E. a. 847. — 9. Hier, dit « meretrices », au lieu de (c liarques » — 10. Sic ms. ; le 
traducteur a fail, un nom propre de \i*y^ « sanglier ». — 11. Cf. E. a. 847. — 12. Lire : aa\,= . — 
13. Mâ/ottpî'j;; II. a. 803; Arin. 857. — li. Lire : .ûoo;*-*!, cl : ori-s P (au lieu de : wiûo) ; cf. H. a. 853. 
1. 8 



58 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Le prêtre Hélijugea le peuple pendant 20 ans, selon les LXX; pendant 40 ans, 
selon riiébreu. Héli vécut 78 ans ; il était devenu chef à Fâge de 38 ans. 

En l'an 18 de son gouvernement, ou 19 selon d'autres, naquit Samuel. — En 
l'an 20 d'Héli, Samuel lui futprésenté comme voué [au Seigneur]. 

CHAPITRE YIII. — Après la mort d'Héli, l'Arche du Seigneur demeura chez 
Aminadab pendant 20 ans'. — En l'an 42 de la vie de Samuel, Tan 20 de son 
gouvernement, les enfants d'Israël demandèrent un roi. 

Ici finit le temps des Juges et commença le royaume des Israélites, quand 
Said, leur premier roi, commença à régner, pendant 40 ans. 

On compte, depuis Adam jusqu'à Saiil : 4221 ans; — depuis le Déluge jusqu'à 
Saùl : 2135 ans; — [3o] depuis la mort de Moïse et l'avènement de Josué : 
410 ans. — Selon le comput des Syriens : 3008 ans. 

En Tan 3 de Saiil, il vainquit les Amalécites. — En l'an 10 [de Saïd], naquit 

Tisamenus, fils d'Oreste, régna sur les Mycéniens -_, et après lui Penthis et Comè- 
tes; on compte pour eux, ensemble, 5G ans^ jusqu'à la descente des Iléraclides, d'a- 
près certains auteurs. 

Ici se place l'incendie du temple d'Ephèse par les Amazones •^; et le premier jeu * 
des Lyclcns fut institué. 

D'autres disent que la ruine de Troie survint du temps de Iléli, et qu Enèe, le 
premier roi des Latins, y régnait; qu'à cette époque aussi Hercule périt dans le feu. 

A cette époque ^ llorissait le poète Homère. Il y a beaucoup d'incertitude à son 
sujet chez les chroniqueurs. Les partisans de Cratès le placent avant la descente des 
Iléraclides; ceux d'Eraslhothénès, cent ans après la destruction de Troie; ceux 
d'Aristarchus ^ du temps de la migration ionienne qui eut lieu 140 ans après; ceux 
de Philochorus le placent du temps du magistrat Archippus dont il parle parmi les 
événements postérieurs de 180 ans à la ruine de Troie; ceux d'ApolIodore l'Athé- 
nien le mettent 240 ans après l'afFaire de Troie; d'autres le placent un peu avant les 
olympiades [3o], c'est-à-dire 400 ans après la destruction de Troie, d'autres enfin, 
d'après Archilochus, à la XX1H« olympiade ^, 500 ans après la ruine de Troie. 

A cette époque^ eut lieu la descente des Héraclides dans le Péloponèse. — - A cette 
époque le royaume des Mycéniens pi-it fin après avoir duré 207 ans, et avoir eu 7 rois. 
— A cette époque commença le royaume des Lacédèmoniens et celui des Corinthiens^ . 



1. Cf. H. a. 901. 

2. 'Oplaxo; ^ai Ti(7a[xev6; xat IlévÔiXo? xai Ko[/.r,Tr,ç (Eus., Chr., I, col. 180). Cf. H. a. 860. — 3. H. 
a, 871. — 4. "O Twv A-Jxtwv àywv upwTo; ; H, a. 875. ^ 5, E, a. 815. — G. Ms. : Aristote; lire : 
uioa3^|.^Ai*»|, 'Apc(7Tap7o;. — 7. Lire : >^^. — 8. tl. a. 91(). — 9. Ces iiieiitioiis se rapportent pro- 
bablement aux tableaux chronolog'iques. 



LIVRE IV. CHAP. IX 



59 



David, — En Fan 23 de Sai'il, David fut oint par Samuel, âgé de G8 ans; David 
avait 12 ans, ou 13 selon d'autres. — En Fan 28 (ou selon d'autres, en l'an 30) de 
Saiil, David tua Goliath. — En l'an 31 eut lieu la fête de Naioth' de Ramata; et 
Saiil prophétisa avec les prophètes. — En l'an 35 de Saùl, mourut Samuel, — En 
Tan 30 de la naissance de David, 17 ans après son onction, et 5 ans après la mort 
de Samuel, Saiil et ses fils furent tués à la guerre. 

CHAPITRE IX. — Après que les Hébreux eurent eu des Juges, depuis Moïse 
jusqu'au prophète Samuel, surgit Saùl qui fut proclamé roi; après avoir régné 
40 ans, il fut tué. 

Alors, les enfants de Juda firent régner David qui avait reçu l'onction. Il 
régna à Hébron pendant 7 ans. Il fut ensuite oint de nouveau. C'est lui qui 
bâtit Sion, et il régna dans Jérusalem pendant 33 ans. 

En l'an 10 de son règne, David fît monter l'Arche du Seigneur, devant laquelle 
il chanta. 

Nathan, le prophète de David, de Gabaon% lui enseignait la Loi du Seigneur. 
Quand il vit que David était enflammé [d'amour] pour Bethsabée, il s'efforça de 



En l'an 2 d'Eurystheus ^, premier roi 
des Lacédéinoniens, Alétès'^ fut institué 
comme premier roi des Corinthiens, et 
ses enfants [lui succédèrent] jusqu'à lu 
révolte de Kypsélos^. 

A Lacédémone, il y avait deux royau- 
tés simultanément, [divisées] entre deux 
familles descendant l'une et l'autre 
d'Hercule ®. 

En l'an 9 de Samuel", le 4" roi des 
Latins, ^Eneas [Sylvius^, commença à 
régner pendant 31 ans. — En l'an 12 du 
même, Dercyhis ^ commença à régner 
sur les Assyriens, pendant 40 ans. — 
En l'an 27 de Samuel® commença à ré- 
gner sur les Athéniens leur 17" prince 
Codrus*" pgj^fJm^^ 50 ans. 



Lorsque Ahimélek et ses huit fds eu- 
rent été tués par Saiil à cause de David, 
le grand-prêtre Abiatar celui, dont le 
saint [3o] livredel'Évangile fait mention, 
exerça ses fonctions. Il fut le 15'' dans 
la série. Jacques d'Édesse ne le compte 
pas parmi les grands-prêtres, mais après 
Ahitob, il mentionne Sadoc, et après 
Sadoc, le 12°, Ahimélek, [ensuite] Aza- 
rias [le 13"] pendant 22 ans, et après lui, 
le 14*^, Amarias, pendant 60 ans, puis 
Ahimélek, le 15", qui exerça 29 ans, jus- 
qu'à ce qu'il fût tué par Saul, Après 
lui, il ne mentionne pas Abiatar, mais 
Joïada. 

Nous arrivons [ainsi] jusqu'à David, 
qui fut prophète et roi, et qui est aussi 



1. Ms. : Yonat, comme la Pesitta. Cf. I Sam., xix, 18 sq. — 2. Ms. : Geda'on. — Ce passage est 
tiré de la Vie des Prophètes du pseudo-Épiphane, cf. Migne, Patr. gr., t, XLIII, col. 318-428. 

3. Eùpuo-Osûç ; E. a. 916. — 4. 'A).r,xr)?, — 5. (J-éxpi xri; Ku'i/ïXXou Tuppavioo?. Eus., Chr., I, col. 220. 
— () Cf. Chr., I, col. 222-225. — 7. E. a. 909. — 8. AÉpv.uXo;. — 9. E. a. 927. — 10. Kôopoç. 



60 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



venir l'en détourner; mais Satan Tarrôta en route. II trouva un mort assassiné, 
dépouillé et abandonné; il s'attarda' [36] pour l'ensevelir; cette nuit môme, il 
connut que le péché avait été consommé, et s'en retourna en pleurant. Après 
que David eut fait tuer Urie, Dieu envoya Nathan pour réprimander David. Da- 
vid craignit le Seigneur; il fut réprimandé par Nathan pour son dérèglement; 
il ajouta foi à tout ce que lui dit le prophète au sujet delà mort de l'enfant. 

En l'an 39 de David, il répartit les familles des Lévites ; il en établit 288 
comme chantres, qu'il divisa en vingt-quatre classes, qui devaient chanter douze 
par douze. 

David combattit contre les nations environnantes et les vainquit toutes. — Il 
vécut 70 ans et en régna 40. 

CHAPITRE X. — Salomon commença à régner à l'âge de 12 ans et régna 
40 ans. Il chassa le prêtre Abiatar, et tua Adonias et Joab. — La 4^ année de 



A cette époque le Péloponèse fit la 
guerre h Athènes^ ; [à cette époquej eut 
lieu la descente des Amazones et des 
Cimmériens en Asie ^. 

A cette époque ^, prophétisaient Cad, 
Natan et Asaph. 

Natan dit ^ : « Pourquoi n'as-tu pas 
fait savoir h ton serviteur qui siégerait 
sur le trône de mon seigneur?» — Gad 
dit '' : (( Laisse-moi et je verrai ce que 
je répondrai à celui qui m'a envoyé; 
caria paroledu Seigneur est sur Israël. » 
— Gad le prophète dit à David ^ : « Bâtis 
un autel au Seigneur dans l'aire d'Or- 
nan le Jébuséen « ; et Nathan lui dit^ : 
« Tu ne bâtiras point la maison du Sei- 
gneur )), et il le réprimanda à cause de 
la femme d'Urie. — Asaph était un des 
chantres devant l'arche. 



compté parmi les prêtres. Il mangea le 
pain des prêtres , il revêtit l'éphod, 
il établit Asaph et lui confia [le soin 
de diriger] les chantres-' . C'est à cette 
époque que commença la coutume de 
chanter roffice àhi troisième, à la sixième 
et à la neuvième heure. [36] Il classa 
aussi les familles sacerdotales, et les 
rangea l'une après l'autre; elles furent 
au nombre de 24'*^. 

Après que Salomon eut chassé Abia- 
tar du souverain pontificat, vint Sadoc, 
comme grand-prêtre pour lepeuple, pen- 
dant 19 ans. Ceci d'après Androiiicus et 
un autre". — Jacques d'Edesse dit qu^à 
Joiada succéda le 17» grand-prêtre, Aza- 
rias, qui exerça pendant un temps indé- 
terminé, car il ne l'indique point, non 
plus que les années de Joiada. C'est 



1. Lire : 9<NS. 

2. H. a. 931 et 947; Arm. 936. — 3. H. a. 940; Arm. 939. — 4. H. a. 948. — 5. II Sam., r, 27. 
— 6. II Sam., xxiv, 13. — 7. I Chr., xxi, 18. — 8. II Sam., vu, 2; I Chr., xvu. 

9. Cf. I Chr., xvr, 17. — 10. I Chr,^ xxiv. — 11. Sans doule Jean, plus haut mentionné. 



LIVRE IV. GHAP. X 



61 



son règne, il commença la construction du Temple et l'acheva en sept ans, sur 
le mont Moriah^, qui est Jérusalem. 

On compte depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la construction du Temple 
G37 ans (dans certains manuscrits 610). Dans le livre des Rois il est écrit que le 
Temple fut bâti 480 ans après la sortie du peuple, parce qu'on omet de compter 
les années pendant lesquelles les ennemis dominèrent sur Israël, Paul compte 
de môme; expliquant le livre de Jérémie 2, il dits ; « Pendant 450 ans il leur 
donna des Juges [37] jusqu'à Samuel. )> — Depuis Abraham jusqu'ici [on compte] 
985 ans, et, selon Andronicus : 1115 ans; selon Annianus : 1092 ans; et depuis 
ici jusqu'à la captivité de Babylone et à la destruction du Temple, d'après les trois 
[autorités] : 441 ans, sans compter les 10 ans qu' Annianus diminue à Amon. 
— D'Adam à la construction du Temple [il y a] 4168 ans. 

En l'an 11 [de son règne, Salomon fit la dédicace du Temple bâti] sur l'aire 
d'Oman le Jébuséen. [11 avait] 60 coudées de longueur, 20 de largeur et 30 de 
hauteur'. 



En l'an 28 de David ^ furent bâties 
Ephèse et Samos". La ville de Gumes 
fut bâtie en Italie '^ . — Cartilage fut 
bâtie par le Tyrien Carchédon *^. D'au- 
tres disent que la nommée Didon la 
bâtit ; qu'elle fut bâtie 143 ans après la 
ruine de Troie; et qu'elle s'appelait au- 
paravant Origo'-^. 

En l'an 16 de David mourut Nahas, 
roi d'Ammon *^. 

En l'an 18 de David, Ilannon prit à sa 
solde les rois d'Aiam et de Harran : 
Joab et Abisaï s'avancèrent contre eux, 
les défirent, et assiégèrent [36] la ville 

de Rabbath; c'est à cette époque que David fit tuer Urie". — En l'an 30 de David, il 
tua les quatre géants de Geth^^; jusqu'à la fin de &on règne, il y eut dos géants 
fameux parmi les nations ; il anéantit la race des géants. 



pourquoi nous avons noté ce qu'ils di- 
sent tous les deux, dans ce mémorial qui 
lait connaître la succession sacerdotale; 
et voila pourquoi notre discours s'est 
ainsi prolongé. — Après Azarias, il en 
place six l'un après l'autre; il n'indique 
pas le nombre d'années de chacun d'eux^ 
mais seulement leurs noms ; il dit ceci : 
« Après Azarias, le 18'' grand-prôtre fut 
Selloum, le 19" Amazias, le 20" Ilelcias, 
le 21" Saraias; le 22" Azarias, et le 23*^ 
Sadoc. » 



1. Ms. : « sur le mont des Amorrhéens », conformément à la vers, syr., II Chr., iti, 1. — 2. Ou : 
« après la lecture du livre de Jérémie »? — 3. Act. Apost., xrn, 20. — 4. Cf. II Chr., m, 1-3. 

5. H. a. 908. — 6. H. a. 972. — 7. Arm. a. 981. — 8. H. a. 968. — 9. II. a. 974; Arm, 978; cf. 
j, 1003. — 10. II Sam., x, 1; I Chr., xix, 1. — 11. II Sa.m., x, xr. — 12, II Sam., xxi, 22. 



62 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

En Fan 34 de Salomon, il abandonna le Dieu d'Israël, et il bâtit un autel sur 
la montagne qui est en face de Jérusalem àKamos, [dieu] de Moab et à Malkôm, 
[dieu] des Ammonites, dans le lieu où avait été édifié l'autel d'Aphrodite, déesse 
des Grecs*. Le Temple avait été bâti en sept ans [et le palais royal fut bâti] en 
treize ans*. Sa longueur était de 100 coudées, sa largeur de 50, et sa hauteur 
de 30. Il fit pour le Temple des boucliers d'or, une mer d'airain et des bœufs. 

Il détruisit Antioche ; il bâtit Palmyre, qui est Tadmor^ et Mello, et Ilazôr et 
Mageddo, et Gézer, et Beth-Horon inférieure, et Balaath ; [en tout] sept villes ^ 

L'année d'avant l'avènement de Salomon* naquit son filsRoboam, de Na'ama, 
l'Ammonite. 

A Damas régnait Hadad, qui fut l'ennemi d'Israël pendant toute la vie de Sa- 
lomon. — Salomon mourut à l'âge de 52 ans. 



En l'an 32 de David, Eupalès-' commença à régner sur les Assyriens, pendant 
38 ans6. 

Faisons savoir comment le royaume des Athéniens prit fin. Jean dit que 
quand les Péloponésiens attaquèrent les Athéniens, Codrus, roi des Athéniens, s'étant 
livré lui-même, selon une prédiction qui lui avait été faite, et étant mort, aucun roi ne 
s'éleva plus parmi les Athéniens ; mais ils établirent des juges qu'ils appelaient u juges 
à perpétuité », c'est-à-dire pour tout le temps de la vie de chacun d'eux. Le premier 
de ces juges fut Médon^ pendant 20 ans*, et le second Acastus^, qui commença à 
régner en l'an 28 de David, pendant 36 ans. 

Au début du rèsne de Salomon, commença h régner sur les Tvriens Iroumos, [c'est- 
h-direj Hiram, qui envoya à Salomon, pour l'aider à construire le Temple, 80.000 ou- 
vriers **'. 

A cette époque, Vaphrès commença h régner sur l'Egypte et l'Ethiopie (?)*'. 
Lui aussi, envova à Salomon 80.000 hommes de secours pour la construction [du 
Temple], ainsi que le raconte Eupolémos. 

En l'an 10 de Salomon*^, Laosthénès*^ commença h régner sur les Assyriens pen- 
dant 15 ans, et Alba sur les Latins pendant 39 ans. 

Quelques-uns disent qu'Homère et Hésiode vécurent à cette époque,^* et que Car- 
thage fut fondée par Didon*^. 



1. Cf. I Reg., xr, 7. — 2. Cf. ihid., vir, 1, 2. — 3. Cf. I Reg., ix, 15 sqq. — 4. D'après I Reg., 
XIV, 21, où il y a une erreur évidente. 

5. EÙTrâxfAïi;. —6. E. a. 952 = 12 de David. — 7. MIômv ; H. a. 947; Arm. 948. — 8. Ms. 24 ans. 
— 9. "AxaCTTOç. — 10. I Reg , v. — 11. Le texte est altéré; peut-être à lire : l^»**'-^ o,joio z=i l'Ethiopie 
ou l'Arabie heureuse (?). - 12. E. a. 990. — 13. Aaoaeévr,;. — 14. H. a. 998; Arm. 1001. — 15. II. 
a. 1003; Arm. 1005. 



LIVRE IV. CHAP. XI 63 

Après la mort de Salomon le peuple fut troublé et le royaume divisé. — Jé- 
roboam, fils de Nabat, régna à Thersa sur dix tribus, [38] pendant 22 ans; il 
ne resta autour de Roboam, fds de Salomon, que deux tribus seulement, qui 
furent appelées Juda ; et, de là, tout le peuple fut surnommé « juif ». 

CHAPITRE XI. — Roboam régna à Jérusalem pendant 18 ans; il vécut 
58 ans. 

Dès le début de son règne, Jéroboam régna^ à Thersa, sur Israël, pendant 
22 ans. Jéroboam fît deux veaux d'or : un à Dan et l'autre à Béthel*. Le prophète 
Seméia étant venu de Judée le blâmer de son péché, Jéroboam porta la main 
sur le prophète et elle se dessécha^ Il bâtit Sichem, dans la montagne d'Ephraïm, 
et y habita; ensuite, il bâtit Phanuel et y habita'; enfin il fortifia la ville de Thersa 
et y demeura tout le reste de sa vie. 

En l'an 24 de Salomon, fut établi le 3'' juge des Athéniens, Archippus *, pendant 
19 ans. 

En l'an 34 de Salomon finissent les 178 années de la [XX®] dynastie des Egyptiens, 
et la XXI® dynastie commença, en Egypte, avec Smendis ■^. — Jéroboam s'enfuit près 
de celui-ci, pour échapper au massacre, et resta là [37] tout le temps de la vie de 
Salomon *'. 

En l'an 32 de Salomon, prophétisa Acliias de Silo^. A propos de celui-ci [lEcri- 
ture rapporte qu'il annonça h Jéroboam qu'il deviendrait roi] et lui dit : « Certes, tu 
régneras^ . » — Epiphûné dit^ : « Achias prophétisa de Salomon qu^il irriterait le Sei- 
gneur. Il reprit Jéroboam qui agissait insidieusement avec le Seigneur. Il vit dans 
une vision '"^ un couple de bœufs qui piétinaient le peuple et se précipitaient sur les 
prêtres. Il prédit à Salomon que les femmes l'éloigneraient du Seigneur. Il dit aussi 
à Jéroboam : Par tes deux veaux d'or, tu seras un scandale pour tout Israël^*. Il 
mourut et fut enseveli devant le chêne de Silo. » 

Hiramus, dont Salomon épousa la fille, commença à régner sur les Tyriens ; 
comme raconte Tatianus : « Salomon abandonna Dieu et servit la milice des faux 
dieux des peuples païens. » 



1. I Beg., xir, 29. — 2. Ibid., xiir, 1 sq. — 3, I Reg., xii, 25. 

4. "Aç>xi%no',. — 5. S[x£v5cç. — 6. I Beg., xii, 2. — 7. H. a. 1001; Arm. 996. — 8, Cf. I Reg., 
XI, 37. — 9. Michel a inséré dans sa Chronique les Vies des Prophètes du pseudo-Épiphane. Il existe 
plusieurs recensions du texte grec ; c'est généralement avec la plus courte que s'accorde la traduc- 
tion syriaque employée par Michel. Le texte syriaque a été édité par Nestlé, Syrisch Grammatik, 
Berlin, 2'^ éd., p. 102 sqq. — Les textes grecs sont reproduits dans Migne, Patr. gr., t. XLIII, 
coll. 393-428. Pour Achias, cf. col. 425. — 10. Lire : l»-© (Add. nis. 17193, fol. 31). — 11. Cette 
phrase n'est pas dans le grec, ni dans le ms; add. 17193. 



64 



GHRONIOUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Le prophète Séméia est celui qui disait à ceux de Juda, quand ils voulaient 
monter combattre contre Israël pour restituer le royaume àRoboam*: « Ne montez 
point combattre contre vos frères : car cette sentence a été portée par le Seigneur 
contre la maison de David. C'est lui qui a pris le vêtement, qui l'a déchiré en 
douze parts et a donné ces dix à Jéroboam. » 

En l'an 3 de Roboam, le 4« juge des Athéniens, Tersippus \ gouverna pen- 
dant 44 ans. — En l'an 15 de Roboam, Pertiadès' commença à réener sur les 
Assyriens, pendant 30 ans. 



En l'an 5 de Roboam, le roi d'E- 
gypte^*, Sésac, monta contre Jérusalem 
excité par Jéroboam ; il prit les boucliers 
d'or qu'avait faits Salomon; Roboam les 
remplaça par d'autres de bronze^. 

A cette époque Smyrnc fut bâtie ^. 
' En l'an 6 de Roboam^, fut institué le 
4° juge des Athéniens, Thersippus , 
pendant 41 ans. 

En l'an 9 de Roboam, le 7" roi des 
Latins, Epentus^, commença à régner 
pendant 26 ans. 

Tandis que Jéroboam régnait en Sa- 
marie, il se dit en lui-même : « Si le 
peuple monte, selon la coutume, prier à 
Jérusalem, leur cœur se tournera vers 
Roboam, leur maître. » C'est pourquoi il 
fit des veaux d'or, [et il leur dit] : « Ces- 
sez d'aller [38j à Jérusalem. Voici tes 
dieux, ô Israël, qui t'ont fait sortir d'E- 
gypte. 1) Ce fut un péché pour tout le 
jienple '\ 

Tandis que Jéroboam sacrifiait, Sé- 
méia, Joiada et un vieillard *^ qui de- 
meurait à Bethel prophétisaient. — 



[37] Ici nous indiquons combien de mots 
li y a dans chacun des Livres de l' An- 
cien Testament jusqu^ à Salomon. 

Dans le livre de Moïse : 14100 mots; 

Dansceluide Josuéfds de Noun: 1953 ; 

Dans celui de Ruth : 246; 

Dans celui des Justes : 2084; 

Dans ceux de Samuel : 3431 ; 

Dans celui de David : 4830; 

Dans les Proverbes de Salomon : 1762; 

Dans celui de la Grande Sagesse : 551 ; 

Dans celui de l'Ecclésiaste : 427; 

Dans le Cantique des cantiques : 496. 



Eusèbe dit que du temps de Jéroboam ^ 
fils de Nabat, florjssait le grand-prôtre 
Abimélek. Jean dit qu'après Sadoc vint 
Ahimélek. Jacques d'Edesse dit : « Après 
Sadoc vint Josédek, pendant 20 ans. Il 
est célèbre parmi les grands-prêtres. » 
Mais Andronicus place Sadoc le 16^ et 
dit qu'il exerça le souverain pontificat 
8 ans; il eut pour successeur, dit-il, 
le grand-prêtre Azarias^ pendant 33 ans. 



1. I Beg., xrr, 2.\\ cf. xi, ,'}0. — 2. 0lp<nùno;. — 3. nsp-ctâori;. 

4. Susachim, So'Jcray.î'iA ; cf. Arm. a. 1025 {= 5 de Roboam); H. a. 1030. — 5. I Reg., xiv, 26; 
II Chr., xir. — 6. II. a. 1031. — 7. II. a. 1023 (= an 3). — 8. H. : Aegyptus; Arm. : Epistus; 
Sync. : 'AiyjuTio;. — 'J. I Itcg., xir, 27-30. — 10. Lire : ia-œo Nx,*a* ('). 



LIVRE IV. GHAP. XII 



65 



CHAPITRE XII. — [39] Après Roboam, son fils Abia régna sur Juda, pendant 
3 ans. — Jéroboam rassembla contre lui huit cent mille hommes. Les habitants 
de Juda s'assemblèrent au nombre de quatre cent mille, et Jéroboam fut vaincu ; 
ceux d'Israël furent dispersés et il en périt cinq cent mille *. Abia prit quatorze 
femmes; il eut vingt-quatre fils et seize filles ^ 

Quand Abia mourut, son fils, Asa, régna comme roi de Juda, pendant 41 ans ; il 
vécut 60 ans. Asa creusa une grande fosse à Mispha, en face du roi d'Israël. 



Joiada blâma Jéroboam et dit ^ : « Autel ! 
autel ! écoute la sentence du Seigneur : 
Voici qu'un fils est né à la famille de 
David ; Josias est son nom ; il sacrifiera 
sur toi les prêtres et fera brûler sur toi 
les ossements des hommes. Et voici le 
signe que le Seigneur m'a envoyé : 
L'autel va se briser, et la cendre qui est 
dessus se répandre. » — Et il en fut alnsi^. 
Pour cela. Jéroboam étendit la main 
pour le tuer ; mais sa main se dessécha. 
Ayant ensuite supplié le prophète, ce- 
lui-ci pria pour lui et sa main guérit. 
Mais [le prophète] ayant mangé le pain 
et enfreint le commandement du [Sei- 
gneur], fut mis en pièces par un lion. 

Epiphane ^ dit ceci à propos du pro- 
phète qui blâma Jéroboam ; « Joiada ^' le 
prophète était du pays de Samarie : 
c'est celui qui fut tué par un lion après 
avoir réprimandé Jéroboam à cause des 
veaux à l'aide desquels il fit errer tout 
le peuple d'Israël. Il fut enseveli h Reth- 
el, à côté d'Abiatan\ le vieux prophète, 
qui l'avait trompé. » 



Ces grands prêtres dont le nom et le 
nombre des années sont indiqués dans 
ces chroniques, furent des hommes 
célèbres. Mais nous les avons tous pla- 
cés dans cette série, parce que cela est 
nécessaire pour les sages qui veulent 
[38] connaître la succession du sacer- 
doce. On trouve une grande sollicitude 
[à exposer] la succession de la série de 
ces grands-prêtres dont les noms sont 
écrits différemment. Mais les chroni- 
queurs ne pouvaient affirmer le nombre 
exact des années de chacun d'eux; non 
plus que le nombre des années de tous 
les rois; chacun d'eux les a disposées 
et arrangées comme il a pu et comme il 
lui a paru convenable. 

C'est pourquoi Andronicus après avoir 
placé [Azarias] comme le 17" grand- 
prêtre, auquel il attribue 33 ans, dit : 
<( Après lui vint Ahima'aç", qui fut le 
18'' et qui exerça pendant 12 ans. w A 
celui-ci succéda, dit-il, Ahimélek, le 
19% à qui il attribue 32 ans, selon l'ordre 
de succession qu'il propose dans son 



1. Cf. II CAr., xtrr. — 2. Cf. Ihid., 21. 

3. I Beg., xiir, 2. — 4. II Reg., xxiii, 16. — 5. Cf. Patr. gr., XLIII, 425. — 6. Gr. : 'Itoâg [var 
'IwâpJ. — 7. Le nom du faux prophète n'est pas dans le grec. 

8. Lire : v»a-.l, d'après la table. Cf. BH., Chr. eccl., I, 11. , 



66 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 15 d'Asa, il fit brûler les idoles et chassa les efféminés de la région'. 
Il 'éloigna même du royaume sa mère qui célébrait des fêtes en l'honneur d'As- 
tarté, et il brûla son idole. 

En l'an 29 d'Asa, Ela commença à régner sur Israël, pendant 2 ans. En- 
suite Zamri^ ayant tué Ela, fils de Baasa, son maître, régna sept jours. Puis 
le peuple d'Israël se divisa : une partie suivit Tebni, une autre Amri; le parti 



En l'an 2 d'Abia , les ofuerriers de 
Juda se réunirent au nombre de quatre^ 
cent mille, et ceux d'Israël au nombre 
de huit cent mille ; ceux de Juda tuèrent 
cinq cent mille d'entre ceux d'Israël. 

A cette époque prophétisaient : celui 
qui était près de l'autel de Samarie, Jéhu, 
Joël, Azarias, Ananias, Jopas, qui est 
'Addo 3. 

A cette époque, le roi Kousite Zùrah, 
ayant pris avec lui les Libyens^, vint 
faire la guerre [39] contre Juda ". Asa 
s'avança, fut vainqueur et le battit à Gé- 
rar^. Ce fut en l'an 10 d'Asa. Les 
f^thiopiens et les Libyens étaient onze 
cent mille. — Le prophète Azarias en- 
couragea le roi Asa^. 

[A cette époque] les Thraces traver- 
sèrent le Strymon et occupèrent la Bé- 
brycie qui est appelée Bithynie ^. 

Baasa, roi d'Israël, bâtissait la ville de 
Ramatha^ lorsqu'il engagea la lutte avec 
le roi Asa. 

A cette époque prophétisait le pro- 
phète Joël, qui est le même qu'Azarias, 
fdsde 'Addo'". 



livre sur les grands-prêtres du peuple 
d'Israël, qui exerçaient le ministère 
symbolique qui tire son origine de Moïse 
et d'Aaron le premier prêtre. 

Jean dit que du temps où se trouvaient 
en Juda : Josaphat, Joram et ceux qui 
gouvernèrent après eux, et du temps des 
rois d'Israël : Joram, Ochozias, Athalie, 
Joas et de ceux qui vinrent après, flo- 
rissait, comme grand-prêtre du peuple, 
pendant 23 ans^*, Joiada^ qui seul, après 
Moïse, vécut plus que lui ; Eusèbe atteste 
aussi cela en faisant connaître le temps 
de la vie [89] de ce Joiada*^. — Jacques 
d'Edesse place plus tard cet illustre vieil- 
lard et dit qu'il fut le 28°. De même, le 
chroniqueur Andronicus place ce Joiada 
le 22"^ dans la série et dit qu'il fut grand» 
prêtre 42 ans. Quant auxu deux » qu^il 
ajoute h ceux dont il a parlé, il y a une 
variante dans la chronique. C'est pour- 
quoi_, quelques-uns ont pensé qu^il s'a- 
gissait peut-être d'un autre Joiada. Mais 
Jacques d'Edesse dit que le 24" fut Jo- 
sédek, pendant 34 ans; que le 25^ fut 
Jésus; qu'à celui-ci succéda un autre Jo- 



1. Lire : Wi\ ^. Cf. I Reg., xv, 12, 13. 

2. Lire : ) (et non ') ; cf. II Chr., xiii, 3. — 3. H. a. 1044; lire : "^^ ow. Cf. le texte grec qui 
diffère sensiblement. — 4. taoloiàb. : le traducteur a conserve l'accusatif : AtSJo;. — 5. II Chr,^ xiv. 

— 6. Septante : riSwp. — 7. Lacune dans le ms.: sens traduit d'après II Chr., xv. — 8. H. a. 1045. 

— 9. II Chr., XVI. — 10. Cf. ci-dessus, 1. 14, et H. a. 1044. 

11. 23 ou 53; le chiffre est incertain. — l2. H. a, 1223; Arm, a. 1225. Cf. II. Chr., xxiv, 15. 



LIVRE IV. GHAP. XII 



67 



d'Amri prcvalut; Tebni mourut, et Amri régna 6 ans. Zamri, en voyant que le 
peuple acceptait Amri, incendia le palais royal et s'y brûla. Amri, après avoir 
régné à Thersa pendant 6 ans, acheta la montagne de Samarie de Samér, son 
propriétaire, et il y bâtit une ville qu'il appela Samarie. Samarie est la même qui 
fut ensuite appelée Sebastia, qui est Naplouse. — Amri régna 12 ans. Le royaume 
[40] d'Israël avait eu son siège à Thersa pendant 56 ans '. 



Le roi Asa, ayant été attaqué par 
Baasa, prit à sa solde Bar-Hadad, roi 
de Syrie, et lui envoya de l'argent et 
de l'or, tirés de son trésor et du tré- 
sor du Seigneur ^. 

En l'an 15 d'Asa, Câmpysos^, le 8® roi 
des Latins, commença h régner pendant 
28 ans. 

En l'an 24 d'Asa, fut institué le 5" 
juge des Athéniens, Phorbas^, pendant 
31 ans. 

En l'an 25 d'Asa, Ophratanis^ com- 
mença h régner sur les Assyriens, pen- 
dant 20 ans ^ 

En l'an 29 d'Asa, Éla, fils de Baasa, 
4e roi d'Israël, commença à régner pen- 
dant 2 ans. 

En l'an 30 d'Asa fut bâtie Eplièse. 

A cette époque prophétisait Jéhu "^ . 

Epiphane ^ [dit] : « Celui-ci dit à 
Baasa, roi d'Israël : Ainsi a dit le Sei- 
gneur : Je t'ai élevé de la terre, et tu as 
marché dans la voie de Jéroboam, fils 
de Nabat; c'est pourquoi j'accumulerai 
les maux sur Baasa et sur sa maison. 
Celui qui mourra de faim dans sa maison 
sera dévoré par les chiens, et celui qui 



sédek, pendant 20 ans ; puis Elisée pen- 
dant 50 ans, et il place ensuite ce Joiada 
auquel il attribue seulement 40 ans. 

Andronicus, après Ahimélek, qui fut 
le 19«, place Sadoc, le 20% pendant 20 
ans, et après lui, Selloum qui est le 21" de 
la série et qui vécut 90 ans. Il dit qu'après 
ce Selloum vint Joiada auquel il attribue 
42 ans, comme nous l'avons exposé plus 
haut, en parlant de l'époque des rois 
sous lesquels, d^iprès quelques-uns, vi- 
vait ce Joiada. 

Après Joiada, Andronicus place Za- 
charias pendant 8 ans. On applique à 
ce Zacharias ce qui est écrit plus haut, 
« qu'il était fils [de Barachias w], c'est 
pourquoi Epiphane dit [40] qu'il fut tué 
par le roi de Juda. — Jacques d'Edesse 
dit qu'après Joiada vint le 29° [Manias "] 
auquel il attribue [31] ans. 11*^ jjt q^g 
Zacharias fut le 23^ — Andronicus 
place après Zacharias, Ourias pendant 
6 ans, et après lui Amasias pendant 21 
ans; Ourias est le 24" et Amasias le 25". 
Après celui-ci, il place Azarias, le 26", 
pendant 40 ans, et après lui Hananias 
pendant 13 ans ; il est le 27" de la série. 



1. Cf. I Reg., xvr. 

2. II Chr., XVI. — 3. KaTtTio? Sdo-jVo;. - \. <î>6pgaç. — 5. 'OçpaTato;, - 6. Ms. : 27 ans. — 7. Cf. 
H. a. 1086. — 8. Ce passage n'est pas dans le pseudo-Epiphane ; cf. I Beg., xvr, 2. 

9. D'après la table. — 10. La ponctuation du ms. semble faire de Jacques d'Edesse le sujet de 
la phrase; mais le contexte montre qu'il s'agit d'Andronicus. Cf. ci-dessous (p. 43 et 44). 



68 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En Fan 41 d'Asa, commença à régner en Egypte Népherchérès, pendant 4 ans * ; 
après lui vint Aménophantès, pendant 9 ans*. 

CHAPITRE XIII. — Après Asa, Josaphat régna sur Juda, pendant 25 ans. 

En l'an 2 de son règne, Achab, fils d'Amri, commença à régner sur Israël, pen- 
dant 23 ans. Il prit pour femme Jézabel, fille de Ethbaal, roi de Tyr et de Sidon. 
[En ce temps-là Hiël] bâtit Jéricho, l'objet de la malédiction de Josué, fils de 
Noun ; il la termina sur Abiram son fils [aîné] et il en posa les portes sur 
Sakoub, son plus jeune fils, comme avait dit le Seigneur par la bouche de Josué '. 

En l'an 2 de Josaphat, Carpentus commença à régner sur les Latins, pendant 



mourra dans les champs sera mangé par 
les oiseaux. — Et cela se réalisa. » 

Epiphane dit du prophète Elie^ : « Il 
était de Thesbé ^, dans le pays des Ara- 
bes, de la famille d'Aaron, et il habitait 
dans le pays de Galaad ; car Thesbé 
était la résidence ^ des prêtres. Au mo- 
ment de sa naissance, son père êôbak' 
vit des hommes vêtus de blanc [40] qui 
le saluaient, l'entouraient de langes de 
feu et lui donnaient à manger une flamme. 
Ayant fait connaître cela à Jérusa- 
lem, il lui fut dit dans une révélation : 
« Ne crains point ; il sera une demeure 
de lumière et sa parole une incision ^ ; 
il jugera Israël avec le glaive et le 
feu. » 

A cette époque commencèrent à pro- 
phétiser : Elias, Abdias, Abiu, 'Oiiziel, 



Après celui-ci vient Siméon, pendant 
23 ans, qui est le 28^ Ensuite Mardai ** 
le 29*^ [pendant 39] ans. — Jean le Chro- 
niqueur se basant sur le premier livre 
d'Eusèbe dit ceci : « Du temps d'Ozias, 
roi de Juda, florissait cet Azarias. » Il dit 
que cet Azarias fut le 26" dans la série 
des grands-prêtres et qu'il exerça 40 ans. 
— Jacques d'Edesse l'appelle Josédek 
et lui attribue 34 ans. On sait [41] qu'il 
existait en ce temps-là, par le nombre 
des années des rois; en les comparant 
avec celles des prêtres on trouve une 
date approchant d'Osias, roi de Juda. — 
C'est pourquoi, bien qu'il ait déjà été 
fait mention de cet Azarias dans la suite 
de ce discours, il a paru nécessaire de le 
placer de nouveau dans ce catalogue 
qui] expose la succession des prêtres. 



et Michée, fds de Yamsai. — De faux 

prophètes s'élevèrent aussi en Israël : Sédécias, Eliézer et d'autress. 

Il y en a encore qui disent qu'Homère florissait à cette époque. 

Sédécias, le faux prophète, fit des cornes de fer qu'il plaça sur sa tête. 11 disait à 
Achab : « Avec celles-ci tu frapperas les Araméens et tu les achèveras ^^, » 



I. Necpep/sprii;. — 2, 'A[xîvwï)Oi;. — 3. Cf. I Re^., xvi, S'i; Jos., vi, 2(5. 

4. Pair, gr., XLIII, 426. — 5. ©Éo-gt;.— 6. owjj,a.— 7. Soêâ/. — 8. aTiôcpaat;. — 9. Cf. IT. a. 1086. 
- 10. II Chron.y xviir, 10. 

II. D'après la table ; et aussi plus bas (p. 42 du texte). 



J 



LIVRE IV. GHAP. XIII 69 

13 ans. — En l'an 4 de Josaphat, Ophratinès commença à régner sur les Assy- 
riens, pendant 50 ans. — En l'an 13 de Josaphat, Isochoris' commença à régner 
en Egypte, pendant 6 ans. — En l'an 14^ de Josaphat, Amégaclos ' fut établi juge 
sur les Athéniens, pendant 30 ans. — En l'an 19* de ce roi, Psinachès^ com- 
mença à régner en Egypte, pendant 9 ans. — En l'an 23 de Josaphat, Agrippa 
commença à régner sur les Latins, pendant 41 ans. — En l'an 29 de Josaphat, 
Ochozias* commença à régner sur Israël, pendant un an; et après lui, son frère 
Joram, pendant 12 ans \ 

Epiphane dit h propos d'Abdias*^ : « Il était de Sichem, du territoire de Beit-Aca- 
rim^; il fut le disciple d'Elie. Après avoir beaucoup souffert de la part d'Achab, il 
fut sauvé à cause d'Élie. 11 était ce troisième capitaine de cinquante hommes *** dont 
Elie eut pitié. A la suite de cela, il abandonna sa charge, devint prophète et prophé- 
tisa. Il [mourut] et fut enseveli en paix avec ses pères. La femme d'Abdias ^* est celle 
qui alla trouver le prophète Elisée^ lequel libéra ses enfants de leur dette, grâce à l'eau 
qu il changea en huile. Il soignait et nourrissait cinquante prophètes dans chacune 
des deux grottes*^. » 

Les Rhodiens occupèrent la mer, en quatrième lieu'^. 

En l'an 15 de Josaphat, Tibérius '''^ commença à régner sur les Latins pendant 8 ans : 
c'est de lui que le fleuve du Tibre prit son nom; il s'appelait auparavant Albus*^. 

Épiphane^^ dit à propos deMichée, fds de Yamsai : « Il était de la tribu d'Ephraïm. 
Il reprit Achab et Joram, son fils, à cause de leur impiété. Et pour cela, Joram le fit 
tuer en le faisant précipiter du [haut d'un rocher]. Il fut enseveli a 'Achim^'. » 

Joram tomba dans une horrible maladie, au point que ses entrailles et ses intes- 
tins sortirent. Il envoya quelques hommes consulter Baalzéboub pour savoir s'il gué- 
rirait de son mal. 

Elie fut enlevé en l'an 4 de Joram ^^. — A cette époque prophétisaient Elisée et 
Amos. 

Epiphane [41] dit au sujet d'Elisée'^ : « Il était de Beit-Mahoula^**, dans la tribu de 
Ruben. A cause de lui survint un prodige : Le veau d'or mugit tellement fort qu'on 
l'entendit à Jérusalem^^ ; c'était le signe qu'il devait renverser les faux dieux. Il mou- 
rut et fut enseveli à Samarie. Quand le veau mugit, le grand-prêtre annonça qu'un 
prophète était né en Israël, qui devait renverser les idoles. » 

1. 'Oaoxwp. — 2. Ms. : l'an 4. — 3. MeyavcXTiç. Rest. : ^à^ok^! ; aj. : le 6'^ juge (ms. I =: 7"). — 
4. Ms. : 9.'— 5. iPcvâ^Yi;. — 6. Lire : ^^-l. — 7. Cf. II Reg., t. 

8. Patr. gr., t. XLIII, col. 416, — 9. Bri9apyocà|JL ; var. : Bï)OaxaiJ.ap. — 10. TïEvroxovTap/oç; cf. II Reg,, 
r, 13. — 11. Cette phrase n'est pas dans le grec. — 12. I Reg., xviir, 4. — 13. H. a. 1101. — 
14. TiêÉpio;. — 15. H. a. 1094; Alhula. - 16. Patr. gr. , XLIII, 415. — 17. 'Ev!j.a-/£':[x ; var. : 
'Eviia-/(ii.. — 18. E. a. 1113. — 19. Patr. gr., XLIII, 426. — 20. 'AêeXtiaoul; var. : 'A\,.il^vj-f{k. — 
21. Ms. : « en Israël». Le contexte demande cette correction conforme au grec. 



70 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Un autre Joram régna sur Juda, après Josaphat, pendant 8 ans ; et après lui, 
Ochozias pendant 2 ans *. — [41] Joram, roi de Juda, fils de Josaphat, prit pour 
femme Athalie, sœur d'Achab Ml tua tous ses frères, les enfants de Josaphat; c'est 
pourquoi il fut frappé du glaive de la justice et tomba dans une cruelle maladie : 
ses intestins descendirent, et il mourut ^ 

CHAPITRE XIV. — Après la mort de Joram, Ochozias régna un an. — En cette 
année, le prophète Elisée envoya oindre Jéhu, fils de Namsi, qui tua Joram, fds 
d'Achab, ainsi qu'Ochozias, roi de Juda, et Jézabel*. 

A la mort d'Ochozias, Athalie, sa mère, fit périr toute la descendance royale. 



Bar-Hadad, roi de Damas, monta contre Samarie, avec une armée nombreuse, et 
l'assiégea''. Achab le combattit avec des troupes moins nombreuses ; Bar-Hadad fut 
vaincu et prit la fuite. L'année suivante, il réunit son armée et monta de nouveau en 
disant : « Le dieu d'Israël est seulement le dieu des montagnes. » A cause de cette 
parole. Dieu le livra [aux mainsl des enfants d'Israël. Achab lui tua cent vingt mille 
hommes; il s'empara [du roi], et le renvoya après avoir fait un traité d'alliance. 
Dieu s'irrita contre Achab. [Celui-ci s'avança] contre les Iduméens, à Ramoth- 
Galaad, Il y fut frappé d'un trait et mourut, selon la parole du prophète Michée*^. 

Jézabcl, la Sidonienne, régna sur Israël pendant 35 ans; elle vécut encore 15 ans 
après son mari. 

Le grand-prêtre Joiada rassembla le peuple de Juda, fit mettre à mort Athalie, 
et fit régner Joas, âgé de 7 ans, qui gouverna 40 ans. Joiada envoya les Juifs au temple 
de Ba'al, et il fit brûler le prêtre Mathan'. 

A cette époque florissait le philosophe Lycurgue, le législateur des Lacédémoniens^. 

A cette époque vivait le prophète Zacharie. 

Epipliane dit^ : « Zacharie était de Jérusalem, fils de Joiada le prêtre. Joas, roi de 
Juda, le fit tuer, et son sang fut répandu dans le sanctuaire'", entre la balustrade et 
l'autel. Les prêtres l'enlevèrent et l'ensevelirent avec ses pères. Depuis cette époque, 
il y eut des signes et des apparitions dans le temple; les prêtres ne pouvaient plus 
voir les anges de Dieu, ni donner de réponse, ni interroger à l'aide de l'éphod, ni 
séduire le peuple par des signes, comme auparavant. » 



1. I Reg., xxtr, 51; II Reg., viir, 24. — 2. Lire : fille d'Achab. — 3. Cf. II Chr., xxr. — 4. II 
Reg.y ix-x. 

5. I Reg., XX. — 6. I Reg., xxn. — 7. II Reg., xviri; lire : ^^a» (et non de Uvs); peut-être faut- 
il corriger jOol en pol? — 8. H. a. 1134; cf. ad a. 1198. — 9. Patr. gr., XLIII, 426. — 10. Je 
pense qu'il faut lire : ?*=» û^-s (et non »*o» ^.^», qui est cependant la leçon de tous les mss.). 



LIVRE IV. GHAP. XIV 71 

Seul Joas, fils d'Ochozias, échappa, ayant été caché par Josabeth, sœur d'O- 
chozias. — Athalie régna 7 ans \ 

Jéhu régna sur Israël pendant 28 ans. II tua les soixante-dix fils d'Achab; 
il détruisit les prêtres et le temple de Ba'al. 

Joïada le grand-prêtre fit régner Joas, fils d'Ochozias, sur Juda, après Athalie ; 
il était âgé de sept ans, et il régna 40 ans. 

En Tan 3 de Joas, Diogénès % le 7*^ juge des Athéniens, commença à gouverner, 
pendant 28 ans. — En l'an 13 de Joas, Acrazapinès^ commença à régner sur les 
Assyriens, pendant 42 ans. — En l'an 22 de Joas, commença à régner sur les 
Egyptiens [le premier roi] de la XXIP dynastie, Ischanosos, pendant 21 ans*. — 
En l'an 23 de Joas, commença à régner sur les Latins Arémulus, pendant 19 ans. 
— En l'an 25 de Joas, commença à régner sur Israël Joachaz, fils de Jéhu, 
pendant 17 ans. — En Fan 31 de Joas, Phéréclès % 8^ juge des Athéniens, com- 
mença à gouverner, pendant 19 ans. — Le prophète Elisée mourut en l'an 36 de 
Joas, l'an 11 de Joachaz. [42] Ensuite Joas fut tué par ses serviteurs; son fils 
Amasias régna alors [43] pendant 29 ans. Pendant son règne, il réunit une 
armée contre Edom et Sé'ir et les vainquit [44]. II amena leurs dieux à Jérusa- 
lem et les adora. Il vécut 54 ans ^. 

[42] Note de Jacques d'Édesse au sujet de V erreur qui se trouve dans le nombre 
d'années quEusèbe dispose pour le temps de ces rois de Juda et d^ Israël. ■ — II 
faut savoir qu'Eusèbe, en ce qui concerne les rois de Juda et d'Israël, s'écarte 
de l'exactitude. En effet, l'Ecriture établit que Jéhu tua en même temps, dans [la 
ville de] Jezraël, les deux rois : Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, et Ochozias, 
fils de Joram, roi de Juda, qui était descendu visiter Joram pendant sa maladie ' ; 
or, Eusèbe place la mort de Joram, roi d'Israël, 3 ans après la mort d'Ochozias, 
roi de Juda, ainsi qu'il est écrit dans ses canons chronologiques. 

Et la cause* de l'erreur est manifeste. Les années attribuées dans l'Ecriture 
aux rois d'Israël n'étaient point complètes, car on comptait la même à deux rois : 
à celui qui était mort et à son successeur, parce que chacun d'eux avait régné 
un certain temps en cette année, cinq ou six mois peut-être; mais lui les compte 
comme complètes, sans distinction. Que ces années n'étaient point complètes, tu 
peux l'apprendre des indications consignées dans PEcriture, sur le commence- 
ment du règne de chacun des rois de Juda et des rois d'Israël. On indique le dé- 
but du règne de chacun des rois de Juda, en notant en quelle année d'un roi 
d'Israël [il a commencé] ; et de même, on indique en quelle année d'un roi de 
Juda a commencé à régner chaque roi d'Israël ; de sorte que par là tu peux re- 
connaître facilement que le total du temps de règne attribué à chacun par l'Ecri- 
ture n'est pas formé d'années complètes. Eusèbe a donc fait cela sans attention. 
Les années sont indiquées ainsi : 



1. II Reg., xr.— 2. AiôyvrjToç. — 3. ou Acrâpinès; gr. : 'A'/payavo;. — 'i. SEaôy/wtnç, -^ 5. 4>epsxXî)î» 
- (3. II lieg., xti; XIV. 
7. II Reg., IX. — 8. Lire : Ili^:^©. 



72 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Quand le royaume fut partagé après la mort de Salomon, Roboam régna sur 
Juda 17 ans; et Jéroboam sur Israël 22 ans'. En Fan 18 de Jéroboam, Abia com- 
mença à régner pendant 3 ans ^ En l'an 20 de Jéroboam, Asa commença à régner 
pendant 41 ans'. — En l'an 2 d'Asa, Nadab commença à régner sur Israël pendant 
2 ans; en l'an 3 d'Asa, Baasa pendant 10 ans*; en l'an 26 d'Asa, Ela, fils de Baasa, 
pendant 2 ans^; en l'an 27 d'Asa, Zamri, pendant 7 jours*; en l'an 27 d'Asa, 
[Amri pendant [12] ans '; en l'an 38 d'Asa, Acliab, pendant 22 ans ^ — En l'an 

4 d'Achab, Josaphat commença à régner sur Juda, pendant 25 ans^ En l'an 17 
de Josaphat [43], Ochozias, fils d'Achab, commença à régner sur Israël, pendant 
2 ans ^'^ ; en l'an 18 de Josaphat, Joram, fils d'Achab, pendant 12 ans **. — En Fan 

5 de Joram, fils d'Achab, Joram, fils de Josaphat, pendant 8 ans*^; en Fan 11 de 
Joram, fils d'Achab, Ochozias^ fils de Joram et d'Athalie, commença à régner sur 
Juda, pendant 1 an*' ; et les deux rois furent tués en môme temps par Jéhu. 

Le Livre saint enseigne cela, et aussi que les deux rois qui leur succédèrent 
commencèrent àrégner en même temps : Jéhu, qui avait tué les rois, commença 
à régner sur Israël, et Athalie régna sur Juda après celui qui avait été tué. Cela 
est manifeste par le fait que l'Ecriture n'indique point le commencement du 
règne de Fun d'eux par les années de l'autre, comme elle Fa fait pour les rois 
précédents. De plus, en ce qui concerne les années attribuées à Joas, qui régna 
après Athalie, on note ceci : En Fan 7 de Jéhu, roi d'Israël, Joas commença à 
régner sur Juda pendant 40 ans *^. On sait qu'on attribue 7 ans à Athalie '^ Si donc 
Athalie a régné 7 ans et si Joas a commencé à régner après elle, en Fan 7 de Jéhu, 
il est manifeste que les deux règnes d'Athalie et de Jéhu ont commencé en 
même temps, et, par suite, que leurs prédécesseurs ont fini aussi en même 
temps : c'est-à-dire Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, et Ochozias, fils d'Atha- 
lie et de Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, que Jéhu tua tous les deux à Jez- 
raël. — Le temps de leur règne est ainsi noté dans l'Ecriture, en même temps 
que le commencement de chacun. 

Athalie régna sur Juda pendant 7 ans, Jéhu régna sur Israël pendant 28 ans. 
En Fan 7 de Jéhu, Joas commença à régner sur Juda pendant 40 ans. En l'an 23 
de Joas^ Joachaz commença à régner sur Israël pendant 17 ans*^; en l'an 38 de 
Joas, Joas commença à régner sur Israël pendant 16 ans^"^. [44] En Fan 2 de Joas, 
Amasias commença à régner sur Juda pendant 29 ans **. — On note en outre ceci : 

Amasias vécut encore 15 ans après la mort de Joas*^. — En Fan 15 d'Amasias 
Jéroboam commença à régner sur Israël pendant 41 ans^''; en Fan 27 de Jéro- 
boam, Azarias, sur Juda, pendant 52 ans^^ — En Fan 38 d'Azarias, Zacharias, fils 
de Jéroboam, [commença à régner] sur Israël, pendant 6 mois^^; en l'an 39 d'A- 
zarias, Ôelloum, fils de Jabès, pendant un mois^^; en l'an 39 d'Azarias, Manahem, 
sur Israël, pendant 10 ans^^^; en l'an 50 d'Azarias, Phacéas, fils de Manahem, 



1. I Beg., XIV, 20, 21. — 2. Ihid., xv, 1. — 3. Ibid., 9-10. — 4. Ihid., 25, 28. — 5. Ihid , xvi, 8. 
— 6. Ibid., 10, 15. — 7. Ibid., 23. — 8. Ibid., 29;ms. : 12 ans.— 9. I Reg., xxu, 41. — 10. Ihid., 
52. — 11. II lieg., in, 1 ; ms. : 2 ans. — 12. Ibid., viir, 16. — 13. Ibid., vm, 25, 26; édit. ; l'an 12. 
14. II Beg., XII, ].— 15. II Beg., XI, 4. ~ 16. Il Beg., xni, 1. — 17 . Ibid., 10, — 18. Ibid.,xiv, 1. — 
19. Ibid., 17. — 20. Ibid., 23. — 21. II Beg., xv, 1. — 22. Ibid., 8. — 23. Ibid., 13. — 24. 
Ibid., 17. 



LIVRE IV. GHAP. XIV 



73 



pendant 2 ans'; en l'an 52 d'Azarias, Phacée, fils de Roumélia, sur Israël, pen- 
dant, pendant 20 ans\ — En l'an 2 de Phacée, Joatham commença à régner sur 
Juda, pendant 16 ans ^" en l'an 17 de Phacée, Achaz, sur Juda, pendant 16 ans*. 
— En l'an 12 d'Achaz. Osée commença à régner sur Israël, pendant 9 ans °; et 
en l'an 3 d'Osée, Ezéchias sur Juda, pendant 29 ans^ — On note, dans le livre 
des Royautés, ceci : 

« En ran4d'Ezéchias qui est Tan 7 d'Osée », et : « En Fan 6 d'Ezéchias, Salmana- 
sar monta et s'empara de Samarie et de tous ses environs \ » Il faut donc recon- 
naître qu'il y a une faute dans le nombre des années attribués dans le Livre saint 
à Phacée, fils de Roumélia, et à Joatham de Juda. Ou celles de Phacée, roi d'Is- 
raël, sont 30 au lieu de 20, ou celles de Joatham sont |6] au lieu de 16. — L'Ecri- 
ture note ceci : « En l'an 20 de Joatham, Osée se révolta contre Phacée '. » Or il 
est manifeste que c'est une erreur d'après ce qui a été établi précédemment a 
propos d'Ezéchias, d'Osée et de la Captivité. — Dans quelques exemplaires grecs, 
on n'attribue pas seulementS ans de règne à Joram, fils de Josaphat, mais 10 ans. 
Il est, en effet, noté ainsi : « Joram. fils de Josaphat, roi de Juda, commença à 
régner à Page de 32 ans. et il régna 10 ans à Jérusalem ^ » — Fin. 

[45] En l'an 2 d'Amasias*°, Joas commença à régner sur Israël pendant 16 ans. 

Aréraulus fut brûlé, et Aventinus régna sur les Latins pendant 37 ans^^ — En 
l'an 3d'Amasias, Osorthon'- régna sur les Egyptiens pendant 15 ans. — En l'an 10 
d'Amasias, le 9" juge des Athéniens, Ariphon ^^_, commença à exercer pendant 
20 ans. — En l'an 15 d'Amasias, régna sur les Assyriens Thonus Goncolérus*^, 



A cette époque, Hazaël, roi de Syrie, 
dévasta le royaume d'Israël; il voulut 
ensuite monter contre Jérusalem. Joas 
ayant eu connaissance de cela, enleva 
tous les vases d'or de la maison du Sei- 
gneur et les envoya à Hazaël qui les prit 
et s'éloigna*''. 

En sixième lieu, les Cypriotes occu- 
pèrent la mer pendant [42] 24 ans *^. 

Arémulus, qui était très impie dans 
ses actions, fut frappé de la foudre et 
mourut ^^; sa maison fut renversée par 
une inondation. 



Continuons maintenant à examiner 
ceux qui sont placés l'un après l'autre 
dans les chroniques de ces anciens au- 
teurs. — Le 29" grand-prêtre, selon An- 
dronicus, fut donc Mardai [42] qui exer- 
ça pendant 39 ans, comme l'expose le 
chroniqueur. 11 dit qu'après celui-ci vint 
le prêtre Ourias, qui fut le 30" dans la 
série. 11 lui attribue 16 ans de ministère 
dans l'office du sacerdoce légal institué 
par Dieu parmi le peuple. 

Par ailleurs [il est écrit que du temps 
d']Ozias, roi de Juda, qui fut atteint de 



1. li;?e-.,xv,23. — 2. Ihid., 27. — 3. Ibid.,n. —4. II Reg., xvi, 1. — 5. II Reg., xvrr, 1. —6, II 
îîeg., xvin, 1. — 7. II Reg., xviii, 9, 10. - 8, II Reg., xv, 30. — 9. Cf. II Reg., viu, 16-17. — 
10. Ms. : l'an 10. Erreur; cf. II Reg., xiv, 1. — 11, H. a. 1142. — 12. 'OawpÔciv; H. a. 1164. — 
13. 'Apiqspwv. — 14. 0wvo; Kovx6>.£poç. 

15. II Reg., xir, 18. — 16. H. a. 1152. — 17. H. a. 1142. 

1. 10 



74 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



qui est appelé par les Grecs Sardanapale, pendant 20 ans. — En l'an 18 d'Ama- 
sias, Jéroboam [II] commença à régner sur Israël, pendant 40 ans^ — A cette 
époque régna, en Egypte, Tacélothis', pendant 13 ans. 

Amasias^ roi de Juda, fit la guerre contre Joas, roi d'Israël'. Les enfants 
d'Israël montèrent en .Judée, et ils firent périr* trois cents hommes ; Ama- 
sias lut percé d'une lance et mourut. Ils vinrent à Jérusalem, percèrent quatre 
cents coudées du mur, prirent tout ce qu'ils trouvèrent d'or, d'argent, de vases 
dans le temple du Seigneur et dans le palais royal, et s'en retournèrent à Samarie. 



Hazaël, roi de Syrie, rassembla de 
nouveau une armée et marcha contre 
Israël; il pilla ce royaume, et fit tuer les 
notables des Juifs ^. 

Le prophète Elisée mourut en l'an 37 
de Joas*; il vécut 50 ans après Elie, et 
67 ans depuis qu'il avait été oint. 

Les serviteurs de Joas le mirent à 
moit^. 

Quelques-uns disent que la ville de 
Carlhage fut fondée à cette époque^; 
d'autres disent qu'elle le fut auparavant. 

A cette époque mourut Hazaël, roi de 
Syrie, etBar-Hadad commença à régner \ 

Il faut savoir que dans le comput des 
années fait par Eusèbe^ il y » aussi une 
erreur au sujet de Joas, roi d'Israël; car 
l'Écrilure*" raconte la mort d'Elisée en 
l'an 37 du roi [43] de Juda ; et dit qu'en 
cette année, Joas, fds de Joachaz, com- 
mença à régner sur Israël ; il alla trouver 
le prophète Elisée, qui était mortelle- 
ment malade ; il pleura en sa présence 
et lui dit : « mon père ! mon père ! le 



la lèpre, florissait le grand-prêtre Za- 
charias, fils de Barachias, dont il est 
parlé en ces termes" : « En ce temps 
[43] les Juifs [lapidèrent] le prêtre Za- 
charias et il mourut, » — Andronicus 
place le 23"ceZacharias, qui aurait exercé 
pendant 10 ans'^, après Joiada;et après 
lui, Ourias, comme nous l'avons exposé 
plus haut. 

Après Zacharias et Ourias qui exer- 
çaient du temps des rois de Juda Ozias 
et Joathani [44], nous avons recueilli [les 
noms des] autres de plusieurs livres *' et 
nous les disposons ainsi : 

Après Ourias, selon Andronicus, le 
31" fut Hananias, pendant 45 ans. — ■ 
Jacques place Jean le 30®; après lui An- 
dromachus'*le 31^ [4o], pendant 24 ans, 
et ensuite, le 32", le célèbre Onias, fils 
Joiada, pendant 11 ans. — Andronicus 
dit que le 32", après Hananias, fut Hel- 
cias, pendant 30 ans; après Helcias, 
Pashour fut grand-prêtre pendant 4 ans. 
— Jacques_, au lieu de ce Pashour, dit 



I. Cf. II Reg., XIV, 23. — 2. TaxéXwÔcç. — 3. Cf. II Keg., xrv; Il Chr., xxv. — 4. Lire : ûs;^. 

5. II Reg., xm. —6. II Reg., xm, 10, l^i; H. a. 1155. — 7. IIi?e^., xu, 20. — 8. H. a. 1164. — 
9. II Reg., xm. 24. — 10. II Reg,, xui, 10, 14. 

II. Notre texte est altéré daos ce passage. Cf. II Chr., xxvi, 5; comp. xxiv, 20, 21. — 12. Ci- 
dessus (p. 39 du texte) : 8 ans. — 13. On peut aussi traduire : « Nous avons recueilli des Livres 
Tsaints les noms de] plusieurs que nous disposons ainsi ». — 14. Ms. : le 40*, par erreur évidente. 



LIVRE IV. CHAP. XIV 



75 



Q)iielques-iins disent qu'Amasias ne fut pas tué dans le combat, mais qu'il s'en- 
fuit à Lachis, et que ses serviteurs le transpercèrent, le tuèrent et amenèrent 
son cadavre à Jérusalem ; il fut enseveli avec ses pères, et son fils commença à 
régner. 



char d'Israël et son cocher! » Le pro- 
phète lui dit : (( Prends un arc et une 
flèche et frappe la terre. Ainsi tu vain- 
cras la Syrie ' ». 

[Eusèbe] dispose les rois de .Tuda et 
d'Israël confusément; il place [le com- 
mencement] du règne de Joas, roi d'Is- 
raël, en l'an 2 d'Amasias, [roi de .Tuda], 
Quatre * ans après la mort d'Elisée, 
Joas, roi d'Israël, sortit combattre Bar- 
Hadad. roi de Syrie et lui reprit les villes 
dont il s'était emparé. [Je pense qiiil 
s'agit de la Judée) ^ . 

Epiphane^ : « Amos était de Thécua ; 
il reprenait sans cesse Amasias; enfin, 
le fils de ce dernier le tua en le frappant 
h la tempe d'un coup de bâton, Amos 
respirait encore, et fut transporté dans 
son pays; il y mourut et y fut enseveli, » 

« [Nahoum] ^ était de Elqai *, au delà 
de Beit Havarim ^, [44] de la tribu de 
Siméon. Après Jouas, il donna comme 
signe aux Ninivites, que la ville de Ni- 
nive périrait par l'eau douce ^ et par le 
feu de sous terre : ce qui arriva; car, 
dans un tremblement de terre, elle fut 



[46] que le 33" fut Siméon, fils d'Onias, 
qui exerça 32 ans. Tous ont écrit sur ce 
Siméon : c'était un homme juste, sage, 
qui est fort célèbre chez les Hébreux, 
Bien que quelques chroniqueurs disent 
que ce Siméon vécut plus tard, tous ce- 
pendant sont'[d'accord pour dire [la- 

cuneY non pas avec tout le soin 

désirable, sur l'époque de ces anciens 
prêtres [ministres du sacerdoce que la 
miséricorde] '" [48] infinie du Dieu tout- 
puissant pour l'humanité, a donné h la 
racedes [hommes] terrestres*^ Il s'étend 
et se propage en tous lieux et toujours : 
et c'est à la vérité un grand bienfait. 

Il yeut à cette époque un prêtre nommé 
Azarias*^ [dont l'institution *'] eut lieu 
ainsi: quand l'Assyrien Salmanasar com- 
mença à régner [49] sur la Samarie et 
emmena les dix tribus en captivité en 
Assyrie, il envoya d'Assyrie des gardiens 
en Samarie; Dieu suscita contre eux des 
lions et d'autres bêtes féroces. Pour 
ce motif, le roi d'A ssyrie envoya le prêtre 
Azarias leur enseigner la loi de. Moïse'. 
[SO] Ce prêtre fit écrire le livre de la 



1. II Reg., xiii, 14 sqq. — 2. Ms. : 40 ans. — 3, Cette note marginale, qui se trouve à la page 42 du 
texte, a sa place marquée ici par un signe de renvoi. — 4. Patr. gr., t. XLIII, col. 415, — 5, Ihid., 
col. 417 ; restituer le nom >3û»*) dans le texte. — 6. «71:0 'E),it£<7l[j. [var. ylo; 'EXxlua-.ou]. — 7, 
BïjTaêapT^a. — 8. Gr. : ûSoctwv yXyxéwv; lire : l--- i^*» (et non P^). 

9. Lacune de quelques mots seulement. — 10, Je relie ainsi par conjecture les deux membres 
de phrase. Cependant il est possible qu'il y ait une lacune d'une dizaine de lignes. — 11, Litt. : 
« des poussiéreux ». — 12. Ci-dessus : Esdras. — 13. Lacune de trois ou quatre mots. 



76 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIExN 



CHAPITRE XV. — Azarias, fils d'Amasias, régna 52 ans; il vécut 68 ans *. 

En la l'"''année d'Ozias *, fut établi le 10" juge des Athéniens, Thespieus % pendant 
27 ans. — En l'an 2 d'Ozias, Procas ' commença à régner sur les Latins, pen- 
dant 23 ans. — En Fan 27 d'Ozias, commença à régner en Egypte Osorthon^ pen- 
dant 9 ans. Les Egyptiens l'appellent Hercule ^ — En l'an 28 d'Ozias, Aga- 
mestor^ fut établi juge des Athéniens, pendant 20 ans. — En l'an 29 d'Ozias, 



inondée par le lac qui l'entourait; et un 
feu venu du désert brûla la région dans 
laquelle elle se trouvait, — Il mourut en 
paix et fut enseveli dans son pays. » 

« Jonas^ était de la région de Kariath- 
iarim*, à côté d'Azot, ville des païens, 
sur le littoral de la mer. Quand Dieu 
lui parla, il prit la fuite. 11 fut englouti 
par un poisson, il pria, fut vomi de la 
bouche du poisson et alla à Ninive, 11 en 
revint, et ne se fixa point dans son pays ; 
mais il emmena sa mère et alla habiter 
dans la région de Tyr\ Il disait: « Je ferai 
ainsi disparaître mon ignominie, pour 
avoir prêché ** le mensonge contre la 
grande ville de Ninive ». 11 y était lors- 
que Élie blâma Achab, et appela la fa- 
mine sur la contrée ; ne pouvant demeu- 
rer avec les incirconcis, [Elie] alla trou- 
ver cette veuve avec son fils, il la bénit et 
bénit son fils Jonas, et celui-ci étant 
mort, Dieu le ressuscita par le prophète 
Elie, pour lui faire voir qu'il ne pouvait 
fuir la présence de Dieu". Il voulut en- 



Loi dans l'écriture araméenne qui est 
la nôtre^ et de lui vient la version qui 
est en usage chez nous. — Cet Azarias 
fut établi grand-prètre pour tout ce qui 
restait d'Israël. 

Jean dit qu'à cette époque le grand- 
prêtre [t>l], dans la voie du Seigneur, 
était Ahitob '% auquel succéda Sadoc ; 
après Sadoc [vint] Helcias, et après Hel- 
cias, un autre Azarias. Ces prêtres sont 
mentionnés successivement dans la chro- 
nique de Jean. Nous avons déjà une 
fois mentionné plus haut [32] les noms 
de tous ces grands-prêtres ; mais il nous 
a paru bon de consigner aussi l'ordre de 
cette chronique qui prétend que ces 
grands-prêtres, dont nous avons placé 
ici les noms, comme ils sont écrits dans 
le livre dont nous parlons, vivaient du 
temps de la Captivité et de la servitude 
des rois d'Israël. De même, il y est écrit 
que le prophète Sophonie prophétisait du 
temps dAmon et de Josias, rois de Juda. 
On y dit aussi [33] que du temps de ces 



1. II Reg., XV, 1,2. — 2, Ozias ou Azarias ; il est désigné indistinctement sous ces deux noms. — 
3. ©Effmeuç. — 4. Ilépxa;; H. a. 1198. — 5. H. a. 1217. — 6. 'AyaiA-riairwp. 

7. Pair, gr., t. XLIII, col. 417 [cf. 4161. — 8. Kapta9tap([x TiXrjatov 'A^wtou tioXéw; 'EXXyjvwv xaTa 
6àXa(7<rav. — 9. Soûp [var. 'Idjp]. — 10. Lire : tusjtl. — 11. Le texte syriaque doit se lire ainsi : 

• lov^ yo^a ^ ojoîM^ u^ûa» (^add. ms. 14536, fol. 30). 

12. Je pense qu'il y a une interversion, et je lis : ^oi | w^^a low^ éw oag^»*.|. 



LIVRE IV. GHAP. XV 



77 



Zacharias régna sur Israël, pendant 6 mois', — Ici finit la quatrième génération 
de Jéhu. Après Zacharias, Selloum régna un mois, et après lui Manahem pen- 
dant 10 ans '. 

[46] En l'an 24 de son règne, Ozias eut l'audace d'entrer dans le temple de Dieu 
et d'offrir de l'encens. Azarias'^ le prêtre le lui défendit, mais il ne voulut point 



suite retourner dans son pays [43]; sa 
mère mourut en route et il l'ensevelit à 
côté du chêne de Débora. Il habita dans 
la région de Sarar *. 11 mourut et fut 
enseveli dans l'hypogée de Kénézaou ^, 
un juge qui avait gouverné sa tribu du 
temps de l'anarchie. — 11 avait donné 
un signe au sujet de Jérusalem et de 
tout le pays : (( Quand on verra la pierre 
qui poussera des mugissements', la fin 
approchera: quand tous les peuples se- 
ront réunis à Jérusalem, la ville sera 
détruite jusqu'au niveau du sol. » 

Tandis que Thespieus'_, fils d'Ari- 
phron, régnait sur les Athéniens, l'em- 
pire des Assyriens prit fin. Sardanapale, 
ayant engagé le combat, fut vaincu ^ 

Le total des années de la dynastie des 
Assyriens, depuis la première année de 
Bélos, père deNinus, est de 1300 ans ^ 

Quand Arbacès le Mède mit fin à 
l'empire des Assyriens, il fit passer le 
pouvoir aux mains des Mèdes, et cette 
dynastie dura jusqu^à Déjocès, roi des 
Mèdes. Dans l'intervalle, les Chaldéens'" 
une série de rois chez eux. Les autres 



rois florissait Kâlqai, qui est, certes, 
Helcias le grand-prêtre, père du prophète 
Jérémie,celuiquitrouva le livre de la Loi, 
[après quoi] le roi Josias accomplit tout 
ce qui avait été prophétisé par le pro- 
phète venu de Judée 114 ans aupara- 
vant '°. De son temps, en l'an 18 de 
Josias, alors que celui-ci célébra la Pâ- 
que, finit le 70° Jubilé, selon les Hébreux. 
Cet Helcias, qui fut selon quelques-uns 
le père du prophète Jérémie, vécut du 
temps d'Amon, de Josias et de Joachim, 
rois de Juda, comme nous l'avons dit 
plus haut; il exerça pendant 30 ans. 
Nous avons à son sujet de nombreux té- 
moiffnasfes dans les Livres saints, ainsi 
que [o4] nous le montrent les chroni- 
queurs quinous enseignent l'histoire des 
temps, car ils parlent longuement de ce 
grand-prêtre Helcias, juste et célèbre. 
Ceci d'après les paroles d'Andronicus, 
d'Africanus et de Jean, qui [suit] Eusèbe. 



eurent un gouvernement particulier ** : on cite 
peuples avaient aussi des rois particuliers**. 



1. Cf. II Beg., XV, 8. —2. Ibid., 12, 13, 17. — 3. Ms, : Ozias; cf. II Chr., xxvr. 
4. Gr. : Saâp ; mss. syr. : ;^eo, — 5. Gr. : KatvsÇtoO [var. col. 409 : KsveÇlou]; lire oor»Uû (?). 
— 6. Lire : V-is^v — 7. ©saïttE'J;. — 8. Cf. H. a. 1192; 1172 et 1189. — 9. H. a. 1197. — 

10. Lire : U"$s (et non Uf^). — 11, Lire : £)-lA*». — 12. H. a. 1198. 

13. II Reg., xxiii, 5; comp, I Beg., xrrr, 1 sq. Le ms. porte 374, chiffre évidemment inexact. 



78 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

retourner : il devint subitement tout couvert de lèpre. Dès lors, Joatham% son 
fils, gouverna le peuple de Juda. — Le prophète Isaïe prophétisa jusqu'ici, 
pendant vingt-quatre ans. Mais, ayant vu le roi agir avec audace, et ne l'ayant 
point repris, le don de prophétie lui fut enlevé pendant vingt-huit ans, jusqu'à la 
mort d'Ozias ; alors il recommença à prophétiser pendant 61 ans. — Les paroles 
de son livre sont au nombre de 3196. 



Après la mort de Sardanapale et la destruction de l'empire des Assyriens de 
Ninivc, un second empire s'éleva h Ninive : celui de la race des Chaldéens, auquel 
appartiennent Phoul, Tiglatphalaser, Salmanasar, Sennachérib et ceux de ses suc- 
cesseurs dont les divines Ecritures font mention ; et un autre o'ouverna les Assvriens 
de Babylonie; il était aussi d'origine chaldéenne; il commença avec Nabounasar et se 
continua jusqu'à Naboupalasar et Nabouchodonosor. 

On compte depuis Nabounasar jusqu'à la mort d'Alexandre le Macédonien 424 ans. 

De ces gens, étaient les ambassadeurs qui vinrent trouver Ézéchias, roi de Juda, 
et auxquels celui-ci montra tous les trésors de son palais ^. 

[40] Sardanapale peupla Tarse ^ 

Alors prophétisaient Osée, Amos et Isaïe*. 

Epiphane^ : « Osée était de Balemôth" de la tribu d'Issachar. Il fut enseveli en paix 
dans son pays. 11 donna comme signe que le Seigneur viendrait sur la terre, que le 
térébinthe' de Silo se diviserait de lui-même en douze et formerait douze téré- 
binthes : ce qui arriva. » 

A cette époque, Azarias, roi de Juda, bâtit la ville d'Elat et restaura le mur de Jéru- 
salem que Josias, roi d'Israël, avait percé*. 

Manahem, roi d'Israël, maltraita les habitants de Thapsa^' parce qu'ils ne lui 
avaient pas ouvert les portes : il dévasta la ville, et éventra les femmes enceintes. 

En huitième lieu, les Egyptiens occupèrent la mer pendant 50 ans *". 

Phoul, roi des Assyriens et des Chaldéens, monta contre Samarie sous le règne 
de Manahem, roi d'Israël, et reçut de celui-ci 1000 [talents] d'argent'*. 

Les rois des Assyriens commencèrent à emmener les Israélites de leur pays, en 
captivité, dans l'Assyrie et les autres contrées. 

L'empire des Lydiens commença alors en l'an 8 de Gœnus *% 2" roi des Macédoniens. 
Le premier qui régna sur les Lydiens fut Ardysus, fds d'Alyattès", pendant 36 ans. 



1. Cf. II Reg., XV, 5. 

2. II Reg., XX, 12 sqq. — 3. Tapaov M/.-orrs ; lire : ^savl ; cf. H. a. 1198.— 4. H. a. 1212. — 5. Patr. 
gr., t. XLIII, col. 415. — 6. BaXefAoSO [var. BeXsiiwOJ. — 7. \C^^::>. — 8. II Chr., xxvr, 2, 9. — 9. II 
Reg., XV, 16 sqq. — 10. Cf. H. a. 1233. — 11. Arm. a. 1232, —12. Ko-vo;.- 13. "Ap8-jaoç 'kl-jiz-vov ; 
H. a. 1239; Arm. 1238. 



LIVRE IV. GHAP. XV 79 

En Fan 33 d'Ozias, Amulius régna sur les Latins, pendant 43 ans. — En l'an 34 
d'Ozias, commença à régner sur lesMèdes leur 2*^ roi, Sosarmos, pendant 30 ans. 
— A cette époque, Phoul', roi de Babylone, envahit la Samarie ; il reçut de 
Manahem, roi d'Israël, mille talents d'argent, et s'en retourna. — En Fan 36 
d'Ozias, Psammus * commença à régner sur les Egyptiens, pendant 10 ans. — 
En Fan 41 d'Ozias, le 2^ roi, Qônôs% commença à régner sur les Macédoniens, 
pendant 12 ans, et Téglatphalasar commença à régner sur les Assyriens, pendant 



Les rois des Lacédémoniens durèrent jusqu'ici*; ils régnèrent 325 ans; et ces- 
sèrent alors. 

Ici, de même, cessèrent les rois des Corinthiens, après avoir duré 373 ans °. 
[47] On compte en tout jusquà la première ohjmpiade : depuis Adam ^132 ans ; 
depuis le Déluge 2756 ans ; depuis Saiil, premier roi [des Hébreux], 3W ans. 

A cette époque^ commence la première olympiade, du temps d'Eschyle, prince 
des Athéniens; en la 2*^ année de son gouvernement fut organisée la première olym- 
piade dans laquelle FÉlien Corœbus remporta la victoire dans le stade. Les Eliens 
organisent cette lutte chaque cinquième année, c'est-h dire qu'il s'écoule, entre 
chaque jeu, quatre années, pendant lesquelles des princes nommés pour un an gou- 
vernent. La première oljmipiade fut organisée par Iphitus, [fils de Praxonide] \ 

Africanus place la première olympiade du temps de Joatham, roi de Juda. La 
présente supputation concorde avec cette même époque. Africanus écrit ceci: « Es- 
chyle, fils d'Agamestor, fut prince des Athéniens jusqu'à la fin de sa vie, pendant 
23 ans ^^ du temps où Joatham, roi de Juda régnait à Jérusalem^. » 

De la destruction de Troie, jusqu'à cette première olympiade, il y a 405 ans. — 
Ceci d'après Eusèbe'". 

Andronicus dit que depuis le commencement du règne de Cécrops, premier roi 
des Athéniens, jusqu'à la première olympiade, il y a 802 ans; depuis Moïse et l'Exode : 
863 ans. 

A cette époque *\ Arctinus de Milet florissait comme versificateur *\ c'est-à-dire 
faiseur de vers. 

Les villes de Pandosia et de Métapontus furent bâties en Italie ^\ 
A cette époque ** Remus et Romulus naquirent de Mars et d'Ilia, 



1. Lire : "^aS. Arm. a. 1232. — 2. ¥a[j.[jLoOç. — 3. Korvoç. 

4, Cf. H. a. 1240. — 5. Cf. Arm. a. 1240. — 6. H. a. 1241. — 7. Cf. E. a. 1240. L'espace blanc 
de quelques lignes contenait sans doute la traduction de cette phrase du Chronicon'. ih. ir^ç, 'EXX^vwv 
■/povoypaçt'aç àxptêùO; àvaypai)î)ç TSTôuxévai owxsï • ta upô auTwv, w; ÈxaaTw çcâov r,v àTrîq)r|(7avuo (Eus., I, 
192). — 8. xy'; ms. : 13 ans.— 9. E. a. 1240. — 10. Ibid. — 11. E. a. 1241. — 12. 'ApxTÏvo; MiV.^^aio; 
èuoTroiô;. — 13. riavSouîa xa\ Me-caTtôvTiov ; Arm. a. 1243. — 14. H. a. 1244; Arm. 1218i 



80 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

35 ans. — En Fan 46 d'Ozias, Bocchoros S 1" roi de la XXIV^ dynastie, commença 
à régner sur TEgypte, pendant 44 ans. — En Tan 48 d'Ozias, commença à 
régner [Ardysus], le l*"" roi des Lydiens ^ 

Téglatphalasar, roi des Assyriens, monta et s'empara de Juda et d'Israël; il 
emmena une grande partie du peuple; ce fut le commencement des captivités, 
alors que furent emmenées Aion, Abel_, Beth-Malka, Yanoch, Qana, Haçor, 
Galaad, Gad, toute la Galilée et la région de Nephtali^ — Ozias mourut. La 
gloire de Dieu fut révélée à Isaïe et le don de prophétie lui fut rendu. 

[48] Cymon dit, dans leur histoire'', qu'Ilia*^ était fille de Némétor, frère d'AmuIus. 
Amulus. ayant tué Némétor, régna à sa place; il s'empara par la violence d'IIia et des 
deux fils jumeaux qu'elle avait eus de Mars; il les donna à un de ses pasteurs pour les 
faire périr; mais celui-ci eut pitié d'eux; il les plaça dans une barque qu'il abandonna 
sur le fleuve du Tibre. La barque abandonnée à elle-même revint sur la rive du fleuve, 
et déposa les enfants sur le limon. 

Un bouvier nommé Faustulus les trouva et les éleva. Ayant causé avec le berger qui 
les avait abandonnés sur le fleuve, il apprit de lui de qui ils étaient fils. Il les élevait 
avec le lait d'une louve. Quand ils eurent grandi, Faustulus leur fit connaître de 
qui ils étaient fds, et ce qui leur était arrivé. Ils devinrent forts, et allèrent tuer Amu- 
lus; ils s'emparèrent du royaume et firent sortir Ilia de prison. Ils bâtirent Rome 
dans le champ de Faustulus, où ils avaient été élevés, près du fleuve du Tibre. C'est 
d'eux que tout le peuple des Latins prit le nom de Romains. 

D'autres parlent d'eux en d'autres termes : Arémulus était leur grand-père. Pensant 
qu'ils étaient nés d'un adultère, il ordonna de les jeter dans le fleuve. Leur mère iElia 
était prêtresse de Mars; elle avait commis l'adultère et prétendait avoir conçu de 
Mars. Ils furent jetés dans le fleuve ^ ... 

Ayant commencé à régner, ils en vinrent aux mains, Romus [fut tué] par son 
frère, et Romulus régna [seul] sur eux. Depuis lors la ville ne cessa' d'être agitée 
par des tremblements de terre, jusqu'à ce qu'il apprît par une vision que : tant que 
son frère^ qui avait fondé la ville avec lui, ne siégerait pas avec lui sur le trône. 



1. Bô-/xwptç. — 2. Cf. p. 78, n. 13. — 3. Cf. II Reg., xv, 29. Les noms propres sont assez mal- 
traités. Voici le verset de la Pesitta : • u^^o • t»**i-i>.o • ^a:>io û«l3 ' ^'> N o ilû»Jûo ^^Mo v? — »jA ;_3»o 

4. Lire : spov^i»^*; Ar, : >Ooiû,»»o «»9 ,^aA ^ûû». — 5. Ms. : lliân. — 6. Le passage suivant est 
mutilé ; l'arabe en omet la traduction. Des quelques mots qui restent on peut conjecturer qu'il 
traduisait cette phrase : Verum parvulos prope ripam Tiheris expositos Faustulus regii pastor 
armenti ad Accam Larentiani uxorem suam detulit, quae propter pulchritudinem et rapacitatem 
corporis quaestuosi, lupa a vicinis appellabatur. Inde ad nostram usque memoriam meretricum 
cellulae lupanaria dicuntur. H. a. 1221. — 7. Lire : ûwi*.. 



LIVRE IV. GHAP. XVI 81 

CHAPITRE XVI. — Après Ozias, son fils Joatham régna pendant 16 ans : il 
gouvernait déjà le royaume depuis que son père était atteint de la lèpre. Il fit 
beaucoup d'ouvrages dans le mur de Jérusalem. 11 combattit avec les Ammo- 
nites, les vainquit et les soumit à un tribut ^ . 

En l'an 3 de Joatham, le 3" roi, Tyrimmas% commença à régner sur les Macé- 
doniens, pendant 38 ans. — En l'an 12 de Joatham, Mamycos' commença à ré- 
gner sur les Mèdes, pendant 40 ans. 



les tremblements de terre ne cesseraient point. Alors Romulus fit faire une statue 
d^or à l'image de son frère et la plaça h côté de lui sur le trône, et quand il parlait, 
il le faisait au nom d'eux deux; il disait : « Nous commandons, nous faisons, nous vou- 
lons )), et ainsi de suite. Cette coutume a persévéré chez les rois des Romains jusqu'au- 
jourd'hui. 

Le Lacédémonien Cinethon qui composa la Télégonie florissait à cette époque. Le 
poète Eumelus qui écrivit Bugonia et Europia était alors célèbre '. 

A cette époque prophétisaient Joël, Jonas, Michée, Isaïe et Osée ^ . 

A cette époque fut fondée l'île d'Aradus'' qui est Rouad ; elle subsista pendant 
1460 ans, jusqu'à ce qu'elle fut détruite par les Arabes. 

A cette époque fut fondée, en Sicile, la ville de Salinus et Scalê (?); dans le Pont : 
Trapezus^; en Rythinie : Cyzicus**; en Italie : Callicum et Lyconia*. 

A Lacédémone fut établi le premier éphore **. 

[49] Jusqu'ici avaient régné, l'espace de 360 ans, les rois appelés « Latins » qui 
furent au nombre de quinze. — En l'an 7 d'Achaz, roi des Juifs, Romulus commença 
à régner et bâtit la grande et fameuse Rome, et tous ses successeurs y habitèrent. Jus- 
qu'aujourd'hui, les Francs sont appelés Romains, du nom de ce roi et du nom qu'il avait 
donné à la ville. -— Les rois avaient commencé à exister en Italie en la 3" année après la 
ruine de Troie, qui fut détruite du temps de Labdon, juge d'Israël. Le premier fut 
Enée, qui vint de Troie, lorsque les Achéens armés ** contre elle la dévastèrent, avec 
ceux de la maison d'Agamemnon et de Ménélas. Ces rois d'Italie furent alors appelés 
latins^ jusqu'àRomulus qui bâtit Rome, et y fit de grandes constructions, du temps d'A- 
chaz, roi de Juda; tout lepeuple fut alors appelé romain. Cette ville italiote s^étendit 
et se développa du temps de Romulus et des rois ses successeurs. 

Il y a dedans 24 grandes églises catholiques; 2 grandes basiliques où se tient l'em- 



1. Cf. II Chr., xxvir. — 2. TypjjLa?. — 3. H. ; Medidus. Sans doute le Maudaueas de Ctésias. 

4. H. a. 1254. — 5. Cf. H. a. 1249. — 6. H. a. 1259 ; Arm. 1255, — 7. TpaTicÇoO,-; Arm. a. 12G0. 
— 8. Kûiltxo;; H. a. 1261. — 9. Arm. a. 1260. — 10. Lacune dans le ms. ; restitution d'après H. 
a. 1260; Arm. 1259. — 11. Lire : fla.,ih. 

L M 



82 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

vVprès Joatham, son fils Achaz régna pendant 16 ans. II servit les dieux des 
Gentils, et fit ce qui était mal. — Phacée, roi d'Israël, fît venir Razin, roi de Syrie ; 
il monta contre Juda et détruisit cent vingt mille hommes. — Achaz appela Té- 
glatphalasar, roi d'Assyrie, qui vint, tua Razin, roi de Syrie, et attaqua Damas; 
il emmena captifs les Iduméens, prit d'Achaz beaucoup d'argent et retourna 
dans son pays '. 



pereur, et où tout le peuple s'assemble autour de lui; 324 grandes rues spacieuses; 
2 grands capitules; 80 statues d'or; 64 statues d'ivoire; 46.603 grandes maisons; 
797 maisons princières; 1.352 canaux qui procurent les eaux; 274 boulangers qui 
travaillent à donner la nourriture aux habitants de la ville, sans compter ceux qui 
travaillent pour vendre*. [Il y a] 31 palais impériaux; 5.000 sépulcres; 31 bases de 
marbre; 3.800 statues d'hommes en bronze; 270 statues des rois en bronze; 29 statues 
de la famille d'Abraham, d'Isaac, de Jacob, de Sara, d'Agar, et des autres rois hé- 
breux, que Yespasien amena de Jérusalem, avec les portes de Jérusalem et beau- 
coup d'autres choses; 2 colonnes en spirale; 14 stades des Romains; 3 théâtres; 
2 hidi\ 11 nyinphea\ 22 chevaux de bronze; 12 bains publics et 2 autres ; 14 [/.coploiz.'.- 
Xô5v wvT'.vwv è/./.ouê'.Topta; 2 castra equitum singulariorum\ 45 mastridia ; 2.300 dépôts 
publics d'huile; 254 latrines publiques^; les éparques qui gardent la ville [sont au 
nombre de] 673, et ceux qui ont l'autorité générale [au nombre de] l'\ — Le 
pourtour de la ville en dehors du mur est de 40 milles, et à l'intérieur, depuis le 
levant jusqu'au couchant, [elle mesure] 12 milles, et du nord au midi, aussi 12 milles. 

Quand on fit la recension du peuple de Rome, a la LX*^ olympiade on trouva 
120.000 citoyens ; à la CX'' : 165.000 ^ ; à la CXXP : 270.000; à la CLXXIIP : 460.000 ; à 
la CLXXXVIIP, 4.165.000; [dO] en la CCVI- olympiade, sous le règne de Claudius 
et d'Agrippa, 6.944.000. — Sous les règnes d'Auguste etd'Archélaiis, fils d'IIérode, il 
y eut une grande famine, au point qu'on achetait un modius de froment pour 27 dinars 
et demi. — Sous le règne de Titus, il y eut une grande peste, au point qu'il mourait 
chaque jour des myriades d'hommes. 

[Romulus], après avoir bâti le mur de Rome, fit une grande fête, et il appela Mars, 



1. Cf. II Reg., XVI ; II Chr., xxvitr. 

2. Une description de Rome presque identique à celle-ci se trouve insérée de nouveau dans la 
Chronique, dans le récit du règne de Justinien (p. 309 du texte). La comparaison des deux recensions 
devant en faciliter l'intelligence, nous réservons les notes et les rectifications du texte pour ce 
second passage, et nous nous bornons, ici, à traduire littéralement. Voir Ign. Guidi, // testo 
siriaco délia Descrizione di Roma [Bullettino délia Comni. urch. di Roma, 1885, p. 218 sqq. ; et 
1891, 61 sqq,). — 3. Lire ; I;ô.| û^^. — 'i, Ms. : 707. — 5. Lire : <^ l'-'^J ; cf. Arm. a. 1676. 



LIVRE IV, CHAP. XVI 83 

En l'an 2 d'Acha/, Osée se révolta [47] contre Phacée, le tua, et régna sur Is- 
raël pendant 9 ans'. — En l'an 8 d'Achaz, Salmanasar commença à régner sur 
les Assyriens, pendant 14 ans; il monta contre Israël et soumit Osée, qui 
lui donna un tribut ; mais ensuite Osée se révolta contre Salmanasar et fit appeler 
à son secours Adramélek, le Kousite, qui habitait en Egypte. — En l'an 7 d'Osée,^ 
roi d'Israël, l'an 8 d'Achaz, la première année de Salmanasar, celui-ci monta de 
nouveau contre Samarie et l'assiégea trois ans. — En l'an 9 d'Osée, 11 d'Achaz, 3 de 

ce qui signifie Arés^, le mois' qui s'appelait auparavant Primus*. Chaque année, les 
Romains célèbrent cette fête. Il fit aussi un grand pal/inm^; il célébra les noces (?) *, 
distribua des largesses [au peuple] et donna un grand festin aux notables. Dès lors 
Tusage s'est introduit chez le peuple romain de faire des pallium (?]. — Dès qu'ils 
voulaient le tuer, il leur donnait des fêtes et des festins, et les détournait^. 

Il bâtit aussi un cirque. Romulus voulant jeter la division parmi le peuple qui cher- 
chait à le tuer parce qu'il avait fait périr son frère, institua à Rome, en l'honneur du 
Soleil et des quatre éléments, des jeux [consistant] dans une course de quadriges. Ce 
furent les premiers jeux. Il attribua des noms aux quatre éléments. Il appela la terre 
Prasiniis, parce qu'elle ressemble à l'herbe; la mer, Venetus, parce qu'elle ressemble 
aux eaux bleues ; le feu, Rufiis, parce qu'il brille, et l'air, Alha^ parce qu'il est blanc. 
Et dès lors il y eut des factions à Rome ^. — Il donna le nom de Prasiniis, qui signifie 
en grec « permanent » {pvœsentiam veut dire «permanence ») parce qu'en tout temps 
la terre subsiste et fait germer l'herbe; et celui de Venetus, parce qu'il y a une pro- 
vince dans l'empire romain qui s'appelle Venetia, dont la métropole est Aquileïa ; et 
de là provient la teinture bleue ®. Il les accoupla ainsi : ùwec prasinns , alha, qui est 
l'air; et avec venetus, ru fus, qui est le feu, parce que le feu répond à l'eau. Les habi. 



1. Comp. II Rcg., XV, 30 et xvir, 1. 

2. "Apviç. — 3. Lire : 1-h (et non U^-). — 4. Cf. M.KCKO^.,Saturn.,\l, 12. — .5. (xav5Û7.; paraît bien 
être le mot que l'auteur a en vue. — 6, Littéralement : erexit thalamum. — 7. Litt. : « il les ajour- 
nait. ». — 8. Lire : I»p" oow := (Alpy^. — 9_ Nos restitutions sont appuyées sur ce passage du 
Chronicon paschale (Migne, Pair, gr,, t. XCII, col. 296) : Kax£ï6£v £H£vor,6Y) TÉaCTapa [xépY] Iv 'P(i[xy|. 
'ExâXeffs Ô£ To ITpâfftvov [i£poç IIp at'oEVTOv, o èartv 'PwfxaVxv^ Xél'.ç, r(zi', IppLSVcUEtat, 'E[jiuapa(xovov 
Trpa'.a-£VT£'J£',v yàp XlyExat ib 7rDtpatA£V£'.v, Stôxt -r^ ylo'^Ssi; yî) oià Ttavxq; t'ffxaTat (tÛv toÎç akatai. To 8k Blvcxov 
exâX£(yEv £x -roO etvat ûitb Tr)v 'Pcoix^v i-K^apyJaw ■^dyçi'X^ X£yo[xlvr)v BEVs-cÇcav vjdTtvoç [AViTpÔTroXAc ectxiv 'AxuXY)"ia • 
xax£ï6£V Içipxovxat xà v-uavà • xouxlaxtv xà PEvIxîlta pà(X|j.axa xwv l[xax!wv, xat upoff£x6XXY)(T£v xw Hpacn'vw 
|X£p£i, Èffxtv x^ y/;, xb X£'jxbv, çrjal xbv àlpa, xaôoxt PpÉx^' 'ta'i ûiroupyeï xai àp[x6xx£t xî) yr,. TwBevexm [xépEt, 
£(Txt xoï; -jSaTt, T:po(7£x6XX-/)(Tî u'jfxtxi^a; xb 'Po-jdaîov (ilpoç, 3 ècrxtv xb uùp, xaôôxt «rêlvvua-t xb TtOp wç 
Û7iox£xay[t£VGV aùxo). Ka\ XotTtbv o\ xr\'i "Pwiiviv oIxoOvie; ôt£(X£p;<70-/ii7av xà piIpYi, xa\ oùxlxt wtAOvoYjffav itpb; 
aXX-fiXou; 8tà xb £p5v sxaaxov x7); l8;a; v;'x-/); xat àvxtTtoi£î(T6at xoO Î8;'o-j (Alpouç, waitEp 6pyi<TX£(ai; xtvo;- v-a: 
ÛTt9)p!;£ |xÉya (Txt<T[J.a £V xrj 'Pwfnf), xat (/.EycéX/jv £);9pav zlyov Ttpoç àXXv^Xou; xà f^lpr;, ànôxe IttevÔyîctev aùxoîî xyjv 
xoG 'iTtTtixo'j OÉav o 'Pôjfjio;. 



B4 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Salmanasar, il s'empara de Samarie et emmena en captivité les habitants des dix 
tribus d'Israël, à Babylone ; ce fut la première captivité. — [48] Ce royaume avait 
eu pour capitale Tliersa pendant 56 ans, et Samarie pendant 194 ans ; [49] depuis 
le schisme, les rois d'Israël durèrent en tout 250 ans. 

Depuis Adam [oO] jusqu'à l'an 11 d'Achaz, il y a 4730 ans. 

Achaz fît descendre la mer d'airain de sur les bœufs d'airain que [61] Salomon 
avait fait faire'. — D'autres disent que Salmanasar monta [o3] et emmena Israël 
en captivité en l'an 4 d'Ezéchias. — Ici finit ce royaume cV Israël. 

tants de Rome se divisèrent, embrassant chacun le parti qui lui plaisait, et dès lors 
il n'y eut plus de concorde entre eux, 

Œnomaûs, roi de Pise *, faisait de ces jeux hippiques une fôte en l'honneur du 
Soleil. On jetait les sorts, et quand OEnomaus^ et ceux qui venaient pour lutter avec 
lui engageaient la lutte, celui qui tenait le rôle de P/'asm^/s se revêtait d'un vêtement 
couleur d'herbe. Celui qui était vainqueur tuait le vaincu. Parmi la foule des 
assistants, ceux qui habitaient le rivage de la mer faisaient des vœux pour que celui 
qui était habillé de bleu remportât la victoire, car ils pensaient que s'il était vaincu 
leurs ressources diminueraient; les citadins et les villageois qui habitaient à l'inté- 
rieur des terres faisaient des vœux pour la victoire de celui qui était habillé couleur 
d'herbe, car ils pensaient que s'il était vaincu, leurs ressources diminueraient. 

Au moment de l'hiver, les Romains s'insurgèrent de nouveau contre Romulus et 
cherchèrent à le tuer, et on dit qu'il institua [alors les fêtes] appelées hrumalia. Il sta- 
tua que chaque roi devrait chaque année, au moment de Thiver, convoquer ses sé- 
nateurs et leur donner un festin, h l'époque où cessent les combats '*. Ils y allaient 
chacun à son tour, selon la lettre [31] par laquelle commençait son nom, depuis A jus- 
qu'à T '. Il prescrivit au sénat d'imiter son exemple. Les sénateurs devaient s'inviter les 
uns les autres, avec les nobles ^ qu'ils voulaient. Des musiciens % chargés d'inviter 
chacun, allaient le soir devant la maison de ceux qui étaient invités au festin, et 
jouaient pour avertir ceux qui étaient invités le lendemain au festin. Dès lors et 
jusqu'à ce jour, l'usage des hrumalia s'est établi chez les Romains *. Romulus garda 



1. II Reg., xvr, 17. 

2. Ms. : u roi des Perses » ; lire )-l-att»3 (Pise, en Elide) — 3. Lire uiool.iQJocyi, d'après le grec : 

'O 6e xri; IlKTaîojv ■j^iâça.c, paaiXeu; Olvôfxaoç xat EêâXXsTo x^vipoç [AExà toO «ijtoO Olvojj-âou (BafftXlwç -/a\ 

ToO èp-/o(A£Vou.... {^Chron. pasch., Patr. gr., t. XCII, col. 292). — 4. D'après les textes grecs il faut 

lire : )^»û, combats (et non k>P, fulgura). Voyez p. 85, n. 3. — 5. Première et dernière lettres 
de l'alphabet syriaque. — 6. ûo«^| v^ . m'> | ^ à^twjj-aTtxo;'. — 7. Lire : lî-^i. — 8. Comp. ce passage 
avec les textes grecs du Chron. pasch. [loc. cit., col. 299) et de Geoeg. Hamart. [Patr. gr., t. CX, 
col. 66). 



LIVRE IV. CHAP. XVII 85 

CHAPITRE XVII. — Quand Salmanasar eut envahi et emmené en captivité 
le royaume d'Israël, et quand ce royaume eut pris fin, il n'y eut plus qu'un seul 
roi pour les Hébreux : Ezéchias, qui régnait sur Juda. Il régna à Jérusalem, 
après Achaz, pendant 29 ans; il vécut 54 ans. — Le pays de Samarie et toute la 
contrée qui était habitée par Israël était aux mains des yVssyriens. 

En l'an 8 d'Ezéchias, l'Assyrien Salmanasar' envoya garder la terre de Judée : 
ceux qu'il envoya furent appelés Samaritains, c'est-à-dire gardiens*. Or, comme 



le pouvoir. Comme ses ennemis parlaient mal de hii et disaient qu'il n'était pas digne 
du royaume parce qu'il avait été élevé par des étrangers, pour ces motifs, Romulus 
appela ces fêtes Z'7-«/na/i«, ce qui se traduit par « qui mange de ce qui est aux autres » ; 
hrnmilos en effet, signifie, en grec, « manger de ce qui est aux autres » '. 

Du prophète Miellée. — On pense que leMichée quiprophétisait hcette époque n'était 
pas le même que celui du temps d'Achab. En effet, Joatham, fds d'Achab, fit préci- 
piter celui-ci du haut d'un rocher et le fit périr*. Celui-là est celui dont il est écrit '" : 
« La parole du Seigneur fut sur Michée de Morasthi du temps de Joatham, d'Achaz 
et d'Ezéchias, rois de Juda. » 

Ezéchias rebâtit le mur de Jérusalem qui avait des brèches; il détourna la source 
de Siloé h l'intérieur du mur". , 

A cette époque la Sibylle d'Erythrée était célèbre'. Les Milésiens occupèrent la mer, 
en neuvième lieu, pendant 18 ans; ils fondèrent une ville en Egypte : Naucratès *. 

Midas commença à régner sur les Phrygiens" ; ce n'est pas celui de Troie. 

La ville de Naxos fut fondée en Sicile*". 

L'Ethiopien Sabacon " emmena en captivité Bocchâris'* et le fit brûler vivant. 

Romulus, le premier, choisit des soldats parmi le peuple et cent vieillards de noble 
origine dont il fit son sénat_, et il fit les six plus honorables d'entre eux patrices '^. 



1. Cf. II Reg,., xvtr, 25 sqq. ; E. a. 1270 ; H. dit : Sennachérih, ce qui concorde .ivec la date de 
l'an 8; l'Arabe et l'Arm. portent comme le Syr. Salmanasar. — 2. Étymologie basée sur l'hébreu. 

3. Notre auteur paraît bien avoir en vue les mots gpwjjia et aÀ).o. Il faut entendre la chose autre- 
ment : « Fuerunt autem Brumalia Dionysii seu Bacchi qui ctiam Bromus seu Brumus diclus est... 
Veteres romanos probosum censuisse alienis vesci cibis; quare attulisse singulos quod essent aut 
biberint quo dicerentur àXXoxptoçâyoc. Hinc tollendae ignominiae causa Romulum, quod cum fratre 
ab Laurentia educatum fuerat, Brumalia instituisse, quibus couvivio excipere solitus sit Senatum, 
cum necessarium diceret a Rege suo ali Senatum hieme « nullis obstrepentibus bellis ». Rosmi. 
Antiq. Rom., p. 293. — 4. Cf. p. 69, 1, 20. — 5. Mrcu., I, 1. — 6. II Chr., xxxrr, 5, 30. — 7. H. 
a. 1274; Arm. 1275. Lire : Ua=-"; SiêûXXa ?) 'EpuOpaJa, — 8. H. a. 1268. — 9. Mioa?; H. a. 1275. — 
10. Nâ^oç ; H. a. 1276, Lire : »«ûm3|j. — 11. H. a. 1292. Saêâxwv. — 12. Bôxywptç. Lire : .isûo^M^ûa^l?). 
— 13. H. a. 1289. 



86 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

le Seigneur suscita des lions qui les dévoraient, le roi leur envoya un des prêtres 
emmenés en captivité, nommé Esdras, qui leur enseigna la loi de Moïse, parce 
que Salmanasar leur avait prescrit de garder le culte du dieu du pays. Ce prêtre 
écrivit la Loi' d'après les Syriens; c'est pourquoi les Samaritains reçoivent seu- 
lement la Loi. — En l'an 6 d'Ézéchias, Sennachérib commença à régner sur les 
Assyriens; \oS] il monta contre Jérusalem, et fut vaincu par les prières d'Ezé- 
chias*. Quinze années de vie furent ajoutées à Ezéchias ». — Sennachérib, après 
avoir régné 9 ans, fut tué par ses enfants. — Asarhaddon, son fils, commença à 
régner en Tan 15 d'Ézéchias; il régna 3 ans. — En Egypte, régna l'Éthiopien 

Syracuse fut bâtie en Sicile*. — Les Lacédénioniens [firent la guerre aux Messéniens''.] 
Méffara et Marathonia furent bâties aussi en Sicile ''. 

o 

Sennachérib bâtit Tarse en Cilicie. Chersonésos fut aussi bâtie en Sicile ^ 

Du temps d'Ezéchias, le juste Tobie, un des captifs Israélites, habitait Ninive. Il 
fut visité par l'ange Raphaël, et l'aveuglement de ses yeux fut guéri par le fiel du 
poisson que l'ange lui donna. 

Ezéchias montra aux envoyés du roi de Babylone tout ce qu'il avait. Le Seigneur en 
fut irrité, et il lui dit*. (( Tout ce qu'ils ont vu dans ta maison [sera pillé], et tes en- 
fants deviendront les eunuques de la maison du roi de Babylone. » Et Ezéchias répon- 
dit : « Bonne est la parole du Seigneur ! Puisse la paix régner de mon temps! » 

Ezéchias fit une piscine, et il fit aussi un aqueduc pour la ville de Jérusalem et y fit 
entrer l'eau par des canaux^. 

En dixième lieu, les Cariens, obtinrent [l'empire de la mer] pendant 69 ans *". A 
cette époque eut lieu la bataille '' de Thyrée entre les Lacédémonietis et les Argiens**. 

Midas, roi des Phrygiens, fils de Lydios, fit connaître les dinars d'or. 

Chez les Romains, le roi Numa ajouta deux mois h l'année : Janvier et [S2] Février, 
c'est-à-dire Kanoun II et Sebat; auparavant on ne connaissait que dix mois chez les 
Romains *'. 

Le roi Manassès abandonna Dieu, pour servir les idoles. Il irrita le Seigneur plus 
que tous les autres rois d'Israël et de Juda. Il fit une idole à quatre faces qu'il plaça 
dans le temple du Seigneur ; il entraîna tout Juda dans le péché '*. 

Les villes de Croton, de [Parion et de Syb]aris furent alors bâties*'. 

Numa Pompilius bâtit le Gapitole '*. 

La ville de Nicomédie, qui s'appelait auparavant Astacus, fut alors bâtie *'. 



1. Le Pentateuque. — 2. Cf. II lieg., xvirr-xix ; Arm. a. 1289, — 3. II Beg., xx. 

4. H. a. 1278, — 5. H. a. 1273. — (5. Sic ms. — 7. H. a. 1300. Lire : ^^:>L\ (et non ^*a3L|). — 
8. II JReg., XX, 13-19. — 9. Ihid., 20. — 10. H. a. 1296. — 11. Lire : \^;a. — 12. IL a. 1298. ^ 
13. H. a. 1303. — 14. Cf. II Beg., xxr; II Chr., xxxrrr. — 15. E. a. 1308. Arm. : Pathron; Ar. : 
uia*i^>Do sato;û. _ 16. H. a. 1303. — 17. H. a. 1306 



LIVRE IV. CHAP. XVIII .87 

Sabakon », pendant 12 ans, et sur les Macédoniens, Perdiccas*, pendant 11 ans. 
En l'an 18 d'Ezéchias, Baladan ' commença à régner sur les Assyriens; il 
envoya des offrandes à Jérusalem après avoir entendu dire et constaté que le 
soleil était retourné en arrière. Notre-Seigneur fut proclamé Dieu à Babylone^ 
et on lui fit une statue dans laquelle il faisait retourner le soleil. — En l'an 20 
d'Ezéchias, Qorqos' commença à régner sur les Mèdes, pendant 13 ans. — En 
l'an 29 d'Ezéchias, Taracus^ l'Ethiopien commença à régner en Egypte, pendant 
20 ans, 

CHAPITRE XVIII. — Manassé régna 55 ans et vécut 67 ans". — En la 
13" année de son règne, il tua le prophète Isaïe; il répandit beaucoup de sang 
innocent, fut abandonné par le Seigneur et tomba au pouvoir des armées 
assyriennes qui l'emmenèrent en captivité où il fit pénitence dans sa prison, et 
composa [o4J une célèbre prière'; il fut agréable à Dieu; il fut délivré, et revint 
en son pays en l'an 37 de son règne. 

Déjocès, le Mêde, bâtit Ecbatane ^ 

Les Parthéniens [fondèrent Tareiite, elles Corinthiens ; Corcyre]'. 

Midas, roi des Phrygiens, après avoir bu [le sang d'an taureau, mourut'". 

Du prophhLe Isaïe^^ . — « Isaïe était de Jérusalem. Il fut mis à mort par Manassès^ qui 
le fit scier en deux avec une scie de bois, et fut enseveli sous le térébinthe de Rogel qui 
est à côté de Taqueduc que détruisit Ezéchiel lorsqu'il enfouit les eaux. Dieu fit le mi- 
racle de Siloah en faveur du prophète. Avant de mourir, son âme défaillit, et il de- 
manda de l'eau à boire. Aussitôt il lui en fut envoyé de cette source] '% et pour cela elle 
fut appelée Siloé, ce qui signifie « envoyé ». — Du temps d'Ezéchias, tandis que le 
peuple était tenu enfermé par les Philistins *', avant que ce roi n'eût fait creuser les 
puits elles citernes, par la prière d'Isaïe, il sortit un peu d'eau de cette source. Les 
ennemis se demandèrent : « D'où boivent-ils l'eau? » Quand ils surent que c'était de 
Siloé, ils vinrent se placer autour. Là eut lieu un prodige. Quand les Juifs venaient, 
la fontaine de Siloé coulait pour eux ; quand les Philistins venaient, la source 
cessait [i53] de couler. Et jusqu'à ce jour, ses eaux sortent [subitement] **. Comme cela 



1. Sa6à-/wv. — 2. IlâpSîx/.aç. — 3. II Reg., xx, 12. — 4. H. : Gardyccas ; ('Aprjxa;; Eus. Chr., I, 
App., col, 89). — 5. Tapay.ô;- — 6. II i?e^., xxt ; II Chr., xxxtir. — 7. Oratio Manasse, parmi les 
apocryphes de l'Ane. Test. 

8. H. a. 1309. — 9, H. a. 1312. — 10. H. a, 1321. —11, Ci.Patr.gr., t. XLIII, col. 420. — 12. Le 
début se trouve dans la lacune que nous suppléons d'après le vis. add. 12178, dont voici le texte : 

Ua \ ♦ ■■>» ^» \L\ ' ^1 ;jia^ ,n ^û).*. pol^ ^w : |.l-"vj» |j — ti_a->3 oi^"^ ôui^»l» (sic) ^^^y I^ûû^s 
• o>iso oî^ vû>j>l |»»*^oo • |~ll>o 1^*)» >ii>.o • ov*^) i;_v) La-vu» yo^ ^^ ^^^v> • lov^ wt^i^ U^» wtîik^ 
.-; ).3;*.o • ^îdL] Uw "^l^ioa. — 13. Gr. : à^XoByXwv. -— 14. Ajouter : P^ ^ (mss.). 



88 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

En l'an 4 de Manassé, Déjocès^ commença à régner sur les Mèdes, pendant 
54 ans. — En l'an 21 de Manassé, Merrès* commença à régner en Egypte 
pendant 12 ans, à la XXVI° dynastie. — En Tan 29 de Manassé, Argaeus ' com- 
mença à régner sur les Macédoniens, pendant [38] ans. — En l'an 33 de Manassé, 
Stéphinatès* commença à régner en Egypte, pendant 14 ans. — En l'an 36 de 
Manassé, Sennachérib le jeune commença à régner sur les Assyriens, pendant 
31 ans. — En l'an 40 de Manassé, Tullus commença à régner sur les Romains 
pendant 33 ans. C'est celui ci, surnommé Hostilius, qui le premier usa de 
vêtements de pourpre et d'un sceptre royal'. ~- En l'an 46 de Manassé, Nékao® 
commença à régner en Egypte pendant 8 ans. — En l'an 54 de Manassé, com- 
mença à régner sur l'Egypte Psamméticus', pendant 44 ans. 

A celte époque Byzance fut premièrement fondée par Byzos^ Après 970 ans, 
elle fut restaurée et agrandie [3o] par Constantin qui la nomma Constantinople. 

eut lieu par l'intermédiaire du prophète Isaïe, on l'ensevelit avec honneur à côté 
de la fontaine ; car il avait été l'objet d'une révélation divine. Le tombeau du prophète 
était à côté des tombeaux des rois, derrière les tombeaux des prêtres [au midi "] ; ils 
avaient été dessinés par David^ et Salomon les fit faire dans la partie orientale, avec 
l'entrée h Gabaon, dans un endroit^" très difficile, pour qu'elle ne soit pas connue ; et 
elle est cachée pour tout le peuple. Les rois avaient là ** de l'or, venu de Saba, et des 
aromates. Ézéchias ** révéla au peuple le mystère de David et de Salomon et profana 
les ossements de ses pères; c'est pourquoi, il fut décrété contre lui que sa descen- 
dance serait dans la servitude. » 

Tandis que Manassé était en captivité h Ninive, il était enchaîné avec une forte 
chaîne de fer et retenu par des entraves (?)*^ d'airain. Les calamités se multiplièrent 
sur lui; il se tourna vers le Dieu de ses pères et pleura amèrement les maux qu'il avait 
faits. II invoqua le Seigneur de tout son cœur; et là, Dieu l'exauça. Il fut délivré, sortit 
de prison, et revint à Jérusalem, où il fut rétabli dans son royaume. Depuis lors, [il 
servit] ** fidèlement Dieu jusqu'à sa mort. 11 fit tirer du temple et broyer la statue à 
quatre faces qu'il avait faite. Il renversa les idoles, bâtit le mur du sud de Jérusalem, 
et fortifia Juda *^. 

A cette époque, à Lacédémone, eut lieu pour la première fois la gymnopédie '^. 



1. AY]'.6x-rji; ; ms. : Dioclémas. — 2. 'AjApLÉp;?; H. Merres, — 3. 'Apyaîoç. — 4. Siespivâeiç. — 5, H. 
a. 1339. — 6, Nsxaw, — 7. Wa.]i.\x-^i:i%oz, — 8. H. a. 1359. 

9. Ajouter : i^va^L la^ (mss.). — 10. Lire : \^^of> — n^ Ajouter : ^'^ (mss.). — 12. Lire : 
Uo\^. — 13. Le mot syriaque signifie : tours; l'arabe traduit littéralement : "»1»*j l-^^v.»^ "■*^' La 
phrase me paraît répondre au sens de la Vulgate (II Chr., xxxirr, 11): « catenis atque coinpedibus >k 
— 14. Ajouter : '^^S, — 15. Cf. II Chr., xxxm, 14. — 16. ry[xvT| T.xiddix. H. a. 1348. 



LIVRE IV. CHAP. XIX 89 

CHAPITRE XIX. — Amon régna sur Juda pendant 12 ans, selon les Septante; 
selon l'hébreu, pendant 2 ans; et Annianus est d'accord avec l'hébreu'. 

En l'an 3 d'Amon, commença à régner sur les Mèdes Aphraotinos*, pendant 
24 ans. — En l'an 2 d'Amon, commença à régner sur les Assyriens Naboupalous- 
sour, le mage, pendant 33 ans; et sur les Macédoniens, Philippe pendant 
38 ans. — En l'an 3 d'Amon, naquit Josias. — Amon servit les faux dieux des 
nations et sacrifia aux idoles. Il fut frappé par ses serviteurs et périt par l'épée. 
Il vécut 24 ans. 



A côtte époque» florissaient les musiciens* Archilochus "% Simonidès ', et Aiis- 
toxenus; le législateur Zaleucus '; et Leschcs de Lesbos ', qui fit une composition sur 
Troie, [34] qu'on appelle lu Petite Iliade ". 

Epiphane^^ : « Sophonie était de la tribu de Siméon_, du village de Baratha *'. Il pro- 
phétisa sur la ville, sur la fin du monde, et sur la confusion ^^ des impies et sur le ju- 
gement dernier. Quand il mourut, il fut enseveli dans son village avec ses pères. •» 

Les Scythes prirent la Palestine *^ A cette époque florissait le musicien Terpander ^*, 
et aussi Thaïes de Milet, fils d'Examius *', le premier physicien ou naturaliste; sa vie 
se prolongea jusqu'à la LVl" olympiade '^. 

A cette époque florissait Dracon ^'. 

Epiphane^^ : « Jérémie était d'Anatoth. 11 fut lapidé h Taphnis '•*, en Egypte, par le 
peuple. 11 mourut et fut enseveli dans le tombeau-*' de Pharaon, parce que les Egyp- 
tiens l'honoraient, car il leur était venu en aide : il avait prié et ils avaient été déli- 
vrés des vipères, et les eaux^' des animaux que les Egyptiens appellent naphot, les 
Grecs : crocodiles ^ et les Syriens : liordanê. Et jusqu'à ce jour, ils ont confiance qu'en 
priant en ce lieu et en prenant la poussière, ils obtiennent la guéiison des blessures 
des vipères, et chassent de l'eau la multitude des crocodiles. 

« Nous avons appris des enfants d'Alexandre et de Ptolémée— que quand Alexandre 
le Macédonien [«53] vint à l'endroit où reposait le prophète, et apprit ces merveilles, il 
fit transporter ses os à Alexandrie, et la race des vipères fut chassée de la contrée 
dans laquelle il fut déposé, ainsi que les crocodiles. Il envoya de même les bêtes ap- 



1. II CAr., xxxtrr, 21 sqq. Cf. H. a. 1360. —2, 'Açpaâp-rYiç. 

3. H. a. 1;^52, — 4. Lire : l^û^ooayj (et noa |;cuooqso). — 5. 'Apyc),o-/o;. — 6. Stp.wvîSïiç. — 7. ZocXeuxo;. 
Lire : awaad^). — 8. Alff//); Alaêioç. H. a. 1360. — 9. vj (iixpà 'Dv'.â;, — 10. Patr. gr., t. XLIII, col. 
418. — 11, SagapOa [var. : BaaaOâ]. — 12. Lire : l^i-ovs = at^x^JV?];. — 13. SxûOat ; H, a. 1382. — 
14. TlpTtavSpo;. H. a. 1376. — 15. H. a. 1376. 0aXviç 'E|a[AÛou M^riatoç. — 16. E. : LVIIP. — 17. H., 
a. 1395. — 18. Patr. gr., t. XLIII, col. 421. — 19. Tâcpvat;. — 20. Litt. : « dans le lieu « ; gr. : 
£v TOTtoi Tviç oîx-^asw; $apaw. — 21. Ms. : « la mer » ; gr. : twv ûSaxcov ; lire : U-». — 22. Gr, : « et d'An- 
tigone ». 

I. 12 



90 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Quand Amon eut été tué, son fils Josias lui succéda, pendant 31 ans; il vé- 
cut 39 ans et eut quatre fils : Johanan, Joachim, Joachaz et Sédécias'. 

A cette époque prophétisait Sophonias, fils deKousai, de la tribu de Siméon. 

En l'an 10 de Josias, Marcus Ancus régna sur les Romains, pendant 24 ans. 
— En l'an 13 de Josias, Jérémie commença à prophétiser. — En Fan 14 
de Josias, Cyaxare* commença à régner sur les Mèdes, pendant 32 ans. [o6] 
Ce Cyaxare marcha contre les Assyriens et s'empara de Ninive'. — En l'an 31 
de Josias, Néchao, qui est Néchepsus^ commença à régner sur les Egyptiens, 
pendant 6 ans. 

pelées argoulou, qui combattent contre* les serpents, et qu'il fît venir d'Argos, dans le 
Péloponèse. Les Egyptiens les appellent argoulou, c'est-à-dire : « argiens gauches ' ». 

« Jérémie donna un signe aux prêtres égyptiens, à savoir : que leurs idoles seraient 
ébranlées et renversées par le fils de la Vierge. C'est pourquoi, jusqu'à ce jour, ils 
honorent la Vierge mère, et ils placent un enfant dans une crèche pour l'adorer. Le 
roi Ptolémée les interrogea à ce sujet, et ils lui répondu'ent : « C'est une tradition 
« que nous avons reçue du prophète Jérémie, qui Ta apprise à nos pères; et nous 
(( attendons l'accomplissement de ce mystère. « 

« Avant la destruction du temple, le prophète Jérémie s'empara de l'arche mysté- 
rieuse et de tout ce qu'elle contenait et fit en sorte que toutes ces choses fussent en- 
glouties par un rocher. Il dit aux assistants : (( Le Seigneur est monté du Sinaï au 
« ciel, et il en reviendra dans sa puissance. Vous en aurez ce signe : que toutes les na- 
« tions adoreront le bois. » II ajouta ; « Personne ne fera sortir cette arche, sinon Moïse ; 
(( aucun prêtre ou prophète n'ouvrira les tables qu'elle renferme. A la résurrection, 
u elle sortira la première et sera placée sur le mont Sinaï, tous les peuples seront réunis 
« autour d'elle. » Puis il scella avec son doigt la pierre du nom ' de Dieu; et ce signe 
fut comme une serrure de fer. Une nuée couvrit le rocher, et personne ne put en re- 
connaître la place; il est dans le désert où reposent Moïse et Aaron [o6]. Pendant la 
nuit, il y a une nuée [lumineuse] ressemblant à l'ancienne ; car la gloire de Dieu ne 
doit jamais être séparée de sa Loi. — Dieu fit à Jérémie la grâce de mettre le complé- 
ment à ce mystère et d'être le coopérateur de Moïse. » 

A cette époque florissait le grand poète athénien, Myrthée ^ 



1. Les différents noms donnés aux fils de Josias amènent souvent des confusions : a) Johanan 
(I C/i7'., iir, 15) n'a pas régné; b) Selluin, aussi appelé Joachaz, succéda à son père ; c) JEiiacim, aussi 
appelé Joachim, succéda à son frère; il eut pour successeur son fils Joachin, aussi appelé Jécho- 
nias; d) Sédécias, aussi appelé Mathanias, succéda à son neveu. — 2, Ivya?apr]i; ; le nom est totale- 
ment défiguré dans le syr. — 3. E. a. 1397. — 4. Nexaw tm xa\ Neyetl^w. 

5. Lire : ^v (mss.). — 6. Ms. add. 12178 et add, 14536 : U*-Jl»so ûs*h **w. Gr. : àpyoXaîoi xaXoûvTai 
TO'j-édxtv "Apyou; àpuîTcpoi • Xaiov yâp Xéyoufft Tiâv sùwvufjLOv. — 7. Lire : |o%^» |ia»a ovî>^p. Gr. : xw Sax- 
x'jXm auxov to ovo[jLa toO 0£oO. — 8. H. a. 1384. M-jpTaîo;. 



LIVRE IV. CHAP. XIX 91 

Josias servait le Seigneur de tout son cœur. — En l'an 18 de son règne, il 
apporta tout son soin au temple de Dieu et ordonna à Helcias le grand-prêtre 
de donner aux ouvriers de l'aro-ent du trésor de la maison du Seiofneur. En le 
cherchant on trouva le livre de la Loi. Josias le lut et apprit ce que Dieu avait 
ordonné, et aussi ce qu'avaient fait les rois de Juda et d'Israël; il fut rempli 
de zèle, déchira ses vêtements et s'appliqua dès lors à observer toutes les 
paroles écrites dans la Loi du Seigneur. Il fît mettre dehors les idoles d'Amon, 
son père, purifia le temple et toute la Judée. Il brisa les statues, et arracha 
les autels. Alors furent accomplies les paroles du prophète venu de Juda vers 
Jéroboam*. Il renversa le sanctuaire des idoles qui sont dans le bois, et il fit 
brûler dessus des ossements humains et il les profana. Il tua tous les prêtres 
des idoles et fit brûler leurs ossements*. 

En l'an 31 de Josias, Néchao commença à régner en Egypte ; celui-ci descendit 
vers le fleuve de l'Euphrate, jusqu'à Maboug, pour combattre le roi des Assy- 
riens. Josias marcha contre lui, Josias fut tué là par Néchao, qui est le Pharaon 
boiteux'. En revenant du combat avec les Assyriens*, les serviteurs de Josias 
l'emportèrent et l'ensevelirent à Jérusalem. — On lui donna pour successeur 
son fils Joachaz. Trois mois après, le Pharaon boiteux revint [o7J et emmena 
Joachaz en captivité. Il établit à sa place Joachim, son frère, et lui imposa de 
payer chaque année cent talents d'or. Celui-ci régna 12 ans^ 

En l'an 18 de Josias, la propliétesse lloidda prophétisait chez les Hébreux ^ 
Battus fonda la ville de Cyrène '. — A cette époque fut bâtie Sinope'; Lipara" et 
Prusias '" furent bâties; Épidumne fut bàtie^ elle fut appelée Dyrrachium*'. 

A cette époque "la parole de Dieu se fit entendre à Jérémie; il lui dit : « Que vois- 
tu? Jérémie. Celui-ci répondit : « Je vois une verge menaçante ». Le Seigneur re- 
prit : (( Tu as bien vu, car je veillerai pour accomplir mes paroles. » — 11 me dit en- 
core : Que vois-tu? et je répondis : « Je vois une marmite enflammée, l'orifice tourné 
du côté du nord. » Et il reprit : « Du nord viendront les maux sur tous les habitants 
de la terre; car voici que je vais exciter tous les empires des rois du nord de la 
terre, dit le Seigneur; et ils viendront^ et chacun d'eux posera son trône devant la 
porte de Jérusalem et sur tous les murs qui l'entourent, et dans toutes les villes de 
Juda. Je leur parlerai par mon jugement, à cause de toute leur malice. » 



1. Ci-dessus p. 65, 1. 8 sqq. — 2. Cf. II Reg., xxir-xxiii; II Chr., xxxiv-xxxv. — 3. Fausse interpré- 
tation du nom de Néchao, confondu avec Thébreu ,133. — 4. Telle est la ponctuation du ms. Cette 
phrase se rapporte peut-être à Néchao. Cf. H. a. 1403; Arm. 1402. — 5. Cf. Arm. a, 1402. 

6. H. a. 1387. — 7. H. a. 1386. Bâixo;. — 8. H. a. 1387. StvwTtr). — 9. H. a. 1388. AiTiâpa. — 
10, H. a. 1390. Ilpo'jcrta. — 11. H. a. 1391. 'EirtôxiAvo; f, vûv Auppâ/tov ; ms. : Épidauros. — 12. H. a. 1383. 
JÉR., 1,11-16. 



92 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

CHAPITRE XX. — En l'an 3 de Joachim, surnommé Éliacim, Tarquinus 
Superbus commença à régner sur les Romains pendant 38 ans. — En cette 
année, commença à régner sur les Assyriens Nabouchodonosor, le Chaldéen, 
fils de Naboupalasour, pendant 40 ans. Il monta contre Jérusalem, en emmena 
des captifs et les vases du temple ; il imposa un tribut à Joachim et s'en 

Periander, fds de Kypsélos, exerça la tyrannie à Corinthc *, 

Cyaxare [67] marcha avec une armée contre les Assyriens ; il assiégea Ninive et 
l'enleva au roi des Chaldéens^. 

On dit que Dracon établissait alors les lois ^ 

Les fils de Jonadab * é'aient alors célèbres chez les Hébreux, comme ascètes" et 
comme chefs. Leur père leur avait prescrit de ne pas boire de vin, de ne point habiter 
dans des maisons; c'est pourquoi ils habitaient dans le désert sous des tentes", et, ob- 
servant le précepte de leur père, ils ne buvaient point de vin. 

Alors prophétisaient Ourias, fils de Séméi% Jérémie et Ézéchiel. 

Josias engendra Joachaz, Joachim et Jechonias. Jechonias engendra Daniel le pro- 
phète ; Joachim engendra Ananias, Azarias et Misaël. 

Tarquinius, roi des Romains, établit le Capitole**. 

A Sidon régnait Amilcothos; et sur les Tyriens : Balazoros^ Quand Néchao, le 
pharaon boiteux, monta, il tua ceux-ci; et le pharaon fut tué lui-même par Nabou- 
chodonosor, près de l'Euphrate. 

Le poète Stesichorus florissait alors -*, et aussi Alcman *', selon quelques-uns. 

Pittacus de Mitylène '% un des sept sages, lutta seul avec Phrynon PAtl énien, qui 
avait remporté la victoire olympique, et le tua. 

Jérémie et Baruch prophétisaient en Judée '^ Daniel, Ananias, Azarias [et Misaël '* 

étaient] à Babylone '^ 

Les villes de Camarina '% Périnthe " et Ma[rseille] '* furent bâties. 

A cette époque ^\ Épiménides [38] détruisit Athènes. 

Sapho et le poète Alcée florissaient alors '". 



i. H. a. 1389; mptavSpo; ô Ku^éXoy. — 2. E. a. 1397. — 3. H. a. 1395. - 4. Cf. Jék., xxxv ; la 
légende des Réchabites attribuée à Jacques d'Édesse a été publiée avec une traduction française 
par M. Nau, dans la Rev. sémitique, ann. 1898-1809. — 5. Lire : \C-'*\>. — 6. Litt. : « des mai- 
sons de poil ». — 7. Jér., xxvi, 20. — 8. H. a, 1399. — 9. Le premier nom est douteux; je lis 
.ooa^ii5i..ys! , transcription, par l'intermédiaire du grec, du phénicien : n^Snn ; le second nom est certai- 
nement iOoo^oill|-=, transcription de 17!?b573., par l'intermédiaire du grec : BaXéÇwpo; (Eus., I 120) 

10. H. a. 1405. — 11. ÂXx(xâv; H. a. 1406; ms. : Laqumenon. — 12. E. a. 1410. Lire : «ûoaSl^?. 

13. H. a. 1416. — 14. H. et Arm. ajoutent ce nom. — 15. H. a. 1412; Arm. 1417. 16. Ka(jiapiva • 

H. a. 1416. — 17. népivôo;; H. a. 1415. — 18. H. a. 1420; Arm. I'i23. — 19. E. a. 1423. — 2o! 
H. a. 1418. 



LIVRE IV. GHAP. XX 



93 



alla'. Daniel et ses compagnons descendirent à Babylone parmi ces captifs. Ce 
fut la première captivité à Babylone. Le Pharaon boiteux, après avoir dévasté 
Maboug (qui fut rebâtie et appelée Hiérapolis), revint une seconde fois et fut 
tué par Nabouchodonosor près de FEuphrate, en Tan 5 de Joachim, et Psam- 
muthès* commença à régner sur l'Egypte pendant 17 ans. — En l'an 8 de Joachim, 



Du prophète Ezéchiel. — Ezéchie 
commença h prophétiser en l'an 4 de 
Sédécias. La parole de Dieu se fit en- 
tendre au prêtre Ezéchiel, fds de Bouzi, 
dans le pays des Chaldéens, sur le fleuve 
Chobar. Il dit ' : « Et là, la main du Sei- 
gneur fut sur moi, et je vis : Et voici 
qu'un vent violent venait du nord, avec 
un grand nuage, une lueur autour de 
lui, et un feu étincelant. Au centre il y 
avait une image d'or au milieu du feu et 
un rayon dans cette image; et au milieu 
[était l'image de quatre animaux qui 
avaient] l'aspect d'un homme, chacun 
avec quatre figures et quatre ailes ; leurs 
pieds étaient étendus; leurs pieds étaient 
ailés et leurs ailes étincelaient comme 
l'airain en fusion. Une main d'homme 
se trouvait sous chacune de leurs ailes 
des quatre côtés ; leurs visages et leurs 
ailes, de tous les quatre, [étaient] des 
quatre côtés; [leurs ailes] se touchaient 
mutuellement ; ils ne revenaient point 
lorsqu'ils marchaient ; chacun d'eux 
marchait devant lui. La ressemblance 
de leur visage était un visage d'homme 
et un visage de lion du côté droit de 
chacun d'eux quatre, et un visage de 



[Reprenons la suite de] * ce discours 
sur les anciens princes des prêtres. — 
Il est écrit* que du temps du dit roi 
Joachim, le grand-prêtre était Ourias, 
qui fut misa mort par Joachim lui-même. 
Après lui, le grand-prêtre fut Saraia**, 
[St>] et après celui-ci, Josédek, celui-là 
même qui fut emmené en captivité à Ba- 
bylone. Ils sont ainsi mentionnés sans 
indication du nombre de leurs années. 
Les autres chroniqueurs placent ceux-ci 
à une époque antérieure. 

Ils disent qu'après Helcia s vint Ourias, 
comme dit aussi Andronicus_, et ensuite 
Saraia, puis Azarias, et après lui Sadoc à 
quiil attribue 25 ans '.Un examen attentif 
montre que, du temps des rois Joachaz, 
.loachim. Jéchonias et Sédécias, floris- 
saient les [d6j grands-prêtres dont nous 
avons parlé plus haut. 

D'après les témoignages, Josédek fut 
emmené en captivité, et cette captivité 
eut lieu du temps de Sédécias, comme 
cela est très manifeste [o7] pour tous 
ceux qui connaissent les Livres saints. 
Il y a aussi une autre preuve qui montre 
clairement ces choses. Tous les chroni- 
queurs et les Livres [o8] saints eux- 



1. H. a. 1405; Arm. a. 1412; II Chr., xxxvi, 6,7. — 2. Wâyt^-M-,. 
3. Cf. EzÉCH., r, 3 sqq. 

». Lacune de trois ou quatre mots. — 5. JerÉm., xxvr, 20 sq. — (î. I Chr., vi, 14. 
quelque confusion dans cet exposé. 



7. Il y a 



94 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



et 5 de Nabouchodonosor^ celui-ci monta de nouveau contre Jérusalem ; il imposa 
un tribut à Joachim et s'en retourna' . — En l'an 8 de Nabouchodonosor, Joachim 
mourut et Joachin son fils lui succéda. Ce Jéchonias, surnommé Joachin, 
régna trois mois. Il détourna son cœur du Seigneur, et Nabouchodonosor monta 
contre lui ; il le fit captif, avec sa mère et les notables, et il les emmena à Baby- 



bœuf et un visage d'aigle du côté gau- 
che de chacun d'eux quatre. » 

Epipliane * : « Ézéchiel était du pays 
de Sarira', de race sacerdotale ; il mou- 
rut dans le pays des Chaldéens. Il fit de 
nombreuses prédictions à ceux de la 
Judée. Celui qui avait été établi chef du 
peuple d'Israël en cet endroit le fit tuer, 
parce qu'il le blâmait d'honorer les ido- 
les. On l'ensevelit en ce lieu, dans le 
champ de Mâour \ dans le sépulcre de 
Sem et d'Arphaxad, les ancêtres d'A- 
braham. Ce sépulcre consistait en une 
double caverne. C'est pourquoi, à Hé- 
bron, iVbraham avait fait le tombeau de 
Sara de la même manière. On dit qu'il 
était double parce qu'il y avait une 
[grotte] inférieure cachée sous terre, 
tandis que la chambre supérieure était 
au niveau du sol, creusée dans le roc 
surérninent. 

« Ce prophète donna un signe au peu- 
ple : Ils devaient observer le fleuve Cho- 
bar ^ ; quand il manquerait d'eau : la 
faux approcherait des confins de la terre ; 
quand viendrait l'inondation : le retour 
à Jérusalem des enfants d'Israël arrive- 
rait. 

« Ce saint [prophète] demeurait là, et 
beaucoup de gens s'y rendaient près de 



mêmes attestent que le grand-prêtre Jo- 
sédek fut emmené h Babylone dans une 
captivité ; mais il n'est dit nulle part par 
quelqu'un des chroniqueurs en quelle 
captivité il fut emmené. C'est pourquoi 
quiconque est soigneux doit manifeste- 
ment [39] observer et considérer que 
Nabouchodonosor monta quatre fois pour 
emmener le peuple en captivité; la der- 
nière fois, il incendia le temple et fit 
crever les yeux de Sédécias : le royaume 
de Juda prit [alors] fin à Jérusalem. Mais 
le sacerdoce ne cessa point. [60] A Jéru- 
salem même il resta des prêtres, et il s'en 
trouva aussi en captivité, de même que 
des prophètes. 

En effet, Daniel était captif à Baby- 
lone, et aussi Ezéchiel, et ceux de la 
famille d'Ananias, [61] qui furent em- 
menés en captivité en l'année où Jé- 
chonias fut pris; et là, l'esprit prophé- 
tique était avec eux. Eu la 2" année de 
Nabouchodonosor, Daniel eut un songe, 
et le leur fit connaître. Ezéchiel, en la 5" 
année [62] de la captivité de Joachim, eut 
sa grande vision, sur le fleuve Kobar. — 
Au moment de la captivité de Sédécias, 
lors de l'incendie du temple, Nabouzar- 
dan emmena Sédécias, le conduisit à 
Riblat ^ ; et, [63] en ce lieu, il fit tuer 



1. II Reg., XXVI. 

2. Patr. gr., t. XLIII, col. 423. — 3. Sapipâ. — 4. Maoup. — 5. Xoêap. 
6, Ms. : Diblat, selon l'usage de la Bible syriaque. 



LIVRE IV. GHAP. XX 



95 



lone. Il y fut enfermé pendant 37 ans*. — Il faut savoir que quand Naboucho- 
donosor monta [38] en l'an 3 de Joachim, il avait été envoyé par son père, 
Naboupalasour ; quand il revint, son père était mort et il lui succéda. Gela est 
connu par le livre des Rois qui dit^ : « En l'an 8 de Nabouchodonosor, celui-ci 



lui. Comme il y avait parfois des foules 
nombreuses autour de lui, les Chaldéens 
craignirent qu^ils ne se révoltassent. Ils 
vinrent pour les tuer. Le saint fit en 
sorte que les eaux du fleuve s'arrêtas- 
sent, de manière que les Juifs purent 
fuir par le gué et s'échapper. Tout le 
peuple passa et fut sauvé ; mais ceux de 
leurs ennemis qui osèrent les poursuivre 
furent submergés. Par sa prière, ce 
prophète leur procura une abondante 
provision [de poissons]^ [o9] et obtint 
de Dieu que ceux qui tombaient en dé- 
laiUance revinssent à la vie. — Tandis 
que le peuple était opprimé par ses en- 
nemis, il alla trouver les chefs, [et les 
ayant effrayés par ses prodiges, il les 
obligea de cesser] *. Il disait au peu- 
ple " : « Notre espérance a péri, parce 
que nous avons hésité», et par le pro- 
dige des ossements morts, il leur per- 
suada que l'espoir d'Israël viendrait. 
Tout en étant en captivité, il leur fai- 
sait connaître ce qui se passait h Jéru- 
salem. Il fut transporté à Jérusalem 
[pour confondre] les incrédules. Comme 
Moïse, il vit la figure du Temple. Il con- 
damna à Babylone les tribus de Dan et de Gad qui commettaient l'impiété ; il fit venir 
des serpents qui dévoraient leurs enfants. Les notables de ces deux tribus lui étaient 
opposés, et celui qui le tua eu faisait partie. » 



les notables et massacrer le prêtre So- 
phonias, Hozias le grand-prêtre, ainsi 
que les enfants de Sédécias. 

D'après cela^ il est notoireque tous ces 
prêtres et princes des prêtres étaient 
alors en Judée et siégeaient à Jérusalem . 
[64] Les chroniqueurs n'ont point omis 
de mentionner ceux qui furent emmenés 
en captivité ; comme on peut le voir par 
le texte de l'Ecriture. 

Il est écrit de Josédek qu il descendit 
en captivité". [6»] 11 fut emmené après 
avoir exercé 20 ans; il fut là pendant 
15 ans; le total des années de son pon- 
tificat est donc de 35 ans. 

Il eut pour successeur, en Judée, son 
fils Josué; il était excellent et fut lui- 
même [66] emmené plus tard. 11 resta là 
jusqu'au temps où régnait Cyrus, ou Ky- 
ros, le Perse, qui permit au peuple de 
remonter et de rebâtir le temple : Josué 
remontalui-même avec les captifs', et ils 
commencèrent à rebâtir le temple en l'an 
2 de Cyrus, roi de Perse. Ce Josué [67] 
était encore grand-prètre à cette époque. 



1. II Reg., xxvr; II Chr., xxxvr. — 2. II Reg., xxiv, 8 sqq. 

3. Lire : l>'alj ^ (mss.). — 4. Compléter : aibûM |toM> |Cs^i.-po {add. ms. 12178, f. 237). 
EzÉcm., xxxvir, 11. 

6. I Chr., VI, 15. — 7. Esdr., m, 8. 



96 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIExN 

amenaprès de lui Joachin qui régna pendant trois mois, après les douze années 
de son père, ainsique sa mère et ses serviteurs, qui furent emmenés en captivité 
à Babylone. A la place de Joachin, il établit son oncle Sédécias, qui régna pen- 
dant 11 ans. » — Il ajoute* : « le 5" mois, le 9* jour de la 19* année du règne 
de Nabouchodonor, Nabouzardan monta et incendia le temple et la ville, après 
[39] avoir fait captif Sédécias ». 

En l'an 4 de Sédécias, Astyagès^ commença à régner sur les Mèdes, pendant 
38 ans. En l'an 11 de Sédécias, Vaphrès^ commença à régner sur les Egyptiens, 
pendant 25 ans. 

Epiphane : sur le prophète Daniel* . — « Celui-ci était de la tribu de Juda, d'une fa- 
mille des grands du royaume ; il fut emmené jeune en captivité de la Judée dans le 
pays des Chaldéens. Il se trouva dans l'Assyrie supérieure ; c'était un homme chaste et 
ou croit qu'il était eunuque. Il s'affligeait beaucoup à propos de la ville de Jérusalem; 
il jeûnait et se privait des mets délectables; il était délicat de corps, mais resplen- 
dissant par la grâce du Très-Haut. Il pria beaucoup pour Nabouchodonosor, à la 
demande de Balthasar, son fils, afin qu'il ne pérît pas, quand il devint en forme de 
bête : le devant de son corps et sa tête étaient ceux d'un taureau, le derrière et les 
pieds, ceux d'un lion. Le saint connut par une révélation que Nabouchodonosor 
était devenu un animal, à cause de l'endurcissement de sa tête et de son amour des 
délices du corps; il fut comme un taureau sous le joug de Satan. Ces choses arrivent 
aux puissants, à cause de leur insanité; ils deviennent à la fin comme des bêtes et ils 
volent, ils pillent, ils blessent, ils tuent. Dieu révéla au saint qu'il mangerait de 
l'herbe comme un bœuf et que ce serait pour lui comme la nourriture naturelle des 
hommes. C'est pourquoi, Nabouchodonosor lui-même, quand il avait digéré cette 
nourriture et retrouvé un cœur humain^, pleurait et invoquait le Seigneur, Nuit et 
jour il priait quarante fois. Il devint comme Béhémoth et oublia qu'il était homme ; 
la parole lui fut enlevée. Quand il comprenait [cela], il pleurait au point que ses yeux 
devinrent comme de la chair à cause de Tabondance de ses larmes. Beaucoup de 
gens sortaient delà ville pour le voir; Daniel ne voulait point le voir humilié, mais il 
priait continuellement pour lui. Il disait : « Il changera et redeviendra homme » ; 
mais on ne le croyait point. 

« Or, Daniel changea ces « sept années, qu'il appelle sept temps, en sept mois; de 
sorte que le mystère des sept temps fut changé en sa faveur [60], et que les sept 
temps qu'il avait établis comme sept mois, s'accomplirent. 



1. II Reg., XXV, 8 sqq. — 2. 'AçTuàyvii;. — 3. Ouaçpiç. 

4, Pair, gr., t. XLIII, col. 424. — 5. Il faut probablement corriger ; uoi >3» îûo ^ ^^,r>ûaj 
tàioo U;=u^ ; le ms. add. 14178 (f. 237) porte : t^a ^ : w&^as\» low ;»9» ^ûo ^, — 6. Lire : 
^ov^ (mss.), et non : Ua*cn^. 



LIVRE IV. CHAP. XX 97 

En cette année Sédéciasfut emmené en captivité et le Temple fut détruit; tous 
les Juifs furent faits captifs, à peu d'exception près; le royaume de Juda cessa 
après avoir brillé durant 155 ans après la ruine du royaume d'Israël. 

Jérémie, en apprenant l'incendie du Temple, cacha dans une grotte le taber- 
nacle [60j de l'alliance *■ et l'arche, en un lieu que personne ne connaît. 

Le Temple^ depuis que Salomon l'avait bâti jusqu'à ce qu'il fût brûlé, lors de 
la quatrième invasion de Nabouchodonosor, avait duré 441 ans. C'est à partir 
d'ici que commencent les soixante-dix années de captivité, jusqu'à l'an 2 de 
Darius*, fils d'Hystaspe. En effet, les années des vingt-trois rois jusqu'à pré- 
sent sont de 525 ans; et depuis Adam il y a 4746 ans K 

« Quand Nabouchodonosor fut changé, il priaDieu_, pour son impiété, pendant six ans 
et cinq mois. Quand son iniquité lui eut été pardonnée, sa nourriture lui fut rendue; 
mais il ne mangea point de pain ni de viande, et ne but point de vin pendant le temps 
de sa pénitence ; car Daniel lui avait prescrit d'obtenir du Seigneur son pardon en n'u- 
sant que de graines trempées, de légumes et d'eau. 

« C'est pourquoi Balthasar appela Daniel pour le faire son héritier avec ses enfants. 
Le vénérable Daniel lui dit : « A Dieu ne plaise que j'abandonne Théritage de mes 
« pères, pour partager l'héritage des incirconcis ! » 

« Du temps des autres rois, Daniel lit encore devant eux des prodiges qui ne sont 
point écrits. 11 mourut là, et fut enseveli seul glorieusement dans le tombeau royal. 

« 11 donna un signe à l'aide de la montagne qui est au-dessus de Babylone à savoir : 
que, quand la partie septentrionale fumerait, la fin de Babylone arriverait, et quand 
elle serait en feu , la fin du monde arriverait ; que si les eaux coulaient dans la partie mé- 
ridionale, le peuple retournerait en son pays ; mais si le sang coulait, Satan cause- 
rait un grand massacre par toute la terre. — Le vénérable Daniel dit ces choses et 
mourut en paix. » 

Epiphàne : sur Habacuc\ — « Habacuc^ était de la tribu de Siméon, du village de 
Beth Sochara \ II vit d'avance la captivité et la destruction de Jérusalem, et pleura 
beaucoup, Quand Nabouchodonosor vint à Jérusalem, il s'enfuit dans la maison 
d'un potier \ et demeura dans le pays d'Ismaël. Quand les Chaldéens furent repartis 
et quand ceux qui n'avaient pas été faits captifs et avaient été laissés à Jérusalem 
furent descendus* en Egypte, il demeura dans son pays et servait les moissonneurs 
dans son champ. Ayant pris de la nourriture, il prophétisa aux gens de sa maison et 



1. Litt. : u du témoignage ». — 2. Ms. : « de Joas »! — 3. Le chiffre n'est pas clairement indi- 
qué dans le ms. Nous le déduisons de la date donnée pour l'avènement de Saûl : 4221 (p. 58, 1. 10). 

4. Pair, gr., t. XLIII, col. 418. — 5. 'Ajxgayoufji, — 6. Byiôwa/cip [var. : BtSÇouy.âp]. — 7. C'est la 
traduction littérale ; gr. : et; ' OaTrpaxcvriv. La forme primitive était probablement un nom propre de lieu. 
— 8. Lire ; ûs**j ou oli»**' (mss.). 

I. 13 



98 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

La guerre pendant laquelle Nabouchodonosor poursuivait Jérusalem dura 
vingt ans : depuis la 4* année de Joachim, [61] qui était la !'"•= de Naboucho- 
donosor, jusqu'à la 11* année de Sédécias, dans le 5" mois de laquelle Jéru- 
salem fut détruite, le Temple incendié, et la royauté abolie. — Ils furent en cap- 
tivité à Babylone pendant soixante-dix ans. 

Depuis la destruction d'Ilion jusqu'à l'an 11 d'Achaz, qui correspond à la 
I""^ olympiade chez les Grecs, il y a un total de 438 ans, selon le comput des 
Grecs ; et de l'an 11 d'Achaz jusqu'à l'année en laquelle fut détruite Jérusalem, 
il y a 216 ans. 

leur dit : « Je pars pour une contrée lointaine et je reviendrai promptement ; si je 
tarde, portez à manger aux moissonneurs. » Il se trouva [transporté] à Babylone, donna 
à dîner à Daniel, et revint auprès des moissonneurs tandis qu'ils mangeaient. Il ne 
dit à personne ce qui s'était passé. Il comprit que le peuple reviendrait bientôt de 
Babylone; il mourut deux ans avant le retour, et fut enseveli seul dans son champ. Il 
avait donné un signe en Judée : Ils verraient* la lumière dans le Temple, et ainsi, ils 
verraient la gloire ^ du Temple. Il fit connaître la ruine du temple et dit qu'elle serait 
causée par un peuple occidental ; [61] qu'ensuite le voile du clabir^ se déchirerait peu 
à peu, que les chapiteaux des deux colonnes seraient enlevés, et que personne ne 
saurait ce qu'ils étaient devenus. — Ils furent emportés par les anges dans le désert, 
à l'endroit où le tabernacle de l'alliance avait été primitivement fixé; à la fin, le Sei- 
gneur sera connu, grâce à eux, car ils brilleront comme autrefois pour ceux que le 
serpent poursuivra dans les ténèbres *. » 

A cette époque le faux prophète Ananias séduisait le peuple de Judée [en assurant 
que la ville ne serait pas livrée et qu'ils n'iraient point en captivité \ 

A cette même époque^, Solon donnait des lois et abolissait celles de Dracon, 
excepté celles sur le meurtre. 

A cette époque '', on donnait à ceux qui avaient remporté la victoire dans la lutte 
un tragos^ c'est-à-dire un bouc ; de là, ils furent appelés tragédiens. 

Il y eut une éclipse * de soleil que le sage Thaïes de Milet avait prédite ^ 

Quand le roi Sédécias eut été conduit en captivité à Babylone avec tout le peuple 
de Juda, les Chaldéens établirent comme chef de ceux qui étaient restés en Judée 
Godolia, fils de Ahicham; surgit ensuite Ismaël, fils de Natania, qui tua Godolia et 
enleva tout le peuple qui était resté, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, et il 
s enfuit en Egypte*". Jérémie fut emmené en Egypte avec ceux-ci. Clément d'Alexan- 
drie est d'accord sur ces choses, car il dit** : « En la XLVII^ olympiade" eut lieu la 



1. Lire : ^»^».^ (mss.). — 2. Lire : o«ûwaaj.L (mss.). — 3. a7t),w[JLa toO AaS/jp. — -4, Lire : \^ 
— 5. Cf. JÉRÉM., xxviri. — 6. H. a. 1425, — 7. H. a. 1426; Arm, 1428. — 8. Lire : ^ai-^ïia2ii>| . . 
9. H. a. 1432. — 10. Cf. Jérém., xL-XLt. — 11. Strom., i, 21. — 12. Lire : l-^, d'après H. et Arm 



LIVRE IV. CHAP. XXI 99 

CHAPITRE XXI. — Quand Jérusalem eut été dévastée, Nabouchodonosor 
monta faire la guerre contre Tyr. Il ordonna à ses troupes de jeter des pierres 
dans la mer et de faire un passage jusqu'à cette ville. En voyant cela, les habi- 
tants de Tyr jetèrent [62] à la mer tout ce qu'ils avaient et s'enfuirent dans des 
barques. Ils entourèrent le roi Hiram et le tuèrent; il avait vécu 50 ans, tou- 
jours du temps des rois de Juda. 

captivité du peuple juif à Babylone, alors que Vaphrès régnait sur les Egyptiens, et 
que Philippe était prince des Athéniens. Ceux qui étaient restés en Judée eurent 
recours au roi d'Egypte, Vaphrès*. )j 

A cette époque florissaient, parmi les Grecs, les sept Sages*. Voici leurs noms et 
leurs maximes^ : Solon, Athénien : «rien de trop » ; Bias de Priène: « beaucoup de 
maux »; [Thaïes; Chilon; Pittacus ; Périandre] *; Cléobule : «une mesure excellente. » 

Nabouchodonosor bâtit Babylone et fit le jardin kremastos^ c'est-à-dire suspendu; 
et il le fit de telle sorte qu'il était une des sept merveilles [du monde]. 

En l'an 13 de la Captivité , qui était l'an 34 de Nabouchodonosor, il fit une statue 
d'or, haute de 60 coudées, à l'occasion de laquelle ceux de la maison d'Ananias 
s'illustrèrent". 

Nabouchodonosor fut changé en bête, selon la prophétie de Daniel, et il paissait 
l'herbe avec les bêtes dans les champs, 

A cette époque, il y avait de faux prophètes h Babylone : Achab, Sédécias, Séméï®. 

Il y a dans le livre de Jérémie 4252 mots; dans le livre des Rois : [60j43' ; dans 
celui des Chroniques : 3053; dans celui d'Ézéchiel : 4376. 

A cette époque^ les jeux gymniques, c'est-à-dire des nus, furent organisés pour 
la première fois par les Athéniens. 

Pisistrate ' qui exerçait la tyrannie sur les Athéniens [62] passa en Italie. 

A la mort de Nabouchodonosor, son fils Evilmérodak prit l'empire des Chaldéens *", 
et après celui-ci, Balthasar, son frère, sous le règne duquel Daniel interpréta l'écri- 
ture qui était apparue sur le mur et qui signifiait que l'empire des Chaldéens devait 
passer aux Mèdes et aux Perses ". Ce Balthasar, fils de Nabouchodonosor, fit, en la 
2" année de son règne, un festin pour ses grands. Il buvait le vin en présence 
d'un millier d'hommes; mais non pas comme eux '^, car il but dans les vases sacrés, 
et aussitôt une main sortit et écrivit sa condamnation. La nuit même Darius, mède 
et persan, venait et le tuait*'. 



1. Cf. E. a. 1426. — 2. Cf. H. a. 1438; Arm. 1439. — 3. Cf. Septem sapientum dicta; Paris, 
1553. — 4. Lacune de deux lignes; nous rétablissons les noms. — 5. Cf. Dan., irr. — 6. Cf. Jérém., 
XXIX, 22-24. — 7. Ainsi a lu l'Arabe (f. 38 v) : '^^o >SWI oiC\ûo, La leçon du ms. devait être : 
i,^oo. — 8. H. a. 1451 : ô twv IlavaÔrivaiwv yyfJLvtxb; àytov. — 9. Wziaiaxpcfzoz ; H. a. 1456, — 10. Lire : 
|_*^. . — 11. H. a. 1441. — 12. Leçon très douteuse, donnée aussi par BH. — 13. Cf. Dan., v. 



100 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

L'Egypte fut livrée aux troupes de Nabouchodonosor, en échange de leur 
labeur contre Tyr. — Nabouchodonosor vécut encore 24 ans, après avoir dé- 
truit Jérusalem ; en l'an 22 de son règne commencent pleinement les années de 
la Captivité. 

Nabouchodonosor mourut en la 25* année de la Captivité générale. — Evilmé- 
rodak lui succéda pendant 3 ans (selon d'autres pendant 1 an); après lui vint 
Balthasar, pendant 2 ans (selon d'autres, pendant 5 ans)'. 

En la l""" année de Balthasar, Daniel eut la vision des quatre animaux qui 
signifiaient les quatre empires^. 

On dit qu'Evilmérodak régna 17 ans, qui doivent être comptés non depuis la mort 
de son père, mais depuis que celui-ci fut changé [en bôtej et sortit dans le désert. 
Dans la succession de l'empire des Chaldéens, on n'attribue que 3 ans à Evilmérodak 
et 5 à son frère. 

Tandis qu'Evilmérodak régnait il faisait sortir *. 

A cette époque florissait Ésope, le fabuliste*. A cette époque Abaris ^ vint de la Scy- 
thie en Grèce. — Alors florissait aussi Eugamon le Cyrénéen^qui fit un livre appelé 
Télégonia. — Ésope le fabuliste fut tué h cette époque par les habitants de Delphes'. 

Les Phocéens occupèrent la mer, en douzième lieu, pendant 44 ans*. 

Cyrus ou Kouros, le Persan, fit remonter le peuple des Juifs captifs; environ 
50.000 hommes remontèrent, rétablirent le sanctuaire et relevèrent les fondements 
du Temple. Alors les peuples voisins les empêchèrent et l'œuvre demeura inachevée 
jusqu'au temps du roi Darius ; car l'autel seul était relevé'. 

L'ensemble de tout le temps de la Captivité est de 70 années, qui doivent être comp- 
tées, d'après les uns : de l'an 3 du règne d'Éliacim jusqu'à l'an 19 de Cyrus, roi des 
Perses; et selon d'autres : du commencement de la prophétie de Jérémie, qui eut lieu 
en l'an 13 de Josias, roi de Juda. De l'an 4 de Jérémie jusqu'à la 1''*' année de Cyrus 
[G3], il s'écoula 70 ans ; mais depuis la destruction du Temple, les 70 années finissent 
en l'an 2 de Darius *". 

En ce temps-là mourut Stesicorus '*, et florissait Simonidès'* ; Xénophanès floris- 
sait à Colophon ". 

Chilon **, un des Sages, fut prince à Lacédémone. 

L'empire des Lydiens, qui avait duré 232 ans, cessa alors *'. 



1. Cf. H. a. 1441 (an 15 de la Captivité); Arm. a. 1445 (an 20 de la Capt.). — 2. Dan., vir. 

3. Lacune de deux lignes, — 4. Cf. H, a. 1454 (gr.). — 5. "Aêaptç; H. a. 1449. — 6. H. a. 1450, 
EùyaiAwv Kjpr,vaîoç. — 7. Lire : llla^» ^; ûno AsXçwv. — 8. Arm. a. 1441; ras. : 34 ans. Lire : U-i*. 
(et non l-Hiû.)- — 9. H, a. 1456. — 10. Cf. H. a, 1468; Arm, 1457. — 11. H. a. 1462; Styi<t(xoPo,-. 
— 12. H. a. 1463; SttxMvîSriç. — 13. H. a. 1465; Xevoï>âvïi<; KoXoçwvoç. — 14. X£;),wv ; H. a. 1464.— 
15. H. a. 1469 [2'^0 ans]; Arm. 1470 [232 ans]. 



LIVRE IV. GHAP. XXI 101 

[63] Aussitôt que Darius eut tué Balthasar, l'empire des Ghaldéens prit fin. 
Du temps de Darius le Mède, Daniel fut jeté dans la fosse aux lions pour la pre- 
mière fois. Darius éleva Daniel au-dessus de tous ses grands : à cause de cela 
il fut jalousé ; mais tandis qu'il fut délivré, les autres périrent par les lions'. 

Quand Darius fut tué par Gyrus, les empires des Ghaldéens, desMèdes et des 
Assyriensfurentdétruits, et l'empire desPerses subsista seuljusqu'à Alexandre. 
Gyrus tua Darius et régna seul; ces empires furent anéantis par la mort do 
Darius surnommé Nabounados*. — Gyrus ou Kouros fixa sa résidence à Baby- 
lone. Il établit, lui aussi, le fidèle Daniel sur les affaires de l'empire. Daniel fit pa- 
raître son zèle et il brisa les idoles de Bel, dieu des Babyloniens, qui avait été 
le premier roi des Assyriens, le père de Ninus qui bâtit Ninive'. Daniel tua 
le Dragon. 11 fut détesté des Babyloniens; les princes le jalousèrent et il fut jeté 
dans une fosse où se trouvaient sept lions : c'était la seconde fois. Alors, le pro- 
phète Habacuc fut envoyé de Judée et lui apporta à manger. Daniel fut de nou- 
veau délivré, et ses ennemis périrent par les lions*. 

En cette année-là, le prophète Habacuc mourut. 

Cvrus commença à régner seul et s'empara delà ville de Sardes ^. 

Epiphane'' : sur fe prophète Agée. — « Agée revint de Babylone étant encore enfnnt. 
Il prophétisa ouvertement le retour du peuple et vit en partie la reconstruction du 
Temple, Quand il mourut, il fut enseveli honorablement h côté des prêtres, » 

Sur Zachai'ie^ . — « Celui-ci revint du pays des Ghaldéens étant jeune homme. Il pro- 
phétisa la beaucoup de choses. 11 donna un signe et dit h Josédek qui! engendrerait 
un fils et qu'il exercerait le sacerdoce à Jérusalem; il bénit Salatiel dans son fils et 
lui imposa le nom Je Zorobabel; il donna un signe de la victoire de Gyrus; il fit des pré- 
dictions sur les cérémonies qu'il devait accomplir a Jérusalem; la majeure partie de 
sa prophétie concerne la vocation des Gentils; il écrivit sur la fin [du monde], le 
temple, la cessation des prophètes et le jugement*. Il mourut dans une vieillesse 
avancée et fut enseveli à côté d'Agée. » 

Epiphane * : sur Malachie. — « Celui-ci naquit après le retour, à Sopha'". Etant en- 
core très jeune, [t>4] il avait une belle conduite, et, pour cela, était honoré de tout le 
peuple, comme un homme vénérable et humble. Ils le surnommèrent Malachie, ce 
qui signifie : « ange »'*; son visage était resplendissant. Toutes les fois qu'il faisait 
une prophétie, un ange deDieu apparaissait le jour même'*; ainsi qu'il arrivait autre- 



1. Dan., vr. — 2. Sic!-— 3. Cf. ci-dessus, p. 26, 1. 10. — 4. Dan., xtv. 

5. H. a. 1471; Arm. 1467. — 6. Patr. gr., t. XLIII, col. 418. — 7. Ihid., col. 419. —8. Les mss. 
de Londres présentent une construction différente. — 9. Patr. gj\, t. XLIII, col. 419. — 10. rwcpS 
[var. : Swyot], — 11, En réalité le nom de Malachia, d'origine hébraïque, signifie : Jalis'ê règne. — 
12. Ms. add. 12178 : <**»» ^» |/.aso,3 çyia IliLx ^oi^. |ooi pio \s\i^ |ooi |^-^>o. 



102 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Daniel, voyant le changement de royauté et comptant les années [écoulées] 
depuis que Joachim avait été emmené en captivité ainsi que lui-même et les 
gens de la maison d'Ananias, crut que les soixante-dix années décernées au 
nom de Dieu par Jérémie contre le peuple étaient accomplies, [64] et il se mit à 
prier pour le retour du peuple juif dans son pays. — Le 24 du mois, il vit près 
du Tigre une vision terrifiante : Un homme revêtu de lin lui dit : « Voici vingt 
et un jours que je lutte contre le prince des Perses pour le renvoi du peuple'. » 

Cyrus, en cette première année de son règne^ renvoya le peuple. 

Dans la série des rois chaldéens nous comptons la 32" année' comme étant la 
première de Cyrus puisqu'en cette année il tua Nabounados, leur roi, et mit fin 
aux empires des Chaldéens, des Assyriens, des Mèdes et des Lydiens, et que 
l'empire des Perses occupa seul toute la contrée orientale, jusqu'à la des- 
cente d'Alexandre le Macédonien. 

En cette année cinquante mille captifs remontèrent et commencèrent à bâtir. 
Ils ne remontèrent pas encore tous ; car la parole de Jérémie qui parlait de 
soixante-dix ans n'était pas encore entièrement accomplie. 

Cyrus était un métis, de deux races. Son père était perse et s'appelait Cam- 
byse; sa mère était mède, fille du roi Astyagès. 

En l'an 60 de la captivité, la reine des Massagètes tua Cyrus, roi des Perses. 
Cambyse, fils de celui-ci, commença un règne de 8 ans. Les Hébreux disent 

fois du temps où il n'y avait point de chet, comme il est écrit dans le livre des Juges'' 
Il mourut encore jeune et fut enseveli dans son village près de ses pères. )> 

Après lui, il ne se leva plus aucun prophète chez les Hébreux ' 

Cyrus régna 31 ans. — Au début de son règne, les Juifs captifs montèrent rebâtir [le 
Temple], selon la prophétie d'Isaïe^ La reconstruction fut empêchée par les nations 
environnantes, jusqu'à l'an 6 de Darius, fils d'Hystaspe, pendant l'espace de 46 ans, 
comme il est écrit par l'évangéliste Jean *. — Les captifs remontèrent sous la con- 
duite de Zorobabel et de Jésus, fils de Josédek '. 

En l'an 2 de Darius, Daniel fut jeté dans la fosse. En l'an 3 de Cyrus il jeûna vingt 
et unjours^. — La même année, Daniel mourut et fut enseveli dans le village' de Suse. 
Il était de la tribu de Judas'" et fils d'Ananias, fils du roi Josias. 

Après les 70 ans de la Captivité^ Darius régna encore pendant 34 ans. 

En l'an 10 de Darius, fut établi le premier consul*'. 



1. Dan., x; cf. cap. ix. — 2. Ms. : 52 ans. Mais il s'agit vraisemblablement de l'an 32 (di^ au 
lieu de aj) de la Captivité; cf. Arm. a. 1457. 

3. Allusion à Jud., ii, 1-5 (?). — 4. Lacune de trois lignes. — 5, Cf. E. a. 1496. — G. Jou., ii, 20. 
— 7. Cf. H. a. 1490. — 8. Dan,, x. — 9. Lire : |^^;û. — 10. Cf. ci-dessus, p. 92, 1. 15-16. — 
11, E, a. 1504. 



LIVRE IV. CHAP. XXI 103 

qu'il fut appelé Nabouchodonosor '. — De son temps naquit Judith qui tua Olo- 
phernès qui était du peuple de Magog, c'est-à-dire des Turcs. — Le livre de 
Judith comprend 1268 paroles. 

En l'an 6 de Cambyse, [6o] en la LXIIP olympiade, il renversa totalement Tyr. 

Après la mort de Cambyse régnèrent deux frères Mages, pendant sept mois; 
et ensuite [Darius, fils d'Hystaspe], pendant 36 ans. En l'an 2- de celui-ci 
furent accomplies les soixante-dix années, en comptant depuis l'incendie du 
Temple. — Cela est attesté par Aggée et par Zacharie qui dit' : « Seigneur, 
jusqu'à quand n'auras-tu pas pitié de Jérusalem et des villes de Juda, contre 
lesquelles tu as été irrité? voilà les soixante-dix ans! » — Quelques-uns disent que 
les soixante-dix ans finissent au commencement du règne de Cyrus; ils les font 
commencer à l'an 13 de Josias, quand Jérémie commença à prophétiser. D'autres 



En l'an 17 de Darius, Alexandre commença à régner [6^] sur les Macédoniens, 
pendant 43 ans \ 

A cette époque florissaient : Polycarpe*, Selon®, Démocrite % philosophes et 
poètes; le chroniqueur Hellanicus \ Heraclite S ko teinos^, le physicien'^ Anaxagoras, 
le [poète] tragique Eschyle*^, ainsi que le poète Panyasis '^. 

Harmodius et Aristogiton *^ tuèrent le tyran llipparchus ; la prostituée Leœna**, 
pressée de livrer le nom des conjurés, se coupa la langue. 

En quatorzième lieu, les Lacédémoniens occupèrent la mer pendant 2 ans '^; en 
quinzième lieu, les habitants de Naxos, pendant [10 ans] *^; en seizième lieu, les Eré- 
triens ^ '', pendant 17 ans *^« 

Le total des années depuis l'incendie du Temple jusqu'à sa reconstruction est 
70 ans, et depuis la première année de Cyrus, qui renvoya les captifs, de 44 ans. 
— Si quelqu'un demande pourquoi les Hébreux disaient qu'il fut bâti en 46 ans ^^, 
cette différence de 2 ans vient de ce que les uns comptent depuis le commencement 
de la prophétie de Jérémie, d'autres depuis la 3° année de Joachim, d'autres depuis 
l'incendie du Temple. — Africanus compte depuis le commencement du règne de Sé- 
décias; Daniel, depuis Jérémie; Clément, depuis le moment de l'incendie du Temple. 



1. H. a. 1485, 1487 ; Arm. a. 1486. — 2. Ms. : 3. - 3. Zagh., r, 12 ; cf. H. a. 1496 [s]; Arm. 1497. 

4. E. a. 1514 (= an 19), — 5. Le nom est distinctement écrit; mais il est probable qu'il tran- 
scrit un autre nom; aucun Polycarpe n'étant mentionné dans les Carions d'Eusèhe, vers cette date. 
— G, Cf. H. a. 1425. — 7. H. a. 1517; Arm. 1514. — 8. 'EXXâvtxo?. H. a. 1517. — 9. 'Hpâx>>£nro; o 
ffxoTEtvQç; H. a. 1517. — 10. H. a. 1517. Ms. : « musicien ». — 11. H. a. 1523; 1540. — 12. H. a. 
1528. IlavTjaatç. — 13. H. a. 1497. 'ApjjLoS'-oi; xa'i 'ApKTToyettwv, — 14. AÉottva. — 15. Arm. a. 1503; cf. 
Eus., I, 225. — 16. Eus., I, 225, Mention omise dans les Canons par H. et Arm, — 17. 'EpeTpcôTc 
(Sync, 247 h). — 18. Eus., i, 225 et Arm. a, 1514 : 15 ans; Syng, : 7 ans. -- 19, Joh., n, 20. 



104 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

disent qu'elles finissent en l'an 19 de Cyrus, et ils les font commencer à l'an 3 
de Joachim*. Eusèbe et Andronicus, comme nous l'avons dit ci-dessus, [les font 
finir] en l'an 2 de Darius. 

En l'an 6 de Darius, le Temple fut achevé % au mois de yar; sa hauteur était de 
60 coudées, sa largeur de 20. 

La somme des années, depuis Salomon jusqu'à la 6" année de Darius en la- 
quelle le Temple fut terminé au bout de quarante-six ans, est de 515 ans'. 

En l'année 19 de Darius finit le cinquième millénaire, selon cette déduction, 
en la LXIX^ olympiade. 

[Ici] finit avec V aide du Seigneur ce quatrième Livre, qui comprend XXI cha- 
pitres et 835 ans. jusqu'à la fin du cinquième millénaire'' . — Priez pour le pé- 
cheur qui Va écrit et pour ses pères. 



1. H. a. 1468; Arm. a. 1457. — 2. H. a. 1501. — 3. Le chiflre manque dans le nis. >e le déduis 
du calcul indiqué plus haut(p, 97. 1. 7). — 4. II y a erreur et contradiction évidente entre les chif- 
fres indiqués dans le titre et le colophon de ce Livre. 



LIVRE Y 



[C6] En élevant mon esprit vers la force qui peut tout, qui sait tout, qui di- 
rige TOUT, et en lui demandant DE ME DIRIGER ET DE ME FORTIFIER PAR SA GRACE, JE 
COMMENCE LE CINQUIÈME LiVRE QUI DEDUTE AVEC LE COMMENCEMENT DU SIXIÈME 
MILLÉNAIRK, l'aN 20 DE DaRIUS LE PeRSE, LA PREMIÈRE ANNEE d'AlEXANDRE LE 

Macédonien, au dérut des consuls des Romains, et au retour de la captivité 
DES Hérreux. 



CHAPITRE I. — En l'année 16 de Darius commence le sixième millénaire 
selon beaucoup de chroniques; d'autres disent que le cinquième millénaire 
finit en l'an 3 de Xerxès '. 

Xerxès, fils de Darius, c'est-à-dire Assuérus ^ régna 21 ans. — En la 2" année 
de son règne_, il s'empara de l'Egypte; en sa 11" année, il s'empara d'Athènes, 
et la détruisit par le feu. Il s'empara aussi de nombreuses villes. De son temps 
vivaient Esther et Mardochée. Quand Aman, qui était de la race d'Amalec, voulut 
détruire la race de Juda qui était demeurée en captivité, Esther et Mardochée 



[66j En ce temps* mourut Pythagoras 
le philosophe, après avoir vécu 105 ans*. 
Alors' florissaient Hellanicus le philo- 
sophe; Héraclitès; Anaxagoras, stoïcien 
et physicien^; Pindarus et Simonidès', 
poètes lyriques ; DiogèneMe philosophe. 

Alors aussi était célèbre le peintre 
Xeuxis". 

A cette époque [florissaient] ApoUo- 
thémis (?), et Empédocle de Sicile. 

Les philosophes pythagoriens floris- 
saient alors '°. 



Après Josué, fils de Josédek, qui avait 
exercé pendant 20 ans, le souverain pon- 
tificat des Juifs fut occupé par Joachim. 
De son temps finit le 5^- millénaire et 
périrent [68] ceux qui empêchaient les 
Hébreux [de rebâtir le temple] . 

A Joachim, qui exerça le souverain 
pontificat pendant 46 ans, succéda son 
fils Elisée*', pendant 32 ans; (selon Jac- 
ques et d'autres, pendant 40 ans). [69] 
On dit que du temps de cet Elisée, flo- 
rissait le scribe Esdras, docteur de la 



I. Aksynorakios. — 2. AHtro^. 

3. H. a. 1521; Arm. 1517. — 4. Lire : ovû. — 5. H. a, 1517; Arm. 1514; — 6. Ms. : et Stoicus et 
Pkysicus (!). — 7. H. a. 1530; Arm. 1529; cf. a. 1544. — 8. H. a. 1621; Arm. 1623 (?). — 9. H. a. 
1550; lire : . m . m't oi. — 10. Arm. a. 1562. 

II. Éliasih dans l'hébreu et la Vulgate; Néiiém., xrr, 10; xirr, 28. 

I. 14 



106 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



se couvrirent de sacs, et le Seigneur fit retourner la malice d'Aman sur sa 
propre tête. Jean écrit : « Quelques-uns disent qu'Esther ne vivait pas du temps 
d'Assuérus, et ils allèguent comme preuve que si elle eût vécu de son temps, 
ils n'auraient pas été passés sous silence par Esdras qui a écrit sur tous les 
événements de cette époque, et même sur le retour [de la captivité]. Mais tous 
les chroniqueurs disent qu'ils vivaient en ce temps-là*. » 

Après celui-ci, régna Artabanos pendant sept mois. [67] On lui attribue une 
année [de règne]. 



Empédocle se jeta dans le feu*, en Si- 
cile, et [ses chaussures] revinrentdehors ; 
il fut démasqué [et on connut] qu'il 
n'était pas dieu. 

Theœtetus^, qu'on lit chez les en- 
fants(?)-, Démocrite et Hippocrate, mé- 
decins, florissaient alors *. 

A cette époque^, les Romains envoyè- 
rent à Athènes et en rapportèrent la loi 
des XII Livres, d'autres disent des XII 
Tables. 

A cette époque' florissaient Cratinus 
et Plato, auteurs de comédies; ainsi que 
Espymiusou selon d'autres Empédoclès' 
et Héraclitès*, et Abaris (?), philosophes. 

A cette époque prophétisait une femme 
[nommée] Eu... — Mélissus, le natura- 
liste, florissait alors ^. 

Hérodote était célèbre *°. [67] Protago- 
ras** et Isocrates'^, les sophistes, desquels 
la sophistique tire son origine ; et Phi- 
dias*^ par qui commença la sculpture; 
Démocrite Abdéritès , Gorgias, Em- 



loi chez les Hébreux et grammairien cé- 
lèbre; il avait reçu d'en-haut le don 
[de la science] '*. 

Après Elisée le souverain pontificat fut 
occupé par son fils Joiada ; de son temps 
fut achevée la construction du Temple. 

A Joiada succéda Jean [70] son fils. 

Après le retour du peuple et la recons- 
truction de Jérusalem par les princes 
des prêtres, on connaît mieux la succes- 
sion des souverains pontifes, pendant 
tout le temps des Macchabées. 

Jean le grand-prêtre exerçait du temps 
d'Artaxerxès, roi des Perses; comme 
toute la Judée était alors placée sous la 
main des rois de Perse, on doit compter 
d'après les années de ces rois celles des 
grands [71] prêtres qui furent en Judée 
en ce temps-là. C'est pourquoi les chro- 
niqueurs exposent [que] les jours du 
souverain pontificat de Jean [se prolon- 
gèrent] *' jusqu au temps des rois qui 
succédèrent au susdit Artaxerxès. 



1. Cf. E. a. 1553. 

2. Ces deux noms sont altérés ; mais le contexte qui fait allusion à la fable d'Empédocle se jetant 
dans l'Etna montre que le second doit être restitué : iaoà^o»3l ; cf. H. a. 1561. — 3. ThesetetUs 
mathematicus.B.a. 1579; Arm. 1577.— 4 E, a. 1581. — 5, H. a. 1566. — 6. H. a, 1564. — 7. H. a. 
1561. — 8. H. a. 1562. — 9. H, a. 1573. Ms. : Mélissus et Physicus étaient alors célèbres! — 10. H. 
a. 1572. — 11. H. a. 1574. — 12. H. a. 1616, 1641. — 13. H. a. 1578. - 

14. Compléter : ILoiSJ^m, lûooiavs. BH. Chr. eccl.-, I, 17. — 15. Lacune de deux mdts. 



LIVRE V. CHAP. I 



107 



Ensuite régna Artaxerxès Longuemain, surnommé Arovik * , pendant 
41 ans. — Dans la LXXIX" olympiade, et en la 7" année de son règne, Arta- 
xerxès ordonna au scribe Esdras de remonter bâtir Jérusalem. Esdras eut une 
vision divine; il écrivit les Prophètes de mémoire, car leurs écrits avaient été 
brûlés et avaient péri pendant la Captivité. — En Tannée 20 d'Artaxerxès, 
INéhémie, l'échanson du roi, fut de nouveau envoyé pour rebâtir Jérusalem, se- 



pédocle, Zenon, Parniénidès, étaient cé- 
lèbres à cette époque '. 

Thucydide parut alors'. 

Périclès mourut '\ 

Aristophanes et Eupolis, poètes co- 
miques, florissaient''. 

Eschyle, auteur de chants, florissait 
alors*; tandis qu'il était assis, un aigle 
le frappa violemment à la tête, et il 
mourut. 

A Rome, une vierge nommée Pompi- 
lia, ayant été convaincue de fornication, 
fut enterrée vivante '. 

Les Éginètes occupèrent la mer, en 
dix-septième lieu, pendant 10 ans, jus- 
qu'au passage de Xerxès *. 

A cette époque, les Athéniens forti- 
fièrent le Pirée'. — Xerxès vint en 
Egypte '", et la dévasta ; il incendia 
Athènes*'. 

A cette époque eut lieu la bataille des 
Thermopyles et le combat naval de Sala- 
mine**; ainsi que la bataille de Platea et 
celle de Mycale''. 

Hiéron exerça la tyrannie h Syracuse, 
après Gélon**. 



[72] Il eut pour successeur Joiada sur- 
nommé Jaddus. Celui-ci dirigea le peu- 
ple 40 ans. De son temps vivait un 
homme nommé Andromachus'%qui était 
prêtre et qui secourait les Hébreux de 
toute façon. 

[73] Ensuite vint le grand-prêtre Ma- 
nassé ; il était frère de Jaddus. Ce Ma- 
nassé avait bâti un temple sur le mont 
Garizim du temps de son frère Jaddus*%' 
celui-ci après sa mort [74] eut pour suc- 
cesseur ce Manassé qui avait bâti le 
temple; ce dernier fut grand -prêtre 
pendant 3 ans. 

Après Manassé, Andromachus fut éta- 
bli grand-prêtre". 11 exerçait du temps 
d'Alexandre, roi de la terre, fils de [7o] 
Philippe le Macédonien : c'est lui qui 
reçut le roi avec honneur. Cet Andro- 
machus, le grand-prêtre, ayant été tué 
par les Samaritains, Alexandre massacra 
tout le peuple [76] de Samarie et y fit 
habiter des Macédoniens **. 

Après Manassé, on connaît comme 
prince des prêtres chez les [Hébreux]*" 
Onias, fils de Joiada, appelé Jaddus. 



1. BH., p. 31 : ya.^| qui paraît préférable ; comp. 'Aptco^ (Dan., ir, 14) et Elptci-/ (Judith, i, 6). 

2. H. a. 1581. — 3. H. a. 1588. — 4. H. a. 1588. — 5. H. a. 1589. — 6. H. a. 1523. — 7. H. a. 
1531. — 8. H. a. 1508 (20 ans); Arm. 1531 (Egyptii). — 9. H. a. 1538. — 10. H. a. 1533. — 11. H. 
a. 1536. — 12. H. a. 1537. — 13. H. a. 1541. — 14. H. a. 1542. 

15. BH. : u«a3<»oo»p|, Chr. eccl., l, 17.— 16. H. a. 1681. — 17. Des Samaritains?— 18. Cf. H. a. 
1685. — 19. Lacune d'un mot; cf. H. a. 1695. 



108 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Ion la parole du prophète Daniel : « Sache que de l'issue de ce discours au 

retour et à la reconstruction de Jérusalem avec ses murs et ses édifices' » 

C'est de cette époque dArtaxerxès qu'Atricanus commence à compter les se- 
maines indiquées par Daniel. 

Néhémie était l'eunuque du roi ; il resta douze ans à Jérusalem, et en l'an 32 
dArtaxerxès, Jérusalem fut achevée, sous le souverain pontificat de Joiada, 
fils d'Elisée, comme l'atteste Esdras ^ 

Si quelqu'un veut compter les soixante-dix semaines de Daniel, qui font quatre 
cent quatre-vingt-dix ans, il trouvera qu'elles finissent en Tan 366 des Grecs, 
et en l'an 2' de Néron, sous lequel Jérusalem fut détruite. 

Le total des années depuis 1 incendie et la destruction du Temple jusqu'ici 
est de 131 ans, et depuis qu'il fut rebâti, en l'an 6 de Darius, nous trouvons 
73 ans jusqu'ici, [68] d'après les Livres des Prophètes et d'Esdras. 



A cette époque naquit Platon*. Le 
sophiste Socrate florissait à Athènes; 
comme il pervertissait les jeunes gens, 
on lui fit boire de la ciguë et il mou- 
rut". — Platon suscita alors l'hérésie (?)''. 

Platon etXénophon llorissaient alors ''. 

sans principauté pendant 15ans^ 

A cette époque florissait le philosophe 
Aristote '^. A cette même époque le feu 
[68] se détacha du mont Etna, et beau- 
coup de lieux furent incendiés. 

Cadmus et Agénor vinrent de Sidon à 
Athènes "* et apportèrent ces seize let- 
tres : 

ABrAEIKAMNOnPITY. 

Palamède, [fils dej Nauplius d'Argos, 
en inventa quatre autres, qui sont celles- 
ci : 1Q0X. 

Et enfin Simonidès trouva les quatre 
dernières, savoir : ZyHfl. 



Celui-ci exerça 32 ans d'après le livre 
d'Andronicus; [77] Jacques lui attribue 
seulement 11 ans. 

Après lui vint Siméon, son fils, sur- 
nommé le Juste, qui fut grand-prêtre 
pendant 32 • ns *'; Andronicus dit qu'il 
exerça seulement 9 ans [78]. On voit par 
là qu'ils ont exercé ensemble 41 ans. Ils 
florissaient du temps des quatre rois 
grecs qui ont succédé à Alexandre, c'est- 
à-dire du temps de Ptolémée [79] et du 
temps de Séleucus Nicanor. 

A Siméon le Juste succéda le grand- 
prêtre Eléazar, son frère, Siméou avait 
un fils appelé Onias; mais il était encore 
enfiint, et pour cela Eléazar fut établi 
pendant 10 ans '*. 



I. Cf. Dan., IX, 25. — 2. Cf. Néhém., xiir, 28; H. a. 1569 ; Arm. 1572. — 3. Lire o (et non .^) ; 
H. a. 1584; Arm. 1586. 

4. H. a. 1592. — 5. H. a. 1618; Arm. 1621. - 6. Cf. H. a. 1628; Arm. 1629.— 7. E. a. 1643. — 
8. J'ignore à quoi se rapporte cette mention. — 9. H. Cf. a. 1651. — 10. E. a. 1617. 

II. H. a. 1717. — 12. H. a. 1729. 



LIVRE V. GHAP. Il 109 

CHAPITRE II. — Des choses qui arrivèrent du temps de Néhémie. 

A partir d'ici, nous pouvons trouver la série des années et les événements 
qui s'y passèrent dans les livres des Macchabées, dans ceux de Josèphe et du 
chroniqueur Africanus '. 

Nous parlerons donc de Néhémie. Il était l'eunuque et Féchanson du roi 
Artaxerxès, et hébreu d'origine. Il obtint du roi la permission de remonter [à 
Jérusalem]. Les Juifs de Jérusalem n'avaient point alors le feu sacré, car on 
l'avait jeté dans un puits en partant pour la captivité. Néhémie ordonna d'ap- 
porter de la boue de ce puits, qu'ils jetèrent sur les bois de l'holocauste, et le 
feu brûla [de nouveau] après soixante-quatorze ans. 

A cette époque, un autre Artaxerxès* régna sur les Perses 2 mois, et après 
lui Sogdianos, pendant 7 mois; après ceux-ci Darius Nothos, pendant 19 ans. 

En la 15^ année de celui-ci, l'Egypte se révolta contre les Perses; ils se cons- 
tituèrent un roi après [en avoir été privés pendant] 124 ans. Dionysios^ excita la 
révolte et commença à régner. 

Après Alexandre, Perdiccas régna sur les Macédoniens pendant 28 ans. 

L'an 19 de Darius, Orestès commença à régner sur les Macédoniens, pen- 
dant 3 ans. 

Commencement du LXXI° Jubilé chez les Hébreux '* . 

En ce temps-là il y eut une éclipse dans les cieux', et il y eut un grand tremble- 
ment de terre*. 

Anaxagoras mourut'. La Sicile tomba sous la démocratie *. 

A cette époque florissaient les Pythagoriciens ^. 

Le temple de Hiéra '" à Argos fut brûlé. 

Une femme, Evodiii (?), prophétisait du temps de Néhémie ^^. 

Thélésilla, Praxilla et Cléobulina étaient des femmes alors célèbres ^^. 

Aristarchus, le poète lyrique, florissait alors i3. 

Le magicien Abaris Hyperboranus, c'est-à-dire « Superbe », était célèbre ^^. 

Les Athéniens et les Lacédémoniens firent une alliance de 30 ans ^^. 

A cette époque le physicien, c'est-à-dire naturaliste, Mélissus, était célèbre ^'^. 

Hérodote, ayant lu ses livres [d'histoirel à Athènes^ fut traité avec honneur *''. 

Le mathématicien Thetetetus [69] florissait alors ^^. 

On dit que les Egyptiens inventèrent les premiers l'alphabet et que les Phéniciens 
ont appris d'eux à écrire. 



1. H. a. 1571; Arm. 1572. — 2. E. a. 1593. — 3. Dans le grec : 'AjAupTraïo; Sakriç. H. a. 1604. 

4. H. a. 1548. — 5. H. a. 1556; Arm. 1554. — 6. Lire : Ua|. —7. H. a. 1557. — 8.' H. a. 1555. 
— 9. Arm. 1562. — 10. Junon; H. a. 1567. — 11. Cf. p. 106, 1. 25. — 12. H. a. 1566. — 13. H. 
a. 1564. — 14. H. a. 1568. — 15. H. a. 1572. Lire : uûjL ou Uû.:>cu.^, cf. texte, p. 70, 1. 12. — 16. 
H. a. 1573. — 17. H. a. 1572. — 18. H. a. 1579. 



110 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

A Rome, les jeux séculaires furent célébrés pour la première fois' [69]. 
Après ceux-ci, les Gaulois et les Celtes* attaquèrent Rome et s'en emparèrent, 
à l'exception du Capitole seul'. 

A cette époque, il y eut un très violent tremblement de terre ; des villes très 
fortes furent renversées dans le Péloponèse : Élikê et Bourah *. 

A cette époques les démarques furent choisis à Rome, avec des agoranomes, 
c'est-à-dire des chefs du peuple et des proviseurs des marchés; et il n'y eut 
plus de consuls. 

Néhémie, l'eunuque et l'échanson du roi, après avoir achevé tout le mur 
de Jérusalem, revint à Babylone en l'an 32 d'Artaxerxès. — C'est de là que com- 
mencent les semaines de Daniel. 

CHAPITRE III. — Commencement des quatre cent quatre-vingt-dix ans, de- 
puis la restauration de Jérusalem jusqu'à sa destruction totale. 

Après Darius, sous lequel l'Egypte s'était révoltée contre le joug des Perses, 
Artaxerxès régna sur les Perses, comme gouverneur pendant 40 ans. Les 
Hébreux l'appellent Assuérus ; c'est pourquoi Jean dit qu'il croit que l'histoire 
d'Esther doit être placée du temps de celui-ci, puisque Assuérus est appelé 
Artaxerxès dans la version des LXX. 

A cette époque [vivait] le sage Protagoras. Les Athéniens décrétèrent de brûler 
ses livres^. 

Socrate était devenu célèbre "' . — Phidias fit une Minerve d'ivoire". 

En Italie le peuple des Campani fut alors constitué ®, 

A cette époque florissait Sophocle '", poète lyrique, et les philosophes Démocrite 
Abdéritès, Empédocle, Hippias, Prodicus, Zenon et Parménidès**. 

Platon avança une hérésie du temps du onzième roi de Perse; c'est celle-ci : Il 
dit que Dieu existait et avec lui la matière, les formes et le monde visible, créé 
et périssable; l'âme n^a point été créée, elle est immortelle et ne périra jamais, car 
elle est divine. Elle a trois facultés : la raison, c'est-à-dire la pensée, Lirascibilité et 
la sensibilité. Les âmes changent de corps, [et vont] jusque dans les reptiles et les 
insectes. — Il dit qu'il y a beaucoup de dieux qui proviennent d'un seul. Cet 
immonde [philosophe] prescrivait que les femmes fussent h la communauté, et que 
personne n^eût de compagne particulière. — Epicure et d'autres adhérèrent à sa 
honteuse doctrine et furent appelés, à cause de cela, « platoniciens ». 



1. H. a. 1564; Arm. 1565. — 2. Lire : ûé>-~^iû. — 3. E. a. 1626. — 4. E. a. 1637; 'EXixr) xa\ Boûpa. 
— 5. Sïjixapxoi; H. a. 1568; Arm. 1564. 

6. H. a. 1574. — 7. H. a. 1583. — 8. H. a. 1578. — 9. H. a. 1581. — 10. H. a. 1580. — 11. H. a. 
1581. 



LIVRE V. GHAP. III 111 

En Van 15 d'Arlaxerxès, Africanus, dictateur des Romains, détruisit les Car^ 
thaginois,, et il appela le pays de son nom : Afrique. 

Néphéritès* régna sur les Égyptiens 6 ans ; et sur [70] les Macédoniens : Ar- 
chélaiis, 4 ans; Amyntas*, 1 an ; Pausanias, 1 an, et de nouveau Amyntas pen- 
dant 6 ans. 

En l'an 16 d'Artaxerxès, le gouverneur Argaeus' commença à régner sur les 
Macédoniens, pendant 8 ans. 

En l'an 20 d'Artaxerxès commença à régner sur les Égyptiens : Psamouthis * 
pendant 1 an ; après lui, Néphéritès pendant 1 an ; et après, Nectanébus ^ régna 
pendant 18 ans. 

En l'an 35 d'Artaxerxès régna sur les Macédoniens Alexandre pendant 1 an; 
puis Ptolémée : 3 ans ; et après lui Perdiccas 6 ans. 

En l'an 40 d'Artaxerxès Téôs ^ commença à régner sur les Egyptiens pendant 
2 ans, et après lui Nectanébos'' pendant 12 ans. 

En ce temps-là commença la guerre du Péloponèse* qui se prolongea, très vio- 
lente, pendant l'espace [70] de 21 ans. 

A cette époque florissait Racchylidès, auteur de chants ^ 

La peste opprima et affligea fortement les Athéniens '-. 

Périclès mwsriU**. 

Les Lacédémoniens détruisent complètement Héraclée^'". 

Défaite des Athéniens en Sicile*^. 

A cette époque, il y eut un tremblement de terre; le feu sortit de nouveau du mont 
Etna "^, et consuma de nombreux pays. La ville d'Atlante, près de Locres, devint 
une île, à la suite d'un tremblement de terre *^. 

A cette époque, les Lacédémoniens et les Athéniens firent une alliance sincère, pour 
un temps très long '^ 

A cette époque, Euripide termina sa vie près d'Archélaûs ^\ 11 se trouvait la nuit 
dans un endroit désert et écrivait. Le roi Archélaus étant sorti pour la chasse, ses 
chiens tombèrent sur lui, le mirent en pièces, et il mourut. — De même, Posi- 
dippe (?), allant la nuit trouver une femme, fut mis en pièces par les chiens et mourut. 

A Athènes, Sophocle étant parvenu à l'âge de 90 ans, des granulations se formèrent 
dans sa gorge, empêchèrent sa respiration, et il mourut *'. 



: 1. NsçepsxriC. — 2, 'Ajxyvxac. — 3. 'Apyaîo;. — 4. Wâ\i.\iov^iz. — 5. NeKTavégy^ç (H, a. 1630). — 
6. TsoSî. — 7. NexTavsêô; (H. a. 1650), lire : .isoasi^j. 

8. H, a. 1585. — 9. H. a. 1586 ; cf. 15^19. — 10. E. a. 1587. — 11. H. a. 1588. Lire : awal^û^US. — 
12. E. a. 1595. — 13. H. a. 1597. — 14. H. a. 1591. — 15. H. a. 1592. — 16. H. a. 1593. — 17. H, 
a. 1609. — 18. H. a. 1609. 



112 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Ensuite régna sur les Perses Ochos, qui est Artaxerxès II, pendant 27 ans; 
celui-ci fut puissant et régna sur les Égyptiens. — Ici cessèrent de nouveau les 
rois des Egyptiens, qui furent encore soumis aux Perses. 

Tandis que le roi d'Egypte, qui s'appelait [Nejctanébos ', ou selon d'autres, 
Nécotanèbonis, s'enfuyait en Ethiopie, un augure lui fit voir les armées nom- 
breuses qui venaient sur lui. On dit qu'il était le père d'Alexandre*. 

L'empire d'Egypte cessa pendant 42 ans, jusqu'à Domitius, qu'on appelle Plo- 
lémée, et qui était un des serviteurs d'Alexandre. 

[71] Le roi de Perse, Ochos, opprima les Juifs et les fit tributaires; il les fit 
habiter à côté du lac Caspien, dans la ville d'Hyrcanie ^ 

A cette époque commença à régner en Macédoine Philippe, père d'Alexandre, 
pendant 27 ans; le nom de sa femme est Olympias. 

En l'an 13 du persan Ochos, naquit Alexandre, la 8" année [du règne] de son 
père, Philippe. 

Après Ochos, Arsès*, le persan, fils d'Ochos, régna sur les Perses pendant 
4 ans; ensuite Darius, fils d'Arsam*, surnommé Arsace, pendant 6 ans. 

Démocritès, ayant été mordu par un serpent, mourut®. — Expédition de Cyrus, 
racontée par Xénophon ^, — Les Athéniens commencèrent h se servir des vingt-quatre 
lettres, tandis qu'ils n'en employaient autrefois que seize *. 

Le tyran Dionysios régnait à Syracuse ". Démosthènes, le rhéteur, florissait alors", 
ainsi que la poétesse Herinna '^ 

[71] Aristote, h l'âge de 17 ans, écoutait les enseignements de Platon ". 

A cette époque'^ eut lieu la description, c'est-à-dire le recensement du peuple, h 
Rome. On trouva 175.000 [citoyens]. 

A cette époque mourut Platon, à l'âge de 82 ans. Speusippus lui succéda *\ 

A cette époque, Manassé, frère de .Jaddu;^, grand-prêtre des Juifs, bâtit un grand 
temple, sur le mont Garizim, à l'imitation de celui de Jérusalem '^ 

Dionysios, le tyran, tomba du pouvoir, en Sicile '% et Hipparinus, fils de Dionysios 
devint tyran de Syracuse ^\ 

A cette époque florissait le philosophe Aristote ; le roi Alexandre fut le disciple 
d'Aristote. 

Le philosophe Epicure et le peintre Apellès florissaient à cette époque. 



1, Lire : u»ûai^ûj; cf. H. a. 1666; Arm. 1668. — 2. Tradition orientale, consignée dans le Roman 
d'Alexandre, et ailleurs. V. Langlois, Chron. de Michel le Grand, p. 76, n. 4. — 3. H. a. 1658; 
Arm. 1657. — 4. 'ApsTi; "0/ou. — 5. Aapsïoç 'Ap[xouaa[jLoy. 

6. H. a. 1616; Arm. 1613. — 7. H. a. 1616. — 8. E. a. 1617; ms. : 19; cf. p. 108. — 9. H. a. 
1623? 1649?— 10. H. a. 1657.— 11. H. a. 1665. —12. H. a. 1651. — 13. H. a. 1677 (160.000); Arm. a. 
1676 (165.000). — 14. H. a. 1672. — 15. H. a. 1681. ~ 16. H. a. 1660. — 17. E. a. 1664. 



LIVRE V. CHAP. III 113 

L'année où ce Darius commença à régner sur les Perses, Alexandre, fils de 
Philippe, commença à régner sur les Macédoniens^ à Fage de vingt ans ; il régna 
d'abord dans l'Hellade. Il était d'une grande stature et haut de trois aunes ; il 
s'éleva fort au-dessus de tous les rois ses prédécesseurs ; il s'empara de beau- 
coup de pays et fit périr trente-cinq rois ; son camp se composait de cent vingt 
mille hommes. 

En l'an 6 d'Alexandre, qui était aussi la 6" année de Darius, ils engagèrent 
le combat à Issus, ville de Gilicie ; Alexandre vainquit et Darius fut tué ; avec 
lui prit fin l'empire des Perses. 

Alexandre, après avoir mis fin à l'empire des Babyloniens et des Perses, oc- 
cupa Babylone; il soumit l'Epire ', l'Hyrcanie, la Médie; il s'empara de toute 
l'Asie supérieure, passa même le fleuve Indus et soumit l'Inde [72] et èaba. Il 
prit pour femme Roxane, fille de Darius, et emmena la sœur de celle-ci en cap- 
tivité avec elle. Il bâtit douze villes^ ; il fit la Porte de fer pour empêcher les 
Huns de sortir : elle était haute de 12 aunes et large de 8. — Il soumit les 
Juifs, qui le reçurent bien; il offrit un sacrifice à Dieu et honora le prêtre 
Andromachus. Les Samaritains ayant tué ce prêtre, Alexandre revint d'Egypte, 
détruisit les Samaritains, et fit habiter des Macédoniens en Samarie^ Il monta 
au temple d'Ammon et bâtit Pœretonium \ 

Étant venu à Babylone, après avoir régné 12 ans et 7 mois, un de ses grands 
lui fit boire du poison'', et il mourut. 

Speusippus mourut et Xénociates prit sa place ®. 

Manlius, consul des Romains, fit tuer son fils pour avoir engagé le combat et rem- 
porté la victoire sans sa permission^. — Les Romains vainquirent les Saunites; ils 
envoyèrent des colonies. Les Saunites sont des Arabes de PArabie appelée Eudaimôii, 
c'est-ii-dire florissante*. 

Alexandrie la Grande fut bâtie en Egypte, en l'an 7 d'Alexandre, Celui-ci régna 
12 ans et bâtit douze villes qui portent chacune le nom d'Alexandrie ^ [72]. Ces villes 
furent tracées par d'illustres géomètres athéniens : Aristote, Timéonos (?) etPériclès. 

On trouva à Antioche, au milieu du démosion, sur une colonne d'Apollon*^, sur une 
stèle d'airain, une inscription ainsi conçue : Bartella est plus grande qu'Ephèse de 
3011 pieds ; Ephèse surpasse Nicomédie de 1700 pieds ; Nicomédie surpasse Antioche 
de 1820 pieds ; et Alexandrie est plus grande que ces quatre villes; car elle mesure 
14987 pieds. 



1. Traduction probable; et", p. 116, n. 4. BH, a la même orthographe que notre ms. pour ces trois 
noms propres. — 2, V. les noms des douze Alexandrie, dans les Excerpta Barhari, f. 34 h (Eus., 
I, App., p. 210). — 3. H. a. 1865; Arm. 1680. — 4. H. a. 1688. — 5. Lire : V--^:^ avec BH. 

6. H. a. 1680. — 7. H. a. 1684. — 8, H, a. 1692; Arm. 1687; cf. p. 115, n. 21. — 9. Cf. n. 2. — 
10. Sic ms. Je croirais volontiers que apolos est un nom de matière défiguré, d'origine grecque. 
I. 15 



114 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Le livre des Macchabées fait commencer avec cet Alexandre l'empire des 
Grecs et le comput des années*. En lui fut accomplie la prophétie de Daniel dans 
laquelle le bouc vient tuer le bélier* au bout de deux mille trois cents jours\ 

D'après Andronicus^ on compte depuis Adam jusqu^au Déluge 2256 ans; du 
Déluge à Abraham ; 1081 ans; d'Abraham au commandement de Moïse et à 
l'Exode : 505 ans; de l'Exode jusqu'à l'an 4 de Salomon, année dans laquelle 
le Temple fut bâti : 610 ans: de la construction [du Templej à la Captivité : 
441 ans; la Captivité [dura 70 ans] jusqu'à l'an 2 de Darius; de l'an 2 de Darius 
jusqu'à Alexandre : 217 ans ; et en tout depuis Adam jusqu'à Alexandre : 5180 ans. 

A Alexandrie on trouve*, dans le quartier alpha : 308 temples*, 1655 cours, 5058 
maisons ; 108 bains ; 237 tavernes "^ ; 112 portiques ^; — dans le quartier bêla : 110 tem- 
ples, 1002 cours, 5990 maisons, 145 bains; 107 tavernes; — dans le (^uv^viifiY gamma : 
855 temples, 955 cours, 2140 maisons, ...bains, 205 tavernes; 78 portiques; — 
dans le quartier delta : 800 temples, 1120 cours, 5515 maisons; 118. bains; 178 ta- 
vernes ; 98 [portiques] ; — dans le quartier hê : 405 temples^ 1420 cours, 5593 mai- 
sons, ... bains, 118 tavernes; 56 portiques. 

Ainsi tous les temples ensemble * sont au nombre de 2393 ; les cours : 8102, les 
maisons : 47790; les bains : 1561 ; les tavernes : 935, les portiques : 456. 

Cela sans parler des quartiers d'Adrianos, qui est immense ; ni de Lochias '*, qui est 



1. H. a. 1704; Arm. 1702. — 2. Cf. Dan., vnr. — 3. Ms. ; 240 ans. 

4. Je n'ai pu retrouver la source grecque à laquelle l'auteur a puisé cette description. — 5. Ou : 
« palais, édifices ». — 6. Su^ATioata, — 7. Je pense que '-aol-è"*^! est une corruption de »«>|û^x«>'i = atôaç. 
— 8. Il y a des erreurs de chiffres dans ce calcul; car l'addition n'est pas exacte. Voici le total 
des chiffres, avec les variantes de la version arabe : 



QUARTIERS 


TEMPLES 


COURS 


MAIS 


ONS 


BAINS 


TAVERNES 


TOMBEAUX 




Syr. 


Ar. 


Syr. 


Ar. 


Syr. 


Ar. 


Syr. 


Ar. 


Syr. 


Ar. 


Syr. 


Ar. 




308 
HO 

855 
800 
405 


308 
108 
845 
800 
405 


1655 
1002 
935 
1120 
1420 


1655 
1002 
1955 
1120 
1420 


5058 
5090 
2140 
5515 
5593 


5058 
5990 
2140 
5515 
5593 


108 
145 

118 

» 


110 

145 
205 
108 

241 


237 
107 
205 
178 
118 


237 

178 
118 


112 

78 
98 
56 


112 


P 

ô 

e 


78 
98 
56 






Total RÉEL.. .. 
Total INDIQUÉ. 


2478 
2393 


2466 
2393 


6152 
8102 


7152 
8152 


24296 
47790 


24296 
47789 


t) 
1561 


809 
1561 


845 
935 


933 

l 


» 

456 


456 



9. Ao>;;a;. 



LIVRE V. CHAP. IV 115 

CHAPITRE IV. — De l'époque où l" empire fut partagé eti quatre et ensuite en 
dix. 

Ptolémée, un des officiers d'Alexandre qui régna après lui^ Pamena à Alexan- 
drie [73] et il y fut enseveli. La grande corne se divisa et quatre autres cornes 
poussèrent d'au dessous d'elle : ce sont les officiers d'Alexandre qui régnèrent 
après lui. Ensuite ils se divisèrent de nouveau, au point qu'il y eut dix rois en 
diff'érents pays'. 

Ptolémée, fils de Lagos, c'est-à-dire fils du Lièvre, qui succéda à Alexandre à 
Alexandrie, régna 40 ans. La première année de son règne il s'empara de Jéru- 
salem par ruse et en emmena une troupe de captifs qu'il fit habiter en Egypte, 
du temps de Jéchonias le grand-prêtre*. De ce Ptolémée tirèrent ensuite leur 
nom les rois Ptolémées. 

Philippe Aridée régna sur la Macédoine, pendant 7 ans. — En Syrie, en Gili- 
cie, en Asie, en Carie', dans l'Hellespont, en Thrace, en Paphlagonie, en 
Épire*, régnèrent huit autres rois, ce qui fait dix en tout. Et la prophétie de Da- 
niel dans laquelle la bête avait dix cornes fut accomplie. 

en dehors du Pharos, [ni d']Antir-[73]rhodos^, ni de Phospice (?)6 du Sérapéon'', ni 

de l'île de \ ni de Zcphyrion", ni de Canope*", ni du canal Nouveau, ni de Nico- 

polis, ni d'Eleusis, ni du Camp de Manutius (?), ni du Bendideion ". 

Alexandrie est plus grande que toutes les villes qui sont dans toute la terre habitée. 

A cette époque, les chefs des Macédoniens excitèrent la guerre et la sédition *^ 

Théophraste le philosophe llorissait alors *'. — Démétrius de Phalère était célèbre". 

Ménandre le premier composa un drame : La Colère, et remporta le prix'^ 

La guerre Lamiaque eut lieu alors'*. — Perdicras alla faire la guerre à PEgypte". 

Agathoclès devint le tyran de Syracuse '^ 

Les philosophes Ménédémus*» et Speusippus florissaient alors ^*. 

Les Romains soumirent alors complètement les Saunites, c'est-à-dire les Arabes*'. 

Les Romains s'annexèrent les Marsiens, les Ombriens, et les Pélignens'*. 

A cette époque, les Romains envoyèrent une colonie *^ 

Théodore l'athée était alors célèbre^*. 



1. Dan., vm. — 2. H. a.l695; Arm. 1693. — 3, BH : W^ûso _ 4. BH : ua^^o^a l^;-) l— j^ oî-^ob. 

5. 'AvTt'ppoôoç. — 6. ^s^ i^= (?). — 7. SapaTïtov. — 8. Les deux noms propres me sont inconnus. 
Ils se transcrivent, à la lettre : ANVTINVS " PANDVTVS ; le T répond à un dans le premier, et à un 
T dans le second. — 9. Zeqpupiov. — 10. Kâvwêoç. — 11. Temple de la déesse thrace Bendis. — 12. E. 
a. 1693. — 13. H. a. 1696. — 14. H. a. 1697. — 15. H. a. 1696. — 16. H. a. 1694. — 17. E. a. 1694. 
— 18. H. a. 1694. — 19. Ms. : Menandros; gr. : MEvÉorifio;. — 20. E. a. 1701. — 21. E. a. 1697; 
Arm. 1698. Sauvtxwv 'Apâêwv IxpàtYiaav. — 22. H. a. 1705. Màpo-ouç %a.\ "I[;.opo-j? xai llaUivoùç 
TtapEaTviffavTO. — 23. H. a. 1709. — 2i. II. a. 1713. 



116 ClllîONIOlJE DE ?*[lCnEL EK SYRIEN 

[74] En la 4^ année de Ptolémée régna cFabord en Asie Antigone, pendant 
18 ans. Il bâtit Antigonia sur le fleuve Oronte ; Séleiicus l'acheva et l'appela 
Antioche, [du nom] de son fils Antiochus '. 

En l'an 8 de Ptolémée, Gassandre commença à régner sur [la Macédoine] pen- 
dant 19 ans. 

En l'an 13 de Ptolémée^ après les douze ans du règne d'Alexandre, Séleucus 
commença à régner sur la Syrie et sur toute l'Asie supérieure, sur Babylone et 
jusqu'à l'Inde, pendant 33 ans. Il bâtit Antioche, Séleucie, Laodicée, Apamée, 
et aussi Béroo, Pella, Germanicia qui est Mar'as^ 

C^est à partir de la première année de son règne, en laquelle il bâtit Antioche, 
que commence le comput des années des Grecs dont nous nous servons aussi. 

Eusèbe compte depuis Adam jusqu'à Séleucus : 4889 ans; Andronicus : 
5072 ans ; Annianus : 5181 ans ; Africanus : 5083 ans; Georges : 5085 ans; quel- 
ques-uns parmi [76] les Grecs : 5197 ans; Jacques d'Edesse : 5149 ans. — Les 
Syriens ont coutume d'admettre 5180 ans. 

Démétrius de Phalère vint trouver' Ptolémée qui donna aux Athéniens la démo- 
cratie, c'est-à-dire le règne du peuple ^. 

A cette époque florissait Claudius, qui est Ptolémée d'Alexandrie, l'astronome ; 
il avait composé, sur la science de l'astionomie^ un livre qu'il appela Megistos. 

La ville de Lysimachia fut bâtie en Thrace ^ 

Le comput des Grecs commence à Séleucus Nicator. Le livre des Macchabées 
expose, à partir de celui-ci, l'empire des Grecs ^ Les ?Messéniens comptent aussi à 
partir de cette époque^; c'est le comput que nous observons, qui est en usage dans nos 
églises et nos livres et qui est appelé [ère] d'Alexandre. En effet, quand ce Séleucus 
commença à régner sur la Syrie, la Babylonie et toute [74] la contrée d'Orient, il fit 
brûler tous les livres des computs anciens, dans toutes les langues de ce pays, et il fit 
une ère nouvelle à partir de la première année de son règne. De là vient ^ le comput 
des années en Syrie, et il s'est propagé jusqu'à présent. 

Alexandre précéda ce Séleucus Nicator de 3 ans, d'après Josèphe et le livre des 
Macchabées; d'autres disent de 30 ans, de manière que ce Séleucus aurait com- 
mencé à régner en l'an 30 de Ptolémée, successeur d'Alexandre; d'autres complent 
45 ans entre eux, d'autres 12 ans. — Nous suivons ceux-ci dans le tableau chronolo- 
gique, et nous commençons avec le chiffre là la première année de Séleucus". 



1. Arm. a. 1699; cf. H. 1715. — 2. E. a. 1715. 

3. Lire '■aV |L|. _ /, H. a. 1714; Arm. 1710. — 5. H. a. 1711. Lire : '-lalU. Suit une lacune de 
quelques mots. - 6. H. a. 1704; cf. p. 114, 1. 1. — 7. H. a. 1706. — 8. Lire : xa^ (et non û\). — 
9. Cette mention se rapporte à la disposition des tableaux dans le texte syriaque. 



LIVRE V. CHAP. IV 117 

Séleucus alta(fiia Démétrius en Sicile, et s'empara sans crainte de la Syrie et 
de l'Asie. Démétrius fut enfermé en Sicile'. — Après Démétrius régna Pyr- 
rhus, pendant 7 mois; et après lui Lysimachus, pendant 5 ans, 

Ptolémée Philadelphe commença à régner sur l'Egypte en l'an 29 des Grecs. 
En la première année de celui-ci, Ptolémée Geraunus commença à régner sur 
la Macédoine pendant 1 an; après lui vint Méléagre pendant 2 mois, et ensuite 
Antipater Sosthènes pendant 2 ans. 

En l'an 6 de Ptolémée Philadelphe, Antiochus Soter commença à régner sur 
la Syrie et l'Asie, après Séleucus, pendant 19 ans. 

En Tan 7* de ce môme Philadelphe, Antigone commença à régner sur les Ma- 
cédoniens, pendant 36 ans. Et, en cette même année, les Livres [saints] furent 
traduits dans l'île de Gypre'. 

En l'an 34 des Grecs, l'an 24 de Philadelphe, Antiochus, qui fut appelé dieu', 
commença à régner sur la Syrie, pendant 15 ans. — Fin du chapitre quatrième. 

Sache ^ que depuis la P'' olympiade jusqu'à la !"<= année de ce Séleucus, il y a 469 ans, 
soit en tout 117 olympiades et un an ; et depuis l'incendie du Temple bâti par Salo- 
mon : 280 ans. 

Si quelqu'un veut savoir à quelle année de l'indiction solaire répond exactement 
cette première année de Séleucus à laquelle commence le comput actuel, ou à quelle 
année de la lune, ou de la période de 19 ans, ou de la période de 4 ans, il doit retran- 
cher du nombre des années depuis Adam les périodes de 28 ans qui sont au nombre 
de 185, [et il reste 17 ans; qu'il retranche les périodes de 19 ans], qui sont au nombre 
de 273, et il reste 10 ans ; qu'il retranche les périodes de 15 ans, qui forment 346 in- 
dictions", et il reste 7 ans ; qu'il retranche les périodes de 4 ans, qui forment 1299 
olympiades depuis Adam, et il reste 1 an. Cette olympiade, formée de quatre années 
successives, concorde toujours avec l'année bissextile, et il yen a qui l'appellent inter- 
calaire. — On doit ajouter les années qui restent aux années d'Alexandre quand on 
veut connaître le commencement de l'année, ou de la lune des Romains, ou l'indiction, 
ou Tannée bissextile. Mais si l'on commence à Adam, il n'est besoin de rien ajouter, 
ni retrancher. — Or, l'année à laquelle commence ce comput des Grecs est Tan 5198 ^, 
la 2" année de la CXVIP olympiade. Cette année commence un lundi. [73] Elle était 
la seconde dans la période lunaire des Romains^, et la 8" de l'indiction. 

A Rome eut lieu le recensement du peuple " ; on trouva 270.000 [citoyens]. 

Ménandre, auteur de comédies, mourut à cette époque'". 



1. H. a. 1730. — * 2. Ms. : l'an 4. — 3. Restituer : Faros ; cf. p. 123, 1. 24. —4. Théoa. 

5. Lire : vs.^, — 6. Ms. : 341. — 7. Lire : i-.ûw. — 8. Il semble qu'il y a ici une faute et une la- 
cune. On s'attendrait à lire : « Elle était la 18«de la période de 28 ans, et la 11'= de la période lunaire 
de 19 ans. « — 9. E. a. 1723. — 10. H. a. 1725 ; MèvavSpo;. 



118 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

CHAPITRE V. — [76] Discoars de Jacques dÉdesse qui montre comment, à 
cette époque, les peuples qui étaient sous l'empire des Grecs se révoltèrent et se 
constituèrent des rois particuliers, à chaque peuple le sien. 

L'empire des Perses ayant pris fin alors que Darius, roi des Perses, régnait seul 
sur tous les royaumes des peuples des pays de l'Asie, quand Darius fut tué par 
Alexandre, toute cette contrée d'Orient passa sous l'empire des Grecs [tenu] par 
les Macédoniens. — Ensuite^ ces peuples, dont les royautés avaient cessé, son- 
gèrent que l'empire des Perses, qui était proche d'eux par la race et par le pays, 
et les avait assujettis pendant longtemps, avait pris fin et avait cessé, tandis que 
celui des Grecs qui venait de s'implanter nouvellement était éloigné d'eux par la 

Séleucus transporta des Juifs dans les villes qu'il avait bâties, et les fît jouir des 
mêmes privilèges que les Grecs'. 

Les Romains vainquirent les Celtes et les Tyrrhéniens ; et ils s'emparèrent du ter- 
ritoire des Sabins*. 

A cette époque Sérapis vint à Alexandrie ^ 

Démétrius se livra lui-même h Séleucus, d'après ce que disent quelques auteurs*. 

A cette époque une tour fut bâtie à Alexandrie, à Pharos, île de Protée % par Sostratus 
Cnidius, fils de Dexiphanès". 

Milo livra Tarente aux Romains'. 

Les Romains soumirent la Galabre et Messine*. 

Antigonus Gonatas occupait [Lacédémone] ®, 

Soixante-douze savants hébreux montèrent à Alexandrie et traduisirent les Livres 
[saints]. Ptolémée, en voyant les livres apportés de Jérusalem, qui étaient écrits en 
lettres d'or, fut saisi d'une grande admiration '". 

En Sicile beaucoup de villes se soumirent aux Romains ; les Romains fondèrent 
des colonies *'. 

Le philosophe Polémon mourut à cette époque ; après lui florissaient Acrétas et 
Acratès '*. 

A cette époque mourut [Zenon le] stoïcien ; après lui florissait Cléantès *^ 



1. H, a. 1727, Lire : ^-^'a'V^ _ 2. H. a. 1726. — 3. 'O Sipaittç îi h Sàpaitiç \ 6 Setpam;. — 4. H. 
a. 1731 ; arm. 1738. — 5. Une légende consignée dans le Pseudo-Callisthènes fait de l'île do Pharos 
le séjour de Protée; de là elle est appelée Ttpwxsta. Corriger en ce sens notre traduction ci-dessus, 
p. 37, 1. 22 (au lieu de : du port). — 6. H. a. 1733; Arm. 1734; SwcrTpTaoç Ae^tcpavro; Kvt'ôtoç. — 
7. H. a. 1742 ; Arm. 1737. — 8. H. a. 1744; Arm. 1749. — 9. H. a. 1735. — 10. E. a. 1736. — 
11. H. a. 1752; Arm. 1746, 1750. — 12. La restitution des deux derniers noms 'est à faire d'après 
les versions. Sync. : IXoXéfAwv... (xeô' ov 'AV/Ixaç ya\ KpâxYi;; Hter., a. 1749 : Polemo... post quem 
Archesilas et Crates; Arm., a. 1743 : ... Arcelaus qui et Gaton. — 13. H. a. 1753. KXsâvôy);. Ms. 
Cleansios. Lire : ^ûû*^Jl'x>. 



LIVRE V. GHAP. V 119 

race et par le pays; ils virent aussi qu'il était partagé entre plusieurs et troublé 
en lui-même faute de concorde. En effet, les uns régnaient en Macédoine, les 
autres en Épire, ceux-ci en Thessalie, ceux-là en Thrace, d'autres en Asie, 
d'autres en Egypte, d'autres en Syrie. Ceux qui étaient en Syrie et qui paraissaient 
voisins étaient surtout occupés à la guerre contre les autres rois des Grecs. 
Quand les peuples qui avaient été jadis soumis à l'empire des Perses comprirent 
ces choses, la plupart s'éloignèrent des Grecs, se donnèrent la liberté, et chacun 
d'eux se constitua une royauté indépendante. 

D'abord, ceux qui étaient dans la région des Parthes, dont les Mèdes s'étaient 
emparés, après avoir été soumis aux Grecs pendant 74 ans, se constituèrent 
un roi nommé Arsace, en l'année 62 du comput des Grecs. Comme celui-ci 
fortifia beaucoup leur empire, tous les rois ses successeurs sont surnommés 
Arsacides ; de leur nombre fut Barzapharnès* qui envahit la Syrie et la Pales- 
tine du temps d'Auguste le Romain et d'Hyrcan le Juif. 

Pareillement, le peuple des Hyrcaniens qui sont près des Parthes, plus au 
nord, en voyant l'autonomie des Parthes, se constituèrent aussi en royaume 
indépendant. Tantôt ils s'unissaient contre les Grecs avec les Parthes, et tantôt 
ils s'élevaient contre ceux-ci. 

Les Arméniens, stimulés par ceux-ci, se constituèrent aussi un empire dans 
la Grande-Arménie, jusqu'à la mer [77] Caspienne, dans les montagnes appelées 
Caucase et certaines parties de l'Ibérie, c'est-à-dire de la Géorgie ^ Neuf rois 
d'une même race régnèrent parmi eux : Khosrau, Tartad, Khosrau, Tîran, 
Asaq, Pâph, Orostat, Aéaq, Balânasaq. — Ensuite quand le second empire des 
Perses eut de nouveau prévalu, de peur que les Arméniens ne se convertissent 
et ne s'unissent à l'empire des Romains par le christianisme, ils les opprimèrent 
par la guerre et les soumirent, au point d'anéantir complètement leur puissance. 
Ils ne laissèrent pas même un seul des soldats qu'ils virent, mais ils les prirent 
tous pour eux comme esclaves. C'est ainsi qu'en Arménie commença l'empire 
des Arméniens, et ainsi qu'il finit. 

Dans le pays de Mésopotamie, appelé Osrhoène, en l'an 180 selon le comput 
des Grecs, avant que la royauté des Grecs de Syrie, qui dura 40 ans, ne fût dé- 
truite, alors que régnait à Alexandrie Ptolémée Évergète, le VU" des Lagides, 
sur la Syrie : Antiochus Sidétès, et sur les Juifs : Simon, frère de Jonathas, dé- 
faillit la race de ceux qui étaient à Édesse et qu'on appelait Syro-Macédoniens ; ils 
étaient descendus d'Edesse de Macédoine avec Alexandre le Grand et avaient re- 
bâti Orhoë, qu'ils nommèrent Édesse du nom de leur propre ville. Comme il ne se 
trouvait là personne de race grecque pour soutenir et garder la dignité de l'em- 



1. Bapî:a:pâpvr,:. Cf. Jos., Ant., XIV, xm ; Bell. Jud , I, xiii. — 2. Ms : Gourzân. 



120 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

pire des Grecs de Syrie, le peuple qui s^y était implanté autrefois, et qui était 
de racearaméenne, prévalut: s'étant aussi affranchis delà suzeraineté des Parthes, 
ils établirent à Edesse pour roi un d'entre eux nommé Abgar. Il était courageux, 
fort et expérimenté à la guerre. Lui, et ses enfants après lui, dominèrent jusqu'à 
la frontière' de Babylone pendant 380 ans, depuis l'année 180 des Grecs jusqu'à 
l'année 560 du même comput. Ces rois d'Edesse régnèrent aussi sur le pays des 
Arméniens jusqu'à* ce que ceux-ci se fussent eux-mêmes constitué un roi. Plu- 
sieurs s'appelèrent de ce nom d'Abgar, parce qu'ils étaient pris d'affection pour 
ce grand Abgar I*^ Les Edesséniens et leurs rois tombèrent sous le joug des 
Romains en l'an 477 du comput des Grecs, la 7® année de Lucius, empereur des 
Romains, alors que ce Lucius fît la guerre avec les Parthes, les vainquit et les 
soumit. Ils furent sans roi et leur royauté cessa totalement [78] en la 5® année 
de Philippe, empereur des Romains, en l'année 560 du comput des Grecs. La 
royauté leur fut enlevée du temps d'Abgar Soros ; en effet, les Romains chas- 
sèrent celui-ci, parce qu'il avait voulu se révolter contre eux ; ils établirent 
Aurelianus, fils de Habesai, comme gouverneur, au lieu de roi, et leur impo- 
sèrent [un tribut] de servitude. — Ainsi finit la royauté des Edesséniens après 
avoir subsisté, comme je l'ai dit, 380 ans, en Tannée 560 des Grecs, la 5'^ de Phi- 
lippe, mille ans après la fondation de Rome. 

Eusèbe ne fait point mention de ces choses, mais il dit en abrégé ceci : « A 
Edesse régna Abgar, homme probe, comme dit Africanus*. » 22 ans avant que 
le royaume d'Edesse ne prît fin, en l'année 538 des Grecs, la première année 
d'Alexandre, fils de Mamma, alors que d'autres empires commençaient à pa- 
raître dans les pays d'Orient, le dernier empire des Perses s'éleva subitement, 
se fortifia, domina jusqu'aux limites de LInde, et mit fin à tous les royaumes de 
ces contrées. Cet empire s'éleva donc en l'année 538 des Grecs, et soumit tous 
les royaumes, je veux dire : les Parthes, les Hyrcaniens, les Caramaniens*, les 
Mèdes, ceux qui sont dans la Margiane, ceux de Hérat, les Houzayê, les Chal- 
déens, les Assyriens. Alors ces rois puissants commencèrent à envahir les con- 
trées de la Syrie et de la Mésopotamie, qui étaient sous le joug des Romains, 
pour les piller et les dévaster. Eusèbe fait aussi mention de cela en passant, 
quand il écrit que le roi Sapor II envahit la Syrie, la Gilicie et la Cappadoce ^ 

Tous ces empires s'étaient élevés en ces temps-là dans les contrées de la 
Grande-Asie, sans parler de ceux des contrées de l'Inde, ni de ceux du nord, 
dans les contrées de la Sérique qu'on appelle Turkestan®. — Fin de ce chapitre. 



1. Lire : ^vsû-^:^. — 2. Lire : U,^. — 3. H. a. 2234; Arm. 2235.— 4. Ms. : Qadmanoyê.—^. H. 
a. 2275, — rî. Tssnsln, que je suppose une corruption pour Turkestan (ou Sinistan). 



LIVRE V. GHAP. VI 121 

CHAPITRE VI. — [79] En l'année 34 de Ptolémée, les Parthes se révoltèrent 
contre les Macédoniens et se constituèrent un roi nommé Arsace. De là ils sont 
appelés Arsacides. Et dès cette époque les Perses se révoltèrent contre les Grecs. 
Ges peuples, en effet, avaient été universellement soumis à l'empire des Grecs 
depuis le temps d'Alexandre jusqu'à présent. Comme les Perses n'avaient pas 
encore de royauté complète, mais seulement partielle, nous ne la faisons pas 
entrer dans l'ordre chronologique. Ce royaume partiel des Perses, appelés 
Arsacides, commença à la CXXXIll" olympiade '. 

En l'année 67 des Grecs [Ptolémée Evergète] régna en Egypte ; et, en cette 
même année, Séleucus Callinicus, en Syrie. 

En l'année 70^ des Grecs régna en Macédoine Démétrius Philippe. — A cette 
époque Onias, fils de Siméon le Juste, était grand-prêtre des Hébreux. Cet 
Onias ne voulut pas donner au roi d'Egypte le tribut habituel ; à cause de cela, 
Ptolémée Evergète entra en colère; et comme il s'apprêtait à détruire les Hébreux, 
Joseph, homme sage et courageux d'entre les Juifs qui l'envoyèrent près de 
lui, obtint son amitié et apaisa sa colère ; il obtint même de lui l'autorité et dès 
lors il parut comme général en Judée sur toutes les villes ^ 

En l'année 87 des Grecs, régna en Syrie un autre Séleucus, surnommé Cérau- 

[78] Antigonus rendit la liberté aux Athéniens* et les ... stratèges"... 

A cette époque les Carthaginois enlevèrent aux Romains 90 navires en Sicile, et 
obligèrent le consul Métellus à fuir ®. 

A cette époque florissait le médecin Érasistratus, très honoré auprès des rois'. 

A cette époque mourut Epicure. 

A cette époque il y eut un recensement à Rome ; on trouva que le peuple com- 
prenait 260.000 [citoyens] **. 

A cette époque, Séleucus, roi de Syrie, surnommé Callinicus, bâtit des villes sur 
le fleuve de l'Euphrate; il appela l'une d'elles, de son nom, Callinice, et une autre 
Carchis^ 

A cette époque '", le grand temple dédié à la déesse Vesta, à Rome, brûla. Son 
incendie fut prodigieux. Le feu y prit subitement [79] et on ne sut jamais qui l'y 
avait mis. 11 consuma les pierres et la poussière du sol, de sorte qu'il n'en resta 
absolument rien. Beaucoup de gens, et pour ainsi dire toute la ville, y étaient assem- 
blés; une petite partie même ne put échapper à la colère de justice. 



1. H. a. 1769; Arm. 1766. — 2. Lire : ^ (et non .^j. — 3. H. a. 1771; Arm. 1770; cf. Jos., Ant., 
XII, IV. 

4. E. a. 1761. — 5. Phrase mutilée ou mal copiée; Arabe : lo»o^ v!-'*^^ '?«>' '«^o • '"'■''■^ ''■" 

^^Oj-3;-a^o . ^-^^o ;>ai^ , _ 6. H. a. 1765. — 7. H. a. 1760; Arm, 1758. — 8. H. a. 

1773; Arm. 1774. — 9. BH. (p. 38) : ^a^^;i3, — 10. H. a. 1775, 

11. 16 



122 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

nus. Celui-ci régna seulement 3 ans; après lui régna Antiochus le Grand, pen- 
dant 36 ans, — Ici commencent les exploits des Macchabées. 

Ptolémée Philopator* commença à régner sur FEgypte en l'an 93 des Grecs, 
en l'indiction 10**; il opprimait les Juifs, La il" année de son règne il fut vaincu 
par Antiochus le Grand ; cet Antiochus, roi de Syrie et d'Asie, ayant défait le roi 
d'Egypte, vint en Judée et la soumit*. Alors arrivèrent aux Juifs les choses qui 
sont racontées dans la première histoire des Macchabées*. 

En l'année 110 des Grecs commença à régner sur l'Egypte Ptolémée Epiphane, 
[îiO] pendant 21 ans (d'après un ms. : 24 ans). Celui-ci envoya le général Scopa 
qui s'empara des villes de la Judée et de la Syrie*. Antiochus le Grand s'avança 
de nouveau contre lui, le vainquit et lui reprit toutes les villes '. Les Juifs se sou- 
mirent volontiers à la domination d'Antiochus qui les honora de présents et les 
félicita dans ses lettres \ Cet Antiochus s'empara des routes, construisit des che- 
mins^, des ponts de pierre sur les fleuves et des gués pour le passage des troupes. 
— En l'an 11 du règne de cet Antiochus le Grand, il engagea le combat avec les 
Romains auxThermopyles et fut vaincu; ils emmenèrent même, comme otage, à 
Rome, son fils qui est Antiochus Epiphane, et il convint de donner chaque année 
mille talents d'or ^ Dès lors l'empire des Grecs fut placé sous la main des Romains. 

En la 3*^ année de son règne, Philippe commença à régner sur les Macédo- 
niens, pendant 42 ans". 

Antiochus engagea de nombreux combats avec Ptolémée d'Egypte, La pro- 
phétie de Daniel '^ qui montre la lutte des rois du Nord et du Midi, [fut accomplie] 

A cette époque, une jeune vierge libre^ ayant été outragée malgré elle par un 
esclave de son père, se suicida '^ 

Pendant tout le règne de Séleucus Callinicus, les tremblements de terre ne 
cessèrent point en Carie, et à Rhodes, au point que [le grand colosse] tomba; 
ensuite**,,. 

A cette époque, Antigone, roi des Macédoniens, rendit la liberté aux Athéniens '% 
et les fit grandir parmi les peuples, 

A cette époque les Romains tuèrent environ 40.000 Gaulois**. 

La Carie*", Rhodes et tous les endroits environnants furent ébranlés, au point 
même que le grand colosse tomba *\ 



I, Ms.: JPhilosoijhos.— 2. H. a. 1807; Arm. 1805. — 3. Arm. 1795; cf. H. 1797. — 4. H. a. 1814; 
Arm. 1813. — 5. H. a. 1820; Arm. 1818. — 6. H. a. 1822; Arm. 1820, — 7. Strata (ar. ; ^U^} ; 
cf. Thés, sjriacusy col. 303. — 8. E. a. 1825. — 9. Ms. : 40 ans. — 10. Dan., xi. 

II. H. a, 1781. — 12. H. a. 1793; Arm. 1792. La phrase est iiiutilée. — 13. Répétitiou; H, a. 
1761. — 14. H. a. 1788; Arm. 1790. — 15. Lire : >ûoo<o^o U^M^o. _ 16. Répétition; H. a. 1793. 



LIVRE V. CHAP. VI 



123 



en lui et dans les rois ses successeurs qui engagèrent de nombreux combats 
avec les rois égyptiens. 11 était descendu contre Élam, capitale des Perses, et 
il mourut là, comme avait prédit Daniel : « En peu de temps, il sera brisé, mais 
non pas dans le combat*. » — D'autres disent qu'en l'an 13 de Ptolémée, il fit la 
paix avec Antiochus le Grand et lui donna sa fille Gléopâtre, avec la Syrie, la 
Phénicie, la Samarie et la Judée pour dot*. 

En l'an 17 de Ptolémée, Antiochus le Grand fut tué, chez les Perses, qui le la- 
pidèrent dans le temple de la déesse Nanai. 

Séleucus commença à régner sur la Syrie. — En l'an 10 de son règne, Hélio- 
dore% son intendant, fut frappé par le châtiment de Dieu parce qu'il opprimait 
sans pitié les Juifs. 



A cette époque, les Romains s'empa- 
rèrent de Syracuse, sous le commande- 
ment de Marcellus \ 

En ce [80] temps florissait Érato- 
sthènes". 

A cette époque, à Rome, des vierges 
convaincues de fornici^tion furent en- 
terrées vivantes ''\ 

Les Romains soumirent Capoue \ 

A cette époque, Scipion soumit aux 
Romains beaucoup de villes en Ibérie \ 

[Près de TéraJ apparut une île qui fut 
appelée Hiéra, c'est-à-dire : sacrée". 

Les Romains laissèrent les Grecs 
libres, et soumirent toute l'Ibérie'**. 

Après la défaite d'Antiochus par les 
Romains, il fut convenu entre eux qu'il 
leur paierait chaque année un tribut de 
1000 talents*'. 

A cette époque, les Romains envoyè- 
rent différentes colonies ". 

Antiochus, redevenu l'ami de Ptolé- 



Ptolémée d'Alexandrie donna la liberté 
aux Juifs captifs en Egypte, et envoya 
des offrandes au grand-prêtre Eléazar ''. 

En la 5^ année [80] de son règne, qui 
estla 33® de Séleucus, en la CXXV olym- 
piade'*, la 1" année d'Antiochus Sôter, 
en l'indiction 10^, le roi Ptolémée Phi- 
ladelphe ^^ envoya trouver le grand-prêtre 
des Juifs, Eléazar, qui lui expédia tous 
les livres des Hébreux et des hommes qui 
connaissaientl'hébreuet le grec, au nom- 
bre de soixante-douze *^ Le roi les établit 
dans l'île de Faros ; il leur fit bâtir trente- 
six cellules : une pour deux, et les aver- 
tit de ne rien changer. Ils traduisirent 
les livres en soixante-douze jours. Cha- 
que couple traduisit [81] tous les livres, 
et il y eut trente-six copies; quand on 
les collationna entre elles, elles étaient 
comme si elles avaient été traduites par 
un seul homme. Le roi plaça ces copies 
dans la librairie, dans sa bibliothèque, 



I 



1. Dan., XI, 20. — 2. H. a. 1827 ; Arm. 1826. — 3. Ms. Diodore ; cf. H. a. 1833; Arm. 1830. 

4. H. a. 1804 ; Arm. 1805. — 5. H. a. 1803 ; Arm. 1802. — 6. E. a. 1802. — 7. H. a. 1805 ; Arm. 
1806. — 8. H. a. 1813. — 9. H. a. 1818 ; Arm. 1815. — 10. H. a. 1822. — 11. H. a. 1825. — 12. H. 
a. 1826. 

13. H. a. 1735. — 14, Ms. : CV«. — 15. Ms. : Pt. Philipos. — 16. Cf. E. a. 1736. 



124 



GHROiNlQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 137 des Grecs commença à régner Antiochus Épiphane, fils d'Antio- 
chus le Grand, après avoir été otage, à Rome pendant 11 ans*. Aussitôt il s'avança 
[81] contre Ptolémée en Egypte ; ayant été retenu par les Romains, il revint en 
Judée et donna le souverain pontificat à Jésus, surnommé Jason, frère d'Onias. 
Puis il le lui enleva et le donna à Onias, surnommé Ménélaiis; ceux-ci luttèrent 
ensemble, et les difficultés se multiplièrent pour les Juifs ^ 

CHAPITRE \llK — Commencement des Macchabées. 

Mathathias, fils de Jean, fils deSiméonle prêtre, de la famille de Yonadab*, habi- 
tait à Modiim. Il avait cinq fils: Jean, surnommé Gadai; Siméon Tarsai; Judas 
Macchabée, Eléazar Haouran, et Jonathan Niphos. Ceux-ci s'affligeaient de la 
transgression delà loi. Ayant vu un Juif qui sacrifiait [aux idoles], ils s'irritèrent 
et le tuèrent ainsi que le chef qui les obligeait à sacrifier et ils détruisirent l'autel. 
Mathathias s'enfuit dans la montagne avec ceux qui étaient zélés pour la loi, et 
ils rétablirent la loi de leurs pères. 



mée, fit avec lui un traité d'amitié, et lui 
donna sa fille Cléopâtre en mariage, 
avec la Syrie, la Phénicie^ la Samarie 
et la Judée comme dot°. 

Le second livre des Macchabées com- 
mence en cette année^ 

De la destruction d'Ilion jusqu'ici il y 
a 1000 ans \ 

Siméon, préposé au teuiple de Jéru- 
salem, [81] s'enfuit près d'Apollonius*^ 
stratège de la Phénicie, et lui promit de 



à Alexandrie. De là provient cette ver- 
sion qui est partout connue sous le nom 
de Septante'. 

Voici les noms des soixante-douze 
hommes qui traduisirent les livres*" : 

De la tribu de Ruben : Joseph, Ezé- 
chiel", Elisée, Zacharie, Jean, Ezéchiel; 
— de la tribu de Siméon : Judas, Siméon, 
Adai, Samuel, Matthias**, Salamias*'; — 
[82] de la tribu de Lévi : Néhémie, Jo- 
seph, Théodose, Bousis'*,Hourni'% Dou- 



1. Cf. I Macch., 1, 11. -. 2. H. a. 1841 ; Arm. 1840. — 3. xMs. : ch. iv (> pour i). — 4. LXX : 
'Iwapîê; I Macch., ir, 1. Coiiip. aussi les noms et surnoms grecs des fils de Mathathias [ihid,, 2-5; 
et Jos., A?itiq., XII, viir). 

5. H. a. 1827; Arm. 1826 —6. H. a. 1829; Arm. 1830. —7. Arm. 1834. — 8. Ms. : Apollonicus. 

9. Tous ces détails légendaires tirent leur origine de la lettre (apocryphe) d'Aristée. Cf. Jos,, 
Ant,, XII, rr. Voir aussi ; PatLON, Vita Mosis, II, 6; S. Just., Cohort, ad Gr., XIII ; Clem. Alex., 
Strom., I, 22 ; Talmiid de Bab., Tr. Méghilla; Hieron., Adv. Riif., P. L., XXIII, 449 ; Hody, De Bi- 
hlior. textihus origin., t. I; Langlois, Chr. de Michel, p. 79, n. 1. — 10. Ces noms, omis par Joseph, 
sont conservés dans quelques-uns des ouvrages cités dans la note précédente. Ils existent en 
syriaque dans le ms. add. 14601, fol. 162, et dans le chap. lu du Livre de l'Abeille de Salomon de 
Bassora (éd. Budge. p. 13C; trad , p. 120). M. Budge a donné les variantes. Nous complétons les 
quelques noms omis d'après son édition, mais en suivant l'ordre de l'abrégé arménien (Langlois, 
p. 78). — 11, Budge : Ézéchias. — 12. B. : Mathathias. — 13. B. : Salmai, — 14. B. : Basa. — 
15. B. : Adonias. 



LIVRE V. GHAP. Yll 



125 



En l'année 149, la 18« de Ptolémée, Antiochus Épiphane mourut dans le pays 
des Perses, frappé par Dieu d'une cruelle maladie*, et Antiochus Eupator com- 
mença à régner pendant 2 ans". Celui-ci multiplia encore les maux des Juifs. 
L'annéesuivante, Antiochus envoya Gorgias, avec une armée de 120.000 hommes, 
à Jérusalem. Pendant le combat, Eléazar Haouran vit un grand éléphant et pensa 
qu'il portait le roi. Il s'avança au-dessous de lui et lui perça le ventre avec le 
glaive. L'éléphant s'affaissa et tomba sur lui, et il mourut^ Quand le combat eut 
cessé, on rassembla les cadavres pour les ensevelir; en les recueillant ils trou- 
vèrent sous les vêtements de chacun d'eux de l'or des idoles de Yamnia*. 
Judas envoya trois mille [drachmes] Vd'argenL aux prêtres de Jérusalem pour 
qu'ils fissent des offrandes pour ceux qui étaient morts^ et qu'ils intercédassent 
pour eux, à cause de l'espérance de la résurrection. 

A cette époque, un premier temple fut bâti au Seigneur parmi les Gentils, 
Onias l'avait bâti à Héliopolis % en Egypte, et il y accomplissait les fonctions 
sacrées selon Pusage des Juifs. Ce temple fut détruit quand Jérusalem fut prise 
par Vespasien et son fils Titus. 



l'argent pour obtenir le souverain pon- 
tificat \ Ces choses étant parvenues à la 
connaissance de Séleucus, celui-ci en- 
voya Héliodore, qui, étant venu, fit 
beaucoup de mal ; c'est pourquoi il fut 
châtié par les coups du Seigneur. 

A cette époque Samouni et ses fils fu- 
rent couronnés [du martyre] avec le prê- 
tre Eléazar. — Antiochus vint à Jérusa- 
lem, pilla le temple de Dieu et les cho- 
ses sacrées qui s'y trouvaient. 11 y érigea 
une statue de Zeus Olympiens, c'est-à- 
dire céleste; et il bâtit à Samarie, sur 
le mont Garizim, un temple à Zeus Hos- 
pitalis*. Les Samaritains permirent cela. 



qios»; — de la tribu de Judas : Jonathan**, 
Abdai*', Elisée, Hananias, Zacharie , 
Ilelcias ; — de la tribu d'issachar : 
Isaac, Jacob, Jésus, Sambat, Siméon, 
Lévi; — de la tribu de Zabulon : Judas, 
Joseph, Jésus", Zacharie, [Siméon], Sa- 
muel; — de la tribu de Gad : [Sambat, 
Sédécias], Jacob, Isaac, Osias '■^,Matthai '*; 
— de la tribu d'Aser : Théodose, Jason, 
Jésus, Théodote, Jean, Jonathan*' ; — de 
la tribu de Dan : Théophile, Abraham, 
Arsamos*", Jason, Jérémie, Daniel; — de 
la tribu de Nephtali : Jérémie, Eliézer, 
Zacharie, Benias, Elisée, Dothan *' ; — de 
la tribu de Benjamin : Jean. Isilaûs*% 



1. I MA.CCH., vr. 16, 17; cf. II Macch., ix. — 2. Ms. : Épiphane Eupator. — 3. Cf. I Macgh., vr 
43 sqq. ; cf. il Macch., x. — 4. (spwfAaxa xwv à.Tzh 'latAVSÎaç £tôw)>wv ; II Macch., xir, 40. — 5. 12.000 
{ihid.,iS). — 6. Ms. : Heliosphantos. Cf. Jos., Ant., XII, xv; XIII, vi. 

7. H. a. 1833; Arm. 1830; cf. II Macch., irr. — 8. H. a. 1848; Arm. 1850. 

9. B. : Daqai. —10. B. : Jothan. —11. Ms. : Ahrai . — \1.^. : Salmai. — 13.B.: Jessé. — 14. B. : 
Matthias. — 15. B. : Jothan. — 16. B. : Arsam. — 17. B. : Dolhai, — 18. B. : Isalus, 



126 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



A Judas [82] succéda comme grand-prêtre et général, Jonathan qui fut tué 
avec Alexandre par Tryphon. Après lui vint Siméon*. Celui-ci envoya à Rome 
un bouclier d'or, et ils lui constituèrent un traité d'amitié sur une table d'airain '. 
— Il envoya aussi contre Qendebès, général d'Antiochus \ Jean, son fils, qui le 
vainquit et détruisit toute son armée. Dès lors les Juifs furent affranchis du 
tribut. — En cette année finit la seconde histoire des Macchabées*. 

En l'an 177% Siméon fut tué par Ptolémée, fils de Habouba. — Son fils, Jean^ 
lui succéda**. 

A cette époque, des gouverneurs commencèrent à exister à Edesse, jusqu'à 
l'époque des autres rois de la famille d'Abgar. 

A cette même époque commencèrent ces rois dont le souvenir est consigné 
dans la note de Jacques d'Edesse transcrite ci-dessus. 



Éléazar, ayant été pris pour sacrifier et 
ne voulant point y consentir, mourut 
pour la loi après divers supplices'. On 
amena ensuite une femme, Samouni, et 
ses sept fils en présence d'Antiochus*. 
Au premier on arracha la langue et 1 ex- 
trémité de chacun de ses membres, et on 
le jeta dans une chaudière®. Au second 
on enleva la peau de la tête; au troi- 
sième, ils coupèrent aussi la langue, et 
ils affligèrent de tels supplices tous les 
autres successivement, et leur mère en 
dernier lieu. Ils furent ensevelis à An- 
tioche. Mais le livre des Macchabées, 
Josèphe*", le Théologien", Jean le Sty- 
lite, attestent tous qu'ils furent marty- 
risés à Jérusalem et y furent ensevelis. 
[82] Peut-être leurs ossements furent- 
ils apportés plus tard à Antioche ?. 
Mathathias, père des Macchabées, et 



Abtai'% Théodose, Nersam'', Ezéchiel; 
— de la tribu de [Joseph : Caleb, Sa- 
muel], Joseph, Judas, Jonathan, Dosi- 
thée. — En tout soixante-douze. 

Quand le roi vit les livres [83] venus 
de Jérusalem, écrits en lettres d'or, il 
fut frappé d'admiration. Après avoir été 
soigneusement transcrits de la langue 
hébraïque en langue grecque, avoir été 
collation nés diligemment et avoir été 
trouvés corrects, ils furent conservés par 
l'action du doigt de Dieu dans la biblio- 
thèque d Alexandrie, jusqu'au temps où 
brilla l'économie divine**. C'estainsique, 
par la providence du Seigneur, les livres 
de l'Ancien Testament ont été conservés 
et n'ont pas péri. 

Après Éléazar, au temps duquel les 
Livres saints furent traduits, le grand- 
prêtre fut Manassé", oncle d'Éléazar, 



l.I Macch., IX, 31; xir; xirr. —2. I Macch,, xiv, 24-26. — 3. I Macch., xvr. —4. Cf. H. a. 1884; 
Arm. 1885. — 5. Ms. : 47 ('-vs pour ^ms). — 6. I Macch., xti. 

7. Cf. II Macch., vi, 18 sqq. — 8. II Macch., vn. — 9. -n^Yavov. — 10. De Macchabeis, cap. xrv. 
— 11. Grec. Naz., Orat. XV. Patr. gr., t. XXXV, col. 911 sqq. 

12. B. : Abias. — 13. B. : Arsam. — 14. C'est-à-dire jusqu'à rincarnation du Christ. — 15. H. 
a. 1763: Arm. 1760. 



LIVRE V. GHAP. VII 



127 



A cette époque, un roi se mit à la tête des Hyrcaniens ; Jean, le granJ-prétre 
des Juifs, s'avança pour combattre cet Hyrcanien, à Madaba '; c'est pourquoi il 
fut surnommé Hyrcan*. 

Il ouvrit le tombeau de David, qui était le plus riche de tous les rois, et il en 
tira 3000 talents d'or ; il en donna 300 à Antiochus qui s'en alla*. 

A cette époque Hyrcan dévasta la Samarie*. 

En Tan 186, année en laquelle Antiochus vint mettre le siège devant Jérusa- 
lem, commence le comput des Tyriens. 

En l'an 196, Ptolémée Soter commença à régner, pendant 17 ans. 

Hyrcan, [roi] des Juifs, marcha avec Antiochus et tua Indatès, [général du] 
roi des Parthes". 

En l'année 198, la 4" de Ptolémée, commença à régner en Syrie Antiochus 
Gyzicène, pendant 18 ans. 

En l'année 205 des Grecs, la 11* de Ptolémée, mourut Jean Hyrcan, et Aristo- 
bule, fils de Jonathan, régna un an. Il ceignit la couronne. Il avait deux frères : 



'Abdsalôm, père des enfants de ISamouni, 
étaient frères. Quand les enfants de 
'Abdsalôm eurent été nais à mort par 
Antiochus, avec Eléazar leur maître, 
Mathathias appela ses fils du nom de son 
frère, selon la loi. 

A cette époque florissait le Juif Aris- 
tobule , philosophe péripatéticien; il 
écrivit en grec pour Ptolémée Philomé- 
tor l'histoire des livres de Moïse et fit 
une traduction de la Loi*'. 

Hyrcan, fils du général des Juifs, Jo- 
seph, fut bien accueilli par Ptolémée ; 
ses frères poussés par la jalousie excitè- 
rent du trouble et furent cause d'une 
grande perturbation parmi tout le peu- 
ple juif . 

Onias, le grand-prêtre des Juifs, fut 
tué, par Andronicus, à Daphné qui est 
[à côté] d'Antioche*. 



Eléazar exerça ses fonctions 32 ans® et 
Manassé 10 ans. Jacques d Edesse leur 
attribue le même temps que [iî4] le li- 
vre d Andronicus. 

Après Manassé, le grand-prêtre fut 
Onias, fils deSiméon surnommé le Juste. 
Andronicus attribue 4 années à celui-ci; 
Jacques davantage; tous les deux expo- 
sent que de son temps le roi d'Egypte 
était porté à faire périr les Juifs ; par sa 
sagesse, Joseph [l'apaisa]. C'est pour- 
quoi, il fut institué gouverneur et géné- 
ral sur toutes les villes des Hébreux*'. 
Onias et Joseph gouvernèrent pendant 
36 ans. Vint ensuite Siméon, fils d'O- 
nias, en l'an 15 de Ptolémée, en la 
CXXXVIP olympiade, en [8o] l'indiction 
13% qui fut l'an 81 des Grecs''. 

Ce Siméon fut le père de Jésus, sur- 
nommé Bar-Asii"^» qui fit le livre de la 



1. Lire : \-^j\~^; cf. Jos., Ant., XIII, xvii. — 2. E. a. 1893. — 3. Jos., Ant., XVII, xvr. — 4. Jos., 
Ant., XIII, xviii. H. a. 1898 ; Arm. 1896. — 5. D'après Jos., Ant., XIII, xvi. Lire : .^.^^ovi^ (?). 
6. E. a. 1841. — 7. E. a. 1836. — 8. II Magch., iv, 34. Cf. p. 128, 1. 22. 
9. Ms. : 72 aus (>a.^ pour ^^-v). — 10. H. a. 1771; Arm. 1770. — 11. H. a. 1785;_Arm. 1786. 



128 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Alexandre [et] celui' qu'il tua insidieusement par jalousie. Son propre sang 
coula au lieu même où il avait répandu le sang de son frère. Leur père avait 
prophétisé [83] qu'ils ne brilleraient pas beaucoup dans le gouvernement. Or 
leur père parlait par l'inspiration de Dieu. 

A Aristobule succéda son frère Jean*, surnommé Jané, en 1 an 207, pendant 
27 ans. Il gouverna le peuple durement*. 

A cette époque'' Ptolémée Soter fut chassé par sa mère Gléopâtre, et Ptolémée 
Alexandre commença à régner, pendant 10 ans. 

En la 6^ année de ce Ptolémée, roi d'Egypte, finirent les rois grecs de Syrie 
et d'Asie" Ce pays fut conquis et soumis par les Romains. 

En l'an 208 des Grecs [commence] le comput des Ascalonites. 



A cette même époque, en la CLIIP 
olympiade, Antiochus frappa l'Egypte ; 
il monta contre Jérusalem, et y tua 
80.000 hommes. Il contraignait le peuple 
à apostasier, par de cruels supplices". 

A cette époque, un homme de race sa- 
cerdotale, nommé Mathathias, fils d'As- 
monéus^ du village de Modiïm, s'éleva 
contre les stratèges, et fut victorieux'. 

Persée, roi des Macédoniens, fut tué, 
et leur empire cessa aloi^s', après avoir 
duré pendant 647 ans. Le second qui 
avait commencé après Alexandre, avec 
Philippe Aridée, frère d'Alexandre, avait 
duré 158 ans_, depuis la 1'"'' année de la 
CXIV* olympiade jusqu'à la 2® année de 
la CLIIP olympiade. 

A cette époque commença la dernière 
autonomie^ des Juifs, [83] grâce aux 
Macchabées. 



Sagesse, appelé livre de Bar-Asira'", dans 
lequel il y a 2.050 mots. 

Ce Siméon porta Notre-Seigneur lors- 
qu'il entra au Temple, car il fut enchaîné 
jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen- 
dant 216 ans ''. 

Ce Siméon bâtit un temple en Egypte. 
Après lui vint son fils Onias auquel Arius, 
roi des Lacédémoniens, envoya des am- 
bassadeurs*^ Cet Onias fut tué, d'après 
Andronicus, à Daphné, qui se trouve 
à côté de la ville d'Antioche. Siméon 
exerça 14 ans, d'après Andronicus, et 
18 d'après Jacques; [86] et Onias, fils de 
Siméon, 4 ans d'après Jacques, et 5 
d'après Andronicus. 

Après ceux-ci^ les Juifs eurent encore 
trois grands-prêtres jusqu'au temps de 
Mathathias : 

Ménélaiis, pendant 2 ans; Jason, un 



1. Antigone. Jos., Ant., XII, xix. — 2. Lire : Alexandre. — 3. Cf. E. a. 1913. - 4. H. a. 1919; 
Arm, 1918. — 5. E. a, 1924. 

6, H. a. 1848; Arm. 1850. — 7. Ihid. — 8. E. a. 1850. —9. aùÔevTla. 

10. ô ToO Stpâx- — 11. Le mot : asira signifie ligatus, en syriaque; de là l'origine de cette fable. 
Voir, à ce sujet, Bar-Hébréus (Chr. eccl., I, 21), la version arménienne (Langlois, p. 89), et Georges 
des Arabes (apud La.garde, Anal, syr., p. 108-134); cf. aussi Acta Sanct., 8 oct. — 12. E. a. 1809. 
Jos., Ant.. XII, V. 



LIVRE V.GHAP. VllI 



129 



CHAPITRE VIII DV LIVRE V. — De V époque' de la fin des Macchabées. 

La destruction du royaume des Grecs à Antioche et dans toute l'Asie arriva 
ainsi : 

Alexandre fît brûler vivant Cyzicène et régna après lui, pendant 1 an. — Phi- 
lippe vint ensuite pendant 2 ans. Puis il fut ensuite lui-même chassé pour avoir 
contribué à faire brûler Cyzicène*. C'est pourquoi le peuple tomba sous la domi- 
nation des Romains*. 

Le total des années des rois d'Asie fut de 216 ans, depuis Séleucus Nicator 
jusqu'à ce qu'elle fût conquise par les Romains. 

En l'an 222, commença à régner Ptolémée Dionysios^ pendant 30 ans*. Il était 
fils de Ptolémée Soter, frère deCléopâtre. 



A cette époque florissait Aristarchus 
le grammairien". 

A cette époque les Samaritains et les 
Juifs se disputaient entre eux, près de 
Ptolémée, à propos des honneurs à at- 
tribuer aux prêtres de chacun des par- 
tis : les Juifs triomphèrent et prévalu- 
rent; et le souverain pontificat leur fut 
attribué °. — Jonathan Macchabée pour- 
suivit Racchîdes, général de Démétrius, 
et le vainquit '. 

A cette époque, Démétrius Soter, fils 
de Séleucus, vint de Rome en Syrie et 
reprit l'empire de son père. L'armée tua 
Antiochus et Lysias, son confidente 

Ensuite régna le fils d'Antiochus_, 
Alexandre, qui tua Démétrius, envahit 
l'Egypte et s'en empara, — Alors le 
roi^ lui donna sa fille'". D'autres di- 
sent qu'elle était fille de Ptolémée Évcr- 
gète; et Hippolyte dit qu'en elle fut ac- 
compli ce qui avait été dit par Daniel '': 



an, etÉléazarun an. Ceci d'après Jacques. 
Andronicus attribue 9 ans h Jason. Ce 
qui est exact, c'est qu'à cette époque le 
suprême sacerdoce des Juifs fut souvent 
transféré. 

Mé[nél]aûs livra le peuple à Antio- 
chus^ et alors Alcimus'^ qui n'était 
pas de la famille [sacerdotale] reçut le 
souverain pontificat par supercherie ; 
c'est pourquoi Onias, fils d'Onias le 
grand-prêtre, vint en Egypte, dans le 
lieu [appelé] Héliopolis *^ et y bâtit une 
ville qui fut appelée [Ville] d'Onias, dans 
laquelle il édifia un temple à Limitation 
de celui de Jérusalem*^. 

Le grand-prêtre Alcimus, ayant excité 
du trouble contre Judas Macchabée, fut 
frappé par le châtiment de Dieu, au bout 
de peu de temps, et mourut. 

Alors tout le peuple des Juifs conféra 
le souverain pontificat à Judas Maccha- 
bée. 



1. Je lis : |J^(. ^ 2. Btl. Chr. syi\, p. 43 : ii»ûo^|ûo> orJ,û»3 looi l-'^A^ » r^^i. Cf. II. a. 1923; Arm. 
1919. _ 3. E. a. 1924. — 4. E. a. 1937; ms. : 3 ans. 

5. H. a. 1861; Arm. 1860. — 6. H. a. 1869; Arm. 1859. — 7. H. a. 1862; Arm. 1861. — 8. E. a. 
1855 ; cf. I Macch,, vu, 1-4. — 9. Le nom est en blanc dans le ms. — 10. E. a. 1874. — 11. Dan., xi, 6. 

12. Ms. : Alkimenos, — 13. Ms. : ffeliospolis. — 14. E. a. 1857. 

1. n 



128 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Alexandre [et] celui* qu'il tua insidieusement par jalousie. Son propre sang 
coula au lieu même où il avait répandu le sang de son frère. Leur père avait 
prophétisé [83] qu'ils ne brilleraient pas beaucoup dans le gouvernement. Or 
leur père parlait par l'inspiration de Dieu. 

A Aristobule succéda son frère Jean*, surnommé Jané, en l an 207, pendant 
27 ans. Il gouverna le peuple durement*. 

A cette époque* Ptolémée Soter fut chassé par sa mère Cléopâtre, et Ptolémée 
Alexandre commença à régner, pendant 10 ans. 

En la 6« année de ce Ptolémée, roi d'Egypte, finirent les rois grecs de Syrie 
et d'Asie" Ce pays fut conquis et soumis par les Romains. 

En l'an 208 des Grecs [commence] le comput des Ascalonites. 



A cette même époque, en la CLIIP 
olympiade, Antiochus frappa l'Egypte ; 
il monta contre Jérusalem, et y tua 
80.000 hommes. Il contraignait le peuple 
à apostasier, par de cruels supplices". 

A cette époque, un homme de race sa- 
cerdotale, nommé Mathathias, fils d'As- 
monéus^ du village de Modiïm, s'éleva 
contre les stratèges, et fut victorieux'. 

Persée, roi des Macédoniens, fut tué, 
et leur empire cessa alors', après avoir 
duré pendant 647 ans. Le second qui 
avait commencé après Alexandre, avec 
Philippe Aridée, frère d'Alexandre, avait 
duré 158 ans, depuis la l*"*^ année de la 
CXIV olympiade jusqu'à la 2® année de 
la CLIIP olympiade. 

A cette époque commença la dernière 
autonomie^ des Juifs, [83] grâce aux 
Macchabées. 



Sagesse, appelélivre de Bar-Asira'", dans 
lequel il y a 2.050 mots. 

Ce Siméon porta Notre-Seigneur lors- 
qu'il entra au Temple^ car il fut enchaîné 
jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen- 
dant 216 ans '^ 

Ce Siméon bâtit un temple en Egypte. 
Après lui vint son fils Oniasauquel Arius, 
roi des Lacédémoniens, envoya des am- 
bassadeurs *^ Cet Onias fut tué, d'après 
Andronicus, à Daphné, qui se trouve 
à côté de la ville d'Antioche. Siméon 
exerça 14 ans, d'après Andronicus, et 
18 d'après Jacques; [86] et Onias, fds de 
Siméon, 4 ans d'après Jacques, et 5 
d'après Andronicus. 

Après ceux-ci, les Juifs eurent encore 
trois grands-prêtres jusqu'au temps de 
Mathathias : 

Ménélaûs, pendant 2 ans; Jason, un 



1. Antigone. Jos., Ani., XII, xix. — 2. Lire : Alexandre. — 3. Cf. E. a. 1913. — 4, H. a. 1919; 
Arm. 1918. — 5. E. a. 1924. 

6, H. a. 1848; Arm. 1850. — 7. Ihid. — 8. E. a. 1850. — 9. aùôevxc'a. 

10. ToO Stpa^. — 11. Le mot : asira signifie ligatus, en syriaque; de là l'origine de cette fable. 
Voir, à ce sujet, Bar-Hébréus (Chr. eccl., I, 21), la version arménienne (Langlois, p. 89), et Georges 
des Arabes {apud Lagarde, Anal, syr., p. 108-134); cf. aussi Acta Sanct., 8 oct. — 12. E. a. 1809. 
Jos,, Ant.. XII, V. 



LIVRE V.GHAP. VllI 



129 



CHAPITRE VllI DU LIVRE V. — De V époque' de la fin des Macchabées. 

La destruction du royaume des Grecs à Antioche et dans toute l'Asie arriva 
ainsi : 

Alexandre fit brûler vivant Cyzicène et régna après lui, pendant 1 an. — Phi- 
lippe vint ensuite pendant 2 ans. Puis il fut ensuite lui-même chassé pour avoir 
contribué à faire brûler Cyzicène*. C'est pourquoi le peuple tomba sous la domi- 
nation des Romains'. 

Le total des années des rois d'Asie fut de 216 ans, depuis Séleucus Nicator 
jusqu'à ce qu'elle fut conquise par les Romains. 

En l'an 222, commença à régner Ptolémée Dionysios^ pendant 30 ans*. Il était 
fils de Ptolémée Soter, frère deCléopâtre. 



A cette époque florissait Aristarchus 
le grammairien". 

A cette époque les Samaritains et les 
.luifs se disputaient entre eux, près de 
Ptolémée, à propos des honneurs à at- 
tribuer aux prêtres de chacun des par- 
tis : les Juifs triomphèrent et prévalu- 
rent; et le souverain pontificat leur fut 
attribué*. — Jonathan Macchabée pour- 
suivit Bacchides, général de Démétrlus, 
et le vainquit \ 

A cette époque, Démétrius Soter, fils 
de Séleucus, vint de Rome en Syrie et 
reprit l'empire de son père. L'armée tua 
Antiochus et Lysias, son confidente 

Ensuite régna le fds d'Antiochus_, 
Alexandre, qui tua Démétrius, envahit 
l'Egypte et s'en empara. — Alors le 
roi^ lui donna sa fille ^'^. D'autres di- 
sent qu'elle était fdle de Ptolémée Evcr- 
gète; et Hippolyte dit qu'en elle fut ac- 
compli ce qui avait été dit par Daniel": 



an, etÉléazar un an.Cecid'après Jacques. 
Andronicus attribue 9 ans h Jason. Ce 
qui est exact, c'est qu'à cette époque le 
suprême sacerdoce des Juifs fut souvent 
transféré. 

Mé[nél]aus livra le peuple à Antio- 
chus, et alors Alcimus'^ qui n'était 
pas de la famille [sacerdotale] reçut le 
souverain pontificat par supercherie; 
c'est pourquoi Onias, fils d'Onias le 
grand-prêtre, vint en Egypte, dans le 
lieu [appelé] Héliopolis*** et y bâtit une 
ville qui fut appelée [Ville] d'Onias, dans 
laquelle il édifia un temple h l'imitation 
de celui de Jérusalem*'*. 

Le grand-prêtre Alcimus, ayant excité 
du trouble contre Judas Macchabée, fut 
frappé par le châtiment de Dieu, au bout 
de peu de temps, et mourut. 

Alors tout le peuple des Juifs conféra 
le souverain pontificat à Judas Maccha- 
bée. 



1. Je lis : ^LSj. — 2. BH. Chr. syr.^ p. 43 : i«aû*(ao? outû^a low ^?_^>o ^ ^sl. Cf. H. a, 1923; Arm. 
1919. _ .3. E. a. 1924. — 4. E. a. 1937; ms. : 3 ans. 

5. H. a. 1861; Arm. 1860. — 6. H. a. 1869; Arm. 1859. — 7. II. a. 1862; Arm. 1861. — 8. E. a. 
1855; cf. I Macch., va, 1-4. — 9. Le nom est en blanc dans le ms, — 10. E. a. 1874. — 11. Dan., xi, 6. 

12. Ms. : Alkimenos. — 13, Ms. : Ileliospolis. —14. E. a. 1857. 

J. n 



130 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 5 de Ptolémée Dionysios, mourut Jean *■ Alexandre ; et sa femme 
Alexandra, surnommée Salina, gouverna pendant 9 ans. Elle observait soi- 
gneusement les préceptes et punissait ceux qui les transgressaient. Mais les af- 
faires des Juifs se troublèrent pour le motif que voici: Alexandra avait deux fils, 
Hyrcan et Aristobule. Elle fît Ilyrcan grand-prêtre^; ils se combattirent mutuel- 
lement et leurs affaires se brouillcrent^ Après de nombreuses perturbations 
Hyrcan fut confirmé grand-prètre et Aristobule roi. 

Alors vint Pompée, général des Romains, qui s'empara d'Aristobule et le fit 
conduire enchaîné à Rome ; il confirma le grand-prêtre Hyrcan [84] en l'an 243 ; 



« La fille du roi du sud sera donnée au 
roi du nord. » Théodoret dit* que cette 
parole prophétique fut accomplie quand 
Ptolémée Epiphane donna [sa fille] à 
Antiochus le Grand". 

Alexandre, fils d' Antiochus Epiphane, 
honora Jonathan Macchabée par des cou- 
ronnes et des présents nombreux^ 

A cette époque Oppius^ soumit les 
Celtes ; et Carthage fut détruite par Sci- 
pion, 648 ans après sa fondation. 

A cette époque on fit le recensement 
du peuple, à Rome, et on trouva 322000 
citoyens*. 

Jonathan, grand-prêtre des Juifs, fit 
de nouveau alliance avec les Romains et 
les Spartiates ^ 

Ptolémée eut deux fils de Cléopâtre **': 
Ptolémée Soter et Alexandre. 

A cette époque Pompée** détruisit les 
Numantins. — Triphon tua Antiochus, 
fils d'Alexandre *^ [84] et aussi Jonathan, 



Après l'avoir reçu, il envoya des am- 
bassadeurs aux Romains, et le sénat fit 
un décret, c'est-à-dire une sentence gé- 
nérale d'après laquelle les Juifs devaient 
être considérés comme amis et auxiliaires 
des Romains *^. 

Les années du souverain pontificat des 
Macchabées commencèrent de la sorte : 

En la 1 "^"^ année d' Antiochus, Mathathias 
fut établi gouverneur pendant 4 ans. 
Lorsqu'il mourut, son fils Judas devint 
gouverneur, et tout le peuple voulut 
qu'il devînt leur grand-prêtre ; dès lors. 
Judas Macchabée détint le pontificat 
suprême en même temps que le géné- 
ralat. 

Il chassa le général d'Antiochus de 
la Judée; il purifia le temple, renou- 
vela la religion paternelle qui avait été 
affaiblie pendant les trois années [précé- 
dentes], en la GLV olympiade**. Ayant 
engagé le combat avec les généraux de 



1. Lire : Jannseus. — 2. E. a. 1941, — 3. E. a. 150. 

4. Corn, in Dan. ^P. Gr., t. LXXXI, col. 1508. — 5. Ci-dessus, p. 124, 1. 16. — 6. H. a. 1866 ; Arm. 1867. 

— 7,"0«Ttioç;H. a. 1871; Arm. 1867. —8. Lire: ^U [i^"^ ; E. a. 1870. —9. H. a. 1873; Arm. 1871. — 
10. Lire : l»é>^o(iû ^. — 11. H. a. 1875; Arm. 1874. H dit : Scipio; l'Arm. a : Pompée; le texte 
original portait peut-être Publ. Scipio ; ce qui expliquerait la leçon du nom propre dans notre copie. 

— 12. H. a. 1877. 

13. Lire : ^»o»j (et non t^ow»). Cf. E. a. 1857. — 14. H, a. 1857; Arm. 1851. 



LIVRE V. GUAP. YIIl 



131 



celui-ci régna 34 ans, ou 33 (et d'après un ms. : 24). Il rebâtit les murs de Jéru- 
salem qu'avait renversés Pompée. Dès lors, les Juifs devinrent tributaires des 
Romains *; car Pompée, général des Romains, qui était devenu très puissant, les 
subjugua. Il soumit aussi d'autres contrées: la Grande-Arménie, ribérie% l'Ara- 
bie, risaurie. A cause de ces exploits il fut fort exalté et môme proclamé au- 
tocrator. 

En l'année 259 des Grecs, 34* de Ptolémée Dionysios', furent institués à Rome 
les consuls nommés : Gains Julius et Marcus Antoninus. — La même année 
mourut Ptolémée, ïroi] d'Egypte, et Cléopâtre régna pendant 22 ans *. 



grand-prêtre des Juifs. Triphon fut en- 
suite tué lui-même^. 

A cette époque Brutus * soumit aux 
Romains les Ibères jusqu'à l'Océan, 

Ptolémée donna sa fille à Démétrius, 
et lui livra le royaume d'Alexandre '. 

Après Démétrius, son frère Antiochus, 
surnommé Sidétès, régna sur la Syrie ^. 

Siméon le grand-prêtre libéra les 
Juifs du tribut ; les Spartiates et les Ro- 
mains® lui envoyèrent une ambassade, 
et ils firent des traités d'alliance. 

A cette époqufr il y eut une révolte 
d'esclaves*^ en Sicile. 

Antiochus Sidétès vint attaquer Jéru- 
salem**. — Siméon, le grand-prêtre, fut 
tué par le stratège Ptolémée^ qui rési- 
dait h .îéricho *^. 

A cette époque*^ les esclaves qui s'é- 
taient révoltés en Sicile furent enfermés 



Démétrius_, il fut tué après avoir tenu le 
souverain pontificat 3 ans*^. 

Quand Judas Macchabée eut été tué, 
son frère Jonathan gouverna 19 ans ; il 
était de même simultanément grand- 
prêtre et général. Il s^illustra beaucoup à 
la guerre jusqu'à ce que le roi Alexandre 
eût été tué. Jonathan fut mis à mort par 
Triphon*^. 

[87] Il eut pour successeur Siméon, 
son frère, pendant 8 ans. Et, comme la 
conduite du sacerdoce suprême et celle 
de l'armée étaient réunies depuis Judas 
et Jonathan, Siméon fut aussi grand- 
prêtre et général*^. Il fut tué, lui aussi i^^ 
par Ptolémée. 

Son fils Jean lui succéda, pendant 26 
ans 1^. C'était pour ainsi direune loi et un 
usage consacré chez eux que le grand- 
prêtre fut aussi général : dirigeant le 



1. H, a. 1957. — 2. Le mot est répété dans le ms. Ar. : U^^Uûo. — 3. L'auteur sans doute a voulu 
écrire ; >^, 37 (222-259). Pour les rectifications de toutes ces dates voir l'Introduction. L'auteur 
omet de compter le second règne de Ptolémée Soter. — 4. E. a. 1967. 

5. E. 1879. — 6. H, a. 1874; Arm. 1876, Bruttios, comme notre ms. — 7. E. a. 1877. — 8. E. a. 
1880. — 9. E. a. 1881. Lire : U»ow»o Ui;^^oo. _ 10 Corapl. : l;-^^?; E. a. 1882. — 11. H. a. 1885; 
Arm. 1884. — 12. Cf. H. a. 1883; Arm. 1886. — 13. H. a. 1890. 

14. H. a. 18G0. — 15. H. a. 1876; Arm. 1878. — 16. E. a. 1881. — 17. H. a. 1883. Arm. 1886. — 
18. E. a. 1887. 



132 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En la 2^ année de cette reine, le général Pompée fut tué dans un combat avec 
Gaius Julius', qui, le premier, régna sur les Romains. 

Les événements concernant les Macchabées se terminent ici totalement. 

Le premier Livre des Macchabées comprend 2.366 mots, le second 5.000 ^ 

En l'an 5 de Cléopâtre, qui est l'an 264 des Grecs, en l'indiction l""*, com- 
mence le computdes Antiochéniens^ Cette année commença un lundi. 

D'Adam jusqu'ici il y a 5461 ans. 



dans la ville même où avait eu lieu la 
rébellion; attaqués du dehors, ils furent 
réduits h se manger les uns les autres. 

A cette époque *, près des îles Eolien- 
nes ^, au milieu d'une éruption de feu, 
apparut l'île qui est maintenant appelée 
Héra^ 

Arsace, le Parthe, tua Antiochus''. 

Attalus, en mourant, laissa son 
royaume aux Romains ". 

Arsace, roi des Mèdes et des Perses, 
s'empara de Démétrius^. 

Jean Hyrcan, grand-prêtre des Juifs, 
étant venu à Samarie, s'en empara et la 
rasa jusqu'au ^*^ niveau du sol, Hérode la 
releva plus tard, et l'appela Sébaste^'. 

A cette époque Rhodes fut agitée par 
un tremblement de terre, et le Colosse 
tomba '-. 

Antiochus et Hyrcan, ayant vaincu 
le général des Parthes, érigèrent une 
stèle de victoire, près du fleuve Lycus *^. 

Antiochus Cyzicène** ayant chassé Gry- 
pus •'' de la Syrie s'en empara, Grypus 
vainquit à son tour Antiochus ; ils ré- 



peuple et la milice d'après les lois roya- 
les. 

Or, après Jean Ilyrcan, Aristobule, fds 
de Jonathan, gouverna pendant un an. 
Non seulement il reçut le généralat^, mais 
il ceignit la couronne, 445 ans, ou, selon 
d'autres, 488, ou même 484 ans après que 
le Temple eût été incendié et la royauté 
abolie^^. 

L'époque des Macchabées s'étend jus- 
qu'ici, et ici finit l'Ancien Testament. 

Jusqu'ici il y a 5.072 ans ; et depuis ici 
jusqu'à l'époque de Notre -Seigneur, 120 
ans. 

Après qu'AristobuIeeutété tué, par les 
mains de son frère Antigone, son autre 
frère Jean, surnommé Alexandre^ prit 
sa place et gouverna les Juifs très du- 
rement*^. • — Après la mort de celui-ci, 
Alexandra, sa femme, fut gouvernante et 
les affaires du souverain pontificat fu- 
rent fort troublées*^. 

Ensuite, elle établit son fils Hyrcan 
comme grand-prèlre et fit roi le frère 
de celui-ci, Aristobule^ qui peu de temps 



1. Cf. H. a. 1969. — 2. Lacune pour les centaines, les dizaines et les unités. — 3. H. a, 1969 

— an 3 de Cléopâtre; comme BH. 

4. H. a. 1892; Arm. 1890. —5. Lire : iûoa^.^! (?). — 6. Lire: !H*l;cf. ci-dessus, page 123, 1. 23. — 
7. H. a. 1889; Arm, 1888, — 8. E. a. 1887. —9. Jos., Aiitiq., XIII, x; comp. xvr, xvri. — 10. Lire : 
U^M 1>5A. — 11. H. a. 1898; Arm. 1896. — 12. H. a. 1910, Arm. 1908. — 13. Jos,, Ant., XIII, xvi. 

— 14, Lire : lûoaa.iao, ici et plus bas, o K\)Uyi^oç, — 15. rpuiré;. 

16. E. a. 1913. — 17. E, a. 1913. — 18, E, a. 19'il. SaXiva f, xaî 'AXs^âvSpa, 



LIVRE V. GHAP. VIII 



133 



En cette [même année les Romains'] firent l'un des consuls empereur, Gaius 
commença donc à régner, pendant 4 ans. Il fut appelé César, dans la langue 
des Romains, parce que sa mère étant morte, on l'ouvrit et on le tira de son 
sein. — Gaius Jiilius descendit en Egypte. Il confirma la royauté à la reine ^ 
Gléopâtre. 

Le 4" mois' Qlôlilios ou selon d'autres_, Qentilios\ qui est Qinian^, fut appelé 
Julius. 



gnèrent ainsi tour h tour, et se livrèrent 
de nombreux combats ^. 

A cette époque Jugurtha fit la guerre 
aux Romains '. 

Gaius Marcus % consul pour la cin- 
quième fois, vainquit les Cimbres près 
du Pô. 

D'Adam jusqu'ici il y a 5100 ans. 

Les Thraces furent soumis par les Ro- 
mains". — Ptolémée, chassé par sa mère 
Gléopùtre, perdit le royaume et s'enfuit 
à Cyprc ^^. 

A cette époque il y eut une nouvelle 
révolte d'esclaves en Sicile. Aquilius 
apaisa par sa sagesse cette violente ré- 
bellion des esclaves fugitifs ^* qui avait 
lieu en Sicile, et en remporta de grands 
honneurs ^-. 

A cette époque, Antiochus s'enfuit 
chez les Parthes, et enfin, se livra lui- 
môme à Pompée; son successeur, Phi- 
lippe, [8S] fut pris par Gabinius^^. 



après fut emmené prisonnier à Rome**. 

Alexandre, son père, régna 27 ans *^; 
sa mère Alexandra, 9 ans ; et Hyrcan 
lui-même 34 ans. 

Apartir de ce moment, selon l'ancienne 
mode, le suprême sacerdoce fut exercé 
seul sans la royauté, chez les Juifs, qui 
d'ailleurs furent de nouveau tributaires 
[des Romains]. 

Pendant les 34 ans du règne d'IIyr- 
can, le suprême sacerdoce continuait, 
chez eux, par le sacrement de l'onction. 
Ici survint une cause destructive de 
l'onction chez les Juifs : ce fut l'établis- 
sement d'IIérode d'Ascalon, que les Ro- 
mains instituèrent comme procurateur 
des affaires de la Judée. 

Anlipater, père d'Hérode, qui était d'a- 
bor'd auxiliaire et ami d'Hyrcan , fut placé 
à la tête des Juifs par les Romains. Alors, 
bien qu'ils eussent encore des grands- 
prêtres, cependant ceux-ci n'étaient point 



1. I^acune d'une ligne; sens d'après BH., Chr. .sjr.,p. 44. — 2. Au lieu de : \l^\ « mulier », il faut 
peut-être restituer : l^-ii « meretrix ». Cf. H. a. 1970 : « ob stupri gratiam ». — 3. Le ms. porte 
bien : 40, mais il y a sans doute ici la confusion si fréquente du i et du i. Sync. : tov E68o[xov Tiapà 
'Pw[jiaiot; (Aviva KuvTtXXtov. Cf. H. a, 1973; Arm. 1969. — 4. Quintilis. — 5. Je lis : r^*^, au lieu de : 
<^'û (Qainan), d'après les inscriptions palmyréniennes où l'on rencontre le nom d'un mois écrit TJp. 
La mention incidente de Michel nous apprenant que ce mois était celui de « juillet » apporte la solu- 
tion d'un grand problème chronologique. Cf. Cleumont-Ga.nnea.u, i?ecwe// d'arch. oWe/îf., III,202sqq. 

6. E. a. 1905. — 7. E. a. 1909. — 8. Sic ms; H-. a. 1916 et Arm. 1914, ont : C. Marias. — 9. 
H. a. 1917; Arm. 1918. — 10. E. a. 1919.— 11. ôpaiicTix6ç -12. E. a. 1921.— 13. H. 1924 ; Arm. 1922. 

14. Cf. E. a. 1950. — 15. Ms. : 24 ans. 



134 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



[iii5] Andronicus dit que Gains régna 5 ans. Ensuite il fut tué, et Auguste César 
commença à régner pendant 56 ans et 6 mois. 

En la 10^ année* d'Auguste, Hérode commença à régner sur la Judée; il abolit 
la royauté et le sacerdoce des Juifs, en la CLXXXVl^ olympiade. Il régna pen- 
dant 37 ans après Mathathias et ses fils, les Macchabées. 

CHAPITRE IX. — Sur le commencement du second empire des Romains, et 
sur Hérode, [le premier] des Gentils qui régna sur les Juifs. 

La royauté des Romains, qui sont les Francs, cessa pendant 462 ans, depuis la 
mort de Tarquinus Superbus jusqu'à ce Gains Julius. Depuis la fondation de 
Rome jusqu'à l'époque à laquelle commença la seconde royauté, il y eut 702 ans. 



A cette époque, Séleucus fut brûlé * 
vivant par Anti'^chus Cyzicène. 

Après s'être propagée jusqu'à cette 
époque', la race des rois de Syrie cessa 
et finit, après avoir duré en tout 216 ans*. 

Les filles d'Alexandre Ptolérnée 
étaient] Cléopàtre, et Tryphène et Bé- 
rénice'^. — Alors, quand les rois d'Asie 
qui résidaient à Antioche, eurent été ren- 
versés, cette province passa sous la do- 
mination des Romains *. 

PtoléméePhyskôn, qui avait été exilé 
par sa mère, revint de Cypre, attaqua 
et chassa du royaume son frère Alexan- 
dre, et régna lui-même à Alexandrie et 
sur toute TEgypte ^ 

A cette époque [Sylla] pilla Athènes». 

A cette époque, il y eut de nouveau 
un recensement à Rome et on trouva 
[463000 citoyens] ^ 

Le temple de Delphes fut brûlé pour 



établis par le pouvoir domestique ; de 
sorte que dans les choses racontées ci- 
dessous, dans lesquelles est exposée la 
continuation de la royauté, on fait men- 
tion des choses qui arrivèrent aux Juifs 
du temps d'Hyrcan. 

Par la suite, Hyrcan fut emmené en 
captivité **^ chez les Parthes,et Hérode alla 
à Rome; là, celui-ci obtint injustement 
pour lui-même la royauté sur les Juifs. 
Quand il revint, les Juifs ne l'acceptèrent 
point. Il engagea la lutte, fut vainqueur, 
détruisit les deux murs de Jérusalem et 
fit périr beaucoup de monde'*. Il s'em- 
para des insignes*^ du sacerdoce et les 
garda sous sa main. 

Il maintenait seulement une année ce- 
lui qu'il avait institué grand-prêtre. 

Quand Hyrcan s'échappa et revint de 
captivité, Hérode le fit tuer; puis il fit 
venir de Babylone un certain -^ Hananiel 



1, Ms. : 8e. Cf. E. a. 1984. 

2. Ms. : fut pris. Corr. : .û^M. H. a. 1923; Arm. 1919. — 3. E. a. 1924. — 4. Cf. Eus., I, 264. 
— 5. Eus., I, 168 : KXeouâxpav tyiv xa.\ Tpyçaivav, xai BepevtxYjv. L'Arm. a traduit, d'après le syr. : 
Cleopatrœ et Tryphœnœ. — 6. H. a. 1924. — 7, Lire : u=oû^9û^| (BH. p. 43). E. a. 1929. — 8. 
H. a. 1931. — 9. Compl. : '.,^ta"^o oy) |La=; ..«^û^lo. H. a. 1932. 

10. Lire : wali^l. — 11. Jos., Antiq., XIV, xxvr-xxvirr. — 12. axola.. — 13, Lire : w^*-i '«jP^. 



LIVRE V. GIIAP. IX 



135 



En la 3e année d'Hérodej Samosate fut livrée aux Romains ; les Parthes des 
bords de FEuplirate furent vaincus et soumis par les Romains. 

A cette époque, Antoine, général d'Auguste, se révolta contre lui» et devint 
l'amant de Gléopâtre, reine d'Egypte. C'est pourquoi Auguste s'avança contre 
lui; après avoir beaucoup lutté, Antoine fut enfin vaincu. Ensuite, sur les ins- 
tances du Sénat, Auguste fit la paix avec Antoine ^ 

A cette époque les Romains fondèrent des colonies^. Auguste obtint le triom- 
phe [pédestre] '. 

[Gléopâtre usait"] de ruse pour obtenir la royauté des Juifs et des Arabes. 



la troisième fois, par les Thraces ; ainsi 
que le Capitule, h Rome*^. 

[Sylla] s'empara de Rome et mourut 
au bout de deux ans^ 

Histoire du commencement d'Hérode. 
— A cette époque, il y avait un homme 
des Gentils, appelé Antipater. Il était 
fils d'un certain prêtre nommé Hérode ^. 
Les Iduméens le firent captif dans le 
temple d'Apollon qui était près du mur 
d'Ascalon. Hérode, son père, n'avait 
point d'or pour le racheter. Ayant grandi 
[chez] les Iduméens, il prit pour femme 
[la fille]' d'Arétas, roi des Arabes, qui 
s'appelait Cypris. Il devint l'ami du 
grand-prêtre Hyrcan et l'aida beaucoup 
dans sa lutte [contre Aristobule], son 
frère. 11 alla trouver, de la part d'Hyr- 
can. Pompée, général des Romains***. 
Pour ce motif, il devint aussi l'ami des 
des Romains ; et quand l'occasion s'en 
présenta, ils établirent Antipater procu- 
rateurdesaffairesjuives. Il avait [quatre] 



qui n'était point de race sacerdotale, et 
il l'institua grand-prêtre. Au bout d'un 
an, il le destitua et établit Aristobule, 
fils d'Hyrcan, qui était frère de sa femme. 
Peu de temps après Hérode fit tuer Aris- 
tobule et rétablit Hananiel **. 

Ceux qui régnèrent après lui firent 
de même. On trouve que Hananiel [exer- 
ça] pendant 12 ans. 

Après lui, il y en eut un autre nommé 
Zacharie, pendant 22 ans, mais non pas 
sans interruption; car, ainsi que nous 
l'avons dit, on établissait et destituait les 
grands-prêtres d'année en année. 

Après Zacharie il y eut un autre Hana- 
niel, aussi dans le même temps, et à qui 
on assigne 20 ans, au milieu des an- 
nées de Zacharie. 

Après Zacharie etHananiel, on institua 
le frère de Zacharie nommé Siméon. 
Jacques lui attribue 8 ans; mais Andro- 
nicus dit que ce Siméon exerça 24 ans. 

L'époque de ces pontifes qui se rem- 



I. H. a, 1974. — 2. H. a. 1976; cf. 1984. — 3. H. a. 1984; Arm. 1984. — 4. H. a. 1984; Arm. 
1986. — 5. Lacune de deux lignes. Le sens est donné d'après BH., Chr. syr., p. 45, l. 3. 

6. Texte mutilé; rest. : ...^ f>oLL\ [aaii^p» \i^w]. H. a, 1933. — 7. H. a. 1937. Rest. : .[IJax»o 
[^..50] ^1L.1A, ^LjL »ûoo • u«o^> j-l — 8, Cf. Eus. H. E., I, v, d'après Africanus ; et Jos,, Ant., XIV, 
rr et xii. — 9. Lire : 14>»1? wiL;^ \Iîm\ laoaj^ d'après l'abrégé arménien. — 10. Jos., Ant., XIV, v. 

II. H. a. 1983; Arm. 1984. 



136 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Elle demandait à Antoine de lui donner leur empire. Il lui livra FArabie'. Ce 
fut la cause et le commencement de la troisième lutte entre Antoine et Auguste. 

Auguste engagea de nouveau la guerre contre Antoine et le vainquit ^ Alors 
[86] Gléopâtre et Antoine se suicid6rent^ Auguste tua Sémsa et Salira', enfants 
deCléopâtre. 

Alors cessa l'empire des Ptolémées et finit la royauté des Grecs Lagides, qui 
avaient régné sur Méçrin, c'est-à-dire l'Egypte, pendant 296 ans ^Porphyrios dit 
que l'empire des Grecs finit, que Gléopâtre fut tuée avec ses enfants, et que 
l'Egypte tomba aux mains des Romains en la 2"^ année de la GLXXXVIP olym- 
piade. Il compte aussi 22 ans pour le règne de Gléopâtre, et il place sa mort deux 
ans avant la date fixée dans ce canon^ Les Alexandrins sont aussi d'accord 

fils, de Cypris : Joseph, Naphroura, plaçiiient annuellement dans le souve- 

Phasaël et Ilérode, et une fille qui s'ap- rain pontificat, se prolonge pendant le 

pelait [Saloméj^. Or, Joseph et Phasaël règne d'IIérode et de ses fils. 

étaient les lieutenants de leur père. Ils 

moururent avec lui par le poison que leur 

donna un juif*. Hérode succéda h son père; il allait à Rome chaque fois que c'était 

nécessaire, et il y était connu, 

A cette époque, Ilyrcan, grand-prêtre des Juifs, fut emmené en captivité [chez] les 
Parthcs par Pachor% [fds du] roi; le frère d'Hérode, [Phasaël], fut pris [86] en même 
temps. Hérode prit delà occasion de monter [à Rome] où il reçut la royauté des Juifs, 
qui ne lui appartenait en aucune façon. [Quand] Hyrcan revint de captivité, [Hérode 
le fit tuer avec] son fils Jonathan i*^'. 

Alors fut accomplie la prophétie^ : « Le sceptre ne sortira point de Juda jiisqu à 
ce vienne Celui h qui appartient la royauté » ; [car du temps] de cet Hérode eut lien [la 
naissance de Notre Sauveur*-; et furent accomplies les sept semaines et soixante-deux 
semaines de Daniel'^, qui forment 483 ans commençant à la 6" année de Darius fils 
dllystaspe] '*. 

1. H. a. 1984; Arm. 1985. — 2. Cf. H. a. 1985. —3. H. a. 1585; Arm. 1988. — 4. "IIXioç xai ScXTivo. 
Les noms syriaques ont le même sens. H. a. 1988; Arm. 1990. — 5. H. et Arm. : 295 ans. — 6. Comp. 
Eus., I, 159-172; où les chiffres paraissent aussi erronés. V. l'Introduction. 

7. Jos., Ant.,Xl\, XII. — 8. Le texte est mutilé; je lis : ^waal [Xi-i.] i^ûis>lm9o «acoo. ,3o [.l^o^iî^] 
\éya.i ^^ oov»» Uioûo ,ad • l.';3,vj oow. L'abrégé arménien dit : « Joseph et Phasaël se parta- 
geaient avec leur père l'administration de la Judée. Un Hébreu tua par le poison Antipaler et son 
fils Joseph. Phasaël frappé à la tête par Antigone, avec une arme empoisonnée, mourut. » (Lan- 
GLOis, p. 86). Cf. Jos., Ant., XIV, xxix, xxv. — 9. Lire : \iciaâ ^^ Ilâxopoç. Notre ms. porte : 
« Poqar roi ». Josèphe appelle Pachor fils du roi des Parthes : IIcic7.opo; 6 ^aailiu>z licù^ [Ant., XIV, 
xxiii). — 10. Le texte mutilé peut se restituer ainsi : i.ûa*>o;*t [oî^^] ; ]^sm. ^ iooaio^oi [U9 »5o]. — 
11. Gen., XLlx, 10. — 12. Les dernières lignes sont à compléter ainsi : low ^«^o;-*! |JW^ ^s^^U-^P 
^o^» oi>* (BIL, Chr. syr., 44). — 13. Dan., ix, 24-27. — 14. Nous complétons ainsi la phrase d'a- 
près BH. (/oc. cit.); l'abrégé arménien la donne également. 



LIVRE V. GHAP. X 137 

ià-dessus; ils comptent à Auguste 43 ans de règne après la mort de Gléopâtre; 
ils fixent aussi la durée de la domination des Ptolémées à 294 ans, qui com- 
mencent au début du règne de Philippe Aridée, roi des Macédoniens, qui régna 
après la mort d'Alexandre, le fondateur, en la l*^® année de la [GXIV°] olympiade. 

[lacune] ' 

[CHAPITRE X^ — Quand le royaume des Ptolémées, c'est-à-dire des Grecs 
d'Egypte, cessa, toute l'Egypte et toute la Syrie furent sous la domination des 
Romains. 

Quand Augustos régna sur l'Egypte, il fut surnommé Sébastos] le mois Sextilis 
fut aussi appelé Augustus ^ 

En l'an 18 d'Auguste, celui-ci envoya en Arménie le général Tibère qui la 
soumit*. 

Hérode rebâtit Samarie et l'appela Sébaste en l'honneur d'Auguste ». 11 rebâ- 
tit aussi la Tour de Straton, et l'appela Gésarée^; il rebâtit également Gabala'' 
en Galilée-.] 

[88] " En l'an 43 d'Auguste, 33 d'Hérode, le légat"* Cyrinus fut envoyé par le 
Sénat des Romains pour recenser tout le peuple des Juifs en vue de la capita- 

[88] Josèphe l'historien montre, [88] A celte époque, tandis que le roi 

comme ditEusèbe^'^ quTIérode ayant Hérode instituait ainsi annuellement 

reçu des Romains la royauté des Juifs, les grands-prêtres des Juifs, les desti- 

n'établissait plus les grands-prêtres par tuait et les changeait, de manière à 

ordre de succession, mais bien les pre- troubler leurs affaires et à abolir leurs 

miers venus. Quand la maladie s'empara lois, apparut et naquit, à Bethléem, le 

de lui, Dieutira deluila vengeance deson Christ Notre-Seigneur, en lan 33 d'Hé- 

iniquité. Le feu latent de la fièvre le con- rode *-. 



I. Bien que la seconde moitié de la page 86 et la page 87 du ms. soient en blanc, la lacune du 
texte paraît peu considérable. — 2. Il est certain que le début du chapitre se trouvait dans la la- 
cune. Nous en restituons les premières lignes d'après BH. [Chr. syr.^ p. 45). — 3. H. a. 1987; 
Arm. 1989. - 4. H. a. 1996; cf. Arm. 1998. — 5. H. a. 2000; Arm. 1996. — 6. E. a. 2005. — 
7. èv Tï] FaXiXata Ta.èà.\ (Sync. et Chr. pasc.). — 8. Le texte de BH. continue immédiatement parles 
mots : «En l'an 43 d'Auguste, etc...» . — 9. Les trois lignes du haut de la page 88 se rapportent 
à la disposition des Canons chronologiques dans le ms. Elles se traduisent ainsi : Jusquici le 
nombre des années indiqué dans les Canons est écrit en lettres noires pour les années qui com- 
mencent à Abraham, et en lettres rouges pour les années des Grecs. A partir d^ici et désormais 
nous incitons des lettres noires pour les années des Grecs et des lettres rouges pour les années 
qui marquent l'ère de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — 10. r\\e\j.(ay, 

II. Hist. Eccles,, lib. I, cap. vui. 
12. — E. a. 2015. 

L 18 



138 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



tion. La cause de cette description fut que la Judée galiléenne s'était révoltée ; 
et beaucoup disaient : « Nous ne devons pas payer la capitation, ni nous donner 
des seigneurs mortels. » Quand on apprit cela à Rome, on envoya ce Cyrinus ; 
il réduisit le peuple à une complète soumission et à une servitude qui n'avait 
point eu sa pareille. 

Or, en ce temps, apparut le Sauveur de l'Univers, qui naquit à Bethléem. 

Le sage Longinus, de Rome, fait allusion' à ce temps, dans son III'' livre de la 
guerre des Romains et de leurs alliés contre les Antiochéniens de Syrie, quand 



sumait, sans laisser paraître à l'extérieur 
une ardeur telle qu'elle lo tourmentait 
intérieurement ^ 11 ue désirait prendre 
aucune nourriture, parce qu'elle ne pas- 
sait pas. Ses intestins étaient affligés 
d'ulcères et de coliques violentes, ses 
pieds étaient gonflés d'humeur, ses par- 
ties génitales pourries fourmillaient de 
vers ; sa respiration courte l'oppressait 
et le faisait souflVir par sa mauvaise 
odeur % sa fréquence* et sa difficulté; 
des convulsions le frappaient par tout le 
corps. » — 11 dit encore de lui" : « Quand 
la maladie s'empara de son corps, elle le 
répartit entre différentes souffrances. 
Il avait une fièvre ardente, une extrême 
démangeaison dans tout le corps, des 
coliques dans les entrailles, une enflure 
aux pieds, comme un hydropique, une 
putréfaction* des parties génitales qui 
engendrait des vers, la difficulté de la 
respiration, qu'on appelle en grec op- 
OÔTïvoca et âûo-Tïvota', et enfin une violente 
contraction de tous les membres. » Cette 



Les Mages vinrent en l'an 45 d'Au- 
guste, alors qu'il était âgé de deux ans. 

En effet, en l'an 314 des Grecs ^ au 
mois de'îlouP, le 24*^ jour de la lune, fut 
conçu Jean^ fils de Zacharie, et il naquit 
le 24 de haziran io_, en l'an 315. — Marie, 
Mère de Dieu, reçut le message le 25 de 
'adarii de cette année, et Notre-Seigneur 
naquit le 25 de^^ kanoun P' de l'an 316. 

Au bout de huit jours, il fut circoncis*^ 
h Bethléem, et après quarante jours, ils 
le firent monter au Temple de Jérusa- 
lem. Siméon le porta dans ses bras. De 
là, ils allèrent à Nazareth*"^, et en l'année 
318 des Grecs, qui est la deuxième an- 
née de Notre-Seigneur, ils revinrent ii 
Jérusalem et à Bethléem. Alors les 
Mages vinrent l'y adorer '^. Dans la même 
nuit ils partirent pour l'Egypte, où ils 
restèrent deux ans*^. Quand Hérode fut 
mort, ils s'en revinrent*^ à Nazareth. Le 
Christ était alors âgé de 4 ans. 

Là, il grandissait. Chaque année, ils 
montaient au Temple de Jérusalem et à 



1 . Lire : >-5»^. 

2. Suppléer : w."i'a* [low ^ûv*iv.i<s a,^_\ ,_i<5, jjo y*| • ©g^* towjUa*^ U {Vers. syr. d'Eusèbe). — 
3. U*^;s. — 4. |û»3| lûûcop. — 5. Ibid. — 6. Uû-mvs. — 7. Ms. : ortopia et dispos. 

8. L'auteur se sert ici d'une nouvelle chronologie. V. l'Introduction. — 9. Septembre. — 10. Juin. 
— 11. Mars. — 12. Décembre. — 13. Luc, ti, 21. — 14. Luc, ii, 29-32. —15. Matth., ir, 1-12. — 
16. Matth , u, 13-15. — 17, ^t ^ ûi.^ ; Matth., n, 22, 23. 



LIVRE V. GHAP. X 



139 



il dit à César : « Les Perses sont venus de l'Orient et sont entrés dans le terri- 
toire de ton empire; ils ont offert des présents à un enfant né en Judée; quel 
est-il? de qui est-il fils? on ne l'a pas encore appris. » Et Auguste répondit : 
« Hérode le satrape laissé là nous fera connaître qui il est. » Les Mages vinrent 
en l'an 35 d'Hérode. Gomme celui-ci fit massacrer les enfants de Bethléem et 
de ses environs, le Seigneur le châtia et il fut dans les souffrances pendant 
2 ans. Il mourut à Fâge de 70 ans, après en avoir régné 37 *. 

Auguste institua son fils Archélaiis qui régna pendant 9 ans, et qui fut relé- 
gué en exil à Vienne, ville de Gaule % à cause des folies qu'il commit; il eut 
pour successeur Hérode [89] le tétrarque^ 

La même année mourut Auguste; et Tibère Gésar lui succéda, pendant 23 ans. 



cruelle affliction lui arriva parce qu'il 
avait fait tuer sans pitié les enfants. Il 
espérait vivre, et il alla aux bains chauds. 
Les médecins ayant jugé ;i propos de 
laver son corps dans l'huile, on le plon- 
gea dans un tonneau plein d'huile; il 
tomba en défaillance' et ses yeux se re- 
tournèrent. Il désespéra de vivre. Il fit 
réunir les notables [des Juifs] de divers 
lieux dans un endroit [89] appelé hip- 
podrome; et ilordonna delesy enfermer. 
Il fit appeler sa sœur Salomé, avec 
Alexas", son mari, et leur dit : « Je sais 
que les Juifs se réjouiront de ma mort. 
Mais je puis faire en sorte d'obtenir des 
autres® un deuil magnifique, si vous vou- 
lez exécuter mes ordres et faire mas- 
sacrer les hommes qui sont enfermés, 
aussitôt que je serai mort. » — Josèphea 
écrit cela, d'après ce que dit Eusèbe. 



Bethléem, h cause de sa naissance et 
des miracles qui y avaient eu lieu. C'est 
ainsi qu'en sa douzième année il con- 
versa avec les prêtres^. 

La Vierge Marie était âgée de 13 ans 
quand elle enfanta le Sauveur .Elle vé- 
cut encore cinq ans après l'Ascension, 
et mourut à lâge de 51 ans. 

Notre-Seigneur naquit un mardi, le 
25 de^ kanoun P"". [89] Trente ans après, 
le mercredi 6 de^ kanoun II, il fut bap- 
tisé par Jean dans le Jourdain. Et le 
vendredi ^^ 

[D'autres disent que] la naissance de 
Notre-Seigneur eut lieu le 6 de ka- 
noun II, et son baptême trente ans après, 
le même jour. Ils donnent pour argu- 
ment la cérémonie ^' qui se fait sur les 
eaux. Ils disent aussi que c'est en ce 



1. E. a. 2020. — 2. Lire ; ^.^^*, TaXâ^ia, ou lx-^é^<s>^^ des Gaulois (?). — 3. E. a. 2029. 
4. uiâOTilo "-jûsaI. — 5_ I fini es ] r^ 'AXsSSr. — 6. Lîtt. : « de me faire faire par les autres. » 
7. Luc, 11, 40 sqq. — • 8. Décembre, — 9. Janvier. — 10. Lacune de trois lignes, qui contenait 
vraisemblablement la date de la Passion. — 11. Litt. : <f l'exemple, la démonstration ». Dans la 
liturgie orientale, il y a en effet un rite spécial pour la bénédiction de l'eau au jour de l'Epi- 
phanie. 



140 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Hérode I" avaitpossédé neuffemmesetileuthuitfîls* : de Doiis*, (/) Antipater' 
qui fit périr ses deux frères* et fut enfin misa mort par son père ; de Mariam^ fille 
d'Hyrcan le grand prêtre, {^) Aristobule et (5) Alexandre qu'Antipater fit mourir, 
et (4) Hérode, appelé Antipas% qui prit Hérodiade et fit tuer Jean; de Malcaté la 
Samaritaine, (5) Archélaûs qui régna après lui; de Cléopâtre la Jérosolomitaine, 
(6') un autre Hérode, le simple ^ et (7) Philippe dont il prit la femme et qu'il 
fit ensuite massacrer; de Pallas'', (8) Phasacl, Ses petits-fils, [les fils] d'Aristo- 
bule, frère d'Alexandre, sont : Hérode, qui fut roi de Ghalcis, et Agrippa sur- 
nommé Hérode, Celui-ci fit tuer Jacques, et fut rongé parles vers; il accusa son 
oncle Hérode et lui enleva le royaume; il eut pour enfants : Agrippa qui lui suc- 
céda, et deux filles : Bérénice et Drusilla qui épousa le gouverneur Félix^ 

En l'an 14 de Tibère, qui est Tan 331 des Grecs", le gouverneur^ Pilate fut 
envoyé aux Juifs, par Tibère, et devint leur procurateur**. 

L'annéesuivante*^qui est ran5535 depuis Adam, et l'an 341 des Grecs^s, Notre 
Seigneur fut baptisé par Jean, dans le Jourdain, le 6 de kanoun II**. 



Quand Hérode mourut, Archélaiis lui 
succéda. Auguste établît quatre chefs 
tétrarques : Hérode, Antipater, Lysanias 
et Philippe, frères d'Archélaûs *^. 

A celte époque Tibère César fit passer 
les Dalmates et les Sarmates sous l'au- 
torité des Romains**'. 

Tibère devint seul empereur pendant 
23 ans *^ ; il vécut 78 ans. 

A cette époque*^, il y eut un très vio- 
lent tremblement de terre. Treize villes 
furent renversées : Sardis, Mostene, 



même jour qu'il apparut dans la gloire 
sur le mont Thabor; et que pour cela 
ce jour est appelé par tout le monde, 
selon la coutume, EpiphaTiie^^ \ mais ce 
qui est exact, c'est que la fête de la Na- 
tivité doit se faire le 25 de kanoun P'. 
A pi-opos des Mages. — Eusèbe et Gré- 
goire de Nysse disent qu'ils étaient des 
descendants de Balaam. Jacques d'K- 
desse dit qu'ils étaient de la race de 
'Élam, fils de Sem. — D'autres [disent 
qu'ils étaient] des descendants des rois 



1. Il y a plusieurs confusions dans cet exposé, qui doit être rectifié d'après le tableau généalo- 
gique de la famille d'Hérode que nous donnons parmi les notes complémentaires îi la fin du volume. 
On y trouvera la forme originale de tous ces noms. Cf. Jos., Ant., XVII, i ; Bell. Jud., I, xvrir. — 
2. Ms. : Dusias, — 3. Ms. : Antipatros. — 4. Ms. : ses trois frères. — 5. Ms. : Antipatos. — 6. Hé- 
rode, fils de Cléopâtre, est Hérode (4) Antipas ; celui que l'auteur a ici en vue est probablement 
Hérode Philippe, fils de Mariamne (II), fille de Simon, et l'épithète, dont le sens n'est pas assez 
précis, ferait allusion à sa prfvation totale d'héritage. Cf. Bell. Jud., I, xix. — 7. Ms. : Paladci. — 
8. Ms. : Filipos. — 9, E a. 2242. H y a sans doute une faute de copiste pour 339. — 10. ïiysiJLwv. — 
11. Im'TpoTcoç. — 12. H. a. 2044. — 13. Ms. : 347. — 14. Janvier. 

15. H. a. 2021; Arm. 2020. — 16. H. a. 2025; Arm. 2022. — 17. E. a. 2030. Ms. : 3 ans. - 18. 
H. a. 2034; Arm. 2033. — 19. « dcnlia « = ortus. 



LIVRE V. CHAP. X 



141 



A cette [90] époque, Germaniciis César triompha des Parthes'; et Tibère 
associa Drusiis* à l'empire'. Ensuite César Drusus périt par le poison*. 

Le théâtre de Pompée fut incendiée Hérode bâtit Tibériade et Liviade". 

Pilate introduisit l'image de César dans le Temple, et troubla les Juifs. Et 
de plus, ayant employé totalement pour les aqueducs le trésor que les Juifs ap- 
pellent sacerdotal ', ce fut pour eux la cause d'une seconde révolte \ 



JEgce, Hierocaîsaria,PhiIadelphia, Tmo- 
lus^ Temus, Cunic, Myrina, ApoUonias, 
Ilyrcania. Celles-ci tombèrent en Syrie ; 
et en Asie : Ephèse et Magnesia. 

A Rome il y eut une famine si grande 
que le modius de froment se vendait 
vingt-sept dinars ^ 

A cette époque ^''florissait Athénodore 
de Tarse, philosophe physicien, c^est-h- 
dire naturaliste. 

A cette époque^* il y eut à Rome un 
dénombrement*"^, quand Auguste Ti- 
bère fit le recensement du peuple. On 
trouva 4.500.597 citoyens^^. 

A cette époque florissait le philosophe 
alexandrin Sition'*. 

Nous faisons saçoir pourquoi il man- 
que deux jours [90] au mois de sebat^^. 
En ce temps-là, aux jours de Qàpîlôn*^, 
général des Romains, vint une troupe de 



de Saba et Sàba, selon la prophétie de 
David*'', et qu'ils étaient trois rois; à 
cause des trois sortes de présents qu'ils 
offrirent. D'autres disent qu'ils étaient 
huit, selon la prophétie de Michée qui 
dit*^ : « Je susciterai sur lui sept pasteurs 
et huit princes. » — Mar Jacques dit 
douze princes. Or, on trouve dans les 
écrits des Perses une histoire à leur su- 
jet disant qu'ils avaient avec eux 3000 ca- 
valiers et 5000 fantassins*^. Étant par- 
venus h Callinice, qui est Raqah , ils 
apprirent qu'une grande famine régnait 
en Judée. Ces princes laissèrent là la 
plupart [de leurs gens] et vinrent eux- 
mêmes à Bethléem avec un millier 
d'hommes. Ils adorèrent, offrirent des 
présents et s'en retournèrent. 

Voici leurs noms^" : 

Dahdnadour,filsd'Artâban jWastaph^*, 



1. E. a. 2033. — 2. Ms. : Dorotos; de même plus loin. — 3. E. a. 2038. — 4. E. a. 2039. — 5. E. 
a. 2037. — 6. E. a. 2043. — 7. xopêwvàv. —8. E. a. 2049. 

9. H. a. 2022; Arm. 2025. — 10. H. a. 2024; Arm. 2023. — 11. E. a. 2029. —12. àpiOtxEffK;. — 
13. Les chiffres varient dans les divers auteurs. — 14. Si-riwv, H. a. 2029. — 15. Février. Comp. : 
Cedrenus, Comp. hist., P. Gr., t. CXXI.col. 297; Geokg. Harmart., ihid., t. CX, col. 65. — 16. Man- 
lius Capitolinus, MâXtoç ô >ta\ Ka7rfuw>.ïvo; (C.). 

17. Psalm., Lxxi, 10. — 18. Mica., v, 5. — 19. Tabellarii. — 20. Les noms des Mages (selon la 
tradition orientale) se trouvent reproduits dans plusieurs ouvrages syriaques, et notamment par 
Salomon de Bassora (The Book ofihe Bee, éd. Budge, p. 93),Bar-Bahloul (Lexicon, éd. Duvai., col. 
1003), Jacques d'Édesse [Epistola, apud Nestlé, Gramviatica syr., 1"^ éd., 1881, Chrestom., p. 83). 
Comp. aussi : Die Schatzhôhle (éd. Biîzold, p. 236); Thés, syr., col. 209; Justi. ZDMG., t. XLIX, 
p. 688. Ces listes présentent de notables variantes. — 21. Ms. : fVasqaph. sans doute par suite d'une 
laute de copiste. 



142 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Il y a en tout depuis Adam jusqu'à rannée en laquelle Notre Sauveur souffrit 
la Passion 5539 ans. Cette année commençait un dimanche. 

Pour le comput des années depuis Adam^ il y a différents calculs, que nous 
connaissons^ et qui ne sont pas d'accord entre eux, niavec la série des années des 
Prophètes et des Macchabées. 

Quelques-uns fixent 5500 ans' depuis Adam jusqu'à la naissance de Notre- 
Seigneur. Hippolyte, Jean' et Mar Jacques, adoptent cela. Et de fait nous trou- 
vons qu'Eusèbe l'accepte. Dans un autre endroit il dit qu'il y a eu 5232 ans 
depuis Adam jusqu'à la Passion de Notre-Seigneur, 

D'autres disent : 5320; Africanus: 5532; les Hébreux : 4000; les Samaritains : 
4365; les Syriens : 4156; et selon le calcul admis par plusieurs : 5519. 

Andronicus dit que le Christ a souffert la Passion en l'an 342 des Grecs'; 
d'autres en l'an 19 de Tibère, la l""^ année de la CCIIP olympiade. 

Depuis le retour de Babylone jusqu'à l'an 342, il y a 602 ans selon le premier 
calcul ; 5539 ans depuis Adam jusqu'à la Crucifixion ; 3284 ans depuis le Déluge ; 
[1]838 ans depuis l'Exode; 1058 ans depuis la construction du Temple par Sa- 
lomon; 624 ans depuis l'incendie du Temple et la captivité de Babylone'. — Fin. 



brigands". Il engagea le combat avec 
eux et les vainquit. Frourios \ un des 
notables de Rome, et des gens méchants 
s'opposèrent à Qàpîtôn, et le chassèrent 
des armées des Romains. Les brisfands, 
ayant appris que Qàpîtôn avait été chassé, 
revinrentaltaquer Rome pendant la nuit. 
Tous les chefs s'enfuirent dans le Capi- 
tole avec Frourios. Ils envoyèrent dire à 
Qàpîtôn : i< Nous avons péché contre 
toi ; viens nous délivrer et nous te ferons 
roi. » Il rassembla une armée de Romains, 
et, pendant la nuit, attaqua Rome de trois 



fils de Goudpir; Arsak, fils de JNIah- 
douq; Zerwand, fils de Waroudoud; 
Ariwah, fils de Khosrau ; [90] Artahsist, 
fils de Hôlît^; Estanbouzan, fils de Sis- 
rawan ; Mahdouq, fils de Hawahm ; Ahsi- 
rès, fils de Çahban ; Çardanah, fils de 
Baladan ; Mardouk, fils de Bîl^ 

Et le roi qui les avait envoyés [s'ap- 
pelait] Pîr-Sabhour. 

Hérode, qui fit massacrer les enfants, 
fit aussi brûler les livres généalogiques 
des Hébreux, afin que la succession des 
grands-prêtres ne fût pas conservée, et 



1. Lire : 5500 (et non 5550). Cf. ci-dessus, p. 140, 1. 14; et Sync, p. 592. — 2. Iwannis. Peut- 
être à corriger en : Annianus (?). — 3. Ms : 340. I^a leçon 342 est confirmée par BH. {Chr. syi\, 
p. 48) et par l'alinéa suivant. — 4. Ces dates sont en désaccord entre elles et avec celles qui ont 
été fournies plus haut. Pour leur conciliation, voir l'Introduction. 

5. Lire : )__^\^ r= o\ rilloi, au lieu de \^ — ^ (?) — 6. •ï>£êpouâpio;. 

7. Ms. ; Hamît (^ pour^o), — 8. La liste comprend onze noms seulement; d'après celle de Bar- 
Bahloul, il faudrait ajouter : ^Uo^wl ; d'après Salomon : >sia\^i.co ja ^i|,.so»ooi « Hormizdad, fils de 
Sanatrouq i\ 



LIVRE V. GHAP. X 



14' 



côtés et enfei^na les Barbares au milieu ; 
il les tua, ainsi que leur général. Qàpî- 
tôn commença donc à régner sur les Ro- 
mains. 11 fit jeter Frourios dans un filet' 
et le fit monter sur un Ane. On le frap- 
pait de verges en disant : u Agbê, Frou- 
riè ))*, c'est-a-dire : « sors, Février '^ » — 
On le jeta à la mer et on ordonna que ce 
mois fût appelé du nom de Frourios, pour 
que son mauvais souvenir fut un objet 
de mépris dans tout l'empire. Ces deux 
jours pendant lesquels ces brigands gau- 
lois * avaient assiégé Rome furent at- 
tribués à kanoun et à kanoun II ; et 
pour cela, sebat a deux jours de moins ,* 
il fut placé à la fin de l'année, de ma- 
nière que 'adar^ fût le commencement de 
l'année. [Un mois] fut appelé Julius *', du 
nom de César, et un autre : Augustus'. 

Tertullianus^ écrit que Pilate informa 
Tibère de la doctrine que Notre-Seigneur 
Jésus enseignait; Tibère en informa tout 
le sénat. Ils n'accueillirent point l'ac- 
cusation ; et il s'efforça de faire périr ses 
accusateurs. 

Phlégon^ philosophe profane, écrit 
aussi " : « Le soleil s'est obscurci et la 
terre a tremblé; les morts sont ressus- 
cites, sont entrés à Jérusalem et ont 
maudit *" les Juifs. » 



pour qu'on ne sût pas qu'il n'était point 
de cette honorable race. 

Il y eut trois grands-prêtres après 
Hannan jusqu'à Caïphe : Ismaël, l^^léazar 
et Siméon. Puis vint Josèphe qui est 
Caïphe. Héiode, en effet, ne laissait 
chacun d'eux en fonction que pendant 
un an. 

En l'an 15 de Tibère César, .5 d'IIé- 
rode le tétrarque, la parole de Dieu fut 
sur Jean-Baptiste, fils de Zacharie *^ Il 
vint baptiser dans le Jourdain et Notrc- 
Seigneur vint recevoir de lui le baptême 
le 6 de kanoun II. Après son baptême, 
il monta sur la montagne et jeûna qua- 
rante jours; le démon s'approcha de lui 
pour le tenter et fut vaincu*-. 

Ensuite, il se mit à enseigner et à faire 
paraître des prodiges vraiment divins 
pendant trois ans. 

Andronicus dit que Notre- Seigneur 
prêcha seulement pendant 3 ans. 

Le premier miracle fut celui de l'eau 
qu'il changea en vin à Cana*^. Ensuite il 
choisit les Douze ^''^j il proclama les béati- 
tudes*^ ; il enseigna la prière *^ ; il purifia 
le lépreux*'; il guérit la belle-mère de 
Simon *^. Puis il monta a Jérusalem à la 
fête de la Pàque, comme dit Jean dans 
le canon xxvi*^. 



I, Cedu. : '|nà6w ôpocva ueptêeêXriixévov ya\ (j/oivcm. — 2. Agbê est sans doute une transposition pour 
aitaye. Cedr. : ï\ùs%t «ïeSpouapie , — 3, Ms, : « sors, sebat!». — 4. |.-*Xï^» =des Gaulois. — 5. Mars. 

— 6, Cf. p, 133, 1. 7. — 7. Cf. p. 137, 1. 9. — 8. Corr. : ^a>œ[^l,'^. L'auteur résume Eusèbe, H. 
E., II, ir. Cf. Chron. ad ann. 2051. — 9. Ces pai'oles sont tirées du Chron. ad ann. 2047, où elles 
ne sont pas données comme étant de Phlégon, mais d'un auteur anonyme : Èv aXXot; [làv 'EXXïivtxoîî, 

— 10. Littéral. : « et dixcrunt : Vae! Judseis ». 

II. Luc, nr, 1 sqq. — 12. Matth., iv, 1 sqq.; Marc, r, 12-13; Luc, iv, 1-13.— 13. Johan. , ii, 1-13. 
— 14. Marc, nr, 14; Luc, vr,13. — 15.Matth.,v; Luc, vi. — 16. Matth., vr, 9-13. — 17. MÂTTn.,vtir, 
2; Marc, r, 40; Luc, v, 12. Ms. : les lépreux. — 18. Matth., vm, 15; Marc, r, 29 ; Luc, îv, 38. — 
19, JoHAN., II, 13. L'expression « dans le canon xxvi » fait allusion aux canons de concordance d'Eu- 



144 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Dans l'ouvrage [91] qu'il écrivit sur 
les temps des olympiades, il dit, dans le 
XIIP livre» : (c La 4^ année de la CCIP 
olympiade, il y eut une obscurité à la 
sixième heure du jour, un vendredi, et 
les étoiles apparurent. Nicée et la région 
de Bithynie tout entière fut ébranlée, 
et beaucoup d'autres endroits furent 
renversés. » 

Ursinus ' dit aussi ceci dans le livre V : 
« Nous fûmes dans une grande angoisse, 
quand le soleil s'obscurcit et la terre 
trembla. On entendit des clameurs ter- 
ribles dans les villes des Hébreux ; nous 
l'apprenons maintenant et nous le voyons 
par la lettre que Pilate envoya de Pales- 
tine à l'empereur Tibère. Il dit : « A 
(( la mort d'un homme que les Juifs ont 
« crucifié, il survint des choses terri- 
« fiantes. » En apprenant cela. César des- 
titua Pilate pour avoir fait la volonté des 
Juifs, et il menaça ceux-ci. » 

L'écrivain Josèphe dit aussi dans le 
livre sur V Histoire des Juifs * : « En 
ces temps-là il y eut un homme sage 
nommé Jésus, s'il convient toutefois de 
l'appeler homme. C'était en elFet un 



La seconde année, il passa en Galilée % 
instruisit la Samaritaine et toute la ville ^ 
dans le mois de sebat. — Siméon Qou- 
qoyo dit que ce fut un dimanche qu'il 
s'assit sur l'orifice du puits et parla à la 
Samaritaine. — La même année, il efué- 
rit le serviteur du centenier, à Caphar- 
naum*, et il chassa « Légion », dans le 
pays de Gadara'; [91] il guérit le paraly- 
tique qu'on descendit par la terrasse^, h 
Nazareth; il ressuscita la fille de Jaïr*; il 
guérit l'hémorrhoïsse*", le muet et sourd 
possédé du démon*', et celuidontla main 
était desséchée*^. 

En cette deuxième année, Jean fut tué 
dans la prison*^. Cette même année [Jésus] 
ressuscita le fils de la veuve *■*; il alla chez 
Simon le Pharisien*^; puis il monta h 
Jérusalem pour la Pàque et guérit le 
paralytique*^. 

La troisième année, il fit [le miracle 
des] douze corbeilles de pain^^, au mo- 
ment du printemps; il multiplia de nou- 
veau les cinq pains *^; il ouvrit les yeux 
de Timai*^ et de l'aveugle de naissance -•*. 

La quatrième année, il monta sur la 
montagne et ses vêtements devinrent 



scbe, ou peut-être d'Ammonius, qui étaient souvent annotés en marge des mss. syriaques du Nouv. 
Test. Voir les exemples cités par Wright, Catal. of syr. mss. in the British Muséum, p. 45-48, 
50, 55, etc. 

1. H. a. 2048. — 2. Je n'ai pu identifier ce personnage. — 3.Ant. Jud., XIII, m. Cf. Eus., //. E., 

I, xi; Demonst. evang., III, v. Il n'est pas douteux que la mention primitive de Josèphe ait été inter- 
polée par un chrétien. Cf. Th. Reinach, Josèphe sur Jésus [Rev.des Etudes juives, t. XXXV, 1897). 

4. JoHAN,, IV, 3, 43; Matth., iv, 12; Marc, i, 14; Luc, iv, 14. — 5. Johan., iv, 5-42. — 6, Mattu,, 
VIII, 5; Luc, Vil, 1. — 7. Matth., viii, 28; Marc, v, 1; Luc, viii, 26. — 8. Matth., ix, 1; Marc, 

II, 4; Luc, v, 19. — 9. Marc, v, 22; Luc, vin, 41. — 10. Mattu,, ix, 20; Luc, vjii, 43. — 11. 
Marc, ix, 24. — 12. Matth., xir, 9; Marc, m, 1 ; Luc, vi, 6, — 13. Matth., xiv; Marc, vi; Luc, ix. 
— 14, Lyc, vu, 11-18. — 15. Luc, vu, 36-50. — 16. Johan., v, 1 sqq. — 17. Matth., xiv, 14-24; 
Marc, vi, 39-44; Luc, ix, 10-17 ; Joh., vi, 1-14. — 18. Matth., xv, 30-39; Marc, vm, 1-10. — 19. Marc, 
X, 46; Matth., xx, 28; Luc, xviii, 35. — 20. Johan., ix, 1 sqq. 



LIVRE V. GHAP. X 



145 



faiseur de choses glorieuses et un doc- 
teur de la vérité. Beaucoup parmi les 
Juifs et les Gentils se firent ses disciples. 
On pense que c'était le Messie ; mais 
non d'après le témoignage des chefs du 
peuple. C'est pourquoi Pilate le livra 
au supplice de la croix, et il mourut. 
Ceux qui l'aimaient ne cessèrent pas de 
l'aimer : il leur apparut vivant au bout 
de trois jours. Les prophètes de Dieu, 
en effet, avaient dit de lui de tels prodiges. 
Et le peuple chrétien, qui tire de lui son 
nom, n'a pas cessé d'exister jusqu'au- 
jourd'hui. » 

Lettre que le roi d'Edesse envoya au 
Christ en l'an 19 de Tibère ^ — Celui qui 
fut envoyé était peintre; il s'appelait 
Hanania, le courrier ^ Il s'acquitta bien 
de sa mission et peignit le portrait de 
Jésus Notre-Seigneur, qu'il rapporta h 
Abgar. 

La lettre qui fut envoyée par Tinter- 
médiaire de Ilanania le courrier [était 
ainsi conçue ;] 

« Abgar Oukama, letoparque^h Jésus 
le Sauveur, qui est apparu dans le pays 
de Jérusalem : Salut. — J'ai entendu 
parler des guérisons que tu opères sans 



blancs^; il guérit le lunatique' et l'hy- 
dropique^; il ressuscita Lazare'' et fit 
dessécher le figuier au mois de 'adar^; 
il prononça la parabole du riche et 
de Lazare", de la vigne et des ouvriers^, 
de la tour'"^ de l'homme qui fit un fes- 
tin*', des cent brebis**, des dix drach- 
mes *% et plusieurs autres qui sont 
écrites, et d'autres en plus grand nom- 
bre qui ne sont pas écrites'*. 

Le temps de toute la prédication de 
Notre-Seigneur se passa entre le souve- 
rain pontificat de Hannan et celui de 
Caïphe, depuis le début de Hannan jus- 
qu'à Caïphe. Ce n'est pas le temps de 
quatre années complètes, car Notre-Sei- 
gneur fut crucifié en l'année où fut éta- 
bli*^ Joseph Caïphe, l'an 19 de Tibère 
César, 22 d'IIérode le tétrarque, 6 de 
Pilate, en l'indiction 4", à la fin de la 
4" année de la CCIL olympiade, 79" an- 
néedes Antiochéniens, 158" desTyriens, 
137* des Ascalonites '^ Cette année com- 
mençait un dimanche. La Pàque eut lieu 
le 24 de 'adar (mars), un samedi, et la 
Résurrection le 2.5 du même mois de 
'adar; l'Ascension le 3 de 'iyar (mai)^ et 
la Pentecôte le 13 de iyar. 



1. Pour tout ce qui concerne la Légende d'Abgar, et les lettres apocryphes, voir R. Duval, His- 
toire d'Edesse, p. 81 et suiv., où l'on trouvera l'indication des sources et un bon résumé de la 
question, — 2. 1» ^'^ ^, tabellarius = Tax'Jôpofxoç (Eus.). D'autres documents portent : l*;l:i>û3^ — : 
tahularius. 

o, Matth., xvn, 1-13; Marc, ix, 1-12; Luc, ix, 28-36.— i.lbid. Lilt. : le fils du toit, har-égoro ] 
la vers. syr. traduit (reXYjVKxÇexat, par la périphrase : u II a Ijcir-égoro. — 5. Luc, xiv, 1 sqq. — 6. 
JoHAN., XI, 1 sqq. ~ 7. Mars; Matth., xxi, 17-19; Marc, xi, 11-14, — 8. Luc, xv, 20 sqq. — 9. 
Matth., xx, 1 sqq, — 10, Luc, xiv, 28 sqq. — 11. Luc, xiv, 16 sqq. — 12. Luc, xv, 4 sqq. — 13, 
Luc, XV, 8 sqq, — 14. Cf. Johan., xx, 30; xxi, 55. Il est inutile de faire observer que cette sorte de 
concordance évangélique n'est pas de tous points exacte. — 15. Lire : ^^^ (et non ^»^) ; Èm'i xriv toO 
Katcâça xaTotaxaCTiv (Eus., //, H,^ I, x). — 16. Pour la rectification de ces données contradictoires, voir 
l'Introduction. 

II. 19 



146 



CHRONIQUE DE MIGllEf. LE SYRIEN 



médicaments ni plantes '. Car d'après ce 
que l'on dit tu lais voir les aveugles, 
marcher les boiteux; tu purifies les lé- 
preux ; tu chasses les esprits immondes 
et les démons; lu guéris ceux qui souf- 
frent de maladies invétérées; tu ressus- 
cites les morts. Quand j'ai entendu dire 
de toi toutes ces choses, je me suis mis 
dans l'esprit que de deux choses l'une : 
ou tu es Dieu descendu du ciel, ou tu es 
le Fils de Dieu. C'est pourquoi je t'ai 
écrit en te demandant de prendre la 
peine de venir près de moi, afin de 
guérir un mal qui est en moi. J'ai aussi 
entendu dire que les Juifs te portent 
envie, murmurent contre toi et veulent 
[1)2 te faire du mal. J'ai une ville petite, 
mais belle, qui suffit pour deux. » 

Copie de la lettre que lui répondit 
Notre-Seigneur : (( Heureux celui qui a 
cru en luoi^ sans m'avoir vu. 11 est écrit, 
eu efï'et, de moi : « Que ceux qui me ver- 
« ront ne croiront pas tous en moi ; et que 
«beaucoup de ceux qui ne m'auront pas 
« vu, croiront et vivront. » Quant à ce cjue 
tu m'as écrit, de venir près de toi, il 
convient que j'achève ici ce pourquoi 
j'ai été envoyé, et quand je l'aurai ac- 
compli, je remonterai vers Celui qui 
m'a envoyé. Quand je serai remonté, je 
t'enverrai un de mes disciples qui gué- 
rira ton infirmité, et te donnera la vie 
ainsi qu'à ceux qui sont avec toi. » 



Après l'Ascension, les Apôtres choi- 
sirent Matthias à la place de Judas*. Dix 
jours après, ils reçurent l'Esprit-Saint, 
et ils ordonnèrent Jacques qui fut le 
premier évêque de Jérusalem. Il gou- 
verna pendant 30 ans. Ils établirent les 
sept diacres^ L'un d'eux était Nicolas. 
Comme on était jaloux de lui parce que 
sa femme était belle, il la renvoya, et il ' 
vivait dans la chasteté; d'autres, voyant 
[cela], mirent leurs femmes en commun 
et furent appelés Nicolaïtes. 

Des douze Apothes^ — Simon, de la 
tribu de Nephtali. Rétablit un sanctuaire 
à Antioche en la 1'® année de Claude; et 
il monta prêcher à Rome, où il fut évè- 
cjue pendant 25 ans. En l'an 13 de Néron, 
il fut couronné Tdu martyre;. 

Paul, de la tribu de Benjamin, 11 
prêcha pendant 27 ans, depuis l'an 6 de 
Claude jusqu'à l'an 13 de Néron. Il fut 
couronné avec Pierre. 

André prêcha à Nicée, à Nicomédie, 
en Scythieeten Achaïe; [92j le premier 
il siégea à Constantinople et il y mourut. 

Jacques, fils de Zébédée, de la tribu de 
Zabulon, fut mis à mort à Jérusalem par 
Hérode Agrippa; il fut déposé à Aqar de 
Marmârîqa ^ 

Jean, son frère, prêcha à Ephèse et 
en Asie^ jusqu'à l'an 7 de Trajan ; il fut 
enseveli à Ephèse. 

Philippe de Beit-Çayda, de la tribu 



1. Litt, : « racines ». 

2. Act., r, 21 sqq. — o. Act,, vi, 1 sqq. — 4. Ms. : elle vivait. Cf. ci-dessous, p. 171. L'auteur 
résume Eusèbe, H. E,, III.xxix. — 5. Pour tout ce qui couoerue les traditions relatives aux Apôtres 
et au lieu de leur prédication et de leur martyre, voir R. A. Lipsius, Die Apokryphen Apostelge- 
schichten und Apostellegenden (Braunschweig, 1883-1887). — 6. Ces mots traduisent un original 
latin : in arce Marinarica, par l'intermédiaire du grec; cf. Ln>sius, op. cit., II, ii, p. 208, 214; I, 
p. 211, Lire : [ia»^.5o;-so». Mapiiapix/; désigne la région occidentale du nord de l'Afrique; 



LIVRE V. APPENDICE 



147 



d'Aser, prêcha en Plirygie et fut ense- 
veli en Pisidie. 

Barthélemi,àG la tribu d'Issachar, de 
'Rndor, prêcha en Arménie et v fut cru- 
cifié. 

Thojuas, de la trihu de Juda, prêcha 
aux Parthes et aux Mèdes, et fut cou- 
ronné [du martyre] à Calamina, ville de 
l'Inde, Son corps fut rapporté à Édesse. 
Matthieu^ de la tribu d'Issachar, de 
Nazareth, mourut h Gabala et fut ense- 
veli à Antioche. 

Simèon le Chananèen^ de la tribu 
d'Ephraïm, mourut à Hémath; d'après 
un ms. : à Cyrrhus, 

Jude^ appelé ïhaddée, qui est Labai, 
de la tribu de Juda; il fut surnommé 
Labai à cause de sa sagesse. Il fut enseveli h Beyrouth; d'après un ms. : h Aradus. 
Jacques, fds d'Alphée, de la tribu de Manassé, mourut à Batnan de Saroug. 
Jiidas^ le traître, était de la tribu de Dan, delà ville de Saqara. 
Matihias était de la tribu do Ruben. 

[Ici finit, le cinquième Livre, qui comprend iO chapitres, soigneusement réunis 
de livres authentiques^, il va de Van 20 de Darius le Perse, qui est le commence- 
ment du, sixième millénaire, jusqu'à la mort de Tibère César. Il embrasse 
'il6 ans, et i.lS olympiades, [jusque/ l' année] ^ eu laquelle Notre-Seigneur Jésus- 
Christ subit la Passion : à lui la gloire dans les siècles des siècles ! Amen, 



A ces lettres' étaient joints des docu- 
ments également en écriture et en lan- 
gue araméennes, exposant qu'après que 
Notre-Seigneur Jésus fut remonté au 
ciel, les Apôtres envoyèrent Thaddée, 
un des soixante-dix [disciples], à Édesse. 
II commença à y faire des guérisons ; 
Abgar entendit parler de lui et se sou- 
vint de ce que Jésus lui avait mandé. Il 
l'envoya chercher à la maison de Tobia, 
et Thaddée le guérit de même qu'un de 
ses serviteurs qui était atteint du mal de 
la goutte. 

Ces choses arrivèrent en l'an 350 des 
Grecs. 



[APPENDICE AU LIVRE V] 

[ExTRA.iTj DE Bar-Çaliiu \ — Simou prêcha à Antioche pendant un an ; il y bâtit 
une église, puis il monta à Rome, oii il prêcha pendant vingt-sept ans. — Paul 



1. Ces paroles sont d'Eusèbc (//. E., I, xni), qui est certainement l'unique source que Michel 
résume dans toute cette question. 

2, Litt. : « d'écrits éprouvés ». — 3. Il scmlilc que le passage doive s'entendre ainsi, bien que les 
chiffres indiqués soient en désaccord entre eux. 

4. Dans son Commentaire sur S. Matthieu, x, 2-4 (Jiihl. nat., ms. syr., n° 67, fol. 85 /•), Denys 
Bar-Çalibi donne une liste des douze apôtres qui ne s'accorde ni avec celle-ci, ni avec celle donnée par 
Bar-Hébréus dans le Grenier des Mystères [In Evang. MaUhsei, éd. Spa>uth, p, 23, 24). .T'ignore de 
quel ouvrage sont tirées les deux listes citées ici. 



148 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

monta le rejoindre. Il y eut du trouble à Rome, et Néron ordonna de les tuer 
tous les deux. — Pierre demanda à être crucifié la tête en bas pour baiser les 
traces de son Maître ; et Paul eut la tête tranchée par le glaive. 

André pvéchdi dans le pays de Beit-Kalbîn' et sur tout le littoral; plus tard 
les Kalbê lui coupèrent les membres en morceaux. 

Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, étaient de la tribu de Zabulon, du 
village de Beit-Çayda. — Jacques prêcha à Jérusalem même, et ensuite il fut 
martyrisé par les Juifs, à l'aide d'un bois de foulon. — Jean prêcha à Antioche 
avec Simon ; ensuite il s'en alla à Éphôse, et la Mère de Notre-Seigneur l'accom- 
pagna. Aussitôt ils furent relégués dans l'île de Patmos. En revenant d'exil, il 
prêcha à Éphèse, et y bâtit une église ; Ignace et Polycarpe le servaient; il ense- 
velit la bienheureuse Marie, Il vécut 73 ans* et mourut après tous les Apô- 
tres ; il fut enseveli à Ephèse, 

Philippe et Barthélemi étaient de la tribu d'Aser, — Philippe était du village 
de Beit-Çaida; il bâtit une église en Pisidie et y mourut; selon d'autres, il fut 
lapidé à Mabboug de Phrygie,et ensuite crucifié. — Barthélemi était du village 
de 'Endor, Il prêcha pendant trois ans en Arménie, puis le roi Herstiou' le fit 
crucifier; il fut enseveli dans l'église qu'il avait bâtie en cet endroit. 

Matthieu, le publicain, était de la tribu d'Issachar, du village de Nazareth; il 
prêcha en Palestine, puis dans le pays des Parthes, Il mourut à Gabala et fut, 
enseveli à Antioche. Selon d'autres, il fut tué dans la ville de Qabîra dans le 
pays des Parthes. 

Thomas était de la tribu de Juda, Il prêcha aux Parthes, aux Mèdes, aux In- 
diens ; ensuite il fut transpercé d'une lance dans la ville de Calamine sur l'ordre 
du roi Mazdai. Son corps fut rapporté à Edesse. 

Jacques, fils d'Alphée, était de la tribu de Manassé. Il prêcha à Gallinice et 

à Gircesium; il bâtit une église à Batna de Saroug, où il mourut et fut enseveli. 

Simon le Cananéen, aussi appelé Zelotes, et qui est Natanaël, était de la tribu 

d'Éphraïm, de la ville de Cana, en Galilée. Il prêcha en Syrie, à Alep, à Mabboug 

et jusqu'à Claudia: il bâtit une église à Cyrrhus, où il mourut et fut enseveli. 

Labai, surnommé Thaddée, qui est Jude, fils de Jacques, était de la tribu de 
Siméon, Il prêcha à Laodicée, et il fut lapidé à Aradus où il fut enseveli. — Selon 
d'autres, il prêcha dans la ville de 'Akko' [03^ et y fut scié; selon d'autres, il 
mourut dans la ville de Bérénice dans le pays du Liban^ 



1. LiU. : (( maison des cliiens >i ; on interprète généralement cette locution conîme désignant la 
région des KyvoxécpaXot (Ethiopie). La plupart des Actes disent : « le pays des anthropophages». Cf. 
Lrpsius, op. cit., I, 547. — 2. L'auteur veut dire 73 ans après l'Ascension. — 3. Var. : Rustni, Hê- 
rôstni (Budge, The Book of the Bee, p. 106, n 6). — 4. Saint-Jean d'Acre. — 5. Au lieu de Béréntki, 
il faut corriger: usoa^o;^, Berytus, qui est la leçon de BH. {Chr. eccl,, II, 34) justifiée par celle de 
plusieurs mss. grecs. Cf. Lipsius, op. cit., II, ir, p, 159, n, 3. 



LIVRE V. APPENDICE 



149 



Judas VIscariote était de la tribu de Gad, du village de Sokariot. Sa place fut 
prise par Matthias^ de la tribu de Ruben, qui bâtit une église à Séleucie, où il 
mourut et fut enseveli. 

Il n'y a que trois noms pour six d'entre eux, car ils portent le môme nom deux 
par deux; savoir : Simon Pierre, et Simon le Cananéen; Jacques, fils de Zébé- 
dée, et Jacques, fils d'Alphée; Judas, fils de Jacques, qui estLabai, et Judas l'Is- 
cariote. Il y avait parmi eux deux publicains : Matthieu et Jacques, fils d'Alphée ; 
quatre pêcheurs et un traître. — Fin de ce chapitre. Que le lecteur prie pour le 
pécheur [qui l'a écrit !]. 



Nous écrivons les noms et le martyre 
des soixante-dix disciples *. 

1. Adai prêcha à Edesse et baptisa le 
roi Abgar ; il y mourut ety fut enseveli. 

2. Agai prêcha dans le Beit-Çouplia- 
nayê, le Beit-Arzanayê% et l'Arménie ex- 
térieure ; ensuite les païens lui brisèrent 
les cuisses, et il mourut. 

3. Sirînos, fils d'Abgar_, mourut à 
Edesse même. 

4. Ananias, qui baptisa Paul, prêcha h 
Damas et Eléd. Balas, général d'Arétas^ 
le fit mettre à mort; il mourut à Arenaël. 

5. Lazare, frère de Marie, prêcha à 
Cypre et y mourut. 

6. Méléa prêcha h Enièse_, hBa'lbek, h 
Aristân et h Hémat, et mourut à Sai- 
zar. 

7. Céphas, dont parle' Paul, prêcha à 
Rhodes, et fut jeté h la mer. 



8. Sosthènes prêcha dans le Pont, et 
fut jeté à la mer sur l'ordre du préfet 
Nonus. 

9. Qi-iscos* prêcha à Kâlânîa ; il fut 
emprisonné h Alexandrie et mourut de 
faim. 

10. Barnabe prêcha h Attalia et h 
Claudia ; il mourut à Samos. 

11. Joseph, le sénateur, prêcha en Ga- 
lilée et dans la Décapole ; il mourut dans 
sa maison. 

12. Nicodème, qui avait reçu les Apô- 
tres, prêcha à Jérusalem et y mourut. 

13. Natanaêl prêcha dans la montagne 
du Hauran ; on le lapida et il mourut. 

14. Jiistus prêcha à Tibériade et à 
Césarée où il mourut. 

15. Juda, frère de .lacques, prêcha à 
Baisan et mourut h Loud. 

16. Sila prêcha en Galatie et y mourut. 



1. Littéralement : évangélisateur.s. La liste des soixaiile-dix disciples paraît avoir été composée 
primitivement avec les noms recueillis dans le Nouveau-Testament, et ensuite modifiée sous 
l'influence de traditions locales. Nous l'examinerons dans une note spéciale à la fin de l'ouvrage, 
et nous essayerons de rétablir la forme véritable des noms. Nous nous bornons à en donner ici 
la transcription littérale. Comparez les listes grecques du Chronicon pascale, P. Gr., t. XCII, 
coll. 519-524; celle du Pseudo-Dorothée, ihid., col. 1059 sqq. Pour les listes syriaques, voir Sa- 
LOMON DE Bassora, Ths Booli of the Bee, p. 123 et suiv., et Assemani, Bibl. or., III, i, p. 319-320. 
Comp. aussi la liste donnée au chapitre suivant, ci-dessous, p. 149-150. — 2. Ija Sophène et l'Ar- 
zanène. — 3. Lire : v^oiavi. ;_xj|, — 4. Crescens (?), 



150 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



17. Ammonios prêcha à Mélitène et v 
mourut. 

18. Migla prêcha à Tyana et y mourut. 

19. Jâsoji fut jeté aux bêtes. 

20. Olympas, aussi appelé Manaël, fut 
brûlé à 'Akko. 

21. 7?i//a5 prêcha chez les Dailoumites 
qui le tuèrent. 

22. Alexandre fut jeté dans une fosse 
à Héracléopolis ', et mourut. 

23. Siméon^ le Cyrénéen, fut tué par le 
glaive à Chio ^ . 

24. LnciuH fut tiré par des chevaux 
jusqu'à ce que tous ses membres fussent 
arrachés. 

25. Cléophas prêcha h Loud et fut mis 
à mort. 

26. Simon, fils de Cléophas, devint 
évêque de Jérusalem et fut crucifié par 
le chiliarque trenreus % alors qu'il était 
âgé de cent ans. 

27. îo?/5«/ prêcha h 'Ard'at^, et y fut , 
mis à mort. 

28. Jacques fut mis à mort avec son 
frère. 

29. Bîtdj'sos fut jeté dans une four- 
naise à Laodicée et y mourut. 

30. Alârmâtos'^ alla prêcher aux Éthio- 
piens^ et mourut chez eux. 

31. AndronicusT^vtch^ en Illyrie', et v 
mourut. 

32. Junias * fut pris et mis à mort à 
Samos. 

33. Titus mourut en Crète. 



34. Jonas Probus ' mourut h Chalcé- 



cloine. 



35. Hermas, le pasteur, mourut h An- 
tioche. 

36. Qrisis^^ prêcha à Birilôn (?) '» et 
mourut à Chersonèse (?)*^. 

37. Socrates alla prêcher dans le Beit- 
llouzayê, et y mourut. 

38. Krispan prêcha à*^ ... et y mou- 
rut. 

39. Narcisse mourut en Grèce. 

40. Aristohule prêcha et mourut en 
Isaurie. 

41. Démas fut jeté dans un four des 
bains (?) en Cilicie. 

42. Timothêe, qui fut patriarche à 
l^^phèse, **il y fut enseveli. 

43. Luc l'évangéliste prêcha à Alex- 
andrie, en grec; il fut mis à mort dans 
la ffrande ville de Thèbes. 

44. Marc l'évangéliste prêcha dans la 
ville de Rome, en latin ; il fut mis h mort 
dans le pays de Panôs (?) ''. 

45. L(^^^ prêcha à Phainôs'^ et fut tué 
par Chronos. 

46. Éphrem mourut à Baisan. 

47. Nicetas mourut à Tibériade. 

48. Hérode fut tué à 'Akko. 

49. Sihanus y fut également mis à 
mort. 

50. Jean fut jeté aux bêtes dans le 
théâtre de Ba'lbek. 

51. Théodore''^ mourut aussiàBa'lbek. 

52. Etienne fut lapidé h Jérusalem. 



1. Ms. : AqlîpoUs. — 2. Ms. : Clios. — 3. Ms. : Jririnos. 4. Arab. : c«^-v?» i»9. — 5. Av. : iroa^|.bo|.v3. 

— 6. Aux Kousayê. — 7. Ms. : llouqorion; Arab. : ^û>^fiî^.|. — 8. Ms. : Naunaya. — 9. Sic ms. ; 
lire : Patrohas (?). — 10. Carpiis (?). — 11. Bernea (?). — 12. Ms. : Kroûnos. — 13. Le nom est en 
blanc dans le ras. — 14. Le passage est altéré. Peut-être : « y fut mis à mort par le tyran» (?). — 
1,5. Ms. : Panios. — 16. Ar, : lisoa»^^ (= Panéas). — 17. asoo»o»oU (?) ; ms. : Théâdôs. 



.,».— a 



LIVRE V. APPENDICE 



151 



53. Ni^-euti fut tué par Caïphe au 
milieu du Temple. 

54. Marôtolos fut tué par les Barba- 
res à Niktamotos tandis qu'il prêchait. 

55. Laison mourut ii Apamée dans un 
four à chaux. 

56. 57. Zachée et le jeune homme, jUs 
de la çeuçe, qui avait été ressuscité, fu- 
rent mis à mort tous les deux h Hawa- 
rin', dans le désert. 

58. Siméoii le lépreux fut roué de 
coups par les Juifs h Ramatha, et mourut. 

59, 60, 61. Cléophas, Esphana et Sté- 
lioti\ moururent en prison, à Tarse. 

62. Apollon, l'élu, fut brûlé par le juge 
Sparacleus à Apamée (?) '. 



63, 64. Yopistan et Simon furent 
tués par le préfet Metellius, à Byzance. 

65. /yieo/yAiVemourutenpaixen l^gypte 
et y fut enseveli, 

QQ. Prhmus^ le sage (?) % mourut de 
même en paix en Galilée. 

67. Barahbds prêcha à Arnoun ^ et 
mourut en prison. 

68_, 69. Zabdai et Malaël furent étouf- 
fés par les païens dans une fournaise, à 
Séleucie ; ils moururent et lurent ense- 
velis ensemble. 

Fin des noms etdu marUjre des soixante- 
dix saints disciples d après l exposé de 
Jacques Bar^Çalîbî. — Que leur prière 
et la sienne soient avec nous! Amen. 



1. Ar. : ^7)0..; ms. : Yôrin. — 2. Olympus, Stephanus et Stachys ("?j. — ;{. Arab. : |.>aS|.'" — '1. 
Ms. : Piismiqosophos. — 5. la'Arnùii (?}. 



LIVRE VI 

[04] Avec l'aide de Dieu, nous commençons le sixiè.me Livre. Il commence au 
TEMPS QUI SUIVIT LA Passion, LA RÉSURRECTION ET l'Ascension du Sauveur de 
l'Univers, Jésus-Christ, l'an 5542 depuis Adam, 349 des Grecs, la 1'« année 

DE LA CGIIP olympiade. 

CHAPITRE PREMIER. 

En l'an 19 de Tibère, notre Sauveur le Christ souffrit la Passion, mourut, fut 
enseveli, ressuscita et monta au ciel. 

En cette même année, Pilate, le gouverneur', érigea l'image de César dans 
le Temple : ce qui n'était pas convenable, comme l'écrit Josèphe*. Il dit aussi' 
que le jour de la Pentecôte une grande frayeur s'empara des prêtres dans le 
Temple, parce qu'ils entendirent une voix du milieu du sanctuaire qui disait : 
« Allons-nous-en d'ici'. » ' 

Sejanus^, le préfet" de Tibère, lui conseillait de faire périr les Juifs. Philon 
rappelle cela dans son second Livre'. 

Agrippa, fils d'Hérode, alla à Rome pour accuser Hérode, son oncle, et il fut 
enchaîné par Tibère ^ 

Cependant, Tibère ne pensait rien de mauvais contre la doctrine du Christ ; et 
cela eut lieu par la providence de Dieu, pour que le commencement de la pré- 
dication évangélique ne fût pas détruit'. 

Abgar d'Édesse écrivit à Tibère tout ce que les Juifs avaient fait au Christ. Il 
lui répondit : « C'est pour cela que je viens de destituer honteusement Pilate, 
et je tirerai vengeance des Juifs. » 

Tibère vécut 78 ans; il en régna 23 et mourut"^. 

Hérode régna aussi 23 ans, — Il tua Jean, et prit Hérodiade, femme de son 
frère, du vivant de son mari. A cause de ses nombreux méfaits, il fut jeté en exil 
avec Hérodiade, et ils furent mis à mort, dans la ville de Vienne **, par une juste 
vengeance. 



1. riys^Lti^. —2. Cf. Ant., XVIII, iv, et Bell. Jud., II, xiv. — 3. Bell. Jud., VI, xxt. — 4. Cf. 
H. a. 2047; Arm. 2048. — 5. Sï)(7.voî, — 6. înapy^oç. — 7. èv xr, Ss'jxâpa xîjç r.ep\ aùioO upîaSeîa;. E. a. 
2050. — 8. H. a. 2051; Arm, 2052. — 9. Eus., H. E., II, ir, — 10, Il eut pour successeur Caïus 
Caligula. — 11. En Espagne, d'après Bell. Jud., Il, xvi ; à Lyon, d'après Antiq. Jud., XVIII, rx. 



LIVRE VI. CUAP. I 153 

Gaïus, qui régna après Tibère^ délivra [î>S] Agrippa, qui était enchaîné à 
Rome, et le fit roi des Juifs '. 

En ce temps, le préfet^ d'Egypte, Flaccus', fut envoyé et opprima les Juifs 
pendant 7 ans. Il remplissait d'immondices* leurs autels des sacrifices et leurs 
synagogues. C'est pourquoi des ambassadeurs furent envoyés à Gaïus pour l'a- 
paiser. L'un d'entre eux était le philosophe hébreu Philon d'Alexandrie^ 

En l'an 4 de Gaïus, il ordonna à Pétronius, préfet de Syrie, d'ériger ses 
statues dans les temples et dans les synagogues des Juifs^ Alors s'accomplit la 
parole de Daniel' au sujet du signe de l'abomination dans le lieu sainte Les 
Juifs supportèrent beaucoup d'afflictions pour empêcher cela. Pendant leur 
agitation, un eunuque tua Gaïus qui avait vécu 39ans^ 

En l'an 357 des Grecs, Glaudius commença à régner, pendant 14 ans*°. — 
Agrippa, qui est Hérode, après trois années de règne, vint à Gésarée, qui s'ap- 
pelait auparavant Tour de Straton. Il y donna une fête et des spectacles en 
l'honneur de César, pour son salut. Le deuxième jour du spectacle, il revêtit un 
manteau tissé d'argent et vint au théâtre dès la pointe du jour. Comme les pre- 
miers rayons du soleil tombaient sur cet argent, il brillait étonnamment et 
inspirait de la crainte à ceux qui le regardaient. C'est pourquoi les flatteurs 
l'appelaient dieu et immortel'*. Ne les ayant pas blâmés^ il vit un ange '^ au-dessus 
de lui. Il fut saisi par la douleur et fit savoir à ses amis qu'il était frappé d'une 
plaie, et après cinq jours [96] il mourut*^ misérablement. Il vécut 54 ans et en 
régna 7, quatre sous le règne de Gaïus et trois sous celui de Glaudius. Il gou- 
verna la tétrarchie de Philippe pendant 3 ans, et la quatrième année il y ajouta 
aussi celle d'Hérode. Josèphe**est d'accord là-dessus avec les Livres saints*^. 
Si quelqu'un hésite à cause du nom du roi, l'époque et les événements montrent 
qu'il s'agit du même; ou bien le nom a été changé par erreur, ou bien il avait 
deux noms*®. 

Pendant le règne de Glaudius, au jour de la fête [de la Pâque]*^ il y eut du 
trouble à Jérusalem. Comme le peuple se pressait à la sortie du Temple, trente 
mille Juifs se foulèrent aux pieds mutuellement et périrent. Josèphe a écrit ces 
choses*^. 



1. H. a. 2053; Ami. 205'i, — 2. ânap/o;. — 3. «l'Xdcxv.o? ; E. a. 2054. Ms. : Filikus. — 4. Je lis ; 
o|-»û^. — 5. Cf. H. a. 2054; Arm. 2055; Jos., Jnt., XVIII, x. — 6. H. a. 2055; Arm. 2054. Cf. Jos., 
Bell. Jud., Il, xvrr; Jnt., XVIII, xr. — 7. Dan., rx, 27. — 8, \ls**,a )ûoop h^-oj (BH., Chr. syr.^ 
p. 48). — 9. Cf. E. a. 2056. —10. E. a. 2057. — 11. Eus., H.E.,U,x; Jos., Atit., XIX, vir, —12. 
Jos., loc. cit. : (( un hibou »; cf. XVIII, viir. Michel cile d'après Eusèbe. — 13. Reslit. : ,>9 [>a^i] 
Cs.\a^ [W^^]; (Eus., loc. cit.). — 14. Ant., XIX-, vu; cf. Bell. Jud., II, xvnr-xx. — 15. Act. Ap., xii, 
19-23. — 16. Voir le tableau géuéalogique de la famille d'Hérode parmi les notes complémentaires à 
la fin du volume. — 17. Lire : U^S;. |,U (BH., Chr. syr.,^. 49). — 18. Ant., XX^ iv; Bell. Jud., II, 
XX ; Cf. H. a. 2064; Arm. 2062. 

H. 20- 



154 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEiN 



Claudiiis établit roi des Juifs Agrippa, fils* d'Agrippa. 11 envoya le procura- 
teur^ Félix 2 pour tout le pays de Samarie et de Galilée. Après avoir régné 13 ans 
et 8 mois, Glaudius mourut dans son palais* et laissa [l'empire] à son fils Néron 
qui régna, lui aussi, 13 ans et 8 mois. 

Celui-ci destitua Félix et envoya Festus devant lequel Paul compisrut et ren- 
dit raison de ce qu'il enseignait*, en présence du roi Agrippa. 

Néron destitua ensuite Festus et établit Albinus gouverneur de Judée ^ — 
Puis Néron retira l'autorité à Albinus et établit à sa place Florus. Du temps 
de celui-ci eut lieu la révolte des Juils'. 

A cette même époque, il y eut à Rome de nombreux incendies*, et beaucoup 
de notables moururent^ — Fin de ce [chapitre]. 



[94] Il y en a qui disent que Josèphe 
l'écrivain est le même que Caïphe, et ce 
n'est pas exact; autre est Joseph Caïphe_, 
et autre l'écrivain ; ils portaient le même 
nom à la môme époque. 

Josèphe l'écrivain expose qu'il y avait 
sept'" sectes cliezles Juifs : 1° celle des 
Scribes qui étaient appelés Scribes de 
vérité; — 2° celle des Lévites qui admet- 
taient la tradition des Anciens ; — 3° celle 
des Pharisiens qui admettaient la résur- 
rection, comme les Scribes, et disaient 
qu'il y a des anges et des esprits ; ils 
jeûnaient deux fois par semaine; ils pu- 
rifiaient leurs vases et leurs tables; ils 
allaient aux repas de noces ^* et de nais- 
sance; — 4° celle des Sadducéens qui 
niaient la résurrection, les anges et les 
esprits; ils tirèrent leur nom d'un prêtre 
appelé Sadoc; — 5" celle de ceux qui 



[94] L'année même de la Résurrection 
et de l'Ascension de Notre-Seigneur l'eu- 
nuque éthiopien se convertit, le premier 
parmi les Gentils *^. 

Le grand Paul fut appelé à la fin de 
cette année et commença à prêcher au 
commencement de Tannée suivante. 

Cornélius se convertit, à Césarée, à la 
fin du règne de Tibère '^. 

Noms des Eçangé/isateurs '^: 1. Addai. 

— 2. Aggai. — 3. Éléazar ^^. — 4. Hana- 
nias. — 5. Jacques. — 6. Elias. — 7. 
Barnabas. — 8. Sosthènes. — 9. Cyria- 
cus. — 10. Joseph. — 11. Nicodème. — 
12. Nathanaël. — 13. Judas. — 14. Jus- 
tus. — 15. Sila. — 16. Bar-8aba. — 17. 
Jean qui est Marcus. — 18. Omius *^. — 
19. Niga. — 20. Jason. — 21. Manaël. 

— 22. Dophikimios (?)i7. _ 23. Alexan- 
dre. — 24. Simon Cyrénéen. — 25. 



1. Lire : w;a. Cf. E. a. 2060. — 2. èmxpoTtoç. — 3. H. a. 2066; Arm. 2067. — 4. H. a 2070. — 
5. Act. Ap., xxv-xxvi; cf. H. a. 2072; Arm. 2070. —6. H. a. 2077; Arm. 2076. — 7. H. a. 2080; 
Arm. 2077. — 8. Arm. a. 2079. — 9. Arm. a. 2080. 

10. Il n'eu meiitionue que quatre. Ant.^ XVIII, i ; Bell, Jud,, II, xri. Cf. Eus, //. E., IV, xxri. — 

11. Lire t Uû-J:^^. 

12. Restit. : Um-iûx ^ ^«t^tA ooi» (Eus., H. E., II, r) ; Act,, vur. — 13. Act., x. — 14. Comp. cette 
liste avec les documents cités plus haut, p. 149, ti. 1; — 15. Lazare. — 16. HymeniBus (?). -^ 
17. Rufus (?). 



LIVRE Vï. GBAP. 1 



155 



disaient que l'homme doit se purifier * 
chaque jour ; — 6° celle des Naziréens 
qui ne mangeaient rien de ce qui avait 
été animé, et ne recevaient point les 
livres de Moïse et des Prophètes, mais 
d'autres à leur place; — 7° celle des Ju- 
déens, qui observaient la Loi et les Pro- 
phètes et confessaient un seul Dieu. 

En ce temps-là florissait le philosophe 
Philon d'Alexandrie, qui était hébreu ^ 
Il composa des traités sur tout ce qui 
arriva aux Juifs à cette époque; sur la 
démence de Gaïus qui se fit dieu ; sur 
la vie des ascètes du pays d'Egypte ; 
il fit un traité sur l'interprétation du 
premier Livre ^, et vingt * sur l'agricul- 
ture; sur ce que l'esprit en éveil désire 
ou déteste^; sur la confusion des lan- 
gues; sur la réunion pour l'instruction ^•, 
sur la différence des noms qui sont dans 
l'Ecriture ^ ; [93] et sur les deux Tes- 
taments*. En outre, un traité sur les 
songes, cinq sur l'Exode, quatre'' sur 
les choses qui sont dites dans la Loi, et 
beaucoup d'autres, — Du temps de Claude 
César ils furent placés dans la biblio- 
thèque de Rome. 

A cette époque beaucoup de sénateurs 
et de soldats furent tués *^. 

Gaïus prit la femme de Memmius 
Regulus et contraignit Memmius de se 
déclarer le père de sa femme**. 

Agrippa qui était enchaîné h Rome 



Lucius. — 26. Cléophas. — 27. Simon. 

— 28. Yôsa.— 29. Phodosios(?)*2. _30. 
Qatastrios (?). — 31. Zebadion, — 32. 
Titus. -33. Patrobasi3. — 34. Hermas. 

— 35. Asynclitus. — 36. Triscus. — 37. 
Lucas. — 38. Aristobule. — 39. Démas. 

— 40. Timothée. — 41. Lévi. — 42. 
Ephrem. — 43. Hérode. — 44. Silvanus. 

— 45. Nicetus. — 46. Jean. — 47. 
Theod[or]us. —48. Nigeus. — 49. Mar- 
tolus. — 50. Lasion (?). _ 51. Zacharie, 
fils de la veuve. — 52. Simon, le lépreux. 

— 53. Stephanus. — 54. Estabus **. — 
55. Apollo. — 56. — Yaston*^ —57. Si- 
mon. — 58. Joseph. — 59. Barnabas. 

— 60. Orosus. — 61. Amimaûs. — 62. 
Eulius. — 63. Philippe. — 64. Pro- 
ch[or]us. — 65. Nicanor. — 66. Timon. — 
67. Parménas. — 68. Agabas, — 69. Cé- 
phas, dont Paul a dit*^ : « Quand je vins 
[93j h Antioche, je le repris en face. » 
Et Tholomai qui remplaça Judas, et 
Thaddai, etc. 

Ils étaientplus de soixante-dix, d'après 
ce queditPauP^ : « Il se manifesta à plus 
de cinq cents frères. » 

En la l'" année de son règne Agrippa 
fit tuer Jacques : ce n'est pas celui qui 
était appelé Frère de Notre-Seigneur ; 
car ils étaient deux; Paul fait mention '^ 
de ce dernier qui fut martyrisé avec le 
bois d'un foulon; le premier fut tué par 



le gh 



aive d' A grippa 



1. Litt. : « se baptiser ». — 2. Cf. Eus., H. E., II, xvni. — 3. el; Tr,v Féveo-iv. — 4. Eus. : IIsp'i 
yswpyia? ôyo, — 5, HepX d)v yq'\i(Xi à voO; suxexat xai xaTapàtat. — 6. Ilspi rT]? upo; ta TiatSsOfJiaTa ctuvôSou. 
— 7. IIïp'i xwv (ji.£TOvo[jiaÇojj.svwv. — 8. Ilïp't Ataôr^/wv upwroî y-oti oi-jzipaç. — 9. Lire : \i3?lo. Ta riep\ 
Twv àvaîp£po[X£vwv Iv sî'ôet vôfAwv. — 10. E. a. 2052. — 11. H. a. 2055; Arm. 2052. 

12. Ar. : .ooûUûoo,a9. — 13. Ms. : Palroka. — 14. Ar. : vaoûJ-g^l. Rest. : «^aa^l Stachys. — 
15. Ar. : seè^a»! en surcharge. — 16. Gai., rt, 11. — 17. I Cor., xv, G. — 18. Gai. r, 19. — 19. Act. 
\u, 2. 



156 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



désirait que Gaïus devînt empereur ; 
aussiquand celui-ci commença à régner, 
il lui donna la principauté de Philippe 
et de Lysanias. C'est pourquoi Iléro- 
diade invectivait Hérode, lui disant : 
(( Parce que tu ne veux pas aller trouver 
César, tu es privé ici de la principauté; 
car si Agrippa, homme sans condition, 
est devenu prince, à combien plus forte 
raison le deviendrais-tu, toi un té- 
trarque, » — Là-dessus il monta à Rome 
pour recevoir la royauté; Gains s'em- 
porta, le chassa en exila ', il mourut 

avec sa femme *. 

De même Ponce-Pilate, étant tombé 
dans différentes infirmités, se tua cruel- 
lement en cette année, et s'infligea lui- 
même le châtiment de son iniquité^. 

Du temps de Claudius*, il y eut une 
grande famine par toute la terre habitée, 
et la prophétie d'Agabus,dont parle Luc 
dans le livre des Actes ^, fut accomplie, 
— La reine Hélène acheta du froment, 
en Egypte, et en distribua aux indi- 
gents*^. Cette Hélène régnait aloz's en 
Mésopotamie; elle était célèbre par sa 
philanthropie; jusqu'à ce jour il y a des 
stèles remarquables érigées en son hon_ 
neur, même aux portes de Jérusalem ^. 

De même, à cette époque, les disci- 
ples qui étaient à xVntioche mirent de 
côté tout ce qu'ils avaient [80] de superflu 



Agrippa voulut aussi s'emparer de 
Simon, mais celui-ci fut délivré par un 
ange; il sortit de Jérusalem, fut deux 
ans en route et vint en prêchant à An- 
tioche où il jeta les fondements de l'É- 
glise et établit un sanctuaire. Il y ins- 
titua comme premier évêque Evodius, 
et de là il monta à Rome. 

Dans un ms. il est écrit : La persécu- 
tion s'étant aggravée contre les fidèles à 
Jérusalem : Jacques frère de Jean fut 
mis à mort, Etienne fut lapidé, Pierre 
fut emprisonné; alors tous les disci- 
ples, à l'exception des Douze, se disper- 
sèrent dans toute la Judée et la Sama- 
rie, jusqu'en Phénicie et à Cypre, et ils 
vinrent jusqu'à Antioche, Ils prêchaient 
seulement aux Juifs'. 

Quand Pierre se mit à prêcher aux 
Gentils, il se transporta à Antioche et y 
prêcha". Il y établit un évêque, et en- 
suite il monta à Rome, où il y fut évêque 
pendant 25 ans. 

Marc, le disciple de Pierre et son 
fils, fut envoyé à Miçrin, et évangélisa 
toute l'Egypte. Il y fut évêque pendant 
22 ans*». 

Simon le Magicien*' ayant été dé- 
masqué en Samarie monta à Rome. Il fut 
le premier hérétique après l'apparition 
de Nôtre-Seigneur. Il était du village de 
Gittôn '^. Aux Juifs [96] il se manifestait 



1. Le nom est en blanc dans le ms. Cf. ci-dessus, p. 152. — 2. Jos., Bell. Jud., II, xvi ; cf. Ant., 
XVIII, rx. — 3. H. a. 2055; Arm. 2053; cf. Eus., //. E., II, vri; Jos., Ant., XVIII, xr. — 4. H. 
a. 2061; Arm. 2057. — 5. Act., xr, 28. — 6. Eus., H. E., II, xrt; Jos., Ant., XX, nr. — V. SirriXat 
8taçaveTç. Cf. Jos., Ant., XX, ir. Il s'agit des monuments funéraires appelés par les Sémites \y23. 
Le tombeau d'Hélène est celui que l'on appelle vulgairement Tombeaux des Rois. 

8. Eus., H. E., II, i; cf. Act., xr, 19. — 9. Le texte de cette phrase paraît altéré. — 10. Cf, Eus., 
H. E., II, XVI. — 11. Ibid., II, xm, — 12. àub xwuy)i; rtTiwv, 



LIVRE VI. GHAP. I 



157 



et l'envoyèrent aux pauvres qui étaient 
à Jérusalem, comme il est écrit dans les 
Actes*. 

Jusqu^ilors la Thrace avait été gou- 
vernée par des rois; elle devint pro- 
vince ^ 

A cette époque florissaient Simon le 
Magicien, Gérinthe • et Ménandre. 

Le saafe Philon rencontra Pierre h 
Rome lorsqu'il y prêchait*. Philon, outre 
une quantité d'ouvrages, écrivit aussi 
sur les moines qui étaient de son temps 
dans la contrée d'Egypte. 11 les appelle 
mnihonê et il nomme les femmes soli- 
taires et religieuses : mnïlionioto'^ . Il dit 
que ce nom leur a été attribué, soit 
parce qu'ils procurent du soulagement 
à ceux qui viennent les trouver par les 
guérisons et délivrent les âmes des pas- 
sions mauvaises comme les médecins 
.délivrent les corps; soit parce qu'ils ser- 
vaient Dieu dans la pureté de leur vie et 
de leurs œuvres ; soit qu'il leur donne 
lui-même ce nom, soit qu'en réalité, 
comme il le dit, les premiers [fidèles] 
aient été ainsi appelés, car le nom de 
chrétien n'était pas encore connu par- 
tout. Ils se dépouillaient des biens et 
des ornements du monde, comme l'en- 
seigne le livre des Actes " [disant que] 
ceux qui étaient convertis vendaient 
tout ce qu'ils possédaient et le distri- 
buaient. — Philon dit aussi qu'aucun 
d'eux ne mangeait quelque chose avant 



comme le Père ; aux Samaritains, comme 
le Fils, et aux Gentils, comme l'Esprit. 
Il niait la résurrection des morts. On lui 
érigea une statue à Rome ', car il avait 
séduit beaucoup de gens par ses sorti- 
lèges, 

o 

On rapporte que quand Pierre monta 
h Rome , il dit au chien qui était 
à la porte de Simon ; « Va dire à ton 
maître que Pierre est arrivé. » Quand 
on vit le chien qui parlait on fut saisi 
d'étonnement, Simon dit : « Ne vous 
étonnez pas. » Sur son ordre on lui 
amena un taureau. 11 s'approcha et parla 
dans l'oreille du taureau qui creva. 
Tandis que tout le monde était dans 
l'étonnement, Pierre s'avança, il pria et 
le taureau revint h la vie. 

Simon, par l'opération du démon, se 
mit h voler dans l'air ; Pierre l'invectiva : 
il tomba et se brisa. 

D'autres disent qu'un des grands étant 
mort, on l'apporta. Simon Rappela le 
premier, et il ne se leva pas. Ensuite 
Pierre ayant prié, le mort se leva, et 
Simon prit la fuite. Cyprien, le père du 
mort ressuscité, reçut Pierre dans sa 
maison. 

La reine Protonice, femme de Clau- 
dius, crut à la doctrine des Apôtres et 
alla à Jérusalem. Elle s'enquit de la 
Croix et confia cette affaire à l'évêque 
Jacques. Quand elle entra dans le Sé- 
pulcre à l'instant même sa fille tomba et 



1. Ac.t., xr, 29, 30. — 2. H. a. 2064; Arm. 2062. — 3. Lire : .aooiva.^o. — 4. Eus., H. E., II, 
xvtr. — 5. Ces adjectifs sont dérivés du verbe **•, quievit. Ils traduisent imparfaitement le texte 
original d'Eusèbe : ôepaTteuràç aùxouç xa\ ta; duv aÙTOÎç yuvaïxai; OspaTTEurptSa? àuoxaXsïirOott çv^o-t, — 6. Act. 
Apost,, IV, 34-35. 

7. Erreur qui a pour base, comme l'on sait, le texte de Justin, que notre auteur cite ici_'par l'in- 
termédiaire d'Eusèbe (//. E., II, xrri). 



158 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



le coucher du soleil. Ils jugeaient que 
l'étude de la philosophie * convient à la 
lumière, et le soin du corps aux ténè- 
bres. C'est pourquoi ils donnaient tout 
le jour à la philosophie et une petite 
partie de la nuit aux nécessités du corps. 
Il y en avait qui ne mangeaient que tous 
les trois jours, [97] d'autres le sixième 
ou le septième. 

A cette époque* un séducteur égyptien 
vint en Judée et entraîna à sa suite 
SO.OOOhommes; après les avoir promenés 
dans le désert, il les amena sur la mon- 
tagne des Oliviers et de là il voulait en- 
trer par la violence à .Jérusalem. Félix, 
ayant pris les garnisons des Romains, 
vint engager le combat ; l'Egyptien prit 
la fuite et beaucoup [de gens] périrent. 
— C'est pourquoi le tribun disait h 
Paul' : « Serais-tu donc cet Egyptien 
qui est parti il y a quelques jours con- 
duisant au désert cinq mille hommes? » 

A cette époque il y eut une sédition 
des Juifs h Césarée [de Palestine] ; une 
multitude d'entre eux périt*. 

Il y eut une éclipse [de soleil], et un 
grand tremblement de terre h Rome ". 

[Néron] tua Agrippine sa mère, [la 
sœur de son père] '', Octavie ", sa femme, 
et beaucoup d'hommes illustres qu'il fit 
massacrer à Rome. 



mourut. Il y avait trois croix. Quand on 
plaça sur la morte celles des larrons, 
cela n'eut aucun résultat; mais quand la 
croix de Notre-Seigneur fut placée sur 
la morte, de suite elle se leva ". 

Jacques l'apôtre ^ ayant été emprisonné 
à Jérusalem, [Hérode] envoya un bour- 
reau ^^ [97] pour l'amener au tribunal. 
Celui-ci l'ayant amené et le voyant ren- 
dre témoignage fut ébranlé et s'écria : 
« Moi aussi^ je suis chrétien. » Comme 
on les conduisait tous deux au supplice, 
il demanda à *' l'apôtre de prier pour lui; 
alors, le bienheureux apôtre lui dit : 
« Paix h toi, mon fils » et il l'embrassa'-. 
Tous les deux furent couronnés au même 
endroit. 

Le premier évêque qu'ordonnèrent les 
Apôtres, fut Jacques, frère de Notre- 
Seigneur ^'^^ 

Paul ne fut pas molesté lorsqu'il alla 
à Rome pour la première fois; la seconde 
foisily périt'*. Il atteste lui-même*^ qu'il 
n'avait personne avec lui dans sa pre- 
mière défense, si ce n'est Aristarchus 
qu'il appelle*^ : «mon compagnon de cap- 
tivité » ; et qu'il fut ;( délivré de la gueule 
du lion », c'est-à-dire de Néron. Lors de 
sa seconde défense, Luc était avec lui. 
Cela est connu de ce que Luc continua 
les Actes des Apôtres jusqu'à l'époque 



1. I.itt. : « la sagesse ». — 2. H. a. 2069; Arm, 2067; cf. Eus., H. E., II, xxt ; Jos., Bell. Jud., 
II, xirr. — 3. Ac(., xxr, 38. — 4. H. a. 2071 ; Arm. 2069. — 5. H, a. 2073. — 6. H. a. 2074; Arm. 
2071.— 7. Uai^ol; Arm. 2080. 

8. Le récit fabuleux do cette première invention de la Vraie Croix est publié en syriaque dans 
Nestlé, De sancta cruce, Berlin, 1889; et dans Bedjan, Acta Sanct. et Mart., III, 17."» et suiv. — 
9. Cf. Eus., H. E,, II, IX. — 10. spiculator. — 11. Lire : ovi.^ (t-er*. syr. d'Eus.; et non Mi»o). — 12. 
Lire :ovo*'o, — 13. H. a. 2048; Arm. 2049. — 14. Lire: o! (et non P^). — 15. II Tim., iv, 17. — 16. 
Col., rv, 10. 



LIVRE Yl. GHAP. I 



159 



Néron remporta le prix en jouant de 
la cithare, à Rome *. 

La CCXIe olympiade ^^ ne tut pas cé- 
lébrée h Rome à son temps, parce que 
Néron était empêché ; elle fut remise h 
l'année suivante. En cette olympiade, 
Néron fut couronné ayant vaincu les ké- 
j'ouzê^, les tragédiens et les cytharistes, 
et aussi dans l'attelage des poulains, 
et dans l'attelage complet de dix pou- 
lains *. 

A cette époque" florissaient les philo- 
sophes profanes Musonius ^ et Plutar- 
chus. 

Néron expulsa le philosophe Cornu- 
tus '. 

Livres que ï Eglise reçoit : Les cinq 
livres de Moïse; — le livre de Job; — 
celui de Josué fils de Noun ; — le livre 
des Juges ; — les quatre des Rois ; — les 
deux livres des Chroniques ; — celui de 
Ruth, — de Judith, — d'Esdras, — 
d'Esther, — de Tobie ; — les trois livres 
des Macchabées ; — les Psaumes de 
David; — les cinq livres de Salomon ; 

— Jérémie; — Ezéchiel ; — Daniel ; — 
Osée; — Joël; — Amos; — Abdias; — 
Jonas; — Michée; — Nahum; — llaba- 
cuc; — Zacharie; — Aggéc; — Sopho- 
nie ; — Malachie ; — Isaïe ; — Bar-Asira ; 

— les quatre adorables Evangiles; — les 
Actes des Apôtres ; — les deuxEpitres de 
Pierre ; — les quatorze de Paul ; — les 
trois de Jean ; — celle de Jacques ; — 
celle de Jude ; — et les deux de Clé- 
ment. — Les Apôtres ont prescrit de re- 



où il fut avec Paul, et termina là son 
histoire . 

Nous avons dit ces choses pour mon- 
trer que le martyre de Paul ne fut pas 
accompli lorsqu'il alla à Rome [la pre- 
mière fois . Il semble que Néron ne fut 
pas très hostile aux disciples dès le com- 
mencement, puisque Paul lui échappa la 
première fois^ — Ensuite, sous le règne 
du roi Agrippa, en ayant appelé h César, 
Paul fut envoyé enchaîné à Rome, 

Les Juifs, voyant qu'il leur échappait, 
se ruèrent sur Jacques". lefrèredeNotre- 
Seigneur, et lui dirent : « Renie la foi 
en Jésus, devant tout le peuple. « Mais 
lui confessa que Jésus était le Fils de 
Dieu. Ils ne purent rien lui faire, 
parce que tout le monde le regardait 
comme^ un homme juste, à cause de ses 
œuvres. En efïet, il avait été élu dès le 
sein de sa mère; il n'avait jamais bu de 
vin ni de liqueur fermentée; il n'avait 
jamais mangé rien d'animé; le rasoir 
n'avait pas passé sur sa tête ; il n'avait 
point été oint d'huile, et n'usait point 
des bains ; il ne se vêtait point de laine, 
mais de lin; il entrait seul dans le Temple, 
et on le trouvait continuellement à ge- 
noux, demandant pardon pour tout le 
peuple, au point que ses genoux étaient 
devenus durs comme ceux d'un chameau. 
Festus étant mort, et les Juifs étant de- 
meurés sans chef, ils trouvèrent Focca- 
sion d'accomplir leur malice. Ils s'assem- 
blèrent et dirent à saint Mar Jacques ; 
« Nous savons que tu es un homme 



1. H. a. 2077, 2079 ; Arm. 2076, 2079. — 2. Ms. : CGLI^ — 3. Lire : lloî^ = xrjpu^tv. — 4. H. a. 
i082; Arm. 2081. — 5. H. a. 208i; Arm. 2081. — 6. Mo-jdcivioç; ms. : Molodinos. — 1. H. a. 2084, 
8. Cf. Eus., H. E., II, xxir. — 9. Cf. ibid.^ xxiir. 



CHRONIQUE DE MICHEL LÉ SYRIEN 

cevoir ces [livres] avec la Révélation de juste; nous voulons que tu empêches le 

Jean et le livre de la Didascalie, — Ceux peuple de se laisser entraîner à la suite 

enfin qui ont été composés postérieure- de Jésus. » — Les Scribes et les Phari- 

ment aux Apôtres par les illustres doc- siens Tayant placé au sommet du Temple 

teurs éprouvés, et qui découlent delà luidirent: « On doit ajouter foi à ce que 

source suave des doctrines apostoliques. tu dis; parle-nous de Jésus qui a été 

— Ce [chapitré] est aussi fini. crucifié. » Il s'écria et dit : « Que me 

demandez-vous du Fils de l'homme qui 
siège dans les cieux, à la droite du Tout- 
Puissant, et qui doit revenir sur les nuées du ciel? » — Le peuple entendit cela, et 
beaucoup crurent. Les Scribes et les Pharisiens en furent vexés et ils s'écrièrent : 
«Oh! oh! le Juste se trompe. » — [08] Ils montèrent et le précipitèrent de là, et ils se 
mirent à le lapider. Il priait et disait : « Père de l'Univers, pardonne-leur, parce 

qu'ils ne savent pas ce qu'ils font » L'un d'eux prit le bois d'un foulon, avec lequel 

il foulait les étoffes, et il frappa le Juste à la tète. Il fut ainsi couronné [du martyre]. 

— Il est l'auteur de l'Epître catholique. Il y a, à ce sujet^ quelque doute parce que 
les anciens n'en font point mention, non plus que de celle de Jude^ ni de la IL de 
Pierre. Cependant, comme elles sont excellentes et qu'elles confirment la doctrine 
des Apôtres, elles sont reçues [dans le Canon] . — Les Actes, l'Évangile et l'Apocalypse 
attribués à Pierre, ne sont pas reçus, ni l'Apocalypse de Paul. — Par la vertu de 
Notre-Seigneur, ce chapitre est aussi fini. 



CHAPITRE IL — Du martyre' des Apôtres, de La ruine de Jérusalem et de la 

destruction totale des Juifs. 

A cette époque, le Sénat prit la détermination de donner à Néron, par an, 
10.000.000^ pour sa nourriture. 

Celui-ci, en plus de toutes ses insanités, excita contre les chrétiens la pre- 
mière persécution dans laquelle Pierre et Paul furent couronnés [du martyre] à 
Rome^, et rendirent témoignage. 

En la 13^ année de Néron les Juifs se révoltèrent. C'est pourquoi Néron en- 
vo3^aVespasien et Titus, son fils. En cette année, le l®"" de haziran (juin), Titus 
s'empara de la ville de Yotapat; parce qu'il avait entendu dire que là se trouvait 
l'écrivain Josèphe, fils du prêtre Matthai, qui était général des Juifs. Il a été pris 
pour Caïphe, parce que plusieurs ont été trompés par l'identité du nom, car 
Caïphe s'appelait aussi Josèphe. Ce Josèphe, qui était général des Juifs, étant 
sur le point de mourir dans le combat avec les Romains, prédit à Vespasien la 



1. Litt. : du couronuemeiit — 2. E. a. 2083; le nom de la monnaie n'est pas exprimé. — 3. H. 
a. 2084; Arm. 2083. 



LIVRE VI. CHAP. II 161 

mort de Néron et la succession de celui-ci. C'est pourquoi ils ne le tuèrent 
point*. — Après cela, les Romains entourèrent Jérusalem. 

Dans cette guerre s'illustra Placidus^ ce soldat qui souffrit le martyre avec 
sa femme et ses enfants, dont Thisloire a été écrite^ 

Vespasien vainquit les Juifs dans les deux batailles qu'il leur livra, et les en- 
ferma dans Jérusalem*. 

[99] Néron, qui recevait de toute part de cruelles nouvelles, se suicida dans 
une villa". Après sa mort, les affaires des Romains furent troublées. Galba^ com- 
mença à régner en Ibérie, pendant 7 mois, et fut tué au milieu de Rome\ — Vi- 
tellius s'empara du pouvoir» en Germanie, et Otlion® à Rome. 

Au bout de trois mois, Othon se tua. Vitellius'" régna pendant 8 mois. [Les 
Romains] se réunirent contre lui et l'immolèrent au milieu de la ville. 

Tandis que Vespasien redoublait d'ardeur dans le siège de Jérusalem et que 
l'armée était sur le point de s'en emparer, arriva le bruit de la mort de Néron et 
des événements qui la suivirent. Alors les troupes des Romains qui étaient 
avec Vespasien le proclamèrent empereur. Ayant été proclamé autocrator en 
Judée, il confia à son fils Titus le siège de Jérusalem, et lui ayant laissé des 
troupes suffisantes, il alla à Alexandrie. Après avoir soumis toute la contrée 
d'Egypte, il se rendit par mer à Rome. Il régna 9 ans, 11 mois et 22 jours. 

L'armée qui était avec Titus mit le siège devant Jérusalem le 14 de nisan 
(avril) de l'an 382. Le nombre des gens qui périrent dans Jérusalem fut de 
1.260.000 d'après ce qu'écrit'' très minutieusement Josèphe, — Jérusalem fut 
complètement détruite le 8 de 'îloul (septembre) après que Titus l'eut assiégée 
pendant [5] mois. Le Temple fut incendié le 10 de 'ab (août), le jour même où il 
avait été incendié la première fois. Le temple de Zeus Gapitolinus fut aussi 
brûlé quand Titus détruisit les Juifs. 

Il y a depuis Adam jusqu'à [100] cette destruction totale de Jérusalem, 
5437 ans; selon d'autres : 5270 ans. 

Depuis Adam jusqu'à l'année 50 d'Abraham en laquelle Jérusalem fut bâtie, 
1130 ans après le Déluge, il y a 3386 ans; — depuis sa construction jusqu'au 
règne de David, 1054 ans; — depuis que David s'y fixa jusqu'à la construction du 
premier Temple,, 43 ans ; — depuis la construction du Temple jusqu'à son pre- 
mier incendie, 434 ans; — depuis qu'il brûla pour la première fois, en l'an 11 de 
Sédécias, jusqu'à sa reconstruction en l'an 6 de Darius, 74 ans; — depuis cette 
époque jusqu'à ce temps où il fut totalement brûlé, 584 ans. 

1. Bell, jud., III, xi-xxvi, passii7i. — 2. Cf. Bell, jud., III, vir, iv, xxv. — 3. L'auteur fait allusion 
à la légende syrienne du martyre de S. Placide ou Euslache. Voir les Actes syriaques de ce saint 
dans Bedjan, Acta Mart., III, 215 et suiv. — 4. E. a. 2084. — 5. E. a. 2084. — 6. Ms. : Glahos. — 
7. E. a. 2084. — 8. Lire : ^a^o « prorupit ». — 9. Ms. : Téon; E. a. 2084. — 10. Ms. : Bilitios. — 
IK Rest. : oû>3, 1^1. 

L 21 



162 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Il y a depuis la fondation de Jérusalemjusqu'à sa dernière destruction, 2192ans ; 
— depuis la première construction du Temple jusqu'à sa destruction totale, 
1095 ans; — depuis l'année en laquelle Notre-Seigneur fut crucifié jusqu'à cette 
destruction, 40 ans. 

Selon les calculs d'autres auteurs, depuis le retour de Babylone jusqu'à la 
2" année de Vespasien, en laquelle Jérusalem fut détruite, il y a 639 ans, et sa 
destruction eut lieu en Tan 353 (des Grecs), 33 ans après la Passion de Notre- 
Seigneur, de sorte que depuis Adam jusqu'à la dévastation faite par Titus, il y a 
5585 ans'. 

Si, comme le dit Josèphe, la Pâque eut lieu le 12 de nisan (avril) en l'année 
de la destruction, ce fut l'année 381 des Grecs, 2 ans et 3 mois après la mort de 
Néron; et s'ils doivent être comptés, comme on le dit, dans le règne de Vespa- 
sien, Jérusalem fut détruite en la 3" année de celui-ci; mais si on ne les lui 
compte pas, ce fut [101] en la l'® année de son règne. Cette année commençait un 
dimanche. La Pâque tombait le 12 de nisan (avril); la Résurrection, le 15 du 
même mois; la Pentecôte, le 3 de haziran (juin). 

Pour faire connaître* combien de peuple y périt, Josèphe dit^ : « A la fête de 
Pâque, ils offrirent 250.000 agneaux; or, chaque agneau était mangé par 
dix hommes. Il s'agit des hommes purs; les hommes souillés et impurs, les en- 
fants n'en mangeaient point. Le nombre de ceux qui en mangèrent était donc 
de 2.500.000)). — Environ 60.000 hommes périrent dans le combat*; 1.100.000 fu- 
rent consumés par la faim; 100.000 furent pris et vendus, et le reste fut dis- 
tribué comme esclaves. Ceux qui avaient dépassé 17 ans furent envoyés en 
Egypte pour fabriquer des briques; ceux qui avaient moins de 17 ans furent 
donnés aux soldats ^ 

C'est ainsi que finirent les Juifs à Jérusalem. — Fin. 

A cette époque, le préfet Albinus*^ * [En l'an 13 de Néron, qui est l'an 383 

étant venu de Rome et s'étant aperçu des Grecs, les bienheureux apôtres 

que le grand-prêtre Annianus avait fait Pierre et Paul furent couronnés du mar- 

tuer Jacques, frère de Notre-Seigneur, tyre, le 29 de haziran (juin), selon les 

il le destitua du souverain pontificat et uns, selon d'autres le] ^ 28 de kanoun P"" 



1. Lire : w^jw (BH., Chr. syr., p. 50), — 2. Lire : x^^a., (?). _ 3. Cf. Bell, jud., VI, xlv. — 
4. Lire : 13;û3, — 5. Ibid., VI, xliv. 

6, Ms. : Alhounos. — 7. Lacune de quatre lignes que nous suppléons ainsi d'après BH, Chr. 
eccl., p. 35, et d'après le contexte. 

*NoTE MARGINALE : Sache, lecteur, que maintenant et désormais, toutes les fois que reviendra le 
commencement d'un chapitre, soit de ce côté, soit de Vautre, nous écrivons, c'est-à-dire j'écris le 
chapitre concernant les Apôtres et les Pères dans la colonne' supérieure; car il n'est pas conve^ 
nahle que les Pères et leur histoire soient dans la colonne inférieure. 



LIVRE VI. CHAP. II 



163 



établit Jésus, fils de Damai*. Annianus 
était de la secte des Sadducéens^ 

Premier Iwre de Josèphe^. — Celui-ci 
écrivit deux* livres sur les Juifs, sept sur 
la guerre des Romains, et deux Disputes 
contre Appion, avec lequel il alla, ainsi 
que le JuifPhilon_, pour calmer Gaïus. 
Il est aussi l'auteur d'un [ouvrage] con- 
tre Justus de Tibériade, et de 62 lettres 
au roi des Juifs Agrippa*. Ses ouvrages 
furent placés dans la bibliothèque de 
Rome, et après sa mort on lui érigea une 
statue en signe d'honneur. 11 écrivit en 
langue grecque et en langue romaine, 
comme il l'atteste lui-même, et il est 
digne de foi. Il dit dans son premier 
Livre : « Nous avons des multitudes 
d'ouvrages qui ne sont pas d'accord 
entre eux; mais nous avons 22 Livres 
que nous croyons divins. De ceux-ci, il 
y en a 5 de Moïse dans lesquels sont con- 
tenues la Loi et la tradition sur l'origine 
de l'homme, et la succession [des faits] 
jusqu'à la mort de Moïse, pendant l'es- 
pace d'un peu moins de trois mille ans. 
Depviis la mort de [99] Moïse jusqu'à 
Artaxerxès,roides Perses, les Prophètes 
venus après Moïse ont écrit ce qui se 
passa de leur temps en 13 Livres. » 

Josèphedit* que le peuple de l'Kglise 



(décembre) mais tout le monde [est d'ac- 
cord pour dire] qu'ils furent couronnés 
en même temps. Paul eut la tête tranchée 
par le glaive et Pierre demanda à être 
crucifié la tête en bas. 

A Rome, le premier évêque après 
Pierre fut Linus' pendant [11] ans". 

A Jérusalem, après Jacques, vint le 
2*'; Simon, fils de Cléophas", son cousin, 
pendant 42 ans '^. 

[A Alexandrie], Marc l'Évangéliste 
prêcha le premier et fonda un sanctuaire. 
— Le premier évêque qui lui succéda fut 
Annianus, pendant 22 ans*^ — Annia- 
nus mourut en l'an 4 de Domitien et eut 
pour successeur, à Alexandrie, Billus*^. 
En l'an 2 du gouvernement de [Titus] •■^, 
Anaclel siégea à Rome, pendant 12 ans ; 
il mourut et Clément occupa le siège*'*. 
Celui-ci est l'auteur d'une grande let- 
tre, qui est reçue [dans le canon] et qu'il 
adressa au nom de l'Eglise de Rome, à 
Corinthe, à cause du trouble qui avait 
lieu là*^. 

Jean l'Apôtre demeurajusqu'au temps 
de Domitien et fut relégué à Patmos'^. 
Irénée et Hippolyte de Boçra attestent 
que l'Apocalypse est de lui, et qu'il 
l'écrivit du temps de Domitien*^. 

A Evodius *^, qui fut le premier évoque 



1. Aa[j.vatoç; ms. : Ramai. — 2. Jos., Antiq., XX, virr ; "Avavoi;. — 3. Eus., H. E.,lll, rx-x. — 4. Sic 
ms.; lire : vingt. — 5. Cf. H. jE*., III, x, s. f., où le sens est tout autre. — 6. Les paroles sont 
d'Eusèbe, H. E., III, v. 

7. Lire : >aoaiX, — 8. H. a, 2084; le nombre des années manque dans notre ms. Nous mettons 
11 ans d'après E. et BH. — 9. H. a. 2080; Arm. 2077. — 10. Sic ms. ; pour le nombre des années 
comp. la liste donnée ci-dessous, p. 167. — 11. H. a. 2078; Arm. 2077. — 12. H. a. 2100 : 
Ahilius ; Arm. 2099. Sync. Al[ji.îXtoç. Eus. 'Aêt'Xto;. — 13. Je pense qu'il faut lire ainsi d'après H. 
a. 2096. Le ms. porte : En l'an 12 de son gouvernement. — 14. H. a. 2108; Arm. 2103. Cf. H. E., 
III, XV. — 15. H. E., III, xvr, xxxvrir. — 16. Lire : •^x'a^ô'^. — 17. Cf. //. E., III, xvirr. — 18. H. 
E., III, XXII. 



164 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



de Jérusalem eut une vision avant la 
guerre des Romains, et qu'ils s'en al- 
lèrent habiter dans la Pérée, dans une 
ville appelée Pella, afin que le châtiment 
tombât seulement sur les Juifs. — II 
expose dans sa chronique que 3.000.000 
de Juifs étaient rassemblés [à Jérusalem] 
pour la fête de la Pâque, et y expièrent 
le meurtre de notre Sauveur, de ma- 
nière qu'ils furent enfermés dans la 
même fête en laquelle ils avaient en- 
fermé le Christ. 

La famine se fit sentir tout d'abord', 
au point qu'on ne pouvait plus dresser 
ouvertement la table. Us tiraient du feu 
et mangeaient la nourriture avant qu'elle 
fût cuite. Cette nourriture était lamen- 
table; et il était digne de larmes de 
voir ceux qui étaient forts arracher la 
nourriture h leurs compagnons et ceux 
qui étaient faibles pousser des gémisse- 
ments. Le tourment de la faim, en effet, 
fait triompher toutes les passions; et il 
n'y a rien qui détruise comme elle toute 
pudeur. Les choses par ailleurs dignes 
de respect deviennent en ce cas mépri- 
sables. 

Des femmes enlevaient la nourriture 
à leurs maris, des enfants à leurs pères, 
et, ce qui est plus misérable que tout, 
des mères h leurs propres petits enfants. 
Quand on voyait quelque part une porte 
fermée, c'était [le signe que ceux qui 
étaient à l'intérieur prenaient quelque 



[99] d'Antioche, succéda le 2": Ignatius, 
Jean, après avoir été six ans en exil h 
Patmos^ revint à Ephèse. Clément d'A- 
' lexandrie* écrit' que Jean, étant revenu 
de Patmos à Ephèse, parcourait les en- 
virons. Il alla jusqu'à une ville peu éloi- 
gnée et consola les frères qui s'y trou- 
vaient par ses enseignements. Il vit 
parmi eux un jeune homme robuste et 
de belle figure. Il fut pris d'affection 
pour lui et dit à l'évêque de l'endroit : 
« Je te confie ce frère en face de l'Eglise 
et du Christ. » L'évêque accepta et pro- 
mit. Ensuite [Jean retourna à Ephèse. 
L'évêque prit le jeune homme chez lui, 
l'instruisit et le baptisa. Mais par la 
suite, perverti par de mauvais compa- 
gnons, ce frère abandonna l'Eglise]*, or- 
ganisa une bande de brigands et se fit 
leur cheL Au bout de quelque temps, 
saint Jean revint, et envisageantl'évêque, 
lui dit : « Rends-moi le dépôt que je t'ai 
confié avec le Christ. » L'évêque fut 
étonné; il pensait qu'il réclamait quel- 
que argent. Alors l'apôtre lui dit ouver- 
tement : « Je réclame le jeune homme 
que je t'ai confié. » L'évêque pleura ^ et 
dit : « Il est mort devant Dieu! Il est 
parti et est devenu un brigand. » En 
entendant cela, saint Jean déchira ses 
vêtements ; il se frappa la tête en disant : 
« Hélas! hélas! Tu as abandonné l'âme 
de ce jeune homme dans la montagne ". w 
Et il cria : « Amenez-moi une monture 



1. Jos., Bell, jud., VI, cité d'après Eus., //. E., III, vi. 

2. Lire : l.*»!.i5a"iSsv — 3. Dans le traité ; Ttç à awîJofASvo; TrXouaioî; mais l'auteur cite d'après Eusi:BE, 
//, E., III, xxrii, — 4. Lacune de quatre lignes dans le ms. Nous suppléons le sens d'après Eusèbe. 
5. Lire : (-ia. — 6. Tel est le sens de notre ms., mais le texte doit être corrigé d'après la version 
syriaque de l'Hist. eccl. d'Eusèbe qui porte ; ).va2\\, ov»âi^ ^o2k, Uags) \U^i, e. : « Quel bon gardien 
j'ai laissé à l'âme de ce jeune homme! ». 



LIVRE VI. CHAP. II 



165 



nourriture. Aussitôt ils brisaient les 
portes et emportaient la nourriture; les 
vieillards se lamentaient et les femmes_, 
la chevelure en désordre^ s'efforçaient 
d'en cacher un peu]*. Les perturbateurs 
enlevaient les enfants [100] pour un peu 
de nourriture; ils les levaient en l'air 
et les brisaient* contre la terre. Ils ob- 
turaient' l'urèthre avec des vesces, et en- 
fonçaient dans l'anus des bâtons pointus*. 
La faim se faisait sentir dans toutes les 
maisons et dévorait le peuple. Ils tom- 
baient et mouraient si nombreux qu'on 
ne pouvait les ensevelir . Ceux qui 
étaient tourmentés pour mourir regar- 
daient, les yeux secs, ceux qui les 
avaient précédés dans la mort. Un pro- 
fond silence et une nuit funèbre enve- 
loppaient la ville. Les voleurs étaient 
plus funestes que toutes ces choses; ils 
spoliaient les morts et dépouillaient 
leurs corps de leurs voiles. Tout d'abord 
ils avaient prescrit d'ensevelir les morts 
dans le trésor public. Lorsqu'on ne pou- 
vait plus les ensevelir, on les jetait 
par le mur dans les fossés. Titus, en pas- 
sant, voyant les fossés remplis de morts 
et le pus découlant des corps, soupira et 
leva les mains, prenant le Dieu du ciel à 
témoin qu'il n'était pas l'auteur de cette 
calamité. Ils mangeaient les ceintures qui 
étaient autour de leurs reins, les chaus- 



et un homme pour me montrer le che- 
min. » Oubliant sa vieillesse et ayant 
pris avec lui quelques hommes, il alla à 
la montagne. Il fut pris par une bande 
de voleurs, les compagnons du jeune 
homme. Il leur criait^ : « Je suis venu 
pour cela; conduisez-moi à votre chef. » 
Quand le jeune homme vit le saint, il fut 
pris de confusion et se mit h fuir. Saint 
Jean [100] se mit h sa poursuite et lui 
criait : « Pourquoi fuis-tu devant ton 
père, mon fils ! Aie pitié de ma vieillesse ; 
ne me fatigue pas; ne crains rien. Tu as 
encore l'espoir du salut. Moi-même je 
rendrai compte pour toi, si tu te con- 
vertis, et même je suis prêt à mourir 
pour toi comme Notre-Seigneur est 
mort pour nous; je donnerai mon âme 
pour toi. » En entendant cela, le jeune 
homme jeta son sabre et se prosterna 
sur le visage. Le saint s'approcha, le 
prit dans ses bras et le baisa à la tête. Il 
l'amena à l'église. Il priait dans les lar- 
mes, les jeûnes continuels, les prières 
assidues, et il finit dans la pénitence. 

Papias, dans son enseignement, fait 
mention de Jean l'Evangéliste, et peu 
après il ajoute : « Et Jean, le prêtre. » 
Par là, il est notoire qu'ils étaient deux 
[de ce nom] à cette époque ; leurs tom- 
beaux étaient tous les deux en Asie. On 
pense que l'Apocalypse et les deux 



1. Lacune de quatre lignes qui peut être ainsi complétée d'après la version syr. d'Eusèbe : 

....l-î'*»^ spCH^ 0001 ^;^^M |,">3o • 0001 ^3| |6\û3tjW >0,V3 ot-l» a^ ^.|» <^*l' Kl sOOV^] Loo\ ô\*^*\ 



— 2. Lire : ^^Sx^*. (et non : v^^a*.). — 3. Lire : ^;aao (et non : ^;iûa). — 4. Pour les forcer à livrer 
leur nourriture. 

5. Lire : l^o ^» ©w (Eus.), 



166 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



sures de leurs pieds et la peau qu'ils ar- 
rachaient des boucliers; ils recueillaient 
les graines des vieilles herbes et en 
vendaient un poids minime pour quatre 
drachmes '. 

Je dois montrer l'œuvre de la pertur- 
bation. Une femme, parmi les gens qui 
habitaient au-delà du Jourdain, et qui 
s'appelait Mariam, fille de Lazare, du 
village de Hazôr, s'était enfuie avec la 
foule à Jérusalem. Son mari fut tué, son 
bien volé, et la famine s'aggrava. Elle 
méprisa la nature. Elle s'empara de son 
petit enfant qui suçait le lait en disant : 
a Pauvre enfant, pour qui te garderais- 
je dans la famine et la guerre? [101] Et 
si nous vivons : ce sera la servitude des 
Romains. Viens donc, sois ma nourri- 
ture, la risée des factieux, l'objet du 
discours de tout le monde, » Et l'ayant 
mis à mort, elle le fit rôtir et en mangea 
la moitié. Aussitôt accoururent les fac- 
tieux, attirés par l'odeur, et ils menu- 
çaient de la tuer. Elle leur dit : « Je vous 
ai réservé une bonne part. » Et elle leur 
découvrit et leur montra son fils. Aussi- 
tôt la terreur s'empara d'eux. Mais elle 
leur dit : « C'est mon fils bien-aimé. 
Prenez, mangez, puisque j'en ai mangé 
moi-même. Ne soyez pas plus lâches 
qu'une femme ni plus tendres qu'une 
mère*. » 

Dieu supporta les Juifs pendant qua- 
rante ans après la crucifixion, et ils ne 



Épîtres au sujet desquelles il y a désac- 
cord, et aussi l'histoire du jeune homme, 
sont de Jean le prêtre*. Irénée rappelle 
ces choses et dit que ce Jean fut le com- 
pagnon de Polycarpe, [qu'il est diffé- 
rent] de l'apôtre Jean, et qu'il habitait à 
Hiérapolis. 

Papias a composé cinq Traités sur 
l'Interprétation des Paroles de Notre- 
Seigneur *. Il parle de Justus surnommé* 
Bar Sêlat, qui est Joseph [appelé Barsa- 
bas. — Il dit que Marc, l'interprète de 
Pierre, écrivit de mémoire, ayant l'uni- 
que souci] • de ne rien omettre ou falsifier 
de ce qu'il avait entendu. 

Papias cite le témoignage des Epîtres 
de Jean et de Pierre. [101] II écrivit 
aussi sur la femme qui était accusée de 
nombreux péchés du temps où Notre- 
Seigneur était sur la terre'. 

Pierre et Philippe avaient des fils et 
des filles. Philippe donna sa fille à un 
homme, comme l'atteste Clément. Po- 
lycarpe, évêque d'Ephèse, écrivit aussi 
à Victor, évêque de Rome : « Philippe, 
l'un des Douze, est mort à Hiérapolis 
d'Asie. Deux de ses filles ont vieilli dans 
la virginité, et une autre qui vivait selon 
TEsprit-Saint a rendu le dernier soupir 
à Ephèse. » — Il dit aussi de Jean qu'il 
mourut à Ephèse *. 

Luc, dans les Actes', dit des filles de 
cet autre Philippe, le disciple, qu'en ce 
temps-là, elles étaient à Gésarée de 



1. 'Atxixwv xecTffâpwv. — 2. Ces trois lignes sont à lire ainsi d'.iprès la trad. syr. d'Eusèbe : [joi 

3. Cf. Eus., //. E., III, xxxix. — 4. Aoyiwv Kuptaxwv 'Eçr)Yïi(j£a);. — 5. Lire : •••;_ûL|. — 6. Nous sup- 
pléons la lacune d'après la version syr. d'Eusèbe ; III, xxxrx : IL^^v^a *^^.»'' * 'ov^' olio)» ^Xao) (1 yo,-^ 
• •••;o;^, • ovv low ûs»l — 7. Joh., viir, 1-11. — 8. Cf. //. E., III, xxxi. — 9. Act. Ap., xxr, 9. 



LIVRE VI. GHAP. II 



167 



firent point pénitence. Ils virent de 
nombreux prodiges avant la destruc- 
tion', et ils ne firent point pénitence de 
leur iniquité. — D'abord, on vit une 
étoile ressemblant à une lance, qui de- 
meura suspendue pendant une année*. — 
Alafête des Azymes, à la neuvième heure 
de la nuit, une lumière brilla au-dessus 
du sanctuaire, et dura une demi-heure. 
Ils pensèrent que c'était un signe favo- 
rable. — Une vache qu'on amenait pour 
le sacrifice, fit un agneau au milieu du 
Temple. — La porte orientale intérieure 
qui était d'airain, que dix hommes pou- 
vaient à peine fermer, qui était close 
avec une serrure de fer, et qui avait en 
bas de profonds verrous, s'ouvrit d'elle- 
même à la sixième heure de la nuit. — 
Le 27de 'iyar (mai)', avant le coucher du 
soleil, on vit en haut un char tout de feu, 
et sur les nuées une troupe de gens 
armés qui lançaient des traits et entou- 
raient la ville. — A la fête de la Pente- 
côte, les prêtres entrèrent pendant la 
nuit pour prier, et il y eut une voix ter- 
rible. Ils entendirent la voix qui disait : 
« Allons-nous-en d'ici. » — Quatre ans 
avant la guerre, un homme nommé Jésus, 
fils de Hananias, vint ù la fête, et se mit 
subitement à crier dans le Temple : « Voix 
de l'orient! Voix de l'occident! Voix 
des quatre vents! Voix sur Jérusalem et 
sur le Temple ! Voix sur les fiancés et 



Judée; et qu'elles avaient le don de pro- 
phétie. 

Siméon, fils de Cléophas, fut accusé 
près de Trajan, d'être de la famille de 
David, et d'être chrétien. Il rendit té- 
moignage en Tan 9. deux ans après la 
mort de Jean l'Evangéliste*. Ce Siméon 
était âgé de 120 ans; et le juge admira 
sa constance dans les tourments. A la 
fin, il fut crucifié, comme le Christ. Il 
était un de ceux qui avaient vu et entendu 
Notre-Seigneur. 

Ilégésippe raconte^' que jusqu'à cette 
époque l'Eglise était demeurée sans cor- 
ruption. Quand la phalange des Apôtres 
eut disparu avec toute la génération 
qui avait eu le bonheur d'entendre de 
ses oreilles la Sagesse divine, alors sur- 
git l'erreur de l'hérésie. 

Adrien® dit qu'il y eut quinze évêques 
à Jérusalem jusqu^à sa destruction, tous 
pris parmi les Juifs qui avaient cru tout 
d'abord; [savoir] : 

Jacques, frère de Notre-Seigneur, 
pendant 3 ans ' ; 

[102] Siméon, [4 ans]» ; 

Justus, 5 ans; 

Abai', 2 ans; 

Tobie, 3 ans; 

Benjamin, 1 an ; 

Jean, 3 ans; 

Matthai, 2 ans ; 

Philippe, 4 ans; 



1. Jos., Bell, jud., VI, XXXI ; Eus., H. E., Ill, vin. — 2. Corriger ainsi d'après Eusèbe : 
»a.û| ,3 Ih» i^i«> N^lo • Uxso;^ Ivsîi — 3. Lire : P = 27 ; ms. : 21. 

4. H. E., III, xxxii. — 5. Ihid. — 6. Au lieu de : « Adrien »,il faut sans doute lire : Eusèbe. La 
liste est tirée de VHist. eccl., IV, v. — 7. Ci-dessus (p. 148, 1. 6) : 30 ans. — 8. Le nombre d'années 
manque; ci-dessus (p. 163, \. 10) : 42ans. L'auteur mettant 40 ans entre la Passion et la ruine de 
Jérusalem, il faut restituer ici : 4 ans. Le nombre de 42 ans semble mis en concordance avec l'époque 
du martyre indiquée ci-dessus, 1. 6» et plus bas, p. 172, 1. 10. — 9. Lire : *3|, Zan^aïo;- 



168 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

sur les fiancées! Voix sur tout le peuple! » Sénèque, 2 ans; 

Il circulait et criait jour et nuit. Le Justus, 1 an; 

peuple fut excité contre lui. On s'em- Lévi, 4ans; 

para de lui et on le frappa beaucoup. Ephraïm, 3 ans; 

Il ne prononça pas une seuleparole pour Joseph, 2 ans ; 

s'excuser et ne cessa de crier la même Juda, 1 an. 

chose jusqu'au temps de la guerre. Alors, Et Jérusalem fut détruite. 

il se tenait sur le mur et criait ces Je supplie chaque frère vertueux qui 

mêmes choses. Il ajouta et dit : u Malheur lit [ceci] de prier pour moi. 

h moi »', et, au moment même, un trait 

vint le frapper et il mourut. 

[102] Remarque. — Sache, électeur*, ami de la science, que tout le récit placé dans 
la colonne ^ inférieure de la page précédente, qui fait connaître la famine et le massa- 
cre qui eurent lieu dans la destruction de Jérusalem, est tiré du livre de Josèphe, chro- 
niqueur diligent qui vivait en ce temps-là, et qui écrivit sept livres sur cette destruc- 
tion dernière et totale de Jérusalem. Nous l'avons pris partiellement, autant qu'il 
était nécessaire pour la trame de cette histoire. Que celui qui voudrait connaître tout 
le récit qui expose tout ce qui se passa alors, lise le livre de Josèphe. Ce que j'ai réuni 
et placé ici suffit au but de cet ouvrage, qui, de cette même manière, résume et coor- 
donne son exposé de beaucoup d'écrits. 



CHAPITRE III DU LIVRE VL — De V époque qui suivit la destruction totale de 
Jérusalem; commencement des règnes des fils de Vespasien : Titus et Domitien. 

Vespasien, empereur des Romains, renversa Jérusalem, détruisit le peuple 
des Juifs et fit cesser leur royauté. Alors s'éteignit totalement la dernière royauté 
des Hébreux qui avait commencé par les Macchabées, avait été complétée par 
les Philistins*, et fut détruite parles Romains. 

L'empire des Romains florissait seul alors; il y avait en ce temps-là dans des 
contrées lointaines de petits royaumes dont nous avons parlé plus haut dans la 
Note de Jacques d'Edesse^ Mais, comme en Gaule, en Syrie, en Egypte, le seul 
empire des Romains tenait le pouvoir, et qu'il n'y avait point d'autre empire 
dans tout l'univers qui lui fût comparable, c'est d'après lui seul que les chroni- 
queurs ont réglé la série des années. Tout ami de la science qui veut connaître 
la succession de ces petits royaumes qui existaient en ce temps-là, apprendra 
de cette note, comment chacun d'eux a commencé et a fini, combien de rois il a 
eus, et quels sont ceux-ci. 



1. Lire : «^i. i.o (?) — 2. Lire : Uo;^ ol. — 3. Lire : Ua^vj^. 

4. Allusion à la famille d'Hérode l'Ascalonite. — 5. Cf. ci-dessus, p. 118. 



LIVRE VI. GHAP. III 



169 



Vespasien mourut [103] âgé de 70 ans*; il en régna 10. 

Après lui régna son fils Titus, celui qui avait assiégé et détruit Jérusalem. Il 
commença à régner en l'an 395. Au bout de deux ans et dix mois' le Sénat le 
proclama dieu ; Titus, ayant accepté d'être jiroclamé dieu, mourut subitement à 
l'âge de 45 ans. 

En l'année 397, son frère Domitien commença à régner, pendant 15 ans et 
5 mois. — Celui-ci chassa de Rome les magiciens 'et les philosophes. Il défendit 
de planter de la vigne à l'intérieur de la ville*. 

Comme la doctrine du Christ croissait vigoureusement, le philosophe Patro- 
philus dit à son maître Ursinus : « Qu'est que cela, que tous les peuples croient 
à un homme crucifié? Car voici que Théodore, le prince des sages d'Athènes et 
Africanus d'Alexandrie, et Martinus de Beyrouth, et beaucoup d'autres l'adorent. 

Ils n'ont point de richesses, et ils sont puissants en parole et en œuvres. » Il 

lui répondit: « Ne sois point surpris que tous le servent; je pense moi-môme 
que les dieux que nous servons deviendront ses sujets^; car ses disciples ne 
s'abandonnent point aux détestables habitudes du péché, et cela atteste que leur 
doctrine est plus vraie que toute autre. )^ — Domitien, en entendant cela, fut 
saisi d'admiration et fit cesser la persécution. — Fin. 



Hérétiques de ce temps-là : Simon le 
Magicien. — Ménandre'' son disciple, 
Samaritain versé dans la magie. Il disait 
de lui-même qu'il était le Sauveur; il sé- 
duisit beaucoup de gens en leur disant 
qu'ils ne mourraient point s ils étaient 
initiés à la magie et recevaient le bap- 
tême ^ de ses mains; — Ebion% ce qui 
signifie « pauvre » dans la langue hé- 
braïque; celui-ci et ceux de sa secte di- 
saient que le Christ est un homme ordi- 
naire et qu'il naquit de l'union d'un 
homme®. 

En ce temps-là, Vespasien ordonna 
de tuer tous les descendants de la race 



Hégésippe expose '" que l'empereur 
Domitien, craignant que les Juifs ne ré- 
tablissent la royauté, ordonna de tuer 
tous ceux qui étaient de la race de David. 
On amena en sa présence les enfants de 
Judas, le frère de Notre Seigneur, 
comme étant de la race de David. Il les 
interrogea sur le Christ et son royaume. 
Ils répondirent : « Il n'est pas terrestre 
comme tu le penses; mais celui qui est 
venu^ a été crucifié, est mort, est ressu- 
scité, est remonté au ciel, doit revenir 
cà la fin des temps. « En entendant 
cela, il se réjouit et ne les blâma point. 
Il les questionna sur leurs richesses ; 



1. Lire : v^ (et non ^). — 2. Pour la rectification des dates voir l'Introduction. — 3. Litt. : les 
Chaldéens. — 4. E. a. 2105. — 5. Litt. ; « se feront ses disciples ». 

6. Eus., //. E, m, xxvr. — 7. Lire : ^jviv. _ 8. Eus., H. E., III, xxvii. _ 9. Blanc de deux lignes. 
I^e texte ne paraît pas présenter de lacune. 

10. Cf. Eus., //. /s., III, XX. 

1. 22 



170 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



de David partout où ils se trouveraient. 
Beaucoup de chrétiens furent aussi mis 
h mort pour le Christ; tous ceux d'entre 
eux qui étaient pris étaient déclarés de 
la race de David*. 

En ce temps-là, Vespasien de nou- 
veau bâtit le Capitole*; il érigea le Coli- 
sée' de 125 pieds de long. — l\ y eut 
une révolution à Alexandrie'. 

En ce temps-là % il y eut à Rome une 
peste si grande que le nombre de ceux 
qui mouraient [103j journellement 
s'éleva à dix mille. 

En ce temps-là*', avant de mourir, 
Vespasien renvoya en Judée les Juifs 
captifs. 

A cette époque, Lesebios ', monta- 
gne du pays de Rome, se fendit et il s'en 
échappa du feu, au point que les pays et 
lesvilles des alentours furent incendiés. 

Quand le roi Titus fut proclamé dieu, 
il y eut à Rome un grand incendie^. 

Quand Domitien commença à régner, 
il défendit de châtrer un mâle^; il fit 
massacrer beaucoup de personnages de 
noble race et en exila d'autres'". 

En ce temps-là, trois vierges qui de- 
vaient servir la déesse Vesta dans la 
virginité, furent convaincues de fornica- 
tion ; elles furent dépouillées du sacer- 
doce, et finalement condamnées à la peine 
de mort**. 

En ce temps-là, les Nasamones et les 



et ils lui montrèrent leurs mains dur- 
cies par le travail de la terre. Alors, 
il les laissa et fit cesser la persécution 
des églises. Bretius raconte*^ que quand 
Domitien persécutait les chrétiens , 
beaucoup soullrirent le martyre, prin- 
cipalement parmi les disciples des apô- 
tres_, et parmi les femmes qui servaient 
les saints. Flaviana Domitia, fille de la 
sœur du consul Flavius Clemens, ayant 
confessé qu'elle était chrétienne, subit 
le martyre des mains de son frère, dans 
Tîle de Pontia. 

[103] ARome,le2''évèque fut Cletus*', 
pendant 18 ans. Après lui, le 3** fut Clé- 
ment, pendant 9 ansi^^. Paul mentionne 
celui-ci, quand il écrit '^ : « Clément cl 
mes autres coadjuteurs. » L'Eglise reçoit 
son épître aux Corinthiens; mais le 
livre qui dit qu^il monta à Rome avec 
Pierre et y trouva ses parents, et qui 
contient une dispute contre Appion, 
n'est pas reçu'^. 

Les premiers évoques ordonnés par 
Paul furent Timothée, à Ephèse; Tite, 
en Crète ; Luc, qui était médecin à An- 
tioche et fut le compagnon de Paul dans 
ses voyages; Denys de l'Aréopage. Un 
autre Denys, évêque de Corinthe, rap- 
porte de celui-ci qu'il fut le premier 
évêque d'Athènes*^. 

En ce temps-là, apparut à Corinthe 
un hérétique du nom de Cérinthe'^. [Il 



1. Cf. Eus., H. E., III, xii. — 2. H. a. 2089; Arm. 2088. — 3. Ms. : Kuklos; E. a. 2091; 

notre ihs. ajoute à tort : à Alexandrie. — 4. H. a. 2089; Arm. 2090 5. E. a. 2093. — 6. Cf. 

H. a. 2094; Arm. 2093. — 7. E. a. 2095 ; H : mons Bœbius ; Sync. : xb Blaêiov. — 8. Cf. E. a. 2096. 

— 9. E. a. 2098. — 10. E. a. 2099. — 11. Ibid. 

12. H. a. 2112; Bruttius; Arm. 2110. Sync. : Bpl-uoç. Cf. H. E., III, xviif. — 13. Cf. ci-dessus, 
p. 163, 1. 7. — 14. H. E., III, XV. — 15, Philipp., iv, 3, — 16. H. E., III, xxxvtir. — 17. Ibid., iv. 

— 18. Eus., H. E., III, xviu. 



LIVRE VI. GIIAP. III 



171 



Daces firent la guerre avec les Romains 
et furent détruits ^ 

Du temps de Domitien, le temple sans 
bois fat fondé*. 

Domitien changea le nom de deux des 
mois ; il appela Septembre : Germanicus, 
et Octobre : Doniitianus '; ce sont les 
mois de 'Iloul et de Tesri I", 

Cornelia*, la première des vierges 
prêtresses de Vesta, accusée de corrup- 
tion, fut enterrée vivante. 

En ce temps-lh\ Domitien triompha 
des Daces et des Germains, 

Flavius Josèphe termine en cette an- 
née*"' le Livre XX" de V Archéologie, ou 
Traité de V Antiquité. 

En ce temps-là' florissaient les philo- 
sophes Apollonius de Tyane et Euphra- 
tes. — Cet Apollonius fit connaître des 
talismans ; il faisait [104] toute sorte de 
choses à l'aide des démons. [Il disait : 
« Quel malheur que j'aie été précédé par 
le]^ fils de Marie! » Quelques-uns l'ap- 
pellent TTAâvtoç". 

Abgar bâtit un sépulcre à Edesse en 
ce temps-là'". 

Il y eut de nombreux prodiges divins 
à Rome et en tous lieux'*. 

Domitien, empereur des Romains, fut 
tué dans son palais*^. 

Et ici finit le temps de Vespasien et de 
ses fils : Titus et Domitien. — Que le lec- 
teur intercède pour moi dans la prière ! 



disait] qu'il avait des visions comme 
l'apôtre Paul; il écrivit avoir appris des 
anges qu'après la résurrection, le 
royaume du Christ serait sur la terre; 
que de nouveau on servirait les désirs du 
corps dans Jérusalem, que la fête du fes- 
tfndureraitl'espace de mille ans et qu'on 
rassasierait le ventre par le manger, le 
boire et le mariage. — Irénée, parlant, 
d'après la tradition de Polycarpe, écrit : 
« I/apôtre Jean entrait au bain; mais 
s'étant aperçu que Cérinthe se trouvait à 
l'intérieur, il sortit en liàte. » 

A cette époque, s'éleva et s'éteignit 
aussi l'hérésie des Nicolaïtes". .lean la 
mentionne dans son Apocalypse. Ce 
Nicolas était un des sept qui furent choi- 
sis avec Etienne; il avait une belle [104] 
femme; il la laissa se livrer à qui vou- 
lait. Des insensés pensèrent et prêchè- 
rent que Nicolas avait enseigné qu'il faut 
satisfaire la chair; c'est pourquoi ils se 
livraient sans honte à l'impudicité. Cette 
hérésie s'éteignit rapidement. Nicolas 
persévéra dans la chasteté, et son fils et 
ses filles dans la virginité; et il enseigna 
de la sorte qu'il faut lutter avec la chair 
et ne pas lui accorder toute satisfaction, 
mais faire croître Lame dans la crainte 
de Dieu. — Fin. 



1. H. a. 2102; Arm. 2101. —2. E. a. 2101. — 3. H. a. 2103; Arm. 2102, — 4. H. a. 2107. Rest. : 
\h^!,&si. — 5. E. a. 2106. — 6. H. a. 2109. — 7. H. a. 2111; Arm. 2110.— 8. Le passage est à res- 
tituer ; Xi*po «3 ui^,o» ùs u_>ia». loo^ ;»|o (BH., Chv. syr., p. 51). — 9. Le même auteur l'appelle : 
|^Pi,9 (var. : I^^S) qu'on a rapproché du grec TtsXwp ; mais qui est peut-être une corruption de notre 
mot. — 10. Chr. edess., éd. HA.i.i,tER, n» v (ann. 400). — 11. H. a. 2112: Arm. 2111. — 12.E. a. 2112 

13. Eus., //. E., III, XXIX. 



172 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

CHAPITRE IV. — Du temps de Trajan el de ses deux fils associés : Adrien et 

Antonin. 

En l'année 413, Nerva régna à Rome pendant un an. — Celui-ci, ayant aussi 
été proclamé dieu par tout le peuple, tomba promptement dans une maladie et 
son corps se corrompit; et il mourut dans les jardins de Salluste*. 

En Tan 414, commença à régner Trajan, pendant 19 ans et 6 mois. Le Sénat 
résolut d'enlever les honneurs royaux à Domitien après sa mort, à cause de ses 
crimes ^ 

Trajan excita contre les chrétiens une persécution dans laquelle Simon, fils 
de Cléophas, évéque de Jérusalem, et Ignace d'Antioche rendirent témoignage 
et furent couronnés du martyre ^ Alors, PliniusSecundus, gouverneur d'une des 
provinces, condamna à mort, par ordre du roi, beaucoup de chrétiens, et en 
destitua beaucoup d'autres de leurs fonctions. Comme la multitude du peuple 
chrétien l'effrayait, il fut saisi de crainte, et, ne sachant que faire, il écrivit à 
Trajan en disant : « Les chrétiens ne commettent point d'autre crime que de ne 
vouloir sacrifier aux idoles. Le matin, en se levant, ils prient*, et ils adorent le 
Christ comme Dieu; ils détestent l'adultère, le meurtre et toutes les œuvres 
mauvaises. » — En apprenant cela, [103] Trajan prescrivit et écrivit qu'on ne 
devait pas rechercher les chrétiens, mais si quelqu'un d'entre eux était pris, il 
devait être condamné. Ces choses sont racontées par TertuUien"'. 

A la fin du règne de Trajan, les Juifs d'Egypte se révoltèrent. Ils se consti- 
tuèrent un roi nommé Lucua". Il les dirigea et vint en Judée. Trajan envoya 
contre eux Lysias qui en détruisit des myriades. C'est pourquoi Lysias fut établi 
gouverneur de la Judée. 

Trajan vécut 66 ans; il en régna 19, et mourut. 

En l'an 433, Adrien commença à régner. 

[En l'an 3 d'Adrien] '', qui est l'an 436 des Grecs, le royaume d'Edesse cessa, et 
des gouverneurs y avaient le commandement, comme en tous lieux^ 

En l'an 5 d'Adrien, le fleuve Cephisus" inonda Elusine. Adrien y fit un pont, 
II hiverna à Athènes. En ce temps-là, l'empereur fit une bibliothèque et y plaça 
les lois de Solon et de Dracon. Dès lors, les sciences se développèrent à 
Athènes'". 

En l'an 18 d'Adrien", les Juifs se révoltèrent de nouveau à Jérusalem. Ils 
furent séduits par un homme surnommé Bar-Kôkéba qui disait être venu du 



1. Cf. E. a. 2113, 2114. Lire : ûi...^iiû<iSûoj (BH., Chr. syr., p. 51). — 2. Cf. E. a. 2113. — 3. E. 
a. 2123. — 4. LiU. : « ils glorifient ». — 5. H. a. 2124 ; Arm. 2123. — 6. E. a. 2131 ; Cf. H. E., IV, 
II. Aouxo'ja Tw paaOsï. Ms. : Lomphasos. Vers. syr. d'Eus. : tooa»9Qi>>; var. : Uû^. — 7. Ligne omise 
dans le ms. — 8. Cf. ci-dessus, p. 120. — S). H. a. 2139; Arm. 2137; -jub K/jçktoO; ms. : Ptiysios, — 
10. H. a. 2140, 2147,2148. —11. E a. 2149; ms, : Van?>. 



LIVRE VI. CHAP. IV 173 

ciel, comme une étoile, pour les délivrer. Beaucoup se mirent à sa suite. Il 
s'emparait de ceux qui ne Tacceptaient pas et les tuait. En entendant cela, l'em- 
pereur envoya une armée, détruisit les Juifs et renversa Jérusalem de fond en 
comble, On bâtit là [106] une ville qui fut appelée ^lia Adriana, en l'honneur 
de l'empereur. On y amena des étrangers, pris parmi les Gentils, et on les y 
fit habiter. On coupa les oreilles aux Juifs, et on leur défendit de regarder 
même de loin ce lieu ', 

Le total des années, depuis la destruction de Vespasien jusqu'à cette autre 
destruction complète, est de 62 ans, et depuis l'Ascension de Notre-Seigneur, 
de 102 ans. 

Adrien accepta le livre de l'Apologie qu'avaient fait les philosophes en faveur 
des doctrines des chrétiens. Serenius, le préfet, adressa aussi des lettres à 
l'empereur au sujet des chrétiens, disant : « Il n'est pas juste de les tuer, uni- 
quement à cause de leur nom, sans accusation ni jugement. » Pour ces motifs, 
l'empereur écrivit à Minucius Fondanus, proconsul d'Asie, de ne pas les mettre 
à mort sans accusation ni sans jugement. Les chrétiens conservent jusqu'au- 
jourd'hui une copie de cette lettre; et on rappela à la mémoire des empereurs 
qu'Adrien avait ordonné que les chrétiens ne fussent plus persécutés*. 

Adrien mourut du mal de l'hydropisie à Baies '\ après avoir régné 21 ans. 

Sous cet Adrien se réunit àNicée* un premier synode de 43 évoques qui 
anathématisèrent [Sa]bellius, qui blasphémait en disant que le Père, le Fils et 
le Saint-Esprit ne sont qu'une seule personne manifestée en trois [manières] ; 
ils anathématisèrent aussi Valentinus"^ qui disait que Notre-Seigneur avait fait 
descendre son corps du ciel. 

En ce temps-là florissait Jiistus de Quelques-uns ont écrit que l'apôtre 

Tibériade, chroniqueur juif^ Ceux qui Jean était demeuré en exil dans l'île de 

avaient été persécutés par Domitien re- Patmos jusqu'à l'époque de Néron; qu'il 

vinrent, et on leur rendit même leur fut ensuite relâché avec les autres per- 

bien. L'apôtre Jean revint aussi de l'exil sécutés, revint à Ephèse, etrendit témoi- 

avec eux'. g"^o® ^^^' temps deTrajan. Sesdisciples 

En ce temps-là, Trajan marcha contre étaient Papias de Hiérapolis et Polycarpe 

les Daces et les Scythes, et les soumit**. de Smyrne^ 

1, Cf. H. E., IV, vr, — 2, H. E., IV, viii. Le texte de cette lettre est donné d'après Justin, il)id., 
IX. — 3. E. a. 2153; Ms. : Biena (Vienne). — 4. BH. {Chr. syr., p. 53) donne la même leçon. 
Pseudo-Denys (édit. TuUberg, p. 154) : Uoojil, « à Ancyre »; ce doit être la vraie lecture. Cepen- 
dant il y a un anachronisme, ce concile ayant été célébré vers 314. Voir les canons édités eu syria- 
que, dans PiTRA, Analecta sacra, IV, 443. Il n'y est pus question de Sabellius qui fut réellement 
condamné au concile de Nicée. — 5. Lire : «i»ai»,g»i2\|c5. 

fi. E. a. 2113. — 7. Ibid. — 8. E. a. 2117. — 9. H. a. 2116; Arm. 2114 



174 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



A Rome, la Maison dorée fut détruite 
par un incendie ^ 

Trajan réduisit la Dacie en province'. 

En ce même temps, il y eut un trem- 
blement de terre extrêmement violent, 
dans lequel beaucoup de villes furent 
renversées; [entre autres :] quatre villes 
en Asie : Eléa, Myrina, Pytane et Cume^; 
en Grèce* : Opyntium etMyriôn^, et trois 
villes en Galatie^ 

Le temple du Panthéon, c'est-à-dire 
de tous les dieux, fut détruit par la 
foudre'. 

Encore à cette époque, Antioche fut 
tout entière plus ou moins renversée 
par un violent tremblement de terre \ 

A cette époque, après Ménandre, pa- 
rut h Antiocho Saturninus^ qui disait : 
Sept anges ont créé le monde; c'est à 
eux que Dieu dit : « b'aisons l'homme à 
notre imaoe et ;i notre ressemblance » ; 
ce sont eux qui ont donné la Loi. Le 
mariage est chose mauvaise [103,, disait- 
il. Et comme les démons aident les 
hommes mauvais, le Sauveur est venu 
pour aider les bons. 

A cette même époque, à Alexandrie, 
Basilidès inaugura l'hérésie des ouvriers 
du Serpent qui sont appelés Gnostiques". 
Il enseigna qu^il y a trois cent soixanle- 



Le 4® évêque de Rome fut Evaristus, 
pendant 10 ans'*. 

Dans l'Eglise d'Alexandrie, le troi- 
sième qui siégea futCerdon, pendant 11 
ans ^-. 

A Byzance*% le 1" évêque fut l'apôtre 
André; le 2", Stychus; le 3°, Onésime, 
pendant 24 ans; le 4°, Polvcarpe, pen- 
dant 17 ans; le 5^, Polytorus**, pendant 
15 ans; le 6^, Çédékiôni^, pendant 8 ans. 
En la 6" année de Trajan, fut établi le 7", 
Diogénès, pendant 8 ans. 

En la 7® année de Trajan, mourut Jean, 
à Ephèse, où il fut enseveli; il eut pour 
successeur Timothée. Jean vécut 74 ans 
après l'Ascension de Notre-Seigneur. 

Un de ses disciples [était aussi Igna- 
tius, qui succéda à Evodius comme évê- 
que d'Antioche. Il fut enchaîné à An- 
tioche et envoyé à Rome] ^^. En route, 
il affermit tous les fidèles [lOo! qu'il 
rencontra sur son chemin dans les villes 
de Syrie et par les lettres qu'il leur 
envoya. Il écrivit à Rome, avant son ar- 
rivée, et annonça qu'il devait y être dé- 
voré par les bêtes. Il supplia les fidèles 
de ne pas le priver de la couronne du 
martyre, et il dit : « Je salue les bêtes 
qui me sont préparées et je souhaite 
qu'elles me dévorent. » Il disait encore : 



I. E. a. 2120. — 2. H. a. 2118; Arm. 2117. Lu-e : ^^[o\^. — 3. E. a. 2121. 'E/.aia, Muptva, Uvriv-q 
xai Kû[Aï). — 4. Lire : ^eoW . — 5. 'OTtouvxta xat 'Qptxoç. — 6. Ms. : en Gaule. H. a. 2127; Arm. 2125. 
— 7. H. a. 2127 ; Arm. 2124. — 8. E. a. 2130. — 9. Cf. Eus., //. E., IV, vn. — 10. E. a. 2149; cf. 
//. E., IV, vir. L'expression: niinistri serpentis, pourrait faire croire que les Syriens ont confondu 
les Gnostiques avec li secte des Ophites . 

II. Arm. a. 2110; //. E., III, xxxtv. — 12. E. a. 2113, KépSoov. — 13. La liste concorde avec celle 
du Pseudo-Dorothée (Mig.ne, P. Gi\,t. XCII, col. 1059 sqq.). — 14. Sic; BH. de même ; Ps-Dor. : 
Plutarchus. — 15. ïiîoîy.iwv. — Ifi, Lacune do trois lignes. Je propose de restituer : >»W0(-*-vî^t «^ 
...low ^;»xj Uiol-ao • v^-ioo"^ ^»^».!o y.ô"'!-^ tooRI i)w • >ooa.»ol i^^ U3a..g»|.3 XXo» «ûûaâ,^U^| |ow oo'. 
(cf. Bit,, Clir. ceci., l, 41). 



LIVRE VI. (UIAP. IV 



175 



cinq cieux, selon le nombre des jours 
de l'année. Il disait ouvertement que la 
loi immonde devait être accomplie*. 

[A cette époquej% les Juifs "^de la Libycj 
se mirent à exciter des troubles et à at. 
taquer les Grecs qui habitaient avec eux, 
de même que ceux d'Alexandrie, de Cy- 
rène et de Thébaïde. Les Grecs furent 
vainqueurs à Alexandrie, 

Les Juifs de Mésopotamie se révoltè- 
rent aussi ^ 

Le Sénat proclama Trajan dieu*. 

Quand Adrien commença à régner, il 
abolit les dettes et lit brûler les reoistres 

o 

des villes qui lui étaient redevables ; il fît 
remise de nombreux impôts à plusieurs^. 

A cette époque florissait le philosophe 
Secundus le Silencieux. Adrien, frappé 
d'étonnement, voulut lui faire rompre 
son silence ; mais il résista jusqu'à la 
mort. 

A cette époque llorissaient les philo- 
sophes Plutarchus Cheroneus^ Sextus, 
Agathobolus et Œnomaiis'"'. 

A cette époque, mourut le philosophe 
stoïcien Euphratès'. 

A cette époque, il y eut un tremble- 
ment de terre_, dans lequel Nicomédie 
fut totalement détruite, et Xicée en 



« Je suis le froment de Dieu; je dois être 
moulu par les dents des bêtes, pour deve- 
nir un pain pur sur la table céleste **. » — 
Il vit les anges qui psalmodiaient en deux 
chœurs, et il prescrivit de faire de même 
dans l'Église. 

A Edesse, après l'Apôtre Addai, le 
premier évêque fut Aggai'', après lui Pa- 
lout, auquel succéda ['Abselama '"'.Celui- 
ci eut pour successeur Barsamia qui 
convertit le prêtre Sarbil qui soulFrit le 
martyre sous Trajan", ainsi qu'Euphé- 
mia, une vierge de Chalcédoine ". 

En Pan 15 de Trajan, il ordonna d'ex- 
pulser de Rome tous les étrangers, 
parce que ceux-ci augmentaient le prix 
des choses dans la ville. Ces étrangers 
imaginèrent de demander à l'empereur 
d'emporter avec eux les ossements de 
Pierre et de Paul, attendu qu'eux aussi 
étaient des étrangers à Rome. En ayant 
reçu la permission, ils allèrent les pren- 
dre. Toute la ville fut agitée par les 
tremblements de terre, il y eut une 
obscurité et des tempêtes, jusqu'à ce 
qu'il fit revenir les étrangers dans la 
ville. 

A Alexandrie, le 4" évêque fut Primus, 
pendant 12 ans". 



1. Lacune de deux ligues. — 2. H. a. 2180; Arm. 2131. — 8. E. a. 2131. — 4. E. a. 2134. — 
5. H. a. 2134; Arm. 2135. — 6. E. a. 2135 : nXoû-rapxo? Xatpuveûç. SéÇto;. 'AyaÔôêouXoç. Oîvôtiao?. — 
7. H. a. 2137; Arm. 2136. 

8. Cf. Eus., If. E., III, xxxvr. — 9. Il ne semble pas y avoir de lacune après Aggai, qui d'après 
la Doctrine d'Addai eut pour successeurs Paloul, 'Abselama et Barsamia. Cf. Duval, Hist.d' Edesse, 
p. 86-88. — 10. Suppléer ; tsài^av |,»| "'^ciis ; cf. la clausule des Actes de Barsamia, dans Cureton, An- 
cient syriac Documents, p. 72. — 11, Les Actes de Sarbîl ont été édités par Cureton, op. cit., p. 41 
et reproduits par Bedjax, Acta mari, et sanct., 1. 1, p. 95 sqq. Cf. Duval, Jouin. as., 1889, II, p. 40 
sqq, — 12. Anachronisme. Sainte Euphémie souffrit le martyre vers 307. Cf. Acta sanct., 16 sept. 
— 13. H. a. 2122. 



17G 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



grande partie. Adrien les fit reconstruire 
aux frais du trésor public'. 

A cette époque, un juif appelé [106] 
Bar-Kokébas se révolta en Judée; il con- 
traignait tout le monde à marcher avec 
lui au combat contre les Romains*. Il 
tua* beaucoup de chrétiens. 

En ce temps, le prince Antinous^ fils 
de Qétis*, étant mort en Egypte, fut ho- 
noré comme un dieu, à cause de sa beauté. 

A cette époque, de Ménandre qui 
avait succédé h Simon, sortit une puis- 
sance malfaisante, comme un serpent à 
deux tètes, dans les deux chefs qui furent 
à la tète de deux hérésies^; 1 un fut Sa- 
turnilus ^ dAntioche, et l'autre Basilidès 
d'Alexandrie. Saturnilus proféra des 
mensonges à l'instar de Ménandre^ et 
Basilidès usa d'artifices' sans nombre. 
Il écrivit XXIV Livres contre l'Kvangile. 
Il nomma ses prophètes Barcaba et 
Barcoph ^ et d'autres noms barbares, 
qui étaient pour exciter l'admiration. Il 
enseignait qu'on pouvait manger des 
choses offertes en sacrifice [aux idolesj 
ot apostasier dans le temps de la persé- 
cution. Comme Pythagore, il prescrivait 
à ceux qui le suivaient de garder le si- 
lence pendant cinq ans. 



A Rome, le 6^ évèque fut Xystus, pen- 
dant 11 ans^.. [106], et le 7% Télespho- 
rus, pendant 11 ans'". — De son temps, 
Drosis*', fille de l'empereur Traj an, souf- 
frit le martyre, et beaucoup d'autres avec 
elle. 

Dans l'Eglise d'Alexandrie, le 5" évê" 
que fut Justiis, pendant 11 ans'*. 

A Antioche, le 4'^ évèque : Cornélius 
succéda à Ignace*^. 

A Ephèse, après Timothée [siégea] 
Onésime, après celui-ci Gaïus, et après 
lui un autre Gaïus, et Philologus, et 
Lucius, et encore Apollonius et Possi- 
dius (?). 

Il y avait comme docteurs, en ce 
temps-là, Quadratus i*^ disciple des Apô- 
tres, et Aristide [d'Athènes], philosophes 
chrétiens, qui écrivirent une apologie 
de la foi ; elle fut accueillie par l'empe- 
reur Adrien, qui fit cesser la persécu- 
tion. 

En ce temps-là, [sainte Sophie]*^ su- 
bit le martyre avec ses trois filles. 

Jérusalem avait été totalement dé- 
truite et /Elia avait été bâtie. Dans 
celle-ci fut établi le premier évèque pris 
parmi les Gentils, Marc, qui fut le 16" 
évèque [de Jérusalem] '^ 



1. H. a. 2136; Arm. 2137, — 2. E. a. 2149. — 3. Lire : "^w^. — 4. Sic ms. L'arabe a lu de 
même : ^ca^a ^|. H n'est pas douteux qu'il y ait une faute. 11 faut probablement lire : asû*Jo»w '^^ 
« compagnon de plaisir « [d'Adrien] ; ttôv t/i; r,Sov?,<: bnripixqv (Geokg. Hamakt., P. Gr., t. CX, col. 
104). Cf. H. a, 2145; Arm. 2143. —5. Eus., II. E., IV, vu. — 6. Satômilos est aussi la leçon 
de l'ancienne ver. syr. d'Eusèbe. — 7. ÈTtivocat. — 8. Bapxaggâv xai Bapxwcp. Ms. : Barphoph. 

9. H. a. 2135; Arm. 2130. Après la mention de Xystus le ms. porte ti'ois mots que je ne sais à 
quoi rattacher. Littéralement: « ipse posait ('><i.Dc,)ea (vel eis) capita. » Ar. : ' ^-l-l-jUI Uoov^ >i|0 owo. 
10. H. a. 2144; Arm. 2140. — 11. Cf. Acta sanct.,22 sept. — 12. H. a. 2135, Arm. 2136. — 13. E. 
a. 2144. — 14. KoÔpàTTO?. H. a. 2142 ; Arm. 2141. Cf. //. JE., IV, m; ms. : Qârlos (Quartus). — 15. 
]iC sujet est omis dans le ms. ; mais il n'est guère douteux, quoique le verbe soit au masc., qu'il 
s'agisse de cette sainte et de ses filles : Pistis, Elpis et Agapé; cf. Acla sancl., 1" août. — IC. H. 
a. 2151; Arm. 2152. Cf. //. E., IV, vr. 



LIVRE VI, CHAP. IV 



177 



A cette époque parut Carpocrate, le 
chef de l'hérésie des Gnostiques, qui 
pratiquaient la magie de Simon, et se 
vantaient des guérisons faites par les 
démons parmi eux. Ils se réjouissaient 
d'abominables obscénités*. 

A cette époque, les chrétiens furent 
accusés, par de faux apôtres, d'abuser 
de leurs mères et de leurs sœurs. Cette 
odieuse opinion s'éteignit promptement, 
et la vérité fut établie^. 

[107] Hégésippe combattit vigoureu- 
sement ces hérésies dans ses écrits et 
dévoila l'esprit pervers de ces miséra- 
rables, par la vertu de la doctrine véri. 
table des saints Apôtres. 

En ces temps florissaient le philosophe 
Favorinus», et Polémon le rhéteur*. 

Acette époque vivaient les philosophes 
Arrianus de Nicomédie, Maximus de 
Tyr, Apollonius le Stoïcien, de Chalcide, 
Basilidès de Scythopolis. Tous ces phi- 
losophes étaient célèbres, et furent les 
maîtres du César Verisimus*. 

A cette époque florissait le Cretois 
Mésonidès, poète auteur des règles de la 
cithare*. 

Le philosophe platonicien Taurus, de 
Beyrouth, florissait alors'. 

Le cynique Crescens*, de Cyzique, 



A cette époque florissait Hégésippe, 
un des Juifs qui avaient cru en Notre- 
Seigneur'. 11 expose en cinq Livres que 
de son !"temps] les hérétiques avaientcom- 
posé des Apocryphes *''. — Il " écrit aussi 
qu'on érigea une idole d'Antinous, 
esclave de l'empereur Adrien, et qu'on 
l'adorait comme un dieu, bien qu'on sût 
d'où, et qui, il était. Il raconte comment 
lui-même se convertit de la doctrine des 
Grecs à la religion de Notre-Seigneur. 
Le 6* évèque d'Alexandrie fut [107] 
Ammonius, pendant 13ans*^. 

Télesphorus de Rome, après avoir 
siégé 11 ans, finit par le martyre*^. Hygî- 
nus, le 8", reçut l'épiscopat de Rome, 
pendant 4 ans*^. Le 9^ qui lui succéda 
fut Pius, pendant 15 ans*^. 

A Antioche, le 5^ fut Orus, pendant 
16 ans*^. —A Alexandrie, le 7« fut Mar- 
cianus, pendant 10 ans '^. — A Byzance, 
fut Athenodorus pendant 13 ans; et en- 
suite Euzoius pendant 5 ans'*. 

A Jérusalem, après Marcus, le pre- 
mier des Gentils, vint en 17" lieu Cassia- 
nus, pendant Sans; — après lui, le 18" fut 
Poplius, pendant4ans; — le 19efutMaxi- 
mus, pendant 5 ans; — le 20^ : Julius, 
pendant 6 ans; — le 21®: Gaïus, pen- 
dant 2 ans ; — le 22^ : Symmachus, pen- 



1. Eus., H. E., IV, vtr. — 2. Ibid. — 3. Lire : *i>ftai*»ûal3, — 4. Lire : ^a^'v <ï>aêoypîvo; xat noX£(i,wv ô 
p^TMp. E. a. 2148. — 5. 'Apptavb; NixofjiriSïy;. MâEiîxo; Tupioç. 'AuoXXwvto; Xa)>xr)86vtoç. BacrtXetôoî SxuOo- 
TtoXixr]?... StôaaxaXot Oyripïidîfiou Kataapo;. H. a. 2163, 2165. — 6. E. a. 2160. M.tf:a\s.r\^r,q, uotrjTriç vofxwv 
xiôapwô'.xcov. — 7. H. a. 2161. — 8. Ms. : Qrtsiqîs. H. a. 2170. KpTjffXYiç. 

9. Cf. H. E., IV, virr, xxr, xxu. — 10. Peut-être faudrait-il traduire : « des Apocalypses et des 
Actes ». Le mot pûJS,^ traduit dans la vers. syr. d'Eusèbe (IV, xxn, s. f.) : àuoxpuçwv ôiaXa(xgâva)v. 

11. Ce passage n'est pas d'Hégésippe, mais bien de Justin (cf. H. E.,IV, viii). — 12. H. a. 2146. 

Eùixevriç. — 13. Cf. H. a. 2144. — 14. H. a. 2154; Arm. 2150. — 15. H. a. 2158 ; Arm. 2154; ms. : 

le 6». — 16. E. a. 2158. "Epw;. — 17. H. a. 2159 : Marcus. — 18. Pseudo-Dorothée {P. Gr., XCVIII, 

col. 1059) : Eùîlwïoç. L'accord qui existe pour les noms n'existe pas pour la durée des épiscopats_ 

I. 23 



178 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



étnit célèbre. Celui-ci fit préparer la 
mort du martyre au philosophe chrétien 
Justin', qui blâmait son désir de pa- 
raître. — Fin de ce chapitre. 



dant 4 ans; — le 23'^: un autre Gains, 
pendant 8 ans; — le 24" : Julius, pen- 
dant 17 ans; ■ — le 25° : Capition, pen- 
dant 15 ans^ 

A Alexandrie, le 8" évêque fut Céla- 
dion, pendant 14 ans'. 

Dans IM^'glise de Rome, le 10'' évêque 
fut Anicetus, pendant 17 ans*. — De son temps, Polycarpe vint à Rome, et convertit 
beaucoup d'hérétiques à la foi orthodoxe, — Irénée dit de saint Polycarpe qu'il avait 
été instruit par les Apôtres, avait été ordonné par eux et établi évêque de Smyrne, 
ville d'Asie. Irénée lui même l'avait vu dans sa jeunesse, car Polycarpe était resté 
longtemps en ce monde*. — Fin de ce [chapitre^. 



CHAPITRE V DU LIVRE VI. —De l'époque du règne de Titus Aiitoiiiuus. 

Quand l'empereur Adrien mourut, l'empire des Romains fut gouverné 
par Titus Antoninus qui fut surnommé le Pieux, et appelé Juste ^ Il commença 
à régner en Pan 450 des Grecs. Son règne avec ses fils Aurélius et Lucius dura 
22 ans et 3 mois. 

Cet Antoninus fut appelé Père de la Patrie \ 

De son temps, Justus** de Néapolis, à côté de Jérusalem, alla à Rome et fit 
par écrit une Apologie [en faveur des chrétiens]^ L'empereur accueillit la pa- 
role du philosophe, et écrivit lui-même en Asie afin que les chrétiens ne 
fussent pas persécutés; et la paix régna. — Fin. 



A cette époque l'hérétique Marcus et 
Cerdon proclamèrent qu^il y a plusieurs 
êtres [essentiels] et nièrent la résurrec- 
tion ^^. 

Ce Cerdon qui [précéda] Marcion*^ 
vint à Rome du temps de Hygin, le 
O*" évêque. Il enseignait que le Dieu qui 



[On dit] que Marcion vint une fois 
trouver Polycarpe et lui dit : « INIe re- 
connais-tu? )) et celui-ci répondit : « Je 
te reconnais comme le premier-né de 
Satan. » Les saints apôtres et leurs dis- 
ciples étaient tellement vigilants, qu'ils 
ne voulaient pas même communiquer en 



1. Ms. : Justinianos. 

2. E. a. 2176. — 3. H. a. 2169; Arm. 2178. KsXaStwv. —4. H. a. 2173; Arm. 2168. 'AvixriToç. Ms. : 
Antiqos. —5. Cf. H. E., IV, xtv. 

6. E, a. 2154. — 7. H, a. 2155; Arm. 2154. — 8. Justin. Le syriaque écrit partout Justus pour 
Justinus. — 9. H. a. 2157; Arm. 2156. Cf. //. E., IV, xi-xir. 

10. //. E., IV, XI. -^11. Lire aiusi d'après le grec : Képowv 6 Trpô Mapxiwvoî. 



LIVRE VI, CHAP. V 



179 



est proclamé dans la Loi et les Prophètes 
n'est pas le Père du Christ : celui-là, 
[disait-il,] est connu, celui-ci n'est pas 
connu ; celui-là est juste, celui-ci est 
bon. » — Cerdon et Marcus étaient d'a- 
bord adonnés à la magie. Ils baptisaient 
dans l'eau ceux qui se faisaient leurs 
disciples en disant : « Au nom du Père 
de tout, qui est inconnu, et au nom de 
la vérité^ mère de tout, et au nom de celui 
qui est descendu sur Jésus ; » et ils [108] 
remémoraient d'autres noms hébreux 
pour l'étonnement de ceux qui prati- 
quaient leurs mystères. 

Histoire de Marcion. — Il était du 
Pont, fils d'un évêque de ce pays. Son 
père Tayant chassé pour avoir corrompu 
une vierge, il monta à Rome, et de là 
passa en Asie, où il s'attacha à l'évèque 
d'une certaine ville, appelé Aristinus, 
qui le fit prêtre. Aristinus étant sur le 
point de mourir, et Marcion ne se trou- 
vant point présent, il appela Satornilus 
et lui dit : « Je remets le dépôt' du sa- 
cerdoce entre tes mains jusqu'à ce que 
Barcion arrive. Rends-lui' tout ce que 
tu reçois de moi et qu'il soit votre pas- 
teur; car il est prêtre, et il t'ordonnera 
prêtre' (.^). » — Quelques jours après il 
mourut. — Satornilus dit ces choses 
à Barcion, et Barcion lui répondit : 
« Comment moi qui suis âgé*, qui ai 
prêché et baptisé, pourrai-je courber la 
tête devant toi qui es jeune? » — Celui- 
ci reprit : « Ce n'est pas devant moi que 
tu courberas la tête, mais devant l'Ancien 



paroles avec celui qui avait altéré la vé- 
rité^ 

Quand les chrétiens furent persécutés 
sous le règne de l'empereur Antonin, 
le bienheureux Polycarpe priait con- 
stamment pour la paix ^ de l'Eglise. 
Etant en prières trois jours avant son 
martyre, il eut une vision pendant la 
nuit'. Il lui semblait que le coussin qui 
était sous sa tête avait pris" feu subite- 
ment [108] et était consumé. Quand il 
s'éveilla, il expliqua la vision et dit : « Je 
dois sortir de ce monde par le feu, pour 
le Christ. » Quand les persécuteurs vin- 
rent le saisir, il leur parla avec un vi- 
sage calme, leur présenta à manger et 
leur demanda de pouvoir prier. Tandis 
qu'il priait, plusieurs furent contristés 
de ce qu'un tel homme, vieillard chaste 
etaofréableà Dieu, devait mourir. Lors- 
qu il eut fait mention de chacun dans sa 
prière, on l'amena à la ville. Il y eut un 
grand tumulte^ dans le stade. Comme il y 
entrait, une voix vint du ciel et dit : « Sois 
courageux, Polycarpe! » Lejugeluidit : — 
« Méprise le Christ et je te relâche! » 
— Le saint lui répondit ; « Il y a 86 ans 
que je le sers, et il ne m'a jamais fait de 
mal. Comment pourrais -je mépriser 
mon roi? » — Le juge reprit : « Jure 
par la fortune "^ de César ! » — Polycarpe 
dit : « Tu es souverainement ridicule de 
vouloir ignorer qui je suis. Ecoute, [je 
le dis] spontanément^' : Je suis chrétien. 
Si tu veux connaître la doctrine du 
christianisme, donne-moi le temps '^ et 



1. Lire : «.o«tU5, TTipaôoxv). — 2. Litt. : « place sur sa tête ». — - 3. Le texte paraît légèrement 
altéré. — 4. Lire : \^^, 

5. H. E., lY, XIV. — 6. Lire : M. — 7. //. E., IV, xv. — 8, Lire : ^^;.. — 9. 6ôpgoo;. — 10. -r^.v 
Ka;<Tapo; '^''•''/r)V, — 11. [j.£Tà Trapp-^aiaç. — 12. 6bç YiixÉpav. 



180 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



des jours, Seigneur du sacerdoce. » — 
Barcion ne se laissa pas fléchir par ces 
paroles. Satornilus lui dit : « A Dieu 
ne plaise que je rejette ce que tu as mé- 
prisé, » Et Barcion s'en alla dans la 
l'égion où il circulait, et se mit à prêcher 
une doctrine impure et contraire h la 
doctrine véritable des Apôtres. Il disait 
qu'il n'y a point de résurrection, ni de 
jugement^ et ses disciples l'appelèrent 
Marcion, en signe d'honneur, parce que 
Barcion sjgnifie « chien aboyeur ». Il 
place trois êtres dans l'essence, il appelle 
l'un le Bon, l'autre le Juste et met 
entre les deux la matière, qui est le Mal, 
dans la profondeur. Quand le Créa- 
teur voulut vaincre le mal, il prit la 
matière et en fit tout ce qui existe : de 
ce qui est pur il fit le soleil, les quatre 
éléments et le paradis ; il prit de la boue 
du paradis, en fit l'homme, et plaça en 
lui une àme [tirée] de sa propre nature ; 
des ténèbres' il fit le seôl, le tartare et 
les autres choses mauvaises. Il méprise 
le Créateur et les Prophètes. Il n'admet 
que Luc, 11 disait que le Nouveau Testa- 
ment avait été donné par le Bon, et 
l'Ancien par le Juste; que Notre-Sei- 
gneur le Christ était censé avoir pris un 
corps et avoir souffert, tandis qu'il n'a 
pas souffert. — Cet impie Marcion fut 
anathématisé en l'an 476. 

A cette époque florissait l'écrivain ec- 
clésiastique Hégésippe, ainsi que Justus *. 

Tatien*, disciple de Justus, [109] ne 



écoute. » — Le proconsul reprit : « Per- 
suade le peuple, » — Le saint lui dit : 
« C'est à toi que je dois adresser la pa- 
role : nous apprenons en effet h rendre 
aux princes et aux puissants établis par 
Dieu l'honneur convenable sans nous 
amoindrir ; mais eux *, je ne les j uge pas 
dignes de [recevoir] notre apologie, » 
— Le juge reprit : « Je te ferai jeter aux 
bêtes. » — Le saint lui dit : «Appelle-les, 
Nous ne pouvons changer notre proposi- 
tion* de bien en mal, » — Aussitôt ils 
préparèrent un bûcher et ils lui lièrent 
les mains derrière le dos. Dès qu'il entra 
dans le feu, celui-ci se recourba comme 
la voile d'un navire gonflée par le vent, 
et enveloppa le corps du saint martyr. 
Voyant que le feu ne le brûlait point, 
ils ordonnèrent au bourreau de le percer 
du glaive. Quand il l'eut fait, il sortit 
du saint une grande abondance de sang 
qui éteignit le feu. Lorsqu'il eut expiré, 
ils se remirent à le faire brûler, pour 
que la foule des fidèles ne l'enlevât pas. 
Les fidèles recueillirent les restes de ses 
ossements, 

Justus le Philosophe, après avoir pré- 
senté à l'empereur une seconde Apologie 
en faveur de notre doctrine, et composé 
de nombreux Traités *, fut aussi cou- 
ronné du martyre^. On lui doit aussi 
une interprétation des Livres del'Ancien 
Testament*, 

Le 11" évêque de l'Eglise de Rome fut 
Soter, pendant 8 ans^. 



1. Lire : l^^a»- (BH., Chr. eccl., I, 4i). — 2. Justin. CL H. E., IV, vin, — 3. Ihid., IV, xxrx. 

4. C'est-à-dire la foule. — 5. Haa^L traduit exactement [iSTavota. Le texte d'Eusèbe présente lui- 
même quelque difficulté. — 6. Jf. E., IV, xvnr. — 7. Cf. ihid., xvr. — 8. Cette mention n'est pas 
dans Eusèbe. — 9. H. a. 2185; H. E., IV, xix. 



LIVRE VI, GHAP. VI 



181 



donna lieu à aucune plainte tant qu'il lui 
demeura attaché ; mais quand son maître 
eut subi le martyre, il déclina vers l'im- 
piété des partisans de Satornilus et de 
Marcion, Comme les partisans de Va- 
lentinien il délira et imagina des mondes 
invisibles. Il appela le mariage légitime 
une corruption et un adultère. Il recueil- 
lit et mélangea un Evangile qu'il appela 
Diatessaron^ c'est-à-dire, mélangé. C'est 
de lui que l'hérésie des Encratites tire 
son origine. Il a composé des traités 
pour montrer que le Christ est de la 
race de David. Il eut l'audace de chauger 
les paroles de l'Apôtre ' pour en rendre 
le style plus élégant. 

A cette époque, h Pise, le philosophe 
Pere^rinus avant mis le feu à un bûcher 
s'y fit brûler^. 

A cette époque une maladie perni- 
cieuse se développa et arriva jusqu'à 
Rome*. 

A cette époque prit naissance la fausse 
prophétie des Cataphrygiens *. — Paj- la 
vertu de Notre- Seigneiu- Jésus-Christ 
[ce chapitre] est fini. 



De son temps, fut excitée la persécu- 
tion contre les chrétiens, jusqu'au temps 
où Marcus, frère de l'empereur Antoni- 
nus, fit la guerre aux Germains [109] et 
aux Sarmates. Les troupes se trouvèrent 
dans un endroit privé d'eau ; elles étaient 
tourmentées par la soif et sur le point 
de périr. Alors des soldats chrétiens se 
réunirent, se mirent en oraison et 
prièrent Dieu : la pluie descendit et le 
peuple fut sauvé. En voyant cela, les 
païens coururent se mêler aux chré- 
tiens et confessèrent le Christ. Ils furent 
en route sept jours dans le pays sans 
eau. A chaque endroit où on établissait 
le camp, ils priaient et la pluie tombait 
sur le camp. Ayant vu ce prodige, le 
général écrivit à l'empereur qui fit cesser 
la persécution contre les chrétiens". 

A cette époque existait à Antioche le 
6^ évêque : Théophile. — Il composa de 
nombreux Traités de doctrine ortho- 
doxe, et écrivit sur différents sujets \ 
Après avoir siégé 15 ans, il s'en alla 
dans la vie éternelle. — Son successeur 
fut Maximus' pendant 8 ans. — Fin. 



GHAPITRE VI DU LIVRE VI. —Du temps du règne de Marcus, d'Antoninus 

et de Lucius^. 

Eq l'an 477, commença à régner le 14^ empereur' des Romains^ Marcus Aure- 
lius, avec ses fils Antoninus Verus et Lucius'", pendant 19 ans et un mois. 

Au commencement de leur règne, Vologèse, roi des Parthes, envahit les con- 



1. Ms. : « des Apôtres ». — 2, E. a. 2181. — 3. E. a. 2184. — 4. H. a. 2187; Arm. 2188. Rest. : 
t.r.>^o;9^. Ms. : des Pythagoriens. 

5. E. a., 2189; //. E., V, v. — 6. E. a., 2185; H. E., IV, xxtv. — 7. E. a. 2193. 

8. Sic ms. Lire : Marcus [Aurelius] Antoninus [Verus] et Lucius [Verus], son gendre et son 
frère adoptif. La même confusion existe plus bas dans ce chapitre. Pour les dates, voir l'Introduc- 
tion. — 9. Ms. : 17*, par suite de la confusion fréquente de »» avec ^*. — 10. Sic ms. 



182 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



trées des Romains' et dévasta de nombreuses campagnes. Antoninus partit 
avec son frère Lucius et ils soumirent les Parthes aux Romains. A la suite de ces 
événements, quand ils eurent soumis les Parthes, Lucius triompha, fut pro- 
clamé César et partagea l'autorité avec son frère Antoninus \ Tandis que ce 
Lucius accomplissait les fonctions sacerdotales à Athènes, il vit le feu du ciel 
qui se dirigeait de l'Occident vers l'Orient'. 

Les Romains eurent à combattre contre les Germains et les Quades, contre les 
Sarmates [110] et les Daces*. Lucius s'illustra plus encore et fut proclamé auto- 
crator. 

En suite de cela, Lucius mourut après avoir régné 9 ans". 

Alors, Antoninus associa à l'empire son fils Commodus*. Bientôt après, il 
triompha avec lui des ennemis^; et l'empire des Romains fut continuellement 
en guerre. 

Antoninus étant tombé malade en Pannonie^ mourut; et son fils Commodus 
après avoir régné 13 ans. fut étranglé dans la maison de Vestilianus'. 

Après lui, Pertinax régna six mois et fut tué'". 



A celte époque florissait le poète cili- 
cien, Oppianiis'' qui écrivit des livres 
sur la pêche des poissons'-. 

A cette époque florissait le platonicien 
Atticus*^. 

A cette époque l'empereur distribua 
des présents et donna des spectacles de 
toute sorte. Il fit remise de l'argent qui 
était du au fisc, et il fit brûler h Rome 
ànnsle (or um , les a nagraph a des deiles^^ , 
c'est-à-dire des livres de créances. Il re- 
nouvela les lois et les prescriptions, en 
distinguant ce qui était utile ^^. 



A cette époque, en Gaule, Papias ren- 
dit témoignage ainsi que plusieurs mar- 
tyrs, dont les combats ont été conservés 
par écrit'^. 

Le 9" évêque d'Alexandrie fut Agrip- 
pinus, pendant 12 ans'''. 

A cette époque Méliton, d'Asie, 
évêque des Sardiens, présenta h Anto- 
nin, empereur des Romains, un livre 
d'iVpologie^*'. 

11 y avait à cette époque des écrivains 
diligents : d'abord Méliton lui-même, 
puis, Pontus '^, évêque de Crète ; liégé- 



I. E. a. 2179. — 2. Cf. H. a. 2181; Arm. 2182, —3. H. a. 2178; Arm. 2177. — 4. E. a. 2184. 
— 5. H. a. 2185; Arm 2186. — 6. H. a. 2193; Arm. 2192. — 7. H. a. 2193; Arm. 2194; xaxà twv 
TcoXep'wv. — 8. Lire : Ujculâs. E. a. 2195. — 9. Sic etiam H et Arm. ad a. 2208 ; Chr. pase, : sv oh/J.y. 
B£(T;tavoû; Syxg. : Èv TOtç ^OLGi'kziot.z. — 10. E. a. 2209. 

II. 'Oumavôç; H. a, 2188; Arm. 2186. — 12. à>.'.£UTtxwv noi-qxri!;. — 13. E. a. 2192 —14. tmv xpetô-J 
Xaptac. - 15, E. a. 2194. 

16. Je pense qu'il faut corriger : ,,.U»«^j |)-*-,^«oo • U^^ »ovool p^t^a Us) pois. Néanmoins Pa- 
pias est une fixute. Peut-être à corriger: hehienna « à Vienne », ou mieux: Pothinus. Cf. H. a. 2184; 
Arm. 2182. — 17. H. a. 2182; ms, : 29^ — 18. H. a, 2186. — 19. H, a, 2187 : Pinytus. mvy-:6;. 



LIVRE VI, CHAP. VI 



183 



A cette époque, un homme appelé Se- 
verus* appuyait l'hérésie de Yalentinus 
et de Marcion. Tous ceux qui se firent 
ses disciples furent appelés Sès>ériens. 
Ils se servaient de la Loi et des Pro- 
phètes. 

En l'an 475, qui est l'an 15 de Sahroq, 
[tlO] fils de Narsès, roi des Perses_, 
Nouhàmà et NahHÎram, sa femme, prirent 
la fuite et s'en vinrent à Edesse, qui est 
Orrhoë". Au moment où ils passaient le 
fleuve qui est à côté de la ville, Nahsîram 
enfanta; et ils donnèrent à l'enfant le 
nom de Bar-Daiçan% du nom du fleuve 
Daiçan * ; de là ils allèrent à lliérapolis, 
qui est Mabboug. Ils y habitèrent dans 
la maison de Anoudouzbar " le prêtre, 
(^elui-ci prit Bar-Daiçan^ l'éleva et lui 
apprit les cantiques des païens. Il était 
âgé de 25 ans, quand le Pontife l'envoya 
à Edesse acheter certains objets'^. En 
passant à côté de l'église bâlie par Addai^ 
il entendit la voix d'IIystaspe qui expli- 
quait les Ecritures au peuple. Cet Hys- 
taspeestcelui qui succéda à Yazni comme 
évêque d'Edesse '. Le discours plut à Bar- 
Daican, et il désira être initié aux mvs- 
tères des chrétiens. L'évêque, en ayant 
eu connaissance, en fit son disciple, 
l'instruisit, le baptisa et le fit diacre. Il fit 



sippe et Philippe lévêque; Apollinaire, 
évêque de Hiérapolis^, de Galatie ; Iré- 
née; Dionysius, évêque de Corinthe; 
dont il existe des lettres aux Lacédémo- 
niens et aux Athéniens, car dans le 
temps de la persécution leur évêque 
Poplius, successeur de Denys, avait souf- 
fert le martyre, et ils avaient eux-mêmes 
faibli'. Il eut pour successeur Quadra- 
tus ^^ dont il existe des lettres [ilO] 
aux Nicomédiens au sujet de Marcion, 
une lettre î^aux églises] de Crète et du 
Pont, et une autre à Soter, évêque de 
Rome, dans laquelle il montre que les hé- 
rétiques avaient corrompu ses lettres *^. 

Polycarpe était âgé de 120 ans quand 
il subit le martyre ; il en avait passé 
86 dans l'épiscopat : 74 après la mort 
de Jean, son maître, et 12 du vivant de son 
maître. 

Justin*- composa un ouvrage doc- 
trinaljComme nous l'avons ditplushaut'^ ; 
mais on ne le trouve pas chez nous. 
Irénée de Lyon et Eusèbe en citent des 
témoignages. 

A cette époque fut martyrisé Pothi- 
nus**, évêque de Lyon, h l'âge de 90 ans. 
Il eut pour successeur Irénée, disciple de 
Polycarpe, qui composa de nombreux 
Traités dans lesquels il montre que les 



1. H. E., IV, xxtx. — 2. Cette interpi-étation insinue que le document n'est pas d'origine syriaque. 
— 3. Delà vient le nom vulgaire : Bardesancs. — 4. Le ms. porte à tort ^ ♦*?;:>. Le Daiçan est le SxîpTo; 
des Grecs, nom qui est la traduction du nom syriaque. — 5. Le ms. porte, en deux mots : « Anoudouz 
fils [bar) du prêtre », et l'arabe a compris le passage dans le même sens : p»iàiv ^\ io»cu| ; mais il 
semble préférable de lire en un seul mot ;a|o»ûi| ; « Anoudouzbar » le prêtre. — 6, supellectile. — 
7. Cf. ci-dessous, p. 184, 1. 14. 

8. H. a. 2186. — 9. H. E., IV, xxni. — 10. Ibid., Ms. : Covdatus. KôpoaTo,-. — 11. Cf. E. a. 2183.' 
//. E., IV, XV. — 12. Ms. : Justus, selon l'usage. — 13. Cf. ci-dessus, p. 180, 1. 30. — 14. //. £"., 
V, I. Ms. : Photius. 



184 



GHROx^lQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



des Traités contre les hérésies. Enfin, il 
se tourna* vers les doctrines de Valeu- 
tinus. 

Il dit qu'il y a trois grandes na- 
tures, et quatre êtres [essentiels] qui 
sont : l'Intellect, la Force, l'Esprit et la 
Science^. Il y a quatre forces : le Feu et 
l'Eau, la Lumière et l'Esprit. De ceux-ci 
viennent les autres êtres, et les mondes 
qui sont au nombre de 360. Celui qui 
parla à Moïse et aux prophètes, était un 
archange' et non pas Dieu; Notre-Sei- 
gneur a revêtu un corps d'ange ; Marie a 
revêtu une âme lumineuse qui a pris la 
forme d'un corps*. Les dominateurs" 
[ont formé] l'homme : les supérieurs lui 
fournirent l'a me, [H 1] et les inférieurs, 
les membres du corps. Samsa^ lui donna 

le cerveau ; Bîl', les os ; ^, les nerfs; 

Arès^lesang; Belti"^, la chair ; Sahra** 
le... ;...*^ lescheveux'^. Comme la Lune 
se dcpouille^^de salumière chaquetrente 
jours et entre chez le Soleil, ainsi la 
Mère des vivants se dépouille de ses vê- 
tements et entre chez le Père des vivants 
tous les trente jours *^, s'unit à lui, et en- 



dons de l'Apôtre continuèrent jusqu'à 
lui, chez plusieurs*''. Il admet l'Apoca- 
lypse de Jean et le livre du Pasteur*^. 

Il dit aussi que Théodotion *^ qui 
fut évêque dans le Pont, et Aquila 
d'Ephèse*^, étaient des Juifs faussaires; 
les Ebionites se servirent de leurs écrits 
et tombèrent dans l'erreur, 

A Edesse, à Barsamia, qui convertit 
le prêtre Sarbîl, succéda Tiridate; à 
celui-ci, Bouzni; à Bouzni, Saloula; à 
celui-ci un autre serviteur^*^ [et ensuite 
Gouria] ; à Gouria un autre serviteur ; à 
celui-ci Yazui; après Yazni, vint Hystaspe 
[et après lui]-' 'Aqai. Du temps de celui- 
ci apparut l'hérésie de Bar-Daiçan et il 
l'anathématisa. 

Dans l'Eglise de Jérusalem, le 26" 
évêque fut Maximinus 2^; — le 27' : An- 
toninus ; — le 28° : Valens'^^* ; — le 29^ : 
Dolichianus ^^* ; — le 30« ; Narcissus ^^ ; — 
le 31^ : Dius^s ; _le 32« : Germanion^? ; 
— le 33» : Gourianos^^ ; — le 34^ : Nar- 
cissus. — [111] Pour tous ces évèques de 
Jérusalem, on ne trouve pas chez nous 
le nombre de leurs années'-^. 



1. Lire : >^il « deflexit j>. — 2. Ces termes sont assez vagues, Théodore Bar Kouni parlant de 
Manès se sert des mêmes expressions (Pognon, Insci-ipt, inandaïtes des Coupes de Khouahir, 
p. 127). — 3. Ou «le chef des Anges ». — 4. Corriger : l>>^» |.soaxo| ^axiaiv. — 5. Ce mot [salttê) si- 
gnifie chez Bardesanes « les Planètes », comme il résulte de plusieurs passages du Livre des Lois 
des Pays. — 6. Le Soleil. — 7. Jupiter. — 8. Le nom de cette planète est omis ; on peut hésiter 
entre Mercure et Saturne. — 9. Mars. — 10, Vénus, — 11, La Lune. — 12. Lacune de quelques 
mots qui comprenait le nom de la partie du corps fournie par la Lune et celui de la dernière planète 
(Mercure ou Saturne). — 13. Restituer : \ ] n ao, litt. : « le poil ». La version arabe présente la 
même lacune ; elle a lu, comme dans notre ms. : lp«o, et traduit par ; ,*ao. — 14. Ou : « émet » ; le 
mot ace double sens. — 15. Ms. : tous les deux jours. 

16. //. E. V, vu.— 17, ihid., vm. — 18. Ms. : Théodotos. — 19. H. E., l. c. Théodotion d'Éphè>:e 
et Aquila du Pont. — 20. Ou à la rigueur un autre ^Abda, le mot pouvant aussi être pris comme 
nom propre. — 21. Cf. ci-dessus, p. 183, 1. 25. — 22. Mâ?t(xo{. — 23. OùâXv;;, — 24. AûXi^'avô;, — 
25. NâpxKTffoç. — 26. Aîoç. — 27, PEpuaviov. — 28. H, et Arm, : Gordius; Sync, : Sapôtavo;; Rest. ; 
*oau,ja^(?). — 29. H. a, 2201. 



LIVRE VI. GHAP. VI 



185 



fante sept fils et il y a chaque année 
84 enfants. Toutes ces choses* senties 
dieux de Bar-Daiçan. 

Il dit aussi que le Christ, le Fils de 
Dieu, est né dans Bîl, qu'il fut crucifié au 
temps * d'Ares; qu'il fut en seveli au temps 
d Hermès, et qu'il sortit du tombeau au 
moment de l'étoile de Bîl. 

Il dit que les morts ne ressusciteront 
point, que les songes sont exacts. Il ap- 
pelle dormir avec les femmes une excel- 
lente purification, et quand un de ses 
disciples avait corrompu une femme, il 
disait : « Certes, tu l'as purifiée. » 

Bar-Daiçan eut des enfants : Abga- 
roun,Hasdau, et Harmonius, qui persé- 
vérèrent dans sa doctrine. 

L'évêque 'Aqai, successeur d'Hys- 
taspe, l'avertit, et comme il ne se laissa 
point persuader, il l'anathématisa. Bar- 
Daiçan mourut en l'an 533, après avoir 
vécu 68 ans*. — Que sa mémoire soit 
en malédiction ! Amen *. 

A cette époque * Smyrne d'Asie fut dé- 
truite par un tremblement de terre; afin 



A Alexandrie, le 10« évêque fut JElia- 
nus®, pendant 11 ans; et le il^ : Démé- 
trius, pendant 43 ans'. 

Dans 1 Eglise d'Autioche, le 7' évêque 
fut Maximianus*, et après lui Sérapion, 
pendant 21 ans^ 

Dans l'Eglise de Rome, le 12* évêque 
fut Éleuthérus, pendant 15 ans^«; — le 
13® : Victor, pendant 12 ans*'. 

Pothinus étant parvenu à l'âge de 
90 ans**, finit [sa vie] dans le martyre 
pour le Christ, avec les martyrs des 
Gaules, 

Irénée a écrit que l'évangéliste Mat- 
thieu rédigea son évangile chez les 
Hébreux; que Marc écrivit de mémoire 
après le martyre de Pierre et de Paul, 
qui avaient prêché à Rome ; que Luc 
mit par écrit tout ce que Paul avait dit". 

AByzance siégea l'évêque Protonicus, 
pendant 18 ans *'. 

A Jérusalem, siégea Maximus, pen- 
dant 4 ans — et après lui : Antoninus, 
pendant 3ans ; — après lui : Valens, pen- 
dant 4 ans**. 



1. Sic ms, ; peut-être à corriger : spo»^ ^w « tous ceux-ci ». — 2. Litt. : à l'heure. — 3. Ces don- 
nées ne concordent pas avec la date mise en tête. Si la date de la mort est exacte, la date de la 
naissance doit être 533 — 68 — 465. C'est en effet la date fournie par le Chronicon Edessenum. 
Élie de Nisibe donne 4'»5, sans doute par confusion des lettres >o et '■^, —4. Le dernier travail sur 
Bardesanes est celui de M. Nau, Le Livre des Lois des Pays, trad. française (Paris, 1899), dans le- 
quel l'auteur s'efforce, à tort selon nous, de démontrer que Bardesanes ne donna pas dans les 
erreurs des gnostiques. On y trouvera la bibliographie de la question (Introd., p. 8, n. 2). Le 
passage de Michel relatif à Bardesanes a été publié, d'après le ms. arabe de Londres, parle même 
auteur, dans l'opuscule intitulé : Une biographie inédite de Bardesanes l'astrologue (Paris, 1897). 
Cf. R. DuvAL, La Littérature syriaque, p. 241 et suiv. — 5. E. a. 2195. 

6. H. a. 2195 et Arm. : Julianus. — 1. H. a. 2205 ; Arm. 2206. —8. E. a. 2193; Maximus. — 9. E. 
a. 2206. — 10. H. a. 2193; Arm. 2189. — 11. H. a. 2209; Arm. 2202, — 12. Lire : \^Lx^ <^I^, cf. 
p. 183, 1. 27. — 13. Eus., //. E., V, virr. — 14. Fs.-Doroth. : Pertinax, 19 ans. — 15. H. a. 2201; 
Arm. 2200. Cf. ci-dessus, p. 184. 

I. 24 



186 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



qu'elle fût rebâtie, elle fut exemptée 
d'impôts pour dix ans. 

Le temple de Sérapis, à Alexandrie, 
brûla aussi [à cette époque] '. 

L'empereur Commodus fut surnommé 
Auguste par tout le sénat *. II fît enlever 
la tête du Colosse et fit mettre son image 
à la place '. Cet empereur fit tuer beau- 
coup de notables, et donna de grands 
spectacles *. 

A cette époque la foudre tomba sur le 
Capitole ^ ; les bibliothèques et les ré- 
gions voisines^ furent consumées par 
un violent incendie. Il détruisit aussi, à 
Rome, le Palatin, la maison des Vierges ' 
et d'autres *. 

A cette époque florissaient les fausses 
prophétesses Priscilla et Maximilla^ en 
Phrygie ®. 

A cette époque, la dysenterie *^, qui 
est une espèce de maladie pernicieuse, 
porta la corruption en tous lieux ''. 

A cette époque florissaient les poètes 
Apialus etLycus*^ qui écrivirent sur les 
choses qui sont dans l'eau. 

A cette époque apparut en Asie et en 
Phrygie, comme un reptile malfaisant 
jetant son venin, Montanus qui se van- 
tait d'être le Paraclet; Priscilla etMaxi- 
milla qui étaient ses prophétesses di- 
saient de telles choses quand elles étaient 
possédées des démons impurs ^^. Eusèbe 



A Césarée de Palestine était Théo- 
phile, et à Ephèse : Polycarpe**. 

A Alexandrie florissait, dans la doc- 
trine de l'Église, le philosophe Pante- 
nus*^, compagnon de Clément, sur- 
nommé Stromateus^ qui y fut évêque*^. 

Il y eut alors une discussion au sujet 
du jour de la Résurrection *^. Dans le 
pays d'Asie on la célébrait le jour de 
la Pâque des Juifs; mais à Rome, à 
Alexandrie et en Palestine, le dimanche 
qui suit la Pâque, conformément à la 
tradition des Apôtres. Pour ce motif, il 
y eut à Jérusalem une réunion des évo- 
ques : Narcissus, de cette ville même, 
Théophile de Césarée, Cassianus*^ de 
Tyr, et Cyrille*^ d'Acre. Ils décrétèrent 
qu'on devait la faire après la Pâque, et 
ils envoyèrent des lettres en tous lieux. 
Victor de Rome et Irénée de Lyon sta- 
tuèrent de même qu'on devait observer 
ce qu'ils avaient appris des [apôtres] 
Pierre et Paul. Mais Polycarpe, évèque 
d'Éphèse, et les évêques d'Asie n'y con- 
sentirent point. Victor leur envoya [un 
message]; il les excommunia et les cen- 
sura, comme n'adhérant point h l'Église 
universelle. Ensuite, voyantqu'une grave 
contestation s'élevait de là, il les délia 
de rinterdit, et ils demeurèrent dans 
leur traditionjusqu'au concile de Nicée. 
— Fin de ce chapitre. 



1. H. a. 2195; Arm. 2196. —2. E. a. 2195.— 3. E. a. 2205. — 4.E. a. 2207. — 5. Lire : ^ûi.û^U>. 

— 6. aXktx TOUTOU (ilpr). H. a. 2204; Arm. 2204. — 7. des Vestales. — 8. H. a. 2208. — 9. Cf. H. a. 
2187, — 10. Je traduis ainsi par conjecture le mot koursana, qui paraît dérivé de karsa, « ventre », 

— 11. Cf. H. a, 2188. — 12. Corr. : '/v> o «\o osoûjuSI. 'Ouiriavoç â).teuTtxwv tioiyity); K[\i%. H. a. 2188; 
Arm. 2186. Cf. ci-dessus, p. 182, I. 18. — 13. Cf. H. a. 2187. 

14. H. a. 2211; Arm. 2210. H. E., V, xxv : ©eôcpcXoç xal IIoXuxpaTriç. — 15, EavTaivoç; ms. : Pôn- 

tos. — 16. H. a. 2210; Arm. 2209. — 17. Cf. Eus., H. E., V, xxiv-xxvr. — 18. Eus. : Kâffffio;. — 
19. Eus, ; KXâpoî, 



LIVRE VI. CHAP. VII 187 

dit dans son Y° Livre* : « La doctrine croît avec l'homme depuis sa jeunesse, et elle 
est mêlée et unie avec l'âme elle-même. » — Fin. 



CHAPITRE VII DU LIVRE V[. — Du règne de Severianus\ 
11" empereur des Romains. 

[112] En l'an 509 des Grecs ' commença à régner Severianus, pendant 18 ans. 
En la 1" année de son règne, il y eut une guerre violente contre les Juifs et 
les Samaritains*. 

En l'an 9 de Severianus", celui-ci excita une grande persécution contre les 
chrétiens dans tout l'empire des Romains. En ce temps, beaucoup rendirent 
magnifiquement témoignage et furent couronnés [du martyre] dans la confession 
du Christ-Dieu, par divers genres de mort. Cette persécution persista très vio- 
lente jusqu'à la fin de la vie de l'empereur Severianus. 

De son temps, le peuple barbare qui habite dans la région du nord-ouest au 
pied des montagnes s'ébranla, sortit^ et commença à inquiéter les Romains qui 
étaient sur ses frontières; l'empereur Severianus s'avança pour les combattre et 
mourut là parmi les Barbares * ; dans un autre exemplaire il est écrit qu'il fut 
massacré. Il avait régné 18 ans. 

En l'an 528, Antoninus \ fils de Severianus, commença à régner sur les 
Romains, pendant 7 ans, enTindiction 2". 

Celui-ci relâcha ceux qui étaient en exil à cause de la foi. Parmi eux était 
Alexandre qui fut évéque de Jérusalem, lorsque vivait encore Narcissus *. 

Antoninus vécut 43 ans *, dont 7 de règne. Il fut tué en Mésopotamie entre 
Ilarran et Edesse. 

Après lui commença à régner Macrinus'", pendant [113] un an. 

En cette année, le cirque de Hephaistos, qui était à Rome, brûla'*. 

L'empereur fut tué à Chalcédoine*^ 

Il eut pour successeur un autre Antoninus pendant 4 ans. Celui-ci fut 
surnommé Éliogabal*'. 

De son temps fut bâtie Nicopolis de Palestine, qui est Emmaiis** ; le chroni- 
queur Julius Africanus présidait à sa construction. 



1, Chap. XX. Ces paroles sont citées par Eusèbe comme extraites de la lettre d'Irénée à Florinus, 
de Monarchia. 

2. Septime Sévère. — 3. E. a. 2210. — 4. H. a. 2213. — 5. Ms. : l'an 19. Cf. H. a. 2218; Arm. 
2216. — 6. Il mourut à York, en Grande-Bretagne. — 7. Caracalla. — 8. Ms. : Narqîsîsios. H. a. 
2228 ; Arm. 2231. Cf. ci-dessous, p. 190, — 9. D'après H. a. 2233 ; le chiffre est omis dans le ms. — 
10. Ms. : Mârqarts. — 11. Rétablir le sens d'après le Syncelle : Kipxtcrcotç 'H^iatoTrion; Èxâïi to 
àti-çiOlaTpov Iv Tfoixip. H. a. 2234; Arm. 2235. — 12. Ms. : Adcalaus. Arm. a. 2235 : Achelaide. 
— 13. M. : ÉUoga'al. — 14. 'E[x[jLaoO;. E. a. 2237. 



188 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En Tan 540, commença à régner Alexandre, fils de Mamma, femme craignant 
Dieu, qui avait cru dans le Christ-Dieu et aida beaucoup les chrétiens. 

En l'an 3 de cet Alexandre, qui est l'an 542 des Grecs, commença à régner sur 
les Perses, Ardesîr, fils de Pâbaq. Tel fut le début du dernier empire des Perses, 
appelé des Sassanides '. 11 dura l'espace de 408 ans ^ et 25 rois régnèrent 
successivement jusqu'à ce que s'élevât l'empire des Arabes qui l'abolit. — Fin. 

[Note marginale :] Quand Maximinus^ commença à régner, par haine de son pré- 
décesseur, il excita une persécution contre les chrétiens^. Dans cette persécution ren- 
dirent témoignage et furent couronnés Sergius et Bacchus qui avaient été envoyés en 
Mésopotamie^ ; et aussi Cyprianus^ , évêque, et d'autres à Alexandrie ; [elle dura] 
jusquà ce que le maudit Maximinus fût tué, à Aquilée'' . — Mar Azizaël rendit aussi 
témoignage à Rome à cette époque^. Que sa prière et celle de ses compagnons soient 
avec nous. Amen. 



* [l 12] Acette époque parurent de nou- 
veau des hérétiques qui sont ceux-ci : 
Artémôn_, Theodotus, Asclepiadès, Her- 
mophilus et Apollonide ^. — Ils disaient 
que le Christ est un homme ordinaire. 

Nous avons trouvé chez nos prédéces- 
seurs qu'en l'an 12 de Severus fut ob- . 
serve le Jubilé. Cette année est l'an 251 
des Antiochéniens **', 

A cette époque florissait dans nos 
rangs*^ Mousianus*^. 

Le philosophe Porphyrius^^, qui avait 



[112] A cette époque brillait Clément 
d'Alexandrie très exact dans les doc- 
trinesorthodoxes. Il dit dans un Traité*^ : 
Cet ouvrage n'est pas un livre composé 
avec art pour l'ostentation ; mais nous 
avons fait des Mémoires *^, comme un 
trésor pour la vieillesse, qui soit un re- 
mède contre l'oubli *^, une figure impar- 
faite*', une image de ces figures vivan- 
tes et efficaces [c'est-à-dire] des paroles 
de ces bienheureux que j'ai été digne 
d'entendre et devoir. 



1. Litt. : de Beii Sassoun. — 2. Sic vas. Restituer : 418, chiffre donné par Jacques d'Édesse. 
Comp. le Tableau chronologique de l'empire des Sassanides, dans Nôldeke, Gesch. der Perser 
und Araher, p. 435. Il comprend 28 rois de l'an 226 à l'an 652. — 3. Ms. : Maximianus. D'après la 
date des martyres de Sergius et d'Azizaël, l'auteur confond réellement ces deux empereurs. — 4. H. 
a. 2253; Arm. 2254. — 5. Cf. Acta Sanct., 1 oct., et Bedjan, Acta Mari, et Sanct., III, 283. —6. 
Cf. Acta Sanct., 14 sept. — 7, Rest. Illaxil-a. h 'AxuXYjta ; H. a. 2254; Arm. 2255. — 8. D'après les 
Actes de ce saint qui existent en syriaque dans un ms. de l'église jacobite de Jérusalem, il était fils 
du gouverneur de Samosate, et fut envoyé à Rome où il fut martyrisé le 31 août 304. 

9. Ms. : Hermophiles et Apollonius. Cf. H. E., Y, xxviii. — 10. H. a. 2220. — 11. Litt. : « dans 
les choses qui sont à nous ». — 12. Mouaiavôç; H. a. 2220, — 13. Cf. Eus., //. E., VI, xix. 

14. I£. E,, V, XI. — 15. ûiro[j,vvî[jiaTa. — 16. Lire : |i.a.i.^ (et non |ta2^). — 17. (xtexvwç. 

* [Note marginale]. — Sache, lecteur, que je me suis trompé, parce que j'ai placé dans la colonne 
supérieure le chapitre des hérésies, qui devait être écrit dans la colonne inférieure; néanmoins je 
continuerai jusqu^à la fin de ce chapitre. Prie pour moi! — Cf. p. 162, et p. 192, 1""^ note marginale. 



LIVRE VI. CHAP. VII 



189 



connu Origène, dénigrait sa doctrine au- 
tant qu'il le pouvait; et il lui repro" 
chait de s'être adonné h la philosophie et 
d'avoir coupé son membre ; en quoi il 
n'avait pas bien agi. Il disait qu'étant 
allé dans un certain village pour ins- 
truire des païens, ceux-ci lui dirent : 
« Adore avec nous, et nous te suivrons 
tous. » II consentit h leur demande ; 
mais ensuite ceux-ci ne se laissèrent 
pas convaincre. Il* lui reprochait d'en- 
seigner que les âmes existent antérieu- 
rement aux corps, et on disait aussi qu'il 
ne confessait pas sainement la Trinité- 
Il proféra ces paroles accusatrices con- 
tre Origène et à cause de cela plusieurs 
le comptent parmi les hérétiques. Mais 
Eusèbe le loue beaucoup. 

A cette époque, un certain docteur 
nommé Judas florissait parmi les Juifs*, 
et il écrivit beaucoup de choses au su- 
jet des semaines du prophète Daniel. 

[Extrait] du livre Vld'Eusèhe^ . Il dit : 
« Origène, selon mon avis, est digne de 
mémoire depuis son enfance. En l'an 
10 de l'empereur Severianus [H»^], la 
persécution devint violente, et beaucoup 



En l'an 12 de Severus, Origène trouva 
une édition des Écritures* différente de 
celles d'Aquila^ de Symmaque et de 
Théodotion, à Nicopolis % et une autre, 
dans un tonneau, à Jéricho. Il réunit® la 
cinquième version et celle des Septante 
et fit les livres des Hexaples comparés 
avec les caractçres ^ hébreux. — Sept 
hornmes écrivaient sous sa dictée '. 

Le 9® évêque de l'église d'Antioche 
fut Asclépiade pendant 12 ans ^ Il se 
montra bien dans la confession. Le 10* 
fut Philippe *^ 

ARome, le 14= évêque fut Zéphyrinus ^^ 
pendant 18 ans; — le 15% Calixtus*^ 
pendant 5 ans; — le 16% Urbanus*^, 
pendant 8 ans. 

A Byzance, Marcus, pendant 13 ans. 
A Ephèse, siégea Onesimus, suc- 
cesseur de Posidius ** (?) ; après lui 
Alycius (?) et ensuite Proclus. 

A Antioche, le 11^ fut Zebennus *% qui 
est Zebîna. 

Dans l'église de Rome, le 17e futPon- 
tianuspendant5ans '6. Le 18e fut Anterus, 
pendant un mois *', et après lui, le 19®, 
Fabianus pendant 13 ans'^. 



1. L'auteur paraît bien attribuer ces dernières accusations à Porphyrius; mais de fait il faut lire 
au mode impersonnel : « on lui reprochait )), etc. — 2. H. E., VI, vn. — 3. Chap. ii-rit. 

4. H, E., VI, xvr. — 5. Arab. : «isoI^ûSaiw <*| ..g^^io*. u3, — 6. Le passage quelque peu obscur 
est certainement résumé du chap. xvr, livre VI de VHist. ecclés. Le texte grec n'est pas lui-même 
sans difficultés. Un fragment de la vers, syr., conservé dans le ms. add. 14620, traduit littérale- 
ment le grec ; |.-^*o» ^i> • »*• ^aoolik ,*. Xliso© scov» ;— as».© If**^! ,^1 «Ma v^oî^kS jii^^o'- ^«^ ^j^o» 
• liartôl ^',0^40» vûjw^ U^*.. [^]ûaâ.o • |.»;-=>li. (éd. Wright, p. 415). Le fragment le plus considérable 
des Hexaples qui nous soit parvenu est celui qu'a découvert G. Mercati, en 1896, dans un 
palimpseste de la Bibl. Ambroisienne, à Milan. Cf. Rendiconii delV Inst. Lomb., sér. rr, vol. XXIX 

— 7. UviJIo^s ; E. : xr\z 'E6pa£Mv dïjustwdsai;. — 8. Litt. - « après lui ». — 9. H. a. 2227; Arm. 2228 

— 10. H. a. 2234; Arm. 2233. — 11. H. a. 2217; Arm 2216. Lire : ^ai-.;û9)i. —12. H. a. 2236 
Arm. 2229.— 13. H. a. 2241; Arm. 2236. — 14. Peut-être : «>oo,jûû9, Facundus {">). — 15. E. a, 2245 
Zé6£vvoç. — 16. H, a. 2250; Arm. 2246.— 17. Ms. : 8 mois. Corr. : - - (E.). —18. H. a. 2255; Arm 
2256; Sync. : 'AvTipw;. ^Xaêcavo;. H et A : Fabianus ; lire : asoouas 



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CHRONIQUE DE MIGHEL LE SYRIEN 



l'endirent témoignage. Le désir du mar- 
tyre s'empara de l'âme d'Origène et il 
était disposé à subir volontairement la 
mort ; mais il fut laissé pour l'utilité 
d'un grand nombre. Son père rendit 
témoignage et fut couronné dans cette 
persécution. Il l'avait fait instruire dans 
les Livres saints avant de lui faire ap- 
prendre la philosophie des Grecs. Il 
était âgé de dix-huit ans quand il com- 
mença à enseigner ; sa conduite était 
conforme à ses enseignements, et sa 
doctrine à sa conduite : à tous moments 
il s'attachait aux martyrs et les encoura- 
geait. Toute la journée il s'adonnait à 
un dur labeur; il n'accordait que peu de 
temps au sommeil et ne se couchait ja- 
mais sur un lit. Il s'efforçait d'accomplir 
dans le jeûne et la pauvreté parfaite ce 
précepte*. « Ne possédez pas deux tuni- 
ques. » Il marchait pieds nus : il ne goû- 
tait jamais de vin. Lorsqu'il enseignait 
à Alexandrie, il fit^, dans l'exaltation 
de sa pensée, une chose répréhensible '. 
Prenant à la lettre ce qui est écrit* : « Il 
y a des eunuques qui se sont émas- 
culés eux-mêmes pour le royaume des 
cieux » , comme il était jeune , et 
instruisait aussi les vierges, afin d'en- 
lever tout prétexte à la calomnie, il am- 
puta son corps ^. Démétrius, évêque de 
l'endroit, admira son courage et eut pour 
agréable son intention chaste. Par la 
suite, voyant qu'Origène brillait et qu'il 



Dans l'église d'Alexandrie le 12* fut 
Héracleas pendant 16 ans®. 

A Jérusalem [H3] quand Narcissus 
partit au désert, Dius lui succéda pen- 
dant 3 ans et après lui Germanion ', pen- 
dant 7 ans ; puis Gordius pendant 2 ans ; 
puis Alexandre, du vivant même de Nar- 
cissus*. 

On disait beaucoup de choses admira- 
bles de ce dernier, comme l'écrit Eusèbe, 
qui rapporte* que l'huile ayant manqué 
au moment de Pâques, [il pria sur Peau 
qui fut changée en huile '•'j. Des hommes 
impies ne pouvant le supporter parce 
qu'ils craignaient d'être saisis par son 
jugement , forgèrent contre lui des 
accusations calomnieuses. Ils confirmè- 
rent leur accusation par des serments. 
L'un dit*' : « Si cela n'est pas, que je 
brûle dans le feu » ; le second dit : « Si 
cela n'est pas, que mon corps soit con- 
sumé par la maladie ; » le troisième 
dit : (( Si cela n'est pas, que mes yeux 
perdent la vue. » Ils juraient, mais per- 
sonne ne les croyait. Le saint les suppor- 
tait aimablement, et comme dès sa jeu- 
nesse il avait aimé le monachisnie, il 
s'éloigna de l'assemblée et habita dans 
le désert pendant longtemps. L'œil sou- 
verain de Dieu ne fut pas trompé par ces 
choses '^, mais il frappa ces criminels du 
genre de mort auquel ils s'étaient voués. 
En effet, une petite étincelle tomba dans 
la maison du premier et il fut consumé 



1. Matth., X, 10. — 2. Lire : ;-i.a5 (et non U>ai.). — 3, Litt, : qui dénote un défaut d'intelligence. 
— 4. Matth.; xix, 12. — 5. H., E., VI, vrir. 

6. H. a. 2247; Arm. 2250. 'HpaxXà;. Lire : «»oUû;-). — 7. Ms. : Germon.— 8. H. E., VI, x. Cf. 
p. 184 et p. 191. — 9. H. E., VI, ix. — 10. Quelques mots sont omis : aj. : |j**so oowo \-^ "^ 
v^jo (BH., Chr. eccl., I, 51). — 11. Nous traduisons en style direct pour plus de clarté. — 12. Litt. : 
« ne resta pas tranquille ». 



LIVRE Vî. GHAP. VII 



191 



était loué, Démétrius succomba humai- 
nement à la jalousie ; il écrivit à son 
sujet aux évêques ' et le blâma en di- 
sant : « Il a fait une action illégitime. » 
Après cela [H4] l'évèque de Césarée et 
celui de Jérusalem lui imposèrent les 
mains *. 

Il eut des disciples' [parmi lesquels :] 
Plutarque *, qui fut couronné du mar" 
tyre ; Héracla, qui devint évêque dA- 
lexandrie après Démétrius ; Dionysius, 
qui succéda à Héracla ; Grégoire et 
Athénodore *, qui furent évêques dans 
le Pont ® et aussi Théodore le Grande » 

Eusèbe dit encore* quAdamantus' 
(ainsi s'appelait Origène), voyant qu'il 
ne suffisait pas [h expliquer] seul les 
Livres saints, choisit Héracla, qui était 
appliqué aux choses de Dieu, et lui 
confia l'instruction de ceux qui devaient 
s'instruire minutieusement, et ne laissa 
suivre ses propres leçons que par ceux 
qui étaient plus instruits. 

Le préfet d'Arabie envoya demander 
Origène à l'évèque d'Alexandrie, pour 
être instruit par lui. Il y alla ; et après 
y avoir passé un temps suffisant, il re- 
vint à Alexandrie*''. — Mamma, la mère 
de l'empereur, fut aussi instruite par lui 
et fut affermie dans la foi**. 

L'écrivain Africanus interrogea aussi 
Origène sur la véracité de l'histoire de 
Suzanne i^ ; il répondit qu'elle était vraie. 



avec toute sa famille. Le second fut 
frappé d'un ulcère depuis la plante des 
pieds jusqu'au cerveau, et souffrit cruel- 
lement. Le troisième voyant ce qui était 
arrivé fut saisi de crainte et confessa 
devant tout le monde la malice qu'ils 
avaient complotée tous les trois; et 
quand leur action diabolique eut été dé- 
voilée, celui qui avait été frappé d'ulcères 
[ll4] avoua aussi, mais il mourut tour- 
menté par sa maladie. Et tandis que le 
dernier gémissait et pleurait, ses yeux 
s'obscurcirent subitement. Et chacun 
d'eux reçut [ainsi] son châtiment. — 
Comme on ne savait pas où était le bien- 
heureux Narcisse dans le désert, on éta- 
blit Dius h sa place. Après trois ans, 
on découvrit Narcisse. Les évêques lui 
demandèrent de revenir et de reprendre 
son ministère; mais il ne le put à cause 
de sa vieillesse. — Alors *^ Alexandre^ 
un évêque de Cappadoce, eut une vi- 
sion dans laquelle il lui semblait qu'il 
était venu officier en présence de Nar- 
cisse. Etant venu à Jérusalem pour y 
prier, ils s'emparèrent de lui*^ et ne le 
laissèrent pas retourner dans son pays ; 
car Dieu leur avait aussi révélé que cet 
homme devait remplir les fonctions sa- 
crées h Jérusalem. Dans la lettre qu'A- 
lexandre écrivait aux fidèles d Antinoë *^, 
il dit : « Narcisse, mon prédécesseur, 
vous salue ; il exerce maintenant son zèle 



1. Lire : tSaûca.»^! Lûi>.. — 2. Il fut ordonné prêtre. — 3. H. E., VI, in-iv. — 4. Ms. : Poljcar- 
pos. — 5. Frère de Grégoire le Thaumaturge; Ms. : Anetodoros. — 6. H, E., VI, xxx. — 1. L'au- 
teur fait ici une confusion. Eusèbe dit : 0îô5wpov, oç StaSôvjxoç rpyjyoptoç. — 8, H. E., VI, xv. — 

9. E. : 'ASa[iavTioc. — 10. H. E., VI, xix. — 11. Ibid., ch. xxi. — 12. Ibid., ch. xxxi. 

13. H, E., VI, XI, — 14, uo^oaii.. — 15. Ttpb; 'AvxtvoetTaç. 



192 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

et lui fit connaître beaucoup d'autres avec moi, étant âgé de 120 ans '. » — Fin 

choses. Origène mourut h l'âge de dece chapitre. — Jeprie et supplie chaque 

69 ans. frère qui lira ceci de prier pour moi^ 

Eusèbe a écrit toutes ces choses, et dans V amour de la Croix*. Amen. 

rend témoignage à Origène. — Pour 
nous, nous rappelons ce souvenir; quoi- 
que nous n'ignorions pas que les Pères n'admettent point la doctrine d'Origène parce 
qu'il a dit qu'il y aura une fin aux peines ; que les pécheurs souffriront dans l'enler 
pour un temps déterminé, selon leurs péchés et ensuite se convertiront et obtiendront 
miséricorde; et qu'il a mis en avant de telles opinions, qui ne sont pas compatibles 
avec la vraie doctrine. — Ce chapitre est aussi fini par la vertu de Notre-Seigneur* . 

* [Notes ma.rginales :] — Sache, lecteur prudent, qu'à partir d'ici, f écris, selon V usage qui a eu 
cours jusqu'ici, les histoires des Pères dans la colonne supérieure, et les autres dans la co- 
lonne inférieure. Toutefois, en lisant, prie pour ma pauvre personne. 

On dit qu'Origène niait la résurrection des corps, et disait que l'Esprit- Saint et le Fils (lire : 
|;^o) étaient des créatures ; et on dit aussi quil fut chassé d'Alexandrie en Palestine. 

CHAPITRE VIII DU LIVRE Yl. ~ Du temps de six ' empereurs romains. 

En l'an 562 des Grecs \ Philippe commença à régner pendant 7 ans. — De son 
temps, les chrétiens furent dans un grand repos et dans la paix. Son fils régnait 
avec lui ; il s'appelait aussi Philippe. 

En la i"^ année de son règne, Sabhour, fils d'Ardasir, commença à régner 
sur les Perses [IIS] pendant 31 ans. 

D'après le livre d'Andronicus, sous le règne de ce Philippe, furent accomplis 
les 1000 ans de la fondation de Rome ; quantité de bêtes furent tuées dans le 
grand Cirque, quand on célébra les jeux millénaires, et des spectacles furent 
donnés [au champ] de Mars, pendant la nuit des trois jours qu'on passa en 
veille \ — Le théâtre de Pompée et l'hécatostylon, c'est-à dire à cent^ co- 
lonnes, brûlèrent'. — Quarante chars furent lancés à la course* pour célébrer 
l'anniversaire de Rome^ 

Decius tua Philippe et son fils, et régna 1 an*°. Lui-même fut tué à Abritton, 
qui est le Forum de ïembronios *'; et Gallus commença à régner avec Volu- 
sianus, pendant 2 ans ^^. 

1. Eus. : 116 ans. — 2. Ou bien: « dans une ai-dente charité ». 

3. Philippus, Decius, Gallus, Volusianus, Valerianus, Gallienus. — 4. H. a. 2261; Arm. 2262. 
— 5. E. a. 2262. — 6. Lire : «o = 100 (ms. : o = 6). — 7. H. a. 2263; Arm. 2262, — 8. ILÎi^i^Ll ~ 
missus circenses.— 9. Cf. H. a. 2263 ; arm. 2262. — 16. H. a. 2267; Arm. 2268.— 11. H. a. 2268 ; 
Arm. 2269; Sync. : âv 'Agp-jxw tw Xsyojilvw 06pw 0£(i.gpa)V!w; ms. à Berytus\ — 12, H. a. 2269; Arm. 
2270. 



LIVRE VI. GHAP. VIII 



193 



A cette époque une maladie pernicieuse se répandit dans les différentes 
parties de la terre habitée, surtout en Egypte \ 

Gallus et Volusianus furent tués dans le forum de Flaminius, et Valerianus 
commença à régner avec Gallienus, pendant 15 ans*. — 11 excita une persécution 
contre les chrétiens*. 

Sabhour, roi des Perses, dévasta la Syrie, la Gilicie et la Cappadoce*. 

Les Goths, ayant passé le fleuve du Danube, pillèrent'' plusieurs provinces 
et les îles des Gyclades^ 

L'empereur Valerianus fut emmené en captivité dans le pays des Perses ; 
Gallienus fît alors cesser la persécution contre les chrétiens \ 

Par la permission d'en haut, c'est-à-dire par la providence divine [116], la 
vraie foi se développa, grâce à l'opération de vertus et de prodiges extraordi- 
naires. 

Si quelqu'un examine sagement, il remarquera que ces rois qui persécu- 
taient iniquement les chrétiens tombaient promptement sous le châtiment de la 
justice. Ainsi, ce Decius qui avait persécuté violemment et diaboliquement et 
fait tuer les chrétiens, subsista seulement 1 an et fut mis à mort ; et ce fut le 
repos pour l'Eglise de Dieu. De môme, 14 ans après que la persécution avait 
cessé, Valerianus en excita une nouvelle, en la 15^ année de son règne, et en 
cette même année il fut tué à Milan*. — Fin. 



A cette époque parut l'hérésie des 
Elkésaïtes ^ qui disaient qu il n'y avait 
point de péché àapostasier, si l'on ne le 
faisait de cœur; qu'ils ont un livre plein 
de fausseté, qui procure le pardon de ses 
péchés à celui qui l'écoute. Ils n ad- 
mettent point [les Livres] saints. 

A cette époque, comme dit Eusèbe'", 
Cyrillus**[il3], évêque de Boçra d'Ara- 
bie, osa dire que notre Sauveur, quand 



En ce temps-là, Cornelius'^^ le 20", re- 
çut l'épiscopat de Rome pendant 3 ans. 
— Après lui le 21" fut Lucius *^, pendant 
8 mois; et le 22% Stephanus, pendant 
2ansi'^. 

A Alexandrie, le 13° évêque fut Dio- 
nysius, pendant 17 ans '^. C'était un disci- 
ple d'Origène, et il ne fléchit pas vers 
l'hérésie. Il était disert et il proposa une 
saine doctrine. 



1. E. a. 2269. — 2. H. a. 2271; Arm. 2270. — 3. H. a. 2274; Arm. 2273. — 4. H. a. 2275. — 
5. Littéralement : « captivèrent ». Cf. H. a. 2279. — 6. Lire : osdo^Uûûû. — 7. H. a. 2276; Arni. 
2274. — 8. L'auteur commet ici une confusion. C'est Gallien qui mourut à Milan ; H. a. 2285; Arm. 
2283. Volusien mourut en captivité. 

9. Yi Twv 'EXyso-atTwv. Cf. H. E., VI, xxxvlir. — 10. H. E., VI, xxxiii. — 11. Sic mss, syr. et ar. 
Lire : 'notî^o^s, BTjpuXXo;. 

12. Ms. : Qyrillos. Rest. : a>û.\j;aû. H. a. 2269; Arm. 2262. —13. Lire : v^a.ûcîi.. — 14, H. a. 
2270; Arm. 2268. — 15. E. a. 2265. 

I. 23 



194 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



il existait dans sa propre personnalité, 
avant de revêtir un corps, n'avait point 
de divinité persoanelle, mais que la di- 
vinité de son père habitait en lui». — 
Aussitôt, Origène descendit avec des 
évêques ; ils le blâmèrent et le conver- 
tirent à la vérité. 

Ils démasquèrent aussi l'hérésie de 
ceux qui disent^ que l'âme humaine 
est détruite et dissoute à la mort de 
l'homme, et qu'à la résurrection elle 
sera de nouveau subitement rétablie et 
réunieau corps. 

Cette opinion avait surgi et pris nais- 
sance surtout en Arménie ^ Origène y 
alla et la détruisit. 

.lu squ'alors, ceux qui se convertissaient 
de l'héi'ésie étaient purifiés par la prière 
et l'imposition des mains*. A cette épo- 
que, une grande discussion s'étant élevée 
entre les évêques, ils se réunirent au nom- 
bre de quatre-vingt-quatre* près de Cy- 
priende Carthage,etils définirent que, de 
toute façon, ils devaient être d'abordbap- 
tisés et ensuite reçus dans l'Église. Ils 
établirent en cet endroit 20 canons®. 
Etienne ^ de Rome disait : « Il ne faut 



[US] A Antioche,lel3eévêque futBa- 
bylas. Au bout de huit ans, le gouver- 
neur de la ville étant venu' pour entrer 
dans l'église, l'évêque s'y opposa. Il en 
fut irrité* et fit massacrer beaucoup de 
chrétiens etle saint lui-même*'^ avec trois 
jeunes gens, ses disciples. 

A cette époque florissait par son en- 
seignement, ses prodiges et ses grands 
miracles, Grégoire de Néocésarée. Il fut 
institué évêque par Phedimus d'Ama- 
sia*\ étant absent^^. 

A cette époque^ dans la persécution 
de Decius, furent couronnés les Qua- 
rante martyrs de Sébaste*'^. 

A cette époque commencèrent à briller 
les couvents de moines, dans le désert 
d'Egypte**, grâce au bienheureux Paul, 
de Thèbes, et à Antoine. 

A Antioche, le 14" évêque fut Démé- 
trius'^; etle 15% Paul de Samosate qui 
fut trouvé hérétique et fut chassé*''; 

A Rome, le 23e évêque, fut Xystus, 
pendant ir ans*'; et le 24"^, Dionysius, 
pendant 9 ans*^. 

A Jérusalem, le 37^ fut Mazabanus*^; 
et le 38® Hymenœus^*^. 



1. La phrase ne traduit pas correctement le grec : (Jlyi upoOcpso-Tavott xax' îSt'av oxxjiaç 7ceptYpai>r,v, Trpo tyjç 
sic àvôpwuoyç sutSïifjM'aç, [XYiôe |iT|V ôsiTrjTa ISîav e-/eiv, àW £(i7io>.tTeuo(JL£VY]v auxw (jlÔvyiv ty^v îiarpcxTiv. — 
2. H. E., VI, xxxvu. — 3. Sic ms. ; lire : Arabie. — 4, H. E., VII, ii. — 5. D'autres documents 
syriaques portent : 87. — 6. Sur le synode de Carthage tenu en l'an 256, et les documents syria- 
ques qui s'y rapportent, cf. Duval, Litt. syr,, p. 172-173. — 7. Lire : asoûia^i:o1. 

8. Lire : Ul ,3. — 9. xivUl. — 10. Lire : i9|o (et non : «9olo). BH. Cf. H. E., VI, xxxix. — 
11. Ms. : de Damas. Cette leçon erronée est aussi celle que BH. avait sous les yeux. Cf. Chr , 
eccL, I, 54, n, 2. — 12. Au sujet de cette singulière ordination, voir les textes réunis par Tillemont, 
Mémoires pour VHist. ecclés., IV, 326. — 13. Cf. Acta Sanct., 10 mars. Les Actes syriaques ont 
été édités par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., III, 355 sqq. — 14, Ms. ; « dans le désert et en 
Egypte ». — 15. H, a. 2269; Arm. 2272. An[j.Y)Tptav6ç. Le ms. porte bien 14», et ne compte pas Fa- 
bius. — 16. Arm. a. 2278; H. a. 2277. — 17. Arm. a. 2272; H a. 2271. — 18. H. a. 2282; Arm. 
2279. — 19. H. a. 2268; Arm. 2269. MaÇagâvriç. — 20. H. a. 2283; Arm. 2282. 'YjAÉvato;. 



LIVRE VI. CHAP. VIII 



195 



rien innover en dehors de la tradition et 
de la coutume qui existe. » Et il y eut 
une querelle entre eux*. 

A cette même époque, le prêtre No- 
vatus disait qu'il n'y a point de pardon 
pour ceux qui pèchent après le baptême. 
— Il y eut h son sujet un synode de 
soixante-quatre évêques, h Rome, et ils 
l'excommunièrent*. 

A cette même époque se fit connaître 
Sabellius dePtolémaïsde laPentapole de 
Libye, dans le pays d'Egypte^. Il disait 
qu'il n'y avait qu'une [116] seule per- 
sonne dans la sainte Trinité ; et que cette 
même personne s'était manifestée comme 
le Père aux Prophètes dans l'Ancien 
Testament; que dans le Nouveau, elle 
s'est incarnée comme le Fils et a parlé 
avec les Apôtres sous la forme de l'Es- 
prit-Saint. — Dionysius * d'Alexandrie 
écrivit contre lui. 
■ A cette époque, Nepos ° parut dans 
une ville d'Egypte ; il enseignait comme 
les Juifs. Il disait que les saints auront 
sur la terre mille ans pour manger et 
boire. 

A cet te époque aussi, Paul de Samosa te* 
abandonna la foi, et renouvela la hon- 
teuse doctrine d'Artémon '. Les évêques * 
Firmilianus de Césarée de Cappadoce, 



Alexandre de Jérusalem', ainsi que Fa- 
bianus de Rome '", Fabius d'Antioche '% 
successeur de Babylas, Christophorus'^ 
et beaucoup d'autres souffrirent le mar- 
tyre du temps de l'empereur Decius qui 
était ennemi des chrétiens [et qui avait 
tué] 1 empereur Philippe et son fils, qui 
étaient chrétiens. 

De son temps, sept enfants s en- 
fuirent d'Ephèse et se cachèrent dans 
une caverne'"^. 

Il opprimait fortement les chrétiens 
pour les faire apostasier; et beau- 
coup apostasièrent par crainte. Quand 
Decius fut tué, la persécution se calma. 
Ceux qui avaient apostasie vinrent à 
Rome [116] et demandèrent à faire pé- 
nitence. Novatien'* disait qu'il n'y avait 
point de rémission, et il fut appelé chet 
des Cathares. 

Cornélius écrivit, à son sujet, à Fabius 
d'Antioche, en disant'^: «Novatien^ponssé 
par le démon, est venu à l'église de 
Rome. Alors qu'il gisait sur un lit et 
était sur le point de mourir, il reçut le 
baptême par nécessité. Au temps de la 
persécution il nia en présence de plusieurs 
qu'il était [prêtre]*". [Plus tard], quand il 
offrait les mystères, il prenait [les mains] 
de celui qui s'approchait*^, jusqu'àce que 



1. H. E., VII, iir. — 2. H. E., VI, XLnr, s. f. — 3. Sic ms. Cf. H. E., VII, vr. - 4. Lire : 
uïoa^ûoaicu^. — 5. H. E., VII, xxiv. Ms. : Néophitès (NIuù);. Nénwxa), — 6. H. E., VII, xxvii. — 7. Cf. 
Eus., H. E., V, xxvni. — 8. Cf. Eus., H. E., VII, xxvrri-xxx. 

9. Cf. Acta Sanct., 18 mars. — 10. Cf. Acta Sanct., 20 janv. — 11. Cf. Eus., H. E., VI, xxxix. — 
12. Acta Sanct., 25 juil. — 13. Allusion aux Sept-Dormants d'Éphèse. Nous retrouverons plus loin 
l'occasion de parler de cette légende. — 14. Le nom est transcrit d'après Eusèbe : NoouotTOç. Il s'agit 
de Novatianus que les auteurs syriens confondent souvent avec Novatus d'Afrique. Toutefois, c'est 
peut-être Novatus qui est visé dans la première phrase. — 15. //. E., VI, xLur. — 16. TtpscrgÛTepo; 
eîvat (E.). — 17. Pour recevoir la communion. 



196 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Theotecnus * [de Césarée] de Palestine 
Grégoire de Néocésarée , Athénodore 
du Pont ^ et Alexandre de Tarse *, s'as- 
semblèrent, ainsi que Nikomas d'Ico- 
nium, Maximus de Boçra et Hymenaeus 
de Jérusalem, Ayant blâmé Paul, celui- 
ci chercha un refuge dans la pénitence, 
et le synode se sépara. Quatre ans après, 
Paul revint h son vomissement, les évo- 
ques * se réunirent pour la seconde fois 
et l'anathématisèrent, parce qu'il di- 
sait que le Christ est un homme ordi- 
naire. 

[L'occasion de sa chute fut une femme 
juive nommée]* Zénobie, que les Perses 
avaient établie sur toute la Syrie, quand 
ils vainquirent les Romains. Comme elle 
se complaisait beaucoup dans les doc- 
trines des Juifs, le misérable Paul vou- 
lut lui plaire et il tomba dans l'hérésie 
d'Artémon. Des femmes attachées à Paul 
chantaient des psaumes en son honneur. 
On disait aussi qu'il était un fornicateur. 
— Quand il fut anathématisé par les 
évêques, il s'appuya sur cette femme qui 
dominait, grâce aux Perses, sur toute la 
Syrie*. Les évêques firent connaître son 
affaire à l'empereur des Romains, Aure- 
lianus, qui, tout païen qu'il était, or- 
donna de chasser Paul de l'Église. — 
Fin. 



celui-ci jurât qu'il ne l'abandonnerait 
point pour se tourner vers Cornélius; 
car il désirait vivement l'épiscopat. Il 
séduisit trois évêques qui lui imposèrent 
les mains en secret. «Novatien prétendait 
que ce fut de force et malgré lui. C'est 
pourquoi Dionysius lui écrivit^ : « A 
Novatien, mon frère, salut. Si, comme tu 
le dis, tu en es venu là contre ton gré, 
montre le en te retirant volontairement. 
Tu devrais tout supporter plutôt que de 
déchirer l'Eglise. Le martyre que l'on 
subit pour ne pas scinder PEglise n'est 
pas moins glorieux que le martyre que 
l'on souffre pour ne pas servir les idoles. 
Et, à mon avis, il est même plus parfait 
que ce dernier. Là, en effet, on est mar- 
tyrisé seulement pour soi-même ; ici, on 
est martyrisé pour toute l'Eglise. Main- 
tenant, situ persuades et situ forces les 
frères de revenir à l'unité, ton triomphe 
sera plus grand que tes péchés; si tu ne 
peux les convaincre, sauve du moins ton 
âme. Je prie pour que tu te portes bien et 
que tu adhères au Christ. — Fin. 

Que le frère qui lit [ceci] prie pour 
moi ! 



1. Ms. : Theoctistos. Cf. H. E., VII, xiv. — 2. Lire : '^-»^i-9» -^o^o^ûjUI, Ms, : de Patros. — 3. 
Ms, : Alexandros et Tarsos. Eus. : "EXevo;. — 4. Lire : 1.9a-ûi2û9|. — 5. Le texte est ici altéré; en 
comparant les mots qui restent avec le passage parallèle de BH. [Chr. eccL, I, 57), je croîs qu'on 
peut le restituer ainsi : ^v wû^aail l*iso;L9» i*w • l^aaJl ov>û*.> l^*^a. \Lbj] "^^^ w^*) ^Sj [wli^^i |C^i.o] 
l-'^^oo»^ ^^1 j^ U^oAû» ILÔUI. — 6. Je n'ai pas besoin de faire remarquer l'inexactitude du récit qui 
attribue à l'influence des Perses le pouvoir de Zénobie. 

7. H. E , VI, xT.vf. 



LIVRE VI. GHAP. IX 197 

CHAPITRE IX DU LIVRE VI. — Du temps de Claudius et des cinq empereurs 

qui lui succédèrent. 

En l'an 588 commença à régner Claudius^ pendant 1 an. 

A cette époque [li7] Bruchion fut assiégé et vaincu ' dans Alexandrie. 

La figure d'une couronne apparut aussi dans le ciel. 

A Alexandrie, le Bruchium fut opprimé par la guerre». 

Claudius mourut à Sirmium^ 

En Pan 589 Aurelianus commença à régner, pendant 5 ans et 6 mois*. 

En la première année de son règne il détruisit les Palmyréniens et soumit les 
Gaulois^ — Il bâtit le mur de Rome*. 

A Alexandrie le Bruchium, après avoir été assiégé'' longtemps, fut réduit à la 
dernière extrémité en la 5" année d'Aurelianus. 

Aurelianus ayant excité une persécution contre les chrétiens, Dieu le frappa 
de la foudre ; il mourut, et la persécution cessai 

Tacite' régna 6 mois et fut tué dans le Pont*". 

A cette époque Hormizd commença à régner en Perse. 

Florianus régna pendant 2 mois et fut tué à Tarse**. 

En Pan 593 des Grecs naquit Constantin, en l'an 5 d'Aurelianus qui fut frappé 
de la foudre. 

En l'an 595 des Grecs, en l'indiction 8°, commença à régner Probus pendant 
Vans, et selon Andronicus : 6 ans*\ 

En cette année commença à régner en Perse Varahran pendant 3 ans. Et en 
l'an 4 de Probus, commença à régner sur les Perses Varahran, fils de Varah- 
ran, pendant 7 ans. 

Satornilus, voulant se révolter" et régner sur les Romains, commença à rebâ- 
tir Antioche, et il fut tué à Apamée **, 

[118] L'empereur Probus fut tué à Sirmium**. 

En l'an 602 des Grecs commença à régner sur les Romains Garus avec ses 
fils Carinus et Numerianus** pendant 2 ans et quelque temps. 

Garus mourut en Mésopotamie*' de Syrie [et son fils Numerianus fut tué]*' 
dans la province d'Afrique*^ où il l'avait fait consul. 



1. Tel semble être le sens visé par l'auteur. Il faut lire : <^=^l\ (et non o**aL|). Il s'agit comme 
plus bas du Bruchium. — 2. H. a. 2286; Arm. 2287. - 3. H. a. 2287. — 4. H. a. 2288. — 5. Arm. 
a. 2289; cf. H. a. 2289. — 6. Cf. H. a. 2291. — 7. Lire : >*i..LI. Cf. H. a. 2286; Arm. 2287. — 8. E. 
a. 2292. — 9. Ms. : Tâlîqîtos. — 10. Cf. Arm. a. 2294; H. s, 2293. — 11. H. a. 2293; Arm. 2294. 
— 12. H. a. 2294; Arm. 2295. — 13. Lire : »;-vc.. — 14. H. a, 2?97. — 15. H. a. 2299. — 16. Ms. : 
Cyrinos et Numedianos. — 17. H. a. 2300; Arm. 2302. — 18. La phrase doit être ainsi complétée 
d'après BH. [Chr. syr., p. 58) : w^*;5U lUta "^ûll »^ai.;*boûj w;3 >9l U^ûûo,. — 19. Arm. a. 2302 : 
en Thrace. 



198 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Ensuite Carinus, l'autre fils de Carus, fut tué accidentellement dans la guerre 
avec les Germains 1. — Fin. 



En l'an 4 d'Aiirelianus, qui est l'an 
592 des Grecs, parut [117] Mûnî^ qui 
était alors âgé de 33 ans. Son histoire 
est la suivante ' : 

Un homme de Lapet, nommé Pâlîq, 
avait un fds de Taqsît (?) ; ils l'appelèrent 
Corbicus*. 

Quand il était âgé de sept ans^ la 
femme d'un Arabe nommé Scytlanus* 
l'acheta. Celui-ci avait été élevé dans la 
doctrine des Egyptiens, et il introdui- 
sait les doctrines d'Empédocle® et de 
Pythagore chez les chrétiens. 11 avait 
un disciple nommé Boudos\ qui s'appe- 
lait auparavant Terbintos^ Celui-ci s'en 
alla dans le pays de Babyh)ne avec la 
femme de Scytianus®. 11 disait de lui- 
même qu'il était né dune vierge. Il fit 
quatre livres; il en appela un «Mys- 
tère » ; l'autre « Evangile »; le troisième 
« Trésors » ; le quatrième « Chapitres » ^^ . 
Comme il voulait faire paraître quelque 
apparence de miracles et de visions, il 
fut frappé par l'esprit** et mourut. 



Après que Paul eut été chassé, le 
16° évêque [d'Antioche] fut Domnus'^, 
[117] et le 17" Timothée*3. 

A Alexandrie, le 14" évêque fut Maxi- 
mus, pendant 17 ans*^, 

A cette époque florissait par sa doc- 
trine Eusèbe, évêque de Laodicée*^. 

A Rome , le 25" évêque fut Félix, pen- 
dant 15 ans*^. 

Jusqu'à cette époque, le trône de 
Jacques, frère de Notre-Seigneur, était 
conservé par les frères, comme dit Eu- 
sèbe dans le VII® Livre *^, et il montre 
par là que les anciens honoraient de 
cette façon les hommes saints, 

Eusèbe dil aussi ''^ que l'Apocalypse de 
Jean n'est pas de l'Apôtre, mais de Jean 
le prêtre ou de Cérinthe qui enseignait 
[que les élus] mangeraient et boiraient 
sur la terre *^. On reconnaît qii^il en est 
ainsi parce que le style de l'Apocalypse 
ne ressemble pas à celui de l'Evangile et 
de l'Epître; et parce que Jean l'évangé- 
liste ne met point sonnomdansces livres, 



1. H. a. 2301: apud Margum; Arm. 2302: in Cornacis. 

2. ô Mav£!ç — 3. Cf. Épiph., Adv. Hsereses, P. Gr., t. XLII, col. 30 sqq., et surtout l'histoire de 
Manès racontée par Théodore Bar-Khouni, dans Pognon, Inscript, mandaïtes dus Coupes de 
Khouabir, p. 125-131, 181-193. — 4. Ko'jpStxo;. — 5. Ms. : « nommée Sytîna », mais le nom 
est écrit correctement plus bas, et il s'agit du mari. — 6. Lire : > nf>>>o ot91. Cf. Sogr., Hist . 
eccles., I, xxn. — 7. BouSSà. — 8. Tépoivôo;. — 9. Sxuôtavoç. — 10. Lire : \~»-i^ (et non : U*^»^). 
— 11. Le texte est obscur. Bar-Khounî dit : « Tandis qu'il accomplissait de mystérieuses pratiques 
de magie, il fut frappé par l'esprit et mourut ». Selon Epiphane, il fut précipité par un ange du 
toit de sa maison où il était monté pour accomplir ses pratiques magiques. 

12. E. a. 2283. — 13. H. a. 2288 : Timseus. — 14. H. a. 2281; Arm. 2282. — 15. H. a. 2290; 
Arm. 2292. — 16. H. a. 2294; Arm. 2289. <ï>yiXi5. — 17. Chap. xvni. — 18. //. E^, VII, xxv. — 
19. II doit manquer quelques mots dans le texte; le ms. porte littéralement : « qui enseignait le 
mander et le boire sur terre. » 



LIVRE VI. CHAP. IX 



199 



La femme qui habitait près de lui, 
après l'avoir enseveli, prit l'or qu'il avait 
amassé et acheta l'enfant dont nous 
avons parlé et qui s'appelait Corbicus. 
Après l'avoir instruit dans ces livres elle 
mourut. Lui prit la fortune et les livres 
et vint à Lapet. Là il se fît appeler Mânî 
et il séduisait beaucoup de gens à l'aide 
de ces livres. Il les donnait comme chré- 
tiens. Voyant qu'il marchait dans les 
doctrines des Nazaréens, ils le firent 
prêtre. Il devint interprète des Ecri- 
tures et disputait contre les Juifs et les 
païens. Parmi ceux qui étaient avec lui 
il envoya Adœus prêcher dans le Beit 
Aramayô, et Thomas [118] dans l'Inde. 
Quand ils revinrent et lui firent savoir 
que personne ne les avait reçus, il aban- 
donna la doctrine des chrétiens et se 
proclama le Messie et l'Esprit-Saint. Il 
réunit douze disciples ; il souffla sur eux, 
et ils partirent pour séduire le monde. 
Il dit [qu'il y a] un dieu dans la Lumière, 
[qu'il appelle le Bien] ' et qui occupe les 
régions orientales, occidentales, septen- 
trionales et supérieures. L'autre, qu'il 
nomme le Mal, est dans la Matière; il oc- 
cupe les régions australes et inférieures. 
La Matière ayant été troublée, ses enfants 
s'insurgèrent les uns contre les autres : 
[ce sont] les démons, le feu, Peau et les 



comme il est mis dans celui-ci; et encore 
parce que l'écrivain n'était pas familia- 
risé avec la langue grecque, mais se 
sert de temps en temps d'un langage 
barbare. « Je ne refuse pas d'admettre, 
dit-il, que l'auteur a eu une révélation 
divine et le don de prophétie*. » 

. . . Nous écrivons les histoires des 
choses qui se sont passées de notre temps. 
— Il dit aussi' à propos de Paul de Sa- 
mosate qu'il se servait de la religion 
comme d'un négoce. Il se conduisait avec 
un esprit arrogant et orgueilleux, qui 
convient aux dio;nités mondaines \ Il 
s'était établi un tribunal et un trône non 
comme il convient aux disciples du 
Christ, mais bien aux juges séculiers. 
Quand il rendait un jugement quel- 
conque [118] il frappait des mains [sur 
sa cuisse]" et frappait du pied sur son 
tribunal. 

A cette époque, le 26'^ évêque'' de 
l'Église de Rome fut Eutychianus, pen- 
dant 8 mois; et après lui, le 27*^, Gaïus, 
pendant 17 ans, 

A Antioche était le 18e évêque, Cyril- 
lus ■. 

A Alexandrie, le 15= évêque futTheo- 
nas, pendant 19 ans^ 

A Laodicée était Eusebius. Il eut pour 
successeur Anatolius qui était célèbre 



1. Il y a ici une lacune de quelques mots que je restituerais volontiers ainsi : |o^ [^1?] 'ow «-**' 

2. Eus., loc. cit., : toù-rw ôè 'A7toxaXu(|/iv [/.èv Iwpaxivat, xa\ yvwcriv elXriçlvat xat TupoçYjTEiav, oùx 
avTspw.La phrase qui suit est mutilée au début, — 3. H. E., VII,xxtx-xxx. — 4. Le passage semble 
avoir souffert : Xa\ oute w; û'IiriXà çpovEÎ xai uTtspYipxai xoafxtxà à|iw(i.axa ÛTto5uô[j.evoc H. E., VII, xxx. 
— 5. Ajout. : [oi^S>i> "^v] i.oiOf*|-3 (BH., Chr. eccl., I, 57; uatwv Ss t?j -/^'P' '^'^^ Rpôv). — 6. H. a, 2298; 
Arm. 2296, Notre ms. porte par erreur : le 22^ et le 23^. — 7. H. a. 2297. — 8. H, a. 2299 , Arm. 

2302, 



200 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



idoles. En se poursuivant les uns les 
autres, ils arrivèrent jusqu'au ciel, lieu 
de la Lumière, et ils voulaient mélanger 
leurs ténèbres avec la Lumière et avec 
le Bien. Quand Dieu les vit, il les 
enchaîna en cet endroit*. Il prit une 
parcelle de la Lumière, et la jeta vers 
la matière. Celle-ci, l'ayant absorbée, 
y demeura attachée. A cause de cela 
Dieu fut contraint de créer le monde. 
Ils disaient qu'Adam et Eve prove- 
naient de Séqla, le prince de la Ma- 
tière, et de Nabrôël*. Ils disaient que 
le soleil et la lune sont des barques qui 
reçoivent les âmes des hommes et tout 
ce qu il y a de Bon mélangé avec la Ma- 
tière, et le font monter au lieu de la 
Lumière, jusqu'à ce que la Lumière soit 
purifiée du mélange avec le Mal ; et alors, 
Dieu livrera la Matière au feu, avec les 
âmes de ceux qui n'ont point cru en 
Mânî, et elle sera*... Ils disaient aussi 
que le mariage vient du Mal, et ils 
niaient la résurrection. Ils disaient que 
les âmes changent successivement de 
corps; que tout est animé : même la 
terre et les eaux; que Notre-Seigneur 
n'a pas pris un corps [119] et une âme, 
mais qu'il s^est manifesté et a souffert 
en apparence. Ils enseignaient qu'il y a 
25 dieux qui ont 12 femmes, et d'autres 
mystères aussi honteux. 



dans l'enseignement de la philosophie. 
Ils étaient tous les deux d'Alexandrie et 
ils étaient considérés comme des maîtrcg 
dans les sciences sacrées et profanes*. 
Avant eux était Socrate, et après eux fut 
Theodotus, qui justifia son nom et son 
titre d'évêque par ses œuvres; il était 
très versé dans l'art de guérir le corps, 
et il n'avait point son pareil dans la mé- 
decine de Tâme. Il faisait paraître une 
grande charité; il s'affligeait et sou/Trait 
avec ceux qui étaient dansle besoin, pour 
leur utilité*. 

A cette époque florissait aussi Theo- 
tecnus^ de Césarée de Palestine, par sa 
doctrine remarquable. 11 eut pour suc- 
cesseur Agapius^ qui prenait grand soin 
des pauvres qui étaient dans son dio- 
cèse. De son temps florissait Pamphy- 
lius, homme illustre et philosophe de 
vérité; il était prêtre de l'église de cet 
endroit ^ 

A cette même époque florissait aussi 
Meletius % évêque de l'église du Pont, qui 
brillait dans l'enseignement de la phi- 
losophie et de la religion. Ce Meletius 
[119] était appelé mel Atticœ *" par les 
hommes instruits, et il justifia pleine- 
ment son nom. 

A Byzance, le 21e évêque fut Domi- 
tianus, pendant 23 ans. 

Acette époque, Cosmas et Damianus** 



1. Le ms. peut se lire : tOol « il incendia », ou : ^ool « il honora », mais il faut corriger ;»! « il 
lia ». — 2, Théodore Bar-Khouni appelle les parents d'Adam et d'Eve sàsa*! et ^*l;-iQj (Pognon, op. 
cit., p. 130). — 3. Les deux mots suivants ne donnent j^as de sens satisfaisant. 

4. Cf. H. E., VII, xxxr. — 5, Ibidem. — 6. Ms. : Théotoqos. — 7. ©eotexvov... 'AyaTrioç StaSlxexat 
{ibid.). — 8. H. E., VII, xxxr. Pour S, Pamphile, cf. Acta Sanctorum, !'='• juin. — 9. Eus., H. 
E., VII, xxxr. MsXgTto;. — 10. Lire : uû*^|» Jas» ; to ]^ï\i t/jç 'A-ttixt);. — 11. Sur les SS. Cosme et 
Damien, v. Acta Sant., 27 sept. 



LIVRE VI. CHAP. X 201 

Mânî, ayant promis au roi des Perses souffrirent le martyre du temps du per- 

de guérir son fils et ne l'ayant pu, sécuteur Numerius *. — Fin. 

s'enfuit en Mésopotamie. Le roi des 
Perses le trouva; il le fit écorcher, fit 

remplir sa peau de paille et la fit suspendre au mur'. Telle fut la fin de l'impie 
Mânî. — Fin. 



CHAPITRE X DU LIVRE VI. — Du temps de la famille de Dioclétien et de ses 

collègues. 

Dioclétien régna, selon ce canon, en l'an 604 des Grecs (mais selon d'autres, 
en l'an 594; qui est l'an 353 des Antiochéniens'; et de là commence le comput 
de Dioclétien*. 

Trois autres régnaient avec lui^ : Maximianus qu'il avait associé lui-même à 
l'empire, à qui il donna pour femme sa fille Dioclétiana% et qui est surnommé 
Herculius; Maxentius, fils de Maximianus, qui régnait à Rome; et Constantinus^ 
qui régnait en Gaule et en Bretagne. Dioclétien et Maximianus régnaient en- 
semble dans la contrée d'Orient et dirigeaient les affaires de concert. 

A cette époque l'Egypte se révolta, et les Romains allèrent la soumettre et 
tuèrent beaucoup de peuple*. 



1. Théodore Bar-Khouai dit : « à la porte de Beit Lapet. » (Pognon, op. cit., p. 126.) 

2. Lire : Numerianus (?). Les Actes placent leur martyre sous Dioclétien. 

3. Au lieu de « indiction « il faut probablement lire : t-'^J^'^â-'l « selon les Antiochéniens », cf. H. 
a. 2321 : « Primus annus Persecutionis, secundum Antiochenos ann. CCCLI. » — 4. BH, [Chr. 
syr., p. 58) dit le comput « des Égyptiens ». Il s'agit de l'ère des Martyrs, dont le point de 
départ est en effet fixé par les Égyptiens à l'avènement de Dioclétien (29 août 284). — 5. L'exposé 
de l'auteur est tellement confus que nous devons rappeler ici, pour l'intelligence du texte, la 
série des derniers empereurs païens : L'empereur Dioclétien (284) s'associa (28t5) Valerianus 
Maximianus Herculius. Le 1er mars 292, il proclama Césars : Galerius Maximianus qui épousa 
sa fille VaJéria, et Constanlius Chlorus. Lel^r mai 305, Dioclétien et Maximien Hercule abdiquent. 
Galerius proclame Césars : Daza, surnommé Maximinus {Syrie et Egypte), et Flavius Severus (Italie 
et Afrique). — Maxentius se fait proclamer à Rome (oct. 306) et rappelle son père Maximianus 
Herculius. Constance meurt (25 juill. 306) et son fils Constantin, proclamé empereur, force Maxi- 
mien à se tuer (310). Galerius meurt en mai 311 ; Maximinus et Licinius, qui avait été proclamé 
Auguste par Galerius, se partagent ses provinces. Constantin défait Maxentius qui se noie dans le 
Tibre (28 oct. 312); Maximin s'empoisonne à Tarse (août 313). Enfin, Licinius, qui venait de s'as- 
socier Martinianus (323), fut dépossédé de l'empire par Constantin qui devint seul empereur (3 juill. 
323). Voir l'Introduction. — 6. C'est Galerius Maximianus qui épousa Valérie, fille de Dioclétien; 
l'auteur confond dans ce chapitre Maximianus Herculius et Galerius Maximianus. — 7. Constance 
Chlore. — 8. Cf. H. a. 2314; Arm. 2312. 

I. 26 



202 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



En l'an 11 de Dioclétien, commença à régner en Perse Narsès, pendant 
7 ans ; son fils Ho[r]mizd lui succéda pendant 5 ans. 

En l'an 19 de Dioclétien, il ordonna de détruire les églises. 

Le total des années depuis la naissance deNotre-Seigneurl 120]est de 284 ans *. 

La persécution fut accompagnée de la famine. Le modius de froment se ven- 
dait 2500 mines ^ 

Maxim[ianjus mourut après avoir régné 3 ans; et Maxence fut tué après avoir 
régné 6 ans. — Sévérus régna pendant 1 an et mourut*. — Licinius fut tué 
après [avoir régné] 17 ans*. 

En l'an 20 de son règne^ Dioclétien ayant ordonné tyranniquement de démolir 
les églises, fut frappé : ses parties génitales pourrirent, comme l'expose ample- 
ment Eusèbe*. Il abandonna l'empire à Maxim[in]us qui était en Cilicie, et il 
mourut. Ensuite, Maxim[in]us mourut aussi; il eut pour successeur Martinian us 
qui fut tué après trois mois ^. 

Constantin', père de Constantin le Victorieux, commença alors à régner. II 
avait deux femmes ; Hélène, mère de Constantin le Victorieux, et Théodora, fille 
du tyran Maximianus. — En la 8" année de son règne, il associa à l'empire son 
fils Constantin le Victorieux. — Fin. 



A cette époque, Arius fut anathéma- 
tisé Dar saint Pierre. 

A cette époque, en Tan 19 du règne 
de Dioclétien, parce que notre iniquité 
s'était multipliée, que les chrétiens s'é- 
taient élevés les uns contre les autres, 
le Seigneur dans sa colère obscurcit la 
fille de Sion. Aux approches de la grande 
fête de Pâques, on répandit partout des 
écrits h notre sujet ordonnant* que les 
églises fussent rasées jusqu'aux fonde- 
ments, les vêtements sacrés brûlés et 
tous ceux qui portaient le nom de chré- 
tiens [saisis et] jetés dans les fers^ 



A Byzance, le 21^ évêque fut Probus^o 
pendant 11 ans. 

Dans l'église d'Alexandrie, le 16^ 
évêque fut Pierre, pendant 11 ans. — Il 
fut couronné du martyre. Alors qu'il 
gouvernait vertueusement Téglise, la 
persécution s'éleva, en lan 3 de l'épi- 
scopat du bienheureux Pierre. Quand 
Dioclétien se mit à persécuter violem- 
ment les chrétiens^ Pierre déploya son 
zèle; il encourageait tous les fidèles d'E- 
gypte à persévérer dans la foi et à sup- 
porter les combats. 11 usait d'une grande 
longanimité. En l'an 9 de la persécution, 



1. C'est la date qui correspond réellement à l'avènement de Dioclétien; mais l'auteur (sans doute 
par suite des erreurs de chiffres dans les Tableaux) la met en concordance avec l'an 19 de cet empe- 
reur. — 2. Cf. H, E,, IX, viil : èvb; (xÉTpoy Ttuptov Sitry^iXictç xa\ Ttîvraxoaîa; 'AxTixàç àvTixaTa).XâTT£(7Ôat. 
— 3. H. a. 2322, 2323. — 4. Ms. : Elicianus. Cf. H. a. 2324, 2340. — 5. //. E., VIII, xvr. — 6. 
Martinianus fut associé à l'empire par Licinius en 323. Cf. p. 201, n. 5 — 7, Constance Chlore. 

8. Lire : ^j-'â-S (et non : ^M»-*). — 9. Cf. H. E., VIII, ii. 

10. Lire : >.ooas<s;S^ d'après le Pskudo-Dorothée. 



LIVRE VI. GHAP. X 



ÎOÈ 



A cette époque, plusieurs cédèrent à 
la contrainte et succombèrent ; mais 
beaucoup de martyrs choisis et coura- 
geux persévérèrent jusqu'à la mort. 

A cette époque, le diacre Arius fut 
anathématisé par Pierre. Il fut précipité 
de plus en plus dans le mal, par son 
expulsion; il vomit son venin et devint 
le chef d'une hérésie perverse. II désirait 
l'épiscopat, et en vue de cela il remuait 
toute pierre. Or, Arius ayant été or- 
donné prêtre par Achillas, successeur 
de Pierre, à Alexandrie, il fut de nou- 
veau anathématisé par Achillas lui- 
même; et de nouveau il fit paraître son 
impiété et séduisit beaucoup de gens. 
Il se fit un parti d'hérétiques*. 

[120] Dioclétien ayant été frappé de 
maladie, vivait comme un paysan'. Il 
confia l'empire à Maxim[ian]us% son 
gendre, qui fit lui-même souffrir beau- 
coup de maux aux chrétiens. — Le mal 
de Dioclétien s'aggrava, des ulcères se 
formèrent dans ses entrailles et des abcès 
dans ses membres secrets : il en sortait 
des vers et une odeur fétide*. Il comprit 
enfin que c'était un châtiment de Dieu, à 
cause de ce qu'il avait fait aux chrétiens. 
C'est pourquoi, il écrivit de tous côtés 
et ordonna de laisser les chrétiens vivre 



il fut couronné par le glaive. Avec lui 
subirent le martyre ses prêtres Faus- 
tus°, Dius et Ammonius ; et, parmi les 
évêques de l'église d'Egypte : Philéas, 
Hesychius et Theodorus. Quant aux 
autres qui subirent le martyre, même 
parmi les officiers du palais royal, dans 
toute la contrée d'Egypte et à Alexan- 
drie, [quant] aux prêtres et aux évêques 
qui souffrirent à cette époque, h la mul- 
titude des fidèles qui supportèrent cou- 
rageusement la lutte du martyre h Nico- 
médie, en Phénicie, enPhrygie, [120] en 
Syrie, et quant à la destruction des 
églises, Eusèbe de Césarée en parle suf- 
fisamment dans son Livre®. 

A cette époque, Yôna', évêque d'E- 
desse, jeta les fondements de la Grande 
église d'Edesse ^ Yôna étant mort, il eut 
pour successeur Sa'outa% qui acheva 
l'église, et elle fut appelée 'Ayia Soç{a. 

Année 634'". Ensuite Édesse eut pour 
évêque Aitallaha qui bâtit le côté oriental 
de cette église. Il bâtit aussi le cimetière 
des étrangers''. 

Année 656. Ensuite vint Abraham 
commeévêque d'Edesse; il bâtitle temple 
de la Maison des Confesseurs'*. 

Année 681. Et (Barsê) bâtit le baptis- 
tère'*. 



1. Lacune de quelques mots. — 2. puganus. Littéralement : « circulait sous l'habit de paysan. » 

— 3. Galerius Maximianus. — 4. Cf. H, E., VIII, xvr. 

5. Ms. : Festus : Lire : uioa^ooaS, //. ^., VIII, xui. — 6. Hist. eccl,, VIII, r-xiii. — 7. Chronicon 
Edess., no xii : tJiû. BH. : l^'. — 8. Cette liste des évêques d'Edesse est à comparer avec les pas- 
sages correspondants du Chronicon Edessenian (B. O., I, 387 sqq.) et du Pseudo-Deuys de Tell- 
Mahré. Cf. Hallier, Untersuchungen ûherdie Edessenische Chronik, p. 6-9. — 9, Chr. Edess., n° xri : 
,^» ; BH. : LûiA. — 10. La comparaison avec le Chronicon montre que la date se rapporte à ce qui 
suit. — 11. Chr. Edess., n" xiv; an. 636. Cf. p. 246. — 12. Chr. Edess., no xviii; an. 657. Cf. p. 270. 

— 13. Chr. Edess , no xxix. BH. {Chr. eccL, I, 66) qui suit textuellement Michel insère ensuite le 
nom de Barsê, il est probable qu'il y a une ligne omise dans notre ms. Cf. pp. 270 et 277. 

26* 



204 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ouvertement selon leurs coutumes et 
rebâtir leurs églises^ et de faire cesser 
la persécution . Il demandait qu'ils 
priassent leur Dieu pour sa vie'. — Le 
tyran Maximianus% qui était en Orient, 
ne voulait point mettre fin à la persécu- 
tion contre les chrétiens, et ne pouvant 
abolir l'ordre [de l'empereur], il la fît 
cesser involontairement*; mais après 
quelque temps il se dévoila et dit que les 
dieux lui avaient révélé que les chrétiens 
devaient être chassés des villes dans les 
campagnes; et de cette façon la persé- 
cution recommença contre nous*. Alors, 
Dieu châtia le pays par la disette de pluie, 
la famine et la peste, au point qu'on je- 
tait dix cadavres dans une même fosse 
et que le modius de froment se vendait 
2700 mines ^ 

Ce tyran Maximianus étant occupé à 
la guerre avec les Arméniens, la fureur 
[de la persécution] se calma dans les 
villes. Ensuite le sceptre de la justice 
l'atteignit aussi ; il fut frappé d'une dure 
éternelle maladie». 

Dioclétien mourut avec Maximianus; 
ils quittèrent la vie et l empire, et main- 
tenant, ils sont réservés pour le juge- 
ment de justice, qui rendra à chacun 



Année 689. En cette année, les ortho- 
doxes d'Edesse enlevèrent la Grande 
église aux Ariens qui s'en étaient em- 
parés injustement'. 

Eulogius fut évêque d'Edesse. Il bâtit 
Beit Mar Daniel, qui fut surnommé Mar 
Dimit«. 

Du temps de cet évêque^, on apporta 
des Indes h Edesse la châsse de Mar 
Thomas l'apôtre, et on la déposa dans 
l'église même de Mar Thomas. 

Année 723. Mar Rabboula fut évêque 
d'Edesse. Il bâtit Mar Etienne, qui était 
la synagogue des Juifs". 

Dans l'Eglise de Rome, le 28° évêque 
fut Marcellianus** pendant 10 ans; en- 
suite, le 29^ Miltiades" pendantSans". 

A Antioche, le 19" fut Tyranios**. 

A Jérusalem, le 39® fut Zabdas*% et le 
40 ; Hermon ". 

A cette époque Grégoire d'Arménie 
subit le martyre ayant été condamné, à 
cause du Christ, par son cousin Dartat, 
roi des Arméniens *\ 

Dans l'Eglise de Rome, le 30*^ évêque 
fut Sylvestre '% qui reçut, à l'âge de 
30 ans, Tordination de Miltiades. 11 con- 
vertit beaucoup de païens, etil prophétisa 
la mort de Tarquinus, le préfet persécu- 



1. Cf. H. E. VIII, XVII. — 2. Le César Maximiii. — 3. H. E., IX, 1. — 4. Cf. H. E., IX, m. — 
5. Cf. ci-dessus, p. 202, n. 2. — 6. H. E., IX, viii-ix. 

7. Chr. Edess., no xxxm. Cf. ci-dessous, p. 309, u. 9. — 8. Chr. Edess., n° xxxiv ; an. 689. Cf. ci- 
dessous, p. 309, a. 10, et p. 321, n. 4. — 9. Chr. Edess., no xxxviii : « du temps de Qoura >>; an. 705. 
Cf. ci-dessous, p. 321, n. 5. - 10. Chr. Edess., n^ hi.'-^. ci-dessous, p. 321, n. 9. — 11. H. a. 2313. 
Ms. : Mar Minus] Restituer : ^ai-'i^o;.^. _ 12. Ms. : Meliditos. — 13. H. a. 2321 : « Romœ XXVIIII 
episcopus constituitur Eusebius mensibus VII. Post quem XXX ecclesiam tenet Miltiades ann. IIII. » 
Michel omet Eusèbe. — 14. Tupawo;. H. a. 2319. — 15. ZaêSSç; H. a. 2316, le 37c; Arm. 2317, 
le 38". —16. H. a. 2319 : le 38c, Arm. 2319 : le 39e. _ 17. Cf. ci-dessous, p. 243. — 18. SiXSsatpoî. 
H. a. 2326. 



LIVRE Vt. GHAP. X 



205 



selon ses œuvres, sans acception de per- 
sonne, et sans miséricorde. 

Après ceux-ci régna Constantin, père 
de [121] Constantin le Victorieux, qui 
avait été empereur en Gaule du vivant 
de Dioclétien. Il régna en tout 12 ans ; 
il vécut 60 ans. — Fin^ par la vertu de 
Notre-Seigneur, 



teur des chrétiens . Le lendemain, 
comme celui-ci mangeait [121] un pois- 
son, une arête l'étrangla et il mourut*. 

L'empereur Constantin entra à Rome. 
Sylvestre et tous les chrétiens prirent 
la fuite devant lui'. 

Et le 25 de tamouz^ (juillet) Cons- 
tantin* mourut. Il laissa l'empire h son 
fils Constantin. — Fin. 



Fin du sixième Livre qui comprend dix chapitres, et l'espace de 212 ans; c'est- 
à-dire jusqu à Van 5816 depuis Adam, pendant le cycle de trente empereurs des 
Romains. 



1. Cf. la version syriaque des Actes de S. Sih'estre (Land, Anecdota sacra, III, 48). — 2. Op. cit., 
p. 52-53. L'auteur, qui donne le nom de Constantin à Constance Chlore, a confondu plusieurs fois 
les événements qui se rapportent à ces deux personnages. C'est ainsi qu'il attribue la légende de 
la lèpre à Constance Chlore (cf. ci-dessous, p. 241) et c'est évidemment lui qu'il a en vue dans 
cette phrase. — 3. Lire : ch- ; (25 juill. 306). — 4. Lire ; Constance Chlore. Voir le tableau généa- 
gique de la famille de Constantin à la fin du volume. 



NOTE 

AU SUJET DES 

TABLEAUX CHRONOLOGIQUES 



Nous réunissons ici tous les Canons chronologiques répartis dans les six premiers Livres 
de la Chronique et nous y ajoutons le tableau placé au début du VII^ Livre (p. 121 du texte), 
qui complète la série empruntée à Eusèbe et qui s'arrêle à l'an 20 de Gonslanfin. 

La continuation de Jacques d'Édesse sera pareillement transcrite à l'endroit où elle se ter- 
mine, dans le XP Livre de la Chronique. 

La transcription de ces Canons a donné lieu à de très nombreuses fautes. Ces fautes, nous 
l'avons constaté avec plaisir, ne sont pas imputables au copiste de notre manuscrit. Elles se 
trouvent déjà dans l'original d'Oifa, et sont reproduites identiquement dans la version arabe du 
British Muséum, ainsi que les notes marginales du scribe signalant ces erreurs (cf. ci-dessous, 
p. 223, n. 8; 231, n. 9; 232, n. 9; 237, n. 4 et9; 238, n. 1 et 8). 

Nous avons restitué la partie des canons antérieure à Tère chrétienne sans indiquer toutes 
les corrections que nous avons dû faire. La disposition du manuscrit s'accorde tantôt avec la 
version latine d'Eusèbe, tantôt avec la version arménienne; parfois elle s'écarte de l'une et de 
l'autre. Nous avons adopté les restitutions qui semblaient le plus en harmonie avec le texte 
de Michel, essayant de présenter les chiffres non pas toujours tels qu'ils auraient dû être, 
mais de préférence, tels que l'auteur paraissait les avoir eus sous les yeux. 

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, les erreurs sont encore plus nombreuses dans 
la partie qui VH de l'ère chrétienne à Constantin. Mais, d'autre part, la restitution en était 
plus facile et plus sûre, à cause des indications contenues dans le texte. Nous croyons avoir 
réussi, pour cette partie, à présenter exactement le tableau que Michel avait sous les yeux; 
sauf, peut-être, pour la concordance des Olympiades au sujet desquelles il reste un doute (cf. 
p. 238, n. 13]. En elTet, toutes les dates du texte concordent avec celles du tableau restitué, 
à l'exception de deux ou trois qui devront être considérées comme des fautes de copistes. 

La comparaison des tableaux et du texte permettra aussi de reconnaître et quelquefois de 
corriger certaines erreurs de ce genre dans la partie antérieure à l'ère chrétienne. Toutes ces 
divergences seront examinées et discutées, et les corrections à introduire dans le texte seront 
signalées dans le chapitre de l'Introduction consacré à la Chronologie. 

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CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



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145 
150 
155 



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30 


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24 
29 
34 



122 
123 
130 
133 
140 
145 
150 
155 



7. Thvrima- 
clius. 45 ans 



156 
160 



56 
60 



36 
40 



156 
160 






161 
165 
170 
175 
180 
185 
190 



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20 


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25 


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25 


30 


30 


35 


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161 
165 

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175 
180 
185 
190 



7. 

Armamitràs 

38 ans 



XVII» dyn 
Pasteurs 
103 ans 



191 
195 
200 



31 


1 


36 


31 


33 


5 


40 


35 


40 


10 


45 


40 



Leucippus 
53 ans 



201 


41 


11 


1 


41 


205 


40 


15 


5 


45 


210 


50 


20 


10 


50 



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15 
20 



I Foroneus 
60 ans 



211 
215 
220 
225 
228 



51 
55 
60 
63 
68 



21 
25 
30 
33 
38 



11 
15 
20 
25 
28 



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10 

15 

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25 
30 
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8 


36 


26 


237 


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9 


37 


27 


238 


78 


10 


38 


28 



250 
251 
252 
253 



254 
255 
256 
257 
258 
259 
260 
261 
262 
263 



264 
265 
266 
267 
268 
269 
270 



Messapus 
47 ans * 



9. Baleus'' 
52 ans 



104 
105 
106 
107 
108 
109 
110 



11 
12 
13 
14 
13 
16 
17 



54 
55 
36 
57 
58 
59 
60 



39 

40 
41 
42 
43 
44 
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46 
47 
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49 


39 



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56 

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Armis 
30 ans* 



90 


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50 


40 


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7 


50 


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52 


103 


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10 

11 

12 

13 

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26 


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22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 



Apophis 
14 ans' 



280 
281 



120 
121 



27 
28 



10 
11 



Joseph 
80 ans 



282 


1 


19 


29 


12 


283 


2 


20 


30 


13 


284 


3 


21 


31 


14 


285 


4 


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33 


18 


289 


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26 


36 


19 


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27 


37 


20 


291 


10 


28 


38 


21 


292 


11 


29 


39 


22 


293 


12 


30 


40 


23 



3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 

10 
11 
12 
13 
14 



XVIIl'dyn. 

Diopolite 
{i. Amosis 

25 ans)» 



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13'» 


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14 


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13 


33 


43 


26 


297 


16 


34 


44 


27 


298 


17 


33 


45 


28 


299 


18 


36 


46 


29 


300 


19 


37 


47 


30 



J 10 

2 
3 
4 
5 
6 
7 



10. 

Urasfusti 

32 ans 



301 
302 
303 
304 
305 



20 


38 


1 


31 


21 


39 


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32 


22 


40 


3 


33 


23 


41 


4 


34 


24 


42 


5 


35 



9 

10 
H 
12 



1. Page 21. — 2. Les chiffres se retrouvent d'accord avec H. ; mais dans le titre syriaque il faut corriger ^e^os en Belo- 
ckus (col. 3) et substituer Leucippus à Thurimachus (col. 4). — 3. Ms. : 30-39, au lieu de 50-59, Le scribe a recopié la 
colonne voisine. — 4. H. poursuit la série des années 60-103, jusqu'à l'an 293. — 5. Titre omis. — 6. Ce titre est dé- 
placé dans lems. et se trouve en face l'an 316. — 7. Ms. : Bateus. Rest. : ii»oWU>; BaXaiô;. — 8. Ms. : Apophios. — 9. Ms. 
omet le nom, et ne donne que 24 ans; mais l'erreur est corrigée à l'an 318. — 10. Tous les chiffres sont ici d'accord avec 
H. — 11. "EpadToç. Ms. : Taratosisia. H et A : 46 ans. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



209 



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323 
324 
325 
326 
327 
328 
329 
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11 

12 
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16 
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Servitude 
d'Egypte 
144 ans 



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20 


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12 


21 


374 


13 


22 


375 


14 


23 



13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 



5. 
Misphar- 
mouthosis 
26 ans" 



60 
61 
62 
63 
64 
65 
66 
67 
68 
69 
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15 
16 



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25 



24 
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12. 

Mancha- 

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30 ans 



17 
18 
19 
20 
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22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
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12. Or- 
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63 ans*» 



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15 
16 
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1. Le ms. aj. : 51 ans; H et A : 70 ans. — 2. H et A : 32 ans. — 3. Omis, par suite d'une ligne passée à l'an 305. — 
4. Tous les synchronismes sont d'accord avec H à l'an 319. — 5. Le scribe ayant placé les chiffres 6 et 7 sur une même 
ligne, le ms. présente une erreur d'une année dans la 3® col. jusqu'à l'an 353. — 6. Le chiffre 27 étant placé en face 328, il 
en résulte dans le ms. une erreur d'un an qui se poursuit jusqu'à l'année 342. — 7. Les chiffres 22 et 9 ayant été placés à 
l'an 328, il y a une erreur d'un an dans les col. 5 et 6, jusqu'à l'an 464 dans la col. 5 et jusqu'à l'an 353 dans la col. 6. 
— 8.V. la note 7. — 9. 'Apijjievwçt;. — 10. Ici commence la version arménienne du Chronicon. — 11. Majxyôoî; vas . '. Amam- 
los. H et A : 30 ans, qui commencent en 349. — 12. nXr][xvaïoç. H : 48 ans; A : 45. Titre : 44 ans. — 13. Ms. : 25 ans; 
mais le tableau en exige 26. De plus au lieu de 1-11, le tableau continue la série 13-23. Cf. note 16. — 14. P. 22. — 
15. Kpîacro;. — 16. Sic ms. Je crois qu'il faut corriger : i^aaoUx)! = 'Afisvffriç, et voir là une tentative de correction au 
texte d'Eusèbe. V. le texte du Syncelle (E., Chr., I, 146). Au lieu de 12-26, le ms. porte 115, mais le nom suivant est à 
son année régulière. Sync. : 'Aff/aXatoç. — 17. Tou6ixa3(jt;. — 18. 'OpOoTioT-c; ; H ; en 395 ; A : en 397. — 19. 'A[j.évwcpii;, 



27 



210 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



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Sphaerus 
20 ans * 



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17 


29 


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30 


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Orus^ 
38 ans 



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6 

7 

8 

9 

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11 

12 

13 

14 

13 

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38 
39 
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43 
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23 


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26 


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18 
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22 
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24 
23 
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32 
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34 



7. Triopas 
47 ans** 



104 
105 
106 
107 



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M 



9 
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13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
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12 
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21 
22 



6 

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11 
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13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 



2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 



Athoros** 
9 ans 



481 
482 
483 



120 
121 

122 



24 
25 

26 



23 

24 
2 



17 
18 
19 



21 
22 
23 



1. Stpotîpoç. — 2. Ms. : 31; mais par erreur. — 3. Ms. : 202-204, au lieu de : 122-124. — 4. MâfjLuXoç. — 5. P. 23. — 
6. <i>6pgaç. Le tableau ne présente que 34 ans, par suite d'une transposition de chiffres. — 7, ~iipoç ; ms, : Abârbas. — 
8. 27 répété par erreur. — 9. SuapOÉwi;. — 10. Mapâôtw;. — 11. Note : Commencement de la royauté des Athéniens . 
Dans VAttique le premier qui régna fut Cécropos sur l'Acta, qui est l'Attique. De Cécropos jusqu'à la P^ Olympiade, 
on compte 17 rois et 12 princes. Cf. E. a., 461; et ci-dessus, p. 41. — 12. Tpioua?. — 13. 'Aysv/épffYiç; ms. ; Achenkedos 
fille d'Oros. — 14. "Aôwpiç, ms. : Athoros frère d'Achenkeros, 14 ans (à la marge). — 15. Au lieu de 1-9, le ms. continue 
la série : 13-21. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



211 



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124 
125 
126 
127 


27 
28 
29 
30 
31 


26 
27 
28 
29 
30 


20 
21 
22 
23 
24 


24 
23 
26 
27 
28 


4 
5 
6 
7 
8 


512 
513 


7 
8 


15 
16 


4 
5 


1 
2 


2 
3 


7 
8 




1 










Cher rus* 
15 ans 














14. 

Marathios 
20 ans 








514 
515 
516 
517 
518 
519 


9 
10 
H 
12 
13 
14 


17 
18 
19 
20 
21 
22 


6 
7 
8 
9 
10 
11- 


3 
4 
5 
6 
7 
8 


4 
5 
6 
7 
8 
9 


1 
2 
3 
4 
5 
6 




'489 


128 


32 


1 


23 


29 


9 










1 




Cencheres 
16 ans2 














3. Am- 

phyclion 

10 ans» 






490 
491 
492 
493 
494 
495 
496 
497 


129 
130 
131 
132 
133 
134 
135 
136 


33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 


2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 


26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 


30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 


1 
2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 




520 
521 
522 
523 
524 
525 
526 
527 
528 


15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 


23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 


12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
30 


9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 


1 
2 
3 

4 

5 
6 
7 
8 
9 


7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 








16. 

Ascatades 

40 ans 3 






































Armais " 




498 
499 
500 
501 
502 
503 
504 
505 


13T 
138 
139 
140 
141 
142 
143 
144 


1 

2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 


10 
11 
12 
13 
14 
13 
16 
17 


34 
33 
36 
37 
38 
39 
40 
41 


38 
39 
/i0 
41 
42 
43 
44 
45 


9 
10 
11 
12 
13 
14 
13 
16 














5 ans 




529 


24 


32 


21 


18 


10 


1 












4. Erich- 
thonius 
50 ans" 








Moïse 
40 ans 










Acherres 
8 ans* 


530 
531 
532 


25 
26 
27 


33 
34 
35 


22 
23 

24 


19 
20 
21 


1 

2 
3 


2 
3 

4 




506 
507 
508 


1 
2 
3 


9 

10 
H 


18 
19 
20 


42 
43 
44 


46 
47 
48 


1 
2 
3 












9. Stenelos 












1 
















11 ans" 














\^.Kereus 
55 ans» 










533 


28 


36 


25 


1 


4 


5 




509 
510 


4 
5 


12 
13 


1 
2 


45 
46 


49 
50 


4 
5 
















Ramsès 






























68 ans ••■' 














2. 

Kranaos 

9 ans 6 






534 
535 
536 
537 


29 
30 
31 
32 


37 
38 
39" 

40 


26 

27 
28 
29 


2 
3 
4 
3 


5 
6 

7 
8 


1 

2 
3 
4 




511 


6 


14 


3 


47 


1 


6 




1. P. 


24.-2 


Xavxépv)?. Ms. : Achenkeres ; place le début en 489 et donn 


e 17 ans 


— 3. 'A 


LffxaxaÔYiî. 


Ms. : u? 


2 autre 




Sqathro 


s. — 4. 


Axeppîi;. — 5. 'E'/upEUî; ms. : Qrôs. — 6. Kpavaoç. — 7. Kpôra 


)7to;. — 8 


• Xeppr,?; 


ms. Acht 


irres. — 


9. 'An- 




çtxxywv. 


- 10. '1 


Ipfiat; xa\ Aavaôç. Titre omis. — 11. 'EptxQôvto;. Titre omis. 


— 12. 2 


OéveXoî. 1 


^'itre omis 


. — 13. 


'Pa(Aîa- 




<TÎi?. — 


14. Ms. 


omet par erreur 38, 39. 















212 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



'538 
539 
540 
541 
542 
543 



544 
545 



546 
547 
548 
549 
550 
551 
552 
553 
554 
555 
556 
557 
558 
559 
560 
561 
562 
563 



564 
565 
566 
567 
'568 
569 
570 
571 
572 



573 
574 
575 
576 
577 
578 
579 



S '^ =2 



Si? 



33 


1 


30 


34 


2 


31 


35 


3 


32 


36 


4 


33 


37 


5 


34 


38 


6 


35 



39 
40 



Josué 
27 ans 



19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 



Othoniel 
40 ans 



6 
7 
8 
9 
10 
11 



9 
10 
11 
12 
13 
14 



10. Danaus\ 
50 ans 



36 

3T 



1 


9 


38 


2 


10 


39 


3 


11 


40 


4 


12 


41 


5 


13 


42 


6 


14 


43 


7 


15 


44 


8 


16 


45 


9 


17 


46 


10 


18 


47 


11 


19 


48 


12 


20 


49 


13 


21 


50 


14 


22 


51 


15 


23 


52 


16 


24 


53 


17 


25 


54 


18 


26 


o5 



5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 



16. Cora- 
cos ' 
30 ans 



27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 



21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 



36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 



10 
H 
12 
13 
14 
15 
10 



30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 



15 
16 



17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 



35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 



44 



46 

47 



49 

50 



9 
10 



11 

12 



13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 



31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 



40 
41 
42 
43 
44 
45 
46 



580 
581 
582 



583 
584 
585 
586 
587 
588 
589 
580 
591 
592 
593 



594 
595 
596 
597 
598 
599 
600 
601 



602 
603 
604 
605 
606 
607 



'608 
609 
510 
611 
612 



613 



So 



8 

9 

10 



11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 



22 
23 
24 
2a 
26 
27 
28 
29 



30 
31 
32 
33 
34 
35 



36 

37 
38 
39 
40 



Oi 




Z. 


6^ 


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S^ 




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43 
44 
45 



17 
18 
19 



37 
38 
39 



18. Belo- 
chus 8 
25 ans 



1 
2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 
10 
11 



20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 



17. 
Epopeus 
35 ans' 



11. 

Lynceus 
41 ans* 



12 


1 


13 


2 


14 


3 


15 


4 


16 


3 


17 


6 


18 


7 


19 


8 



20 


9 


21 


10 


22 


li 


23 


12 


24 


13 


25 


14 



9 
10 
11 
12 
13 
14 



19. Ala- 

parès 
30 ans" 



15 
16 

17 
18 
19 



15 
16 
17 
48 
19 



Aod 

80 ans 



20 



20 



15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 



23 
24 
25 
26 
27 
28 



29 
30 
31 
32 
33 



31 



47 



49 



40 


4 


50 


41 


5 


51 


42 


6 


52 


43 


7 


53 


44 


8 


54 


45 


9 


55 


46 


10 


56 


47 


11 


37 


48 


12 


58 


40 


13 


59 


50 


14 


60 



61 
62 
63 
64 
65 
66 
67 
68 « 



Ménophis 
40 ans*» 



7 
8 
9 

10 
11 



12 



1. 'A(i'jvTri<;. — 2. P. 25. — 3. K6pa|; Ms. Qodaqos. — 4. P. 25. — 5. Ilavoiwv. — 6. Ms. Bilos. Rest. ^a>ci-ii^^^ BiîXo/oi;. 
— 7. 'EuwTtsu:. Nom et durée omis. — 8, AuyxEuç. Nom et durée omis. — 9. T^e ms. ajoute, contrairement au titre, une 
69e année. — 10. Nom et durée omis. — H. Durée omise. — 12. P. 26. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



213 



63 -0) 

il 

T3 


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« § 


614 
615 
616 
617 
618 
619 


2 
3 

4 
5 
6 

1 


7 

8 

9 

10 

11 

12 


21 
22 
23 
24 
25 
26 


21 

22 
23 
24 
25 
26. 


35 
36 
37 
38 
39 
40 


13 
14 
15 
16 

17 
18 


648 
«649 
650 
651 
652 
653 
654 
655 
656 
657 


36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 
44 
43 


11 

12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 


20 
21 
22 
23 
24 
23 
26 
27 
28 
29 


14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 


29 
30 
31 
32 
33 
34 
33 
36 
37 
38 


7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 












6. 

Erectheus 

50 ans» 




620 
621 
622 
623 
624 
625 
626 
627 
628 


8 
9 
)0 
11 
12 
13 
14 
15 
IG 


13 
14 
15 
16 

17 
18 
19 
20 
21 


27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
33 


27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
33 


1 

2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 


19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 










13. Protos^ 
17 ans 






658 
659 
660 
661 
662 
663 
664 
665 
666 
667 
668 


46 
47 
48 
49 
50 
51 
52 
53 
54 
55 
36 


21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 


30 
31 
32 
33 
34 
33 
36 
37 
38 
39 
40 


1 - 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 
H 


39 
40 
41 
42 
43 
44 
45 
46 
47 
48 
49 


17 

18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 








18. Lao- 
médon ^ 
40 ans 








629 
630 
631 
632 
633 
634 


n 

18 
l'J 
20 
21 
22 


22 

23 
24 
25 
26 

27 


1 

2 
3 
4 
5 
6 


36 
37 
38 
39 
40 
41 


10 
11 
12 
13 
14 
15 


28 
29 
30 
31 
32 
33 








19. Sicyon 
4i ans »" 








669 


57 


32 


1 


12 


50 


28 










12. Aha- 
mùn ' 
2.{ ans 










21. 

Sosarès 
20 ans*» 






7. Cecropos 
40 ans*2 


635 
636 
637 


23 
24 
23 


28 
29 
30 


7' 

8 

9 


1 

2 

3 


16 
17 
18 


34 
35 
36 


670 
671 
672 
673 
674 


58 
59 
60 
61 

62 


1 

2 

3 
4 
5 


2 
3 
4 
5 
6 


13 
14 
13 
16 
17 


1 

2 
3 
4 
5 


29 
30 
31 
32 
33 






20. Lam- 
prides ^ 
32 ans 


















14. Acrisiut 
31 ans»3 






638 
639 
640 
641 


20 
27 
28 
29 


1 

2 
3 
4 


10 
11 
12 
13 


4 
5 
6 

7 


19 
20 
21 
22 


37 
38 
39 
40 


675 
676 
677 
678 
679 
680 
681 
682 
683 
684 
685 
686 
687 
688 
689 


63 
64 
65 
66 
67 
68 
69 
70 
71 
72 
73 
74 
75 
76 
77 


6 

7 

8 

9 

10 

H 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 


7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 


1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

13 


6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 


34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 
44 
43 
46 
47 
48 












] XIX« dyn. <•' 

l. Sethos ■> 

55 ans 


642 
643 
644 
645 
646 
647 


30 
31 
32 
33 
34 
35 


5 
6 
7 
8 
9 
10 


14 
15 
16 
17 
18 
19 


8 
9 
10 
11 
12 
13 


23 
24 

25 
26 
27 

28 


1 

2 
3 
4 
5 
G 


1. 'Epî/ôsu;. — 2. Le ms. inscrit ce nom par erreur dans la col. des Argiens. — 3. H. et A. : Abhas, "Aêa?. — 4. Ms, : 
42-55, au lieu de 7-20. — 5. Aa[j.up(5r);. — 6. Le ms. aj. : l.^»;£o^ (corr. : l.é**l=o), Satiat, mais à tort. Lire : Diospûlite. 
— 7. SéOw;. — 8. P. 27. — 9. Ilpotiro;. — 10. Sltx-jwv; H. : 45 ans. — 11. Hw^âpri?. — 12. K£xpo^. — 13. 'Axptatoç. 



27* 



214 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



s g 



690 
691 
'692 



693 
694 
695 
696 



697 
698 
699 
700 
701 
702 
703 
704 
705 



'706 
707 
708 
709 



710 
711 
712 



713 
714 
715 
716 
717 
718 
719 






< -< 



78 
79 
80 



22 
23 
24 



16 
17 
18 



21 
22 

28 



49 
50 
51 



Debora 
40 ans 



5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 



14 
15 
16 
17 



18 
19 
20 



2[ 
22 
23 
24 
25 
26 
27 



25 
26 
27 
28 



19 
20 
21 
22 



24 

25 
26 
27 



52 
53 
54 
55 



Ramsès s 
66 ans 



9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 



29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 



23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 



28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 



17 
18 
19 
20 



38 
39 
40 

41 



37 
38 
39 
40 



10 
11 
12 
13 



S.Pandiôn 
25 ans ' 



21 
22 
23 



42 
43 
44 



14 
15 
16 



20. 

Polybus » 

40 ans 



24 
23 
26 
27 
28 
29 
30 



6 

7 
8 
9 

10 
11 
12 



4 

5 
6 
7 
8 
9 
10 



17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 



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Hû, 



720 
721 
722 
723 
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725 
726 
727 
728 
729 
730 
731 
732 



28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 



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10 
H 
12 
13 
14 
13 
16 
17 
18 
19 
20 



13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 



11 

12 

13 

14 

13 

16 

17 

18 

19 

20' 

21 

22 

23 



Gidéon 
40 ans 



733 
734 



14 
15 



21 
22 



26 
27 



24 
25 



735 
736 
737 
738 
739 
740 
741 
742 
743 
744 
745 
746 
747 
748 
749 
750 
751 
752 



6 
7 
8 
9 

10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 



16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 



23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 



28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 
44 
45 



9. Aegeus 

4S ans '^ 



6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 



21 . Inachus 
42 ans'J 



753 



21 



46 



19 



Atreus et 

Tkyestas *<» 

65 ans 



754 
755 
756 
757 
758 



22 
23 
24 
25 
26 



35 
30 
37 
38 
39 



20 
21 
22 
23 
24 



1, AaixTcpaïiç. — 2. P. 28. — 3. Nom et durée omis dans le ms. — i. Note : Commencement de l'empire des Mycéniens. 
— 5. Eùpuffôeyç. — 6. P. 29, — 7, IlavStwv, Titre : 26 ans; mais le tableau n'eu porte que 25, d'accord avec A. — 8. 116- 
>,jooç. — 9, riavjâî. Titre omis dans le ms. — 10. P, 30. — 11. Ms. : 26 répété par erreur. — 12. Alyîû;. Ms. Gaïus, 
40 ans. — 13. "Iva/oç. — 14. 'Ax-psù; xa's SuéaT/];^ Titre omis dans le ms. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



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63 -o 
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759 


27 


40 


7 


6 


23 


63 


788 


13 


5 


36 


35 


6 


26 




760 


28 


41 


8 


7 


2G 


64 


789 


14 


6 


37 


36 


7 


27 




761 


29 


42 


9 


8 


27 


65 


790 


15 


7 


38 


37 


8 


28 




762 


30 


43 


10 


9 


28 


66 


791 
792 


16 
17 


8 
9 


39 
40 


38 
39 


9 
10 


29 
30 






j 1 








793 


18 


10 


41 


40 


11 


31 












Aménophis 


794 


19 


11 


42 


41 


12 


32 














40 ansi 




















































22. Faestus \ 




763 


31 


44^ 


11 


10 


29 


1 








Sans' 










764 


32 


45 


12 


11 


30 


2 








1 


1 








795 


20 


12 


1 


42 


13 


33 




















24. 








796 


21 


13 


2 


43 


14 


34 








Sosarmos 








797 


22 


14 


3 


44 


15 


35 








19 ans 3 






















































Jaïr 










765 


33 


1 


13 


12 


31 


3 




22 ans 














766 
767 


34 
35 


2 
3 


14 
15 


13 

14 


32 
33 


4 
5 


































768 


36 


4 


16 


15 


34 


6 


798 


1 


15 


4 


45 


16 


36 




769 


37 


5 


17 


16 


33 


7 . 


799 


2 


16 


5 


46 


17 


37 




770 


38 


6 


18 


17 


36 


8 


800 


3 


17 


6 


47 


18 


38 




771 


39 


7 


19 


18 


37 


9 


801 


4 


18 


7 


48 


19 


39 




772 


40 


8 


20 


19 


38 


10 


802 


5 


19 


8 


49 


20 


40 






Abimelek 


















23..4rfm*- 






Amijntés 






3 ans 


















tos 4 ans * 






26 ans» 




^773 


1 


9 


21 


20 


39 


11 


803 


6 


20 


1 


50 


21 


1 




774 


2 


10 


22 


21 


40 


12 


804 


7 


21 


2 


51 


22 


2 




775 


3 


U 


23 


22 


41 


13 


805 
806 


8 
9 


22 
23 


3 

4 


52 
53 


23 
24 


3 

4 






Thola 
































22 ans 


















24. Pohj- 
















' 


1 








phalos 
31 ans 10 


























776 

777 


1 
2 


12 
13 


24 
25 


23 
24 


42 
43 


14 
15 


































778 


3 


14 


26 


25 


44 


16 


807 


10 


24 


1 


54 


25 


5 




779 


4 


15 


27 


26 


43 


17 


808 


11 


25 


2 


55 


26 


6 




780 


5 


16 


28 


27 


46 


18 


809 


12 


26 




56 


27 


7 




781 


6 


17 


29 


28 


47 


19 


810 


13 


27 


4 


57 


28 


8 




782 


7 


18 


30 


29 


48 


20 






















26. Tau- 




































Thésée fil 


5 






tanès 






















de Aegeus 








31 ans'' 






















30 ans ' 




















811 


14 


1 


5 


58 


29 


9 


















783 


8 19 


31 


30 


1 


21 


812 


15 


2 


6 


59 


30 


10 








25. 
Mil hr mus 
27 ans » 




















1 1 . Menes- 

theus 
23 ans «2 






784 


9 


1 


32 


31 


2 


22 


- 




















785 


10 


2 


33 


32 


3 


23 


813 


16 


3 


7 


(10 


1 


11 




786 


11 


3 


34 


33 


4 


24 


814 


17 


4 


8 


61 


2 


12 




787 


12 


4 


35 


34 


j 


25 


•»815 


18 


3 


9 


62 


3 


13 




1. Ajj 


i(j,£v£cp6iç. — 2. Ms. place en 763 l'a 


1 1 de Sosarmos 


et par suite inscrit 21 ans 


au tableau, bien ( 


]ue le til 


re n'en 




indique 


exactement que 19. — 3. Swffapfjioî; 


ms. : Sosarômos 


— 4. P. 31. — 5. ©riffsùç 


Aîyéwç. — 6. Mtôpc 


tïoç. A. : 


25 ans. 




H. : 27 


ans. — 7. Titre omis. H. : Festus 


. S. : "HsaKJToç. - 


— 8. Titre omis. "AôpacTO 


;. — 9. Titre omis 


î. 'k\X\LZMi 


■\mz. — 




10. Ho), 


jcp£(8/;:. — 11. TeÛTajxo;; Ms. : Moui 


unes. — 12. Titre 


2 omis. MïvsaÔcJc. — 13. P 


. 32 





















216 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



816 
817 
818 



819 



820 
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822 
823 
824 
825 



826 
827 
828 



829 
830 
831 
832 



833 
834 
835 



836 
837 



838 



19 
20 
21 



22 



Jephté 
6 ans. 



Besbon 
7 ans 



Labdon 
8 ans 



^ .g 
S s 



Z^ 



■^ t-i 



10 
il 
12 



63 
64 
65 



A f/am en- 
non 35 ans ' 



13 



10 
11 
12 
13 
14 
15 



14 
15 
16 

n 

18 
19 



9 
10 
11 
12 
13 



16 

n 

18 



20 
21 
22 



9 
10 



14 
15 
16 



19 
20 
21 

22 



23 

24 
25 
26 



11 
12 
13 

14 



n 

18 
19 
20 



23 
24 
25 



21 ■• 

28 

29 



15 

16 



21 
22 
23 



14 
15 
16 



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19 
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21 
22 
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24 

25 
26 



Tkuoris 
7 ans« 



12. 
Démophon 



XX» dyn. 
Diospolite 
178 anse 



26 
27 



30 
31 



18 
19 



■25. Pelas- 
gus 20 ans ' 



28 



1 



20 



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843 
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846 
847 
848 
849 
850 
851 
852 
853 



854 
855 
856 
857 



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859 
860 



861 
862 
863 
864 
865 
866 
867 
868 



7 
8 


29 
30 


2 
3 


21 
22 


4 
5 



Samson 
20 ans 



31 



23 



27. Teu- 

taeus 
40 ans*» 



Ascanius 
38 ansi' 



2 


1 


5 


24 


7 


1 


3 


2 


6 


25 


8 


2 


4 


3 


7 


26 


9 


3 



5 


4 


8 


27 


10 


4 


6 


5 


9 


28 


11 


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7 


6 


10 


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31 


14 


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10 


9 


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H 


10 


14 


33 


16 


10 


12 


11 


15 


34 


17 


11 


13 


12 


16 


35 


18 


12 



Orestes 
7 ans** 



14 


13 


17 


1 


19 


13 


15 


14 


18 


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14 


16 


15 


19 


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21 


15 


17 


16 


20 


4 


22 


16 



26. Zeu- 
xippus 



18 


17 


1 


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23 


17 


19 


18 


2 


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24 


18 


20 


19 


3 


7 


25 


19 



Héli 






Tsame- 
nes 






40 ans 






55 ans 







1 


20 


4 


1 


26 


20 


2 


21 


5 


2 


27 


21 


3 


22 


6 


3 


28 


22 


4 


23 


7 


4 


29 


23 


5 


24 


8 


5 


30 


24 


6 


25 


9 


6 


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25 


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10 


7 


32 


26 


8 


27 


11 


8 


33 


27 



1. Ms. : 23 dans le titre; mais 35 dans le tableau. — 2. &QVMpiç. — 3. Ms, : 17-21, au lieu de 27-31. — 4. H. ne 
poursuit la col. des Mycéniens que jusqu'à l'an 835. — 5. Titre omis. Ar|[xocpwv. — 6. Ms. : Manethus, 178; c'est un 
reste du titre d'Eusèbe : « Ex tertio tomo Manethonis ». Le titre est correctement écrit en haut du tableau de la p. 33. 

— 7. n£)ia(7yôî. — 8. P. 33, — 9. Ici se rapporte la note insérée dans le texte; ci-dessus, p. 56, 1, 25, — 10, Tï-jTaïoç, 

— 11. 'Aaxâvtoç. — 12. 'OpÉffTr,?. — 13, Z£ij?t7i7ro;. Ms, : Aukios, 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



217 









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871 
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876 
877 
878 
879 



9 


28 


12 


9 


1 


28 


10 


29 


13 


10 


2 


29 


11 


30 


14 


11 


3 


30 


12 


31 


15 


12 


4 


31 


13 


32 


16 


13 


S 


32 


14 


33 


17 


14 


6 


33 


15 


34 


18 


15 


7 


35 


16 


35 


19 


16 


8 


35 


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36 


20 


17 


9 


36 


18 


37 


21 


18 


10 


37 


19 


38 


22 


19 


H 


38 



880 



881 



882 
883 
884 
885 
886 
887 
888 
'889 



Sylviua 
29 ans* 



20 


39 


23 


20 


12 


1 



14. 

Aphidas 

1 an* 



21 



40 



24 



21 





iS. Othi- 






lï. Thy- 






naewi 






moites 






30 ans* 






8 ans' 





22 


1» 


23 


22 


1 


3 


23 


2 


26 


23 


2 


4 


24 


3 


27 


24 


3 


5 


25 


4 


28 


25 


4 


6 


20 


5 


29 


26 


5 


7 


27 


6 


30 


27 


6 


8 


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7 


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7 


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29 


8 


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29 


8« 


10 



16. Mê- 
lant hus 
37 ans '« 



890 


30 


9 


891 


31 


10 


892 


32 


11 


893 


33 


12 


894 


34 


13 


895 


35 


14 


896 


36 


15 


897 


37 


16 


898 


38 


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899 


39 


18 


900 


40 


19 



30 


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11 


31 





12 


32 


3 


13 


33 


4 


14 


34 





15 


35 


6 


16 


36 


7 


17 


37 


8 


18 


38 


9 


19 


39 


10 


20 


40 


11 


21 



34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 
44 



45 



46 



47 
48 
49 
50 
51 
52 
53 
54 



55 
56 
57 
58 
59 
60 
61 
62 
63 
64 
65 



901 
902 
903 
904 
905 
906 
907 
908 



909 
910 
911 



912 
913 
914 
915 



*916 
917 
918 
919 
920 
921 
922 
923 
924 
925 
926 



927 
928 
929 
930 






2Ô 



5^ 



20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 



41 
42 
43 
44 
45 
46 
47 
48 



12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 



22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 



4. 

A eneas 

31 ans" 



9 
10 
11 



28 
29 
30 



49 
50 
51 



20 
21 
22 



29. 
Dercylus 
40 ans '* 



12 
13 

14 
15 



52 
53 
54 
55* 



23 

24 
25 
26 



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17. 
Codrus 
21 ans *» 



66 
67 
68 
69 
70 
71 
72 
73 



74 
75 
76 



77 
78 
79 
80 



16 


5 




1 


27 


8 


17 


6 


1 


2 


28 


9 


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3 


29 


10 


19 


8 


3 


4 


30 


11 


20 


9 


4 


5 


31 


12 


21 


10 


5 


6 


32 


13 


22 


11 


6 


7 


33 


14 


23 


12 


7 


8 


34 


15 


24 


13 


8 


9 


35 


16 


25 


14 


9 


10 


36 


17 


26 


15 


10 


11 


37 


18 



81 
82 
83 
84 



88 
89 
90 
91 



27 


16 


11 


12 


1 


19 


28 


17 


12 


13 


2 


20 


29 


18 


13 


14 


3 


21 


30 


19 


14 


15 


4 


22 



92 
93 
94 
95 



1. 'OÇyvTYjç; Ms. : Amsktes. — 2. StXoyïo;. — 3. 'Açsîôaç. Titre omis. L'erreur est corrigée dans le tableau à l'an 889 
par l'addition d'une 9' année au roi suivant. — 4, ©tvato;, — 5. Ms. : Aqolotes. Rest. : >ûcu^ûBoot, 0u|i.oÎTr]ç. — 6. Ms. : 
41-48, au lieu de 1-8. — 7. L'an 889 est répété par erreur dans le ms. — 8. Ici se rapportent les notes sur la fin de 
l'empire des Sicyoniens et des Erechtides (texte, p. 32; traduct., p. 56). — 9. Ici se rapporte la note relative aux Athé- 
niens [mêmes pages). — 10. MlXavOoi;. Titre omis. — 11. Le ms. continue la série des annéee 9-34, au lieu de 1-26. — 
12. Titre placé à tort à la col. 3. — 13. H. : JEneas Sylvius. — 14. A£pxy).oî. Ms. : Armaios. Rest. wio<ii.o3i|^. — 15. Ici se 
rapportent les notes insérées plus haut dans le texte (texte, p. 35; trad., p. 58). — 16. 'AXi^ty]ç. — 17. 'EupudOeû;. — 
18. P. 35. — 19. KôSpoç; ms. : Kodlos. 



I. 



28 



218 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



931 
932 
933 
934 
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948 
949 
950 
951 



'952 
953 
954 
955 
956 
957 



958 



S ? 



31 


20 


13 


16 


5 


23 


32 


21 


16 


17 


6 


24 


33 


22 


17 


18 


7 


25 


34 


23 


18 


19 


8 


26 


35 


24 


19 


20 


9 


27 


36 


25 


20 


21 


10 


28 


37 


26 


21 


22 


11 


29 


38 


27 


22 


23 


12 


30 


39 


28 


23 


24 


13 


31 



5. 
Latinus 
50 ansl 



40 



29 



24 



25 



14 



h. David 
40 ans « 



1 


30 


25 


26 


15 


2 


2 


31 


26 


27 


16 


3 


3 


32 


27 


28 


17 


4 


4 


33 


28 


29 


18 


S 


5 


34 


29 


30 


19 


6 


6 


35 


30 


31 


20 


7 


7 


36 


31 


32 


21 


8 











1 . Médon 
20 ans 3 





8 


37 


32 


33 


1 


9 


9 


38 


33 


34 


2 


10 


10 


39 


34 


35 


3 


11 


11 


40 


35 


36 


4 


12 



30. Eu- 
pales 
38 ans» 



2. Ixion 
37 ans» 



12 


1 


1 


37 


5 


13 


13 


2 


2 


38 


6 


14 


14 


3 


3 


39 


7 


IS 


15 


4 


4 


40 


8 


16 


16 


b 


5 


41 


9 


17 


17 


6 


6 


42 


10 


18 



i. Aegis 
1 an' 



11 



19 



96 

97 

98 

99 

100 

101 

102 

103 

104 



103 



106 
107 
108 
109 
110 
111 
112 



113 
114 
115 
116 



117 
118 
119 
120 
121 
122 



123 



959 
960 
961 
962 
963 
964 
965 
966 
967 



968 
969 
970 
971 
972 
973 
974 
975 
976 
977 
978 
979 
980 



981 
982 
983 
984 
985 
986 
987 
988 



989 



990 
991 



k5 



Salomon 
40 ans 



1 


30 


30 


23 


14 


42 


2 


31 


21 


24 


15 


43 


3 


32 


32 


25 


16 


44 


4 


33 


33 


26 


17 


45 





3t 


34 


27 


18 


46 


6 


35 


35 


28 


19 


47 


7 


36 


36 


29 


20 


48 


8 


37 


37 


30 


21 


49 



3. 
Agetaus 
37 ans»" 



9 


38 


1 


31 


22 


50 



31. Laos- 








6. Albas 


thénes 










45 ans** 








39 ans»* 



19 


8 


8 


1 


12 


20 


20 


9 


9 


2 


13 


21 


21 


10 


10 


3 


14 


22 


22 


11 


11 


4 


15 


23 


23 


12 


12 


5 


16 


24 


24 


13 


3 


6 


17 


25 


■25 


14 


14 


7 


18 


26 


26 


15 


15 


8 


19 


27 


27 


16 


16 


9 


20 


28 











2. 
Acastu.t 
36 ans» 





28 


17 


17 


10 


1 


29 


29 


18 


18 


11 


2 


30 


30 


19 


19 


12 


3 


31 


31 


20 


20 


13 


4 


32 


32 


21 


21 


14 


5 


33 


33 


22 


22 


15 


6 


34 


34 


23 


23 


16 


7 


35 


35 


24 


24 


17 


8 


36 


36 


25 


25 


18 


9 


37 


37 


26 


26 


19 


10 


38 


38 


27 


27 


20 


11 


39 


39 


28 


28 


21 


12 


40 


4» 


29 


29 


22 


13 


41 



10 

11 



32 
33 



23 

24 



124 
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130 
131 
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154 



155 
136 



1. H. de même; A. : Eneas Sjluas. — 2. A côté, cette note : Le premier roi des Juifs, David, régna 40 ans. — 3. MiSwv. 
Titre omis. Il était formé par cette note marginale : « Les rois des Athéniens ont duré pendant 48 i ans jusqu'au roi 
Codrus. Quand le roi Codrus fut tué, il y eut alors à Athènes des princes qu'on appelait « à vie ». Le premier fut Mé- 
don, fils de Codrus » (cf, ci-dessus, texte p. 36; trad. p. 42). — 4. Eùuâx[Ar);. Ms. : Mapilgos. — 5. 'I^îwv. — 6. P. 36. 
— 7. "Apyi;. Titre omis. — 8, 'ExéffTpaTo;. Titre omis. — 9. "AxatiTo;. — 10. 'Ayé)>a;. Dans notre ms,, une 38* année ayant 
été inscrite à tort à Ixion, Agelaiis est placé à Tan 990. — 11. Aaodôivrj;. Ms. : Goustenès. — 12. H. : Alha Sjlvius. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



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159 
160 
161 
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1, Aaëûi'Tti. Ms. : Labortius, 34 ans (corr 37). Dans le tableau les chiffres 7 et 29 ayant été passés, le dernier chiffre 
se trouve être 39, au lieu de 37, — 2. 'Ap/iuTroç. Titre omis. — 3. P. 37. — 4. XXP dynastie. I![j.£v8i;. — 5. Ms. : 41 ; par 
suite d'une erreur du copiste qui a écrit 21-22 sur la même ligne. — 6. ©épcrtuTto:. — 7. IIpy[j.vr)(;. Ms., à tort : Aigialeus. 
— 8. P. 38. — 9. Ms. : 40, par suite de l'inscription des chiffres 9-10 sur la même ligne. — 10. Ms. : Aphotos Silua- 
nios, 26 ans; Arm. : Epistus Siluas, 26 ans. H. : Aegyptus Silvius, 24 ans. La divergence entre H et A continue jus- 
qu'à Romulus (ann. 1265). Le litre est répété dans le ms. aux ann. 1026 et 1029. — 11. AôpuaGoç. — 12. Lacune dans la 
vers. arm. de 1031 à 1099. — 13. IIspT'.âSY);. — 14. Toualw-r,;. — 15. Une 4^ année ayant été inscrite par erreur au ta- 
bleau, l'an 1 d'Asa a été placé à l'an 1042, et cette erreur d'une année se répète pour les autres rois de Juda jusqu'à la fin. 



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1173 
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11 
12 
13 
14 


9 
10 
11 
12 
13 


38 
39 
40 
41 
42 


22 
23 
24 
25 
26 


9 

10 
11 
12 
13 


1 
2 
3 
4 
5 


9 
10 
11 
12 
13 


8 
9 

10 
11 
12 




1147 
1148 
1149 
1150 


2'; 

2(j 

27 
28 


1 
2 

3 
4 


13 
U 
15 
16 


22 
23 
24 
25 


44 
45 
46 
47 


23 
2't 
25 

26 


3 

4 
5 
6 


4 
5 
6 
7 










36.7/(0- 










































8. Arii- 

tomedès 

35 ans 


■i 














nos 
20 ans 1* 




















































1177 
1178 
"1179 


15 
16 
17 


14 

15 
16 


1 
2 
3 • 


27 
28 
29 


14 
15 

16 


6 
7 
8 


14 
15 
16 


13 
14 

13 




1151 29 
1162 30 


5 
6 


17 

18 


1 

2 


48 
49 


27 

28 


7 
8 


8 

9 




( 




12. Jé- 
roboam 
il ans 












Tace- 

lothis 

ISans'" 
















8. Phe- 
r<;rles 
li> ans" 














































1180 
1181 
1182 
1183 
1184 
1185 


18 
19 
20 
21 
22 
23 


1 

2 

3 
4 
5 
6 


4 
5 
6 
7 
8 
9 


30 
31 
32 
33 
34 
33 


17 
18 
19 
20 
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22 


9 
10 
11 
12 
13 
14 


17 
18 
19 
20 
21 
22 


1 
2 
3 
4 
5 
6 




1153 
1154 
1155 
1156 
1157 
1158 
1159 
1160 
1161 
1162 


31 
32 
33 
34 
3.) 
36 
37 
38 
39 
40 


7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 


19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 


3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 


50 
51 
52 
53 
54 
55 
36 
57 
58 
59 


1 

2 
3 
4 
5 
6 
7 
8 
9 
10 


9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
IS 


10 
U 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 












9. Af/é- 

mon 
iôans" 




























1185 
1187 
1188 
1189 
1190 
1191 


24 
25 
26 
27 
28 
29 


7 
8 
9 

10 
U 
12 


10 
11 
12 
13 
14 
15 


1 
2 
3 
4 
5 
6 


23 
24 
2) 
26 
27 
28 


15 
16 
17 
18 
19 
20 


23 

24 
25 
26 
27 
28 


7 

8 

9 

16 

U 

12 






il. 

Aviasias 
29 ans ' 
















1163 


1 


17 


29 


13 


60 


11 


19 


20 






12. 










10. 








1 1 


< 






1 








1 i . Joas 
16 ans» 






s. Telc- 

clus 
lO ans " 


i 
3 


■i. Aven- 
tas 
7 ans 10 






Azarias 
{Ozias) 
oi ans '» 










Thes- 
pieus 
Il ans'» 








1164 


2 


1 


30 


14 


1 


12 


1 


21 


1192 


1 


13 


16 7 


29 


1 


29 


13 




1. Sïaôyxwfft;; ms. 


: Consosis. - 


- 2. 'A 


péfjLouXoç. — 3. P. 4â. — 'i- Titre omis. — 


5. 'Apto-TOfii^S 


/jç. Titre omis, — 6 


'$>?)- 




pExXî);. Titre omis. — 


~ 1 . Titre om 


is. — 


8. Titre omis. — 9. TyJXsxXo;. Titre omi 


s. - 10, H. : 


Aventinus Silvius. "^ 


ritre 




omis, — 11, 'OffwpôtL 


V. Titre omis 


.— 12 


. Nouvelle lacune dans l'Arménien, de 11 


67 à 1220. — 


13. 'Aptçpwv. Titre 


mis. 




— 14. ©'jivo;; ms. : 


lûsavs! Am.i)s\ 


rest. : 


u»a)oL. — 15, P. 44. — 16. TaxéXwÔK;. — 


17. 'Aytq(awv. 


Titre omis. — 18. ' 


■itre 




omis. — 19. ©£<7Tt(£y 


ç. Titre omis. 













TABLEAUX CllRONOLÔGÎQUtS (LIVRES I-VI) 



2*3 



" ^1 



2 s 
2 s 



1193 


2 


14 


17 


8 


30 


9 


30 


1194 


3 


15 


18 


9 


31 


3 


31 


1195 


4 


Ki 


19 


10 


32 


4 


32 


1196 


^^ 


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au^ 


11 


33 


5 


33 



ME DES 
i. 

A rbacès 
28 ans 3 



1197 


6 


18 


1 


12 


34 


6 


3i 


1198 


7 


1!) 


2 


13 


35 


7 


35 


1199 


8 


20 


3 


14 


36 


8 


36 


1200 


9 


21 


4 


15 


37 


9 


37 



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1201 10 



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38 



10 



10. Ale- 
xandre 
2o ans 



1202 
1203 



11 
12 



23 

24 



39 
40 



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12 



10 
11 



S5 à. 



1204 


13 


1205 


14 


1206 


15 


1207 


16 


1208 


17 


1209 


18 


1210 


19 


1211 


20 


1212 


21 


1213 


■)•) 


1214 


23 


1215 


24 


1216 


25 


1217 


26 



25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 



9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 



5 
6 
7 
8 
9 

10 
11 
12 
13 
14 



3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 



5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 



13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 



4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 



1218 



27 



39 



15 



17 



15 



27 



18 



11. Ar/a- 

tneftor 

20 ans*" 



1219 

1220 



28 

29 



40 
41 



23 

24 



18 
19 



16 
17 



19 
20 



13. Za- 
cha/ias et 
Sellum *' 



1221 



18 



20 



18 



21 



14. Ma- 

nahem 
10 ans'» 



13. Amu- 

Ins 
Silvius 
43 ans*» 



1222 
1223 
1224 



3) 
32 
33 



26 
27 
28 



19 
20 
21 



21 
22 
23 



19 

20 
21 



H 



12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 



Osorthon 
9 ans» 



1. IleTouoiaTt;. — 2. Note : 
Ici finit l'empire des AssyHcns 
qui dura 1196 ans (ms. : 196), 
et le pouvoir passa aux M'è'd^s 
quand commença à régner Ar- 
hacès, leur premier roi. Cf. H. 
a. 1198.— 3. 'Apêâxoç. — 4. Uzp- 
-/.à; StXojt'o;; nis. : Pherecleas. 
Ms. : 23 ans, dans le titre et 
dans le tableau. H a àtiSsi 
23 ans, mais A : 21 ans. Ce 
chiffre rétablit l'accord entre 
les tableaux et le texte. H et A 
placent l'an 1 de Romulus en 
1265 (H ayant 24 ans, et A 
26 ans pour Egyptus Silvliis). 
Par suite de l'addition des an- 
nées 22-23, toutes les datés 
des rois romains postérieui's 
sont en retard de 2 ans dans 
notre ms., jusqu'à l'an 1505, et 
la 1'* année des consuls se 
trouve en concordance avec 
l'an 14 de Darius. — 5. Ms. : 
17-18, au lieu de 1-2. — 6. Note : 
En Van 3 d'Alexandre, roi des 
Corinthiens, s'éleva le premier 
roi des Macédoniens, Caranus, 
pendant 28 ans. Kdcpavo;. — 
7. 'A),xa(iévriç. Ms. : Alménès. 

— 8. P. 45. Note : Il y a diffé- 
rentes erreurs dans ces calculs. 

— 9. 'OaopOoiv (Hercule). — 
10. 'AyaîxvidTwp. — 11. Titre 
omis. — 12, "A(jLoO>-(>î 2t)>o'jioç. 
Titre omis. 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



1225 
1226 



1227 
1228 
1229 
1230 
1231 



1232 
1233 
1234 
1235 
1236 



1237 
1238 



1239 
1240 






S - 

S S c 



— Si; 



34 
33 



23 



24 
25 



22 
23 



H. Teles- 

tus. 

1 -1 ans '-' 



36 


6 


37 


7 


3,S 


8 


39 


9 


40 


10 



26 
27 

28 



26 
27 



9 
10 
11 
12 
li 



(i 
7 
8 
9 
10 



13. 
Phacéia 
10 ans* 



i. Cœnus 
12 ans^ 



41 
42 
43 
44 
43 



9 
10 
H 
12 



6 

7 

8 

9 

10 



29 
30 
31 
32 
33 



14 
13 
16 
17 
18 



46 

47 



13 

14 



H 
12' 



34 
35 



19 

20 



LYDIENS 
1. Ardy- 

sus 
36 ans* 



12. Es- 
chyle 
±3 ans 8 



48 
49 



15 
16 



36 
37' 






- a. 



1241 



50 



10 



17 



10 



13. Joa- 

than 
16 ans''^ 



3. Tyr ri- 
mas 
38 ans" 



1244 
1245 
1246 
1247 
1248 



20 
21 
22 
23 
24 



6 

7 

8 

9 

10 



9 
10 



11 
12 
13 
14 
13 



16 
17 



18 
19 



20 



23 

24 
25 
26 

27 



['.■idiiunua 
10 ans 3 



6 
7 
8 
9 
10 



Bocchoris 
44 ans 







le.PAacée 


















20 ans 














1242 


51 


1 


18 


11 


4 


4 


21 


6 


1243 


52 


2 


19 


12 


5 


3 


22 


7 



9 
10 
11 
12 



1. i^ojaap(j.o?. Titre omis. — 
2. Te>.£(7Tï-j;. Titre omis. — 3. ^l"a[j.- 
[xoO:. Titre omis. — 4. Titre 
omis. — 5. Koîïio;. Titre omis. 

— 6. B6)();(opi;. Titre omis. — 
7. Ici se rapporte la note sur 
la fin de l'empire des Corin- 
thiens (ci-dessus, p. 79, 1. 10). 

— 8. "Apojffoç. Titre omis. Cf. 
ci-dessus, p. 78, l.pen. — 9. Ala- 
yylriç,. Titre omis. — 10. Ici se 
rapporte la note relative à la lin 
de l'empire des Lacédémoniens, 
transcrite dans le texte. Ci- 
dessus, p. 79, 1. 8. — 11. P. 47. 

— 12. Ms. : Joram, fils d'Osias. 

— 13. Tûp[XQ(ç, 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



225 













m 











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H 2 


.§05 


1. Titre omis. Cf. p. 81, ii. o. 
— 2. Ms, : Ochozias. — 3. Titre 
omis. — 4. 'AXxLiaiwv. Titre 






















3 


1249 


(i 


8 


25 


6 


11 


H 


28 


13 






1250 


1 


9 


26 


7 


12 


12 


29 


14 


omis. — 5. Xdtpo'^. Titre omis. 




1251 


8 


10 


27 


8 


13 


13 


30 


lo 


— 6 Ici devait sans doute se 




1252 


9 


11 


28 


9 


14 


14 


31 


16 




4 


1253 


10 


12 


29 


10 


15 


15 


32 


17 


rapporter la première ligne de 




1254 


11 


13 


30 


11 


16 


16 


33 


18 


la page 49 du texte. (Ci-dessus, 
p. 81, 1. 21.) — 7. Titre omis. 






























Médidm 












— 8. P. 94. — 9. AlaiiiiSyi;. 










40 ans > 












Titre omis. — 10. P. 52- — 
11. 'A)>yâxr|Ç. Titre omis. 






















1255 


12 


14 


1 


12 


17 


17 


34 


19 






1256 


13 


15 


2 


13 


18 


18 


3r) 


20 




5 


1257 


14 


16 


3 


14 


19 


19 


36 


21 






1258 


15 


n 


4 


15 


20 


20 


37 


22 






1259 


l(i 


18 


5 


16 


21 


21 


38 


23 








14. Achaz 






















16 ans» 




















1260 


1 


19 


8 


17 


22 


22 


39 


24 




6 


1261 


2 


20 


7 


18 


23 


23 


40 


25 








17. Osée 








i:^. Alc- 




















meon 














9 ans' 








2 ans* 








1262 


3 


1 


8 


19 


24 


1 


41 


26 




1263 


4 


2 


9 


20 


25 


2 


42 


27 
















14. Cha- 




















7-OpS 






















10 ans" 








1264 


5 


a 


10 


21 


26 


1 


43" 


28 
















1. Romu- 




















lus 






7 
















38 ans' 






1265 


6 


4 


H 


22 


27 


2 


1 


29 




1266 


7 


5 


12 


23 


28 


3 


2 


30 






1267 


8 


6 


13 


24 


29 


4 


3 


31 






1268 


9 


1 


14 


25 


30 


5 


4 


32 




8 


1269 


10 


8 


15 


26 


31 


6 


5 


33 






1270 


11 


9 


16 


27 


32 


7 


6 


34 
35 






«1271 


12 




17 


28 


33 


8 


7 






1272 


13 


(.aplivité 


18 


. 29 


34 


9 


8 


36 




9 


1273 


14 


d'Israël 


19 


30 


35 


10 


9 


37 


















4, 
^semidè 


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10 ans» 








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15 


20 


31 


36 


1 


10 


38 










2. Abjatès 




















14 ans" 










127S 


16 . 


21 


32 


1 


2 


11 


39 



226 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



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5 ~ 



10 



1276 
1277 
1278 
1279 
1280 



11 



1281 



12 



13 



14 



1293 



1294 



22 
23 
24 
25 
26 



33 
34 
3o 
36 

37 



12 
13 
14 
15 
16 



4(1 
41 
42 
43 



XXV« dvii. 
SabacoH 
1-2 ans» 



6 


27 


38 


7 


8 


17 



i. Per- 

diccas 
51 ans 3 



1282 


7 


28 


1 


3 


9 


18 


1283 


8 


29 


2 


9 


10 


19 



16. Cleo- 

dicvs 
10 ans* 



1284 


9 


30 


3 


10 


1 


20 


4 


1285 


10 


31 


4 


11 


2 


21 


3 


1286 


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32 


3 


12 


3 


22 


6 


1287 


12 


33 


6 


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4 


23 


7 


1288 


13 


34 


7 


14 


5 


24 


8 










3. Milr^ 
















1 i ans 









1289 


14 


35 


8 


• 1 


6 


25 


9 


1290 


13- 
16^ 


36 


9 


2 


7 


26 


10 


1291 


■ 37 


10 


3 


8 


27 


11 


1292 


17 


38 


11 


4 


9 


28 


12 
















Sebickus 
















1 1 ans 8 



18 



39 



12 



10 



29 











17. Hip- 
pnmenès 
\ ans ' 





19 



40 



13 



30 







l. Car- 














dyceas 














13 ans * 










1295 


20 


1 


14 


7 


2 


31 











7) 










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1296 


21 


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15 


8 


3 


32 


1297 


22 


3 


16 


9 


4 


33 


1298 


L'3 


4 


17 


10 


■) 


34 


1299 


24 


5 


18 


11 


6 


35 


1300 


25 


6 


19 


12 


7 


36 



4. Caii- 
daulès 
17 ans» 



1301 
1302 



26 

27 



20 
21 



37 

38 



9 
10 



2. A'uma 
Pompilius 
41 ans'* 



1303 



28 


9 


22 


3 


10 


1 



U 



17 



18 



19 



20 



18. Léo- 
crûtes 
lOans'2 



1304 



29 


10 


23 


4 


1 


2 



12 



10. 
Manassi 
55 ans '^ 



Tara 

eus 
20 ans'* 



1305 


1 


U 


24 


^; 


2 


3 


1 


1306 


2 


12 


23 


6 


3 


4 


2 


1307 


3 


13 


26 


7 


4 


3 


3 



Dejocès 
54ans*^ 



1308 


4 


1 


27 


8 


5 


6 


1309 


3 


2 


28 


9 


6 


7 


1310 


6 


3 


29 


10 


7 


8 


1311 


7 


4 


30 


11 


8 


9 


1312 


8 


3 


31 


12 


9 


10 


1313 


9 


6 


32 


13 


10 


11 



19. Ap- 
sander 
IOans*« 



1314 


10 


7 


33 


14 


1 


12 


1315 


11 


8 


34 


13 


2 


13 


1316 


12 


9 


35 


16 


3 


14 


1317 


13 


10 


36 


17 


4 


IS 



10 

u 

12 
13 



1. Titre omis. — 2. Xagây.wv. Titre omis. — 3. nspôixxaî. Titre omis. — 4. KXsôô-.xoç. Titre omis. — 5. MtXYjç. Titre 
omis. — 6. Ssêr/wc. Titre omis. — 7. 'luTiopiévr.;. Titre omis. — 8. Titre omis. — 9. EavôxiiX-r,;. Titre omis. — 10. P. 54. 

— 11. Titre omis. — 12. AeMxpâTrjç, Titre omis. — 13. Titre omis. — 1 i. Tapaxô?. Titre omis. — 15. Arjtoxriç. Titre omis. 

— 16. "A4'°'^5p°î' Titre omis. 



TABLEAUX CtIKONpLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



227 



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1318 


14 


11 


37 


1 


5 


16 


14 




1346 


42 


39 


14 


29 


3 


3 




1319 


15 


12 


38 


2 


6 


17 


15 




1347 


43 


40 


15 


30 


4 


4 




1320 


16 


13 


39 


3 


7 


18 


16 




1348 


44 


41 


16 


31 


5 


5 


21 


1321 
1322 
1323 


17 
18 
19 


14 
15 

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40 
41 
42 


4 
5 
6 


8 

9 

10 


19 
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21 


17 

18 
19 


28 


1349 


45 


42 


17 


32 


6 


6 




















































Nér.hao 
Sans" 














































































i ans 2 








1350 


46 


43 


18 


33 


7 


1 






1 1 




1 




1351 


47 


44 


19 


34 


8 


2 






















1352 


48 


45 


20 


35 


9 


3 




1324 


20 


17 


43 


7 


1 


22 


20 


29 


1353 


49 


40 


21 


36 


10 


4 












1 


Amérén 










6. Ardysos] 






























37 ans»' 


































1 




1354 


50 


47 


22 


1 


11 


5 


















22 


1325 


21 


18 


44 


8 


2 


23 


1 




1355 


51 


48 


23 


2 


12 


6 




1326 


22 


19 


45 


9 


3 


24 







1356 


52 


49 


24 


3 


13 


7 




1327 


23 


20 


46 


10 


4 


25 


3 


30 


1357 


53 


50 


25 


4 


14 


8 


23 


1328 
1329 


2i 


21 
22 


47 
48 


11 

12 


5 
6 


26 
27 


4 
5 


















2b 




















1330 


26 


23 


49 


13 


7 


28 


6 
















Psani- 




1331 


27 


24 


50 


14 


8 


29 


7 
















meticus 




1332 


28 


25 


51 


15 


9 


30 


8 
1 
















44 ans " 






1358 




26 





15 


1 








5. Ar- 










54 


51 










qseus 












1359 


55 


52 


27 





16 


') 










38 ans * 






























■ 






























il.Amo 


1 


24 


1333 
<■• 1334 
1335 


29 
30 
31 


26 
27 
28 


1 
2 

3 


16 
17 

18 


10^' 


31 
32 
33 


9 
10 
11 






12 ans» 


3 


























1336 


32 


29 


4 


19 




34 


12 


31 


1360 
1361 


1 

2 


53 

54 


28 
29 


7 

8 


17 
18 


3 
4 


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6. Phra- 

ortes 
24ansi« 










1 


1362 


3 


1 


30 


9 


19 


!') 




















25 


1337 


33 


30 


5 




20 


35 


1 




1363 


4 


9 


31 


10 


20 


6 




1338 


34 


31 


6 




21 


36 


2 




1364 


5 


3 


32 


11 


21 


7 




1339 


35 


32 


7 




22 


37 


3 


32 


1365 


6 


4 


33 


12 


22 


8 




1340 


30 


33 


8 




23 


38 


4 




1366 


7 





34 


13 


23 


!) 


26 


1341 


37 


34 


9 




24 


39 


5 




' 1367 


8 


6 


35 


14 


24 


10 




1342 


38 


35 


10 




25 


40 


6 




1368 


9 


7 


36 


15 


25 


11 




1343 


39 


36 


11 




26 


41 


7 


33 


1369 
1370 


10 
11 


8 

9 


37 
38 


16 
17 


26 
27 


12 
13 














i. TuUus \ Neche- 




























Hostilius psos 










6. 






















32 ans» 6 ans» 










Philippe 




























38 ans 10 








1344 


40 


37 


12 




27 


1 


1 
















27 


1345 


41 


38 


13 




28 


<■> 


2 




1371 


12 


10 


1 


18 


28 


14 


1. ] 


"'\5y/iç. Tilre omis. — 2. 'Epu^c'a;. 


Tilre omis. — 3. 'A 


ifxÉpt; Alôî'o']^. Ti 


re omis (XXV 


I" dyn.) 


. — 4. 


Apyatoç 


Titic 


omis. 


^— 5. Note du ms. : Ici cessèrent 


les rois des Athéni 


ens, et des prin 


zes annuels fu 


rent ins 


titués. 1 


Leur pri 


ncipat 


fut et 


abli dans 9 familles. Cf. E. a. 133 


3. — 6. P. 56. —7 


. Sxeç'.vâQ'.ç. — 8 


. Titre omis. 


— 9. Ne 


Xe'liwç. ' 


Pitre on 


lis. — 


10. N 


f/^oLM. Titre omis. — 11. "ApS-jcToç. 


Titre omis. — 12. ^ 


;^a(X[xi^Tcxoç. Titre 


omis. — 13. 


Titre on 


lis. — \ 


4. 'Açp 


iaptr,;. 


Arm. 


: Phraonfes. — 15. P. 57. — 16. 


H et A sont d'accor 


d avec notre ms 


pour placer 


î'hilippe 


en l'an 


1371. 





228 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 






î -S- 






34 



1372 
1373 
1374 
1375 



1 


i[ 


2 


19 


29 


2 


12 


3 


20 


30 


3 


13 


4 


21 


31 


4 


14 


5 


22 


32 



35 



36 



37 



38 



39 
40 



41 



1386 
1387 
1388 
1389 
1390 



1402 



4. Anciis 
23 ans- 



1376 


5 


1-i 


fi 


23 


1 


1377 


t) 


16 


1 


24 


2 


1378 


7 


n 


8 


25 


3 


1379 


8 


18 


9 


26 


4 


1380 


9 


19 


10 


27 


5 


1381 


10 


20 


H 


28 


6 


1382 


11 


21 


12 


29 


7 


1383 


12 


22 


13 


30 


8 


1384 


13 


23 


14 


31 


9 


1385 


14 


24 


15 


32 


10 



7. Cyaxa- 
rès 32 ans' 



15 


1 


16 


33 


11 


16 


2 


17 


3i 


12 


17 


3 


18 


35 


13 


18 


4 


19 


36 


14 


19 


S 


20 


37 


15 



7. Sa- 
dyatès 
15 ans * 



1391 


20 


6 


21 


1 


16 


1392 


21 


7 


22 


2 


17 


1393 


- 9 


8 


23 


3 


18 


1394 


23 


9 


24 


4 


19 


1395 


24 


10 


23 


5 


20 


1396 


25 


11 


26 


6 


21 


1397 


26 


12 


27 


7 


22 


13S8 


27 


13 


28 


8 


23 



T'ai'Quinvs 
Prisons 
37 ans 6 



15 
16 
17 
18 



19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 



29 
30 
31 
32 
33 



3't 
35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 



1399 


28 


14 


29 


9 


1 


42 


1400 


29 


15 


30 


10 


2 


43 


1401 


30 


16 


31 


11 


3 


44 



Néchao 11 
6 ans ' 



31 



17 



12 






J co 



42 



1403 
1404 
1405 



Abjatés 
49 ans» 



43 



44 



4:5 



1406 
1407 



21 

'>2 



36 
37 



1408 



Aeropus 
26 ans*' 



1409 
1410 
1411 
1412 
1413 
1414 



20. 
Sédecia.1 
1 1 ans! s 



1415 
1416 
1417 



46 



47 



8. As- 
t y âgés 
38 ans» 3 



1418 
1419 
1420 
1421 
1422 
1423 
1424 



1425 



11 



17 



20 



27 



1 


18 


33 


13 


5 


9 


19 


34 


14 


6 


3 


20 


35 


15 


7 



Puammu- 

tliès 
17 ans*" 



6 


23 


38 


3 


10 



7 


24 


1 


4 


11 


8 


25 


2 


5 


12 


9 


26 


3 


6 


13 


10 


27 


4 


7 


14 


11 


28 


5 


8 


15 


12 


29 


6 


9 


16 



1 


30 


7 


10 


17 


2 


31 


8 


11 


18 


3 


32 


9 


12 


19 



9 
10 



4 


1 


10 


13 


20 


5 


2 


11 


14 


21 


6 


3 


12 


1 5 


22 


7 


4 


13 


16 


23 


8 


5 


14 


17 


24 


9 


6 


15 


18 


23 


10 


7 


16 


19 


26 



11 

12 
13 
14 
15 
16 
17 



Vafrès 
2g ans'* 



u 



1. Notre ms. met Josias en 1371, donnant seulement 11 ans à Amos. De là line erreur d'un an qui se continue dans 
toute la série des rois de Juda. — 2. "Ay/oç Motp/.'.oc. Titre omis. — 3. K'ja^âpr,;. Titre omis. — 4. SaSudcTr)!;. Titre omis, 
— 5. P. 60. — 6. Tapxjvto:. Titre omis. — 7. Titre omis. H. ajoute : qui et Nechepsos. — 8. Titre omis, H. : Eliacim qui 
et loachim. H. donne 32 ans à Josias, et 11 à Eliacim. — 9. 'AXuaxxY);. Titre omis. — 10. ^l'âii\i.o-j%i<;. Titre omis. — 
11, 'AjpÔTia?. Titre omis. — 12. Titre omis. — 13. 'AffTU5<yr)ç. Titre omis. — 14. Oj'açpc:. Titre omis. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



229 



ai- 



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48 



49 



50 



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53 



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1426 
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1 


9 


18 


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28 


2 


10 


19 


22 


29 


3 


11 


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23 


30 


4 


12 


21 


24 


31 


3 


13 


22 


25 


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6 


14 


23 


26 


33 


7 


15 


24 


27 


34 


8 


16 


25 


28 


33 


9 


17 


26 


29 


36 



1435 



1436 
1437 
1438 
1439 
1440 
1441 
1442 
1443 
1444 
1445 
1446 
1447 
1448 
1449 



1455 



2 
3 
4 

5 
6 
7 
8 
9 
10 



Alcetas 
M ans - 



10 


18 


1 


30 


37 



11 











0. 
Servius 
34 ans ' 



11 


19 


2 


31 


1 


12 


20 


3 


32 


2 


13 


21 


4 


33 


3 


14 


22 


5 


34 


4 


15 


23 


6 


35 


5 


16 


24 


7 


36 


6 


17 


25 


8 


37 


7 


18 


26 


9 


38 


8 


19 


27 


10 


39 


9 


20 


28 


11 


40 


10 


21 


29 


12 


41 


11 


22 


30 


13 


42 


12 


23 


31 


14 


43 


13 


24 


32 


15 


44 


14 



12 
13 
14 
13 
16 
17 
18 
M9 
20 
21 
22 
23 
24 
25 



A mosis 
42 ans ' 



1450 


25 


33 


16 


45 


15 


1451 


26 


34 


17 


46 


16 


1452 


27 


35 


18 


47 


17 


1453 


28 


36 


19 


48 


18 


1454 


29 


37 


20 


49 


19 



9. 
Crœsus 
15 ans" 



30 



38 



21 



20 









H O 



55 



56 



57 



58 



59 



60 



61 



62 



63 



64 



1456 
1457 
1458 
1459 
1460 
1461 
1462 
1463 



31 


1 


22 


2 


21 


32 


2 


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3 


22 


33 


3 


24 


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23 


34 


4 


25 


5 


24 


35 


5 


26 


6 


25 


36 


6 


27 


7 


26 


37 


7 


28 


8 


27 


38 


8 


29 


9 


28 



1464 
1465 
1466 
1467 
1468 
1469 



1470 
"1471 
1472 
1473 
1474 
1475 
1476 
1477 
1478 
1479 
1480 
1481 
1482 
1483 
1484 
1485 



1486 
1487 
1488 
1489 
1490 
1491 
1492 
1493 



Amyntas 
50 ans' 



39 


9 


1 


10 


29 


40 


10 


2 


11 


30 


41 


11 


3 


12 


31 


42 


12 


4 


13 


32 


43 


13 


5 


14 


33 


44 


14 


6 


13» 


34 



7. Tarqvi- 
nus Super- 
bus 35 ans 



45 


15 


7 




1 


46 


16 


8 




2 


47 


17 


9 




3 


48 


18 


10 




4 


49 


19 


11 




5 


50 


20 


12 




6 


51 


21 


13 




7 


32 


22 


14 




8 


53 


23 


15 




9 


54 


24 


16 




10 


55 


25 


17 




11 


56 


26 


18 




12 


57 


27 


19 




13 


58 


28 


20 




14 


59 


29 


21 




15 


60 


30 


22 




16 



Cambyse 
8 ans" 



61 


1 


23 




17 


62 


2 


24 




18 


63 


3 


25 




19 


64 


4 


26 




20 


65 


5 


27 




21 


66 


6 


28 




22 


67 


7 


29 




23 


68 


8 


30 




24 



9 
10 
11 
12 
13 
14 



15 
16 
17 
18 
19 
20 



21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 



37 

38 
39 
40 
41 

42' 



1. Titre omis. H. a. 1427. — 2. 'AXotétaç. Titre omis. — 3. Titre omis. — 4. P. 63. — 5. "AiAwaiç. Titre omis. — 
6. Kpoïdoç. Titre omis. — 7. Titre omis. Il devait être plus long et traduire ce que l'arménien exprime ainsi : Cyrus 
Persis impernvit et, deposito Astyage, sustulit imperium Medorum. Cf. H et A, ann. 1457. — 8. 'A[xOvTaî. Titre omis. 
— 9. Note du ms. : Ici cessa la royauté des Lydiens, quand Cyrus qui est Koûroiî, premier roi des Perses, tua Qou- 
rousos (Crœsus) et régna seul. Cf. H. a. 1469; Arm. 1470. — 10. P. 64. — 11. KapLêûdriç. — 12. H et A s'arrêtent à 
l'an 42, en 1492; pour la différence, cf. A. ad. an. 1221; et H. a. 1236 {Bocchoris 46 ans). Notre ms. ajoute, à tort, 
43-46, par suite de déplacement de chiffres. Note : Ici cessa Vempire des Egyptiens quand Camhyse, le Perse, fils de 
Cyrus, en l'an 7 de son règne, commença à régner sur V Egypte, et ensuite ses successeurs, à la XXVII^ dynastie, qui 
est celle des Perses, pendant 112 ans jusqu'à Darius fils de Xerxcs (ms. : Xéroun). Cf. H. a. 1492 ; A. 1493. 



29* 



230 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 





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65 



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1494 


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1 


31 


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3 


33 


1497 




4 


34 


1498 




5 


35 


1499 




6 


36 


1500 




1 


37 


1501 




8 


38 


1502 




9 


39 


1503 




10 


40 


1504 




tl 


41 



25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35' 



67 



68 



69 



70 



71 



72 



73 



1505 
1506 
1507 
1508 
1509 
1510 
1511 
1512 
1513 



12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 



42 
43 
44 
45 
46 
47 
48 
49 
50 



iO. Alexandre 
43 ans 



'1514 
1515 
1516 
1517 
1518 
1519 
1520 
1521 
1522 
1523 
1524 
1525 
1526 
1527 
1528 
1529 



21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 



5.Xerxèsfils de 
Darius 21 ans 



1530 



17 



a a 
^ al 






76 
77 
73 



79 



80 



81 



82 



83 



1531 
1532 
1533 
1534 
1535 
1536 
1537 
1538 
>1539 
1540 
1541 
1542 
1543 
1544 
1545 
1546 
1547 
1548 
1549 
1550 



2 
à 
4 

5 
6 
7 

8 
9 

10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 



ë.Artabanus 

7 moii 

J.Artaxerxès 

Longue-main 

40 ans 



18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 



1551 
1552 
1553 
1554 
1555 
1556 



38 
39 
40 
41 
42 
43 



11. Perdie- 
cas 28 ans 



1557 
1558 
1559 
1560 
1561 
1562 
1563 
1564 
1565 
1566 
1567 
'1568 
1569 
1570 
1571 
1572 



9 
10 
H 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 



ûi ^ Cïi 



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84 



85 



86 



87 



88 



S9 



90 



91 



1573 
1574 
1575 
1576 
1577 
1578 
1579 
1580 
1581 
1582 
1583 
1584 



23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 



17 

1& 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
2o 
26 
27 
28 



12. Archélnûs 

24 uns 



1585 
1586 
1587 
1588 
1589 
1590 



35 
36 
31 
38 
39 
40 



8, Xi-riès II 

2 mois 

9. Sogdianus 

5 mois 

10. Darius 

Nothoi 19 ans» 



1591 
1592 
1593 
1594 
1595 
1596 
1597 
1598 
1599 
1600 
1601 
1602 
1603 
1604 



i 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 



7 
8 
9 
11) 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 



1. Titre omis. H et A donnent plus explicitement : Magi duo fratres, menses VII. Darius, ann, XXXVI. — 2. Note : 
Ici finissent les 70 ans de la Captivité des Juifs, — 3. P. 65. — 4. L'an 35 de Tarquinus correspond dans le ms. à l'an 
150G, par suite de l'erreur de 2 ans, que nous avons corrigée plus haut. Cf. p. 223, n. 4. Néanmoins l'accord n'est pas 
parfait avec le texte qui place le premier consul en l'an 10 de Darius, comme H et A à l'an 1505. — Ici devrait être 
placée la note marginale rejetée à l'an 1507, qui se traduit ainsi : Ici cessa la royauté des Romains. Depuis Romulus 
il y eut sept rois qui régnèrent : Romulus, 38 ans; Numa, 43 ans; Tullus, 33 ans; Anchus, 23 ans; Tarquinus, 38 ajis 
Servius, 34 ans; Tarquinus, 35 ans; en tout : 243 ans (sic). Ensuite [il y eut] des consuls de la maison de Frutus [ms. 
Protos), ensuite des tribuns du peuple et des dictateurs, puis de nouveau des consuls, en tout pendant 260 ans (sic 
H : 474, A : 470), Jusqu'à Jules César, qui, le premier, fut élu seul chef en la CLXXXIII^ olympiade. Cf. H. a., 1505, 
1507 ; Arm. a. 1504. — 5. P. 66. — 6. P. 67. — 7. P. 68. — 8. Titre omis. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



231 



«fe; 



< -^ 



* ° s 



'92 



93 



94 



1605 
1606 
1607 
1608 



15 


21 


16 


22 


17 


23 


18 


24 



I li.Orestès 
3 ans' 



1609 



19 



H. 

Artaxerxès 
40 ans 



1610 



Nephéritès 
6 ans * 



1611 



13. 

ArchélaiXs 
4 ans* 



95 



1612 
1613 
1614 
1615 



3 1 

4 2 

5 3 

6 4 



14. 

Amyntas 

1 an • 



1616 



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96 



'97 



98 



15. PfflU- 
sanias 
1 an * 



A choria 
12 ans' 



1617 



Amyntas 
6 ans* 



1618 



99 



'100 



101 



1619 
1620 
1621 
1622 
1623 



10 
11 
12 
13 
14 



Argxus 
2 ans* 



1624 
1625 



15 
16 



Amyntas 
18 ans" 



1626 


n 


1627 


18 


1628 


19 



10 

11 

12 



Psammu- 

thés 

1 an'« 



1629 



20 



Nectanebii 
18 ans" 



1630 


21 


5 


1631 


22 


6 


1632 


23 


7 


1633 


24 


8 


1634 


25 


9 


1635 


26 


10 


1636 


27 


11 


1637 


28 


12 


1638 


29 


13 


1639 


ao 


14 


1640 


31 


15 


1641 


32 


16 


1642 


33 


17 


1643 


34 


18 



1 

2 
3 
4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

U 

12 

13 

14 



Alexandre 
1 an 



1644 



15 



102 



103 



104 



105 



106 



107 



108 



109 



5 s » 



1645 
1646 
1647 



36 
37 
38 



16 
17 

18 



Téos 
2 ans* s 



1648 


39 


4 


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Perdiccas 
6 ans •• 




1649 


40 


1 


2 




12. Ochus 
27 ans" 




Nectane- 

bus 
18 ans" 



1650 
1651 
1652 
1653 
1654 



Philippe 
26 ans *» 



1655 
1656 
1657 
1658 
1659 
1660 
1661 
1662 
1663 
1664 
1665 
1666 
1667 
1668 
1669 
1670 
1671 
1672 
1673 
1674 
1675 
1676 



6 
7 
8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 



1 
2 
3 
4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 

21 

22 



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7 

8 

9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18* 



1. 'AilupTaïoç; ms. : Myntaos. — 2. P. 69. — 3. 'OpéffXYj;. Titre omis. — 4. NeçepîxTi;. Omis. — 5. 'Ap/éXao;. Omis. — 
6, Titre omis. — 7. "A^Mpt;. Titre omis. — 8, 'Apyatoc. Titre omis. — 9. Note du ms. : Il y a des erreurs et des chan- 
gements. En effet, dans le ms. la XCVII» olympiade ne renferme qu'une année; sans parler des chiffres déplacés. — 
10. Titre omis. — 11. ^(i(i,[iou0tç. Titre omis. — 12. NexTavégr)?. Titre omis. — 13. P. 70. — 14. Ms, : 3 ans. — 15. Tew?. 
Notre ms. le place dans la colonne des Macédoniens ; de là, une nouvelle cause de transpositions de chiffres. — 16. Dsp- 
Sîxxac. — 17. "Q'/oî. — 18. NexTave66;. — 19. Ms. : 24 ans; mais 26 au tableau.— 20. Le ms. ajoute une 19* année (Arm. 
aussi). Note : Ici cessa la royauté des Égyptiens, et Artaxerxès (sic, lire : Ochus) roi des Perses commença à régner 
[sur eux]. Cf. H. a. 1666; Arm. a. 1668. 



232 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



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PEHSES 

14. Darius 

6 ans 


MACÉDONIENS 

Alexandre fils 

de Philippe 

12 ans 


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MACÉDONIENS 

Alexandre fils 

de Philippe 


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1677 
1678 
1679 
1680 


1 

2 
3 
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23 
24 
25 
26 


111 

112 


1681 
1682 
1683 
1684 
1685 
1686 


1 

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5 
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4 

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6 


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1689 
1690 
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1692 




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1693 
1694 
1695 
1696 
1697 
1698 
1699 


1 

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1 

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6 
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Antigone 
18 ans' 


Seleucus 
32 ans * 


121 

122 

123 


15 
16 
17 
18 


1719 
1720 
1721 
1722 


27 
28 
29 
30 


1 
2 
3 
4 


3 
4 
5 
6 


15 
16 
17 
18 


1 


II 






Démétrius 
5 ans** 














Cassandr 
19 ans 




- 


19 
20 
21 
22 
23 


1723 
1724 
1725 
1726 
1727 


31 
32 

33 
34 
35 


112 

2 
3 
4 
5 


7 

8 

9 

10 

11 


19 

20 
21 
22 
23 


1700 
1701 
1702 
1703 
1704 
1705 
1706 
1707 
1708 
1709 
1710 
1711 
1712 
1713 
4 714 
1715 
1716 


8 
9 
10 
11 
12 
13 
14 
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1 

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12 
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15 
16 
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1728 


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24 








Lysymachiis 
5 a. 5 m. *■"' i 




25 
26 
27 
28 


1729 
1730 
1731 
1732 


37 
38 
39 
40 


1 
2 
3 
4 


13 
14 
15 
16 


25 
26 
27 

28 
























Démé- 
trius 


















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38 ans 10 


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1717 
1718 


25 
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2 


13 
14 


29 


1733 


1 


5 


17 


29 


1. 'Aparjc. Titre omis. 


— 2. P. 71. ■ — 3. Note : Ici cessa la royauté des Perses qui avait tenu pendant 2'6\ ans. 


depuis Cyrus le Persan jusqu à l'an 6 de Darius fils d'Arsak ou Armm ou Arkiq, qui fut tué par Alexandre fils de 


Philippe. Et celui-ci régna seul. Cf. Arm. a. 1686. — 4. P. 72. — 5. Note : Le roi Alexandre parut comme seul roi 


sur toute la terre. — 6. F 


*. 73. — 7. Note du ms. : En l'an 7 de Philippe, roi des Macédoniens, et en Van 7 de Ptolémée 


des Alexandrins, s'éleva 


Antigone, roi d'Asie, petidant 18 ans. — 8. Note du ms. : En cette année commença à régner 


sur la Syrie, Bahylone et V Assyrie supérieure, Seleucus Ni[ca]tor, pendant 32 ans. Depuis Adam jusqu ici, le total est 


de 5196 ans (ms. : 4000), 


soit, si l'on compte en olympiades, de 1299 olympiades. Autre note : Ici commence la pre- 


mière année de Seleucus. 


— 9. P. 74. Note marginale : Les chiffres en rouge marquent les années des Séleucides, dont 


on fait usage chez nous. 


Ces chiffres sont placés dans le ms. à la même colonne que ceux des années d'Abraham. Ne 


pouvant les différencier p 


ar la diversité des couleurs, nous les disposons dans une colonne spéciale. Autre note : Il y a 


divers changements et erreurs dans les calculs, ici et dans le reste. — 10. Titre omis. — 11. Titre omis. — 12. Ms. : 


5-9 au lieu de 1-5. — 13. 


nûppoç. — 14. P. 75. — 15. AuCTifia/o;. — 16. Titre omis. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



233 









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1734 
1735 



30 
31 



Méléagre 
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45 jours 

Sostenès 
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1736 



1 32 



Antiochus 
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33 1737 



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36 ans' 



34 


1738 


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1 


35 


1739 


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36 


1740 


8 


3 


37 


1741 


9 


4 


38 


1742 


10 


5 


39 


1743 


11 


6 


40 


1744 


12 


7 


41 


1745 


13 


8 


42 


1746 


14 


9 


43 


1747 


15 


10 


44 


1748 


16 


11 


45 


1749 


17 


12 


46 


1750 


18 


13 


47 


1751 


19 


14 


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1752 


20 


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1753 


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1755 


23 


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5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

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15 

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1756 


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23 


20 


54 


1758 


26 


21 


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1759 


27 


22 


56 


1760 


28 


23 


57 


1761 


29 


24 


58 


1762 


30 


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59 


1763 


31 


26 


60 


1764 


32 


27 


61 


1765 


33 


28 


62 


1766 


34 


29 


63 


1767 


35 


30 


64 


1768 


36 


31 


65 


1769 


37 


32 


66 


1770 


38 


33 



1 

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4 

5 

6 

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11 

12 

13 

14 

15 



134 



135 



136 



137 



138 



139 



140 



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1771 


1 


34 


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1772 


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1773 


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36 



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triuti 
10 ans 



70 


1774 


4 


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1775 


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1776 


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1778 


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1781 


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1782 


12 


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1783 


13 


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88 
89 



90 
91 
92 



93 
94 



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7 

8 

9 

10 

H 

12 

13 



Anti- 
r/ono 
13 ans 



80 


1784 


14 


1 


14 


81 


1785 


15 


2 


15 


82 


1786 


16 


3 


10 


83 


1787 


17 


4 


17 


84 


1788 


18 


5 


18 


85 


1789 


19 


6 


19 


86 


1790 


20 


7 


20 



Seleuciis 

Cerau- 

nus 

3 ans 



1791 


21 


8 


1792 


22 


9 


1793 


23 


10 



Antio- 

chnt 

Magnus 

y6 ans 



1794 


24 


H 


1795 


25 


12 


1796 


26 


13 



Pt. Phi- 
lopntor 
17 ans' 



1797 
1798 



14 
13 



Philippe 
4 "2 ans 



95 1799 



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141 



142 



143 



144 



145 



146 



147 



148 



149 



150 



151 



96 

97 

98 

99 

100 

101 

102 

103 

104 

105 

106 

107 

108 

109 



1800 


4 


2 


1801 





3 


1802 


6 


4 


1803 


7 





1804 


8 


6 


1805 


9 


7 


1806 


10 


8 


1807 


11 


9 


1808 


12 


10 


1809 


13 


11 


1810 


14 


12 


1811 


15 


13 


1812 


16 


14 


1813 


17 


15 



110 

111 

112 
113 
114 
115 
116 
117 
118 
119 
120 
121 
122 
123 
124 
125 



134 
135 
136 



137 



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17 
18 
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1814 


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1815 


2 


17 


1816 


3 


18 


1817 


4 


19 


1818 


5 


20 


1819 


6 


21 


1820 


7 


22 


1821 


8 


23 


1822 


9 


24 


1823 


10 


25 


1824 


11 


26 


1825 


12 


27 


1826 


13 


28 


1827 


14 


29 


1828 


15 


30 


1829 


16 


31 



21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 



Sélencns 
Philopa- 

tor 
\ 2 ans ' 



126 


1830 


17 


32 


127 


1831 


18 


33 


128 


1832 


19 


34 


129 


1833 


20 


35 


130 


1834 


21 


36 


131 


1835 


22 


37 


132 


1836 


23 


38 


133 


1837 


24 


39 



Pt. Phi- 
lométor 
35 ans 



1838 


1 


40 


1839 


2 


41 


1840 


3 


42 



9 
10 
11 



Persée 
10 ans» 



1841 



12 



1. Titre omis. 

9. Titre omis. 



2. P. 76. — 3. Titre omis. — 4. P. 77. — 5. P. 78. — 6, P. 79. — 7. Titre omis. — 8. P. 80. 



30 



234 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



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141 
142 
143 
144 
145 
146 
147 
148 



1842 


5 


2 


1843 


6 


3 


1844 


7 


4 


1845 


8 


5 


1846 


9 


6 


1847 


10 


7 


1848 


11 


8 


1849 


12 


9 


1850 


13 


10^ 


1851 


14 




1852 


13 





6 
7 
8 
9 
10 
11 



9. Eu- 

pator 
2 ans ' 



149 
150 



1853 
1854 



16 
17 



Démé- 

trius 

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1858 


21 


4 


1859 


22 


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Jonathan 
19 ans 



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157 
158 
159 
160 
161 
162 



1860 


23 


6 


1861 


24 


7 


1862 


25 


8 


1863 


26 


9 


1864 


27 


10 


1865 


28 


11 


1666 


29 


12 



Alexandre 
9 a. 10 m. 



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1867 


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1 


164 


1868 


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2 


165 


1869 


32 


3 


166 


1870 


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167 


1871 


34 


3 


168 


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170 
171 
172 



1873 


1 


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1874 


2 


8 


1875 


3 


9 


1878 


4 


10 



14 
15 
16 
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Démé- 
trius 
3 ans 



173 
174 



1877 
1878 



18 
19 



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8 ans 


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1879 


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Antiochus 
Sidétès 



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178 
179 
180 
181 
182 



1880 


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1881 


9 


2 


1882 


10 


3 


1883 


11 


4 


1884 


12 


5 


1885 


13 


6 


1886 


14 


7 



Jean 
Hyrcan 
26 ans 



183 
184 



1887 
1888 



13 
16 



ffémétrius 
4 ans 



185 
186 
187 
188 



1889 


17 


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1890 


18 


2 


1891 


19 


3 


1892 


20 


4 



Antiochus 
Grypvs 
12 ans 



189 


1893 


21 


1 


190 


1894 


22 


2 


191 


1895 


23 


3 


192 


1896 


24 


4 


193 


1897 


25 


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194 


1898 


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6 


195 


1899 


27 


7 


196 


1900 


28 


8 


197 


1901 


29 


9 



9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 



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167 



168 



169 



170 



171 



198 
199 
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1902 


1 


10 


1903 


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1904 


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12 



209 



215 
216 
217 
218 



219 
220 



16 

17 
18 



Antiochus 
Cy:icus 
18 ans» 



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1905 


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205 


1909 


8 





206 


1910 


9 


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207 


1911 


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7 


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1912 


11 


8 



19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
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Aristo 
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12 



A lejan 

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Janni 
27 ans" 



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1914 


13 


10 


211 


1915 


14 


11 


212 


1916 


15 


12 


213 


1917 


16 


13 


214 


1918 


17 


14 



P toit niée 
Alexan- 
dre 10 ans 



1919 


1 


15 


1920 


2 


16 


1921 


3 


17 


1922 


4 


18 



Philippe 
2 ans 



1923 
1924 



10 
11 



172 



221 
222 
223 
224 



1925 
1926 
1927 
1928 



12 
13 
14 
15 



1. Titre omis. — 2. Le ms. continue à tort, la série des années 11-16. — 3. P. 81. — 4. P. 82. — 5. Ms. : Ptolo- 
maios. — 6. Ms. : Antiochos Agrippos. — 7. P, 83. — 8. Titre omis. — 9. Ms, : 26 ans; mais il y en a 27 d'inscrits. — 
10. Ms. : Jean surnommé Alexandre. — 11. P. 84. 






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OLYMPIADES 



ERE DES 

Séleucides 



SOMME 
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ALEXANDRINS 

Cléopàtre 



JUIFS 

Hyrcan 



KOMAINS 

Gaïus JhHus 
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OLYMPIADES 



ERE DES 
SÉLEUCIDES 



SOMME 
des années 



ALEXArs'IlRINS 

rtolémée 



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A lexandre 
Janni' 



OLYMPIADES 



ERE DES 
SÉLEUCIDES 



SOMME 
des années 



ALEXANDRINS 

Ptolemée 
Dior.ysios 



JUIFS 

Hyrcan 



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OLYMPIADES 



ERE D1<S 
SÉLEUCIDES 



SOMME 

des années 



ALEXANDKINS 

Cléopàtre 



JUIFS 

Bérode 



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236 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



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3 


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196 








9 ans 










2G ans 


215 


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2 


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1 


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398 


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82 












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6 


49 


2 


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2 




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4 




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52 


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11 


54 


7 




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50 


10 


6 




404 


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12 


55 


8 




367 


51 


11 


7 


217 


405 


89 


9 


198 


329 


13 


56 


9 




368 


52 


12 


8 




406 


90 


10 












208 


369 


53 


13 


9 




407 


91 


11 










370 


54 


14 


10 




408 


92 


12 








3. Tibère 


Hérode 












218 


409 


93 


13 










tétrarque 














410 


94 


14 








23 ans 


23 ans 








6. Néron 






411 
412 


95 
96 


15 
16 




*330 


14 


1 


1 








13 a. 6 m. 
















331 
332 


15 
16 


2 
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2 
3 


















10. Nerva 






1 


199 


333 


17 


4 


4 




371 


55 


1 11 












334 


18 


5 


5 




372 


56 


2 î 12 








1 a. 4 m. 




335 
336 


19 
20 


6 

7 


6 

7 


209 


373 
374 


57 
58 


3 13 

4 1 14 
















200 


337 


21 


8 


8 




375 


59 


5 ! 15 


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413 


97 


1 




338 


22 
23 


9 
10 


9 


210 


376 
377 


60 

61 ■' 


6 1 16 












339 


10 


7 : 17 










340 


24 


11 


11 




378 


62 


8 18 








1 1. 


201 


341 


25 


12 


12 




379 


63 


9 19 








Triijan 




342 


26 


13 


13 




380 


64 


10 20 










343 


27 


14 


14 


«211 


381 


65 


11 21 








19 a. 6 m. 


202 


344 
345 


28 
29 


15 
16 


15 
16 




382 
383 


66 

67 


12 22 

13 23 


















346 


30 


17 


17 




384 


68 


14 24 




414 


98 


1 




347 


31 


18 


18 












415 
416 


99 
100 


2 
3 




348 


32 


19 


19 










= 203 


349 

350 


33 
34 


20 
21 


20 
21 








7. Ve&na- 




220 


417 
418 


101 
102 


4 
5 




351 


35 


22 


22 








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419 


103 


6 




352 


36 


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23 








10 ans 




221 


420 

421 

1^422 


104 
105 
106 


7 
8 
9 


1 


1 




/ 




















4. Gains 
Caligula 




212 


385 


69 


1 


25 




423 


107 


10 








Agrippa 1 




386 


70 


2 


26 




424 


108 


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425 


109 


12 








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388 


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4 






426 


110 


13 






1 




213 


389 
390 


73 

74 


5 
6 






427 
428 


111 
112 


14 

15 










204 


353 


37 


1 


1 




391 


75 


7 




223 


429 


113 


16 




354 


38 


2 


2 




392 


76 


8 






430 


114 


17 




355 


39 


3 


3 


214 


393 


77 


9 






431 


115 


18 




356 


40 


4 


4 




394 


78 


10 






43.^ 


116 


19 


1. Page 88. Voir la note concernant ce tableau, ci-dessus, p. 206. — 2. Je rap 


jellerai q' 


je II et A placent la naissance 


de J.-C. en l'an 2015 d'Abraham, qui est, pour H, la 3'= an. de la CXCIV" olymp 


, et pour 


A, la 4"= année de cette même 


olymp. L'an 'i4 d'Auguste, 34 d'Hérode, coïncide pour H avec la 1"''^ année, et pou 


r A avec 1 


■i 2e année de la CXCVe ol. — 


3. Dans le ms. les chiffres désignant l'ère chrétienne sont écrits en rouge et placé 


s dans la 


même col. que les chiffres en 


noir marquant la date correspondante des Séleucides, et généralement au-dessus 


de ceux-( 


i. Cf. p. 137, n. 9.— 4. P. 89. 


— 5. P. 94. — G. P. 97. — 7. Les chiffres 61-64 sont omis dans le ms. — 8. P 


. 98. — * 


?. P. 102. — 10. Le chiffre 70 


est répété dans le ms.; de là une erreur d'une année, dans cette col., jusqu'à l'a 


u 160. — 


11. P. 104. — 12. P. 105. 



TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 



237 



m 

u 

a 

> 

o 


u o 
~ o 

.-.1 -: 


là 

y, 
o 




m 
a 

a 
< 
a. 

J 

o 


Si 

•a .M 


ÈRE CHUÉTrENNE 

Chiffres Chiffres 
rectilic^s du rass. s 


ROMAINS 
14. Marc ' 

[Aurèle] et ses 
fils 19 a. 1 m. 


ce 




ÈKE CHRÉTIENNE 

Chiffres Chiffres 
rectifiés du mss. 


tu 

è: « 

< 'î^ 
S -g 
o V: 

c: 


224 


433 


117 


1 


*235 


477 


161 


166 


1 




515 


199 


203 


6 




434 


118 


2 




478 


162 


167 


2 




516 


200 


204 


7 




435 


119 


3 




479 


163 


168 


3 


245 


517 


201 


205 


8 




436 


120 


4- 




480 


164 


169 


4 




518 


202 


206 


9 


225 


437 


121 


5 


236 


481 


165 


170 


5 




519 


203 


207 


10 




438 


122 


6 




482 


166 


171 


6 




520 


204 


208 


11 




439 


123 


7 




483 


167 


172 


7 


246 


521 


205 


209 


12 




440 


124 


8 




484 


168 


173 


8 




522 


206 


210 


13 


•226 


441 


125 


9 


237 


485 


169 


174 


9 




523 


207 


211 


14 




442 


126 


10 




486 


170 


175 


10 




524 


208 


212 


15 




443 


127 


H 




487 


171 


176 


11 


247 


525 


209 


213 


16 




444 


128 


12 




488 


172 


177 


12 




526 


210 


214 


17 


227 


445 


129 


1.3 


238 


489 


173 


17S 


13 




527 


211 


215 


18 




446 
447 


130 


14 




490 


174 


179 


14 














131 


15 




491 


175 


180 


15 








II 




448 


132 


16 




492 


176 


181 


16 










18. Antonin 


228 


449 


133 


17 


239 


493 


177 


181 


17 










Caracalla 




450 


134 


18 




494 


178 


182 


18 










6 ans» 




451 


135 


19 




495 


179 


183 


19 






II 




452 


136 


20 


















229 


453 


137 


21 




1 




528 


212 


217 


1 




1 


















iri. 


248 


529 


213 




2 
















Commode 




530 


214 




3 












n. Titus 
Antoninus 
et ses fils 
22 a. 3 m. 










1 3 ans 




531 
532 


215 
216 




4 
5 












I 




249 


533 


217 


215" 


6 










496 


180 


184 


1 




















240 


497 


181 


185 


2 








II 












498 
499 


182 
183 


186 
187 


3 

4 










19. Macri- 
nus 1" 1 an 










454 


138 


1 




500 
501 


184 
185 


188 


5 
6 












455 


139 


2 


241 


189 














456 


140 


3 




502 


186 


190 


7 




'•534 


218 


217 


1 


230 


457 
458 


141 


4 




503 


187 


191 


8 














142 


5 




504 


188 


192 


9 














459 


143 


6 


242 


505 


189 


193 


10 










20. 




= 460 


144 


7 




506 


190 


194 


11 










Un autre 


231 


461 


145 


8 




507 


191 


195 


12 










Antonin 




462 


146 


9 




508 


192 


196 


13 










5 ans 




463 


147 


10 
















II 




464 


148 


11 




-. ; 1 












232 


465 


149 


12 










16. Perti- 




535 


219 


218 • 


1 




466 


150 


13 










nax I an 




536 


220 


219 


2 




467 
468 


151 
152 


14 
15 












250 


537 
538 


221 
222 


220 
221 


3 

4 










233 


469 
470 
471 


153 
154 
155 


16 

17 
18 


243 


509 


193 


197 


1 




539 


223 


222 


5 


1 


















472 


156 


19 










17. Séuère 










21. 


234 


473 


157 


20 










18 ans 










Alexandre 




474 
475 


158 
159 


21 


















fils de 




22 




















Mamma 




476 


160^ 


23 




«510 
511 
512 


194 
195 
196 


198 
199 
200 


1 ' 

2 

3 










13 ans 






II 










244 513 


197 


201 


4 




540 


224 


223 


1 








' 


514 


198 


202 


5 


251 


541 


225 


224 


2 


1. P. 106. — 2. P. 107. 


— 3. Le ms. porte 159 au lieu de 160 par suite 


de l'erreur indiquée (p 


. 226, n. 10). — 


4. P. 110. Note marginale : 


Sachez, mes frères, quHl y a erreur dans le coiuf 


ut des années de l'ère 


chrétienne . Cela 


se reconnaît parce que du no 


mhre 159, on passe aussitôt au nombre 466. Sep 


t chiffres manquent. — 


5. A partir d'ici 


jusqu'à l'an 20 de Constantin 


le ms. est tellement confus et les erreurs sont si r 


tombreuscs que, pour n 


3 pas multiplie!- 


les notes, nous donnons dans 


■> la 4" colonne les chiffres erronés du ms., à côté c 


es chiffres que nous re 


stituons d'après 


le texte et la concordance ave 


c le point de départ. — 6. P. 112. — 7. H confon 


i l'an 1 de Sévère avec 


'année assignée 


à Pertinax. Il y a donc à pari 


ir d'ici une différence d'un an entre notre ms. et H 


. jusqu'à Dioclétien. — 


8. Sic ms. H et 


A donnent : Caracalla : 7 an 


s; Macrinus : 1 an ; Marc. Aur. Antonin. : 4 ans; 


soit : 12 ans en tout. P' 


otre ms. donne 


respectivement : 6 ans, 1 an, 


et 5 ans = 12 ans. — 9. Note marg. : Il y a de non 


veau erreur au sujet de.s 


années de l'ère 


chrétienne. — 10. Ms. ; Mace 


donius. — 11. P. 113. 







238 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



KUE CHUETIENNE 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



S H », 

=2. 



252 



253 



254 



542 
543 
544 
545 
546 
547 
548 
549 
550 
551 
552 



226 


225 


227 


226 


228 


227 


229 


228 


230 


229 


231 


230 


232 


231 


233 


232 


234 


233 


235 


234 


236 


23o 



3 
4 

5 

6 

1 

8 

9 

10 

11 

12 

13 



22. Maxi- 
minus 3 an 



553 
554 
555 



255 



256 



257 



258 



237 
238 
239 



236 
237 
238' 



23. Gor- 
dien 6 ans 



-556 
557 
558 
559 
560 
561 



240 
241 
242 
243 
244 
245 



227 
228 
229 
230 
231 
232 



ï^. Philippe 
7 ans 



562 


246 


563 


247 


564 


248 


565 


249 


566 


250 


567 


251 


568 


252 



233 
234 
23i) 
236 
237 
238 
239 



23. Décius 
1 a. 4 m.' 



569 



253 



240 



ERE CHRETIENNE 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



259 



260 



261 



262 



570 
571 



254 
255 



241 
242 



263 



264 



265 



266 









tl.Yaleria- 








nus 15 ans 


572 


256 


243 


1 


573 


257 


244 


2 


574 


258 


245 


3 


'575 


259 


247 


4 


576 


260 


248 


5 


577 


261 


249 


6 


578 


262 


230 


7 


579 


263 


251 


8 


580 


264 




9 


581 


265 


252 


10 


582 


266 


253 


11 


583 


267 


254 


12 


584 


268 


255 


13 


585 


269 


256 


14 


586 


270 


257 


15 






28. Claudms 








1 a. 9 m. 


"587 


271 


350 


1 


588 


272 


251 


2 






29. Aurelia- 






nus 5 a. 6 m. 


589 


273 


252 


1 


590 


274 


253 


2 


591 


275 


254 


3 


592 


276 


255 


4 


593 


277 


256 


u 


594 


278 


257 


6 






30. Tacite 6 m. 






Florianus 88 j. 






Probus (> a, 4 m. 



595 
596 
597 
598 
599 
600 
601 



279 


258 


280 


259 


281 


260 


282 


261 


283 


262 


284 


263 


285 


264 



ERE CHRETIENNE 



Chiffres 
rectifiés 



Chiffres 
du ms. 



267 



268 



269 



270 



271 



'272 



273 



274 



275 



276 



602 
603 



286 
287 



«604 
605 
606 
607 
608 
609 
610 
611 
612 
613 
614 
615 
616 
617 
618 
619 
620 
621 
622 



'=623 
624 
625 
626 
627 
628 
629 
630 
631 
632 
633 
634 
635 
636 
637 
638 
639 
640 
641 
642 



265 
266 



34. Diode- 
tien 20 ans' 



288 


266 


289 


267 


290 


268 


291 


269 


292 


270 


293 


271 


294 


272 


295 


273 


296 


274 


297 


275 


298 


276 


299 


277 


3C0 


278 


301 


279 


302 


280 


303 


281 


304 


282 


305 


283 


306 


284 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16» 
17" 
18 
19 



3o. Cons- 
tantin le 
Victorieux 
32 ans" 



307 


285 


308 


286 


309 


287 


310 


288 


311 


289 


312 


290 


313 


291 


314 


292 


315 


293 


316 


294 


317 


295 


318 


296 


319 


297 


320 


298 


321 


299 


322 


300 


323 


301 


324 


302 


325 


303 


326 


304 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

H 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 



1. Note marg. : Sache, ô notre frère, que le nombre des années du Christ est totalement erroné. Je ne sais pas si cela 
vient du copiste ou de l'auteur. Prie pour moi. — 2. P. 114. — 3. Ms. : 3 ans et 1 mois, dans le titre, mais 1 an au 
tableau. — 4. Notre ms. ajoute une 3* année. L'erreur se trouve corrigée par la répétition de l'an 574, de manière que 
la 4° année de Valerianus tombe exactement en 575. — 5. P. 115. — 6. P. 116. — 7. Le n° d'ordre donné par notre 
ms. est 32 ; H et A ont aussi 20 ans, dans le titre; mais notre ms. n'en inscrit que 19 au tableau. — 8. 117. Note mar- 
ginale : fai été pris de vertige en examinant la multitude d'erreurs et de confusions qui se trouve dans le nombre de 
ces années et des autres. — 9. A s'arrête ici. — 10. A partir de l'an 17 de Dioclétien le ms. ajoute une nouvelle colonne 
pour les années de la persécution. H fait concorder l'an 10 de la persécution avec l'an 7 de Constantin, et notre ms. 
également. Mais celui-ci ajoute une nouvelle série de chiffres 1-13 correspondant aux années 8-20 de Constantin. Cf. 
p. 201, n. 3, et p. 202, n. 1. — 11. Le n° d'ordre (35) est donné par le ms. ; H. : 34. — 12. P. 121. — 13. Dans le ms. la 
CCLXXII<^ ol. est placée à l'an 624, et la précédente n'a que 3 ans; par suite de cette correction, la 3^ année de la 
CCLXXVI® se trouve être l'an 20 de Constantin, comme il est dit dans le texte [infra, p. 245), Mais cette correction 
aurait dû être faite dès le début, en faisant concorder l'an 1 de lère dirétienne avec la 2" année de la CXCV^ olympiade. 



LIVRE VII 

Avec l'aide du Seigneur qui a réglé dans l'espace de sept jours le cycle du 

TEMPS, JE commence LE LiVRE SEPTIÈME QUI COMMENCE A l'aN 5817 DU MONDE. 



CHAPITRE PREMIER. — Sur le commencement du règne de Constantin le Vic- 
torieux. 

Constantin le Victorieux* régna avec son père Constantin' pendant 3 ans, 
comme nous l'avons montré dans le Livre précédent. — Après la mort de son 
père, il commença à régner [seul], en l'année 623 des Grecs, en l'indiction 8% 
l'an 5817 depuis Adam, et selon d'autres 5813. 

Jean d'Asie dit, au commencencement de son livre, que Constantin avait aban- 
donné récemment le culte des idoles, de même que son père s'était déjà converti 
au culte de Dieu^ comme le montre l'histoire de Sylvestre de Rome'. 

Ignace de Mélitène commence en parlant ainsi : « Quand Constantin le Vic- 
torieux commença à régner, Maximianus, Diocletianus, Maxentius et Sevcrus 
régnaient déjà. Tous les quatre persécutaient les chrétiens. Severus étant mort, 
les Romains attribuèrent l'honneur au grand Constantin, et proclamèrent Cé- 
sar Licinius qui était son beau-frère, le mari de Constantina*, sa sœur. [122] Il 
associa celui-ci à Pempire en la 7" année [de son règne]. Cet impie Licinius per- 
sécutait les chrétiens en secret. Ensuite il se révolta môme contre l'empereur. 
Constantin marcha contre lui et le tua. Après lui surgit Martinus' qui fut aussi 
tué«. 

En Tan 2 de Constantin. Sabhour, fils de Hormizd, commença à régner sur les 
Perses, pendant 70 ans'. 

Constantin marcha à la guerre contre Maxentius qui était à Rome. 

Il pensa en lui-même et se dit : « Le culte des idoles et les sacrifices ne peuvent 



1. Le syriaque U^l traduit le grec Nix/iTrj; du protocole officiel de Constantin. — 2. Constance 
Chlore. — 3. Pour tout ce qui concerne les Actes de S. Silvestre, leurs différentes recensions 
grecques et latines et la mutuelle dépendance de celles-ci, cf. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, 
p. crx et suiv. Il existe aussi deux recensions syriaques dont l'une a été publiée par Land [Anecdota 
syriaca, t. III, p. 46 sqq.). C'est d'après cette version qu'a été rédigée une homélie de Jacques de 
Saroug sur le Baptême de Constantin (publiée par Frotingham, Real. Ace. dei Lincei, 1881). — 
4. Constantia. — 5. Lire : Martinianus. — 6. Comp. ci-dessus, p. 201, n. 5. — 7. Le ms. porte 
en lettres : a trois ans ». L'original devait porter le chiffre : vs. (= 70) que le copiste a lu : s:;^ (= 3). 



240 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

servir à rien à ceux de la maison de Dioclétien. » Et il prit la résolution d'adorer 
le Dieu qui l'aiderait dans le combat. Ayant levé les yeux au ciel, au milieu du 
jour, il vit une croix, à l'instar d'une colonne de lumière, et sur elle des lettres qui 
disaient: « Par celle-ci tu vaincras'. «Ceux qui étaient avec lui virent aussi cette 
vision. Pendant la nuit, le Christ lui apparut et lui dit : « Fais-toi [une image] à 
la ressemblance de celle qui t'est apparue. » — Au matin il se leva et fit ainsi. 
Dès lors commença la coutume de faire marcher la croix devant les armées ro- 
maines*. 

Quand le combat eut lieu, le tyran fut vaincu. Maxentius lui-même se noya 
dans le fleuve. Tiberios est le nom du fleuve, qui est le Danube^. 

La femme de Constantin était fille de Dioclétien et s'appelait Diocletia*. Elle 
aussi avait cru dans le Christ et avait été baptisée^ 

Constantin le Victorieux [123] restaura^ Piyzance en la 3e année de son règne. 
Il l'agrandit de quatre milles. 11 l'acheva et l'embellit de superbes édifices et de 
richesses de toutes sortes ; il y transféra, de Rome, l'empire ; et il l'appela, de son 
nom^ Constantinopolis. A cause de cela, on lui attribua des honneurs, on l'ap- 
pela Libre ' et ses habitants « affranchis ». Il y bâtit l'église d'Irénô et une autre 
[en l'honneur] des Apôtres*. 

Quand Constantin parut comme seul empereur % il apporta tout son soin aux 
choses divines. Il bâtissait des églises en tous lieux "^. Il rasait tous les temples 
des idoles. Il fit une loi pour qu'aucun païen ne fût admis dans la milice. 



Sache bien, ô lecteur, ami de la vé- En ce temps, Silvestre de Rome 

rite, ou qui as souci de l'exactitude^ que changea les noms par lesquels les païens 

plusieurs chroniqueurs font commencer appelaient les sept jours du cycle tem- 

leurs écrits au commencement du règne poraire*^. Il appela le jour du Soleil : 

de Constantin l'empereur fidèle, comme premier de la semaine; celui de la Lune : 

Socrate et Jean d'Asie, et aussi Théodo- deuxième de la semaine; celui d'Ares : 

ret., qui est en dehors de notre reli- troisième de la semaine; celui d'Her- 

gion^^, et Ignace de Mélitène. Pour nous, mes ; quatrième de la semaine; celui 



I. Grec : sv TO'Jxf;) vtxa. — 2. Cf. V.vs., Vita Const,, I, xxvm-xxxi ; Socr., I, ir. — 3. Sic. — 4, BH : 
Diocletiana. — 5. 67c dans les Actes de S. Sylvestre. Constantin avait épousé Fausta, fille de 
Maximianus Herculius. — 6. Cf. ci-dessus, p. 88, — 7. Ou : a Noble ». BH. dit simplement ; « il 
affranchit ses habitants ». Le sens est peut-être que les habitants furent exemptés d'impôts. — 
8. Cf. Socr., I, xvr. — 9. Aiiiocrator. — 10. Socr., I, xvin. 

II. Litt. : « hors de notre maison », Théodoret est regardé comme nestorien par beaucoup de 
Jacobites. 

12. Land, Anecd. syr,, III, p. 50. Cf. Ducheske, Le Liber Pontificalis, t. I, p. cxir. 



LIVRE VII. GHAP. I 



241 



nous avons fait commencer ce livre au 
commencement du monde * ; et jusqu'ici 
nous avons compilé ce volume en le re- 
cueillant d^écrivains anciens, comme Eu- 
sèbe et autres. — A partir d'ici^ et dé- 
sormais, nous compulserons et nous 
ajouterons dans ce volume les écrits de 
ceux qui les ont fait commencer à cette 
époque, avec l'aide du Seigneur qui 
nous soutiendra ^ Amen! 

Commencement du liçj-e de Théodoret ; 

Les peintres marquent sur les ta- 
blettes et les parois' le souvenir des 
choses qui ont eu lieu, pour le plaisir de 
ceux qui regardent. Les écrivains em- 
ploient au lieu de couleurs les paroles 
qui composent leurs livres \ — Et après 
d'autres choses [il dit :] Alors que les 
tyrans eurent disparu, que Constantin 
commença à régner, et que l'Église 
[122] florissait dans la paix, Satan sus- 
cita un autre genre d'erreur. Aupara- 
vant, la créature était adorée à la place 
du Créateur; maintenant, dans sa jalou- 
sie, il trouva des hommes pervers pour 
dire que le Créateur a été créé et 
fait". 

Dans sa lettre " à Eusèbe [de Nicomédie, 
Arius nomme] ceux qui acceptaient sa 
doctrine: [Eusèbe] de Césarée,Theodotus 
[de Laodicée], Paulinus de Tyr, [Atha- 



de Zeus : cinquième de la semaine; 
celui de Belati : 'ei'oubta''; et celui de 
Chronos : sabbat. Il abolit les noms 
des étoiles donnés aux jours, pour que 
les chrétiens ne soient pas induits en 
erreur ^ 

Silvestre convertit Constantin P"", 
père de Constantin le Victorieux, car 
il était païen et aussi lépreux'. Il aimait 
les chrétiens par intérêt**^, et il recou- 
rut au nom du Christ comme à un mé- 
decin , pour en être soulagé. Ce qui 
d'ailleurs arriva. Le Seigneur lui montra 
en songe les saints apôtres Pierre et Paul 
qui lui dirent : « Fais venir le grand 
prêtre Silvestre, qui est caché [122] dans 
la montagne^ et il te guérira. » Quand il 
s'éveilla de son sommeil, il entendit la 
voix des mères pleurant leurs enfants 
qui étaient emmenés pour être mis à 
mort; car les païens lui avaient dit : 
<( Tu seras purifié dans le sang de 
jeunes enfants. » Il eut pitié d'elles et 
ordonna de ne pas tuer [ces enfants]. 
Dieu aussi eut pitié de lui. L'empereur 
trouva saint Silvestre et lui fit connaître 
la vision qu'il avait eue. Silvestre ayant 
reconnu que les Apôtres lui étaient 
apparus le conduisit h l'église et lui 
montra leurs images. En les voyant, il 



1. Le texte paraît légèrement altéré, mais le sens est certain. — 2. Uoi-vs. — 3. Rétablir l'ordre 
des mots : Ib'^o \jô\s. — 4. Theod., /list. eccL, I, r. — 5. Theod., I, rr, passim. — 6. Theod., I, v. 
Nous suppléons, d'après le grec, les quelques mots qui manquent dans notre ms. 

7. Nom par lequel les Syriens désignent le vendredi. — 8. Lacune de quatre lignes dans cette 
colonne. — 9. On sait que la légende de la lèpre est rapportée à Constantin, et non pas, comme 
dit notre auteur, à son père. V. les Actes de S. Silvestre cités plus haut. Le texte grec correspon- 
dant à cette légende est en partie reproduit par Siegfried et Gelzer, Eusebti canonuin epitome, etc., 
pp. 81-83. — ■ 10. La phrase est obscure. Littér. ; erat ei amor prmcarius erga Christianos. 
l. 31 



242 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



nasius] d'Anazarba, Grégoire de Berytus* 
et Aetius de Lydda. 

Jean d'Asie confirme aussi ces choses 
au commencement de son Livre, quand 
il dit : « Comme le Mauvais ne pouvait 
supporter la paix de rEgIise_, ce serpent 
tortueux fit d'Arius son instrument et 
trompa beaucoup de gens pour leur faire 
dire que le Fils, consubstantiel au Père, 
est une créature et a été lui-même créé 
comme l'une des créatures. Arius, ayant 
d'abord été chassé de 1 Eglise par Pierre, 
évêque d'Alexandrie, pervertit l'esprit 
de ceux dont l'intelligence était enve- 
loppée dans les ténèbres de l'erreur : 
Mârî de Chalcédoine, Eusèbe de Nico- 
médie et autres. 

A cette époque, il y eut un violent 
tremblement de terre, et beaucoup de 
maisons furent renversées à Alexandrie 
et en d'autres lieux; il fit périr beau- 
coup de gens*. 

Ces misérables adhérèrent donc à 
Arius et firent naître une hérésie perni- 
cieuse. Par eux le Mauvais attaquait les 
chrétiens. Il trouva encore des ministres 
pervers dans Meletius' et ceux de son 
parti. Celui-ci était évêque du temps de 
la persécution de Dioclétien. Il sacrifia* 
et fut privé [123] de son rang; à la fin, 
il succomba : plusieurs s'attachèrent à 
lui, et il fut proclamé chef de l'hérésie; 
et de temps en temps ceux-ci se joi- 
gnaient aux partisans d'Arius. 

Il y avait aussi une autre maladie dans 
l'Église : le désaccord au sujet de la fête 



confessa que c'étaient ceux qui lui étaient 
apparus. C'est pourquoi il crut et reçut 
le baptême. Il tomba de sa chair quelque 
chose qui ressemblait à des écailles de 
poisson. Environ 12,000 hommes des 
païens reçurent le baptême en même 
que lui, sans compter leurs femmes et 
leurs enfants. 

Ce Constantin, qui était lépreux et qui 
fut guéri en recevant le baptême, n'est 
pas celui à qui apparut la croix dans le 
ciel, mais son père. L'impératrice Hé- 
lène était la femme de ce Constantin le 
lépreux, qui fut guéri, et la mère de 
Constantin qui vit la croix. Tous les 
deux furent instruits par elle^. Comme 
ils portaient le même nom, l'erreur s'est 
introduite. D'après ce qui est écrit, 
nous devons distinguer les personnages 
et faire savoir aux lecteurs qu'il y eut 
en ce temps trois empereurs, l'un après 
l'autre, qui furent appelés d'un même 
nom : Constantin P^, qui fut guéri de la 
lèpre par le baptême; son fils Cons- 
tantin, qui vit la croix [123] dans le 
ciel, qui bâtit Constantinople et réunit 
le grand synode de Nicée ; et le fils de 
celui-ci, qui est Constantin III. 

Silvestre de Rome vécut depuis le 
temps de Dioclétien, lepersécuteur, jus- 
qu'au temps de ce Constantin III. 

Au temps de la persécution il y eut à 
Rome une grande famine; et Dioclétien 
ordonna de chasser et de faire sortir de 
Rome ceux qui étaient [originaires] de 
Palestine. Silvestre instruisit les chré- 



1. Ms. : de Ntrytos. — 2. Cette phrase paraît avoir été déplacée. 
Theod., I, IX, xxvr. — 4. Corr. ; u*o». 

5. Le ms. porte « par lui » ; ce qui peut s'entendre de S. Silvestre. 



3. Meletius d'Egypte. Cf. 



LIVRE VII, GHAP. I 



243 



de Pâques. Les Orientaux voulaient cé- 
lébrer la fête comme les Juifs, et les Oc- 
cidentaux n'admettaient pas cela. 

Arius était versé dans le langage de la 
rhétorique et s'était appliqué h l'étude 
des doctrines profanes et des sciences 
philosophiques. Il répétait et disait : « Si 
le Père a engendré le Fils, celui qui a 
été engendré a commencé à être; et de 
là, certes, il est manifeste qu'il y eut un 
temps où le Fils n'était pas*. » Et comme 
le feu prend d'une petite étincelle, son 
souffle se répandit et vola non seulement 
dans Alexandrie mais dans toute l'Egypte, 
dans la Libye, dans la Thébaïde, dans la 
Syrie, et dans de nombreux pays, 

Alexandre, qui était en ce temps ar- 
chevêque d'Alexandrie, réunit un synode 
à Alexandrie même ; il anathématisa 
Arius, écrivit des lettres en tous lieux, 
et proclama sa déposition ^. Mais le venin 
du crachat ' d'Arius ne fut pas totale- 
ment détruit. 

Quand l'empereur vit ces choses, il 
en conçut une grande douleur. Il en- 
voya d'abord des lettres à Alexandre et 
h Arius*, en disant : « Tout d'abord il ne 
convenait pas que vous scrutassiez ces 
choses. Revenez à l'affection de l'un 
pour l'autre et procurez à tout le peuple 
l'honneur de la charité ; courez vous- 
mêmes l'un vers l'autre pour vous em- 
brasser dans la paix; souvent, en effet, 
on trouve l'amitié plus agréable après 
l'inimitié. Rendez-moi aussi des jours 



tiens qui devaient être chassés et ils de- 
mandèrent d'emporter avec eux les corps 
des apôtres Pierre et Paul , attendu qu'eux 
aussi étaient venus de Palestine. Il fit 
cela parce qu'il avait confiance que ce qui 
avait eu lieu du temps de Trajan arri- 
verait [de nouveau]". Ce qui eut lieu en 
effet. L'empereur ayant prescrit de leur 
donner [les corps], quand ils s'appro- 
chèrent pour les remuer, toute la ville 
trembla jusqu'à ce qu'ils les remissent 
en place. La même chose eut lieu sept 
fois. Chaque fois qu'ils remuaient les os- 
sements des Apôtres, toute la ville trem- 
blait, et quand ils les remettaient à leur 
place le tremblement de terre cessait. 
L'empereur et tout le monde ayant re- 
connu cela_, on les laissa à leur place ; 
et, à cause d'eux, les étrangers ne sorti- 
rent pas de la ville. 

A l'époque du commencement du 
règne de Constantin florissait, en Armé- 
nie, Grégoire l'Arménien, qui faisait des 
miracles et de grands prodiges, comme 
les saints Apôtres^ Les Arméniens 
furent convertis par lui du paganisme 
au christianisme. Ils crurent et furent 
baptisés, et ils reçurent l'ordination sa- 
cerdotale qui se transmet chez eux de 
l'un à l'autre. — Fin de ce [chapitre], par 
le secoiu's de Jésus f^ui est ai>ec son Pèi'e 
dès le commencement. Puissions-nous être 
[avec lui] et parvenir à le contempler ! 



1, SoGR., I, V, — '2, SocR., I, vr, — 3, Lire : [sa.!. — 4. Cf, Eus., Vit. Const., II, lxiv-lxxii; 
mais Michel cite cet ouvrage par l'intermédiaire de Socrate (I, vrr). 

5. Cf. ci-dessus, p. 175. — 6. Sur S. Grégoire, apôtre de l'Arménie, surnommé Vllluminateur, cf* 
Acta sanctoruni^ 30 sept. 



244 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

tranquilles et des nuits exemptes de souci*. » — L'empereur leur écrivit donc ces 
choses et des choses semblables, cherchant à éteindre le mal. Mais quand cet empe- 
reur juste vit que ce mal se répandait par ses ministres, il rassembla le Synode œcu- 
ménique. Il donna rendez-vous aux évêques de tous lieux pour qu'ils se réunissent à 
Nicée de Bithynie. 



CHAPITRE II DU LIVRE VII. — De Vépoque du grand Synode œcuménique 

de Nicée^. 

[124] Constantin le Victorieux célébrait' fidèlement les fêtes dominicales du 
Christ, avec grand soin; et quand on lui dit qu'il y avait des différends dans les 
Églises, au sujet de la fête de la Passion salutaire du Christ, il ordonna qu'un 
synode se réunisse à Nicée de Bithynie pour régler ce qui concernait la fête et 
pour examiner ce que disait Arius. Trois cent dix-huit évêques se réunirent 
d'Europe, de Phénicie, d'Egypte, de Palestine, de Cilicie, de Syrie, d'Arabie, 
de Mésopotamie, de Perse, de Libye. — Les premiers étaient : Eusebius*, qui, 
je pense, était de Rome; Alexandre d'Alexandrie avec Athanase, son disciple; 
Jacques de Nisibe, et Eustathius d'Antioche. L'empereur fit préparer une mai- 
son spacieuse et grande et des sièges. L'empereur entra lui-même en dernier 
lieu avec les moindres. L'aspect de sa prestance magnifique était admirable à 
voir^ On lui avait préparé un siège au milieu, mais il ne s'assit pas avant que 
les évêques ne l'en eussent prié. Ils s'assirent tous aussi. 

L'empereur, victorieux dans le combat, était aussi doux, pacifique, humble, 
agréable dans son langage, miséricordieux, juste, aimant la droiture, d'un esprit 
pénétrant et d'une intelligence saine. Il adressa*^ la parole aux évêques pour 
leur persuader tout d'abord de faire la paix les uns avec les autres, et il les 
charma tous par les douces paroles de son admonition. 

Il y avait avec les évêques des milliers de prêtres, de diacres et de moines; et 



1. Eus,, Vit. Const., II, lxxi-lxxii. Le texte n'est pas très correctement traduit en syriaque. 'E7ta- 

véXOsTE ôè Trpbç z-qv àXXrjXwv iptXiav te, xa\ X'^P'^ ' aTtoSote xw (TU|X7cavTt Xocw -ràç olxeîaç TtsptTtXoxaç • û(jLetî te 
aÙTo\ xa6(X7t£p xà; lauxwv '\i\)X^i IxxaOapavxEÇ, auôt; àXXiqXouç ETiîyvwxe. riôîwv yàp uoXXdtxt? ytvexat çiXta (xexa 
xr,v x?;? £-/6paç ûuoôsfftv, aSOtç eî; xaxaXXayrjv sTtavéXÔExe, x. x. X. (Socr., I, vu), 

2, Les faits rapportés ici sont amplement exposés par Eusi:BE {Vita Constant., 1. III, cap, vir 
sqq.). Mais Michel résume le texte de Sockate (Hist. eccL, I, vin ?qq,). — 3. Litt. ; honorait. — 
4. Ici et plus bas, dans la liste des Pères, notre ms. porte laDû^naoot, au lieu de : u»a»^ot, Osius. 
— 5. Le texte de cette phrase est obscur, peut-être légèrement altéré. Il représente la traduction 
de ce passage de Théodoret : slaeXvîXuOE Sa xa\ aCixôç sff'/axo; ffùv oXtyo'Î! à^'.cTratvov [jièv e/wv xb (xÉyeOoç, 

àÇtâyaaxov-ôè xyjv wpav. ©a'jaaotwxÉpav 5k Tr,v xoïç [AixtoTtot; ÈTt'.xaÔYjtJiIvrjv a?5u) ÇHisf. eccl., I, vu). 

6. Lire : u;a ^a (BH), 



LIVRE VIL GHAP. II 245 

l'empereur leur procura à tous la nourriture et toutes les choses nécessaires, 
depuis le 20 de iyar (mai) jusqu'au 19 de haziran (juin). 

Comme des rhéteurs se combattaient mutuellement en paroles, et que plu- 
sieurs recherchaient les artifices du langage, un confesseur laïc * prit la 
parole contre eux : « Le Christ et les Apôtres, [dit-il], ne nous ont pas enseigné 
l'art * de [126] la dialectique^ ni les artifices nouveaux \ mais la foi simple qui est 
conservée par les bonnes œuvres*. ■> Alors tous se turent. 

L'empereur fidèle leur donnait à tous des avertissements ; il glo/vifiait ceux qui 
brillaient par la religion % louait ceux qui étaient versés dans les saintes Ecri- 
tures, et montrait que tous étaient les enfants d'une même foi^; il les sollicitait 
pour que la fête de Pâques fût célébrée uniformément par tous. — Un dimanche, 
il dîna avec eux, les évêques, les clercs et toute la nombreuse assemblée étant 
assis autour de lui. — Ayant pris de ceux qui les apportaient les libelles de 
récriminations des uns contre les autres, il finit par les mettre d'accord et jeta 
tous les libelles au feu\ ' — Il affirma avec serments : « Je couvrirais de ma 
pourpre les ignominies des évêques et des prêtres'. « 

La définition de la foi qui est actuellement prêchée dans les églises fut éta- 
blie; les saints canons furent réglés, et on statua que la Grande fête serait célé- 
brée le dimanche après la Pâque ancienne, — Arius et ses partisans furent 
chassés; car l'empereur envoyait en exil quiconque n'admettait pas l'expression 
de consubstantiel ', et il honorait les autres. 

Les saints évêques signèrent et confirmèrent le symbole de la foi. Ils écrivi- 
rent une lettre générale pour tous les pays, pour faire connaître tout ce qui avait 
eu lieu. — L'empereur, de son côté, écrivit à Alexandrie et en Egypte au sujet 
de la déposition d'Arius, qui ne pouvait plus être admis dans l'Eglise de Dieu *'^. 

Ainsi reçut son parfait accomplissement ce saint synode rassemblé dans 
l'Esprit-Saint, en l'an 20 de Constantin le Victorieux, l'an 642 des Grecs**, la 
3e année de la CCLXXVI" olympiade, l'an 5833 depuis Adam. 

La mère du Victorieux Constantin, qui est l'impératrice Hélène, à la suite d^in 
songe, monta à Jérusalem*. Elle la trouva depuis longtemps détruite. Elle eut 



*NoTE MARGINALE : Le vojuge de V impératrice Hélène à Jérusalem est antérieur au Concile . 

1. Lire : l-»vàiki.^ ),aïx6; (SocR.). — 2, Corr. : |LûJiool (BH.). • — 3. Gr, : oùSà x£vr,v àirâTriv. Le tra- 
ducteur paraît avoir lu : véav, au lieu de : xevtqv. — 4. Socr., I, vrri; comp, Rufin, Hist, eccl., I, 
rrr. — 5, Litt. : « la crainte de Dieu ». — 6. Le sens paraît être, d'après les parallèles grecs, qu'il 
les amène à la concorde. — 7. Corr. : Uaii^. — 8. Pour éviter les scandales. Le sens est clair d'a- 
près Théodoret, B. E,, I, XI, p. m. — 9. o[iooy<7co;. Les Syriens rendent ce mot par une locution 
qui signifie à la lettre : fils de la substance (U'^ol ?=) ou : de l'essence (\LoCs»\ ;=). — 10. Les 
lettres sont rapportées par Socrate, I, îx. — 11. av^^. Le concile fut célébré en 325. Cf. p. 238, 
n. 13, Pour ce qui concerne les Actes, voir Mansf, Amplissima collectio, II, 635 sqq. 



246 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



peine à retrouver le tombeau de notre Sauveur, parce que les Juifs avaient élevé 
dessus une statue d'Aphrodite afin qu'il ne fût pas connu des chrétiens. L'im- 
pératrice y entra le 28 de 'iyar (mai), et avec elle Silvestre de Rome. Elle fit une 
enquête près des Juifs. Leur chef qui s'appelait Judas fut jeté en prison. Au 
bout de [126] sept jours, ils lui montrèrent l'endroit. L évêque en fut informé*. 
Ils renversèrent l'image impure, et on trouva le Sépulcre dans lequel il y avait 
trois croix et la tablette que Pilate avait écrite. Comme on ne savait pas [quelle 
était la croix du Sauveur], l'évoque de l'endroit fît approcher, avec foi, une femme 
qui était sur le point de mourir. Les deux croix des larrons furent placées sur 
elle, et elle ne fut pas soulagée. Puis, quand on approcha d'elle la croix de Notre- 
Seigneur, aussitôt elle tressaillit et se leva. — Ensuite l'impératrice fît bâtir un 
temple sur le Tombeau. Elle y fît placer une partie de la Croix et envoya le reste 
à l'empereur. Celui-ci la plaça sur une grande colonne de pourpre, et il mit les 
clous dans le casque de sa tête et dans le frein de son cheval. Et la prophétie fut 
accomplie ^ 

Hélène fît bâtir une église à Bethléem et sur le mont des Oliviers. — Elle vi- 
vait dans l'humilité^ avec les femmes, et elle procurait de ses mains la nourriture 
aux vierges et aux pauvres'. 

Ici se termine le livre d'Eusèbe^ parce quà cette époque finit sa vie. 



[124] Avec Arius qui avait déjà été 
anathématisé auparavant par Pierre, 
déposé et expulsé d'Alexandrie, il s'en 
trouva aussi d'autres*, dans le grand 
concile qui se réunit à Nicée^ qui ne con- 
fessaient point et n'admettaient pas l'ex- 
pression de«consubstantiel ». C'étaient : 
Eusebius de Nicomédie, Theognis de Ni- 
cée^, Mârî de Chalcédoine, Theonas*' 
de Marmariqa, Secundus de 'Akko. Ils 



[124] Le 19« évêque d'Édesse fut Aital- 
laha^ 

A cette époque vivait Jacques, évêque 
deNisibe^, homme fameux par la doc- 
trine des choses saintes et par les œuvres 
vertueuses, comme les bienheureux 
Apôtres. 

Ces deux illustres personnages se 
trouvaient au saint concile de Nicée 
[parmi les évêques] de la Mésopotamie, 



1, Lire ; iaaofia.9| ow ,sà^ti|. — 2. Allusion à Z\ch,, xiv, 20. — 3. Le chapitre paraît résumé du 
texte de Socrate (I, xvu) combiné avec les traditions orientales consignées dans les récits syriaques 
de l'invention de la Croix (cf. ci-dessus, p. 158, n. 8). Comp. en outre Eus., Vit. Const,, III, xLir 
R. DuvAL, Litl. syr., p. 111; Tixeroist, Les origines de l'Eglise d'Edesse, Append. 

4. SocR., I, VIII, c. med, — 5. Ms. : Youta. Rest. : Uû»j». — 6. Ms. : Thomas. Socr,, loc. cit. : 
©EÔva;. Rest. : IjoILo. 

7. Jac. Edess., ad ann. 1. En 636 (Gr.) selon le Chron. edess., n» xiv. — 8. X^a vie de S. Jacques 
de Nisibe a été publiée en syriaque par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., t. IV, p. 262 sqq. 



LIVRE VII. GHAP. II 247 

disaient en effet : « Celui-là est consub- avec le bienheureux Mar Ephrem, le 

stantiel qui est d'un autre '. >i docteur célèbre et glorieux*. 

'[127] Zynosius*, des Novatiens, vint aussi au synode. L'empereur lui demanda s'il 
admettait la définition de la foi et la fête de Pâques. Il répondit que oui. L'empereur 
reprit : « Pourquoi donc êtes-vous séparés'' de l'Eglise?» — Il répondit : « Parce qu'il 
ne convient pas d'admettre ceux qui pèchent mortellement après le baptême. » — 
L'empereur répondit : « Alors pose une échelle, et monte seul au ciel. » 

Paphnutius de Thébaïde était un homme vertueux qui faisait des prodiges comme 
les saints Apôtres. Au temps de la persécution, les païens lui avaient crevé un œil. 
L'empereur l'aimait beaucoup, et il baisait son œil crevé. — Quand les évêques 
voulurent [statuer] un canon pour qu'aucun clerc ne prît femme, Paphnutius se leva 
au milieu [de l'assemblée] et dit : « N'établissez point un canon que tout le monde ne 
peut supporter. Il suffit qu'un clerc ne puisse convoler à de secondes noces selon la 
tradition des Anciens, Il ne faut pas nuire h l'Eglise de Dieu par une trop grande 
rigueur. » — Ainsi parla ce saint qui lui-même n'usa jamais du mariage. — L'empe- 
reur et tout le synode se rangèrent h son avis°. 

Eusèbe et Theognis firent ensuite pénitence et furent accueillis dans le synode \ 

Socrate a écrit ces choses. — Fin de ce [chapitre], 

NOMS DES ÉVÊQUES^ QUI SE TROUVAIENT REUNIS DANS LE CONCILE QUI SE TINT A NICÉe". 

I. Premièrement ceux de Rome : yito] n et Vinqentos, prêtres, pour le 

1. Eusebios^", [évêque de Cordoue; — pape (1). 

1. SocR., I, viti : Notre ms. porte : qui est de rien. Il faut corriger : >5,^io ^ *»woû«b ow, et 
traduire : « qui est d'un autre », et ajouter le reste de la phrase qui devait se trouver dans la la- 
cune : STt£\ yap sçacrav 6[xooû(7oov eîvac, o ex hvoç sitti, vj xaxà (XEpcafJibv, y\ xaxà peOatv, yj xai;à 7tpoêo).r;V 

xar' o'jSàv ôà toOtwv scttiv o Ttoç. — 2. La présence de S. Ephrem au Concile de Nicée est invraisem- 
blable. 

3. Nous croyons devoir rapprocher ici ce passage qui forme la suite de l'histoire du Concile, 
interrompue dans le ms. par la liste des Pères. — 4. BH [Chr, eccl., I, 75) écrit : ata-nayo], Eune- 
sius. Le texte original devait porter ; >aûa»m.ol, transcription de 'Aréaioç. Socr., I, x. — 5. Lire : 
^ijj» (BH). — 6. Socr., I, xr. — 7. Socr., I, xiv; l'exactitude demanderait: « et reçurent le synode ». 

8. Litt. : « des chefs des prêtres ». — 9. Les listes de souscription au Concile de Nicée ont été 
éditées et étudiées par MM. H. Gelzer, H. Hilgenfeld et O. Cuntz dans l'ouvrage intitulé : Patrum 
Nicœnorum nomina latine, grsece, coptice, syriace, arahice, armenice (Lipsiœ, 1898). Pour faciliter 
la comparaison avec les Ijstes éditées dans cet ouvrage, nous transcrivons ici les noms aussi litté- 
ralement que possible. Nous ajoutons les numéros d'ordre qui ne sont pas dans le ms. Le numéro 
qui suit les noms, est celui de la liste restituée (ouvrage cité, p. lx), d'après laquelle la pré- 
sente liste doit être corrigée. Nous citons l'ouvrage sous l'abréviation PNn; I = la liste syriaque 
de Nitrie, pp. 96-117; II = la liste de 'Ebedjésus, pp. 118-120. — 10. Lire : Osios. — 11. Lacune 
de deux mots. Rest, : 'm..gaû.r>o >^o^= {PNn, I, p. 96), ^t^^is^uo ^^*o (II, p. 118). 



248 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



2. Aleksandros d'Aleksandrîa [d'É- 
gypte]*(2). 

\l.[D'ÉgypteY: 

3. Teos Raribion. 
Youspânis*. 
Arpoqratis de Pisidia*. 

4. Adamantos de Qyno^ (4). 

5. Tiberiànos de Tàmouin® (12). 

6. Gaïos de ÇaW (10). 

7. Potamôn [d']Heraqles de Setroi 

tis« (7). 

HL [D'ÉgypteY : 12. 

8. Doroteos de Pelus[ios] (9). 

9. Arkâtiôn de Pharâtos^'^ (5). 

10. Arpoqrâs de Pai'âgônia** (223). 

11. Philippos de Phanophyson (6). 

12. Antiokos de Memphlos (11). 

13. Petros d'Heraqlîsi2 (224). 

14. Tyranosi3 d'Antînô (14). 

15. Plousios^^ de Lyqô*5 (15). 

16. Diosd'Antiosi6(225). 

17. x\lpoqrâtion d'Alophoqrion^'' (3). 



IV. De la Lihye^"^ supérieure : 6. 

18. Serapion (18). 

19. Titos (20). 

20. Seqondos(19). 

21. Zopyros (17). 

22. Sqwaai^ 

23. Daqis (16). 

V. De Palestine : 19. 

24. Mâqarios, de Jérusalem (21). 

25. Germanos2o [de Neapolis] ^i (22). 

26. Mârînos de Sebastê (23). 

27. Gaïos de Qêsaria^^ (24). 

28. Eusebios de Soûsa^^ (25). 

29. Sabinos^* de Gâdara (26). 

30. Longinos d'Asqalôn (27). 

31. Petros de NiqopoHs (28). 

32. Marqianos de Yaninia^^ (29). 

33. Maksimos de Reit Goubrîn^^ qui est 

Eleutheropolis27 (30). 

34. Petros de Maksimianopolis (31). 

35. Onorios-s de Yerî^io(32). 

36. Eliodoros^» de Zabalôn (33). 

37. Aetios^o^e Loud (34). 



1. Il est remarquable que notre liste s'accorde, au début, avec la liste copte. Cf. PNn, pp. Lit, 
79. — 2. Titre omis; à moins qu'on ne doive le chercher dans les mots suivants. — 3. L'interpré- 
tation de ces trois mots m'échappe. Ils sont .'dtérés et sans doute déplacés. Ar. : ^^^ ^| *^o|I. 
iûocujtaûoaa^ Le premier nom répond peut-être à 'ArOaç (Copt. n" 3; I, II, n° 13). — 4. Paraît être 
le même que le n" 17. — 5. Du n" 4 au n" 23, l'ordre s'accorde avec l'index copte. — 6. Copt. : 
Tiberios de Thmui ; I, II : Tiherios de Tauthites. — 7. Copt. : de Panyos ; I, de Tmueos ; de 
Thehas. — 8. Copt. : Heracleus Setroidos. C'est probablement ce dernier mot qui figurait dans 
notre ms. sous la forme : «^sa*^o;ô'«' (^). — 9. Les différentes listes donnent ici pour titre : Egypte. 
— 10. I, II et Copt. : Arhetion de Pharhœtho. — 11. 1, II, om.; Copt., n» 9, mutilé. — 12. I, II, 
om. ; Copt. : Heracléopolis, — 13. II : Tyracos. — 14. Ms. : Polsios. Rest. : «rmÉnoa^. I: Olusianos ; 
II : Alesios; Copt. : Plusianus. — 15. 1, II : Lycon. — 16. I, II, om. ; Copt. : Antœopolis. — 17. I, 
II : Alpocranon. — 18. Rest. '. ^a^^. — 19. Répond probablement au Segentus de l'index copte 
(n" 22). — 20. Ms. : Gerâmanos . — 21. Le nom est omis dans le ms. — 22. PNn, I et II : Gaianos 
de Sébaste. — 23. Il est évident qu'il faut lire avec tous les bons ms. Eusebios de Césarée. — 24. 
Ms. : Sakinos. — 25. Ms. : de Yamina. — 26. Ms. : Gmrin. Lire : ^;3.i^, — 27. Ms. : Ortholo- 
polis. — 28. Rest. : ^cm^oj^ = Januai-ius (PNn, 1, II). — 29. Ms. : llorodos, — 30. Ms. : Antios. 
Lire : ^s^o^W (I, II). 



LIVRE VII. CHAP. II 



249 



38. Silvânosd'Esdoud»(35). 

39. Patrophilosde Squtopolis* (36). 

40. [Askiepios de Gaza'] (37). 

41. Petros d'Ailion* (38). [i2i>] 

42. Anatolios de Qapêtôlias^ (39). 

VI. De Phénicie : 12\ 

43. Zenon de Tyros (40). 

44. Aeneas de Akko, qui est Ptolé- 

maida^ ('^l)* 

45. Mâgnos de Damasqos (42). 

46. Teodoros de Çaydan (43). 

47. Elîniqos de Tripolis (44). 

48. Grîgorios de Bîroutos (46). 

49. Marînos de Tadmor (47). 

50. Tadonêos d'Alason» (48). 

51. Anatolios deHeméç' (49). 

52. Philôqâlos de Pânîàs (45). 

53. Barlaha, qui est Barlaos, de Têsî*^. 

54. Ksenodorosii d'Antârâ[d]osi2 (226). 

VII. De la Cœlé-Syrie : 22. 

55. Eustatos d'Antiokia (50). 

56. Zenobios*^ de Selôqia (51). 

57. Têodotos de Laodiqia (52). 

58. Alphios d'Euphêmiai4(53). 

59. Philoksenos de Mabboug, qui est 

Hierâpolis (55). 

60. Sâlamanes de Germaniqê, qui est 

Mar'as(56). 



61. Pîperios de Samîsat (57). 

62. ArkelaosdeDolik's(58). 

63. Euphrâ[n]tion de Bâiânêas (59). 

64. Pallâdios kor[episcopa] (60). 

65. Euboulios *6 de Gabala (61). 

66. Bâssos de Zeugma (62). 

67. Bassianos*'^ de Raphànê (54). 

68. Gerontios de Saizar^* (63). 

69. Eustatos d'Aristâni9(65). 

70. Paulos de Neoqesaria (66). 

71. Sergis^o de Qourros (67). 

72. Seloqos de Gi[n]daros2i (68, 69). 

73. Pêgâs22 de Harba-qadam (70). 

74. Bassounî de Gamala^^ (^l)- 

75. Maniqînos^* de Hémat^s (64). 

76. Saliqonis de Yabla d'Arâbia^e (228). 

VIII. D'Arabie : 6. 

77. Niqomakos27 de Bostra (72). 

78. Qouron2« de Philadelphia (73). 

79. Gennâdios de Hesbôn^^ (74). 

80. Sêvêros de Sodôm (75). 

81. Sopateos^o de Bêrîntanîs (76). 

82. Sévêros de Ramat-Garad^i (77). 

IX. De Mésopotamie : 5. 

83. Aitallaha^^d'Orrhoë (78), 

84. Ya qoub de Neçîbîn (79). 

85. Antiokos de Rîs'ayna (80). 



l.PNn,l : »^a^oil ; II : usa^a^ol, Azotus. — 2. PNn,l -.de Baisan. — 3. Nom omis. PNn,l: yùonA\are,\. 
— 4. PNn^ I : Aïlas; II : Aînas. — .5. PNn, I, II : Capitoliados. — 6. Les listes syr. ne donnent 
que 10 év. La liste copte (p. 83) est d'accord avec notre texte. — 7. Ms. : Polomanda. — 8. Lire : 
.^ao^s. PNn^ I : Alasou-yll : Agela. — 9. Émèse. — 10. Copte : Thersea; c(,PNn,p. lxx, n» 227. — 
11. Copt, ; Sinodoros. — 12. Les n" 53 et 54 sont omis dans les listes syriaques. — 13, Ms. : Zeiio- 
kios. — 14. Apamée. — 15. Ms. : DoHk. Lire : y^v — 16. PNn, l, II : Zoilos. — 17. PNn, II : 
Asianus. — 18. I, II : Larisa :lm*;2^. — 19. II : Arethusix. — 20. I et II : Siricius. — 21. I et II : 
Seleucus chorepiscopus ', Petrus Gindaris. — 22. II : Pelagius. — 23. I, II : de Gaboula, — 24. I: 
Manicius. — 25. II : Epiphaniœ. — 26. Omis dans I et II ; Copt. : Heliconos de Ahala ^= Hel iconius 
Abilse. Rest. : IL^h u»..)ûû:S^cw(?) —27. II : Nlcimus. —28. I, II : Cyrion. — 29. I : Esbunton- II : 
Eshultium. — 30. I, II ; Sopatros. -^ 31. I, II ; Dionysiados. — 32. II : Absalom. 

1. 32 



250 



CHRONIQUE DE MICtlEL LE SYRIEN 



86. Mara* de Maqedonopolis' (81). 

87. Yohannan de Perse' (82). 

X. [De Cilicie: 11]'. 

88. Teodcblos'' de Tarsos (83). 

89. Amphiôn'^ d'Ep[ipjhania (84). 

90. Nârqîssos de Nêrônîas (85). 

91. Mousa de Qastaboula (86). 

92. Nîqêtos de FIabiàs^(87). 

93. Eudêmon korepiskopa (88). 

94. Paulinos^ d'Adana (89). 

95. Maqedonios de Mopsuestia" (90). 

96. Tarqorn]demantos d'^Egêos (91). 

97. Esykios d'Alexandriai» (92). 

98. Narqi[ss]os d'Irenopolis^* (^^3)- 

XI. De Cappadoce : 8. 

99. Leoiitios de Qêsaria (94). 

100. Eutykiosi2 de Tyûnai^ (95). 

101. Erytriosi^de Qôlônla (96). 

102. Timoteos'^ de Qybîstra (97). 

103. Ambrosios*'^ de Qomana (98). 

104. Stephanos korepisj^kôpa] (100). 

105. Rôdôn korepis[kopa] (102). 

106 Gorgonios korepis[kopa] *^ (99). 

XII. De la Petite Arménie : 4. 
107. Eulalios de Sebastia (104). 



108. Avitios de Selatelai8(105). 

109. Eudromios korepiskopa (101). 

110. Teophanes korepisTkopa] (103). 

XIII. De la Grande Arménie : 3. 

111. [Ajristos^^d'Arménia (106). 

112. Arqrîtos-o de Dlospontos^i (107). 

[126] XIV. Du Pont: 7. 

112. Eiitykios d'Amàsia2^(108). 

113. Eulkasios d'Oumaqa^^ (109). 

114. Eraqlês de Zalon^^ (110). 
Polomamniakios de Pontos-'^ 

115. Longînos"^^'de Neoqesaria (111). 

116. Domânos^s de TrApêzôn (112). 

117. Stràtôphûlos^e de Pontos^^' (113). 

XV. De Paphl agonie ^** ; 5'. 

118. Petronios de Diopolis^i' (115). 

119. Philâdelphos de Pompéiopolis 

(114). 

120. Eutykios^u d'Amâstris^i (116). 

XVI. De Galatie : ,5. 

121. Pankâros^- d'Anqoura (117). 

122. Dioseos-« de Tèkànâ^''^ (118). 

123. Erektiosd'Amosa-^^(119). 



1. II : Maros. — 2. I, II : de Birta. — 3. II ajoute, entre Mara et Yohannan, Simeon Amidie 
Maruthas Maipherkatse, Georgius Syngarorum, interpolation manifeste. — 4. Titre omis. — 5. I, 
II : Theodorus. — 6. II : Apion. — 7.1: Flaviadus; II : Ptolidis. — 8. Ms. : Polianos. — 9. Ms. : 
Mampostia. — 10. Ms. : Alexandros. — 11. Ms. : Airiopolis. — 12.1, II : Eupsychius. — 13. Ms. : 
Teona. Rest. : V\o^. — 14. Ms. : Euroutadios. — 15. Ms. : Timetos. Rest. : .floo!^»^. _ 16. I, II, 
Helpidos. — 17. I ajoute : Eudromius et Theophanes; II : Eudromius seul (cf. § XII). — 18. I, II : 
Euhethios Sataloruni. — 19. Ms. : Rstks; I : Aristacius; II : Aretus. — 20. I, II : Acrites \ 
Copt. : Arices d'Arménie. - 21. I aj. : Eutychianus Amasise; Helpidus Comanôn et Ileraclius Ze- 
lân; II : Eutychius, Helpidus et UeracUus Zenon; Diospontus est en réalité le nom de la province 
de ces trois évêques. — 22. Cf. note 21. — 23. Ces mots : IIovtotj rioXefJioviaxoO, formant un titre, ont été 
pris à tort comme un nom d'évcque. — 24. II : Lingnicus. — 25. I, II : Domnus. — 26. Ms. : Stra- 
topolos . — 27. I, II : de Pityunta. — 28. M. : Paphagonia. — 29. I, II : Junopolis. — 30. I, II : 
Eupsychius. — 31. I : Amastridos; II : Armistia. — 32. I, II : Marcellus. — 33. I, II : Dicasius , 
— 34. I : Tyana\ II : Tauias. — 35. I : Gadamauson; II : Gadamana. 



LIVRE YII. GHAP. II 



251 



124. 'Orgônios* do Qînôn (120). 

125. PhilAdelphos...*(l21). 

XVII. D'Asie'. [6]. 

126. Têonas de Qouziqos' (122). 

127. Mênophantos d'Ephesos (123). 

128. 'Orion d'Ai]iôn*(124). 

129. Eutykios de Smyrna^ (125). 

130. Mitros deHypaipon« (126). 

131. [Marinos' d'Ilion«; (127). 

XVIII. De THellespoin'. 

132. Paulosd'Aeanaïf (128). 

XIX. De Lijdie : 8. 

133. Arlemidoros" de Sârdê (129). 

134. Seros de Tyatira '^ (130). 

135. Etoimasios*3de Philadelphia (131 j. 

136. Philon*^ de Barisimoui^ (132). 

137. Agôgios de Tripolis (133). 

138. Plastikos^s d'Antoura*^ (134). 

139. Antiokos d'Aurelianopolis** (135). 

140. Mavkos d'Astîdoni9 (136). 

XX. De Phrygie : 7. 
Magikos de Dàmasqos^'^ (42). 

141. Nounebios^' de Laodiqia (138). 



142. FlAqqos de SAnàs^^ (139) 

143 Proqopiôs-^ de Sénâna-^ (140). 

144. Pistos^s d'Azînôn-« (141). 

145. Atenodoros de Dorylos'^" (142). 

146. Eugenios d'Euqarpia-^ (i^^)- 

147. Prâqos^*^ d'Ara polis 30 (145). 

XXI. D'isaurie : il. 

148. Steph[an:os de 'Aràton^' (174). 

149. Atanasios de Qoropîson^^ (1'''^) 

150. Hedesius de Qlodianopolis^^ (176). 

151. Agapos^'i de Selôqia (177). 

152. Silvâuos de Metropolis^» (178). 

153. FaustosdePaneinouteikôs(179). 

154. Antùnios'" d'Antiokia(180). 

155. Nestor de Syrdaon^^ (181). 

156. Qourillos de Nômàdon^''^ (183). 

157. Esokîros^^ korepis[kopa] (182). 
1.58. Teodoros d'Aôasdon^» (184). 

159. Anatolios, korepiskopa (185) 

160. Tiberios d'Alsîtron'^» (188). 
'16L Paullos de Krtrândon*2 (Xggj 

162. Qoutos*3 korepiskopa (187). 

163. Aqollos** korepiskopa (189). 

164. Eusebios d'Isauria (190). 



1. I, II : Gorgonioa. — 2. I : de Juliopotis; II : à'Aureliopolis. — 3. Ms. : Qouznqos ; I ; Corjci; 
II : Cynici. — 4. I : Eliani, ^^\ II : Eleion, ^^. — 5. Ms. : Smyra. — 6. I, II : Hyclonx. — 
7. Nom omis dans notre manuscrit; I : Macrinus; II : Marcianus. — 8. I : ^2i>.a^ ; II : sa^>', 

— 9. Lire : >«> a^iâ^sal^ . Le prototype grec portait probablement Maptvoç 'IXtou 'EXXriCTTtovcou. — 
10. I, II : Aneas. Rest. : ii»<ii-û9. _ il. Ms. : Artcmédiros. — 12. Ms. : Taytira. — 13. Ms : 
Astimaoqios . Lire : '^a-aolioû^l. — 14. I, II : Pollion. — 15. I : Bareas; II : Beroë. — 16. I, II ; 
Florentins. — 17. I, II : Ancyrse siderœ [ferrese). — 18. Lire : tm.i.û9ûj|A«^o|, — 19. I ; Standou; 
II : Staria. — 20. Lire : asoûi^l-vj. Répétition du no 45. — 21. I : Nimechius. — 22. I : Sanaên. — 
23. I, II : Procopius. Rest. : •riOû..9aoo;^ ; Ms. Prosopros. — 24. I : Synadon. — 25. Pisticius. — 
26 I, II : Azanon. — 27. I : Dorylion; II : Dorylaos. Lire : a»o\;o,. Ms. : Dôrtos. — 28. Lire : 
^^;^i^ol (I, II); Ms. : Asrapia. — 29. I, II : Flaccus. ~ 30. I, II-. Hiera polis. — 'i\. I, II : Baraton. 

— 32. I, II : Atheneus Coracesii. — 33. I, II : Claudiopolis; ms. : Qlidounopolis. — 34. 1, II : 
Agapius. — 35. Ms. : MetronopoUs . — 36. I, II : Antoninus. — 37. I : Syedroii; II : Syedra. — 
38, I : Thymanadon; II : Thymanada. — 39. I, II : Hesychius. — 40. I : Ouasadon; II : Ouasada. 

— 41. I : Listrdi; II : Alistron. — 42. I : Larandon; II : Laranda . — 43. Quintus. _ 44. I : 
Af/uilos; II ; Aclius. 



252 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



XXH. DeBithynie : il. 

165. Eusebios de Nikomodia (193). 

166. Teognis» de Niqia (194). 

167. Mârîs deKâlqêdôn (195). 

168. Qorion' de Qoros =^ (196). 

169. Esykios de Prisa* (197). 

170. Gôrgonios d'Apollonia' (198). 

171. Gôrgios dePelousias® (199). 

172. Euioustios' d'Adrianopolis « (200). 

173. Teophanes korepiskopa (201). 

174. Roufos de Qêsaria (202). 

175. Eiilalios korepis[kopa] (203). 

XXHL De Cypre : 2. 

176. Qourillos de Paphos (191). 

177. Gelasios de Salamînê (192). 

XXIV. De Lycaonie' : 12. 

178. Eulâlios d'Iqonion (146). 

179. Telêmâkos d'Adrianopolis (147). 

180. Esykios de Neapolis (148). 

181. Eustykios'ode Selôqia (149). 

182. Gerânios de Lêmâoni' (150). 

183. Taroumiqos *^ d'Euphêmia (151). 

184. Aqadêmos de Myritînî <^ (154). 

185. Polykarpos de Mêtrôpolis (153). 

186. Patriqios d'Anladiai* (152). 

187. Aqadêmios de Pâpôn(154). 

188. Éraqlis de Bœroe (155). 

189. Teodoros d'Aqlasâdoni^ (156). 

XXV. De Lycie : 2. 
Adon de Lyqia *^'. 



190. 

191. 

192. 

193. 

194. 

195 

196. 

197. 



198. 
199. 
200. 
201. 



202. 
203. 
204. 
205. 
206. 



207. 

208. 
209. 

210. 



Eudemos de Pàtara (157). 

XXVI. De Pamphylie : 7. 
Qâlîqlis de Pergê (158). 
Euresios de Têlmisos*' (159). 
Euksios^s d'Eurekoni» (160). 
Doumônos d'Espadon^** (161). 
Qôntinos^* de Sêlôqia (162). 
Patriqioj de Maksimiano[polijs 

(163). 
Aphrodisos de Magédôn-^ (164). 

XXVII. Des Iles : 4. 
Euphrosynos de Rhodos (165). 
Alaparon23 de Qô (166). 
Stratêgosde Lemnos^'^ (167). [127] 
Lêtarodaros^^ d'Apollonias^c (168). 

XXVIII. De Carie : 5. 
Eusebios d'Antiokia (169). 
Ammonios d'Aphrodisias^^ (170). 
Eugenios d'ApoIlonias (171). 
Letodoros de Qybîrâton (172). 
Eusebios de Milition (173). 

XXIX. De rhrace^K- 1. 
Pederos^o d'Eraqlia (204). 

XXX. De Dacie : 2. 
Protogenes de Sar[d]iqê (205). 
Marqos de Qoumêon^" (206). 

XXXI. DeMysie : 1. 
Pistos de Marqianopolis (207). 



1. Ms. : Teogabes. — 2. I, II : Cyrilkis. — 3. I : Qiaôii; II : Qiôs. — 4. I, II : Prusas. — 5. Ms. ; 
Apomonia. — 6. II : Pr\isiados. — 7. \, II : Euhethius. — 8. Lire : i/aaî^a^ajU»»!. — 9. I, II : de 
Pisidie. — 10. I, II : Eutychius. — 11, I : Araunicos de Limenôn; II : Uranios de Timena. — 
12. I, II : Tarsicius, — 13. Répét. du n» 187; Copt. 156. — 14. I : Amplados; II : Ampeladia. — • 
15. II: Eusâdôn. — 16. Corruption de : OuaJàSwv. Auxîa? ; Copt. n" 161. — 17. I : Termissu; II: 
Termissa. — 18. I : Zeuxios; II : Douxios. — 19. I : Ouarahon;\l : Sjarha. — 20. I, II : JDomnus; 
I : Aspendou; II : Aspenda. — 21.1 : Qantianos; II : Qôztinos. — 22. II : Mâgtda. — 23. I, II ; 
Meliphron. — 24. Lire : noaiio^; Ms. : Limos. — 25. I : Altidoriis; II : Œlitcdorus. — 26. Corcyrx, 
— 27. Ms. : Parodisias. — 28. I, II : d'Europa. — 29. Ms. : Peredos. — 30. I, II : Calabria. 



LIVRE VU. CHAP. Il 253 

XXXII. D'Achaîe : 3. 216. Qléoniqoss de Têbaîs (216). 

211. Pistos d'Atênas (212). àe Kartagena '' : 

212. Marsos de Byzantia' (213). 217. Qiliqianos (208) ; de Strobon : 

213. Stratèges d'Ephestia (214). 218. Bodanos (210); de Panonia : 

[XXXIII. De Macédoine : ï\\ l^^' ^.^^'î'^'/^!^)- . « ,.,o. 

^ ^ ^ 220. Niqâsios^ [de] Dousia« (218). 

214. Aleksandros de Tèssalonîqê (209). i ^ ,.• . 

XXXIV. De rhessalie : 2. 221. Teophilos (219); de Bosphoros : 

215. Qlaudianos de Tessalia (215). 222. Qadmos (220). 

Nous avons écrit ces noms des Pères que nous avons rencontrés. — Que leur prière 
nous accompagne l Amen. 



Après Kusèhe, Mar Jacques fit des canons [chronologiques^^ . Il dit^ au commen- 
cement de sa Chronique^ : a Eusèbe Pamphile^ évoque de Césarée, qui est [la Tour] 
de Straton^ en Palestine, a fait cette grande et fameuse Chronique universelle, avec 
tout le soin, la diligence et l'exactitude qu'il est possible aux hommes d'apporter à 
l'examen '" des temps éloignés. — II y » placé, en ordre, le comput des années et des 
temps, et les événements qui s'y sont passés, depuis Adam, le chef de notre race, 
jusqu'à la première année d'Abraham, le premier [père] " des Hébreux, jusqu'à Ninus '*, 
le second roi des Assyriens, qui bâtit Ninive, jusqu'à Europus, le second roi de Si- 
cyône, qui est dansI'HelladCjIe pays desGrecs: d'après les livres sacerdotaux de Moïse, 
pour les choses qui concernent les Hébreux, et diaprés les livres des histoires chal- 
déennes,assyriennes et égyptiennes. — Il y ajouta en outre beaucoup de développements 
à partir du temps susdit du patriarche Abraham, de Ninus, fils deBelus, [roi] '* des Assy- 
riens, et d'Europus, [roi] des Sicyôniens, jusqu'à l'an 20 de Constantin le Victorieux, 
empereur des Romains. — Il mentionne beaucoup d'empires : tous ceux qui ont do- 



1. I, II : Euboas. — 2. Titre omis. — 3. Ms. : Qaleniqos. Rest. : i^oûûooILo. — 4. A partir d'ici 
l'ordre est complètement troublé dans le ms. ; Carthagène est pris pour un nom de province, et le 
ms. ajoute 5 après ce mot. Le premier traducteur avait sans doute sous les yeux un index grec ana- 
logue à celui qui est donné PNn, p. 70. — 5. Ms. : de Niqasios. — 6. I, II : Doutas. 

7. Ce qui reste des Canons chronologiques de Jacques d'Edesse a été édité par M. E. W. Brooks 
(Z. D. M. G., t. LUI [1899], p. 261 sqq.; cf. p. 534, 550, et t. LIV, p. 100). Nous citons ce travail en 
indiquant l'année à laquelle M. Brooks a rattaché les textes auxquels nous nous référons. — 8. La 
leçon : à>>,3o de notre ms. paraît fautive. La version arabe dit simplement : "^ûû* ^<ï^. Je proposerais 
de restituer : ;so| ><i-i>. Po. — 9, Ce qui suit forme la Préface de la Chronique de Jacques d'Edesse. 
Cette préface a été éditée par Wright, Catal. of Syriac Mss. of the British Muséum^ p. 1062, 
d'après le ms. Add., 14685. — 10. Wright : û3,;s<Ji»o U"^"^. — H. Wr. : Uo»û UI o'oi. ~ 12. Lire : 
,2ûûlJx |ioAo (Wr.). — 13. Wr. aj. : [:^. 



254 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

miné en Europe, en Libye, clans la Grande Asie, [je veux dircj * ceux des Chaldéens, 
des Assyriens, [des Sicyôniens]*, des Argiens, des Athéniens, des Hébreux, des 
Egyptiens, des Latins qui furent ensuite appelés Romains, des Mèdes, des Babylo- 
niens, des Lydiens, des Perses; [tous] les autres^ qui ont existé après ceux-ci parmi 
les Grecs, je veux dire ceux des Macédoniens, des Corinthiens, des Lacédémoniens ; 
ceux qui ont dominé, après Alexandre le fondateur*, sur l'Egypte, la Syrie et lAsie; 
enfin, le dernier empire des Romains depuis Julius César et Augustus Sébastos luscui» 
Constantin le Victorieux. — Il distingua et établit l'époque de chacun d'eux par années 
séparées, et il montra le moment oîi ils s'élevèrent et commencèrent, la fin [128] et la 
cessation de chacun d'eux. Il a signalé le souvenir distinct des événements concernant 
chacun des rois et des généraux, h quelle époque florissait chacun des sages et des 
écrivains célèbres de tous les peuples, des philosophes et des poètes des Grecs; [il 
a signalé] aussi les histoires des héros et des femmes célèbres, fameux parmi eux, les 
combats et les victoires des hommes mentionnés dans les chroniques^ les construc- 
tions de villes, les fondations de colonies et les autres événements qui survinrent 
durant tout le temps compris dans sa Chronique, qu'il a fait finir, comme on le sait 
déjà, à l'an 20 de Constantin. 

Depuis cette époque jusqu'à présent, personne n'a pris soin d'ajouter au Canon 
rédige par lui les temps qui ont suivi, et j'ai pensé qu'il ne convenait pas que je laisse 
sans mention les événements survenus depuis lors jusqu'à présent, pour autant que le 
Seigneur m'aidera et que j'en aurai la force. — De même qu'il a rédigé un Canon chro- 
nologique, qu'il y a enfermé en abrégé les événements d'alors, qu'il y a placé les 
années des empires lune en face et à côté de l'autre, de manière qu'il soit facile à 
ceux qui le rencontrent [de connaître]' quels furent, à une même époque, les rois, 
les généraux, les savants, les écrivains ou ceux qui, en quelque endroit que ce fût, se 
sont illustrés en quelque façon"; de même aussi, sur cet exemple, j'établirai, à par- 
tir de l'an 20 de Constantin, un Canon qui renfermera les temps suivants, et j'v 
ordonnerai successivement, à côté l'une de l'autre, les années des empires qui ont 
existé, de ceux du moins dont la succession des temps' de leur existence nous est 
connue, et les événements qui ont eu lieu pendant la durée de chacun d'eux, ainsi 
que les hommes qui se sont rendus célèbres en quelque façon soit par la vertu, soit 
par l'éclat. 

Comme nous devons nécessairement proposer et préparer les préliminaires de ce 
Canon, il faut que nous parlions tout d'abord de la fin du Canon d'Eusèbe et ensuite 
ique nous donnions] un exposé spécial* de chacun des empires séparément, et quand 



1 Wr, aj. : \>\'f»\. — 2, Sic, Wr. ; omis dans notre ms, — 3. Wr. : ^ov^ r»i>-wo. — 4. Wr. : |.«-.3 « le 
méchant »; mauvaise leçon. — 5. VVk. : -a^Klià^ .û.m9. — 6. Wr. : ^-jjû«io »,.sa3 oooit. —7. Wr. : 
|l=a.. ^ ^i.,.liooi. — 8. Wr. : \^'f' |i.aj-.aA^->e. 



LIVRE VII. GHAP. II 255 

toutes ces choses auront été dites, il nous sera facile de procéder à l'établis- 
sement du Canon ^ » — A la suite de cela Jacques a écrit depuis Adam jusquà 
Constantin^ F époque et le nom des rois, successivement et exactement^ et ensuite, depuis 
Constantin jusqu'au roi des Arabes 'Abdallah. 

Note de Théodosius d'Edesse. — // faut savoir quEusèbe, dans la Chronographie 
quil a rédigée^ a commencé à Abraham le Canon des années et est venu jusqu'à Van 
20 de Constantin. Or^ Jacques, de la ville d^Edesse, qui a transcrit le livre du grec en 
syriaque, a ajouté les temps et coordonné les événements non seulement depuis Adam 
jusquà Abraham, mais aussi depuis Constantin jusqu à son époque, époque à laquelle 
régnait, sur les Romains, Justinien, et sur les Arabes, ' Abd[allahY . Il revisa attenti- 
vement toute la Chronique, tant à propos des empires quEusèbe a passés sous silence, 
quà cause des autres choses dont ce vénérable [Jacques] rappelle le souvenir. Et quand 
il commence à disposer celles-ci par années, il rattache ' Van 20 de Constantin à Van 21 . 
— Quant à nous, pour que la supputation ne soit pas troublée, après les Canons 
d'Eusèbe nous plaçons ceux que Jacques lui-même a faits''. , 



1. Ce dernier alinéa n'est qu'un résumé. Le texte complet, donné par Wright, est plus ex- 
plicite; il marque clairement le sujet de chacun des quatre chapitres de l'Introduction de Jacques 
d'Edesse. En voici la traduction : « Comme il n'est nécessaire de proposer d'abord et de pré^jarer 
les préliminaires de ce canon, il faut premièrement que nous les exposions. Or, les préliminaires 
nécessaires de ce canon sont ceux-ci : 1° D'abord [nous devons parler de] la fin du canon même 
d'Eusèbe, du quantième des années qui s'y trouve, et de la manière dont il convient de supputer 
notre propre canon et de l'y rattacher; 2o Ensuite [nous devons montrer] quels sont les empires dont 
Eusèbe ne parle ])as, qui existaient l\ cette époque, antérieurement à la fin de ce canon concurrem- 
ment avec l'empire des Romains ; 3° Après cela [nous dirons] quels sont les empires que nous 
mentionnerons dans le canon, simultanément, l'un à côté de l'autre, en même temps que les empe- 
reurs romains; 4° Enfin [nous donnerons] une exposition claire de la succession des temps de 
chacun de ces empires séparément. Et quand toutes ces choses auront été dites et préparées, il 
nous sera facile de procéder à l'établissement de notre canon. » Voir dans notre Introduction le 
chapitre consacré aux Sources de Michel. — 2. Jacques d'Edesse est mort en 708. Mais la Chronique 
a dû être écrite en 692, sous le premier règne de Justinien II (685-095) et sous celui de 'Abd cl- 
Mélik, fils de Merwan (685-705). Néanmoins la leçon : 'Abdallah (écrite en entier dans le ms. ar. 
du British Mus., ici et plus haut) est admissible, car l'auteur vise sans doute "^Abdallah fils de Zobaïr 
que BH. place dans sa Chronique (p. 111) entre Merwan et 'Abd el-Mélik (cf. QuatremÈre, Mém. 
hist. sur la vie d^ Abdallah hen-Zohair, dans le Journ. asiat., 1832). — 3. La phrase est quelque 
peu obscure, mais le sens n'est pas douteux. La Chronique d'Eusèbe s'arrête à l'an 20 de Constantin 
et Jacques commence la sienne à lan 21. — 4. L'auteur veut probablement dire qu'il n'a pas tenu 
compte dès le début de la correction de 3 ans faite par Jacques, au canon d'Eusèbe (cette correc- 
tion est introduite à l'an 690 des Séleucides); cf. ci-dessous, chap, viii, note marg. Comme nous 
l'avons dit (p. 206) nous reproduirons les Canons de Jacques d'Edesse au XI'' Livre de cette Chro- 
nique et nous montrerons les altérations que le compilateur leur a fait subir. 



256 



GHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



CHAPITRE III DU LIVRE VII. — [129] Commencement des canons ajoutés 
par Jacques, à la suite d'Eusèbe'^. — De la conversion des Ibères et des 
Ethiopiens, qui eut lieu au temps de V empereur Constantin le Victorieux. 



ROIS DES PERSES* 

1. Ardasir : 15 ans. 

2. Sabhour : 31 ans. 



3. Hormizd : 

4. Varahran 



2 ans. 
17 jours. 



5. Varahran : 16 ans. 

6. Varahran Sagansah : 4 mois. 

7. Narsê : 7 ans, 1 mois. 



8. Hormizd 

9. Sabhour 



7 ans. 
69 ans. 





ROIS DES ROMAINS * 




21. 


Alexandre, fils de Mamma : 7 ans^ 


23. 


Gordianus -* : 


6 [ans]. 


24. 


Philippus : 


7 [ans]. 


22. 


Maximinus '' : 


3 [ans]. 


25. 


Decius : 


1 [an]. 


26. 


Gallus : 


1 [an]. 




Volusianus : 


2 [ans]. 


28. 


Claudius : 


l[an]. 


27. 


Valerianus^ : 


15 [ans]. 


30. 


Tacitus : 


6 mois. 




Claudius ' : 


1 [an]. 


29. 


Aurelianus : 


6 [ans]. 


31. 


Florianus : 


80 jours. 


32. 


Probus : 


6 ans. 


33. 


Carus : 


2 ans. 


34. 


Diocletianus : 


21 [ans]. 


35. 


Constantin us : 


20 ans. 



D'après la somme des années des rois des Romains et des Perses, il est no- 
toire que l'an 20 de Constantin était l'an 19 de Sabhour. — En effet, depuis 
l'an 7 d'Alexandre^ fils de Mamma, jusqu'à cette année 20 de Constantin, on 



* Note marginale ; Scholion. Le docteur Jacques montre tout d'abord Verreur de 3 ans qui est 
dans le canon d'Eusèhe, et pour cela, comme la fin du Canon chronologique que celui-ci a réuni se 
trouve en la 3® année de la CCLXXVh olymp. Jacques, en reprenant la suite, a placé son point de 
départ en la 1" année de la CCLXXVl^ olymp., et il commence à partir d'ici. — Celte noie ré- 
sume le premier chap. de l'Introduction de Jacques d'Edesse. Cf. Wright, Calai., p. lOG'i ; et ci- 
dessus, p. 255, u. 1. Eusèbe finissait ainsi : Ol. CCLXXVI, an 3 =: an 20 de Constantin; et Jacques 
commence : 01. CCLXXVI, an 1 — an 21 de Constantin. 

1, Ce tableau est probablement tiré de l'Introduction de Jacques d'Edesse, d'après ce qui vient 
d'être dit dans les notes précédentes. Nous ajoutons les numéros d'ordre. Cette liste est à com« 
parer avec le tableau chronologique dressé par Noeldeke (^Gesch. d, Sassan., p. 435). — 2. Nous 
ajoutons des numéros d'ordre conformes à ceux qui sont donnés dans les tableaux chronol. (ci- 
dessus, p. 237-238)."-— 3. A partir de la 7* année de son règne. — 4. Nous suivons l'ordre du ms. 
L'ordre réel est à rétablir d'a23rès les numéros. — 5. Ms. : Maximianus. — 6, Ms. : Aurelianus. 
• — 7, Képétition du n° 28, sans doute pour présenter la seconde année inscrite au tableau (p. 238). 



LIVRE VIT. CHAP. III 257 

compte 98 ans, et depuis la l""*^ année d'Ardesir jusqu'à l'an 19 de Sabhour, il y 
a aussi 98 ans '. 

Ce Sabhour régna 70 ans, et l'an 20 de son règne devant [1«^0] être inscrit le 
premier au commencement du Canon de Mar Jacques, il est clair que ce Canon 
doit présenter 50 des années de Sabhour; puisqu'il commence [pour les années 
des Romains] à l'année 21^ de Constantin, qui est celle de son 7^ consulat et du 
3'^ consulat de son fils Constantin César; et pour les années des Perses, à l'an 
20 de Sabhour, qui est le 9^ roi du dernier empire des Perses, surnommé des 
Sassanides. 

L'empereur Constantin, après avoir fait disparaître tous les tyrans par la vic- 
toire que Dieu lui donna, purifia l'Eglise de la lèpre de l'hérésie. Ensuite il lit 
grandir et exalta les chrétiens et les fit libres*. Il bâtit et restaura [les églises] ; 
il partagea et assigna des revenus ^ aux monastères et aux églises, et aussi aux 
veuves et à tous ceux qui étaient attachés au service de Dieu*. 

Il ordonna à Eusèbe et aux autres évéques de lui procurer les livres de l'An- 
cien et du Nouveau Testament^ et un comput convenable, d'après le calcul des 
mois solaires et lunaires, en vue de la Fête. 

Il établit ses trois fils Césars : un en Occident, un en Orient, et l'autre dans 
le Midi. Son fils aîné s'appelait Constantin, du nom de son père, et le cadet Cons- 
tance ; tous les deux persévérèrent inébranlablement dans la pure confession 
de leur père. Le plus jeune qui s'appelait Constant déclina et devint arien pour 
le motif que nour ferons connaître plus tard^ 

Le roi [13ij des Perses, qui est Sabhour, excita une violente persécution 
contre les chrétiens de son empire''. A cause de cela, l'empereur Constantin en- 
voya à Sabhour des messagers et des lettres; et parle soin de Pempereur fidèle 
et l'aide que Dieu lui donna, la persécution des chrétiens cessa aussi dans l'em- 
pire des Perses, après l'accomplissement des luttes glorieuses que firent pa- 
raître les saints martyrs qui y furent couronnés dans le temps de la persécu- 
tion ^ 



1. La somme des années fournie par le tableau mis eu tête de ce chapitre ne concorde pas adé- 
quatement avec ces données. — 2. C'est-à-dire : « il les exalta, les anoblit, les fit sortir de l'igno- 
minie ». — 3. Restituer : UiU^ '^^■^ (Jac. Edess., ad ann. 1.), Stâptov, diarium. Cf. Z. Z>. M. G., 
LIV, 100. — 4. Jac. Edess., ad ann. 1. — 5. Ibid. ; Socr., I, ix et Theod., I, xvr, rapportent la lettre 
de Constantin à ce sujet. — 6. Cf. Socr., I, xxxviii. Il est à peine nécessaire de remarquer que cet 
exposé est inexact, et que ce fut Constance qui favorisa les Ariens^ tandis que ses deux frères 
demeurèrent dans l'orthodoxie. Les noms de ces princes sont souvent écrits en abrégé dans les 
mss. syr. : Const., ce qui est une cause de fréquentes confusions. — 7. Jac. Edess., ad ann. 13. 
— 8. La grande persécution excitée par Sapor contre les chrétiens de son empire dura avec de 
courtes interruptions pendant 39 ans (340-379). Elle commença après la promulgation de l'édit 
contre les chrétiens eu 340 (cf. Noeldeke, Gesch. der Penser ... aus Tabari, p. 411). Mais il y 
1. 33 



258 CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

A cette époque ^ un philosophe tyrien, qui s'appelait Meropius, s'en alla dans 
le pays des Indiens'^ et des Kousites avec deux jeunes gens, Adosius et Fru- 
mentius^ pour voir le pays et en faire la description. La paix qui existait entre 
les Romains et les Indiens fut rompue, le philosophe et ceux qui étaient avec lui 
furent pris en mer; les Indiens les tuèrent et il ne resta que ces deux [jeunes 
gensj qui furent donnés au roi. Ils grandirent auprès de lui, et il leur donna la 
liberté au moment de sa mort. Ils restèrent auprès de son fils qui régna après 
lui et obtinrent l'autorité dans toute la région de l'Inde, comme [autrefois] Joseph 
en Egypte. Ils bâtirent là une église aux chrétiens qui y étaient réunis. Ils ins- 
truisirent le roi et d'autres personnes. Alors, Frumentius s'en alla à Alexandrie 
et fit savoir à Athanase que les Indiens désiraient se convertir et recevoir le 
baptême; il lui demanda d'envoyer avec lui un évoque. Athanase dit : « Il n'y a 
personne plus propre que toi à les convertir tous de l'erreur. » Il le persuada, 
l'ordonna évêque et le renvoya. [132] Dieu fit par ses mains des miracles et des 
prodiges admirables. Il s'agit de llnde Intérieure; car l'apôtre Thomas avait 
prêché dans l'Inde Extérieure et chez les Parthes et Matthieu aux Kousites; 
mais Flnde Intérieure se convertit à l'époque de Constantin. 

L'ibérie Intérieure crut aussi dans le Christ du temps de Constantin, de cette 
façon' : Une femme chaste* fut faite captive par un Ibère de l'ibérie Extérieure 
qui est dans le voisinage du Pont-Euxin. Ceux-ci sont différents des Ibères de 
l'Espagne. Il arriva que le fils de leur roitelet tomba malade. Sa mère le soignait 
de toutes façons selon leurs usages et il n'en était pas soulagé. Elle demanda à 
cette captive de lui rendre la santé parce qu'elle voyait ses œuvres saintes. 
Celle-ci l'ayant placé sur sa natte de poil dit : « Que le Christ qui a guéri beau- 
coup [d'infirmes] guérisse aussi cet enfant! » et à Finstant même il fut guéri. — 
Après cela, la femme du roi tomba elle-même malade et eut recours à cette même 
captive. Elle alla la trouver et, pareillement, à l'instant elle fut guérie. Elle devint 
célèbre et prêchait à tous la foi dans le Christ-Dieu. Le roi lui envoya des pré- 
sents. Elle ne les accepta point, mais elle dit : «Que le présent soit la promesse 
du roi de croire dans le Christ », mais le roi n'y consentit pas. Quelques jours 



avait eu déjà auparavant sous son règne des persécutions locales et temporaires. Les Actes des 
Martyrs de Perse ont été écrits par Marouta, év. de Maipherkat, et publiés en partie par E. Asse- 
MANr, Acta martyrum, t. I et II, puis par Bedjan, Acta martyr, et sanct., t. II. Voir aussi Hoffmann, 
Ausziige aus syrischen Akten persischer Mdrtyver. Cf. Duval, La littérature syr., p. 129 sqq. 

1. Le récit est tiré de Socrate (I, xix). Cf. ïheod,, I, xxiii; Sozom., II, xxiv. — 2. Les auteurs 
syriaques, comme beaucoup d'anciens, désignent les Ethiopiens sous le nom d'Indiens et TEthiopie 
sous le nom d'Inde intérieure. — 3, Le récit est tiré de Socrate (I, xx). Cf. Theod., I, xxtv; Sozom., 
II, Yii. — 4. D'après les traditions arméniennes le nom de cette femme était Nina, et celui du roi 
qu'elle convertit : Mirian. Cf. P.- A. Darras, Sainte Nina ou Sainte Chrétienne, dans la Terre- 
Sainte, t. XVII (1900), p. 86 sqq.; LiNCLors, p. 120, note 6. 



LIVRE VII. GHAP. III 259 

après, il sortit à la chasse. Une tempête et un ouragan s'abattirent sur eux [133] 
et ils étaient sur le point de mourir; [il invoqua ses dieux] et n'en reçut point de 
secours. Il eut recours au Dieu de cette captive, et, à l'instant même, la tempête 
se dissipa et le calme se rétablit. C'est pourquoi, à son retour, il rassembla tout 
son peuple et leur ordonna de confesser le Christ; et ils se mirent à bâtir une 
église sur le plan que la sainte leur exposa. Comme ils ne pouvaient ériger une 
grande colonne de marbre blanc qui demeurait attachée par l'opération des dé- 
mons, cette femme pria, et d'elle-même la colonne s'éleva dans l'air ; comme 
ils la regardaient, plongés dans l'étonnement et glorifiant [le Seigneur], elle se 
plaça d'elle-même sur la base où ils voulaient l'ériger. Et jusqu'à ce jour ce 
prodige est célèbre. Alors les Ibères envoyèrent trouver l'empereur Constan- 
tin et en reçurent des évêques, des prêtres et des clercs. Et ainsi ils crurent et 
furent baptisés. 

De même, quand Constantin le Victorieux eut vaincu à la guerre les Sarmates 
et les Goths, ils crurent à la religion des chrétiens*. 

L'empereur bâtit une église à côté du chêne de INIambré, où Abraham avait 
recula révélation. — Il bâtit aussi une église à Ba'albek de Phénicie,car les ha- 
bitants de cette ville étaient plongés dans une grande erreur; leurs femmes 
étaient en commun et on ne connaissait pas le père de chacun. Ils donnaient 
môme leurs vierges aux passants pour qu'ils les violent. Il leur fit ordonner un 
évêque, et peu à peu ils se rangèrent*. 

L'empereur fît aussi établir une grande église de toile qui devait circuler avec 
lui '. — Il bâtit à Antioche l'église octogone *. 

11 fit un pont" sur le fleuve du Danube. Ses armées le franchirent ; il soumit 
les Scythes et les amena à la foi\ 

Quand eut lieu la grande famine dans les pays d'Orient, Constantin le Victo- 
rieux ordonna de donner la nourriture à ses frais aux pauvres et aux clercs. Il 
donna à l'Eglise d'Antioche 36.000 mesures de froment. 

Les païens calomnièrent les chrétiens auprès de Sabhour leur roi, [les accu- 
sant] d'avoir envoyé une ambassade à l'empereur des Romains. Sabhour s'irrita 
et se mit à opprimer les chrétiens et à détruire leurs églises. Constantin le Vic- 
torieux lui écrivit en disant' : « Attendu que je garde la foi divine, je demeure 
dans la lumière de la vérité; et en me conduisant selon la lumière de la vérité, 
jeprofesselavraiefoi,etc.)) — Sabhour non seulement n'accueillit pas ses paroles, 



1. SocR., I, xvrrr, — 2. Ihid. — 3. Ihid. — 4. Cf. Eus., Vita Const., III, l. — 5. Lire : 1;*.^. Cf. 
Theophan., Patr. gr., CVIII, 114. — 6. Ceci paraît une répétitipn, cf. 1. 14-15. Socrate (Zoc. cit.) 
dit les Goths et les Sarmates; mais Eusèbe (Vit. Const., IV, v) : xà Sx-jOwv xa\ Saupoiiaxtov. Sou- 
vent le nom de Scythes désigne, chez les Grecs, les peuples appelés Goths chez les Latins. — 
7, Début de la lettre rapportée par ïhéodoret (I, xxv) d'après Eus. (Vita Const., IV, rx). 



260 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



mais il se mit aussitôt en campagne et monta contre Nisibe. Il s'en éloigna couvert 
de confusion, grâceaux prièresde Mar Jacques et de Mar Ephrem*. Dans sa colère 
il pilla la Mésopotamie. 

Constantin sortit pour combattre les Perses. Etant parvenu à Nicomédie, il 
tomba malade et fut baptisé en cet endroit, car il n'était pas encore baptisé [134] 
parce qu'il désirait être baptisé dans le Jourdain ^ — Il fit son testament et at- 
tribua les deux empires à ses trois fils. 11 remit son testament entre les mains 
d'un prêtre qui lui avait été recommandé par sa sœur, et qui était arien^ 

Il vécut en tout 65 ans et en régna 32. — Il mourut le dimanche de la Pentecôte, 
le 22 de 'iyar (mai), la première année de la CGLXXIX'' olympiade, l'an 654 des 
Grecs. Son corps fut conduit à Gonstantinople et fut déposé dans l'église des 
Apôtres *. — Fin du chapitre concernant le règne de Constantin le Victorieux . 



[129] Arius, après avoir été déposé et 
chassé de toutes les égflises, s'efforçait 
encore en cachette de répandre astu- 
cieusement par des artifices diaboliques 
l'esprit pervers de sa doctrine détes- 
table, et avec lui, ses partisans, qui 
furent appelés Ariens. 

Cependant Eusebius^, Màvî de Chal- 
cédoine, et tous ceux qui avaient été 
avec Arius, témoignèrent du repentir et 
furent reçus dans le Synode. Ils sup- 
plièrent l'empereur de le recevoir. 
Quand il fut appelé devant l'empereur, 
il avait avec lui deux libelles : l'un sur 
lequel était écrite son hérésie perverse 
et qu'il plaça et dissimula sous son ais- 
selle ; l'autre sur lequel était écrite la 
vraie foi, et qu'il tenait ostensiblement à 
la main. Plaçant la main sur le libelle 
qui était dissimulé, il jura devant Tem- 
pereur et proféra des anathèmcs contre 



f^l29] Saint Alexandre d'Alexandrie 
quitta la vie temporelle cinq mois seule- 
ment après le grand synode de Nicée. Il 
y eut alors un accord parfait entre tout 
le peuple, l'empereur et Dieu : et le 
grand Athanase fut élu. Eusebius et 
Theognis le calomniaient près de l'em- . 
pereur, disant qu'il n'était pas digne du 
suprême sacerdoce; mais ils furent dé- 
çus dans leur espoir; car ils ne purent 
ensevelir la lampe sous le boisseau,, et 
elle fut placée sur le chandelier pour 
éclairer tous ceux de la maison. 

Rufinus raconte "^ d'Athaiiase qu'étant 
encore dans l'âge tendre et jouant avec 
des enfants sur la place, ceux-ci, d'un 
commun accord, le constituèrent leur 
évêque, et il conférait aux autres la prê- 
trise, le diaconat et les autres ordres. 
Saint Pierre, l'archevêque, étant venu à 
passer par hasard en cet endroit et ayant 



J. Jac. Edess., ad ann. 13. Mais notre auteur commet un anachronisme en rapportant ici ce fait; 
il s'agit du premier siège de Nisibe, sous Constance, dont il parle dans le chap. suiv. — 2. Theod., 
I, xxxit; cf. SocR., I, xxxrx. — 3. Sogr., I, xxxrx. — 4. Ihid, 

5. De Nicomédie. 

6. Apud. SocR., I, XV. 



L[VRE VIL GHAP. 111 



261 



lui-même, en disant : « Je ne professe 
pas d'autre foi en dehors de celle-ci. » 
Il trompa l'empereur de cette façon. 
C'est pourquoi l'empereur écrivit à 
Alexandre, évêque de Constantinople, et 
lui enjoignit de recevoir Arius '. 

Saint Alexandre, en voyant l'ordre 
de l'empereur, entra [dans l'église], se 
prosterna devant la table sainte et dit 
en priant : « Seigneur, qui connais les 
cœurs de chacun, si l'iniquité et la 
souillure d 'Arius sont encore renfermées 
et cachées en lui, et doivent entrer [130] 
dans ton h^glise, reprends-moi la vie *. » 

Arius sortit ' pour aller trouver 
Alexandre, en grande pompe et éclat* ; 
étant parvenu au forum impérial % il fut 
pris subitement de tremblement et de 
crainte, et ressentit des convulsions mor- 
telles d'entrailles*. Il chercha des la- 
trines ; il y entra et s'assit. Toutes ses 
entrailles se déchirèrent dans les la- 
trines et il rendit l'âme., — Pour ce mo- 
tif une grande frayeur s'empara de ses 
partisans. La honte et la confusion se 
répandirent sur lui et sur eux. En ap- 
prenant cette nouvelle, Alexandre se 
précipita de nouveau devant l'autel, 
étendit les mains vers le ciel et loua 
Dieu d'avoir découvert l'impie \ 

Cet Alexandre n'estpas celuid'Alexan- 
drie, mais bien celui delà ville capitale, 
de Constantinople, Celui d'Alexandrie, 
en effet, était mort et avait eu pour suc- 
cesseur Athanase. 

L'empereur manda aussi à celui-ci de 



appris ce que faisaient ces enfants, or- 
donna de prendre leurs noms à tous ; et 
ils les réunit à l'école. 

Plus tard Alexandre ordonna diacre 
Athanase qui l'accompagna au Concile. 
11 demeurait ferme dans la foi orthodoxe, 
et quand Alexandre termina sa carrière 
et quitta cette vie, Athanase, par les des- 
seins de Dieu, reçutle siège. 11 s'opposa 
vigoureusement aux desseins pervers 
des Ariens, [dissipa] toutes les intrigues 
diaboliques, par la vertu [130] de l'Es- 
prit Saint'* 

Or, Eusebius, Theognis et les autres 
Ariens, qui étaient transpercésjusqu'aux 
reins, par ses paroles, comme par des 
traits acérés, brûlaient du feu delà haine. 
A cause de cela, ils ne mettaient point 
de fin h leur malice. Ils le calomnièrent 
en disant qu'il avait déclaré que le pré- 
sent d'une tunique de lin qui était fait à 
l'empereur, resterait h l'Eglise d'Alexan- 
drie. Ils dirent aussi qu'il avait envoyé 
une boîte d'or à un certain Philoumenus 
qui s'était révolté contre l'empereur. Il 
fut démontré devant l'empereur qu'ils 
mentaient sur ces deux points. C'est 
pourquoi Tempereur renvoya Athanase 
à Alexandrie avec honneur^. 

Après cela, ils se mirent de nouveau 
contre lui, et ils apprirent à un certain 
Isychoras'", qui célébrait les mystères 
sans être prêtre, et s'était enfui à Nico- 
médie'*, àdire qu'Athanase avait envoyé 
renverser l'autel et le calice et faire 
brûler les livres. Alors, ils se disposèrent 



1. SocR., I, xxxvrrr. — 2. Cf. Theod,, I, xiv. — 3. Socr., loc. cit. — 4. BH., Chr. eccL, p. 81 
1^:^00 l^Oïo. — 5, ayopa Kwvatavrtvou. — 6. t?,; yaaxpô; r/.'.vsÏTO ya'jvwdt;. — 7. Cf. Theod., I, xiv. 
8.. Lacune d'une ligne. — 9. Socr., I, xxvn. — 10. Socr. : 'I(7/;jpa;. — 11. Près d'Eusèbe. 



262 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEiN 



recevoir Arius ' ; mais il ne le reçut 
point. L'empereur fit menacer cruelle- 
ment Athanase pour qu'il reçût Arius ; 
mais comme il ne le voulut point^ l'em- 
pereur se mit en colère. Les partisans 
d'Arius voyant que l'empereur était 
irrité contre Athanase forgèrent contre 
lui des accusations mensongères^ jus- 
qu'à ce qu'il fût jeté en exil*. 

Comment Arius a-t-il pu paraître de- 
vant l'empereur après avoir été déposé? 
Socrate l'expose dans son livre, en parlant 
ainsi': Constantina *, sœur de l'empereur, 
tomba malade. Elle avait un prêtre [131] 
attaché à l'hérésie d'Arius. Il lui disait 
constamment : « Arius est innocent, et 
les partisans d'Athanase profèrent contre 
lui des mensonges. » Cette femme ajouta 
foi au prêtre, et quand le moment de sa 
mort arriva^ l'empereur étant venu la 
voir, elle . lui recommanda ce prêtre 
comme un homme sincère et orné de 
vertus. Étant devenu un des familiers 
de l'empereur, il affirma de nouveau à 
celui-ci qu'Arius était innocent. De cette 
manière, celui-ci obtint d'être admis 
devant l'empereur, et alors arriva l'his- 
toire écrite plus haut. 

L'empereur écrivit ensuite à Athanase 
de recevoir Arius. Comme il n'y con- 
sentit point, [les Ariens] multiplièrent 
les accusations contre lui. Alors l'empe- 
reur écrivit à Alexandrie en ces ter- 
mes^ : « Celui qui ignore la vérité, 
ignore Dieu; grâce à moi, serviteur de 



à tenir un syïiode dans un village de Pa- 
lestine, en l'an 30 de Constantin % mais 
Athanase refusa de s'y rendre, et ils s'en 
allèrent h Tyr. Ils coupèrent la main 
droite d'un mort^ et prétendirent qu'A- 
thanase avait fait tuer Arsenius, évêque 
de Mélitène^, qu'il accomplissait l'ordi- 
nation à l'aide de cette main coupée et 
qu'il l'avait coupée pour des pratiques 
magiques et la tenait cachée chez lui. 
L'empereur fit mander à Athanase de 
venir h Tyr pour y être jugé. Athanase y 
vint; et ils amenèrent aussi Macarius* 
enchaîné. 

Arsenius y arriva [131] aussi en secret, 
grâce h la providence divine. Ayant été 
reconnu par plusieurs, il commença par 
nier son identité; par la suite, n'ayant 
pu dissimuler son mensonge, il fut pris et 
tenu caché par les partisans d'Athanase. 
Quand Athanase parut devant le juge, les 
calomniateurs se mirent h montrer la main 
coupée. Il leur demanda : « Qui d'en- 
tre vous connaît Arsenius? » Plusieurs 
dirent qu'ils le connaissaient. Alors, 
il ordonna de le faire entrer, les mains 
dissimulées [sous le pallium]. Ils dirent 
que c'était bien là cet Arsenius dont la 
main avait été coupée. Et tandis qu'ils 
étaient saisis d'étonnement, il leur mon- 
tra la main droite; puis, comme ils pen. 
saient que peut-être l'autre avait été 
coupée, ils le contraignirent à montrer 
la gauche. Ils dirent ; « Voici qu' Arsenius 
se trouve avoir ses deux mains; qu'on 



1. SocR., I, xxnr. — 2, Socr., I, xxxvi; Theod., I, xxvit, xxxr. — 3, I, xxv. — 4, Constantia, 
veuve de Licinius. — 5. La lettre était adressée aux évèques réunis à Tyr, Socr., I, xxxiv. 

6. Cf. Socr,, I, xxvni. — 7, Le grec dit : ce évêque de \a. secte des Mélétiens », — 8. Prêtre 
d'Alexandrie, accusé d'avoir renversé l'autel sur l'ordre d'Athanase. 



LIVRE VII. GHAP. III 



263 



Dieu, les Barbares ont appris à servir 
Dieu, parce qu'ils ont compris et senti 
qu^en tout lieu il m'a assisté et aidé. Or, 
ceux-ci lui sont soumis par crainte de 
nous ; et vous qui êtes considérés comme 
initiés à ses mystères, pour ne pas dire 
comme en étant les gardiens, voici 
que vous ne songez à autre chose qu'à 
ce qui peut produire la division et la 
ruine des hommes. Il faut donc que vous 
vous réunissiez près de nous, dans la 
capitale, afin que vos raisons et celles 
d'Athanase soient examinées. » — Ils 
montèrent, mais plusieurs s'enfuiront, 
par crainte, dans leur pays; les autres 
machinèrent des fraudes contre Atha- 
nase. Or, « la calomnie est puissante 
quand son ministre a la réputation 
d'être [132] digne de foi » '. C'est pour- 
quoi l'empereur décréta Texil contre 
Athanase, dans la pensée, certes, d'unir 
les églises, parce qu'il ne consentait, en 
aucune façon, h recevoir Arius. 

A cette époque *, Asterius, un sophiste 
arien_, aidait les partisans d'Arius ; mais 
n'ayant point été fait évêque, contre 
son attente, il se mit h répandre une 
hérésie; il disait que le Christ est la 
Vertu de Dieu, de la même manière 
qu^il est écrit dans la Loi' que la saute- 
relle ou le bruchus est la vertu de Dieu. 

Marcellus d'Ancyre de Galatie écrivit 
contre lui. Mais ensuite ce Marcellus 
d'Ancyre de Galatie embrassa l'hérésie 
de Paul de Samosate. Ayant été anathé- 



nous montre la place de cette troisième 
main*. » Il s'occupèrent ensuite déjuger 
Macarius sur des calomnies. Athanase 
se cacha et monta vers l'empereur^. Ceux- 
ci le déposèrent, sans en informer Arse- 
nius^, et celui qu'on disait tué par Atha- 
nase souscrivit h la déposition d'Atha- 
nase! 

Les Ariens tinrent de nouveau une 
assemblée ''. Ils amenèrent une femme 
qui avait eu un enfant de sa fornication 
avec un certain Eustathius, forgeron; ils 
lui firent dire qu'elle avait conçu d'Eus- 
tathius d'Antioche , et ils déposèrent 
celui-ci. Ils voulurent instituer à sa place 
Eusèbe de Césarée ; mais il refusa à cause 
de la division du peuple. Après cela, 
cette femme fut frappée d'un châtiment 
cruel; dans sa douleur, elle avoua [i32] 
et Eustathius triompha. 

Le siège d'Antioche demeura vacant 
pendant 8 ans; puis vint Eulalius pen- 
dant 1 an, et après lui Euphronius, 
pendant 6 ans. 

Eusebius de Césarée fut le président 
du Synode d'Antioche. II accusa Eusta- 
thius de professer Thérésie de Sabellius, 
tandis que Cyrus d'Alep et Georges de 
Laodicée l'accusaient d'autres choses ^ 
Mais Cyrus d'Alep fut lui-même déposé. 
II y eut ensuite du trouble parmi le 
peuple. Les uns demandaient qu'Eusta- 
thius revînt à son siège; les autres vou- 
laient Eusèbe de Césarée, Ils en vinrent 
jusqu'à tirer le glaive les uns contre les 



1. SocR., I, XXXV. — 2. SocB., I, xxxvr. — 3. Ex., xit, 41. 

4. SocR., I, xxvii-xxix. — 5. Iliid., xxxu. — 6. Le sens du syriaque ne répond pas au grec qui 
dit : « sans faire mention de l'histoire d'Arsénius » qui, reçu par eux, souscrivit, etc. — 7. A 
Antioche. Cf. Theod., I, xxi; Socr., I, xxiv. Jac. Edess., ad ann. 13 (?). — 8, Socr., I, xxrv. 



26'- 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



matisé, il fit pénitence, promit de brûler 
son livre et fut reçu. Quand on vit qu'il 
ne brûlait pas son livre et que sa péni- 
tence n'était pas sincère, il fut déposé, et 
on mit à sa place un autre, appelé Basi- 
lius. Lors de la réunion du concile de Sar- 
dique^ Marcellus réprouva son écrit et 
le jeta au feu : c'est pourquoi il fut reçu 
et revint à son évèclié '; de même aussi 
Eusebius et Theognis *, après avoir fait 
pénitence, revinrent à leurs sièges et 
chassèrent les évoques qui avaient été 
établis à leur place ^ — L'empereur, qui 
désirait ardemment la paix des églises, 
les reçut, parce qu'ils présentèrent un 
libelle* [affirmant] avec serments, qu'ils 
adhéraient à la définition du concile de 
Nicée, 

Eusebius écrivit à Alexandrie qu'il 
avait rédigé lui-même la profession de 
foi "et que l'on n'y avait rien ajouté, [133] 
si ce n'est l'expression de u consubstan- 
tiel ». L'empereur reçut de nouveau 
Arius, ayant ajouté foi à ses serments 
trompeurs. II ordonna de le recevoir, 
certes en vue de l'union des églises. 
Alors, par le comble de son impudence 
et par la prière de saint Alexandre de 
Constantinople , Arius fut frappé de 
châtiment, comme nous l'avons exposé 
plus haut. Par la suite, l'empereur com- 
prit les fraudes des Ariens et, au 



autres. Par la suite Eustathius" occupa 
le siège. 

A cette époque, existait le 20'' évêque 
d'Edesse : Habsai"; — et à Rome, le 32% 
Marcus, auquel succéda, le 33% Julius, 
pendant 5 ans*. 

[Dans l'Eglise]" de Jérusalem était 
Maximius '" à qui les païens avaient ar- 
raché un œil. 

[A Édesse]", après Habsai, le 21 '^ fut 
Barnai '% 

En ce temps-là [vivait] Spiridion qui 
était pasteur de brebis et qui fut appelé a 
devenir pasteur d'hommes'''. Il continua 
humblement à faire paître les brebis et 
en tirait sa subsistance corporelle, sans 
amoindrir son pastorat spirituel. Une 
nuit, les voleurs entrèrent dans sa ber- 
gerie ; mais par la vertu de ses prières, 
ils furent enchaînés. Quand il vint, au 
matin, il les vit et fit cesser leur enchaî- 
nement par sa prière . Ils les admonesta'*, 
leur apprit à ne plus voler, et leur donna 
un mouton. [133] Ils s'en allèrent et 
firent pénitence. 

Il avait une sœur*% chaste religieuse, 
à qui un homme avait confié un dépôt. 
Celle ci creusa la terre et l'y cacha. Peu 
après elle mourut. L'homme, étant re- 
venu, chercha querelle à l'évêque qui 
était étonné, car il ne savait rien de la 
chose. 11 emmena cet homme avec lui, 



1. Cf. SocH., II, XX ; Théod., II, vrii. — 2. Cf. p. 2i7, n. 7. — 3. Socr., I, xiv, xxiii. — 4. Kest. : 
sOi-U^ (?). — 5. Il semble bien qu'il s'agisse de la lettre aux habitants de Césarée rapportée pur 
SocRATE, I, vur ; cf. néanmoins Socr., I, xxnr. 

6. Lire ; Euphronius. o'^à 8£ ... -/^'poTovetxai Eùq>?ôvto; (Socr., I, xxiv). — 7. N'est pas mentionné 
dans la Chronique d'Edesse, mais bien dans celle de Jacques. Il en est de même pour Barnai (ad 
ann. 13). — 8. Jacques d'Edesse, ad ann. 13 : ^5 ans; exact (337-352). — 9. Lacune d'un mot. — 
10. Ms. : Maxitnianus. Jac. Edess., ad ann. 13; ïheod., II, xxvr. — 11. Lacune d'un mot. — 12. 
Voy. note 7. — 13. Socr., I, xir. — 14. ire : u/.»|. — 15. Dans le grec : « une fille ». 



LIVRE VII. CHAP. IV 265 

moment de sa mort, il ordonna de s'arrêta sur le tombeau et dit en criant : 

rappeler d'exil saint Athanase et de le « Irène*! un tel dit telle chose. » Et 

renvoyer à son siège*. — Fin de ce [cha- une voix répondit du milieu du tom- 

pitî-e] avec r aide de Jésus ^Dieu de toutes beau : u Oui! II est dans tel endroit. » 

les choses visibles et invisibles, comme il Chacun loua Dieu ; et on trouva le dépôt. 

est écrit. — Et maintenant moi, je vous Le& synodes du temps de Constantin 

prie, 6 mes Pères et mes maîtj^es! e?i le Victorieux eurent lieu ainsi : 

prosternant mon visage confus sous vos (1). Quand l'empereur ordonna que 

saints pieds, de prier pour moi toutes les évoques se réunissent à Nicée, qua- 

les fois que vous rencontrerez ces lignes. torze évêques avaient déjà auparavant 

établi 24 canons, à Ancyre de Galatie^ 
(2). Puis eut lieu, h Nicée, le grand 
Concile \ 

(3). Ensuite, vingt évêques établirent 25 canons® à Néocésarée". 

(4). Puis on établit 20 canons h Gangres'. 

(5). Puis on établit 19 canons à Laodicée dePhrygie*. 

(6). Ensuite quatre-vingt-dix évêques se réunirent h Antioche et établirent 14 canons". 

Tous ces synodes eurent lieu du temps de Constantin le Victorieux. Que leur 
mémoire soit en bénédiction! 

CHAPITRE IV DU LIVRE VII. — Du temps du règne des fils de Constantin. 

Constantin le Victorieux établit César, à Constantinople,son fils aîné qui s'ap- 
pelait aussi Constantin. Il établit le cadet, nommé Constance, à Antioche et sur 
tout l'Orient, et le plus jeune, appelé Constant, à Rome. — Quand il mourut, à Ni- 



1. Theod., I, XXXIU. 

2. Ms. : Honoria; lire : V\u\, EipYÎvr). — 3. Cf. p. 173, n. 4. Le concile fut célébré vers 314. V. les 
collections des Conciles (Mansi, II, 513 sqq.). Les 24 canons ont été édités dans la recension sy- 
riaque par P. Martin [Analecta Sacra de Pitra, IV, 215). — 4. En 325. — 5. BH. donne aussi le 
chiffre de 25 canons; mais les mss. ne parlent que de 15. — 6. Cf. Mansf, II, 539. Les 15 canons 
ont été édités par Martin [op. cit., 221, 449), Il est dit dans le titre que ce concile est postérieur à 
celui d' Ancyre et antérieur à celui de Nicée. — 7. La recension syriaque de ces canons existe dans 
le ms. 62 de la Bibl. Nat., et dans le ms. K, VI, 4 du Musée Borgia. D'après ce dernier, le concile 
fut célébré en 343. — 8. BH. dit ; « 16 canons » {Chr. eccL, I, 82). Dans le texte syriaque {Bibl. 
Nat., ms. n" 62, fol. 147 ; Mus. Borgia, K, VI, 4, fol. 139), il y a 59 canons. La leçon de notre ms. 
est à restituer en : «è^ (au lieu de : 'ô>«). Ce concile est postérieur à Constantin; on le place géné- 
ralement sous le pontificat de Libère, vers 365 (cf. Manst, II, 563). — 9. D'après le nombre indiqué 
des évêques, il est certain que l'auteur parle du Concile in Encoeniis, célébré en 341 (cf. Socr., II, 
vin; Mansi, II, 1305). Une recension syriaque de ce concile existe dans les mss. déjà cités (62, fol. 
137; K, VI, 4, fol. 122). Les canons sont au nombre de 25. BH. donne, comme Michel, le nombre 
de 14. L'original portait peut-être 24. 



266 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

comédie, son fils cadet, Constance, étant le plus rapproché, arriva le premier et 
reçut le testament du prêtre arien ; et il conduisit son père dans un cercueil d'or 
à la capitale*. 

Quand Sabhour, roi des Perses, apprit que Constantin était mort, il monta de 
nouveau* contre Nisibe, qui est sur les confins des Romains et des Perses. Elle 
était surnommée Antioclie de Mygdonia. Quand Sabhour rassembla son armée et 
monta contre elle, lefilsdeConstantin 'réunit aussi [une armée] etvintà Antioche. 
Sabhour assiégea Nisibe pendant 70 jours: il bâtit contre elle des fortifications \ 
il creusa des fossés, et il obstrua le cours du fleuve qui entrait et se divisait au 
milieu de la ville. Ce fleuve s'appelait Mygdonius. Sabhour le fit endiguer des 
deux côtés, et fit fortifier [13i5] le barrage pour qu'il résistât à l'impétuosité des 
eaux. Les eaux débordèrent par dessus le mur^ qui, ne pouvant résister à la 
pression, chancela et tomba; il se fit une brèche même dans la partie opposée 
par laquelle sortaient les eaux. Sabhour croyait pouvoir se rendre maître de la 
ville sans difficulté par suite de la chute du mur. N'ayant rien fait ce jour-là, le 
lendemain il vit le mur rebâti des deux côtés. L'évêque Jacques, par sa prière, 
réconfortait les combattants et le peuple; ils bâtirent le mur et dressèrent 
dessus des palissades" et des balistes. Il fit cela en persévérant dans la prière 
au milieu de l'église. Sabhour non seulement s'étonna de cette construction, 
mais aussi de la vision qui lui apparut. Il vit un homme enveloppé d'un pallium, 
qui se tenait sur le mur; son vêtement et sa couronne répandaient des rayons 
de lumière. Il pensa que c'était l'empereur des Romains, et il menaça ceux qui 
lui avaient dit : « 11 n'est pas ici. » Quand il eut la certitude que Constance était 
à Antioche, il comprit et dit: « C'est le Dieu des Romains qui combat pour eux. » 
C'est pourquoi ce misérable entra en fureur et lança un trait en l'air, sachant 
bien qu'il ne pourrait nuire. — Le bienheureux Ephrem demanda à Févêque de 
pouvoir monter sur le mur pour maudire les Barbares. En voyant leurs my- 
riades, il pria Dieu d'amener sur eux des nuées d'insectes et de moustiques : ils 
vinrent en effet sur eux; les éléphants surtout en furent incommodés, parce que 
leur peau est lisse et qu'ils n'ont pas de poil. [Ils entraient] aussi dans les 
narines [136] et les oreilles des chevaux qui, ne pouvant résister à la douleur, 
brisèrent leurs freins, renversèrent leurs cavaliers et s'enfuirent. Et Sabhour 
s'en retourna couvert de honte. — Ignace de Mélitène dit : u Dieu envoya aussi 
une pluie violente sur les Perses; la peste fondit sur eux, et ils s'enfuirent. » 



1. Cf. SoGR., I, xxxvur; II, ii. — 2. Cf. ci-dessus, p. 264. Le récit qui suit est tiré de Théodoket, 
II, XXX, qui a lui-même confondu le premier et le second siège de Nisibe. V. la note de Valesius 
sur ce chap, — 3. Théod. dit simplement : « Constance )). — 4. x<^po'''f^fJ''^'i^a. — 5. Le grec est 
plus clair : Lorsque les eaux furent accumulées derrière ce barrage, Sapor le fît rompre, et alors 
elles se précipitèrent avec impétuosité contre le mur et le renversèrent. — 6. Ou « des pieux ». 



LIVRE VII. GHAP. IV 267 

Constantin, le frère aîné de l'empereur, étant venu dans les contrées de son 
frère Constance, fut tué dans un combat par les soldats de Constant' . — Constance 
proclama César, Gallus, son parent*, et l'envoya à Antioche, Comme il entrait dans 
la ville, le signe de la croix apparut dans la région orientale, à l'instar d'une 
colonne de lumière. 

Constance s'empara de tout l'Orient et de Constantinople, la capitale ^ 

Quand le César Dalmatius fut tué parles soldats, les deux frères Gallus et 
Julien*, enfants de Constantinus le frère aîné^, étaient sur le point d'être mis à 
mort avec lui; mais Gallus échappa au massacre par la maladie, et Julien à 
cause de sa jeunesse. Ensuite Constance ordonna qu'ils fussent élevés dans le 
village de Mâqâlî% à côté de Césarée de Cappadoce. Tous les deux devinrent 
lecteurs. Ils bâtissaient une église à Mar Mammès. Or, le côté que bâtissait 
Julien s'effondra et tomba, signifiant d'avance sa propre chute-. Gallus, ayant 
été fait César par Constance, se révolta contre l'empereur. L'empereur envoya 
tuer Gallus* et fit mettre Julien en prison. [137] Ensuite l'impératrice Eusebia 
demanda à l'empereur de l'envoyer à Athènes pour y étudier les sciences ^ Là 
il étudiait avec le grand Basile, Grégoire, son frère*" et Grégoire le Théologien**. 
Basile en voyant les mœurs perverses de Julien prophétisa et dit qu'il devien- 
drait païen. 

L'empereur, à cette époque, bâtit une ville dans le pays de Séleucie,et l'appela 
Constant[ia]. — En Mésopotamie, il agrandit et acheva Amid qu'il appela Au- 
gusta**. A Telia, qui s'appelait auparavant Antipolis*' il donna le nom de Cons- 
tant[ia] **. 

Constant régnait à Rome depuis six ans quand le tyran Magnentius s'éleva 
contre lui, s'empara de toute l'Italie et de l'Afrique, et [Vetranio]*^ fut proclamé 
empereur à Sirmium*^ 



1. Sic ms. Ce passage est la trad. de Socrate, II, v. Restituer le sens : « Constantin, le frère 
aîné de l'empereur Constance, étant venu dans les états de son frère Constant, fut tué par les sol- 
dats de celui-ci. » — 2. àyi'iftioy lauxoO. Sogr., II. xxvirr, s. fine. — 3. Constance reçut Constantinople 
en 337, lors du nouveau partage de l'empire après le meurtre de Dalmatius. — 4. Ms. : Julius. Les 
écrivains syriens confondent souvent les noms : Julius etJulianus. — 5. Sic ms.; mais il faut lire : 
« de Constanlius, son frère aîné ». Cf. Socr., III, r. — 6.èv MaviéXXw, Sozom., IV, ii. — 7. Sur le mar- 
tyr S. Mammas ou Mammès, cf. Acta Sanct. 17 août. Les Actes syriaques ont été édités par 
Bedjan, Jcte Mart. et Sanct., t. VI, p. 431 et 445, Pour le fait rapporté ici, cf. S. Grég. de Naz., P. Gr.^ 
t. XXXV, col. 552. — 8. Jac. Edess., ad ann. 28, aj. : « en l'an 666 ». — 9. Theod., III, ir; Socr., 
II, xxxiv. Cf. Sozom,, IV, ri, — 10, Grégoire de Nysse. — 11. Grégoire de Nazîanze. — 12. Cf. 
Jac. Edess., ad. ann, 21, 22; Chron. edess., n° xix ; Hallier, p. 96-97. — 13. Lire : Antoninopolis. 
Ces formes contractées .«e rencontrent assez souvent dans les transcriptions syriaques. Cf. Ral- 
lier, Chr. edess., p. 97. — 14. Ou Consiantina, Cf. Chron. edess, ,n° xx; Jac. Edess., ad ann, 27. 
— 15, Lire ; K-si-l v«uj|^|;.3o (Jac. Edess,, ad ann. 19), — 16, Cf. Socr., II, xxv. 



268 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Constant périt par la perfidie des soldats. Le jeune fils de son frère, qui lui 
aussi s'appelait Constantin, et régnait depuis trois ans avec son oncle, périt 
aussi avec lui. Constance, en apprenant tous ces événements, partit rapidement, 
vainquit Magnentius et le tua. Il tua aussi Nepotianus' qui était de la famille 
des empereurs et avait pris le parti de Magnentius ^ 

Le jour du combat dans lequel les deux tyrans furent tués, une croix apparut 
dansle ciel, dans la région de l'Orient, aumois de 'iyar(mai) del'anôôS desGrecs^ 
Constance entra à Rome en triomphe*. 

Quand il revint [138] à Constantinople, il institua Julien César, et lui donna 
pour femme Hélène, sa sœur, qui est appelée Constantia^. 

Macedonius, qui était devenu évêque de Constantinople, voulut transférer le 
corps du grand Constantin de l'église des Apôtres dans une autre église*. A ce 
propos le peuple se révolta et il y eut de nombreux massacres au milieu de la 
ville. L'empereur Constance, en apprenant cela, fit déposer Macedonius et ins- 
titua Eudoxius. Il remédiait à un mal par un autre. 

En ce temps-là, les Juifs de Diocésarée de Palestine massacrèrent les Romains. 
On envoya contre eux des armées qui les détruisirent. Il est écrit ^ que Gallus, 
le frère de Julien, détruisit les Juifs, s'enorgueillit, se révolta, et fut tué dans 
l'île de Phlanon*, où il s'était enfui. 

Ensuite, Julien, après avoir été institué César, fut aussi envoyé contre les 
Barbares de la Gaule : il s'illustra beaucoup par ses victoires; il grandit, ac- 
quit de l'influence, fut exalté et s'enorgueillit. Il fut même proclamé empereur 
par les soldats qui étaient avec lui. L'empereur Constance, en apprenant que 
Julien avait vaincu les Barbares et avait été proclamé empereur par les troupes, 
fut ému et inquiet. Il s'empressa de se faire baptiser par Euzoius d'Antioche, et 
marcha contre le tyran; mais il termina sa vie à Mopsucrène, entre la Cilicie 
et la Cappadoce*. 

Quoique Constance n'admît pas le terme de «consubstantiel», parce qu'il avait 
été trompé, cependant il confessait parfaitement le sens de ce mot, [139j car il 
confessait que le Verbe de Dieu était le Fils véritable, engendré du Père avant 
les siècles, et il blâmait ouvertement" et anathématisait ceux qui l'appelaient 
une créature. — Il fit une autre chose digne de louange". Au moment où les 
troupes engageaient le combat contre Magnentius, il leur conseilla de partici- 
per aux mystères ** en disant que l'on doit toujours s'attendre à finir sa vie, 

1. Ms. : Nepolitis. Cf. Socr., II, xxv. Nepotianus fut tué par les partisans de Magnentius. Jac. 
Edess., ad ann. 19. — 2. Ou : « qui s'était élevé en même temps que Magnentius ». — 3. Cf. Jac. 
Edkss,, ad ann. 27; Chron. Pasch., P. Gr., XCII, 729. — 4. Cf. Amm. Marcell., xvi, 10. — 5. 
Socr., III, r; cf. II, xxxtv. — 6, Socr., II, xxxvur. — 7. Socr., II, xxxviu-xxxix. — 8. itepi <ï>>.avwva. 
— 9. Socr., II, xLvii. — 10. ïhéod., III, iir; avxtxpu; àTiexïipuTTô. — 11. Ibid. — 12. De recevoir 
le baptême. 



LIVRE VII. GHAP. IV 



269 



mais surtout dans les combats où des myriades de dangers se présentent de 
tous côtés par la projection des traits, etc., et qu'il convenait que chacun pos- 
sédât le vêtement précieux dont on a surtout besoin [pour la vie] future'. « C'est 
pourquoi, [disait-ilj, je ne supporte pas d'engager [le combat] en compagnie de 
païens. » 

Il mourut le 3 de tésri II (novembre) de l'an 678 des Grecs. Il vécut 45 ans. Il 
commença à régner à l'âge de 7 ans ; il fut empereur avec son père pendant 
13 ans, et seul pendant 25 ans*. Il regretta d'avoir fait des serments au prêtre 
arien, Eusèbe, à propos du testament [de son père] et d'avoir introduit la division 
dans la foi». — Fin. 



Constance, fils de Constantin, déclina 
vers l'hérésie des Ariens, à cause du 
testament de son père, qui lui avait été 
remis par un prêtre arien *. II commença 
par enlever les églises aux Orthodoxes 
et les donna aux Ariens, 

Il déplorait le trouble qui avait eu 
lieu dans l'Église et disait : « La faute 
en est à ceux qui ont prononcé cette pa- 
role de « consubstantiel" au Père » qui 
ne se trouve point dans les Ecritures et 
qui a divisé les prêtres entre eux. » Il ac- 
cusait Athanase et ceux de son opinion^. 

Constantin, qui régnait à Rome', 
persévérait dans la confession ortho- 
doxe, comme son père, et il fit revenir 
Athanase h Alexandrie ^ 

Les Ariens se réunirent et se mirent 
à se plaindre d'Athanase auprès de Cons- 



Après la mort de Constantin le Victo- 
rieux, le prêtre arien ne livra pas le tes- 
tament au fils aîné, mais bien au cadet, 
ayant reçu de lui la promesse de persé- 
cuter quiconque confessait le Christ con- 
substantiel au Père. — Ce prêtre allait 
constamment près de lui. Voyant que son 
esprit fluctuait, comme l'eau, de tous cô- 
tés, il séduisit un eunuque de haut rang® 
et lui inculqua l'esprit arien. L'impéra- 
trice et ses eunuques étaient aussi ses 
auditeurs; et le schisme envahit toute la 
contrée d'Orient"^. 

La contrée occidentale était en paix, 
car le fils aîné de Constantin qui y ré- 
gnait demeurait ferme dans la foi. Il en- 
voya délivrer Athanase et le fit retourner 
à Alexandrie en disant : « Notre seigneur 
Constantin était lui-même disposé à le 



1. Il manque deux ou trois mots dans le texte. La phrase traduisait littéralement le grec : 
ou Si^ êvexa, -/pY) Êxaffxov tyiv à$iôxTr)Tov èxîtVYjv £)(£tv (TToXyiv, yJç oxt (lâXtcrTa Iv èxstvo) tw Piw SeoixsOa (Theod. , 
III, m). — 2. SocR., II, xLvir. — 3. ïheod., III, r. 

4. Ce prêtre est appelé Eusèbe (ci-dessus, 1. 8). Philostorge affirme (II, 16) et d'autres indices 
confirment que Constantin remit son testament à Eusèbe, év. de Nicomédie, qui le baptisa. Cf. Le- 
BEA.U, Hist. du Bas-Empire (éd. Saint-Martin), I, 384 sqq. — 5. Le syr. traduit ici par « fils de 
la nature » ; cf. p. 272, n. 6. — 6. Theod., II, iir, s. f. — 7. Lisez : « en Gaule ». — 8. Cf. ïiieod., 
II, m; SocR., II, II, lu; Jag. Edess., ad ann. 13. 

9.'npw'côtuTcoçTwv "xoixwvwvToO 3a(7i>ia)Ç£ÙvoOxoç...Eù(7£êto; (Socr. IJ,ir). — lO.SocR, II, ir; Theod. Il, m. 



270 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



tance, attendu qu'il était revenu a son 
siège par l'ordre de son frère Constan- 
tin. A cause de cela, Constance voulut 
le chasser ; Athanase l'apprit et s'enfuit 
à Rome. 11 fut accueilli par Julius ', 
Julius convoqua les Ariens. Ils ne vin- 
rent point à Rome; mais ils s'assemblè- 
rent h Antioche, au nombre de 90 évê- 
ques etprètres;ils établirent des canons, 
déposèrent de nouveau Athanase, et 
créèrent à sa place Eusèbe d'Émèse, 
[originaire] d'Edesse, qui, [13S] par la 
suite, fut reconnu comme partisan de 
l'hérésie de Sabellius et des Chaldéens ^. 
Ils le déposèrent et mirent h sa place 
Tarien Grégoire*. Celui-ci envoya une 
lettre de mépris à Julius, pour avoir ré- 
tabli Athanase et Paul *. 

Les Orientaux se réunirent de nou- 
veau à Philippopolis ^ et rejetèrent le 
terme de « consubstantiel », 

Quand l'église que les partisans de 
Constance bâtissaient à Antioche, et qui 
était en forme de rotonde_, fut achevée, 
les évêques ariens s'étant réunis pour 
en faire la dédicace, il y eut subitement 
un violent tremblement de terre, et toute 
cette église s'écroula ®. 



faire revenir, s'il n'avait pas été saisi par 
la mort. » Athanase fut reçu en grande 
pompe et avec joie parles Alexandrins. 
Cependant les Ariens l'accusaient d'être 
rentré dans l'église sans qu'un concile 
d'évêques l'eût jugé et justifié'. 

Tandis qu'Athanase occupait son siège, 
Eusèbe mourut et il eut pour successeur 
Acacius, son disciple, le même qui écri- 
vit [13o] la vie de son maître^. 

A cette époque mourut Jacques deNi- 
sibe'; il eut pour successeur Babou, et 
après Babou, [vint] Vologèse*", 

A Rome, après Julius, qui exerça pen- 
dant 15 an s, vint Liberius, pendant Sans *\ 

A Antioche, il yeut desévêques ariens : 
Euphronius*% Placitus'% pendant 4 ans; 
Stephanus, pendant 5 ans; Leontius, 
pendant 6 ans; Eudoxius, pendant 3 ans. 
Tous ceux-ci étaient ariens. Ensuite Me- 
letius fut évèque à Antioche'*. 
et Paul revint pendant 2 ans; ensuite 
vint l'hérétique Macedonius, pendant 
5 ans. 

A Jérusalem, après Maximus vint 
Gyrillus_, pendant 2 ans *^, et il fut déposé. 

A Edesse, après Habsai et Barnai, vint 
Abraham, et ensuite Barsê^^. 



1. Cf. SocR., II. vitr ; Theod., II, ly. — 2. Socr., II, rx ; cf. ïheod., II, iv. — 3. Socr., II, x. 
— 4. Ev. de Constantinople. Cf. Socr., II, xy. — 5. Ms. : Pompolis ; èv «J&tXîuitou •jroXet (Socr., II, 
xx). — 6. Socr., II, vnr, s. in.; x, s. f. Cf. ci-dessus, 1. 8. 

7. Socr., II, rv. — 8. Socr., II, iv. — 9. En 649 des Grecs, selon le Chron. edess,, n° xxvir. 
Jag. Edess. ad ann. 14. — 10. Vologèse mourut en 672 des Grecs (360) selon le Chron. edess. (n°xxiii); 
Babou n'est pas mentionné dans le Chron, Néanmoins son existence est attestée par divers docu- 
ments. Cf. BrcKELL, Carmina Nisihena, 13, 2; 179; Hallier, p. 98. — 11. Socr.. II,xxxiv, s. f. Jac. 
Edess., ad ann. 25. — 12. Ms. : Euphrenus. — 13. BH. l'appelle iûo<ii^ûll»3 : Flaccillus (Chr. eccl., I-, 
83), qui est la bonne leçon, comme le montre Valesius, not. in Socr., II, vur. Socrate donne : ELXdcxiToç, 
Théodoret : ^XaxIvTioç, Sozomène : nxâxYjTo;. — 14. Lacune d'une dizaine de mots, où il était sans 
nul doute question des évêques de Constantinople. — 15. Cf. Socr,, II, xxxvin; Theod., II, xvi. Ci- 
dessous (p. 275, 1. 9) : 42 ans. — 16. Cf. p. 203 et p, 277, n. 10. 



LIVRE VII. GHAP. IV 



271 



Jean d'Asie dit en parlant de ce trem- 
blement de terre qu'il détruisit beau- 
coup d'endroits. La ville de Salamine, 
qui est en Chypre, lut renversée. La 
ville de Césarée du Pont fut englou- 
tie, à l'exception de l'église qui s'y 
trouvait, et quelques hommes qui étaient 
à l'intérieur de celle-ci furent sauvés *. 

En l'an 9 du règne des fils de Cons- 
tantin, il y eut un autre tremblement de 
terre dans lequel Rome lut en grand 
danger pendant trois jours. Douze villes 
furent détruites en Campanie ^. 

Socrate dit : ^ [« Quand Grégoire 
entra] à Alexandrie, Athanase [s'enfuit] ; 
les Alexandrins dans leur fureur incen- 
dièrent l'église de Dionysius. 

Alexandre de Constantinople mourut, 
étant âgé de 98 ans. Paul fut établi à sa 
place ; mais l'empereur le chassa parce 
qu'il avait été institué sans sa permis- 
sion, et il établit Eusèbe de Nicomédie. 
Ensuite, le peuple chassa Eusèbe et réta- 
blitPaul. Alors, Paulfut de nouveau exilé, 



A cette époque florissaient des doc- 
teurs exacts : Athanase d'Alexandrie ; 
Éphrem deNisibe, à Edesse* ; et Eusèbe 
d'Emèse. 

[Alors] vivaient les bienheureux Ju- 
lien Saba et Abraham Qidounaya''. 

[Alors] florissait aussi le sage Bouzitès, 
aussi le sage persan'', qui était ortho- 
doxe et fit un livre de Démonstrations . 

Socrate dit ^ que le grand Antoine, qui 
combattait ouvertement avec les démons, 
prolongea aussi sa vie jusqu'à cette 
époque. Le grand Athanase écrivit com- 
plètement ce qui le concerne^. 

Dieu révéla d'avance à Antoine® la 
ruine que devaient causer à l'Église les 
partisans d'Arius et les Melétiens**. 

Saint [136] Antoine prédit que de 
grandes épreuves devaient arriver aux 
enfants de l'Église. Et comme ses disci- 
ples l'interrogeaient, il leur dit : « J'ai 
vu des mulets qui entouraient la table 
sainte et la foulaient" de leurs pieds **. » 

Après cela, les Ariens pressèrent de 



1. H. ad ann, 2360, dans la continuation du Chron. d'Eusèbe : Néocésarée. — 2. Ibid., ad ann. 
2361, Rest. : U-avaû(?). — 3. II, xi ; cf. Sozom., III, vtr. 

4, Cf. Jac. Edess., ad ann. 27. — 5. Cf. ci-dessous, p. 277, 297, n. 15, et 298, Le Chron. edess., 
n° xxvni, rapporte la mort de Julien à l'an 678 (367) et mentionne Abraham (n» xxi) à l'an 667 (356), 
V. les sources indiquées par Hallier, p. 100, 97. La vie d'Abraham a été publiée par Lamy, Ana- 
lecta Bolland., t. X, et par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., VI, 465 ; celle de Julien Saba par Bedjan, 
op. cit., VI, 380. — 6. Par ces mots : a le sage persan » l'auteur entend désigner Aphraate. Le 
livre des Démonstrations a été publié en syriaque par Wright, The homilies ofAphraates, Londres, 
1869, et reproduit dans le t. I de la Patrologia syriaca, avec une trad. lat. de D. Parisot. Il existe une 
trad. allemande de Bert (Texte und Untersuchungen, coU, Harnack, t, III). Pour une bibliographie 
plus complète, v. R. Duval, La littérature syr.^ p. 226 sqq. W^right pensait que le nom de 
Bouzitès désigne également Aphraate, et qu'il ne s'agit dans ce passage que d'un seul person- 
nage. La construction de la phrase laisse quelque doute sur ce point (Cf. BH. Chr. eccl., I, 923). 
— 7,1, XXI ; Jac. Edess. ad ann. 16, — 8. La Vie de S. Antoine, traduite en syriaque, a été impri- 
mée par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct,, t. V, p. 1 sqq. — 9. Ms, ; à Antiochus. — 10. Lire : ^-a» ^ 
ifloo.^'. — 11. ^.^vaso. — 12. Cf, le texte édité par Bedjan, op. cit., p. 106. 



272 



CHRONIQUE DE MïGHEL LE SYRIEN 



[i36] et Macédonius, que les Ariens 
désiraient, entra. Trois mille personnes 
périrent à son entrée'. 

A cette époque, Photinus^, qui occu- 
pait le siège de Sirmium en Illyrie, 
donna naissance à une autre hérésie. Il 
était disciple de Marcelin s qui avait été 
anathématisé. Or, il disait que le Christ 
est un homme ordinaire. L'empereur 
rassembla un synode à Sirmium, au su- 
jet de Photinus ^. George leCappadocien, 
d'Alexandrie, qui avait été mis à la place 
de Grégoire*, s'y trouva. Ayant constaté 
que Photinus professait les mêmes doc- 
trines que Sabellius et que Paul de Sa- 
mosate, ils le déposèrent. Ils établirent 
ensuite des définitions de la foi qui ne 
sont pas exactes; ceux qui blâmaient 
leurs prédécesseurs sont ceux-là même 
qui firent trois symboles qui n'étaient 
pas d'accord entre eux! 

Le mot o'j(j''a en grec, en latin siih- 
stantia^, se dit en syriaque itouta^. 

Les Ariens firent huit symboles de la 
foi, après celui de Nicée ; deux à Antio- 
che, un en Gaule, puis celui qui fut en- 
voyé en Italie par Eu[do]xius, trois autres 
Il Sirmium, enfin un autre à Séleucie. 
Peu de temps après ils en ajoutèrent 
d'autres, à Constantinople '. Ils firent 
ceux-ci pour détruire peu à peu la foi 
de Nicée. 



nouveau l'empereur et l'irritèrent contre 
saint Athanase^ Celui-ci abandonna son 
siège et monta h Rome. Constant, en 
apprenant ces choses, ordonna de réunir 
un synode h Sardique. Ils y confirmè- 
rent la foi de Nicée, et ils maintinrent le 
siège à Athanase. Les Ariens ne cessèrent 
point leurs violences et ne vinrent pas 
même au synode ^ 

Constant, qui était contrarié de la 
défection de son frère, choisit deux des 
évêques qui s'étaient réunis h Sardique 
et les lui envoya. Il lui écrivit pour 
l'exhorter à adhérer à la vérité, à se 
détourner des Ariens, et à faire revenir 
Athanase à son siège, puisque la calom- 
nie dontilavaitétél'objetétaitdévoilée*". 

Quand les évêques parvinrent à An- 
tioche , Stephanus , qui occupait le 
siège, ayant appris la cause de leur 
venue, prépara des embûches aux évê- 
ques qui venaient*'. On envoya un jeune 
homme impie appeler une courtisane : 
(( Ces étrangers, dit-il, [te désirent. » Il 
prit avec lui quinze] soldats qu'il cacha 
[dans l'hôtellerie]. Il corrompit [par l'ar- 
gent] un de ses serviteurs qui, pendant 
la nuit, ouvrit la porte. Il fit entrer la 
courtisane , lui montra la chambre 
dans laquelle ces saints [évêques] étaient 
descendus, et sortit pour amener*^ les 
soldats. Euphratas*' dormait dans la 



1. SocR , II, VI, vu, xir, xvr. — 2. Socr., II, xvai. — 3. Socr., II, xxix, xxx. — 4. Socr., II, xiv; 
cf. Jac. EDEss.,ad. ann. 19. — 5. Rest. : \^^±^rti-iact> , — 6. Ce terme abstrait, dérivé de ^^l « être », 
répond étymologiqueraent à ouata; néanmoins, pour exprimer le terme de consubstantiel, Ô|xoou(tio;, 
on trouve dans notre Chronique même, à côté de |i.o^^| ;3, l'expression : U*^ »=, et quelquefois : 
l-£3o| ;3. — 7. Socr., II, xlî, s. f. 

8. Theod., II, IV. — 9. Ihid., II, vi; Jac. Edess., ad aim. 16. —10. Theod., II, vnr, s. /". ; cf. Socr., 
II, XXII. — 11, Theod., II, ix, — 12, |û^? >û3j. — 13. Évêque de Cologne. 



LIVRE VII. GHAP. IV 



273 



L'arien Leontius, qui blâmait Athanase 
d'avoir pris la fuite, fréquentait assidû- 
ment une femme [nommée] Astolina*; 
voulant faire disparaître la réputation 
qu'on lui faisait, il coupa lui-même ses 
testicules [137], et continua à fréquenter 
cette femme. Cet homme fut établi évêque 
d'Antioche par les Ariens, pendant le 
trouble qui régna dans l'Eglise. 

A Constantinople, Macedonius, qui 
occupait l'église par ordre de l'empe- 
reur, persécutait Hous ceux qui admet- 
taient l'expression de « consubstan- 
tiel »; il pensait comme Arius au sujet 
du Fils, et il osa parler encore plus mal 
de l'Esprit-Saint ^ 

A Alexandrie, l'arien Georges outra- 
geait les vierges, tuait les vieillards, 
n'épargnait paslesjeunes gens, était sans 
miséricorde pour les femmes, et chassait 
en exil les évêques et les prêtres parce 
qu'ils n'admettaient pas Arius*. 

A Antioche parut le diacre Aetius qui 
pensait comme Arius ^, Il avait été élevé 
à Alexandrie; il revint à Antioche, dont 
il était originaire, et fut ordonné diacre 
par Leontius. Il forgeait des arguments 
tirés des Catégories d'Aristote et expo- 
sait des raisonnements diaboliques dans 
de nombreuses lettres; c'est pourquoi il 
fut appelé athée*. 

A cette époque, un édit de l'empereur 
réunit un synode à Milan'. Environ trois 
cents Occidentaux s'y rendirent : les 



chambre extérieure et Vincentius* [137] 
dans la chambre intérieure. Quand la 
courtisane entra, Euphralas s'en aper- 
çut et demanda : « Qui es-tu? » Elle ré- 
pondit; et en entendant la voix d'une 
femme, il fut troublé, parce qu'il pen- 
sait que c'était un démon. Il appela les 
serviteurs qui se levèrent, vinrent saisir 
les soldats et la courtisane, et les en- 
fermèrent. Le jeune homme prit la fuite. 
Le matin, ayant été conduite devant 
l'empereur, la courtisane avoua et fit 
connaître le jeune homme qui l'avait 
appelée. Le jeune homme, qui s'appelait 
Onagre''', ayant été pris, fut flagellé avec 
les soldats^ et ils confessèrent que 
c'était Stephanus qui leur avait donné 
des instructions. — Stephanus fut chassé 
de l'Église*". 

Quand la perfidie des Ariens h l'égard 
d'Athanase eut été dévoilée devant l'em- 
pereur, celui-ci se rendit aux instances 
de son frère et fit revenir Athanase. 

L'empereur demanda à Athanase de 
concéder aux Ariens une église à Alexan- 
drie; car son esprit était perverti par 
l'hérésie d'Arius. Athanase répondit : 
« Je demande, de mon côté, qu'on donne, 
h Antioche, une église où puissent se 
réunir ceux de notre confession. » L'em- 
pereur voulut faire ainsi, mais les Ariens 
ne le lui permirent pas, disant qu'il 
ne convenait pas de donner une église 
à l'un ou l'autre des deux partis **. Atha- 



1. SocK., II, xxvi; EùaToXtm ovopia ; Theod., II, xxiv : EùatoXia. — 2. Lire : 3iio (et non '^?'?). — 
3. SocR., II, XXVII ; cf. Theod., II, vr. — 4. Socr., II, xxvirr ; cf. Theod., Il, xiv. — 5. Jac. Edess., 
ad ann. 30. — 6, Socu,, II, xxxv. — 7. Socr,, II, xxxvi; Jac. Edess., ad ann. 25. 

8. De Capoue. — 9. "Ovaypoç. Le texte est sans doute à lire : '^o^j^l; BH. a : -oa.;^| : Evagrius. 
— 10. Theod., II, x. — 11. Theod., II,xii. Cf. Socr., II, xxiir. 

I. 3i) 



274 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Orientaux, à cause de l'éloignement, vin- 
rent en petit nombre. Les Orientaux ré- 
clamèrent qu'on déposât Athanase, mais 
les Occidentaux n'y consentirent pas. 
Certes, si Athanase était déposé, toute la 
foi périssait. Le synode fut dissous, — 
L'empereur ordonna de nouveau aux Oc- 
cidentaux de se réunir h Rimini [et aux 
Orientaux à Nicomédie] * ; mais dans l'in- 
tervalle cette ville ayant été renversée 
par un tremblement de terre, ils s'as- 
semblèrent à Séleucie. [138] Les parti- 
sans d'Arius souscrivirent au symbole 
de Rimini; mais les évêques ne le reçu- 
rent pas. L'empereur ayant défendu aux 
évêques de s'éloigner, et ceux-ci étant 
partis chacun dans son pays sans permis- 
sion, il en fut vivement irrité et donna 
raison aux partisans d'Arius*. 

Ensuite Liberius de Rome quitta son 
siège et fut exilé*. 

Peu de temps après Leontius d'An- 
tioche mourut, etEudoxius de Germani- 
cia prit son siège par ordre de l'empe- 
reur *. 

L'empereur réunit de nouveau un sy- 
node de 150 [évêques] à Séleucie^. Eu- 
sebius, Eudoxius et Aetius montèrent 
trouver l'empereur et accusèrent le sy- 
node. Eudoxius donna à l'empereur un 
volume dans lequel il était écrit : « Ceux 
qui sont produits différemment sont 
aussi différents dans leur nature ; par con- 
séquent le Fils est différent du Père. » 
Quand on connut qu'Aetius l'avait écrit, 



nase revint donc à Alexandrie pour la 
deuxième fois, et y fut reçu avec grand 
honneur par tout le monde. 

Mais après la mort de l'empereur 
Constant, les Ariens irritèrent de nou- 
veau l'empereur Constance contre Atha- 
nase en disant : « C'est lui qui a été 
cause de la guerre entre toi et ton 
frère. «L'empereur ordonna qu'Athanase 
fût de nouveau chassé et lapidé ; il envoya 
Sebastianus avec des soldats pour le 
mettre h mort*. Athanase raconte [138] 
lui-même sa fuite. Il dit ^ : « Les Ariens 
s'empressèrent d'aider les soldats pour 
les exciter contre moi, et me désigner 
au cas où ils ne me reconnaîtraient pas. 
Il faisait déjà nuit, et quelques gens du 
peuple étaient en veille, attendant l'au- 
rore*. Alors, les officiers® arrivèrent, 
avec leurs soldats, au nombre déplus de 
cinq mille, et entourèrent l'église de 
manière que personne ne pût échapper. 
Pour moi, je pensai qu'il serait honteux 
d'abandonner l'église et le peuple'", au 
milieu de ce tumulte^ pour ne pas m'ex- 
poser davantage au danger. Devant 
tout le monde, je m'assis sur mon trône ; 
j'ordonnai à un des diacres de chanter 
les psaumes, et au peuple de lui ré- 
pondre par cette sentence : Parce que 
ses miséricordes sont éternelles '*. Le gé- 
néral entra, et ses soldats entourèrent 
le sanctuaire, pour s'emparer de moi. 
Les clercs et le peuple nous sup- 
pliaient de fuir. Pour moi, j'étais ré- 



1. SocR., II, xxxvir, xxxix. — 2. Socr., II, xxxix. — 3. Ibid. ; Jac. Edess,, ad ann. 27. — 4> J^c. 
Edess, ad ann. 30; Socr., II, xxxvii. — 5, Socr., II, xxxix; ïheod., II, xxvi. 

6. Theod., II, xrii. — 7. Ihid. — 8. Ou plutôt '.VOffice^ 7tpo(iSoxcùjji.£VY]; «ruvâlew;. — 9. Le grec dit : 
ô ffxpaTr,XaTriç. — 10. Lire : ).vs.\Xo. — 11. Ps. cxxxvi. 



LIVRE VII. GHAP. IV 



275 



il fut exilé en Phrygie ; et Eudoxius ana- 
thématisa quiconque disait que le Fils 
est différent du Père ou qu'il est une 
créature •, L'empereur demanda [aux 
évêques orthodoxes! d'anathématiser 
l'expression de « consubstantiel » ; 
mais, comme ils n'y consentirent point, 
il les chassa. — Cyrille de Jérusalem 
fut aussi déposé après douze ans [d'é- 
piscopat] et on lui substitua Herennius". 

Macedonius de Constantinople fut dé- 
posé après avoir siégé cinq ans. Eu- 
doxius d^'Antioche lui succéda '.Meletius, 
qui était évêque de Sébaste dArménie, 
et qui n'avait jamais auparavant rien dit 
h propos de la foi, fut accueilli par tout 
le monde*. Or, un jour qu'il interprétait 
[les Ecritures], il dit, [139] en montrant 
trois doigts : « Nous savons qu'ils sont 
un \ » Les Ariens reconnurent qu'il 
tenait la foi de Nicée : ils le déposèrent, 
au bout de trois ans, et établirent Euzoïus^ 
tandis que le prêtre Paulinus* dirigeait 
une partie du peuple^. 

A cette époque surgit l'hérétique Apol- 
linarius*. Il avait été à Alexandrie et y 
avait étudié les sciences profanes. Il vint 
enseigner à Beyrout, et parvint jusqu'à 
Laodicée, où il prit une femme. Il eut un 
fils qu'il appela de son nom. Il fut fait 
prêtre, et son fils lecteur, par Theodotus, 
évèque de l'endroit. Comme ils vivaient 
dans la familiarité d'Épiphane, un so- 
phiste païen, ils se mirent à sa suite; 



solu h ne pas partir avant que tous les 
enfants de l'Eglise fussent sortis. Je m.e 
levai et je terminai la prière; je leur 
persuadai de partir en disant : « Il vaut 
« mieux que je sois seul exposé au danger 
« plutôt que quelqu'un d'entre vous ne 
« soit maltraité ». La plupart sortirent et 
le reste s'attacha à nous. Des moines et 
quelques clercs s'efforcèrent de nous 
faire descendre du trône ; et, j'en prends 
à témoin la vérité, tandis que de nom- 
breux soldats occupaient le sanctuaire et 
que les autres circulaient dans l'église, 
nous passâmes au milieu d'eux, et, grâce 
au Seigneur qui nous conduisait et nous 
protégeait, [139] nous échappâmes à 
leurs mains, en glorifiant Dieu de ce que 
nous n'avions pas abandonné le peuple. » 
Ce fut le troisième exil d'Athanase. 

L'empereur discuta beaucoup avec 
Liberius pour lui faire signer la déposi- 
tion d'Athanase qu'il appelait un impie 
et un perturbateur; mais comme Libe- 
rius ne céda pas, il le condamna à l'exil ; 
il lui envoya pour ses dépenses cinq 
cents dinars qu'il n'accepta pas. Il fut 
envoyé à Beroë de Thrace'. 

Deux ans après, l'empereur étant venu 
à Rome, les femmes persuadèrent à leurs 
maris de lui demander de faire revenir 
Liberius '".Mais commeils craignaient sa 
colère, les femmes résolurent de le sup- 
plier elles-mêmes, de sorte qu'il accepte 
ou qu'il ne se fâche pas. Les femmes no- 



1. Theod., II, xxvrr. Lire : l»;=ii (BH.). — 2. 'Appv^vtoç, Socr., II, xlv, s. f. Notre ms. (suivi par 
BH.) porte: Adrianus;iKC. Edess., ad ann. 30 : Arsenius. — 3. Socr., II, XLiri. — 4. Par tous les 
partis, comme év. d'Antioche. Socr,, II, xliv;Theod., II, xxxi. — 5. Tpc'a xà vo\j[ieva* wç Ivs 8è Sta>,£yé[i£8a 
(Theod., l. cit.). — 6. Ms. : Flavianus) c'est aussi la leçon de BH. — 7. Jac. Edess., ad ann. 30. — 
8. Socr., II, xlvi. — 9. Theod., II, xvr. — 10. Theod., II, xvii. 



276 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



pour ce motif Theodotus leur interdit 
le ministère. Quand Theodotus fut mort, 
Georgius, son successeur, les engagea 
à s'éloigner d'Épiphane, mais ils ne 
se laissèrent pas convaincre ; alors il les 
chassa entièrement de TEglise. Apolli- 
narius le jeune alla trouver les évéques 
excommuniés qui l'ordonnèrent évêque 
pour une ville inconnue'. Lui et son 
père donnèrent naissance h cette hérésie 
des degrés et des mesures. Il dit, en 
effet, que l'Esprit est grand, que le Fils 
est plus grand et que le Père est heau- 
coup plus grand qu'eux deux ; que le 
Fils n'a pas pris une âme raisonnable 
mais seulement l'âme végétative ; Tin- 
telligence cependant, dit-il, fut prise "^ 
Et beaucoup de choses de ce genre. 11 
composa de lui-même des psaumes'. 

A cette époque, Euuomius futordonné* 
par Eudoxius qui lui prescrivit de ne pas 
faire connaître son impiété. Mais le peu- 
ple [parvint] à le tromper et, quand il 
eut dévoilé dans un livre son esprit cor- 
rompu, on l'accusa près de l'empereur. 
Eudoxius fut contraint de le déposer. Il 
lui ordonna de prendre la fuite, le blâ- 
mantdecequ'il avait laissé voir [140] son 
impiété. Eunomius, offensé par Eudoxius, 



blés allèrent le trouver en grande pompe 
et le supplièrent. L'empereur répondit 
que l'Eglise avait un pasteur dans Félix 
qui avait succédé à Liberius. Félix avait 
accepté la foi, mais il se tourna promp- 
tement vers les Ariens. L'empereur 
changea d'avis, vint et accueillit la de- 
mande des femmes; car il vit que per- 
sonne ne marchait à la suite de Félix. Il 
ordonna de faire revenir Liberius^ pour 
qu'ils administrassent en semble l'Eglise. 
Mais le peuple s'écria : « Il n'y a qu'un 
Dieu, qu'un Christ : [nous n'aurons] 
qu'un évoque 1 » 

Ceux qui furent exilés avec Liberius 
de Rome, étaient^ : Paulinus de Gaule, 
Dionysius d'Italie, Lucifer des Iles qui 
sont en Sardaigne, et Eusebius d'Ita- 
lie. Celui-ci est peut être celui que Ju- 
lien condamna* et qui est appelé Eusèbe 
de Rome, parce que l'Italie comprend 
aussi Rome. 

On confia à Eusebius de Samosate le 
volume dans lequel était consigné le dé- 
cret commune [140] Quand il vit que 
les impies mentaient à leur promesse et 
qu'après avoir établi Meletius ils le dé- 
posaient, il regagna sa ville. Les Ariens, 
qui craignaient d'être blâmés, persuadè- 



1. « Obscure », ou peut-être « innommée», c'est-à-dire indéterminée, ce qui était contraire aux ca- 
nons. Philostorge (VIII, 14) affirme qu'Apollinaire fut évêque, « quod quidem nescio unde hause- 
rit », ajoute Photius dans son Epitome. — 2. BH. Chr. eccl., I, 102, traduit littéralement Socrate : 
^jow ûOo» ov^ Cùibo ILoo^^o : aXk' etvat tov Oebv Xoyov àvT\ voO el; tov àva>>-/):p6lvTa avôpwTrov. — 3. Je lis 
Uûbo^io; peut-être faut-il corriger : U^l^o « des traités ». Cf. ci-dessous, p. 288. — 4. Comme 
évêque de Cyzique ; Theod,, II, xxix. 

S.IlayXïvoi; o xr^ [Ay;T:poTr6X£wi; xwv FaW-iwv, xat AtovuctOî ô t?]; [j.rjxpo7r6Xcw; xr,; 'iTxXîa;, x^x'i Aouxtcpsp à 
•ni; |j.-/iTpo're6>vewî twv xaxà SapSavîav vriirwv, xai Eùfféêto; àiib iri; 'IraX-a; (Ïheod., II, xv, a. m.). — 
6. Sic ms. ; mais il faut lire : « que Julien rappela ». Cf. Theod., 111, ir. Il s'agit d'Eusèbe de Ver- 
ceil. — 7. L'acte d'élection de Meletius, auquel les Ariens et les orthodoxes avaient souscrit. Cf. 

ïheod., II, XXXI. 



LIVRE VU. GHAP. IV 



277 



alla trouver Aetius, et tous les deux don- 
nèrent naissance à une hérésie et furent 
appelés Eunoiniens\ 

Les évêques réunis au nombre de 160 
à Séleucie, se divisèrent \ Georgius' et 
32 autres formaient un parti; Georgius 
de Laodicée et le reste des autres [for- 
maient] un autre parti. 

Les premiers, au lieu de dire le Pils 
« consubstiintiel », le disaient « sem- 
blable* au Père ». Et quand on leur de- 
mandait en quoi il est semblable^ ils 
répondaient : « Par la volonté, et non 
par Tessence. » Or, quelqu'un peut dire : 
a Comment appelez-vous vos Pères, ceux 
d'Antioche, puisque vous reniez leur 
doctrine? Ceux qui se réunirent à JXicée 
ont fixé ce terme de « consubstantiel »; 
et il convient absolument de les nom- 
mer Pères; car ils les précèdent par 
le temps; et ceux d'Antioche ont reçu 
d'eux le sacerdoce. Si ceux d'Antioche 
ont déshonoré leurs Pères, ceux qui 
suivent les parricides se trompent. Com- 
ment ont- ils reçu comme véritable 
l'ordination de ceux dont ils rejetaient 
la foi comme fausse. Car si ceux-là ne 
possédaient pas TEsprit-Saint, qui est 
communiqué par l'ordination, ceux-ci 
n'ont pas non plus reçu le sacerdoce. » 

A cette époque florissait le jeune ['Aôd]^ 
entraîner par la doctrine des Daiçanites. 



rent à l'empereur d'envoyer chercher le 
livre de leur définition. Le saint n'ayant 
pas voulu le donner, l'empereur s'irrita. 
Il envoya de nouveau en disant : (( S'il 
ne donne pas le livre, qu'on lui coupe la 
main droite» ; mais il prescrivit en secret 
à l'envoyé, de ne pas faire cela. Quand 
Eusebius eut lu la lettre de l'empereur, il 
présenta sa main droite et sa gauche, en 
disant : u Je ne donnerai pas le livre qui 
est la condamnation de l'impiété des 
Ariens. » L'empereur en apprenant cela 
fut frappé d'admiration. Les persécu- 
teurs sont parfois contraints d'admirer 
leurs adversaires à cause de l'excellence 
leurs actions'. 

Le d)^" évêque de Rome fut Damasus, 
pendant 19 ans*. 

Alors florissait en Mésopotamie, par sa 
sainte doctrine, le docteur INIarEphrem; 
et dans la vie religieuse : Abraham 
Qidounaya et le vieillard Julien ". 

Abraham d'Édesse mourut; les Edes- 
séniens prirent de force Barsè, évoque 
de Harran, et ils le mirent à la tête de 
l'église de leur ville'". 

A cette époque mourut aussi Vologèse 
de Nisibe". — Fin. 



à Édesse. Il était archidiacre, et se laissa 
Ils® admettaient des Apocalypses et des 



1 . TiiEOD., II, XXIX. — 2. SocR., II, XXXIX. — 3. D'Alexandrie. — 4. o|ioio:. Socr., II, xi,. — 5. Le- 
nom est donné parBH,CAr, eccl., I, 102. Il s'agit bien de Ajôaïoç (Theod., IV, x ; Epiph. Hseres. LXX, 
n. 3). Théodore Bar-Khouni (Pognon, Coupes de Khouahir, p. 123) écrit; u^ix. — 6. Dans le ms. il y 
a : « qui acceptaient « et la phrase se rapporte aux Bardesanites , mais d'après le texte de Théo- 
dore [loc. cit.), il s'agit des disciples de 'Audai qui avait composé de nombreuses apocalypses. 

7. Theod., II, xxxn. — 8. Jac. Edess., ad ann. 29. — 9. Cf. p. 271, 297, 298. — 10. Cf. p. 203 
et 270. Selon le Chron. edess. (n° xxu), Abraham mourut en 672 (361) et Barsè fut intronisé la même 
année (n° xxix). — 11. Cf. p. 270, n. 10. 



278 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Actes. On trouve aussi dans leurs livres qu'il n'y a point de résurrection; que les 

anges' ; que sept Directeurs ont fait le monde ^. 

A cette époque Georgius, l'arien, infligeait beaucoup de maux aux Alexandrins. 
C'est pourquoi ils furent tous enflammés de zèle et le firent périr dans le feu. 
D'autres disent qu'ils le lièrent sur un chameau sauvage et qu'il fut mis en pièces ; 
d'autres enfin disent qu'il fut massacré par les partisans d'Athanase. C'est à son pro- 
pos que Julien, au commencement de son règne, écrivit des reproches aux Alexandrins 
et leur dit^: «Peut-être direz-vous que la colère vous a induits en erreur?» — Ce 
chapitre est aussi fini. 

CHAPITRE V DU LIVRE VII. — De l'époque du règne de Julien l'impie et de 

Sabhour. 

Julien 7rapa6céTY]i;, c'est-à-dire « apostat », fut institué César par l'empereur 
Constance et régna avec lui pendant 5 ans. Après la mort de l'empereur il régna 
[141] seul 2 ans. Il commença son règne le 3 de kanoun [P''] (décembre), de l'an 
679. 

Dans d'autres livres il est écrit que Julien était fils d'un frère de Constantin 
le Grand*. Constantin le Victorieux*, qui bâtit Constantinople, avait deux frères 
consanguins : Dalmalius*^ et Constantius. Dalmatius appela son fils de son nom. 
Constantius^ eut deux fils : Gallus^ et Julianus". Gallus, s'étant révolté, fut tué 
par ordre de l'empereur. Julien, sur les instances de l'impératrice, fut envoyé*" 
à Athènes. 

Plus tard, l'empereur institua Julien César et lui donna pour femme sa pro- 
pre sœur. Il l'envoya combattre les Barbares. On dit qu'en une certaine ville, 
tandis qu'il passait dans le forum^ une des couronnes suspendues dans ce. 
forum lui tomba sur la tête. Après avoir vaincu les Barbares, il lui vint dans 



1. La phrase est mutilée et je ne vois rien dans le texte de Théodore qui me permette de la res- 
tituer. Celui-ci ne parle des anges que dans un seul passage ainsi conçu : « Ils demandèrent qui 
a contraint les anges de créer le monde ». — 2. Comp. ci-dessus, p. 184, où un passage semblable 
est attribué à Bardesane. Théodore attribue expressément cette doctrine à 'Audai dans une phrase 
dont voici le texte (sans aucun doute altéré) qui mérite d'être rapproché du texte cité par Michel. 
• ).so>>. if-^-i. «oLûi^^o lio;^ ,av^<X«oi<i^o |.s*->s L^-^ |^i.»^o (lire : l;-i.oe) lîisaa L,a^ uLaso^û*.» ;*^ ;5o| 
\^Q.y) L,a.a. |û\:i»**.vjo I ^isaa il,-a.5. UUûo l»^*->^ t-^-^ <*Jo»l. Théodore ajoute (p. 133) que *Audai 
avait emprunté cela aux Chaldéens. On voit que le nom de la partie du corps qui manque dans no- 
tre ms. (cf. ci-dessus, p. 184, n. 12) est à restituer Iûêm « la peau ». — 3. La lettre est rapportée par 
SocRATE, III, m; cf. III, ir, au sujet du meurtre de Georges. 

4. SocKATE, H.E., III, 1. — 5. Lire : M) (plutôt que Us»). — 6. Ms. : Lamatius. Rest. : i^a^^g^ic^», 
AaX[j.actoî. — 7. Ms. : Contantinus. — 8. Ms. : Gallius; mais plus bas : Gallus, correctement. — 
9. Voir le tableau généalogique de la famille de Constantin à la fin du volume. ■=— 10. Lire : »»^*!. 



LIVRE VII. GHAP. V 279 

Tesprit, et il se dit, que l'empereur ne Tavait pas envoyé pour vaincre, mais bien 
pour le faire périr ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Dès lors, il commença à 
tendre des embûches à l'empereur. Il avait peur de lui ; pour ce motif il se retira 
à Athènes, et coupa sa chevelure*. Il apprenait en secret la magie sous prétexte 
[d'étudier] la dialectique. Quand il eut vaincu dans le combat, on lui répétait que 
la couronne qui était tombée sur sa tête était le symbole de l'empire. — Gomme il 
était d'un esprit orgueilleux, il consentit à être proclamé empereur par ses par- 
tisans. Il prit son collier et le plaça sur sa tète : c'est de cette manière qu'il 
commença à régner. 

Il tournait en dérision [142] Gonstance. Il destituait les juges^ établis par 
celui-ci, et changeait toutes les dispositions des empereurs chrétiens. De plus, 
il se mit à rouvrir les temples des idoles et à offrir des sacrifices, pour se conci- 
lier les païens. Il se prépara à faire la guerre à l'empereur. Par les secrets 
impénétrables de Dieu, l'empereur Gonstance mourut. Alors l'empire des 
Romains était réuni et ses différentes parties formaient une seule assemblée ; 
mais le tyran se révolta et mit sa confiance dans sa fortune. Il avait l'assurance 
que les démons l'avaient exalté, et il s'efforça astucieusement d'attirer tout 
le peuple à lui. Quiconque avait été maltraité par l'empereur fut très bien traité 
par lui. Il se conduisait selon l'apparence trompeuse des philosophes^ Ghasser 
les cuisiniers et les barbiers est bien l'œuvre dun philosophe et non d'un 
empereur; ridiculiser et insulter n'est ni d'un philosophe ni* d'un empereur. 
Or_, le tyran Julien fit un traité ° dans lequel il tourna en dérision les empereurs 
ses prédécesseurs. Les philosophes et les empereurs doivent être trop grands 
pour calomnier et jalouser ^ 

Le tyran Julien souilla les sources par des sacrifices; sans doute afin que 
tout le monde en buvant fût contraint de participer à son impiété. Il faisait ré- 
pandre [de cette eau], par impiété, sur les mets des bazars dans chaque ville où 
il entrait ^ 

Quand il entra à Gonstantinople, il fut proclamé autocrator^ . — Quand il vint 
à Antioche, il diminua le prix de tout ce qu'on y vendait; mais les Antiochéniéns 
ne le supportèrent point, [143] car ils s'agitent facilement. Ils répandirent le 
mépris sur l'empereur. Ils vociféraient, et tournaient en dérision sa barbe parce 
qu'elle était longue. Ils disaient : « Goupe ta barbe % et tresses en des cordes. » 
— Il avait fait imprimer des taureaux sur ses statères et ses zouzê, et il sacrifiait 



1. En signe de profession monacale. Ce fait est antérieur à l'envoi de Julien dans les Gaules 
d'après Socrate (III, r). — 2, xouç xax' lizoi çiyj.ay ap^ovraç. — 3. Le sens pourrait être : « Il portait 
l'habit trompeur des philosophes », C'est ainsi qu'a compris l'arménien (Langlois, p. 126), néan- 
moins notre traduction paraît mieux répondre au contexte. — 4. Lire : l.-"^v5i >i9|o. — 5, Les 
Césars. — 6. Socr., III, r. — 7. Theod.. III, xv. — 8. Socr., III, r. — 9. Lire : f-a^. 



280 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

des taureaux aux idoles. — Il était irrité contre Antioche; le sophiste Libanius 
présenta à l'empereur un libelle de supplique pour les Antiochéniens qui 
l'avaient appelé « ennemi de la barbe' » et « perpétuel mépriseur» ^ L'empereur 
les maudit en paroles et calma sa colère'. 

Julien voulut prendre un oracle d'Apollon Pythien,qui est à Daphné; mais le 
démon redouta Babylas* dont l'urne avait été déposée en ce lieu, et ne répondit 
point. L'empereur, ayant appris la chose, ordonna aux chrétiens de transporter 
le saint dans la ville, au chant des psaumes ; alors Apollon rendit l'oracle \ 

L'impie fit dresser deux tables : sur l'une, il plaça de l'or; sur l'autre, de l'en- 
cens et du feu. Quiconque voulait prendre de l'or, devait jeter de l'encens sur 
le feu, puis il prenait de l'or et mangeait ensuite des choses offertes aux idoles^ 
— Un des chrétiens jeta l'encens, prit de l'or et entra pour manger; il fit le signe 
de la croix sur la coupe ; son compagnon lui dit : « Voici que tu fais le con- 
traire. » Ayant appris qu'il avait apostasie, lui et d'autres se levèrent en criant : 
« Nous sommes chrétiens. » Il voulut les tuer, mais, craignant de leur procurer 
les honneurs du martyre', il les envoya en exiP. 

[144] Il fit sortir du palais les eunuques; il congédia aussi les chameaux, les 
ânes et les mulets de son service^ et ne conserva que les seuls chevaux'. 

Il changea le nom de Césarée et l'appela Mazaqâ'", comme auparavant ; de 
même pour Byzantia et d'autres [villes]. 

Il porta une loi défendant aux chrétiens d'étudier les livres des païens et des 
philosophes. — Il fit des maisons pour l'entretien des orphelins,, des veuves, des 
malheureux, et, par ces apparences, il séduisait les gens simples. — Il ordonna 
de réciter les exploits de Zeus, de Mars, de Mercure et des autres dieux"; et 
quiconque faisait cesser leur culte subissait le châtiment. Quand il donnait la 
paie" aux soldats, il leur commandait d'offrir de l'encens aux idoles. 

Ayant été tourné en dérision à Antioche, il avait conçu de la haine contre 
elle, de môme que contre Césarée de Cappadoce"; il jura par ses dieux d'en 
jeter les pierres à la mer", parce qu'il avait été réprimandé par le grand Basile. 
Il manda aux Edessénien's de le recevoir, mais ils ne le reçurent point. Ses par- 



1. Mtffonwywv. L'auteur semble avoir pris le titre du pamphlet de Julien, comme un terme de 
mépris de la part des Antiochéniens. — 2. Lire : Isa*»^, Ces mots paraissent traduire incorrecte- 
ment le texte de Socrate (III, xvii) : xôv yàp 71£7tovyi[ji,£vwv aùtw 'Avrtox'xbv, r^xoi MtcyoTtwyova Xôyov 
Ste|£),6wv, o-Tî'yptaTa 6[/)v£zyj tv^ 'Avrtoxéwv ttoXei xaTÉXinsv ('lo'jXtavoç). — 3. Le paragraphe est résumé de 
SocKATE, III, xvir. — 4. Sur S. Babylas, cf. Acta Sanct., 24 janv. — 5. ïukod., III, x; Socr., III, 
xvin. — 6. ÏHEOD., m, xvr. Cf. Sozom. , V, xvir. — 7. Lilt. : « Il fut jaloux de leur martyre. » — 
8. Theod., m, xvrr. — 9. Socr., III, r. — 10. Ms. : Bâzaqa ; Sozom. (V, iv) et Philost. (xx, 12) : 
Mcti^axa, — 11. Litt, : « démons ». — 12. o']/wvia. — 13. Cf. Sozom., V, iv. ~ 14. La menace ne s'ap- 
plique littéralement ni à Antioche ni à Césarée deCappadoce qui ne sont point sur le bord de la mer. 



LIVRE VII. CHAP. V 281 

tisans lui conseillèrent de les laisser, et il passa à Harran. Il sacrifia aux idoles 
et traita les Juifs avec honneur. Les Juifs d'Edesse, ayant appris cela, s'insur- 
gèrent contre les chrétiens; les chrétiens furent enflammés de zèle et tuèrent 
tous les Juifs. 

Tandis que Julien adorait l'idole Sin\ à Harran, la couronne de sa tête tomba 
et son cheval s'embarrassa dans son harnachement et le déchira' : le cheval 
mourut. Les augures lui dirent : a Les chrétiens [143] qui sont avec toi sont 
cause de cela », et ils ajoutèrent d'autres paroles; il congédia 22.000 soldats 
chrétiens'. 

Il ne fit point supprimer* la croix [devant son armée], afin, s'il était vaincu 
en Perse, d'en attribuer la cause à la croix. — En tous lieux il consultait les au- 
gures et les magiciens. Un oracle fut rendu qui lui disait* : « Tous les dieux en- 
semble, nous sommes sortis pour que tu obtiennes la victoire sur le fleuve du 
Tigre. Et moi, Mars, je suis le conducteur. » Ce misérable prit confiance, et se 
dirigea vers la Perse, pensant vaincre comme Alexandre. Ayant entendu dire 
que les Perses étaient plus faibles en hiver, il entra dans leur pays ayant avec 
lui 395.000 combattants, sans compter les porteurs de charges, les ouvriers, 
les artisans et le reste. Il entoura Séleucie et Ctésiphon ; il s'en empara et les dé- 
truisit. Sabhour s'enfuit devant lui. 11 envahit le trésor royal et y prit de grandes 
richesses. Sabhour lui envoya une supplique pour lui proposer de lui donner* 
une petite partie de la région. Il n'y consentit point et ne prit point en considé- 
ration ce dicton : « Vaincre est beau; abuser de la victoire est odieux \ » 

Les Perses se réunirent avec Sabhour contre les Romains, sur les rives du Ti- 
gre. Ils envoyaient des ambassades. Un jour, Julien sortit à cheval, sans armes, 
se glorifiant de sa fortune et excitant au combat; tout à coup un trait vola et le 
frappa au côté, et il tomba*. Il remplit le creux de sa main [146] de son sang et le 
jeta contre le ciel en disant® : « Tu m'as vaincu, Galiléen ! prends donc la royauté 
en héritage avec la divinité! » — Qui lança le trait? Les uns disent que ce fut 



1. Lunus. — 2. L'arménien a compris autrement : « le cheval lançant une ruade, déchira les 

vêtements de l'empereur» (Langi-ois, p. 131) ; ce sens est à la rigueur possible, mais parait moins 
bien répondre à la construction syriaque. — 3. Cf. Sozom. , VI, i. — 4. >o*i! a le double sens d'éle- 
ver et A'enlever. Les auteurs disent que Julien fit supprimer l'insigne de la croix sur les étendards 
des légions; mais notre texte paraît avoir compris dans le sens que je traduis. C'est aussi de cette 
façon que l'arménien a entendu le passage de Michel : « Il garda la croix que, selon l'ancien usage, 
on portait devant l'armée. Il dit : qui sait ! Peut-être les Perses nous vaincront et alors ce seront le 
Crucifié et sa croix qui subiront la défaite» (Langlois, p. 131), — 5. Theod., III, xxr. — 6. D'après 
Théodoret, le sens est : « Sapor proposa de donner à Julien une partie de son empire », mais 
d'après notre auteur il faut entendre : « Sapor demanda que Julien lui laissât une petite partie de 
son empire. » BH. ajoute ;« et prît le reste.» — 7. Ntxàv iièv, xaXôv ynepvixâv 8a, èmopQovov. Sogr., III, 
XXI. — 8. Ihid. — 9. Theod., III, xxvi. 

I. 36 



282 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



un ange; d'autres, un des Quarante martyrs ; d'autres un des Arabes qui l'accom- 
pagnaient; d'autres, un Perse à qui il avait fait couper* le nez, et qui le trompa 
en l'emmenant dans le désert où le peuple succomba par la faim. Callistus', un 
de ses familiers qui écrivit son histoire, dit qu'il tomba et mourut frappé par 
le démon, un samedi*. 

II vécut 31 ans. Il fut César pendant 5 ans et régna seul 2 ans et sept mois *. 
Que sa mémoire soit en malédiction! Amen. 

La mort de Julien fut révélée au vieillard Julien % qui était sur le mont Sinaï, 
au grand Basile de [Césarée de] Cappadoce, à Didymus% et à d'autres saints. 

La source chaude de Bagdad laissa couler du sang pendant un mois entier 
avant la mort de Julien; après le jour de sa mort, elle revint à son état naturel. 

A Ilarran, ayant offert un sacrifice, il sortit [du temple]', le ferma et le scella 
pour que personne ne l'ouvrît ; après sa mort on l'ouvrit et on y trouva une 
femme suspendue par les cheveux, avec des incisions dans le foie'. 



Julien, grâce aux leçons' d'une femme 
de leur espèce, s'adonna aux pratiques 
des magiciens et eut recours aux au- 
gures et aux devins; il tomba dans le 
filet de l'apostasie, perdit l'espérance de 
la foi et se fit païen. [141] On trouve ce 
fait dans l'histoire Contre les Etran- 
gers^'^, qu'on dit avoir été écrite par 
saint Grégoire, frère du grand Basile, et 
évêque de Nysse. Julien avait étudié avec 
eux à Athènes, et ils rapportent que, dès 
ce temps, voyant sa conduite débauchée 
et son esprit tourné au paganisme, ils 
dirent à propos de lui : Malheur à l'em- 
pire romain! que nourrit- il *M » 

Ayant été créé César^ il vint dans le 



Quand Julien commença à régner, il 
ordonna que les évêques retournassent 
à leurs sièges; et Athanase, lui aussi, 
retourna à Alexandrie. Il ne donna point 
cet ordre par crainte de Dieu, mais pour 
un double motif*^ de ruse : première- 
ment, pour annuler [141] toutes les pres- 
criptions des empereurs chrétiens ses 
prédécesseurs; et secondement, parce 
qu'il espérait gagner les évêques par sa 
philanthropie et les amener à accomplir 
sa volonté '^. 

Quand ce tyran révéla son impiété et 
commença à persécuter les chrétiens et 
à en faire mourir un grand nombre, 
qui furent couronnés du véritable mar- 



1. Lire : ^^é^. — 2. Ms. : Calistlos. — 3. Theod., III, xxvi ; Socr., III, xxi. — 4. Socr., III, xxi. 

— 5. Ms. Yamina-y corr. : U^û*. cf. Theod., III, xxiv. Mais il s'agit de Julien Saba qui vivait dans 
les environs d'Édesse, et non sur le mont Sinaï. — 6. Cf. Sozom., VI, ir. — 7. Il manque certaine- 
ment quelques mots dans le texte, et le nom de l'édifice (<jï)x6;, dans le grec). — 8. Theod., III, xxvi. 

9. Le ms. porte : pârtîkê, je pense qu'il faut corriger : uû^^US =i itatSeuTtxv). — 10. Socrate auquel 
est emprunté tout ce paragraphe dit plus explicitement (III, xxiii) : £v tw ôsuTlpw Xôyw irpoç "EXXyivaç. 

— 11. Otov xaxov r\ 'Pw(AatwvT pecpst {ibid.), 
12. Lire : U-H'. — 13. Theod., III, n. 



LIVRE VII. GHAP. V 



283 



pays de rilellade', et appela un magicien 
à son service \ Le magicien évoqua le 
démon, qui vint. Julien, pris de peur, se 
signa du signe de la croix adorable, et 
les démons s'enfuirent. Le magicien lui 
dit : « Les démons ont horreur de la 
croix. » 

Après cela, ayant triomphé à la guerre, 
il crut fermement que les démons lui 
avaient donné l'empire, et il commença 
à favoriser les païens. Il adora ouverte- 
ment les idoles, persécuta les chré- 
tiens, et permit aux Juifs de rebâtir 
leur Temple à Jérusalem. Lorsqu'ils ten- 
tèrent de le rebâtir, le feu du ciel des- 
cendit sur eux ; on vit des anges qui frap- 
paient et tuaient les Juifs. A cause de 
tels prodiges^ ils ne purent rebâtir [le 
Temple]. 

A Gaza et à Ascalon, villes de Pales- 
tine, les païens osèrent ouvrir le ventre 
des prêtres et des femmes vierges : ils 
les remplissaient d'orge et les pla- 
çaient devant les porcs pour qu'ils les 
dévorassent^ 

A Sébaste de Palestine, ils ouvrirent 
aussi lu châsse [142] de Jean-Baptiste 
et livrèrent ses ossements aux flammes*. 

Les païens s'emparèrent aussi" d'un 
diacre nommé Cyrille, qui avait brisé 
les idoles de Ba'albek du temps de Con- 
stantin ; ils lui ouvrirent le ventre, et 
mangèrent son foie. Aussitôt, leurs dents 
tombèrent, leurs langues se pourrirent, 
et ils furent privés de la vue ; ils se trou- 



tyre, Athanase s'enfuit. Il parle lui- 
même de sa fuite, dans son Discours 
apologétique^ en ces termes* : « S'il est 
honteux de fuir, celui qui poursuit pour 
tuer est encore plus vil. II est écrit de 
fuir : massacrer, c'est transgresser la loi. 
Quiconque était angoissé fuyait Saûl et 
se réfugiait près de David'. Que faire, 
quand on voit Jacob fuir devant Ésaû; 
Moïse s'éloigner de devant Pharaon, et 
David de devant Saûl ? Que ceux qui nous 
reprochent de fuir, considèrent Élie 
fuyant devant Achab et Jezabel, et les 
enfants des prophètes qui se cachèrent 
dan s une caverne. Les Apôtres eux- mêmes 
s'éloignaient par crainte des Juifs, et 
Paul fut descendu dans un panier par le 
mur. Le Verbe du Père lui-même a dit : 
« Quand ils vous poursuivront dans une 
ville, fuyez dans une autre* » ; et : c Que 
ceux qui seront en Judée s'enfuient dans 
les montagnes' ». Le Christ lui-même a 
pris la fuite, de même qu'il souffrit la 
faim et la soif pour nous*", et quand on 
voulutle lapider, il s'éloigna; mais quand 
l'heure de sa passion fut venue, il ne se 
cacha point. De même aussi les martyrs 
se sauvaient devant les persécuteurs, 
mais quand ils étaient pris, ils souffraient 
courageusementle martyre. » [142] Ainsi 
écrit saint Athanase dans son Discours 
apologétique. 

Il revint de nouveau de cette fuite et 
fut reçu avec joie à Alexandrie. Il chassa 
les Ariens de l'église. 



1. Theod., III, m. — 2. Littér. : qui adstaret sihi. — 3. Theod., III, vu. — 4. Ihid. — 5. A Baal 
bek; Theod., loc. cit. 

6, SocR., III, vm. — 7. Corr. : .*ol,io, — 8. Matth., x, 23. — 9. Matth., xxiv, 16. — 10, Ce 
passage traduit mal le grec : ô Aéyoç, ôt' ^It-àç yevôasvo? avôpwTioç, xaTY)^twoe !;r)Toy[j.£voç u>; 'ôlAstç xpuêvivai, 



284 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



vaient réunis dans les places publiques 
poui^ confesser involontairement , par 
leur affliction^ la puissance divine. 

Un homme nommé Marcus *, qui avait 
aussi renversé des idoles du temps des 
empereurs chrétiens, s'enluit quand les 
païens revinrent au pouvoir. Ayant ap- 
pris qu'on en avait saisi d'autres h sa 
place, il revint. Ils n'eurent point pitié 
de lui, comme d'un vieillard, mais ils le 
dépouillèrent, le frappèrent, lui brisè- 
rent les membres et le jetèrent dans une 
écurie 2 infecte. Puis ils le firent remon- 
teretle livrèrentà des enfantspour qu'ils 
le percent de leurs stylets. Ensuite, ils 
le jetèrent dans un filet, l'oignirent de 
miel et de garum * et l'exposèrent à la 
chaleur du soleilpour qu'il fût tourmenté 
par les guêpes. Ils lui disaient* : ou de 
rebâtir le temple des idoles qu'il avait 
détruit, ou de fournir les dépenses pour 
sa reconstruction. Ils descendirent même 
jusqu'à lui demander de donner quelque 
petite chose ; mais il n'y consentit point ; 
il leur disait : « Vous êtes des gens ter- 
restres, recherchant les choses de la 
terre ; pour moi, je suis du ciel et je re- 
cherche les choses célestes". » A la fin, ils 
le relâchèrent en admirant sa constance. 



Lucifer de Cagliari^ et Eusèbe de Ver- 
ceiP revinrent de l'exil', Lucifer vint à 
Antioche et établit Paulinus évêque pour 
les orthodoxes*. Eusebius se rendit à 
Alexandrie prèsd'Athanase*";il proclama 
que la Trinité est une seule nature " . Dans 
un synode tenu là, ils disputèrent sur la 
nature et la personne"; ils dirent qu'il 
ne convenait pas de se servir de ces 
termes en parlant de Dieu ; ohaix n'est 
pas même employé dan s les Livres saints; 
l'Apôtre*' s'est servi du mot ÛTOUTaatç, à 
cause des nécessités dogmatiques. Ils 
montrèrent que ces termes doivent être 
employés dans un sens différent, pour 
la réfutation de l'opinion de Sabellius, 
afin qu'on ne pense pas que la Trinité 
est une seule personne appelée de trois 
noms. Nous disons que les sages ont 
défini diversement la substance; mais si 
la substance est limitée ** par une défini- 
tion, comment peut-on employer ce 
terme en parlant de Dieu qui est infini? 
Evagrius dit** : « Dieu est simple ; tandis 
que toute chose a un genre *% ou une 
espèce '\ ou une différence ** ou un acci- 
dent'^, ou quelque chose de composé de 
ceux-ci. Dans la Trinité on ne trouve 
rien de cela. Qu'on adore donc en silence 



1. Évêque d'Aréthuse ; Thkod., III, vu. — 2. Theod. : elç ûttovô^ouî SuawSet?. — 3. Le syr. transcrit 
exactement le grec yâpoi;; la saumure n'étant pas de nature à attirer les mouches, je pense qu'il 
faut entendre qu'on jeta d'abord de la saumure dans ses plaies pour raviver ses douleurs et qu'on 
l'oignit ensuite de miel. — 4, Lire : oow ^;-v3|. — 5. Le grec est imparfaitement rendu. ïhéodoret 
dit qu'ils l'avaient suspendu en l'air, mais qu'il se moquait de ceux qui le regardaient, xa\ 'eXsyev 
aÙTOuî [JiiV elvat y_ix\i.a.\.1!,-t\ko\i:; xa'i ETT'.yeto'j; ' lautbv ôè Ûi|iy]Xov xa\ [jiETlwpov. 

6. Lire : sf^^oiîû, Aouxtçep (jlsv KapâXwv. — 7. Lire : ,û\û;3^ _6pEX£)>,wv. — 8. Socr., III, v. — 9. Socr., 
III, vi; Theod., III, v. — 10. Socr., III, vu. — 11. Le sens n'est pas douteux d'après le grec. — 
12. Ttepi ouCTtaç xai CiTroffTàdewç. — 13. Ms. : les Apôtres \ le grec fait allusion à saint Paul (Hebr., i, 3). 
— 14. Lire : >*sa.£Voxj. — 15. Cité par Socra.te, loc. cit. — 16. Tevoç. — 17. slSo;. — 18. Siacpopdc. — 
19. au[j.ê£êY)x6ç, 



LIVRE VII. CHAP. V 



285 



Par contraste, ils en vinrent à l'opposé' ; 
car [143] ils apprirent la doctrine chré- 
tienne* et furent convertis par la bouche 
de cet homme. 

En ce temps-là, la foudre incendia le 
temple et l'idole de Pythius, c'est-à- 
dire Apollon, et la réduisit en cendres ^ 
Elle était de bois recouvert d'or à l'exté- 
rieur, Julien, oncle de l'empereur*, étant 
accouru pour venir en aide à Apollon, 
se mit à frapper les gardiens ''; car il 
pensait que le feu avait été m.is par les 
chrétiens ; mais ils affirmèrent que le feu 
descendit du ciel, comme un éclair, et 
l'incendia. 

Cet oncle de l'empereur découvrit ses 
membres® et répandit [son urinej sur la 
table [sainte. Euzoïus]s'étantavancépour 
l'en empêcher, [Julien frappa] ^ l'évèque 
sur le visage. 

ni [Bientôt après, cet impie] fut saisi par 
la maladie et la douleur, ses intestins [se 
putréfièrent] et il rejetait ses excréments 
par la bouche*. Sa femme, qui était 
chrétienne, le blâma de son sacrilège; il 
fut pris de remords et présenta une sup- 
plique à l'empereur pour qu'il accordât 
une église aux chrétiens. Mais l'empereur 



rineffable'.)) - [143] lo [Chez Sophocle 
les embûches] sont appelées [b'KÔaxxmç]. 
Ménandre dit que c^est comme la lie qui 
se dépose au fond d'un tonneau. 

A cette époque, Meletius revint de 
l'exil. Il ordonna le grand Basile de 
Gésarée de Cappadoce. Nombreux sont 
les éloges de ses vertus. Ses prodiges 
sont connus par les discours que lui 
consacrèrent Grégoire le Théologien** 
et d'autres saints. 

Eusèbe*^ tenait ses assemblées dans 
une petite église d'Antioche; et Meletius 
en dehors de la ville. L'arien*^ Euzoïus 
occupait les églises. 

Maris de Chalcédoine, qui était fort 
âgé et avait perdu la lumière des yeux, 
se fit conduire** près de Julien et le 
blâma sévèrement. L^empereur lui dit 
en se moquant : « O aveugle! le Gali- 
léen, ton Dieu, ne te guérit donc pas? » 
C'est ainsi que Julien appelait le Christ. 
Maris répondit ; a Je loue Dieu de 
m'avoir fait aveugle, pour ne pas voir ta 
face impie et athée *^. » 

Ecebolius*^, le sophiste, qui s'était 
converti du temps de Constantin et avait 
apostasie du temps de Julien, revint au 



1. Lit. : « Per ea qnse sunt contraria conversi sunt ad hoc quod erat eis contrarium », traduction 
du grec : 5ià twv èvavxûwv elç xâvavTÎa (jiETaTeOevTeç. — 2. Litt. : « la crainte de Dieu, j) — 3. Theod., 
III, XI. — 4. Il était alors cornes Orientis. — 5. Lire au plur. : l^û-fr'« — 6. Ou bien : « écarta ses vê- 
tements ». Le premier sens paraît justifié par Tusage biblique. — 7. Nous suppléons les quelques 
mots qui manquent daus le texte d'après le grec. ïheod., III, xri. — 8. Theod., III, xiir. 

9, xb appvjTOV. — 10. Il manque ici quelques mots ; nous complétons d'après le grec. Cette phrase 
a sans doute été déplacée ; après ces mots : « les sages ont défini diversement la substance (où(7:a) «, 
le grec ajoute : a mais ils n'ont fait aucune mention de la personne (ynoaTacrtç) », puis viennent les 
deux exemples cités. — 11. Voir en particulier l'oraison funèbre de saint Basile par saint Grégoire 
de Nazianze, Patr. Gr.,i. XXVI, col. 494 sqq. — 12, Au lieu de : Eusehius, Socrate dit, III, ix : 
PauUnus. — 13. Lire : li«?|. — 14. Litt. : fulcitus accessit. — 15. Sogr., III, xn. — 16. 'ExyioôXioç. 
SocK., III, xni. 



286 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



n'y consentit aucunement. Julien mourut 
dans son supplice. 

Le comte Félix et Elpidius^ h qui était 
confiée la direction du trésor de l'em- 
pereur, — les Romains ont coutume 
d'appeler ce fonctionnaire cornes pri- 
vatarum — [étaient entrés dans l'église 
avec Julien]*. Félix en voyant les 
vases précieux des églises dit : u Voilà 
dans quelle vaisselle on sert le Fils de 
Marie! » A l'instant même il tomba et se 
mit à vomir et à rendre le sang par la 
bouche, jusqu'à ce que son sang fût 
épuisé; et il fut livré au feu éternel. 

Ce [144] tyran Julien prescrivit que 
tous les vases sacrés des églises entras- 
sent dans son trésor*. 

Un homme noble d'Alep avait un fils 
qu'il avait chassé pour avoir apostasie ^ 
Celui-ci alla trouver Tempereiir. Quand 
Julien entra à Alep, il dit au père de ce 
jeune homme : « Ne tourmente pas ton 
fils, pour ne pas vouloir demeurer dans 
ta religion, puisque moi-même je ne te 
presse pas d'adhérer à la mienne. » Cet 
homme, qui était un véritable chrétien, 
répondit à rempereur, dans son zèle, et 
lui dit : « Tu me parles sans doute de ce 
blasphémateur et de ce scélérat, qui a 
abandonné la vérité, qui déteste Dieu et 
chérit le mensonge! » Quand l'impie 
reconnut que ce fidèle était prêt à subir 
le martyre^ il lui porta envie*; il revêtit 
astucieusement le vêtement de l'amitié 
et lui dit : « Allons, homme, cesse de nous 



christianisme; il se prosternait aux 
portes des églises en criant et en disant : 
« Foulez-moi aux pieds, [comme] le sel 
affadi. » 

Les païens portèrent de nouveau des 
calomnies contre Athanase devant Julien, 
qui ordonna de s'emparer de lui. Il s'en- 
fuit en exil pour la quatrième fois en 
disant : « Détournons-nous un peu, mes 
frères; car ce nuage est petit, il passera 
et se dissipera, « — Les persécuteurs le 
rejoignirent tandis qu'il s'avançait dans 
une barque; [144] il dit prudemment à 
ceux qui étaient avec lui de retourner. 
Les autres leur demandèrent : « Où avez- 
vous rencontré Athanase? » Ils répon- 
dirent : (( Il n'est pas loin de vous ; pour- 
suivez rapidement et vous l'atteindrez 
promptement. » Ayant ainsi échappé, 
il revint à Alexandrie et s'y tint caché 
chez une vierge pendant tout le règne 
de Julien*, 

Quand les chrétiens qui subissaient 
des afflictions se plaignaient à Julien, 
il leur disait : « Vous êtes vous-même la 
cause de ces maux; car vous dites que 
votre Dieu vous a commandé de souffrir 
patiemment les maux^. » 

En ce temps-là \ à Merum, ville de 
Phrygie, on nettoyait^ le temple [des 
idoles] : les chrétiens furent enflammés 
de zèle, [Macedonius], Theodulus et Ta- 
tianus entrèrent la nuit dans le forum " et 
brisèrent les statues. Le juge s'irrita, et 
leur commanda de sacrifier*", et comme 



1. Il manque évidemment une ligne dans le texte. Cf. Theod., III, xir. — 2. Ihid. — 3. Theod,, 
III, xxir. — 4, « Il fut jaloux », c'est-à-dire ne voulut point lui procurer la gloire du martyre. 

5. SocK., III, xiv, — 6. Ihid. — 7. Sogk,, III, xv. — 8. Le ms. porte : ^îûj «on creusait » ; mais il 
faut très probablement lire : «^»«»', « on purifiait ». — 9, Le grec porte : sî; tôv vaôv. — 10. Lire ^>^=>y>. 



LIVRE VII. GHAP. V 



287 



injurier »; et, tournant son visage vers 
le fils, iî lui dit : « Je prendrai moi- 
même soin de toi, puisque je n'ai pu 
persuader ton père de s'occuper de toi. » 
De même, le tribun' Valentinus* en- 
trait avec l'empereur dans le temple. Le 
prêtre aspergeait de sang^ ceux qui en- 
traient, comme pour les purifier. Une 
goutte tomba sur lui; et_, se retournant, 
il dit au prêtre : « Tu m'as souillé, au lieu 
de me purifier. » Le tyran l'envoya dans 
un poste* situé dans le désert. Ce con- 
fesseur, Valentinus, reçut l'empire un an 
après, en récompense de sa confession. 
Le tyran fit tuer Artemius*, qui com- 
mandait en Egypte, pour avoir brisé les 
idoles. 

Deux soldats®, Juventinus [14S] et 
Maximus^, étant assis quelque part à un 
festin, s'affligeaient en disant : « Dieu 
nous a livrés a un gouvernement impie. » 
Un de leurs compagnons de table en in- 
forma l'empereur. Ils lui dirent libre- 
ment : « Nous sommes fort affligés de 
l'impiété des sacrifices, et de ce que la 
nourriture et la boisson sont souillées. » 
En entendant ces choses, il les fit frap- 
per et ensuite mettre à mort^ en disant 
que c'était pour avoir tourné l'empereur 
en dérision. Il fit cela pour qu'ils ne fus- 
sent pas honorés comme des martyrs. 
Celui qui était revêtu d'un vêtement 
d'humilité laissa paraître le visage d'un 
impie. 



ils refusèrent, on les livra aux supplices. 
A la fin, il les fit placer sur un gril*. Ils 
dirent au juge : O Amachus^ ! si tu 
désires manger de la chair humaine rôtie, 
fais-nous retourner de l'autre côté, pour 
qu'il n'y ait point dans ton mets une 
partie rôtie et une autre qui ne le soit 
pas. » Ils expirèrent dans le martyre. 

Le prêtre de Daphné avait un fils ""; la 
mère de l'enfant avait pour amie une 
diaconesse, et quand Tenfant allait avec 
sa mère près de cette diaconesse, celle-ci 
rinstruisait. La mère de l'enfant mourut 
et celui-ci allait continuellement trouver 
la diaconesse dont il apprit la doctrine. 
Elle lui promit de le mener [14o] rece- 
voir le baptême. Quand Julien vint h 
Daphné, cet enfant, avec son frère et 
leur père, versaient l'eau pour les sacri- 
fices et les repas de l'empereur. La fête 
durait sept jours. Le jeunehomme, ayant 
vu l'impureté des mystères des païens, 
s'enfuit près de la diaconesse et lui dit : 
« Prends soin de mon salut. » Elle le 
conduisit aussitôt à Meletius, qui lui or- 
donna d'attendre quelque temps. Son 
père le chercha et ne le trouva point. 11 
parcourait la ville, et l'ayant vu quiregar- 
dait [parla fenêtre]", il monta, s'empara 
de lui et le frappa. Il fit même rougir 
des clous qu'il lui enfonça dans les mains 
et les pieds; il l'abandonna enchaîné en 
prison et remonta à la fête. Le jeune 
homme invoqua le Christ, fut fortifié, 



1. Litt. : « chef de mille », x^liapx^i Se vjv twv xsTayfiévwv >^oy-/o?6pcùv ; Theod., III, xvr. — 2. Lire : 
Valentinianus . — 3. Le grec dit : « d'eau lustrale ». — 4.cppoijptov. — 5. 'ApTÉ[j.coç. Theod., III, xvur. 
— 6. Theod. III, xv. — 7. Theod, : MaStjiîvo;. 

8, TYÏyavov; chez Socr, : sO/âpatç liziUiz. — 9, Ms. : Zamôqâ. Corr. : lûl-iol, 'A[ji,â/coç. — 10, Theod., 
III, XIV, — 11. àîtb Toû SpuopâxToy, 



288 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



Quand Julien défendit aux chrétiens 
d'étudier les disciplines des Grecs, Apol- 
linarius et son fils furent très utiles'. 
L'un, [versé] dans l'art de la grammaire, 
mit en vers, appelés héroïques, les livres 
de Moïse; tout ce qui est écrit sous 
forme de narration, dans l'Ancien Tes- 
tament, fut mis par lui en vers appelés 
dactyles, et les autres choses^ sous forme 
de tragédie. Son fds rédigea l'Évangile 
et les [écrits des] Apôtres sous forme de 
questions et de réponses, à la manière de 
Platon parmi les Grecs. — ■ Les Livres 
saints n'enseignent point l'art de la dia- 
lectique; mais les ennemis sont vaincus 
quand nous nous servons contre eux de 
leurs propres armes, et le beau est pro- 
che de la vérité ^ L'Apôtre se sert de l'éru- 
dition profane; cela est manifeste par le 
témoignage qu'il cite*: «Les habitants de 
Crète sont menteurs de touttemps. » Les 
docteurs [de rÉglise] lisaient [146] lesli- 
vres desprofanes, envuede la discussion. 

Le général Jovinianus, sur lequel s'ap- 
puyait Julien, au moment où ils entraient 
à Antioche, fut aspergé de sang par un 
prêtre : il s'irrita et frappa le prêtre qui 
tomba. Julien se mit en colère et l'en- 
voya en exil; ensuite, comme il avait be- 
soin de lui, à cause de son habileté, il le 
fit revenir et le mit à la tête d'une armée ^. 



brisa ses liens et se leva. Arrivé à la 
porte, il continua de prier et d'invoquer 
le Christ, et aussitôt les verrous de fer 
furent brisés et la porte s'ouvrit. Il 
sortit et revint vers sa maîtresse qui le 
revêtit d'un habit de femme et le con- 
duisit à saint Meletius. Celui-ci le bap- 
tisa et le confia à Cyrille de Jérusalem. 
Après la mort du tyran Julien, ce jeune 
homme revint h Antioche et convertit 
son père à la foi. 

Un autre enfant*, nommé Théodore, 
qui était chrétien , fut livré par Julien aux 
mains de Sallustius'qui, après Favoir fait 
déchirer de coups, l'abandonna comme 
mort. Mais Dieu le secourut, et il revint à 
la vie. Rufînus *, chroniqueur romain, lui 
demanda s'il [146] avait senti qu'on le 
torturait; il lui dit qu'il avait peu res- 
senti [la douleur] et qu'il avait vu un 
jeune homme qui essuyait sa sueur et 
qui le fortifiait. 

Les Juifs obtinrent la permission de 
rebâtir le Temple de Jérusalem et d'y 
faire des sacrifices®. Ils amenèrent envi- 
ron 3.000 modius de chaux. Un vent 
violent souffla dans l'air; la terre trem- 
bla; les pierres des anciens fondements 
surgirent; le feu descendit du ciel et 
dévora les leviers*", les haches et tous 
les instruments de travail. La nuit sui- 



1. SocR., III, XVI. — 2. Le grec dit plus clairement : « partie eu vers, partie sous forme de tragé- 
dies ». — 3. To yâp xaXbv svÔa av v), tooov tî); àXïjOeîaç Èazi. — 4. ïit.,i, 12. — 5. Il semble que Michel ré- 
pète ici le récit de Théodoret (cf. ci-dessus, p. 287), en attribuant le fait à Jovien. La confusion 
vient peut-être de ce que Valentinien est appelé par Sozomène (VI, vi) tribun de la légion des Jo- 
viens. Cf. aussi Socr., Ill, xiir, où le nom de Jovien est associé à celui de Valentinien. 

6. SoGR., III, xix; cf. Theod., III, XI. — 7. Lire : ■ca.^floài.l.ûo, qui était préfet du prétoire, selon 
Théodoret. — 8. Cité par Sograte, III, xix; ms. : Rufus. — 9. Socr., III, xx; Theod., III, xx. — 
10. (j.oxXo:. 



LIVRE VIT. CHAP. VI 



289 



A Césarée de Philippe, une femme 
hémorroïsse avait érigé une image du 
Christ et l'adorait; et on en obtenait [la 
guérison de diverses] maladies. Le ty- 
ran fut jaloux ; il fit renverser [la sta- 
tue] et fit ériger la sienne à la place. 
Alors le feu du ciel la dévora*. 

A Nicopolis de Palestine, il y avait 
une source qui faisait des guérisons, et 
dans laquelle, disait-on, le Christ s'était 
lavé ; c'est pourquoi, je pense, le tyran 
la fit combler*. 

Lorsque Julien entra triomphalement 
à Antioche% le philosophe Libanius dit 
à un maître d'école* chrétien, avec mé- 
pris : « Où est votre fils de charpen- 
tier ? )) Celui-ci répondit avec zèle : « 11 
fabrique un cercueil à ton empereur. » 
Cela s'accomplit comme une prophétie. 
Julien fut ramené de Perse porté dans 
un cercueij. — Fin. 

fut séduit et sacrifia [aux idoles] ; aussitôt, 
gèrent la langue, et il mourut ^ 

Les Ariens établirent comme 45^ évêque à 
46^ : Hilarion'. 



vante, survint un troisième prodige. Des 
images rayonnantes de la croix parais- 
saient fixées sur tous leurs vêtements; 
au jour, ils essayèrent de les faire dis- 
paraître en lavant l'endroit, mais ils ne le 
purent. — A l'occasion de la reconstruc- 
tion du Temple, l'image de la croix 
parut sur tous les vêtements des Juifs, 
aussi bien que des païens et des chré- 
tiens, non seulement à Jérusalem, mais 
aussi à Antioche et dans leurs environs. 
— La croix, ornée d'une couronne de 
lumière, apparut depuis le Golgotha jus- 
qu'au mont des Oliviers. Elle était plus 
belle et plus brillante que celle qui ap- 
parut du temps de Constantin le Grand, 
A cette époque les païens mirent à 
mort, à l'âge de cent sept ans, Dorothée 
de Tyr, qui fit un livre d'histoire ecclé- 
siastique^, et qui avait supporté de 
grandes luttes du temps de Dioclétien et 
de Licinius». — Le prêtre Theotecnus 
naquirent en lui des vers qui lui ron- 

Jérusalem : Heraclius^, et après lui, le 



CHAPITRE VI DU LIVRE VII. — Du temps du règne de Jovien " et de 

Sabhour. 

[147] Quand Julien fut mort, les armées romaines, qui campaient dansle désert 



1 , Cf. SozoM., V, XXI ; EusEB., H. E., VII, xvirr. L'auteur ne semble pas avoir compris qu'il 
s'agit de la femme de l'Evangile (MA.TTn., ix, 20; Marc, v, 25; Luc, vm, 43). — 2. Sozom., V, 
Tcxi. — 3. Theod,, III, xxiii. Cf. Libanius, Orat. X; t. II, p, 323, — 4. uatSaywyoî. 

5. En face de cette mention on lit à la marge : ^oi tt«, (sans doute abréviation pour ; «^w v^*^, 
cf, texte, p. 160), « ces choses sont exactes », L'auteur fait allusion à l'histoire ecclésiastique du 
Pseudo-Dorothée, Cf. Patr. Gr,, t, XCII, col, 1053, ~ 6. Cf. Theophan., Patr. Gr., CVIII, 159. — 
7. Ibid., 161. — 8. Corr. : ^aoûAû^l. — 9. Jac. Edess., ad ann. 30; Socr., II, xlv. 

10. Le texte syriaque porte partout : Johinianos. 

I. 37 



290 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

et souffraient beaucoup de la faim, cherchèrent un empereur. Elles élirent 
Jovien le chiliarque', qui était chrétien de confession. Toutes les armées 
romaines consentirent à son élection, et même le roi des Perses, qui, ayant com- 
pris que Julien avait été frappé pa:r le Seigneur, était bien disposé en faveur de 
la paix avec les Romains et de Jovien. Celui-ci criait : « Je ne serai pas l'em- 
pereur des païens, car je suis chrétien ». — La multitude des soldats s'écria : 
« Nous sommes tous chrétiens ». Des larmes de joie coulèrent. Ils fixèrent une 
croix au milieu, et placèrent une couronne à son sommet. Après s'être prosternés 
et avoir adaré la croix^ils prirent la couronne et la posèrent sur la tête de Jovien*. 

Il commença à régner sur les Romains et, dans sa sagesse, il fit la paix avec 
Sabliour; celui-ci, du temps de Julien, s'était emparé des issues' et les Romains 
souffraient de la faim. Sabhour disait que si les Romains donnaient aux Perses 
tout le territoire jusqu'aux rives de l'Euphrate, cela ne rachèterait pas la des- 
truction qu'il allait faire d'eux. Jovien alla humblement et promptement trouver 
èabhour; il lui donna Nisibe, sans les habitants*, et fit une paix de trente ans. 
Aussitôt ce fut un heureux changement; les camps et les peuples s'entremê- 
lèrent pacifiquement. 

Jovien commença à régner au mois de 'ab (août). Son règne fut une joie pour 
tout le monde; mais surtout pour les chrétiens. 

Il fit sortir les armées romaines de la Perse et les fit échapper à la famine et à 
la mort. Il parvint à Antioche, et de là à Ancyre de Galatie, où il fit son fils, 
Varronianus^ consul, et l'exalta beaucoup, sans toutefois lui faire revêtir la 
pourpre. 

Ayant entrepris d'aller à Constantinople, il traversa la Cilicie et arriva au 
Bosphore", dans un village appelé Dadastana'', sur les confins delà Bithynie et 
de la Galatie, où il tomba malade des reins ^ pendant l'hiver; et il £nit là sa vie. 
Il laissa tous ceux qui avaient goûté les fruits de la paix de son règne dans une 
grande affliction. — Je pense que quand le Dispensateur de toutes choses, pour 
punir notre malice, nous montre les bienfaits et nous en dépouille, [148] il nous 
enseigne qu'il lui est très facile de les donner quand il veut; il nous punit parce 
que nous ne sommes pas dignes de ses bienfaits; et il nous excite de toute façon 
aux œuvres de vertu". 

Jovien mourut le 17 de sebat (février); il vécut 33 ans; il régna 7 mois. — 



1, yùj.apx'^i, tribunus militum. — 2. Sock., III, xxir, — 3. Plus littér. : « des entrées », des 
passages par lesquels on pouvait faire passer les convois de vivres. — 4. Ils émigrèrent à Amid 
(Chron. du Pseudo-Denys, ad ann. 674); cf. Amm. Makcell., XXV, vu. — 5. Ms. : Aurianus. — 
6. Sic ms. ; le grec porle : £7tt xôv pôoTtopov wpiATjCTS. — 7. Ms. : Dastania. — 8. Un copiste aura con- 
fondu 1^2^û-3 « reins » avec |û»Ii>s « empêchement ». Le grec porte : tw xrjç êticppàlstoç vonr^\j.aT\,. 
« obstructionis morbo » (Socb., III, xxvr). — 9. Theod., IV, v. 



LIVRE VIL GHAP. VI 



291 



Jacques d'Édesse dit qu'il ne régna 
1 an et 7 mois. — Fin de ce chapitre, 
par la prière de l'empereur Jovien ! 



pas une année complète*; d'autres disent 
— Que le bon Dieu nous accorde le pardon 



[147] En ce temps-là il y avait un écri- 
vain, en langue romaine*, ^appelé] Rufi- 
nus. 

Gallistus écrivit aussi une histoire de 
Jovien ; et le philosophe Themistius 
récita' un discours sur l'empereur fidèle 
Jovien , dans lequel il le loue et le glorifie 
surtout d'avoir permis à chacun de con- 
fesser ' ce qu'il voulait. L'empereur di- 
sait en effet : « Je ne contrains personne 
h une manière de croire; je chéris vi- 
vement ceux qui furent les prémices de 
l'union de l'Eglise*. » 

Cet empereur prit soin de Julien, et 
ramena avec lui son cercueil. Julien fut 
enseveli à Tarse, d'après ce que dit So- 
crate^ D'autres disent que, plus tard, il 
fut transporté à Constantinople. 

Themistius le philosophe, a aussi écrit 
sur ce sujet; il dit' : « Les agitateurs* 
doivent être vivement blâmés de ne pas 
adorer Dieu comme il convient, mais 
d'honorer la pourpre; ne différant point 
d'Euripus qui tantôt va ^ devant lui, et 
tantôt revient en arrière naturelle- 
ment. » 



[147] Quand Jovien commença à ré- 
gner, il écrivit que tous les évêques re- 
vinssent de l'exil à leurs sièges, que les 
temples des idoles fussent fermés et les 
églises rouvertes : ce fut la joie pour les 
chrétiens^'*. 

Saint Athanase revint à Alexandrie et 
occupa son siège six ans*'. 

L'empereur Jovien écrivit à saint Atha- 
nasedelui rédiger un symbole de la foi. 
Il luirépondit que celui qui avait été établi 
à Nicée, dans l'Esprit-Saint, suffisait'\ 

A Antioche, Meletius, évêque de la 
ville, Eusèbe de Samosate et Rusticus'% 
[évêque] des Arméniens^ se réunirent 
avec les partisans de JNlacedonius, et ils 
confirmèrent la définition de foi du « con- 
subtantiel )). 

Eunomius** fut chassé, et un schisme 
éclata entre les Eunomiens et les Ariens, 
qui formèrent deux partis. 

L'empereur Jovien prescrivit de gar- 
der fermement la foi de Constantin le 
Grand; ceux qui confessaient Fexpression 
« consubstantiel » reçurent de lui de 
nombreux présents, et il les exempta 
tous d'impôts *^ — Fin de ce chapitre. 



1. Jacques d'Edesse lui attribue expressément 7 mois de règne (Brook, ad ann. 39). 

2. C'est-à-dire : latine. — 3. Lire : i*ii>, gr. : ôjsXOwv. — 4. Lire : I»ûj. — 5. Le grec n'est pas très 
exactement rendu : ■j'jT£pTt[xr|a£iv toÙç àp^riv ty) évcocte'. Trjç 'Ex/Xyicta? Ttapélovxai; (Socii., III, xxv), — 
6. III, xxvr. — 7. SocR., III, xxv. — 8. Gr. « les adulateurs » ; twv xoXàxwv. — 9. Le grec dit : 
Eupiuou, v'jv [j.év £Tt\ râoe, vCiv 5à sîç xoyvavTiov xà psûi^axot p.£Ta6a>,Xovxo; {ibid.). — 10. Sogr., III, xxrv. 
— 11. Jac. EDEss.,ad ann. 39; cf. Theod., IV, n. — 12. Cf. Theod., IV, n, m. —13. Cf. Socr.,111, xxv. 
Parmi les signataires du concile, je ne vois aucun nom semblable. I/évèque d'Arménie s'appelait 
'laaxôxtç. Il est probable que le nom transcrit ici répond à 'Apio-xovt/.o? de Seleucobèles. — 14, Lems.. 
porte : Eusebius; mais il faut restituer: visûa^booiol ; la phrase est empruntée à Jacques d'Édesse 
(ad ann. 39); cf. Sock., IV, xni; Theod., II, xxrx. — 15. Cf. Theod., IV, iv, 



292 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

CHAPITRE VII DU LIVRE VII. — Du règne de Valentinien' et de son frère. 
Après la mort de Jovien, les Romains vinrent à la ville de Nicée ^ et firent 
régner ce Valentinien qui avait frappé le prêtre qui l'avait aspergé de souillure". 
Valentinien était du pays de PannonieSde la ville de Cibales. Il était fort coura- 
geux et prudent. Quand les armées voulurent lui donner un associé à l'empire, il 
leur dit : « W vous appartenait, alors que vous n'aviez pas d'empereur, de vous 
en choisir un; maintenant que vous m'avez institué votre chef, il m'appartient 
désormais de diriger" les affaires de l'empire. » Et tous* admirèrent sa sagesse, 
et adhérèrent à sa volonté ^ 

Ensuite, il fit venir son frère Valens et l'associa à l'empire en le faisant empe- 
reur de la région orientale. Celui-ci ayant été baptisé par Eudoxius de Cons- 
tantinople, qui lui avait fait jurer de soutenir la doctrine d'Arius, favorisait les 
Ariens de toute façon et persécutait les Orthodoxes*. 

A Rome, Valentinien adhérait à la foi de Nicée; les troupes lui devinrent 
plus attachées : car c'étaient de véritables chrétiens '\ — Il fit proclamer Auguste 
son fils Gratien, [149] et le fit consul. 

L'arien Valens demeurait en Orient; il envoyait en exil les évoques orthodoxes 
et livrait aux Eudoxiens toutes les églises de la capitale; les Orthodoxes demeu- 
rèrent sans église ni pasteur"^. 

A cette époque, Procopius se révolta contre Valens_, à Constantinople même; 
il fut pris; l'empereur ordonna de le lier à deux arbres, et il fut déchiré en- 
deux**. 

Valens se rendait en Egypte; tandis qu'il était à Marcianopolis, il y eut un 
tremblement de terre comme il n'y en avait pas eu de semblable depuis l'ori- 
gine du monde. La mer fut agitée et rejeta par dessus les murs de la ville des 
barques qui retombèrent au milieu des habitations. La mer abandonna sa place, 
et le continent apparut; les navires restèrent en détresse, et le peuple courut 
au pillage; mais la mer revint sur eux et les engloutit. Des matelots ont raconté 
que la même chose était arrivée dans l'Adriatique où la mer fut agitée et s'avança 
de plusieurs milles sur le continent, ensevelissant des villages et leurs habi- 
tants, tandis que tout son lit paraissait à sec. Les navires étaient renversés sur 
la terre;, et les hommes qui étaient dedans remplis de frayeur. Tout à coup la mer 
retourna et revint doucement à sa place; les navires furent soulevés sur la mer 
et remis à flot, sans que les hommes eussent éprouvé le moindre mal*'. 



1 . Le ms. écrit toujours : Oualentinos. — 2. En Bithynie. — 3. Cf. ci-dessus, p. 287, La leçon 
du texte Uol^ ne me paraît pas présenter de sens et je restitue: ILûio).^, immundities. — 4. Rest. : 
^iûiiB. — 5, Lire : »ûixj;9). — 6, Lire : spo^>.5 (et non : ^a2i>.3), — 7, Theod., IV, vr; cf. Socr., IV, r. 
— 8, ÏHEOD,, IV, xiri ; Socr., IV, i, ii. — 9. Ou bien : « parce qu'il était un véritable chrétien. » 
10. Socr., IV, u; Theod., IV, xni. — 11. Socr., IV, irr, v. — 12. Socr., IV, m. 



LIVRE Yll. CHAP. VII 293 

L'empereur Valentinien trangressa [ISO] la loi. [Outre] la mère de son fils 
Gratien, il prit une autre femme qui brillait par sa beauté corporelle ; elle se nom- 
mait Justina. A cause de cela il écrivit : que quiconque le voulait pouvait pos- 
séder deux femmes à la fois'. Il engendra [d'elle] Valentinien le Jeune. 

Après quatre ans, l'empereur Valentinien mourut, dans le pays de Gaule* (?). 

Avant sa mort, il blâma son frère Valens, à cause de l'hétérodoxie d'Arius ; 
comme il ne se laissa point toucher, [l'empereur] s'irrita contre lui, de sorte 
qu^il ne lui envoya pas même de secours dans sa guerre contre les Goths. Il di- 
sait : « Il ne convient pas d'aider un homme qui combat contre Dieu'. » 

Valentinien marcha à la guerre contre les Sarmates. Ceux-ci eurent peur et 
vinrent demander la paix. Il vit ces [envoyés] misérables, et s'informa du 
reste du peuple. II apprit que les plus nobles d'entre eux avaient été choisis et 
étaient venus [en ambassade]. Il cria violemment en disant : « L'empire des 
Romains est-il donc en si mauvaise situation, qu'un peuple vil et méprisable 
comme celui-ci ose lui faire la guerre*. » Comme il faisait des efforts en s'agi- 
tant et en vociférant, l'affluence du sang brisa les artères de son cou, et il mourut 
à l'âge de 54 ans, dont 13 de règnes 

La seconde femme qu'il avait prise était fille de Justus°. Celui-ci avait eu, du 
temps de Constantius, un songe qu'il raconta à plusieurs. Il lui semblait qu'il 
enfantait la pourpre de son côté droit. L'empereur en ayant eu connaissance se 
dit : « Peut-être doit-il engendrer un empereur?», et il envoya le tuer. Sa jeune 
fille, Justina, demeura [1^1] orpheline; Severa, femme de Valentinien, la 
chérissait; elle la loua' devant l'empereur qui la prit pour femme et eut d'elle 
Valentinien le Jeune et trois filles. Théodose l'Ancien en prit une, Galla, pour 
femme, et engendra d'elle Arcadius et Honorius ainsi que sa fille Placidia ^ 

Valens reçut des démons un oracle concernant la lettre têta, c'est-à-dire 
taw^^ et disant que quelqu'un dont le nom commençait par Th régnerait après 
lui. Il ordonna de tuer quiconque s'appelait Théodote ou Théodore, etc. *". 

Quand Valentinien mourut, son fils aîné, Gratien, n'était pas présent; mais Jus- 



1. SocR. lY, XXXI ; cf. x. Voir les notes de Valesius au sujet de cette prétendue loi. — 2. Litt. : 
« dans ce pays de Calaos. » Socrate (IV, xxi) auquel paraît emprunté ce passage dit que Valen- 
tinien mourut : £v (ppoupito w Ttpoawvjfxîa Bepytxtwv. La leçon est peut-être fournie par Sozom. (VI, 
xxxvii) : £v çpouptw Ttvt TT); FaXltaç. Cf. Amm. Margell., XXXI, 13. — 3. ïheod., IV, xxxr ; Jac. 
Edess. ad ann. 53. 4. Le grec est mal rendu. — 5. Ms.: « 84 ans dont 11 de règne, )> Nous réta- 
blissons le texte d'après Socrate, IV, xxxiii, auquel est emprunté tout ce paragraphe. — 6. Ms. : 

Justinus. 7. Lire : w^^a*. — 8. Le paragraphe est tiré de Socrate, IV, xxxr; mais la fin est en 

désaccord avec le grec qui dit : « il engendra d'elle Placidia, ayant déjà eu Arcadius et Honorius de 
Flaccilla, sa première femme. » — 9. En effet, selon la règle habituelle, le 6 est rendu en syriaque 
par i. — 10. SocR., IV, xix. 



294 CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

tina était présente ; les troupes se réunirent et firent régner Valentinien le Jeune, 
qui n'était âgé que de 4 ans*. 

Valens tit Gratien général* et l'envoya à la guerre contre lesGoths.ll fut vaincu, 
et comme l'empereur lui en faisait reproche, il lui répondit en disant : « Ce 
n'est pas moi qui ai été vaincu^ ô empereur; s'il est un homme qui a causé la dé- 
faite, c'est toi, en combattant contre le Christ. » 

Valens ajouta folie sur folie. Il donna des jardins aux païens, pour y faire 
leurs sacrifices, à Antioche, et de même, aux Juifs, pour y accomplir leurs 
rites'. 

A cette époque, Ma'via, reine des Arabes, infligea beaucoup de maux aux 
Romains. Elle promettait la paix, si l'empereur faisait ordonner évoque, pour 
les Arabes chrétiens [1^2] qui étaient près d'elle. Moïse, un ascète du désert*. 
L^empereur y consentit; mais Moïse ne voulut point être ordonné par les Ariens, 
mais seulement par les Orthodoxes qui étaient en exil. L'empereur prescrivit de 
faire selon sa volonté; il fut ordonné et partit. Beaucoup d'Arabes se firent 
chrétiens. Cette reine était d'origine romaine; elle avait été emmenée en capti- 
vité, et le roi des Arabes l'avait prise pour sa beauté; elle ne changea point sa 
foi, et quand elle tint la royauté, grâce à elle, une nombreuse population se 
convertit au christianisme®. 

A cette époque, Valens bâtit, à Antioche, le demosion ^ et restaura le cirque \ 

A cette même époque, on vit dans les airs, au milieu des nuages, des hommes 
qui avaient l'apparence de gens armés; il naquit à Antioche un enfant qui n'avait 
qu'un œil au milieu du front, avec quatre mains, quatre pieds et de la barbe. 

A cette époque, les Goths envahirent le territoire des Romains et pillèrent de 
nombreuses provinces : la Scythie, laMœsie, la Thrace, la Macédoine, l'Achaïe 
et toute l'Hellade. 

Valens étant à Constantinople, ne se pressait pas de faire la guerre. Tout le 
peuple criait en disant : « Donne-nous des armes, et nous combattrons nous- 
mêmes. » L'empereur fut enflammé de colère ; il sortit et menaça de tirer 
vengeance de cette insulte à son retour, en détruisant la ville et en y faisant 
passer la charrue®. Il partit et fut vaincu. [133] Il s'enfuit dans un village. Les 



1. SocR., IV, xxx\i. — 2. Lire "»a<5^i'é>'^', oxpax-^yo;, et au lieu de Gratianus, lire Trajanus. 
La leçon fautive est ancienne, car l'abrégé arménien porte aussi Gratianus. Le passage est tiré de 
Théodoret, IV, xxxiir. — 3. Littéral. : « pour s'y conduire selon leurs usages ». Cf. ïheod , IV, 
xxr/. — 4. Selon Tillemont, ce Moïse serait le même personnage que Daoulas, supérieur du 
couvent du Sinaï, qui portait en effet ces deux noms. Cf. Hist. du Bas-Empire, édit. de Sa.ixt- 
Martijj, t. III, p. 452, n. 2. — 5. Cf. Theod., IV, xxui ; Sock., IV, xxxtv (Mayi'a). — 6, L'arménien 
aj. : u qui était une prison destinée à enfermer les orthodoxes » (La.nglois, p. 136). — 7. iywv. Peut- 
être : « institua » ou « rétablit les jeux ». — 8. Socr., IV, xxxviii. 



LIVRE VII. CHAP. VU 



295 



Barbares entourèrent [le village]; mais il se cacha dans une cour, et se dissi- 
mula dans une grange'. Ne l'ayant point trouvé, les Barbares mirent le feu à 
tout le village, et cet impie fut brûlé et s'en alla encore dans le feu de l'enfer. 

Il vécut 50 ans et en régna 15, dont 13 avec son frère et 2 après lui^ — Fin de 
V histoire de ce maudit. 



A cette époque il y eut une grande et 
furieuse révolte à Alexandrie '. 

A cette époque, il y eut une grêle 
étonnamment grande à Constantinople*; 
il y eut un tremblement de terre violent 
et terrible, dans lequel la ville de Nicée^ 
fut renversée, le 11 detesrî P'' (^octobre)®. 

A cette époque', un évêque fut éta- 
bli^ par les Ariens à Samosate, sur Tor- 
dre de Valens. Les habitants de Samo- 
sate ayant appris qu'il était arien, 
personne ne le suivit; ils n'allaient 
même plus h l'église. Il agissait avec 
beaucoup d'humilité^ Un jour qu'il était 
au bain et que ses serviteurs [gardaient] 
les portes, selon l'usage, il ordonna 
d'ouvrir les portes, afin que quiconque 
le désirait pût entrer. 11 entra beaucoup 
de gens qui se tenaient debout. Il pensa 
qu'ils demeuraient éloignés par respect 
pour lui; il se lava promptement et 
sortit. Mais eux lâchèrent les eaux de la 
piscine comme étant souillées. Quand 
cet évêque, qui s'appelait Eunomius, 



Au commencement du règne de Va- 
lentinien, il y eut un synode d'évêques 
à Lampsaque '". 

ALaodicée*', l'évêque était Pelagius. 
Dans sa jeunesse il avait été fiancé à une 
femme. Dans le festin nuptial, il per- 
suada a sa fiancée d'honorer la virginité 
et il lui enseigna à acquérir l'afTeotion 
[fraternellejaulieade l'amour** conjugal. 
Et ainsi elle vécut dans la chasteté. 11 
possédait toute sorte de vertus qui le 
faisaient briller à l'instar du soleil : 
c'est pourquoi il reçut l'épiscopat par 
une commune décision. 

Valens, qui avait été baptisé par les 
Ariens, grâce à sa femme qui était elle- 
même arienne, et qui l'avait circonvenu 
et l'avait fait communiquer avec Eu- 
doxius, avait juré de chasser les Or- 
thodoxes : c'est pourquoi, quand il com- 
mença à régner, il chassa Pelagius en 
Arabie, Meletius en Arménie, et Euse- 
bius en Thrace *'. 

Quand l'envoyé [royal] arriva, au cou- 



1. Litt. : « la maison de ia paille ». BH. dit simplement : U='^ J-^tO} « il se cacha sous la 
paille »(C^7\ 5JT,, p. 66). Mais la leçon de notre ms, est confirmée par l'abrégé arménien qui a tra- 
duit littéralement : doun yarti (éd. de Jérus., 1871, p, 151). — 2. Socr., IV, xxxvm. 

3. Sans doute à l'occasion de l'expulsion de Pierre, successeur d'Athanase; cf. Socr., IV, xxi, xxir. 

— 4. Socr., IV, xi; Jac. Edess., ad ann. 43. — 5, Lire : lituJ ova. — 6. En l'année 680 des Gr. ; Jac. 
EDEss.,ad ann. 41; Socr., IV, xi. — 7. Theod., IV, xv. — 8. Peut-être mieux : ï^Cs*! « fut envoyé». 

— 9. Gr. : I7ït£t7.£!a 7toX)/?|. 

10. SocB., IV, VI ; Jac. Edess., ad ann. 40. — 11. Lire : iow û-lo. — 12. Kai cpiXouxopycav àoî>,çtxr,v 
àvTi yaïAiy.viç (7'jva;pEia; e-/c'.v (Theod., IV, xiii). — 13. Theod., V, xii, xiri. 



296 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



comprit qu'ils le détestaient h un tel 
point, il quitta Samosate et s'en alla. 

Les Ariens envoyèrent, à la place du 
pacifique Eunomius, le loup Lucius*, 
dont les fidèles s'éloignèrent encore da- 
vantage. — Unjour_, des enfants se lan- 
çaient mutuellement une balle* dans la 
rue [149] en s'amusant. Lucius se trouva 
à passer parla; la balle étant tombée 
entre ses jambes, il marcha dessus. Les 
enfants crièrent que leur balle était 
souillée. Lesayant compris, il commanda 
à un de ceux qui l'accompagnaient de 
voir ce qu'ils feraient; les enfants appor- 
tèrent du feu et après avoir fait passer 
toute la balle par le feu, ils pensèrent 
qu'elle était purifiée. 

Quand Eusebius mourut, son cousin^ 
Antiochus reçut son siège. Celui-ci 
voyant que Jovien, évêque de Perga*, 
voulait lui imposer les mains^ n'y con- 
sentit point et lui dit : « A Dieu ne plaise 
que je reçoive l'imposition des mains de 
celui qui a reçu les mystères accomplis 
dans le blasphème. » 

Barsê d'Edesse, ayant étéreléguédans 
le pays d'Egypte^, faisait beaucoup de 
prodiges ; et des multitudes de gens s'as- 
semblaient près de lui. Valens ayant 
appris cela l'envoya à Oxyrynchon, 
ville du pays d'Egypte ; de là il le chassa 
ensuite à Pha'Iô*. Son lit est conservé à 
Aradus où on le tient en honneur; et 



cher du soleil, près d'Eusèbe, pour lui 
faire quitter la ville, l'évêque lui conseilla 
de se taire momentanément, depeur que 
le peuple de la ville n'apprît le motif de 
sa venue et ne le lapidât. Au moment du 
sommeil [l'évêquej fit connaître la chose 
à un de ses serviteurs ; il prit seule- 
ment avec lui un livre et un oreiller ', 
et ils se mirent en route. En arrivant 
à l'Euphrate, ils prirent place dans une 
barque et descendirent vers Zeugma. 
[149] La ville de Samosate en apprenant 
la chose fut profondément affligée. 
Ayant su de quel côté il était parti, ils 
se mirent à sa poursuite et le suppliè- 
rent de revenir, mais il n'y consentit 
point. Il répondit ce qu'a prescrit l'Apô- 
tre quand il dit : a Nous devons nous 
soumettre aux princes et aux puis- 
sants*. » Ils lui offrirent de l'or pour 
ses besoins : il en prit très peu ". Il s'a- 
vançait par les routes, comme un soldat, 
monté sur un cheval et coiffé de la 
tiare, pour n'être pas dénoncé à Valens, 
et il parcourait les villes, ordonnant 
des évoques, des prêtres et des diacres 
pour les Orthodoxes "*, 

Le grand Athanase d'Alexandrie se 
tint lui-même caché dans le tombeau de 
ses pères, pendant quatre mois, par 
crainte de Valens. Le peuple d'Alexan- 
drie excita une grande sédition contre 
[Valens] à cause d'Athanase. [L'empe- 



1. Lire : taoa^û^j au lieu de icocuû^ : JElycius, que porte le ms. — 2, ocpaipav. — 3. Sic ms. Le 
grec dit : « son neveu », Theod., IV, xv. — 4, Ms. : de Pera. Rest. : K^«3. — 5. Sic ms. Le passage 
est tiré de Theod., IV, xvi, où il est dit que Valens l'envoya d'abord à "ApaSov xr^v vrjO-ov ; mais 
comme il est question de l'Egypte deux lignes plus haut (chez Théodoret), l'auteur a mal résumé 
le texte qu'il avait sous les yeux. — 6. <i>t>,(o (4»ïivw chez d'autres auteurs). 

7. 7ipo(7X£cpa),a:ov. — 8.Bom., xiii, 1. — 9. Theod., IV, xiv. — 10. Theod., IV, xru. 



LIVRE VII. GHAP. VII 



297 



les malades qui y ont recours sont guéris. 

Quand Barsê fut sorti d'Edesse, les 
loups y entrèrent pour la dévaster ; mais 
ils ne purent nuire enrien^ Ils saisirent 
quatre-vingts clercs qu'ils envoyèrent en 
Thrace, où ils furent bien traités. Quand 
l'empereur apprit cela, par le préfet, il 
prescrivit de les séparer deux par deux 
etdeles disperser*. [130] C'est pourquoi 
il envoya Eulogius et Protogénès, à An- 
tinoë de Thébaïde. 

Eulogius, renfermé dans sa cellule, 
persévérait constamment dans l'office. 

Protogénès ayant appris les signes' 
et s'étant exercé à écrire facilement, se 
mita enseigner aux enfants les psaumes 
de David*. — Un jour, un des enfants 
tomba malade : il alla le visiter; et l'ayant 
pris par la main, il le fit lever, guéri. 
Alors son nom devint célèbre et quicon- 
que avait un malade le lui amenait. Mais 
il refusait de les aider tant qu'ils étaient 
païens; et, quand ils se convertissaient, 
il les conduisait à Eulogius qui les si- 
gnait par la prière et la croix; ce qui lui 
était désagréable parce que sa prière en 
était interrompue. Néanmoins, il les bap- 



reur donna des ordres]^ : et Athanase 
revint pour la cinquième fois, et il di- 
rigea l'Eglise jusqu'à sa mort*^. 

En ce temps-là, brillaient par la doc- 
trine Athanase et Mar Ephrem, avec ses 
disciples Zénobios^ et Abba^. 

Dans le désert [brillaient] : Macarius^, 
qui guérit une femme qui avait été chan- 
gée en cavale *", 

Macarius d'Alexandrie, qui alla au 
jardin de Jannès et de Mambrès ", à qui 
une hyène apporta un vêtement de peau, 
et qui ne cracha jamais à terre depuis 
qu^ileut revêtu l'habit'*, 

Palladius, disciple d'Evagrius, qui 
parcourut le désert*' et recueillit les his- 
toires des moines ; puis il devint évêque 
d'Héliopjolis, pendant deux ans**. [loO] II 
dit que, tout d'abord, il alla trouver le 
moine Malchus, qui avait été emmené en 
captivité par les Arabes et qui habitait à 
côté d'Antioche. Puis, il se rendit en 
Egypte et habita dans la montagne de 
Nitrie. Il vit là deux mille moines. 

En l'an 4 de Valens, mourut Abraham 
Qidounaya, le 14 de kanoun P'' ** (décem- 
bre). 



1. Theod., IV, XVII. — 2. Theod., IV, xvm. — 3. Theod. : xà Eùvoy[x(ou ypà[A[xaTa u£TiatSeu[X£vo; xai 
Ypaçetv el; Ta-/°? ïidXïitilvoç. Au sujet de la leçon ta Eijvo[x''ou, voir la note de Valesius ; je suppose qu'il 
faut lire : toO vo[xoO, L'éditeur ne semble pas avoir observé que Protogénès voulant faire l'école 
aux enfants avait dû commencer par apprendre lui-même la langue et l'écriture du pays. — 4, 
Litt. : « les cantiques », Aauïxtxà; (leXwScaç, 

5. Le texte peut être complété ainsi : ....U^o t^ia^ol ♦û3o iûoû*a»|j|L| "^^so • Jiivso "^i. (cf. BH., Chr. 
eccL, I, 101). — 6. SoGR., IV, xrri, — 7. Cf. Assemanf, Bibl. or., t. I, p. 168; t. III, p. i, p. 43. 
— 8. Ihid., I, 144; III, 171; Cf. Duval, Litt. syriaque, p. 337. — 9. Dit l'Égyptien. Cf. Socr., 
IV, xxiit. — 10. Cf. la version syr. du Paradisus Patrum, éd. Bedjan, p. 63, — 11. Paradisus 
Patruin, éd. Bedjan, p. 69. — 12. Ihid., p. 79. Le texte édité dit : « depuis qu'il eut reçu le bap- 
tême ». — 13. Ou « les couvents » (?). — 14. Pour tout ce qui concerne Palladius voir l'excellent 
ouvrage de D. Butler, The Lausiac History of Palladius . Londres, 1898. — 15. En l'an 678 (cf. 
W^RiGHT, Catal, syr. mss., col. 947). Cf. ci-dessus, p. 271, 277, Les quinze hymnes de saint Ephrem 
sur Abraham ont été édités par Lamy, S. Ephrsemi hynini et sermones, t. III, 749-845. 

I. 38 



298 



CHROiNlQUÈ DE MICHEL LE SYRIEN 



tisnit, les guérissant de leurs infirmités 
spirituelles et corporelles. On admirait 
beaucoup Protogénès à qui avait été 
donné le don de guérison et qui en attri- 
buait le principal honneur à Eulogius; 
et ou pensait que la vertu de cet Eulo- 
gius était plus grande que celle de son 
compagnon, — Quand la tempête fut 
calmée etqu'ils voulurent retourner dans 
leur pays, tout le peuple fut fort affligé 
de leur séparation*. 

A cette époque se répandit h Edesse 
l'hérésie des Messaliens% par le moyen 
d'un homme appelé Eusèbe, et de ses 
disciples : Saba, Dadoes, Adelphus*, 
Hermas, etSiméon*. Ils furent surnom- 
més Euchitic et enthousiastes^ •, ils ap- 
pelaient, en effet, [1^1] révélations spi- 
rituelles les songes et les opérations 
démoniaques •. 

A cette époque, Diodore et Théodore^ 
embrassèrent la doctrine de Paul de Sa- 
mosate. 

L'empereur Valens institua à Cyzique 
unévêquenomméEunomius*.Cethomme 
avait été le secrétaire de l'athée Aetius. 
11 connaissait les arguments des sophis- 
tes, mais ignorait les Écritures®. Eudo- 



La même année, mourut Julien Saba, 
le 15 de sébat'" (février). 

En l'an 682, le 8 de haziran (juin), 
mourut Mar Éphrem ". 

En l'an 683, mourut Athanase d'A- 
lexandrie, après avoir exercé le minis- 
tère pendant 46 ans et avoir créé 284 
évêques. Il fut jeté en exil cinq fois. Il 
mourut le 2 de 'iyar** (mai). 

Après lui fut institué le 20" évêque de 
l'Eglise d'Alexandrie : Pierre, pendant 
7 ans". 

Alors, sur l'ordre de Valens, l'arien 
Euzoïus se rendit en Egypte et empri- 
sonna Pierre'*. Peu de temps après, 
Pierre s'enfuit près de Damase de Rome, 
et lui fit connaître tout ce qui était ar- 
rivé, 

Ursinus'" qui avait été élu en même 
temps que Damase, reçut l'ordination 
en secret; enfin, le préfet le déposa et 
fit cesser le trouble '^ 

A cette époque, Valens établit à Con- 
stantinople un évêque arien : Demophi- 
lus", à la place d'Eudoxius, qui mourut 
après avoir gouverné pendant 19 ans. — 
Ceux qui confessaient la formule « cou- 
substantiel », se donnèrent pour évêque 



1. Theod., IV, xviii — 2, Theod., IV, xr. — 3. Lire: «oo^^.^l^»lo lo»». — 4. AaSov); xe xa\ Sàé 
xa\ 'A5IXçto;, xa\ 'Epjjiôcc xa\ S'j[A£wv/i;. — 5. E"j-/tT5(c. 'EvOufftaffTMs (exaltés, possédés?), — 6. Sur cette 
secte, outre les sources déjà connues, voir Théodore Bar-Khouni, dans Pognon, Les Coupes de 
Khouahir, p. 139 — ■ 7. Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste. — 8. Sogr., IV, vrr ; mais Théo- 
doret rapporte, aVec raison, les faits au temps de Constance. Cf. ci-dessus, p. 276. — 9, Il manque 
ici deux ou trois mots dans le texte. 

10. Cf. p. 271, n. 5, — 11. Le 9 juin 684 (373) selon le Chron. edess., no xxx, et Jac, Edess. ad 
ann. 51. La différence doit s'expliquer ici par une erreur de 2 ans dans le tableau chronologique. 
Sur la vie (Bedjan, Acta Mari, et Sanct., III, 621) et les œuvres de saint Ephrem et sur les sources 
à consulter pour leur étude, cf. R. Duval, La litt. syriaque, p. 331 sqq. — 12, Jac. Edess., ad ann. 
47; Cf. Theod., IV, xx ; Socr., IV, xx. — 13. Ihid. — 14. Rest, : a»©;^^-^. Théod., IV, xxr; 
SocB., IV, xxir. — 15. Ms. : Severinutt', restituer par simple transposition d'une lettre : Ursinus. 
.floau^iol. Cf. ci-dessous, p. 302, n. 9. — 16. Socr., IV, xxix. — 17. Cf Jag. Edess., ad ann. 47. 



LIVRE VII. GIIAP. VII 



299 



xius de Constantinople l'ordonna. Euno- 
mius alla jusqu'à dire : « [Dieu ne sait 
rien] ' de plus que nous par sa nature. 
Il sait seulement de lui-môme ce que 
nous savons nous-mêmes ; et tout ce 
qu'il a^ se trouve aussi en nous sans 
différence. » Sa doctrine impure et dé- 
testable ayant été dévoilée, il fut chassé 
par les habitants de Cyzique. 

L'empereur Yalens ne cessait de per- 
sécuter les Orthodoxes; pour ce motif, 
il y eut une grande famine dans toute la 
contrée de Phrygie'. 

Valens, étant venu à Antioche, faisait 
noyer les Orthodoxes dans le fleuve 
Oronte*. 

Il vint à Edesse pour voir le marty- 
rion de l'apôtre Thomas. Une grande 
foule y était réunie. Valens, voyant 
qu'ils n'adhéraient pas à sa croyance, 
frappa de sa main le préfet*. Le préfet, 
ayant été offensé, manda que personne 
ne vînt à l'église, pour qu'ils ne soient 
pas massacrés. Le lendemain, quand le 
préfet et les soldats vinrent au temple 
pour exécuter l'ordre de l'empereur, il 
vit une femme pauvre qui traînait son fils 
derrière elle et s'empressait de fendre 
la foule. Le préfet [1S2] l'interrogea : 
« Où vas-tu ? N'as-tu pas entendu dire 
que le préfet venait avec les soldats 



Evagrius^. Valens l'ayant appris envoya 
en exil Evagrius etEustathius qui l'avait 
ordonné \ 

Quatre-vingts prêtres se réunirent 
pour aller trouver l'empereur et procu- 
rer la paix aux églises; tandis qu'ils s'a- 
vançaient dans des barques, sur la mer, 
[ISl] l'empereur ordonna de mettre le 
feu aux barques, et les prêtres furent 
brûlés*. 

Vers cette époque, saint Grégoire de 
Nazianze fut ordonné par les évêques 
orthodoxes, pour qu'il prît soin des 
fidèles qui étaient à Constantinople®. — 
En effet, h cette époque, lui-même, 
ainsi que le grand Basile de Césarée de 
Cappadoce, Grégoire de Nysse, et Pierre 
de Sébaste s'illustraient fort par leur doc- 
trine'". — Pierre brillait par les œuvres 
vertueuses*'. 

Valens fit amener le grand Basile à 
Antioche et lui dit, comme pour le ten- 
ter : « Si ta croyance est véritable, prie 
pour mon fils Galates, afin qu'il gué- 
risse. » Le saint répondit : « Si tu crois 
comme moi, et le fais baptiser par les 
adhérents de la foi véritable, il guérira. » 
— Comme les Ariens le baptisèrent, il 
mourut'". 

Tandis que Valens disputait avec le 
grand Basile, Démosthène, le cuisinier", 



1. Aj. : >a.»* U ^» mI^ >o.so ©U'ûs ;>QlX Io^sv» (BH., Chr. eccL, I, 101). — 2. Le contexte demande 
qu'on lise comme dans le grec a tout ce qu'il sait », tout ce qu'il a de science. — 3. Sogr., IV, xvr. 
— 4. SocR., IV, tr. — 5. SocR. ajoute : « parce qu'il ne les avait pas exilés». 

6. SocR., IV, XIV. — 7, Ihid., xv. — 8. Sock., IV, xvi ; Jac. Edess., ad ann. 53. — 9. Socr., IV, 
XXVI, c. m. — 10. Le passage est tiré de Jac. Edess., ad ann. 51. Cf. Socr., IV, xxvi, s.f. ; ïheod., 
IV, XXX. — 11. C'est-à-dire : « dans la vie monastique », cf. ci-dessous, p. 301, 1. 30. — 12. Sock., 
IV, XXVI. — 13. Tôjv pxfTtXixwv Ttpoa[ji.r|6oy[JL£voç otl/wv (Theod., IV, xix, d'où est tiré l'épisode) ; tw lia 
iGi^ ô']/wv TSTayixévw xai Twv [xayctpwv ap-/ovTt (Greg. Nyss., Contra Eunotnium, I; Patr. gr., t. XLV, 
col. 293), Castrensis sacri palatii. (Vales.) 



300 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



pour massacrer le peuple? » Elle répon- 
dit : « C'est pour cela que je cours 
avec empressement, afin que moi et mon 
fils que voici nous méritions le martyre. » 
— Aussitôt le préfet retourna faire 
savoir à l'empereur que ce peuple était 
disposé à mourir pour la foi de Nicée; 
par ses paroles et ses instances, vil apaisa 
la colère de l'empereur; et ce préfet, 
Modestus*, qui avait reçu de Valons 
l'ordre de tuer les Edesséniens, les 
sauva. On raconte de lui une foule de 
belles choses. 

A cette époque^ on trouva en Phrygie* 
des Novatiens, des Sabbatiens et des 
Collyriens^ qui faisaient la Pâque avec 
les Juifs : alors, Damase de Rome et 
Pierre d'Alexandrie les excommunièrent 
et les anathématisèrent, de même que 
l'hérétique Eunomius, qui ajouta à la 
multitude de ses impiétés en disant que 
le baptême devait se faire par une seule 
immersion, et non pas au nom de la Tri- 
nité, mais bien par la mort de Notre-Sei- 
gneur Jésus-Christ. 

Ils anathématisèrent aussi les impurs 
Messaliens dont l'hérésie s'est prolon- 
gée jusqu'à nous. — Amphilochius d'I- 
conium s'éleva vigoureusement contre 
eux, ainsi que Letoius * de Mélitène. 

Quand Pierre fut chassé d'Alexandrie 
et que l'arien Lucius, qui avait été ex- 
pulsé de Samosate, y fut entré, Pierre 



se mit h accuser le saint. Ce faisant, il 
pécha par la parole et commit un barba- 
risme. Basile sourit et dit : « Voici que 
nous voyons Démosthène ignorant. » Et 
comme il se mit à le menacer^ le saint 
ajouta : ('. Ton office est de prendre soin 
des condiments des sauces et non de ré- 
former la doctrine divine ; car ton en- 
tendement est fermé à la vérité, n 

Plus tard, quand Valens voulut exiler 
Basile, son calame se brisa trois fois 
dans sa main. — Quand l'empereur 
vint à Césarée,il voulut livrer les églises 
aux Ariens; mais il en fut empêché par 
les prodiges que Dieu opéra par le grand 
Basile. [lo2] 11 fut saisi d'admiration et 
d'affection par la grande sainteté et la 
charité de saint Basile. Et à cause de 
cela, il lui abandonna même des villas 
pour subvenir aux besoins des pauvres \ 

Basile et Grégoire furent maintenus 
à cette époque comme les fondements 
de la foi. A cause de leur grande vertu, 
seuls ils ne furent point jetés en exil 
pendant la persécution. Dès leur jeu- 
nesse ils furent envoyés à Athènes et 
y apprirent les sciences profanes; à 
Antioche, ils furent les auditeurs de 
Libanius, étudièrent la rhétorique et de- 
vinrent philosophes ® ; puis ils quittèrent 
le monde, et préférèrent la vie monas- 
tique ; ils apprirent l'interprétation de 
l'Ecriture dans les livres d'Origène. Me- 



1. Corr. : 'û.a^va.l.x). Cf. Theod., IV, xvri ; Soz., VI, xvm. — 2. Cf. Socr., IV, xxvrri ; V, xxi. — 
3. Au sujet de cette secte nous lisons dans Théodore Bar-Khouni : « Chaque année, à un jour fixé, 
ils offrent une sorte de gâteau (xoWvupa) au nom de Marie, et à cause de cela ils furent appelés Col- 
lyriens » (Pognon, Les Coupes de Khouabir, p. 139). — 4. Ay\zôioç-, ms. : Lêtînos. 

5. Theod., IV, xix. — 6, à|tot toO aocptaTS'Jstv xptOévxeç (Socr. IV, xxvi). 



LIVRE VII. GHAP. VII 



301 



écrivit une lettre dans laquelle il expose 
l'impiété de Lucius *. 

[Extrait] de la lettre de saint Pierre^ ; 
« Palladius était le nom [1S3] du tyran'; 
il professait le paganisme. Etant parvenu 
h la ville, il rassembla le peuple h l'église 
comme un homme empressé d aller sou- 
mettre les Barbares*. Alors furent com- 
mises des atrocités telles que quand seu- 
lement je veux en parler, leur souvenir 
me suffoque, et je répands des larmes; 
et je demeurerais longtemps dans cet 
état de souffrance si je ne réprimais ma 
douleur par la pensée divine. La foule 
étant entrée dans l'église de Theonas, au 
lieu des paroles graves", ils chantaient 
les louanges des idoles, et, au lieu de la 
lecturedes saintes Ecritures, ils battaient 
des mains et proféraient des chansons 
ordurières contre les vierges saintes. 
Ils déchirèrent les vêtements de leur 
chasteté; après les avoir dépouillées, ils 
les promenaient toutes nues parla ville; 
ils agissaient envers elles sans loi ni 
pitié. Si quelqu'un les blâmait ou plai- 
gnait les vierges, ils ne le laissaient 
qu'après l'avoir roué de coups. Beaucoup 
de ces vierges furent massacrées. Au 
milieu même du sanctuaire, ils dressè- 
rent la tente* déjeunes' débauchés qui 
avaient renié le sexe masculin et alTec- 
taient la nature féminine, qui s'étaient 



letius d'Antioche ordonna [diacre] * Basile 
qui ensuite devint évêque de Césarée et 
chassa du Pont les Eunomiens et les 
Ariens^. — Le père de Grégoire était 
évêque. Grégoire allait constamment à 
Constantinople, et affermissait dans la 
foi ses coreligionnaires ; quelque temps 
après, par le suffrage des évoques, il y 
fut établi évêque, pendant 10 ans*". 

A cause de tout cela Valens était 
irrité contre eux. 

Quand le préfet demanda au grand 
Basile pourquoi il ne croyait pas comme 
l'empereur, Basile blâma la foi de l'em- 
pereur. Comme il le menaçait de mort, 
il répondit : « Je suis prêt, pour la vérité, 
à abandonner les liens du corps, w — 
Le préfet lui dit : « Réfléchis à cela. » — 
Basile reprit : « Je serai demain ce que 
je suis aujourd'hui". » — [1S3] Le saint 
ayant été mis en prison, Dominica, 
mère de l'empereur, dit à celui-ci qu'elle 
avait souffert, en songe, de grands 
maux, à cause de l'outrage fait à l'évê- 
que' . 

Une partie des ouvrages de doctrine 
du grand Basile et de Grégoire fut tra- 
duite en langue latine par Rufinus. — 
Pierre, frère de Basile, imita' sa vie 
religieuse, et Grégoire de Nysse son 
éloquence ". Celui-ci acheva Y Hexaémé- 
roïi de Basile après sa mort: il composa 



1. Theod., IV, xxr; cf. Socr., IV, xxr, xxii. Jac. Edess., ad ann. 48, commet une confusion en 
donnant Lucius comme ayant remplacé Athanase lors de son cinquième exil. — 2. D'après Theod., 
IV, xxii. — 3. Préfet d'Egypte. — 4. D'après le grec : «il se précipita sur l'église où le peuple était 
assemblé ». — 5. àvxl pif)[iaTwv <t£(i.vcov. — 6. Gr. : (txyiviq ; l'auteur ne semble pas avoir compris ce 
mot dans le sens de « scène ». — 7. Dans le grec : « un jeune débauché ». 

8. Lire : l-uiûjùo ,ai., d'après le grec. — 9. Socr., IV, xxvi. — 10. Ihid. — 11. h^ii> xa\ ffYjfjiepov 
xa\ aupiov ô aùxo; slfit. — 12. Socr., IV, xxvi. Ms., incorrectement: « aux évêques ». — 13. to 
StôaffxaXtxbv toO Xoyou. 



30 2 



CHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



fardé le visage de rouge, comme lont 
chez eux les idoles, et qui étaient vêtus 
d'habits de femmes; et, sur l'autel où 
nous invoquions la descente de l'Esprit- 
Saint, ils leur firent exécuter des tours 
de danse en faisant des contorsions et 
en sautant, tandis qu'ils riaient eux- 
mêmes impudiquement. — Ensuite, 
pensant que c'était là une légère im- 
piété, ils découvrirent les membres de 
l'un d'eux, qui était connu pour son 
obscénité, [134] et le firent monter dans 
la chaire'. Il fit un sermon contre le 
Christ et leur tint des discours obscè- 
nes. — Pour moi, quand je vis ces 
choses, je sortis. » 

Valens ayant chassé les chrétiens de 
l'église 2, ils se réunissaient au pied de la 
montagne, ayant h subir la pluie, [la neige, 
la gelée] ou l'ardeur du soleil. jL'empe- 
reur envoya des soldats pour les dis- 
perser] ^ — Flavianus et Diodore ' pri- 
rent soin d'eux et les instruisirent, tant 
que Meletius fut en exil. 

Le moine Aphraate en apprenant ces 
choses abandonna sa cellule et alla au 
secours des saints pasteurs ^ Comme il 
passait près d'un grand portique qui se 
trouvait le long du fleuve Oronte, il se 
trouva que l'empereur Valens regardait 
du haut du portique, et lui demanda : 
« Où vas-tu?» Il répondit : « Prier pour 
ton empire. » L'empereur reprit : « Tu 



une oraison funèbre de Meletius, h Con- 
stantinople ^. 

Grégoire de Néocésarée précéda ceux- 
ci; il fut l'un des disciples d'Origène, 
[et fut] très versé dans les sciences pro- 
fanes et ecclésiastiques; il fit des pro- 
diges et des miracles \ 

Il y eut un autre Grégoire qui parut 
à Alexandrie, et qui était arien*. 

ALiberius de Rome succéda Damasus. 
Il y avait un diacre nommé Arsenius; 
quelques évèques l'ordonnèrent en se- 
cret, et il y eut un schisme parmi le 
peuple; après plusieurs massacres, Ar- 
senius abdiqua volontairement^. 

Dans la ville de Milan, l'évêque étant 
mort, il y eut un grand trouble^*. Le juge 
Ambroise, craignant [des excès, se ren- 
dit à l'église. Le peuple porta sur lui 
son choix] '*, et les évêques le prirent de 
force et le baptisèrent; mais comme il 
refusait le sacerdoce, ils consultèrent 
l'empereur Valentinienà son sujet. Ayant 
reconnu que la chose venait de Dieu, il 
fut ordonné et apaisa les mécontents" 
de l'endroit. 

A cette époque, h Antioche, le philo- 
sophe Themistius calma la colère de Va- 
lensparlediscours qu'il fit et danslequel 
il dit : « On ne doit pas s'étonner que 
les chrétiens soient divisés dans leur 
croyance. Cette division est petite en 
comparaison de la confusion des croyan- 



1. 6pôvoç. — 2. D'Antioche. — 3. Nous complétons les quelques mots qui manquent d'après 
Theod., IV, XXIV, d'où le passage est tiré. — 4. Ms. : Theodorus. Restituer : ujoo»o»a.v, Theod., 
IV, XXV. — 5. Theod., IV, xxvr, 

6. SocR., IV, xxvr, s. f. Ci-dessous, p. 311. —7. Socr.,IV, xxvii. —8, Ibid. —9. Ce passage est 
une répétition dé ce qui a été dit plus haut, p. 298. Lire : Ursinus au lieu de Arsenius que porte 
le ms. — 10. SocR,, IV, xxx ; cf. Theod., IV, vu. — 11. Nous complétons d'après le sens, les quel- 
ques mots qui manquent dans le texte. — 12. Littér. : « les irrités »; gr, : oc Sita-rûTS?, 



LIVRE Vît. GHAP. Vil 



303 



dois prier dans ta cellule, selon la règle 
des moines. » Aphraate dit : « J'ai fait 
cela tant que l'Eglise fut en paix. Mais 
maintenant, si j'étais une jeune fille en- 
fermée dans le gynécée, et si je voyais 
le feu tomber sur la maison de mon père 
que devrais-je faire, ô empereur? Rester 
tranquille ou courir* porter de l'eau 
pour éteindre* les flammes? Je sais que 
tu me diras que je devrais faire ceci. 
Et c'est ce que je fais maintenant. Puis- 
que tu as mis le feu à la maison de 
mon Père, je cours maintenant l'éteindre 
si c'est possible. » L'empereur lui fit 
des menaces'; un des grands adressa 
des paroles de reproches au moine, 
mais au moment même [133] où cet 
homme descendit pour préparer un bain 
à l'empereur, le Seigneur le frappa ; il 
perdit l'esprit, tomba dans un bassin 
d'eau chaude et mourut. L'empereur 
comprit que cela était arrivé par la prière 
d'Aphraate. 

Les partisans d'Arius répandirent le 
bruit que Julien Saba adhérait à leur 
doctrine. Flavianus, Aphraate et Dio- 
dore l'envoyèrent chercher. Etant venu, 
il les confondit et fit croître la foule des 
fidèles. De même, autrefois, Antoine 
était venu à Alexandrie et avait pro- 
clamé qu'Athanase était le héraut de la 
vraie foi*. 

Le docteur Mar Ephrem était riche de 
la doctrine divine ; il ne goûta jamais l'é- 



ces des païens. Il y a, dit-il, trois cents 
croyances, et chacun pense ^ comme il 
lui plaît. Dieu aussi veut être glorifié 
diversement, afin que chacun redoute 
souverainement sa majesté, puisque sa 
connaissance n'est pas facilement acces- 
sible® ». 

A cette époque les Goths se firent 
chrétiens. On leur ordonna pour évê- 
que Aurophilas ^, qui inventa les lettres 
gothiques et traduisit les livres divins 
dans la langue des Goths ". 

Le pénitent' Mousa, ayant été ordonné 
évêque h la demande de Ma Via , reine 
des Arabes, convertit beaucoup d'Arabes 
au christianisme". 

A cette époque Pierre revint à Alexan- 
drie, avec des lettres de Damasus de 
Rome, et chassa Lucius^', Peu de temps 
après, Pierre mourut et Timothée lui 
succéda**. 

A cette époque parurent des hommes 
[IM] vertueux *'. 

Ammôn, ayant été fiancé de force, lut 
pendant la noce ce que l'Apôtre écrivit 
aux Corinthiens à propos du mariage. 
Il ajouta beaucoup d'autres choses au 
sujet des maux et des douleurs de l'en- 
fantement. Il inspira à sa femme le dé- 
sir de garder la virginité, et ils s'en allè- 
rent tous les deux dans la montagne de 
Nitrie. Là, ils se séparèrent; ils vivaient 
de pain et d'eau, ne mangeant que tous 
les deux jours. Au moment de la mort 



1. Lire : ^w»l. — 2. Lire ; y^Ji. — 3. Dans le gr. : « l'empereur se lut, mais un des grands 
adressa, etc. » — 4. Theod., IV, xxvll. 

5. Litt. : « se sépare ». — 6. Socr., IV, xxxir. — 7. OùXçéXaç. — 8. Socr., IV, xxxnr. — 9. Litt. : 
c( lugens », employé dans le sens d' « ascète ». — 10. Cf. ci-dessus, p. 294. — 11, Lire : ^ûoaujeîi^. 
— 12. Socr., IV, xxxvir. — 13. Tout ce qui suit, jusqu'à l'avant-dernier alinéa du chapitre, est tiré 
de SocRATE, IV, xxnr. 



304 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



ducation des Grecs*. Harmonius, fils de 
Bardesane, ayant composé des chants 
auxquels il avait mêlé son impiété, en- 
traînait beaucoup de gens vers la perdi- 
tion par l'agrément du langage de ces 
cantiques. Ce docteur emprunta son 
agencement et sa mesure* et fit des 
hymnes» remplis de piété. 

A cette époque, le soldat* Terentius 
reprit l'impie Valens. Celui-ci menaça 
de les tuer à son retour; mais Dieu le 
livra à la ruine, et il ne revint pas. 

Betranionos ^, évêque des Scythes, 
blâma aussi vigoureusement Valens, de 
pervertir la foi, et ne fut pas confondu®. 

Valens trompa aussi, par Eudoxius, 
les Goths qui s'étaient récemment con- 
vertis à la foi, et ils adhérèrent à la doc- 
trine perverse d'Arius. C'est pourquoi, 
jusqu'à ce jour, les Goths disent que le 
Père est plus grand que le Fils; mais ils 
n'ont jamais pu être amenés h dire que 
le Fils est une créature; car, bien qu'ils 
aient été induits en erreur^ ils n'ont ce- 
pendant pas abandonné la foi deNicée à 
laquelle ils s'étaient convertis \ — Fin. 

complir. » Plus tard il disait : « En Tespace 



d'Ammôn, Antoine vit son ;niie qui s'é- 
levait au ciel portée par les saints anges. 
Plusieurs s'efforcèrent de Fimiter et 
entrèrent au désert. Ammôn ne voulut 
jamais regarder son corps ; c'est pour- 
quoi, parvenu à la rive d'un fleuve et 
étant dans l'anxiété ^, il se trouva [subi- 
tement transporté] sur l'autre côté. 

Didyme vécut quatre-vingt-dix ans, 
sans commerce avec les hommes. 

Arsenius [ne repoussait pas] les [jeu- 
nes moines qui péchaient, mais bien les 
anciens. 

Pior prenait sa nourriture en mar- 
chant]'. 

Isidore disait qu'il ressentait la con- 
cupiscence depuis quarante [ans], mais 
qu'il n'avait consenti ni à la sensualité, 
ni à la colère. 

Pambo '" alla pour apprendre un 
psaume. Etant arrivé à cette sentence 
qui dit ** : « Je garderai ma voie, et je ne 
pécherai point par ma langue », il ne 
continua plus. Celui qui l'instruisait 
l'ayant blâmé de ne pas continuer à ap- 
prendre, il répondit : « Cela me suffit 
jusqu'à ce que j'aie vu si je puis l'ac- 
de dix-neuf ans, j'ai à peine appris à l'ac- 



1. Le sens est qu'il n'étudia jamais le grec. Cf. Theod., IV, xxrx. — 2. Il faut peut-être lire : 
|ea.Jô\ I/Lû-vi.éNv), TTiv àpnovi'av toO [AâXoyç. — 3. Midrasê, « hymne » dans un sens très large; Theod, : 
a(7|xaTa. — 4. Il est question de Terentius au ch. xxxii, et de Trajanus au ch. xxxni de Theod. 
(livre V). Tous les deux sont qualifiés de généraux (crTpaTyjyoî). La menace s'applique à Trajan (cf. 
ci-dessus, p. 294, n. 2). L'expression de l'auteur : « de les tuer », donnerait à penser qu'il avait réuni 
deux noms et qu'il manque quelques mots dans le texte. II rapportait probablement l'épisode du 
moine Isaac {ihid., xxxiv) consigné dans la Chronique de Jacques d'Édesse (ad ann. 53) et où il est 
question d'une semblable menace, — 5, BpsTav'wv, Vetranio; Theod., IV, xxxv. — 6. Cf. Ps. cxix, 46. 
— 7. Theod., IV, xxxvii. 

8. A cause de la nécessité d'enlever ses vêtements. — 9. Nous comblons ainsi, d'après le sens du 
grec, la lacune de deux lignes du ms. — 10. Lire : ûa->a9, Ilajxéa)?. — 11 Ps. xxxvni, 1. 



LIVRE VII. GHAP. VII 305 

complir. » — Une autre ^folsj' des gens lui donnèrent de l'or et lui dirent: « Il y a 
tant »; il répondit : « On ne doit pas se préoccuper de la quantité, mais de l'inten- 
tion droite. » — Il vit une femme qui dansait dans le théâtre, et il pleura. On lui 
demanda pourquoi. Il répondit: « Premièrement, à cause de sa perte; et seconde- 
ment, à cause de moi-même, parce que je ne prends pas tant de soin de plaire à Dieu 
que celle-ci en prend de plaire aux hommes mauvais. » 

On dit à un autre : « Ton père est mort. » Il se fâcha en disant : « Mon père 
a été jugé digne de l'immortalité. » 

Un autre possédait seulement un Évangile; il le vendit, et en distribua le prix aux 
pauvres, en disant : « Lui-même m'a ordonné de le vendre \ » 

A cette époque, Evagrius fut ordonné diacre par Grégoire de Nazianze. Il écrivit et 
dit : « Il y a quatre vertus, et nous avons appris leur méditation du grand Grégoire, 
[ce sont] : la prudence, la force, la tempérance et la justice'. » 11 disait que « l'œuvre 
de la prudence est la contemplation sans raisonnement des puissances spirituelles ; ces 
choses sont connues par la sagesse; l'œuvre de la force est la constance [pour persé- 
vérer] dans la vérité lorsqu'on est persécuté, et pour ne pas rechercher les choses du 
néant. A la tempérance appartient de recevoir la semence du premier ouvrier et de 
rejeter la semence de l'ivraie. La justice fait qu'on accommode le discours en toute 
chose comme il convient*. » 

On demandait à Macaire " : « Pourquoi afFaiblissons-nous la vertu de la mémoire de 
l'âme quand nous conservons de la rancune contre les hommes, et restons-nous in- 
demnes quand nous gardons de la rancune contre les démons? » — Il répondit ; 
« Parce que la première passion est en dehors de la nature, [153] tandis que la se- 
conde est selon la nature de la colère. » 

Macaire l'Égyptien et Macaire d'Alexandrie furent exilés dans une île de païens. Le 
démon était entré dans la fille du prêtre de l'endroit qui criait : « Pourquoi êtes-vous 
venus ici nous chasser?» — Ces saints firent sortir le démon de cette vierge par leurs 
prières; le prêtre et toute cette île se convertirent; ils firent du temple une église '^. 

Didyme était encore enfant et commençait h s'instruire, lorsqu'il tomba dans 
une maladie d'yeux et devint aveugle. Dieu lui donna des yeux spirituels. II apprit par 
cœur la grammaire, la rhétorique, la dialectique, l'arithmétique et la musique; il réci- 
tait de mémoire^ tous les Livres de l'Église et leurs commentaires. Antoine l'ayant vu 
lui dit : « Ne t'afflige pas, Didyme, d'être privé des yeux que les moustiques peu- 
vent blesser ; mais réjouis-toi de posséder des yeux tels que ceux par lesquels les anges 
eux-mêmes voient, et [par lesquels] Dieu est connu. » — Didyme combattait victorieu- 
sement les Arfens et tous les hérétiques, par ses réfutations*. — Fin de ce \chapitré\ ; et 



1. Le texte syriaque semble dire qu'il s'agit d'un autre moine; mais à tort, d'après le grec. ~ 
2. Cf. Luc, xviir, 22. — 3. çpovYjfftv ■/a\ àvôpet'av, crtocppotrûvYiv xa'i Sixaiocruvriv. Le mot syriaque qui 
rend le premier nom signifie proprement : science. — 4. Cf. le texte grec ; Sot;R., IV, xxiu, a. f. — 
5. L'Egyptien. — 6. Sogr., IV, xxvr. — 7. Litt. : « de langue. » — 8. Socr., IV, xxv. 

I. 39 



306 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

gloire au Seigiieur qui s'est fait ohlation pour notre race et qui, dans sa philanthropie 
et sa charité^ a racheté Vhomme coupable. — Le pécheur qui a écrit ces choses supplie 
en gémissant ceux qui [/es] liront [de prier pour lui]. 

CHAPITRE VIII DU LIVRE VIL —Du temps du règne de Gratien, de Théodose 

et de Valeiitinien^. 

Gratien, fils de Valentinien, avait été fait autocrator, à Rome, du vivant de 
son père ; ils'empara de l'empire après [la mort de] Valens; il mit fin aux folies 
de celui-ci et les fit cesser; il était juste, pieux et orthodoxe *. 

II associa à l'empire le grand [lo6] Théodose d'Espagne, qui était Ibère 
d'origine*. Comme Théodose lui-même avait déjà pris soin de faire proclamer 
Gratien empereur avant la combustion de Valens, pour ce motif Gratien établit 
Théodose à Constantinople et dans tout l'Orient. 

Théodose était courageux, prudent, expérimenté à la guerre. Il avait promp- 
tement vaincu les Barbares qui étaient en Thrace. 

A cette époque*, Ardasîr, roi de Perse, mourut, et son fils Sabhour commença 
à régner. 

A cette époque, un homme, nommé Maximus^ tua insidieusement Gratien, à 
Rome% en la d" année de Théodose, et Valentinien, frère de Gratien, commença 
à régner à Rome. — Maximus se révolta contre l'empereur. Alors, Théodose 
et Valentinien marchèrent de concert contre lui. Le tyran fut vaincu; il fut livré 
enchaîné par ceux qui l'accompagnaient et fut massacré. Les deux empereurs 
entrèrent triomphalement à Rome s. 

Quand l'empereur Théodose revint à Constantinople, il envoya en Orient le 
général Saporus^ Celui-ci, étant venu à Antioche et voyant les querelles, chassa 
tous ceux qui ambitionnaient le siège épiscopal. 

En ce temps-là, l'empereur Théodose étant venu à Thessalonique y tomba ma- 
lade. Voulant recevoir le baptême, il interrogea Akîlos', évoque du lieu, sur sa 
croyance, et ayant appris que la doctrine des Ariens n'avait pas pénétré en Illy- 
rie, il reçut le baptême des mains d'Akilos. Ensuite [137] il recouvra la santé, 



1. A la suite du titre le ms. porte cette rubrique : Et encore ici^ dans le canon des années des 
Grecs, nous avons compté 4 années de trop dans le comput. C'est pourquoi nous recommençons à 
Vannée 690. Que celui qui lit comprenne! Cette note est relative aux erreurs chronologiques qui se 
sont introduites dans la transcription des canons de Jacques d'Edesse. Comp. le tableau (Livre XI, 
dans le t. II) à l'an 695. — 2. Cf. Theod., V, r. — 3. Cf. Theod,, V, v-vr; Socr., V, ii. Ces deux 
auteurs disent que Théodose était né en Espagne. Le mot Ibère doit donc s'entendre ici en ce sens. 
— 4. En l'an 2 de Théodose, selon le Canon. — 5. Gratien fut tué en Gaule. Cf. ci-dessous, p. 310. 
■ — 6. Cf. Theod., V^ xit; Sogr., V, xi, xn, xiv. — 7. Saucopo; toO (jTpaTYÎYoO (Theod., V, m). — ^ 
8. 'A(Txô>.'Oî. Socr,, V, vi, d'où est tiré le passage. 



LIVRE VII. CHAP. VIII 307 

et revint à Gonstantinople, où il bâtit l'église de TAnastasie, par les soins du 
grand Théologien* qui était encore là. 

Alors un fils naquit à Tliéodose de sa femme Flaccilla^; ce fils est Honorius '. 
Flaccilla était riche en vertus. Elle enseignait à son mari les lois de la religion ; 
elle servait elle-même les malades et les pauvres; elle parcourait les hospices* 
des églises, et, de ses mains, elle soignait les infirmes et leur donnait à manger 
et à boire^ 

L'empereur Théodose, poussé par la guerre, imposa un tribut aux villes. Les 
habitants d'Antioche en furent fort irrités. Flaccilla, d'heureuse mémoire, étant 
morte à ce moment-là, les Antiochéniens renversèrent la statue qu'elle avait 
dans leur ville et latraînèrentpar les rues. Quand l'empereur l'apprit, il s'emporta, 
retira la principauté aux Antiochéniens et la donna aux Laodicéens. Les juges 
firent dans la ville de lamentables massacres. Le bienheureux Macedonius qui 
ne savait rien des choses du monde, et qui n'était point instruit des Écritures, 
descendit reprendre les juges et leur dit de dire à l'empereur : « Considère ta 
propre nature ; tu es homme et tu règnes sur des hommes; Fhomme est fait à 
l'image de Dieu : n'ordonne donc pas de détruire son image. Tu es irrité pour 
une image de bronze! Combien l'image spirituelle n'est-elle pas supérieure à 
une statue inanimée. 11 nous est facile défendre de nombreuses images d'airain; 
mais tu ne peux [1^8] créer un poil de la chevelure de ceux qui ont été massa- 
crés. » Les juges ayant rapporté les paroles du vieillard à l'empereur, celui-ci 
fit pénitence et écrivit au peuple des excuses et des consolations*. 

A cette époque, à Thessalonique, qui était la capitale de l'Italie"', il y eut une 
sédition, et on lapida les gouverneurs^; l'empereur usa d'un cruel châtiment. Le 
tyran donna des ordres et, se délivrant du joug de la raison, il fit tuer indistinc- 
tement des innocents^ et des coupables au nombre de sept mille *". 

Quand l'empereur rint à Milan, l'évêque Ambroise, ayant vu ce massacre, alla 
au-devant de lui hors la porte de l'église et lui défendit d'entrer, en disant : « Ne 
comprends-tu donc pas le crime que tu as commis? La gloire de l'empire t'em- 
pêche-t-elle de te connaître toi-même? Avec quels yeux regarderas-tu le temple 
du Seigneur? Avec quels pieds fouleras-tu le seuil de ses portes? Comment 
étendras-tu tes mains pour prier, alors que le sang** en découle encore ? Et com- 
ment approcheras-tu de ta bouche le sang de Dieu, après avoir répandu tant de 
sang innocent? Va; n'accrois pas ton péché sous prétexte d'une prière qui ne peut 
qu'irriter le Seigneur. Accepte les liens que le Seigneur confirme" du ciel, afin 

1. S. Grégoire de Nazianze. Cf. Socr., V,vii, — '2. Ms. ici et partout : Placida, conformément à 
la leçon de Socrate, IV, xxxi : Ix n),ax;3r)ç. — 3. Cf. Socr., V, xii. — 4. IsvoSo/sïa ; Theod. : 'Exx>Y](Ttwv 
Toùç Çeviovaç. — 5. Theod,, V, xrx. — 6. Theod., V, xx. — 7. Sic ms. — 8. riyEfxwvsc. Theod. : tmv 
àpXÔvTwv TtvÉc. — 9. Lire : l-.à't. — 10. Theod., V, xvir. — 11. Lire : l^o» "^sa t^. — 12. Lire : »> 

(et non t»-^); gr, : ytvsTO!! (jvii<p-fi-^oz. 



308 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

qu'ils soient un remède pour ta guérison. » L'empereur accepta l'interdit sans 
contester et retourna au palais. Au bout de huit mois, quand arriva la fête de la 
Nativité, l'empereur était assis et pleurait. Rufinus, le maître [des offices]', lui 
demanda la cause de ses pleurs. L'empereur lui répondit en suffoquant : « Quoi! 
tu ne comprends pas mon malheur? [1^9] Les esclaves et les vagaljonds entrent 
à l'église ; et moi j^en suis empêché ! je suis lié sur la terre et au ciel ! » — Celui- 
ci reprit : « Je vais courir supplier l'évêque. » — L'empereur répondit : « Il ne 
se laissera pas persuader. Je connais la justice d'Ambroise; il ne craindra pas 
l'autorité royale au point de transgresser la loi divine. » — Rufînus ne se tint 
pas tranquille, il sortit pour y aller. L'empereur sortit à sa suite, rempli de 
crainte. Ambroise, en voyant Rufinus, lui dit : « Tu imites l'impudence des 
chiens, ô Rufin, qui fus le conseiller d'un tel massacre. Tu as effacé la pudeur 
de ton front. » — Rufinus^ multipliait les instances et disait en suppliant: « Voici 
l'empereur qui vient. » En entendant cela, Ambroise s'enflamma et s'écria : « S'il 
vient, je l'empêcherai d'entrer dans l'église; et s'il transforme son pouvoir en 
tyrannie^ je recevrai de lui l'immolation avec joie ^ » — Rufin ayant entendu 
de telles choses fît dire à l'empereur de ne pas venir. L'empereur qui était au 
milieu du forum dit : « J'irai, et je supporterai un juste affront. » — Il vint mais 
n'entra point à l'église, et resta debout en suppliant. L'évêque qualifia sa 
venue d'audace tyrannique, et lui dit : « Tu es enragé contre Dieu, dans ta folie ! » 

— L'empereur répondit : » Je ne transgresserai point la loi, et je n'entrerai 
point dans l'église sans permission. Je te demande seulement de ne pas faire 
fermer les portes. » — L'évêque reprit : [160] « Quelle pénitence as-tu offerte?» 

— L'empereur lui dit : « C^est à toi de me montrer les remèdes à ma blessure. » 

— Alors l'évêque lui imposa [une règle], en lui disant : » Puisque tu juges 
avec colère, et que tu prononces sans discernement la sentence de mort, porte 
une loi pour rendre nulles tes sentences et remettre à trois* jours l'examen 
des criminels, la sentence écrite attendant le jugement de la raison. Quand 
quelques jours seront écoulés, la colère étant alors apaisée, la raison jugera et 
examinera ce quiva été écrit : elle reconnaîtra si les écrits sont justes, et alors elle 
les confirmera, ou s'ils sont iniques, et elle les déchirera. » — Aussitôt l'empereur 
ordonna d'écrire et d'établir pour lui cette règle. Après cela Ambroise leva l'in- 
terdit. Et quand l'empereur entra dans l'église, il ne se tint point debout, mais 
il priait prosterné, en disant : « Je me suis attaché à la poussière : vivifie-moi 
selon ta parole ^ » II pleurait, s'arrachait les cheveux et se frappait le front. 
Quand il eut présenté les offrandes à l'autel, il se tint en deçà de la balustrade^ 



1. Toucp'ivoç ixàyicrTpo;. — 2. Lire : U^^ov — 3. Lire : lû^*»»» (taii^ ^lo; gr. : il Sa st; rupavvt'Sa t-^v 
PafftXEtav [j.eOt(7Tï](îi... — 4. Theod. : trente jours. Il faut corriger dans le texte : ^ {= 30), au lieu de : 
(— 3\_ 5. Ps_ Gxvin, 25. — 6. cancelU. C'est-à-dire : dans Je sanctuaire. 



LIVRE VII. CHAP. VIII 



309 



selon l'usage. L'évéque lui fit dire : « C'est la place des prêtres et non des rois, 
de même que le vêtement de pourpre appartient aux rois et non aux prêtres. » 
L'empereur reprit : « J'ai vu cette coutume à Constantinople, » — L'empereur, 
étant retourné à Constantinople, se tint hors de la balustrade pendant les mys- 
tères. Le directeur de l'église lui fit dire d'entrer, mais il répondit qu'Ambroise 
avait raison*. 



A cette époque fut bâtie la ville de Res- 
'ayna, en Mésopotamie, sur l'ordre des 
empereurs Gratien et Théodose'. 

Après le meurtre de Valens, les Bar- 
bares' vinrent jusque sous les murs de 
Constantinople; Théodose sortit, les 
dispersa, [136] les poursuivit et les 
soumit'. 

Autant, en effet, les affaires de l'É- 
glise étaient troublées : autant celles 
de l'Empire". 

Meletius demeurait à Antioche etPau- 
linus*, qui y avait été institué, n'admet- 
tait pas que Meletius fût proclamé en 
même temps que lui, parce qu'il avait été 
établi par les Ariens. Ensuite, ils convin- 
rent que l'Evangile serait placé au mi- 
lieu et qu'ils se tiendraient l'un à droite 
et l'autre à gauche; ils statuèrent aussi 



Quand Gratien et Valentinien son frère 
commencèrent à régner, les évêques re- 
vinrent de l'exil, chacun à son église ■. 
C'est pourquoi, Grégoire de Nazianze, 
qui gouvernait les Orthodoxes à Con- 
stantinople, eut une grande liberté, et, 
par la vigueur de son enseignement, par 
ses fidèles conseils, il dirigeait tout [136] 
le peuple et affirmait la vraie foi du 
« consubstantiel »\ 

Les Edesséniens revinrent et repri- 
rent leurs églises^. Comme Barsê, leur 
évêque, avait fini sa vie en exil, dans un 
véritable martyre, Eulogius fut institué 
24® évêque d'Edesse'". 

A Jérusalem, le 47'' évêque fut Cyrille 
qui avait été exilé ". 

A Rome, à l'orthodoxe Damase, suc- 
céda Siricius, pendant 16 ans". 



1. Tout ce long paragraphe est traduit de Théodoret, V, xviii. 

2. Jac. Edess., ad ann. 57 ; en 692 (380-81), selon le Chron. edess., n° xxxv. 0£o8o(noyiTo),K; (Proc. 
Bell, pers., II, 19). — 3. Les Goths. — 4. Cf. Socr., V, i ; il attribue cette sortie aux habitants. Au 
sujet de Théodose, cf. V, u, et Thbod., V, v. — 5. Socr., V, Prooemion. — 6. Ms. : Flavianus; sans 
doute par confusion, dans l'écriture, des deux noms : ifli>ûi2^û9, Paulinus, et : u»ûucîb>9, Flavianus. 
Cf. ci-dessus, p. 275, n. 6. 

7. Theod., V, II; Socr., V, rr. — 8. Theod., V, virr; Socr., V, vr. — 9. Chi-. edess., n" xxxr : 
« Au mois de 'iloul de cette année (684 = 373) le peuple abandonna l'Église d'Édesse, à cause de la 
persécution des Ariens » ; n" xxxiri : « Le 27 de kanoun I" de cette année (déc. 378) les Orthodoxes 
entrèrent et s'emparèrent de l'Église d'Edesse. « Cf. p. 204. — 10. Cf. Theod,, V, iv; Chr. edess., 
n° xxxrr : « Au mois de 'adar de l'an 689 (mars 378) mourut Barsê ; n" xxxiv : « Mar Eulogius 
devint év. d'Édesse l'année même où Théodose le Grand commença à régner » (379). — 11. Cf. Theod,, 
V, IX; Socr., V, VIII. Cf. ci-dessus, p. 270 et p. 275. — 12. Cf. Socr., V, ii; VII, ix. 



310 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



que le siège de celui qui mourrait le 
premier vaquerait et que celui qui sur- 
vivrait l'occuperait'. 

Les Ariens occupèrent les églises 
d'Antioche pendant 40 ans, depuis l'an 5 
de Constance jusqu'à la première an- 
née de Théodose^. 

La mort de Gratien survint de cette 
manière : Andragathius% général de 
Maximus, se cachadans une litièreportée 
par des mulets et fit courir le bruit 
que la femme de Gratien arrivait. C^est 
pourquoi, l'empereur étant sorti sans se 
garder de l'embûche, ce tyran sauta sur 
lui et le tua*. 

Justina, mère de Valentinien, avait été 
baptisée par les Ariens; c'est pourquoi, 
quand elle vint à Milan, elle voulut 
chasser Ambroise; mais le peuple ne le 
permit pas, et il y eut du tumulte. Sur 
ces entrefaites, la nouvelle du meurtre 
de Gratien étant arrivée^ elle calma sa 
colère *. 

A cette époque, l'empereur Théodose 
ordonna de ramener à Constantinople 
le corps de l'évêque Paul que les Ariens 
avaient étranglé à Cucusum'^. 

Tandis que l'empereur Théodose 
riS7] marchait h la guerre contre le 
tyran Maximus, les Ariens répandirent 
le bruit que l'empereur avait été vaincu, 
et ils osèrent mettre le feu à la mai- 
son de Nectaire, l'évêque de Constan- 
tinople'. 

L'empereur Théodose s'empara du 



Synode des cent cinquante ïéçécjues], 
qui se réunirent à Constantinople du 
temps de l'empereur Théodose_, qui fut 
confirmé autocrator dans tout l'Orient, 
et qui confirmait la foi orthodoxe; qui 
approuvait la confession du « consub- 
stantiel», et qui rejeta l'erreur des Ariens, 
renversa leurs églises, chassa de la mi- 
lice les soldats qui n'avaient pas consenti 
à mépriser l'erreur des Ariens; qui, 
par l'opération du Saint-Esprit, appela 
et réunit autour de lui, des quatre par- 
ties du monde, les hérauts de la foi or- 
thodoxe. 

En effet, cent cinquante évêques se 
réunirent en la 4° année de son règne, 
qui est l'an 694 des Grecs*. La somme 
des années depuis le concile de Nicée 
jusqu'au temps de ce synode est de 57 
ans. — Les chefs de ce second synode 
furent : Meletius d'Antioche, Timothée 
d'Alexandrie^ le grand Cyrille de Jéru- 
salem, Grégoire le Théologien de Con- 
stantinople même, et Grégrfire de Nysse. 
Ils anathématisèrent la doctrine d'Arius 
et quiconque y adhère, ainsi que Mace- 
donius, qui avait succédé à Alexandre, 
à Constantinople, pour avoir osé dire 
que [1S7] l'Esprit-Saint est une créa- 
ture et qu'il n'était pas égal au Père et 
au Fils. 

Après avoir anathématisé ceux-ci, ils 
confirmèrent la définition de la foi éta- 
blie par le saint synode des 318 Pères, 
en y ajoutant quelque chose à propos du 



1. SocR., V, V, — 2. La phrase paraît empruntée à Socrate (V, vn; s. /".); mais celui-ci parle de 
Constantinople et non d'Antioche. — 3. 'AvÔDayaGio;; ms., partout : Androgothias. — 4. Socr., V,xi. 
— 5. Tbid. — 6. Èv Ko\Jxoj(7(Tw, Socr., V, ix. — 7. Socr., V, xiri. 

8. Jac.Edess., ad ann. 58; Theod , V, viti ; Socr., V, viii. 



LIVRE VII. GHAP. VIll 



311 



tyran et le tua; et Andragathius se jeta 
dans un fleuve et se noya'. 

Symmachus, qui avait fait un discours 
dans lequel il louait le tyran, voyant 
que Maximus avait été tué, s'enfuit à l'é- 
glise; l'empereur le laissa [tranquille]^. 

En ce temps-là, l'empereur trouva à 
Rome deux choses' honteuses qu'il 
aholit*. 

[Voici! la première. Il y avait des édi- 
fices dans lesquels se trouvaient des 
boulangeries" et, à côté, des logements 
de prostituées. Quiconque entrait, soit 
pour acheter du pain, soit pour se livrer 
à la débauche, était saisi pour tourner la 
meule jusqu'à sa vieillesse. Un des 
[soldats] de Théodose, ayant été pris, 
trouva la force de tuer ceux qui s'étaient 
emparés de lui; il fit savoir la chose à 
l'empereur qui ordonna de détruire ces 
édifices. 

Ils enfermaient aussi la femme sur- 
prise en adultèredansunemaison étroite, 
et ils la contraignaient de se prostituer; 
ils lui attachaient une sonnette, de ma- 
nière à faire connaître la chose aux pas- 
sants et à dévoiler sa honte. — L'empe- 
reur, ayant appris cette chose, la fit aussi 
cesser, et il ordonna que les prostituées 
et les adultères fussent jugées selon la loi. 



Saint-Esprit"; parce qu'en ce temps-là 
aucune discussion ne s'était encore éle- 
vée au sujet du Saint-Esprit. 

Le synode des évèques attribua le 
siège de Constantinopleà saint Grégoire, 
comme récompense honorifique de ses 
labeurs '. — Ayant vu que les évêques 
d'Egypte étaient jaloux et murmuraient, 
il abdiqua volontairement et l'abandonna 
après l'avoir occupé 10 ans*. 

Il fit un discours d'adieu ". Il fit con- 
naître la vérité, et ensuite il ajouta : 
« Rendez-moi à la vie rustique, à la soli- 
tude et à Dieu ". » — Après son départ, 
ils ordonnèrent le vertueux Nectaire 
comme évêque de Constantinople '*, 

Théodose en voyant Meletius d'An- 
tioche dit : « J'ai vu en songe cet homme 
qui me faisait empereur*'. » — Meletius 
d'Antioche mourut pendant le concile, 
et Grégoire de Nysse fit son oraison fu- 
nèbre. Son corps fut rapporté à Antio- 
che et enseveli près de saint Rabylas'^ 

Damase et Ambroise ne vinrent point 
à ce concile, parce que chacun d'eux au- 
rait voulu qu il se réunît près de lui. 

Dans ce concile, ils assignèrent à 
Constantinople l'honneur [du premier 
rang] après Rome ; et ils partagèrent les 
provinces**. [Ils définirent aussi] que les 



1. SoGR., V, XIV. — 2. Ihid. — 3. Lire : pjj>.ôl^. — 4, Soca*, V, xviii, — 5. Littér. : des mou- 
lins', gr. : [LMlGive;;^ pistrina. 

6. EH., Chr. eccles., I, 109 ; « Ils ajoutèrent au sujet du Saint-Esprit; • ^î>» |.i,.*.iio Uî-^ uoio^^h 
|.3;j.o • «»*aiiv*ioo ,^mio \'ts >OLi.c> lai ^vo -ûû) \.s\ ^y ow, qui est dominas vivificans omnia, qui ex 
Pâtre procedit et cum Pâtre et cum Filio adoratur et glorificatur, etc. ». — 7. Cf. Socr., V, vi ; 
Theod., V, vm. — 8i BH., Chr, eccl., I, 113 : 20 ans. — 9. (T-jvTaxxriptoc, Patr. Gr., t. XXXVI, 
col. 457 sqq. — 10. Un peu différemment dans le grec : l[j.o\ Sa ôôtî xriv zp-q^xioLv , xol\ ty^v àypoixtav %a\ 
Tov ®zôv{Patr. Gr., XXXVI, 487), — 11. Socr., V, vrij vnr; Theod., V, vni. — 12. Tueod., V, vii; 
-^ 13, Socr., V, ix; Theod., V, viir, — 14. Socr., V, ix, c. m. 



312 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



A cette époque fut supprimé le prêtre 
qui recevait la confession pénitentielle 
dans les églises*. 

Jusqu'alors, [1S8] l'office de la péni- 
tence était confié à un prêtre de l'église, 
et s'il arrivait que quelqu'un tombât 
dans le péché après le baptême, il allait 
trouver ce prêtre, confessait sa faute, 
et en recevait une pénitence, — Du 
temps de Nectaire, un diacre pécha 
avec une femme noble*. S'étant confes- 
sée au prêtre, la femme fit connaître le 
diacre qui fut destitué de son ordre. Il y 
eut une grande agitation parmi tout le 
peuple. Alors, le prêtre Eud;«mon Monna 
à Nectaire le conseil d'abolir le prêtre 
chargé de la pénitence et de laisser 
chacun s'approcher des saints mystères 
selon sa conscience. 

Le chroniqueur Socrate, s'adressant 
au prêtre Eudaemon, dit* : « Ton con- 
seil a-t-il été avantageux pour l'Eglise 
ou non? Toujours est-il qu'il fut l'occa- 
sion de ne plus se reprocher mutuel- 
lement les fautes, et de ne pas observer 
la parole de l'Apôtre qui a dit* : « Ne 
« participez point aux œuvres de té- 
« nèbres, mais blâmez-les plutôt. » 

L'évêque® devrait plutôt poser la main 



évêques ne pourraient changer de siège, 
ni exercer leurs fonctions dans les égli- 
ses qui sont hors de leur diocèse^ ce qui 
S8 faisait auparavant simplement à cause 
de la persécution. Ainsi, [lo8] Nectaire 
reçut l'administration de la Thrace ; 
Helladius, qui avait succédé à Basile : 
du Pont et de Césarée ; Grégoire de 
Nysse : de la Cappadoce ; Otreius de 
Mélitène : de toute la Petite-Arménie; 
Amphilochiusd'lconium reçut l'adminis- 
tration de PAsie, et Timothée de l'E- 
gypte. L'administration de tout l'Orient 
fut confiée à celui qui siégerait à An- 
tioche. [Enfin on statua] que chaque pro- 
vince réglerait ses affaires ^. 

On remarquait comme docteurs dans 
ce concile : Grégoire de Nazianze, Gré- 
goire de Nysse, Pelagius de Laodicée, 
Eulogius d'Edesse, Amphilochius* d'I- 
conium. 

Le concile rejeta et anathématisa avec 
Arius, Eusebius de Nicomédie, Euzoius, 
Acacius, Theognis, Euphronius, Eano- 
mius, Macedonius, Eudoxius, Aetius, et 
les autres hérétiques^. 

Dans ce concile se trouvaient Dio- 
dore *" et Théodore** qui parurent en- 
suite comme hérétiques. 



1. SocR., V, XIX. — 2. Tiç Twv sùyevwv. — 3. Eù8ac'[jLwv. — 4. SocR., V, xix, s. f. — 5. Eph., v, 11,— 

6. Cette phrase détachée de son contexte est inintelligible. Il faut sans doute restituer; | ;...**■» H '^ 

Mv Uo « sur ceux qui n'ont pas été éprouvés et qui ne sont pas instruits ». C'est un aphorisme tiré 
des paroles que Socrate (V, xxj) met dans la bouche de l'évêque Marcien, à propos de Sabbatius qu'il 
avait ordonné prêtre; il lui fait dire : pÉXxtov yiv Iti' àxàvôat? teQetxévat ta; -/sîpaç xà; èauxoO, tj oxe xoù{ 
Tïept Saêêâxtov stç xb upîffêuxîfîp'.ov TtpoîêaXXsxo. Le texte est certainement altéré, car l'abrégé arménien a 
bien compris : « C'est encore Melitos qui dit ceci : Il vaut mieux imposer la main sur un buisson 
ou sur quelque chose de venimeux que sur les ignorants et les indignes. » Langlois, p. 139. 

7. SocR., V, rx. Le texte grec est légèrement modifié dans la traduction. — 8. Ms. : « avec Phi- 
lo chius rt ! — 9. Cf. Theod., V, IX, s. f. — 10. de Tarse. — 11. de Mopsueste. 



LIVRE VII. GHAP. VIII 



313 



sur lesépines que sur les choses quin'ont n 

pas été expérimentées et examinées. 1. 

Aucune secte religieuse n'observe 

exactement les mêmes coutumes', bien ' 2. 

que ses membres soient d'accord dans 3. 
une même confession; et souvent, ceux 

qui ont une même foi, difFèrent dans 4. 

leurs pratiques'. 5. 

Ainsi, à Rome, on jeûne seulement 6. 

avant Pâques trois semaines qu'ils ap- 7. 

pellent [néanmoins] : Teaaapaxoarrjç'. 8. 

D'autres commencent le jeûne sept 9. 

semaines* avant Pâques. 10. 

Ils ne difFèrent pas seulement par le 11. 

nombre des jours de jeûne, mais aussi 12. 
par le genre de nourriture. 

Il y a des chrétiens qui pendant le 13, 

jeûne s'abstiennent [IdO] de tout ce qui a 14. 

vécu'; il y en a qui mangent seulement 15. 

des poissons; d'autres mangent, avec les 16. 

poissons, les oiseaux qu'ils considèrent 17. 

comme provenant des eaux, comme '^ les 18 



DES SAINTS PERES ' : 

Nectarius de Constantinople. 

[2 d'Egypte :]\ 
Timotheus d'Alexandrie'. 
Dorotheusd'Oxyrynchus*". 

[9 de Palestine : Y\ 
Cyrillus de Jérusalem, 
Gelasius de Césarée. 
Macer de Jéricho. 
Dionysius de Diospolis. 
Priscianus de Nicopolis. 
Saturninus de Sébaste. 
Rufus de Baisan *^ 
Auxentius d'Ascalon. 
yElianus de Yamnia", 

[9 de Phénicie : ]**, 
Zenon de Tyr. 

Paulus de Sidon. [139] 

Nestabus '" de Akko. 
Philippus de Damas. 
Bracchus*' de Panéas. 
Timotheus de Berouth. 



1. xa. aùxà eôvr). — 2. Soca., V, xxii, a. m. — 3. D'après Socrate [loc. cit.), il faut compléter : « A 
Rome... trois semaines; mais en Illyrie, par toute l'Achaïe et à Alexandrie, ils jeûnent pendant six 
semaines et appellent ce jeune quadragésimal. » Toutefois, il ajoute un peu plus loin « et ceux-ci» 
bien que différant par le nombre des jours du jeûne, l'appellent cependant quadragésime ». — 
4. Lire : ,^aA. — 5. Litt. : « de tout ce qui a en soi une âme. » — 6. Il manque quelques mots 
dans le texte, qu'on peut restituer ainsi, d'après BH., Chr, eccL, I, 117 : ^o ,Ài^ \iW\ .Ijû_j y»| 
,...Uq*2^ ^ ^» \s'^\ . UX.|» |^l_9 ^o i-^-^3. Au lieu de : U^-j y-.|, « comme les poissons », le texte 
primitif devait porter : Uavs y*l, xatà xbv Mwjffla (Socr., loc. cit.; cf. Gen , r,.20). 

7 . La liste des Pères qui ont souscrit au Concile n'existe plus en grec. Nous possédons une double 
version latine; la première, attribuée à Denys le Petit, est connue sous le nom de vet's. Vutgata. 
Une autre a été éditée dans le recueil connu sous le nom àe Prlsca coll. Canonum (cf. Patr. Lat., 
t. LVI, col. 810 sqq.). Toutes les deux sont reproduites dans les différentes collections des Conciles. 
Une traduction syriaque existe aussi dans le ms. K, vi, 4 du Musée Borgia (p. 147-150). Nous donnons 
les principales variantes de ces documents. Pour faciliter les renvois, nous ajoutons des numéros 
d'ordre, comme nous l'avons fait plus haut pour la liste des Pères de Nicée. — 8. Nous ajoutons ce 
titre qui est dans les versions latines et dans le ms. du Musée Borgia. — 9. Notre ms. ajoute ici le 
nom de Meletius d'Antioche qui se trouve répété plusbas (n''22). — 10. Ms. Borgia : vnoaai..><iû!i3ol. 
— 11. Ms. B. ne donne que 8 év. ; il omet le n" 8. — 12. Verss. lat. : Scjthopolis. — 13. Ms. B. : 
Uiv)M. — 14. Titre omis, — 1,5. Ms. B. : iMaa^g.»!.'. — 16. Ms. B. : .i»ai|Ua, Barakos. 

I. 40 



314 



GHROiNIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



poissons. Quelques-uns s'abstiennent] 19, 

des œufs et des fruits. [D'autres] vivent 20, 

seulement de pain sec. 21 

D'autres jeûnent jusqu'à la neuvième 

heure. Et comme personne ne peut 22 
donner de règle [écrite, il est clair que] 

les Apôtres ont laissé à chacun de faire 23. 

pénitence librement et non pas par 24. 

crainte ou par nécessité*. 25. 

Les Egyptiens et ceux qui sont dans 26 

la Thébaïde participent aux mystères 27. 

après avoir mangé le pain. 28, 

A Alexandrie_, le mercredi et le ven- 29. 

dredi^ on lit les Ecritures et on les in- 30, 

terprète. 31. 

En Thessalie, celui qui est devenu 

clerc, étant marié, ne peut plus s'appro- 32, 

cher de sa femme sans être destitué. 33 

Dans les contrées d'Orient, on laisse 34, 
chacun libre, même les évoques, de 

garder la continence s'ils le veulent; 35. 

mais ils ne font point cela par l'obliga- 36, 

tion d'une loi; beaucoup, en effet, ont 37. 

engendré des enfants, de leurs femmes 38. 

légitimes, pendant le temps de leur épi- 39. 
scopat. 

En Thessalie, on baptise seulement 40. 

pendant les jours de jeûne ^; le reste du 41, 

temps, ils meurent sans baptême. 42. 



Basilides de Biblos. 
Moqîmos d'Aradus. 
Alexandros de 'Arqa. 

13 de la Cœlé-Syj'ie^ : 
Ignatius*, qui est Meletius d'An- 

tioche. 
Pelagius de Laodicée. 
Acacius de Beroë, qui est Alep. 
Yohannan d'Apamée. 
Bizus de Séleucie. 
Eusebius de Hémat. 
Marcianus de Séleucobèle*. 
Patrophilos de Saizar®. 
Severus de Paltos'. 
Flavianus^ et Elpidianus^, prêtres 

d'Antioche. 
Eusebius de Qennesrin*" 
Domnus** de Gabala. 
Basilius de Raphana**. 

5 d'Ai'abie : 
Agapius*' etBarganus** de Bosra'" , 
Elpidianus*Me Dionysias. 
Uranios d'Adra*\ 
Kilos'^ de Constantina". 
Severus de Neapolis*". 

3 d' Osrhoène : 
Eulogius d'Édesse. 
Abraham de Batnan. 
Bitus de Harran. 



1. C'est le sens donné par Socr. (V, xxii). — 2. Socr. (V, xxii), d'où sont tirées toutes ces remar- 
ques, dit : £v TaTç r)[x£pa(ç tou Ila.<yy^â. [Jiovov PaTitiÇouai, 

3. Ms. Borgia dit : 14 de la CrcZe-^SjTje, peut-être parce qu'il compte pour deux signatures le 
n» 31. — 4. Le nom : Tgnatius ne se trouve ni dans le ms. B., ni dans les versions. — 5. Lire, 
d'après ms. B. et verss. : toon^saDà^l-oo. — 6. Verss. : Larissensis. — 7. Ms. : Plantas] ms. B. : 
Ptâltos. — 8. Sic ms. B , d'accord avec les versions ; notre ms. porte : Phydios. — 9. Ms. B. : Elpid ; 
versions : Elpidius. — 10. Versions : Chalcis. — 11. Sic ms. et versions; ms. B. : Dominus. — 12, 
Ms., par transposition : Arphania; ms. B. : va49% Raphanôn. — 13. Sic verss. ;ms. : Agapianus; 
ms. B. : «ûîûi3)^L : Tegapnos. — 14, Omis dans B,; versions : Balapus, et Bagadius, qui est la le- 
çon correcte. — 15. Ms. : Baloustra. Ms. B., correct. : \\\<^- — 16. Vers, et ms. B. : Elpidius. 
— 17. Ms. : Adrios; ms. B. : Adaradas.— 18. Ms. B : sài.3. Vers. : Chilon, Cilum. — 19. Verss. : 
Constantines, Constantiensis, Constantiniensis. ^- 20. Sic vers,; ms, : Neôphilos; ms. B. : Aspôléôs. 



LIVRE VII. GHAP. VIII 



315 



Dans l'église d'Antioche, la position 

de l'autel diffère; beaucoup sont fixés 43 

vers l'occident. 44 

A Césarée de Cappadoce et à Chypre^ 45 
le samedi et le dimanche, les prêtres et 

les évoques interprètent les Ecritures^ 46. 

à la lueur des lampes '. 47. 

A Alexandrie, jamais un prêtre ne 48. 

prêche dans l'église ; [160] et cela a corn- 49. 

mencé du moment où [Arius] a troublé 50. 
l'Eglise^ 

A Rome, on jeûne le samedi'. 51. 

En Cappadoce, on éloigne de la com- 52. 

munion* quiconque a péché après le 53. 

baptême. 54. 

Dans la lettre des Apôtresqui se trouve 55. 
dans les Actes, il est écrit* : « Il a plu 56. 
au Saint-Esprit et h nous de ne pas vous 57, 
imposer de fardeau en dehors de ce dont 58. 
vous devez nécessairement vous abste- 
nir, c'est-à-dire : de ce qui a été sacrifié 59. 
[aux idoles], du sang, des animaux 60. 
étouffés et de la fornication. » 61. 

A cette époque, Marcellus, évêque 62. 

d'Apamée, renversa pour la première 63, 

fois les temples des idoles' ; car les em- 64. 



3 de Mésopotamie : 
Mara d'Amid. 
. Battis de Tell-Mauzelat\ 
, Jobianus^ de Himérion'. 
5 d'Augusta^" [Euphratesia] : 
. Theodotus de Mabboug. 
, Antiochus de Samosate. 
, Isidorus'' de Cyrrhus. 
Jobianus de Perrhé*\ 
Mârîs de Doliché, 

8 de Cilicie : 
Diodorus de Tarse. 
Cyriacus d'Adana. 
Hesychius d'Eplphania. 
Germanus" de Corycus. 
Aerius de Zephyrion. 
Philomusus** de Pompeiopolis. 
Olympius de Mopsueste", [160] 
Theophilus d'Alexandrette, 

6 de Cappadoce : 
Helladius de Césarée. 
Gregorius de Nysse. 
Aetherius'* de Tyane. 
Bosphorius de Colonia. 
Olympius de Parnassus". 
Gregorius de Naziance. 



1. A l'office du Lucernaire \ ■Ks.pX ÈaTtâpav, xa-à Trjç l\)-)!^^y.'\il(xç, (Sogr., V, xxu). — 2, Rest, : U=l ^ 
Itj^ uA» »aoa»^|». BH., Chr. eccl., 1,122, dit plus explicitement « depuis qu'Arius, qui était prêtre, 
troubla l'Eglise », mais la lacune n'est que d'un mot dans notre ms. — 3, Sic, d'après Socrate 
(^loc. cit.). — 4. On excommunie : èÇwOoOai tri; xotvwvîa;. — 5. Act., xv, 28. — 6. Theod., V, xxr. 

7. Ms. B. : Ui» l|o. Bât de Telia; verss. : Batenus Constantines- Bathes Constantinianensis. — 
8. Ms. : Euîochianus {^o\xv Jobianus). Ms. B. : l-uaaj; restituer: \i^cu z= Jobianus ou Jobinus, qui 
se lisent dans les versions. — 9. Ms. : Ainavîn (ou Amarion); ms. B. : <^oU;»l. — 10. Rest. : 
V.ô^a^ol. — 11. Ms. B., correctement : ia>o>o,»iOft*|. — 12, Verss.: Perriensis; Pennensis; Pellensis. 
— 13. Rest.: 'ûoa»i-bo»|.^. — 14. Lire ainsi d'après le ms. B., d'accord avec les versions : uaoaAssa^â; 
notre ms. porte Philomédos. — 15. Notre ms. porte : Olympius d'Alexandrette et Theophilus d'Arna ; 
vers. Vulg. : Olympius Mopsuestiensis, Philomusus Alexandrinus per Alypium presbyterum ; 
Prisca : Olympius Monsiestas, Theophilus Alexandriae per Alipium presb . Le ms. B. porte égale- 
ment Olympius de Mopsueste, et il omet le nom suivant, bien qu'il indiquât aussi 8 év. pour la Ci- 
licie. — 16. Sic verss. et ms, B. : ueoa.;|i.!. — 17. Verss. : Pkarnasiensis, Parnasi ; ms.B. : ixioaaoHil^. 



316 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



pereurs chrétiens, bien qu'ils eussent 
aboli le culte des faux dieux, n'avaient 65, 
point renversé leurs temples. Il voulut 66. 
renverser le temple de Zeus, mais il vit 67, 
que la construction* était solide, et il 
pensa qu'il était impossible de détruire 68. 
sa masse dont les pierres étaient fort 69. 
grandes et reliées avec du plomb. Il de- 
manda à Dieu de lui faire connaître un 70. 
moyen. Un homme qui n'était pas 71. 
ouvrier', mais qui avait l'habitude de 72. 
porter les pierres et le bois, vint de 73. 
lui-même trouver l'évêque et lui promit 74. 
de le renverser. L'évêque lui donna le 75. 
salaire de deux ouvriers. Il y avait des 76. 
quatre côtés un portique supporté par 77. 
de grandes colonnes, qui égalaient' 78. 
le temple en hauteur; le tour de chacune 
d'elles était de seize coudées, et la nature 79. 
de la pierre était très dure : elle ne 80. 
cédait pas sous le fer. Cet homme creusa 81. 
[161] autour de chacune d'elles, et plaça 82. 
dessous des bois oléagineux*. Dès qu'il 
y mit le feu, un démon apparut sous la 83. 
forme d'un homme noir qui éteignait le 84. 
feu. Ayant fait connaître la chose à 85. 
l'évêque, celui-ci prit de l'eau, la plaça 86. 



3 de la Petite- Arménie'^ : 
Otreius de Mélitène. 
Otreius d'Arabissus, 
Janus de Zebnos (?)®. 
11 (Tlsaurie : 
Symposius de Séleucie. 
Montanus de Claudiopolis, par 

Paulus, prêtre. 
Philotheus d'Irénopolis^. 
Hipistius' de Philadelphie*. 
Musonius*" de Célendéris**. 
Marinus de Dalissande**. 
Theodorus*' d'Antioche. 
Artemius '* de Titi[opolis]. 
Léon'° de Sélinonte". 
Montanus de Néocésarée. 
Eusebius d'Olbé". 

4 de Chypre^* : 
Julius de Paphos. 
Theopropus*' de Trémithonte'". 
[Tichon de Tamasus. 
Mnemius de CitionJ '\ 
\S) de Pamphylie : 
Troilus de agivn**. 
Longinus" de Colybrassus". 
Theodulus de Coracesion. 
Ilesychius de Cotenna ". 



1, wi*J^. — 2. Uaoo', litt. : artisan; spécialement : architecte. Theod. dit : xi;... o'jtô oîxoSôfioo 

oîJte XtOoToiio;, o-jt£ aX),Yiv Ttva £7itffTâ[j.£voç Te/vviv. — 3. Litt. : « filles de la mesure du temple ». 

4. Litt. : « du bois d'huile « ou « d'olivier », traduction de : ÇûXot; sXaeîvot?. 

5'. Vulg. et ms, B : 2; la prisca omet cette province. — 6. Ce nom ne se lit pas ailleurs (Ze/a ?). 
7. Sic mss. et Vulgata Concil. ; Prisca : Hierapolitanus. — 8. Sic Vulg.; Prisca : Pislus; ms. B. : 
^a>ol^ûû-û<i9cw. — 9. Rest. : ^^:^>^^. -- 10, Rest. : rao^icooio. — 11. Ms. : Cenderis; ms. B :'^*ipUx5. 
— 12. Ms. : Dalisantos , ms. B. : aiao_.*^>û^»l. — 13. Sic mss., versions : Theodosius. — 14. Ms. 
B. : i^a^iû^^l, d'accord avec les vers, ; ms. : Artemis. — 15. Ms. B: sj»!-*, 7eo«;Vulg, : Néon- Prisca : 
Neu. — 16. Ms. B : ^a.\,ciil^\ai. — 17, Ms. : Laqahî; ms. B. : .ra^*^. — 18. Notre ms. ne donne 
que les deux premiers. — 19. Sic ms. ; Vulg. : Theopompus. — 20. Ms. B. : iroa^ûjoûvLùcu;! • ms. : 
Tremias. — 21. Sic versions et ms. B. : ,oûûno)î>o^» {-$^U)) ^'^l, et : ^c^io^ usûvjIjUo. — 22. Vulg. : 
Geonensis; Prisca : Aegeon.;ms. B. : •«û)|><^I [Laginal cf. Or. Christ., I, 1032). — 23. Sic 
verss. et cod. B. : >ûoai.^(ib>. — 24. Ms. B. : .aoax>|;ax)a\cû. Vulg. ; Collobracensis; Prisca : Coli- 
harsu. — 25. Ms. B. : s.a.^^û ; Vulg. : Commacensis ; Prisca : Cotenu, Contenensis. 



LIVRE VII. CHAP. VIII 



317 



sous l'autel et pria, demaudant à Notre- 87. 

Seigneur de dissiper et d'anéantir la 88. 

force des démons pour que les fidèles 89. 

n'en éprouvassent point de dommage. 90. 

Puis, ayant fait le signe de la croix sur 91. 

l'eau, [il envoya]' un diacre nommé 92. 
Aqoustios' pour asperger d'eau le bois, 

lorsque le feu y serait mis. Le démon 93. 

s'enfuit en poussant des cris, et le 94. 

feu dévora l'eau comme de l'huile. Les 95. 

colonnes tombèrent contre le temple 96. 

et l'écrasèrent. Le bruit de sa chute 97, 

fit trembler toute la ville et tout le 98. 

pays. — Il détruisit ensuite les autres 99, 

temples. 100 

A cette époque, tandis que Théophile 101, 

d'Alexandrie démolissait les temples 102. 

des idoles', on reconnut que les païens 103, 

faisaient des idoles d'airain et de bois, 104. 

qui étaient creuses a l'intérieur et qu'ils 105, 
dressaient contre les parois; les prêtres 

entraient et se plaçaient* dedans, par- 106 

laient, prescrivaient tout ce qu'ils vou- 107, 

laient et trompaient ainsi beaucoup de 108 

gens. 109 

Quand il monta au temple de Sérapis, 110 



Gains de Lyrbé. 
Tucsianus^ de CassϨ. 
Midus de pifuvs''. 
Heraclidès de Tichus (?)*. 
Theodulus de Syllion^. 
Pammenius d'Ariassus*". 

13 de [Lycaonie] : 
Amphilochius d'Iconium. 
Cyrillus de Homanade*'. 
Aristophanius*^ de Sopatra*^, 
Paulus de Lystra, 
Inzus de Corna**. 
[Darius de Misthia(?)]i5. 
Leontius de Perta*^. 
[Theodosius de Hyde] *'^. 
Eustratius*^ de Canna*^. 
Daphnus de Derbé. 
Eugenius de p'vsla'^^, 
Illyrius 2' d'Isaura. [161] 

Severus d'Amblades^-. 

15 c?e Pisidie : 
Optimus^^ d'Antioche. 
Themistius^* d'Adrianopolis ^^. 
Atlalus de Prostama^^. 
Ananius d'Adada^^. 
Paustus^^ de Limenae^'^. 



1. Suppl.:»»». — 2. 'E-nvzioç, Equitius, — 3. Theod., V, xxri. — 4. Lire : ^^*;litt. :« siégeaient ». 

5. Sic verss. ; ms. B. : »aoa)Uoo|a^. — 6. Ms. B. : v aw> . o . Verss. : Casso. — 7. Ms. B. : ^iaoolj^ûS; 
rest. : i£oam^,9, Pednelissus (?). Verss. : Panentu, Pentenessensis. — 8. Ms. B. : vûû-i». Verss. : Thi- 
cusitanus, Tituensis. — 9. Verss. : Sialu, Silviensis. — JO. Ms. B. : vooam*^»!^ Verss. : Ariasto, 
Ariassensis, — 11. Ms. B. : ^oïliec — 12. Verss. : Aristophanes ; ms. B. : iooo)j.9û^«^s«^»1. — 13. Ms. 
B. : ^^«^i3aco; verss. : Supatru; Sobarensis, (SôaTpa?). — 14. Ms. B. : ^?aû; verss. : Corinum ; 
Cotnensis. — 15. Omis; ms, B. : s^|;^vûoax>» .aoa.»!». Vulg. : Mystiensis; Prisca : Mistise, Inistise. — 
16. Ms. : Parata; ms. B. : va^!;3 ; verss. : Pertun; Pergensis. — 17. Omis ; ms. B : iooa»noo»U 
ifiûa*ïooi». Vulg. : Hydensis ; Prisca : Idisenus, Sidis. — 18. Sic mss. ; verss. : Eustracius, Eu- 
stathius. — 19. Ms. B. : •^>\a ; verss. : Cannensis \ Cannuensis. — 20. Ms. B. : ^I^o3; verss. : 
Posadum, Paspanensis. — 21. Prisca : Iluarius. — 22. ,SVc verss. et ms. B. ; ^^llasol. — 23. Ms. 
B. : >i>oa-û.,g.9o| ; verss. : Optimus, Optimius. — 24. Ms. B. : Uagsflaoo|L; verss. ; Temistius ; Theu- 
mistius. — 25. Rest. : »û(i2ikû9ûL.»»|, — 26. Ms. B. : ^|.,g>ûoo;9; verss. : Prostamensis; Prostadum. 
— 27. Ms. : Alada ; ms. B. : sOil»! ; verss. : Adadun; Adadensis. — 28. Sic verss.; ms. : Prostos \ 
ms. B. : 'xsDa^,^g^i»lx^, — 29. M. B. : ^»',iCAis. Vulg. : TÂrinensis ; Prisca : Limenum. 



318 



CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 



qui est le plus grand de tous leurs 
dieux, les païens répandirent le bruit 
que si quelqu'un s'en approchait la terre 
tremblerait et tout l'univers périrait. 
Mais, ayant méprisé leurs fables, il 
ordonna [à quelqu'un qui avait une 
hache*] de frapper la tête de [Sérapis]. 
Aussitôt, il sortit de l'intérieur vine 
multitude de rats*. L'idole fut brisée • 
on la jeta au feu et on promena sa tête 
par les rues, 

A cette époque', Telemachus_, moine 
d'Orient, alla h Rome. Il entra dans le 
stade*, et voulait faire cesser le combat 
et l'effusion du sang. Les spectateurs 
qui étaient dans le théâtre se mirent en 
colère et lapidèrent le chaste moine. — A 
cause de cela, l'empereur abolit ce spec- 
tacle détestable et fit ranger le chaste 
moine Telemachus au nombre des mar- 
tyrs. 

A cette époque, le Nil ne déborda pas 



111. Iwanis^ de Sagalassus®. 

112. Callinicus' de pmndrvs^. 

113. Eustathius de Metropolis. 

114. Patricius de priqi^. 

115. Lucius de Neapolis. 

116. LoIIianus^" de Sozopolis*', [par 

Simplicius, prêtre]. 

117. Tyranus*^, d'Amorium *^. 

118. Auxenon*^, prêtre d'Apamée. 

119. Eulalius'^, prêtre de Qônâna (?)*^ 

120. Theosebius*^ de Philomelion*^, 
par la main^^ du prêtre Bassus^**. 

9 de Lycie : 
(Pontos de Polemoniakos)^^ 

121. Tatianus22 de Myra. 

122. Ponios de Choma^^. 

123. Eudimus^* de Patara. 

124. Patricius [de Œnoanda^^. 

125. Lupicinus] de Limyra^^. 

126. Macedon de Xanthus^^. 

127. Romanus de Phaselis^^. 

128. Hermeus de Bubona^'^. 



1, Suppléer ainsi d'après Theod. : ÈxéXeyo-E Tivt néXcxuv ë^ovxt Ttaïsat npoOûaw; tôv SâpaTtiv, — 
2. Suppl. : |;Jâ-oai.» /.|.^aas, — 3. Theod., V, xxvi. Au commencement du règne d'Honorius. — 

4. TO ffTtiÔlOV. 

5. Prisca : Johannes ; peut-être : «coa-io.; Vulg. ; Jonius, Joninus •,ms.B, : tœû-Loa*. — 6. Ms. B. : 
^û/sû^lJl.ao. — 7. Rest. : iûoaû..i25>,o • ms, B : iûoai2i>lOj verss. : Calenius, Calenicus. — 8. Prisca : Thj- 
madum, Thymandum; Vulg. : Podaliensis ; ms. B. : v^»ilMaB. — 9. Verss. : Parlaliensis; Par- 
laxit; ms. B. : ^cuaUVâ (^Parlais 1). — 10. Ms. B. : Julius ; Verss. : Longianus. — 11. Sic 
verss. et ms. B. : vû<i2Sa9oiaM. Ce dernier ajoute : \^'^a usoûi^aviûo h=>, « par Simplicianus (verss. : 
SympUcius), prêtre », — 12. Verss. et ms. B. ajoutent : ^i prêtre ». — 13. Ms. : Myrinos; ms. B. : 
s<u;Mot; verss. : Amurinus; Ainorii. — 14. Verss, : Auxanon, Auxanius. — 15. Sic mss,; verss. : 
Ilelladius, Ellalius, Eulalius. — 16. Ms. B. : ^Uûû; verss. : Comanensis; Cunamen. — 17. Sic 
ms.B. et verss.; ms. : Eusehius. — IS. Ms. B. : .^ci^tio<i^^. — 19. Rest. : l;.| _,>3 (?). — 20. Lire : iaoama ; 
ms. B, : Ua.:^ -f^, — 21. C'est le nom de la province qui doit être placé d'après les versions et le 
ms, B., avant le n» 147. — 22, Ms. B. : Titus. — 23, Versions : Pionius Comasensis, Comatis; ms. 
B. : »mû.^l.vsaa» v£»aua9. — 24. Ms. : Eurimus. Rest. : usoû»**©!, d'après les verss. et le ms. B. — 
25. Notre ms. a passé ici une ligne; ms. B. : vp;*l-'o| ; Prisca: Inomandum, Tromardum ; Vulg. : 
OEnoandensis. — 26. Ms. : Dtinoura;ms. B. : .^laio.», «^auû^sii.. Verss. ; Limerum, Limyrensis. — 
27. Mss, : Ksandon; Vulg. : Xanthensis; Prisca : Scindun, var. : Sindon. — 28. Ms. : Pisilis; 
ms. B, : iisoa^l.aol.3; Prisca : Pasilidun; Vulg., par erreur : Bibonensis, — 29, Ms. : Byhaya ; ms. 
B. : vOijjaaia; Prisca : Bubuteun; Vulg. : Bibonensis. 



LIVRE VII. CHAP. VIII 



319 



selon sa coutume. Les païens s'en réjoui- 
rent, disant que le cours du fleuve avait 
été empêchéparce que [162] les sacrifices 
[en l'honneur] des dieux avaient cessé* 
Mais l'empereur se moqua d'eux *. 

A cette époque, on découvrit les os- 
sements des deux prophètes Habacuc et 
Michée. Ils étaient à côté d'Eleuthero- 
polis de Palestine. Ils furent découverts 
par suite d'une révélation faite à l'évèque 
de cette ville*. 

A Jérusalem , du temps de Tévêque 
Jean , on trouva le corps de saint 
Etienne. 

A cette époque, une grêle violente 
tomba à Conslantinople pendant deux 
jours, et on vit une comète pendant 
vingt jours', 

A cette époque brillait en Egypte le 
moine Jean *. — L'empereur, ayant appris 
la mort de Valentinien et la révolte 
d'Eugenius, envoya consulter Jean le 
Voyant, qui fit répondre ce qui lui avait 
été révélé au sujet des choses qui de- 
vaient arriver h l'empereur, en disant : 



129. [Theantimus d'Araxa]^. 

2 de Phrygie ' ; 

130. Bitos' de Primnessus^ 
(Paphî de Pacatini)^. 

131. Euxanianus**^d'Eucarpia. 

Ide la Phrygie^^ IP : 

132. Nectariusd'Apia^^ 

133. Theodorus d'Eumenia *^. 

2 de Carie : 

134. Theodosius*^ d'Aphrodisias. 

135. Leontius de Cibyra. 

5 de Bithynie : 

136. Euphrasius de Nioomédie. 

137. Dorotheus de Nicée. 

138. Olympius de Néocésarée. 

139. Theodulus de Chalcédoine. 

140. Eustathius*^ de Pruse^^ 

1 du Pont d'Amasia : 

141. Pansophius*^ d'Iborœa*^. 

1 de Mœsie : 

142. Martyrius [de Marcianopolis] 

3 de Scytliie : 

143. Terentius^^o de Tome 2'. 

144. yEtherius de Chersonesus'^^. 

145. Sebastianus^^ d'Anchialus^*. 



1. Cf. SozoM., YII, XX. — 2. Appelé Zebennus ; cf. Sozom., VII, xxix. — 3. Probablenjent tiré 
de la partie mutilée de Jacques d'Edesse. — 4. Cf. Jac. Edess., ad ann. 69. 

5. Ce nom est omis dans le ms. ; ms. B. : «iaoûisaaUh icooi^o'/.; Prisca : Thantianus\ Vulg. : 
Theantimus Araxensis. — 6. Ms. : 4; ms. B. et verss. : Phrygise Salutaris. — 7, Vitus. — 8. Ms. : 
Pirminisus. — 9. C'est le titre : Phrygia Pacatiana qui a été déplacé et pris pour un nom 
d'évêque ; cf. ci-après, n. 11. — 10. Vulg. : Euxamamus \ Prisca: Eusanius, d'accord avec ms, B. : 
uaool.'i^ol. — il. Ms. B. et versions : Phrygiœ Pacatianse, — 12. Ms. B. : '^|.*a| ; Prisca ; Jppias; 
Vulg. : Apirensis. — 13. Les versions ajoutent ; per Profuturum presbyterum; ms. B. ; t*» 
U»*x5 >no^û^û9o;3 . — 14. Ms. B. : Eudochius; Vulg. : Eudoxius; Prisca : Hecdicius, Edicius. — 
15. Sic ras. B. et Prisca; Vulg. : Eustasius. — 16. Ms. B. : »ïsii/ioo;3», — 17. Vulg. : Pansophius, 
var, : Pantophilus, Pasiphilus. — 18, Ms. : Ikouda; rest. : i^aa.| ; ms. B. : ^^^22*01. Vers, Vulg. : 
Iheroruin; Prisca : Ilibero, var. Hiberonus. — 19. Le nom du siège est omis dans notre ms. ; sic 
d'après ms. B. et versions. — 20. Sic etiam Prisca; Vulg, : Gerontiiis, var, : Tarentius ; ms. 
B. : iix)a*^lj»|.^. — 21. Ms, B : .^o»û'lioai; Vulg. : Tomensis; Prisca : Toineun. — 22. Prisca : Cer- 
sonissi ; -vulg. : Tersonitanus. — 23. Sic ms. B. et Vulg.; Prisca : Sebastenus, var. : Sebastinus. — 
24. Ms, : Neckilos; rest. : vaoà^.a)'. 



320 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

« La première bataille aura lieu sans 2 d'Espagne^ : 

effusion de sang. » Il prophétisa qu'il 146. Agrius ^ de Himimontions. 

remporterait la victoire dans la seconde ^ [1 du Pont Polémoniaqué\ * ; 

11 lui fit aussi connaître [l'époque de] sa 147. Atarbius^, par Aqyllos^, lecteur, 

mort ^ , Ces cent cinquante éf^êques réunis dans 

l'Esprit-Saint confirmèrent la confession 
orthodoxe®. 

Lespartisans de Macedonius, ayantété 
requis par les Pères de recevoir la foi de Nicée, firent frauduleusement et hypocri- 
tement un libelle *°; c'est pourquoi ils furent tournés en dérision par tout le monde. 

Nectaire, qui fut archevêque de Constantinople, était originaire de Tarse **, et 
excellent par ses œuvres ; il exerçait la charge de préteur. 

Après le synode^ Flavianus fut ordonné pour Antioche, à la place de Meletius, 
alors que Paulinus était encore vivant. A cause de cela, il y eut de nouveau du trouble 
h Antioche ; car, les uns voulaient Paulinus *^, tels autres Flavianus. 

Timothée d'Alexandrie mourut et Théophile lui succéda, pendant 28 ans '3. 

Celui-ci demanda à l'empereur de détruire le temple des idoles d'Alexandrie. Il 
détruisit le [162] [temple de Sérapis, et fit promener par la ville] les honteux sym- 
boles*^ [des païens]. 

Théophile ayant dévoilé leurs infâmes mystères, les païens s'irritèrent et massa- 
crèrent une multitude de chrétiens. L'empereur ordonna alors de mettre à mort les 
assassins et de détruire tous les temples des idoles dans toute l'Egypte. — On y trouva 
des lettres en forme de croix*'. Alors beaucoup de païens crurent et reçurent le bap- 
tême. 



1. Theod., V, xxr. — 2 . Cf. Sozom., VII, xxii, s. f. 

3. Ms. B. et verss. ; 1 d'Espagne. — 4. Sic versions; ms. B, : tooû*»U^I, Agarius, — 5. Sic 
d'après ms. B. : ,au.gavi.sow ; ms. : Dimitos; vers. Vulg. : Immontinensis , var. : Lamitinensis, 
Ymimontis ; Prisca : Ymimontu, Yminontu, Immoenuntu. — 6. Les vers, et le ms. B. s'accordent 
pour mettre ici ce titre que nous avons rencontré plus haut. (cf. p. 318, note 21). — 7, Les deux 
versions portent ce nom sans indication de siège. Ms. B. : i^aaia.;^', Antribanos, aussi sans 
indication de siège. Dans notre ms. il y a : Agrispania d'Afarbios; mais le premier nom est la 
répétition fautive du titre : Hispania, de la ligne supérieure. — 8. Ce nom fourni par notre 
ms. répondrait au latin : Aquila, 'AxjXaç; mais vu le redoublement de l, la leçon paraît fautive; 
ms. B. : lisaai^oo^, Elicianus ; vers. Prisca : per Cyrillum; Vulg. : per Cylum. — 9. V, la lettre 
synodale dans Theod., V, ix. — 10. Restituer ; ^|.a.\. Cf. Socr., V, x. Ms. : Lihanon. — 11. Cf. 
Sozom., VII, vin; Socrate (V, vrii) dit seulement : « il était de race sénatoriale », ffyyxXrjTcxoy 
[;.èv y£vo\jç. — 12. Ms. Paulus. Cf. Socr., V, ix. — 13. Jac. Edess., ad ann. 59 : a pendant 27 ans.» — 
14. Il manque ici quelques mots. Tout le paragraphe est traduit de Socrate, V, xvi. Voici le passage 
dont la traduction est mutilée : àvaxaQaspst [jlïv tô MiQpiïov • xoLxxaTi^zi 8e to Sapaneiov • xa\ xà [lèv toO Mi- 
6peto-j cpovixà [luaxvîpix SïîpLocïia iminzexic. • xà 5è xoO Saparaooç xa\ xwv aXXwv, yéXwxo; eSecxvu [J.S(jxà, xoùç çaXXouç 
cplpeaôat xsXeOaa; -ôià [asuïî; x?,? àyopôt;. — 15. Socr., V, xvit. 



LIVRE VIL GHAP. IX 321 

L^empereur Théodose ordonna que les idoles d'Alexandrie fussent fondues et dis- 
tribuées aux pauvres*. — Cet empereur fit aussi une loi pour qu'une femme ne de- 
vienne pas diaconesse avant l'âge de soixante-dix ans. — Il chassa Eunomius en exil; 
parce qu'il tenait des réunions et séduisait beaucoup de gens» ; celui-ci mourut en exil. 

Cyrille de Jérusalem mourut après [avoir été évêque] 21 ans, et après lui vint Jean, 
pendant 22 ans'. 

A Edesse, après Eulogius*, le 25" évêque fut Qoura^; ensuite Silvanus ', pendant 
2 ans; puis le 27*: Paqîda \ et après lui : Diogenes*; après ceux-ci [vint] Rabboula^ 

A Antioche '*, on ne permit pas h Flavianus de gouverner seul, et parce que lui- 
même n^avait point consenti à ce que Meletius gouvernât seul. Cela causa de l'inimitié 
aux Romains et aux Égyptiens contre les Orientaux. C'est pourquoi, avant de mourir, 
Paulinus imposa les mains à Evagrius et l'institua à sa place, irrégulièrement; car 
les canons prescrivent que l'ordination d'un évêque ne se fasse point sans la présence 
de trois autres. Or, Paulinus ordonna seul Evagrius. Les Romains et les Egyptiens 
soutenaient Evagrius par la violence. Ils molestaient l'empereur à cause de Flavianus. 
L'empereur fit venir celui-ci à Constantinople afin qu'il allât à Rome. Comme on était en 
hiver, il n'y alla point, mais il dit : « J'irai au mois de nisan (avril) » ; et il retourna à An- 
tioche. Ils excitèrent de nouveau l'empereur qui le fit venir une seconde fois. Il dit à 
l'empereur : « Si ceux qui m'accusent disent que mes actions ne sont pas dignes du 
rang auquel j'ai été élevé, je les ferai mes juges et j'accepte leur sentence; mais si 
c'est pour le siège qu'ils luttent, je ne soutiendrai pas la lutte : je me retire; donne 
le siège d'Antioche à qui tu voudras. » L'empereur l'admira et lui ordonna de re- 
tourner h sa ville. — Quand l'empereur alla à Rome, il y eut une sédition contre lui, 
parce qu'il n'avait pas chassé Flavianus. Flavianus, en apprenant cela, envoya à Rome 
Acacius d'Alep, qui rétablit la paix, grâce à l'empereur. De la sorte les Egyptiens 
furent aussi pacifiés*'. 

CHAPITRE IX. — [*63] De Uépoque de la fin de la vie de Vempereur Théodose. 
En l'an 13 de Théodose, il fit proclamer empereur d'Orient son fils Arcadius *^. 

1. SocR., V, XVI. — 2, SocR., V, XX. — 3. Cf. Sogr., V, xv, s. f. — 4. Chr. edess., no xxxvu : 
« Eulogius mourut le vendredi saint de l'an 698 « (23 avril 387). Cf. p. 309. — 5. Jac. Edess,, ad 
ann. 60; Chr. edess., n» xli : « Mar Qoura mourut le 22 de tamouz de l'an 707 « (22 juill. 396). 
Cf. p. 204. — 6. Chr. edess., n" xlu : « Silvanus devint évêque d'Édesse en 708 » (396) ; no xuii : 
« Silvanus mourut le 17 de tisri 1er (je l'an 710 » (oct. 398). — 7. J\c. Edess., ad ann, 78 ; Chron. 
edess., n" xliv : « Paqîda devint évêque d'Édesse le 23 de tisri II » (de l'an 710 = nov. 398). — 
8. Chr. edess. : no xi.ix : « Pâqîda mourut le 1" de 'ab de l'an 720 » (août 409) ; no XLViri : « Diogenes 
devint év. d'Edesse en l'an 720. « — 9, Chr. edess., n" li i « Rabboula devint év. d'Édesse en l'an 
723. » Cf. p. 204. Voir la vie de Rabboula éditée par Overbeck, S. Ephrsemi.... opéra selecta, p. 160; 
et réimprimée par Bedjan, Acta Mart., IV, 396. — 10. Theod., V, xxiir. — 11. C'est-à-dire : revin- 
rent àl'union avec les Antiochéniens ». Theod., V, XXrti. "^ 12. Socr., V, x; Jac, Edess,, ad ann. 58. 
I. 41 



322 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 

Alors Eugenius et Arbogaslus séduisirent un eunuque de Valentinien et lui 
firent étrangler son empereur '. — En apprenant cela, Théodose craignit : il se 
hâta d'instituer empereur d'Occident son fils le plus jeune, Honorius, et marcha 
contre le tyran*. — Comme ceux qui l'accompagnaient étaient en petitnombre, et 
que les gens du tyran étaient nombreux, on conseillait à l'empereur d'attendre 
que les armées aient été rassemblées. Mais il mit sa confiance dans la Croix. 
Il entra dans une caverne de la montagne et passa toute la nuit [en prière] et en 
pleurs. A l'aurore il s'endormit et vit Jean l'évangéliste avec Philippe le prédi- 
cateur», vêtus de blanc et montés sur des chevaux blancs, qui lui disaient : « Nous 
sommes venus à ton aide, ne crains pas. » Un des soldats eut la même vision et 
le fit savoir à l'empereur. Quand le combat fut engagé, comme le parti de l'em- 
pereur était sur le point de succomber^ il se jeta la face contre terre, en prière; 
et aussitôt un vent violent souffla^ qui faisait retourner contre les partisans 
d'Eugenius leurs propres traits et la poussière de la terre*. Les Barbares, voyant 
qu'ils étaient vaincus, poussèrent des clameurs et demandèrent le pardon ^ 
L'empereur leur commanda de lui amener le tyran. Ils coururent le saisir, le 
lui amenèrent enchaîné et le tuèrent. Arbogastus se fit périr* lui-môme. — 
Ces choses eurent lieu sous le 3° consulat d'Arcadius et le l"^' d'Honorius^ 

Ensuite l'empereur retourna jusqu'à Milan, où, par suite de la fatigue de la 
guerre, il tomba malade et mourut. — Il vécut 60 ans et régna 16 ans et 8 mois * . 
Il mourut le 8 de kanoun II (janvier). 

En Perse_, commença à régner Varahran Gêrmansâh, fils de Sabhourle Grand, 
et frère d'Ardasîr et de Sabhour''. — Ce Varahran régna 10 ans et 11 mois. — 
Fin. 

[163] A cette époque fiorissaient par la doctrine Amphilochius d'Iconium, Am- 
brosius de Milan, Optlmus d'Antioche de Pisidie et Diodorus de Tarse '°. 

Jean Chrysostome était encore simple prêtre. 11 fit des discours de blâme contre 
ceux qui avaient outragé l'image de l'impératrice". 

1. SocR., V, XXV. — 2. SocK., loc. cil. — 3. Le texte grec (Theod., V, xxiv) dit : «&t),i7i7iov tov 
'Atiocttoaûv ; mais noire auteur paraît l'entendre de Philippe l'un des soixante-dix disciples. — 4. Cf. 
les deux récits de Socr., V, xxv et de Theod., V, xxiv. — 5. Le traducteur syriaque semble n'avoir 
pas compris le texte de Socrate qu'il résume ici en le combinant avec celui de Théodoret; il a 
confondu les rebelles avec les Barbares qui combattaient pour l'empereur comme auxiliaires. — 
6. Le verbe employé ici signifie proprement « suffoquer » par strangulation ou immersion, Socrate 
{loc. cit.) dit qu'il se tua par le glaive. -— 7. Socr., V, xxv, s. f. — 8. Sock., V, xxvr. — 9. Jac. 
Edess., ad ann. 59. 

10. Jac. Edess., ad ann. 58. — 11. Allusion aux homélies dites des statues {Pair. Gr., XLIX, 
15-122), adressées au peuple d'Antioche, en l'an 387, à la suite de la sédition dans laquelle les 
statues de Théodose et de Flaccilla avaient été renversées et outragées. Cf. Theod., V, xx; 
SozoM., VII, xxiir. 



LIVRE VII. CHAP. IX 323 

Amphilochius vint trouver l'empereur et lui demanda de chasser les hérétiques*; 
mais il n'y consentit point, et dit : a Cela n'est pas charitable. » — Un jour, Amphi- 
lochius entra chez l'empereur et présenta ses salutations^ h l'empereur seul, sans 
saluer son fils qui avait été proclamé empereur. L'empereur pensa que l'évêque 
oubliait et il lui dit : « Approche et baise-le, » L'évêque répondit : « Il suffit de te 
rendre honneur. « Alors l'empereur fut très irrité. Mais Amphilochius fit connaître 
le but de ce qui avait eu lieu. Il dit h l'empereur : « Si toi, qui es un homme, tu te 
trouves offensé de ce que ton fils est méprisé, à combien plus forte raison Dieu a-t-il 
horreur de ceux qui blasphèment contre son Fils. » En entendant cela, l'empereur 
accueillit les paroles d'Amphilochius et ordonna aussitôt de faire cesser les assem- 
blées des hérétiques. 

Fin du septième Livre quiembrasseT espace de 84 ans^ depuis le commencement 
du règne de Constantin le Victorieux, jus qu'à la dernière année de la vie de V em- 
pereur Théodose, qui est Van 5901 depuis Adam. 



1. Theod., V, XVI, — 2. Litt. : « adora ». 



Famille d'Hérode [a] (voir page 140, n. 1). 

(1) ANTIPATER (Antipas), gouverneur d'Idumée. 
I 
(2) ANTIPATER, épouse Cypros (une Arabe). 



4N 



I 
(3) PHASAEL. 



(4) HERODES LE GRAND 

qui épouse : 



(5) JOSEPH 

I 

(23) Joseph 
ép. : Olympias (1" 

I 
(32) Mariamne 



(6) PHERORAS. 



(1) SALOME 

ép. : 1° Joseph ; 

2° Costabarus; 3» Alexas 

! 
(24) Bérénice 



I {° Doris ; 2° Mariamne, ^o Mariamne, i" Malthace, ^° Cléopatra ^'> P allas \ 1° Phaedra; 8° Elpis; 9»N...; lO» N. 
petite-fille fille de Simon, samaritaine ; de Jérusalem ; ' 

d'Hyrcan ; grand-prêtre ; 

(20) Phasaël (21) Roxana (22) Salome 



(9) Antipater. 



(8) Phasaël 
ép. : Salampsio (12) 



Antipater 
Herodes 
Alexander 
Alexandra 
(33) Cypros. 



(18) Herodes 



(19) Philippus 
ép. Salome (31) 



(14) Herodes (Philippus) (15) Antipas 

ép. : Herodias (28) ép. : 1" fille d'Arétas 
I 2° Herodias (23) 

(31) Salome 



(16) Archelaiis 
ép. : Glaphyra, 
veuve d'Alexander